Nouvelle Societe

20-11-11

Dieu est mort: les oeuvres sans la foi

   

 
 

L’Occident, qui gère le monde depuis quelques siècles, le fait de droit divin.  Vous ne saviez pas ?  C’est que vous n’avez pas prêté attention au discours en sourdine derrière les bruits de bottes. Parce que nous avons conquis le monde au son d’une musique militaire, vous avez vu comme un simple prêchi-prêcha, l’antienne de la mission civilisatrice qui fait alterner la croix et le sabre.

Erreur.  Car si on ne croit pas que Dieu est avec nous, Chrétiens, et qu’a défaut de faire du bien aux corps qu’on maltraite on fait du bien aux âmes, bien des gestes héroïques apparaissent comme d’assez répugnantes saloperies.

Voyez comment, après les règlements de compte entre hérésies qui ont été les premiers divertissements de l’Occident chrétien, on a eu les schismes, les croisades, les guerres de religions puis la colonisation des colorés de toutes teintes sous couvert d’évangélisation. Voyez comment, christianisme bien en place sur la planète, on est passé à nos guerres entre Chrétiens, toujours menées au nom de notre éthique chrétienne, par des « bons » contre des « méchants ».

Ces guerres se sont toujours terminées par la victoire des « bons », puisque le certificat de bonne conduite était délivré au gagnant avec le reste du butin.  C’est ainsi que, de victoires en victoires – Dieu  toujours solidement avec eux –  les « bons » se sont enrichis au détriment des autres en ne faisant que du bien et que le droit divin s’est imposé. Le droit de l’Occident chrétien à gouverner le monde et celui des riches à gouverner l’Occident.

Tout se passait bien. Mais là, sans réfléchir, on a tué Dieu ! Grave erreur.Des philosophes brillants, honteux d’avoir l’air sot, ont tué la notion de Dieu, parce qu’elle avait été jointe à des religions reposant sur des tissus d’absurdités. Triste coquetterie, car on a ainsi jeté le bébé avec l’eau du bain.

En enlevant la notion de Dieu, d’un Dieu qui soutenait les Chrétiens – et que Dieu existe ou non n’a ici aucune importance –  on a enlevé le « droit divin » qui légitimait la gouvernance de l’Occident et celle des riches.

Dieu parti, les yeux humblement  fermés s’ouvrent et l’on voit tout sous un jour nouveau. Aujourd’hui, par exemple, on voit comme une répugnante saloperie – parmi tant d’autres, mais c’est la plus récente – la « geste héroïque » d’avoir été tuer chez eux des milliers de Libyens sans défense et qui ne nous avaient rien fait.

Dieu parti, on s’enhardit et on regarde de plus près comment quelques familles milliardaires, gérant quelques douzaines de consortiums, ont pris non seulement la gouvernance, mais la PROPRIÉTÉ du monde… On voit tout à coup comme une impardonnable couardise de les laisser continuer. Il y a donc des gens dans la rue pour protester, à Wall Stret et ailleurs. Simple question de temps avant qu’on ne passe des cordes aux lanternes.

La vieille morale apprise par cœur et acceptée comme divine apparaît soudain humaine, trop humaine… et contestée. On pense à d’autres solutions… Rien de mal à y penser, mais n’oublie-t-on pas l’essentiel ?  De quel droit va-t-on gouverner, si ce n’est pas de « droit divin » ?

Démocratie ? On sait bien que la démocratie n’est PAS une valeur absolue, seulement un mécanisme.  Quelqu’un croit-il que, dans un groupe de trois (3), deux (2) aient le droit de se mettre d’accord pour décider de la vie du troisième ?  Pense-t-on qu’une génération qui se proclame de « purs Aryens » puisse légitimement, parce qu’ils sont une majorité, décider de l’extermination d’une minorité de Juifs ?

Il faut un « droit divin ».  Il faut une éthique transcendante, quel que soit le nom qu’on lui donne  – Constitution, contrat social, etc … –  qui encadre et limite la démocratie, puisse évoluer avec le temps selon sa propre dynamique…  mais qu’on ne s’accorde pas la liberté de modifier au gré des engouements et des caprices !

En Occident, cette éthique transcendante se confond avec la morale chrétienne qui a servi de tuteur à la croissance de notre culture. Cette morale chrétienne est dans toutes nos fibres. Elle a évolué depuis des siècles pour intégrer des concepts plus raffinés de justice, d’égalité, de liberté  – et, paradoxalement, de laïcité !    C’est la seule éthique qui puisse faire  consensus chez-nous.  Ce qui s’y opposerait serait  rejeté comme un greffon incompatible…  à moins de parvenir à faire mourir l’arbre lui-même.

Attention, pourtant, de ne pas confondre cette éthique avec l’un ou l’autre des salmigondis de croyances plus ou moins ridicules que des meutes de clercs ont érigé en dogmes au cours des siècles, pour marquer leurs territoires de prédation et d’extorsion !  On ne parle pas ici de religion, car l’éthique est affaire de comportements. St-Jacques, dans une Epître qui a fait une belle carrière, dénonçait « la foi sans les oeuvres » . Faisons un pas de plus et parlons d’une éthique où la foi n’a même pas sa place. Une éthique qui ne juge que des œuvres.

On pourrait définir ici cette « morale chrétienne »  comme « le plus grand commun diviseur » des interdits que s’imposent et des contraintes auxquelles s’astreignent tous ceux  qui adhèrent au précepte du Christ de s’aimer les uns les autres.  Que celui qui respecte cette exigence se définisse ou non comme chrétien est sans importance ; ce sont ses « œuvres » qui importent.

Sans importance aucune, non plus, pour la société, que celui-ci ait une foi, une autre, ou aucune en un dieu quelconque : il peut avoir les œuvres sans la foi… Il peut bien, en son for intérieur, croire en tout ce qu’il veut et même créer ses propres superstitions… mais sans embêter personne, C’est ça le vrai sens de la laïcité.

Quand le corps social fait consensus et que cette morale chrétienne, expurgée de tout dogme et de toute croyance, est acceptée comme l’éthique transcendante qui détermine en dernier ressort de la légalité des règles, il y a harmonie entre l’ordre civil et cette morale dont le respect joue alors le rôle de l’appartenance à une religion sans en avoir les défauts.

C’est cette « religion » sans dogme, tout entière définie par une éthique et où il n’y a plus que les oeuvres qui comptent, qui serait la seule acceptable en société. Ne serait-il pas opportun que tous les Chrétiens de toutes obédiences s’y rallient, libre à chacun de croire aussi tout ce qu’il veut, mais sans l’imposer à qui que ce soit ?

Les Chrétiens – en fait tous ceux qui veulent témoigner de la parole du Christs pour l’amour et la charité – constitueraient alors une force énorme pour le bien dans le monde. Ils pourraient, ensemble, se choisir un « Pape », lequel  n’aurait aucun pouvoir matériel, mais une autorité telle, grâce à ce mandat universel qu’il aurait reçu, que sa parole pèserait lourd pour séparer le bien du mal au palier des consciences … là où des individus libres doivent décider des gestes qu’ils posent.

Pourquoi un synode épiscopal universel, auquel seraient invitées à participer aussi les églises protestantes et orthodoxes,  n’élirait-il pas le prochain homme – ou la prochaine femme – qui siègera sur le trône de Pierre ?   Le monde changerait si nous avions ce pape-guide, avec pour seul objectif que ce qui est BIEN soit clairement énoncé au profit de tous les hommes de bonne volonté… même ceux qui ne croient en rien.

Pierre JC Allard

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25 commentaires »

  1. Théocratie Réelle Maintenant

    Les questions qui tuent
    Et pour lesquelles on s’entretue
    Sont peut-être les seules qui nous situent
    Porqué no? Why not ? Allech lè? Pourquoi pas?
    Pourquoi pas la charia ?
    Et pourquoi pas la charia ?
    Ça jette un froid, n’est-ce pas ?
    Peut-être parce qu’on n’a pas assez de chaleur ?
    Nous sommes toujours à cheval sur le sens des valeurs ?
    N’est-ce pas Charlie ?
    La montagne a -t- elle accouché d’une souris ?
    La Révolution du Jasmin a – t – elle changé de mains ?
    Qui a confisqué au peuple sa vraie liberté
    Conquise au bout d’un demi-siècle d’obscurité?
    Va- t-il se laisser faire et passer de l’obscurité à l’obscurantisme?
    Un tunisien sur deux a voté pour le retour du sacré
    Pour le sacre du printemps arabo-musulman
    Et l’Occident qui crie au scandale… en feignant d’ignorer que si mal il y avait… qu’il en était l’auteur.
    Indignés vos papiers !
    De quoi vous vous plaignez ?
    Vous voulez insinuer que la déclaration des droits de l’homme est plus apte à vous nourrir, vous vêtir et vous abriter que la charia ?
    On se retrouve, il est vrai, avec deux textes fondateurs du plus terrible des malentendus.
    Le premier qui prétend être indispensable et le second qui renoue avec le passé, le plus dépassé…
    Lequel des deux est digne de Foi?
    La réponse n’est pas contenue dans la question.
    Laquelle? Celle qui loue le monde civilisé, l’homme civilisé, le chien civilisé?
    Ou celle qui voudrait nous débarrasser d’un malaise… le malaise d’une civilisation… d’une civilisation qui nous a tous décomposé et vidé de notre semence divine…
    Et on brandit le spectre de l’Iran… et on nous ressort les démons de la cécité théocratique en passant sous silence les démons de la perversité démocratique…
    Oui, je dis oui à l’indispensable liberté, si et seulement si le peuple a de quoi manger… oui et oui à la lumière, si et seulement si elle éclaire tous les sujets.
    Que vont devenir les femmes, les banquières, les amateurs de bières ?
    Parce que si la charia est appliquée pour tous ces gens là, il y aura un bond en arrière… peut-être que oui… peut-être que non ? Avec Dieu, on ne sait jamais.
    Et sans invoquer l’exemple de la Turquie, songeons tout simplement aux volontés qui se sont exprimées pour dire NON à la misère, non à la pseudo lumière, non à la civilisation mensongère… non et non… à une fraction qui prospère aux dépens de la planète entière… du pain ! du pain !

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/11/theocratie-reelle-maintenant/

    Commentaire par lejournaldepersonne — 22-11-11 @ 10:14

  2. Le sujet développé dans ce site et sites associés, ne prennent pas en considération les deux questions : pourquoi l’ HOMME est sur la Terre ? , et Pourquoi faire ?
    La réponse à ces questions permettront de mieux définir les buts que tous les Humains devront réussir à réaliser dans les dizaines de milliers d’années qui arrivent.
    Pour plus d’informations, consulter les sites : http://www.hommecybernetique.net et
    http://www.cyberhumanity.net
    Salutations. J.A

    Commentaire par angibeaud — 27-01-12 @ 12:18

  3. @ Journal de personne.

    Je suis d’accord avec tout ce que vous dites ici.

    pjca

    Commentaire par pierrejcallard — 27-01-12 @ 2:22

  4. @ Angibeaud

    Je suis d’accord avec toute recherche qui s’interroge sur le sens de la vie « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre… »

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/09/04/loisivete

    pjca

    Commentaire par pierrejcallard — 27-01-12 @ 2:26

  5. Bonjour,

    J’ai lu vos commentaires en réponse à l’article « Aux Etats-Unis, le ridicule pour tuer la « guerre aux femmes » » sur le site rue 89. Je ne suis pas inscrite sur le site en question mais je tenais à vous répondre, tant vos réactions m’ont laissée sans voix; il se trouve que vous avez mis un lien vers cet article dans un de vos commentaires, et donc je vous réponds ici.

    Il n’est, je pense, aucune femme ni aucun homme qui n’ait de « problème » avec l’avortement. C’est une expérience le plus souvent traumatisante pour la femme qui le subit, et personne ne désire en passer par là, mais vous devez vous en douter. Je ne pense pas non plus qu’il n’y ait que des femmes stupides pour tomber enceintes. J’ai moi-même à plusieurs reprises oublié ma pilule, fort heureusement sans conséquences. Et quand bien même c’en aurait eu? Vous, qui semblez aimer faire le philosophe, ne vous êtes jamais rendu compte que nous vivons dans une société qui nous épuise, où nous sommes constamment stressés, préoccupés par des sujets divers et variés? Il en est de même pour les femmes, monsieur. Je serais irresponsable de faire l’amour de mon plein gré sans aucune contraception tout en sachant que je ne pourrai pas assumer un potentiel enfant. Or je prends la pilule. Je trouve que c’est déjà suffisamment d’efforts que d’avoir à penser quotidiennement à ma contraception, alors que les hommes en général se contentent de se dire « ma copine prend la pilule » pour se débarrasser une bonne fois pour toutes de toute responsabilité sur ce point.

    D’autre part, votre « programme » est absurde et effrayant. Vous croyez que je n’ai que ça à foutre, d’aller me faire dépister chaque mois? C’est déjà une corvée d’aller renouveler mon ordonnance de pilule tous les ans, sans compter qu’à côté de ça il faut aller chez l’opticien, le dentiste, le gynéco (mais vous ne connaissez pas non plus les joies d’aller chez ce médecin là — vous n’imaginez même pas à quel point les hommes sont plus libres que les femmes). Si je pense qu’il y a un risque d’être enceinte (oui, parce que je recompte chaque jour le nombre de pilules prises pour m’assurer que je suis à jour, parce que je ne suis pas stupide, en revanche mon attention n’est pas infaillible, parce que je ne suis qu’un être humain), je vais m’acheter un test de grossesse; point.
    Je considérerais cette obligation comme une atteinte de plus à mes droits d’être humain. Je n’ai ni envie d’être forcée à passer des analyses médicales (sous peine d’amende, ben voyons!), ni d’avoir l’utérus surveillé en permanence. Oui, c’est bien MON corps qui serait concerné! Et MA personne! Encore une fois c’est un homme, qui, sous prétexte de réduire une pratique qui le dérange personnellement, voudrait que les femmes se soumettent à sa volonté propre. Nous demandez-vous notre avis? Eh bien nous ne vous demandons pas le votre. Les femmes subissent le pouvoir de donner la vie dans leur chair et dans leur sang pendant la plus grande partie de leur vie; qu’elles puissent gérer ce pouvoir comme bon leur semble est le meilleur cadeau qu’on leur ait jamais fait.
    Sans compter que la société n’est pas du tout propice à la procréation outre-mesure, d’une part (beaucoup de gens sont dans une situation trop précaire); que trop de gens ont des enfants alors qu’ils ne sont pas capables de leur procurer le bien-être auquel ils ont droit, et même en viennent à les maltraiter; que nous sommes déjà trop à peupler cette Terre… et pourtant, hommes et femmes, nous avons des besoins naturels à assouvir, qui font de mal à personne, alors qu’ils nous font plutôt du bien (je ne suis qu’à moitié ironique, l’Homme est fait pour s’accoupler, la nature l’y appelle, et assouvir ce genre de pulsion ne peut que contribuer à son équilibre).

    (Au passage, l’obligation pour toutes les femmes nubiles d’aller se faire dépister pour éviter d’avoir à avouer qu’on a des rapports sexuels ou non est également l’idée d’un homme qui ne se met pas à la place des femmes… Vous croyez qu’une gamine de 11 ans a envie que tout le monde sache qu’elle a ses règles, ou qu’une quarantenaire soit fière de sa ménopause? Non. Alors quoi? Vous allez proposer le dépistage pour toutes, des nourrissons jusqu’aux grabataires?)

    Commentaire par J. — 21-06-12 @ 3:31

  6. @ J

    Nous différons d’avis sur un point crucial. La malfaisance intrinsèque GRAVE de l’IVG, qu’on apprivoise comme quelques peuples plus ou moins primitifs, mais aussi comme les Romaines qui trouvaient normal l’infanticide. Question de degré…

    Pour bien préciser un point, je ne m’oppose pas à l’avortement pour des motifs religieux. Je crois au contraire que la réticence de l’Église à la contraception en fait la principale responsable du nombre élevé des avortement dans les pays où elle sévit encore. Mon objection, je le répète vient du fait que le foetus ni l’embryon ne sont des éléments du corps de la mère. On peut les voir comme des « invités » ou des « intrus », mais il faut être COHÉRENTS.

    Tuer une entité qui peut être humaine me semble sérieux. Le faire nonchalamment simplement parce qu » »on n’a pas que ça à foutre, d’aller se faire dépister chaque mois » ou que  » c’est déjà une corvée d’aller renouveler son ordonnance de pilule tous les ans ». Me semble irresponsable. La même irresponsabilité que les compagnies de certains pays qui laissent des saletés se glisser dans les médicaments qu’ils vendent, sous prétexte « qu’il n’y a pas une chance sur un million qu’une dose soit contaminée », puis en distribuent des millions, compensant les victimes discrètement au cas par cas quand elles y sont obligées

    pjca

    Commentaire par pierrejcallard — 21-06-12 @ 4:40

  7. Je me trouve cohérente quand je dis que c’est encore le corps des femmes qui va subir les examens que vous proposez. Je dis que c’est le corps de la mère qui est concerné, je ne dis pas que l’embryon en fait partie. L’homme est responsable de la fécondation autant que la femme, il faudrait bien sûr que les deux discutent entre eux avant d’agir, (surtout si c’est un couple stable, parce que pour ce qui est de l’histoire d’un soir c’est généralement la mère qui se retrouve seule face aux conséquences), mais c’est bien la mère qui portera l’enfant, c’est sur elle que la société fait retomber les principales responsabilités parentales, affectives et autres, et c’est donc elle qui devrait avoir le dernier mot, voilà ma position.
    Je trouve que l’avortement doit être très difficile à assumer psychologiquement (« ç’aurait été mon premier enfant », « il aurait été de l’homme que j’aime », « et si je ne pouvais pas en avoir d’autres »…), je me suis déjà posé ces questions et ça me semble suffisant pour ne pas prendre ça à la légère. Je souhaite ne jamais en passer par là mais je ne veux pas non plus me soumettre à un contrôle permanent de la société, que je trouverais liberticide et insupportable. Ce n’est pas une question de nonchalance, désolée. Je vous le répète, les femmes sont déjà obligées de faire preuve d’une vigilance constante, au contraire des hommes qui n’y pensent que quand leur copine leur annoncent qu’elles ont oublié leur pilule.

    Je pense, moi, qu’un embryon n’est que la promesse d’une vie, qui n’est pas encore consciente d’elle-même, même si je ne peux pas le prouver. Je respecte immensément la vie, ça fait partie de ma philosophie, au nom de laquelle je suis devenue végétarienne. Mais je ne passerai pas non plus ma vie, comme certaines communautés religieuses indiennes, à porter un petit voile devant le nez et la bouche de peur d’aspirer des insectes et à balayer devant mes pas pour ne pas les écraser. La vie humaine, bien sûr, nous touche de plus près. Mais ne vivre que pour « éviter que ça arrive » (oui, une fois par mois c’est énorme, je me destine à être chercheuse et effectivement je pense que j’ai des choses beaucoup plus intéressantes à faire dans ma vie), non; désolée. Même si cela vous choque, je refuse, en tant que femme, de subir autant de contraintes simplement pour parer à un « doute » éthique. Il y a tellement de doutes qui subsistent, et sur tant de sujets cruciaux. Pour moi, donc, tant qu’il y a doute, c’est à chacun de décider de son éthique (Ghandi: « Sois toi-même le changement que tu veux voir dans le monde » –> j’essaye d’appliquer, peut-être que vous devriez aussi), et non pas à une minorité (des hommes comme vous) de l’imposer à une majorité (toutes les femmes).

    Si j’étais comme vous, j’essaierai de forcer les Hommes à arrêter de traiter les animaux comme de vulgaires produits dans la chaîne industrielle (produit porcelet, produit cochon prêt à abattre, produit barquette de jambon). Parce qu’ils sont bien vivants, qu’ils ressentent la peur, la douleur, et qu’ils devraient même avoir une chance de vivre leur vie de cochons, de vaches sans qu’on leur colle une étiquette « future viande » sur le front dès la naissance. Pensez à tous les droits qu’ils auraient s’ils pouvaient seulement parler… J’assènerais à tout le monde de manger moins de viande, car si l’Européen et l’Américain sacrifiaient quelques steacks par semaine, ce seraient des millions de personnes en plus qui mangeraient leur ration de céréales quotidiennement. Je philosophe moi aussi, et je refais le monde. Mais je n’impose pas mes idées, car le changement, c’est chacun d’entre nous qui doit le vouloir, et en comprendre les motifs. Sinon c’est de la dictature.

    Commentaire par J. — 22-06-12 @ 5:09

  8. @ J

    Je suis d’accord avec vous que la société a été et demeure injuste envers les femmes. La nature l’a-t-elle été ? Il faudra voir comment tout ça évoluera… Mais ça ne change rien à la question éthique que pose l’avortement. On ne peut pas prendre prétexte de ce qu’on n’a rien fait pour être là, pour se dégager de la responsabilité morale de porter assistance à une personne en danger. Une injustice subie ne peut justifier le mal fait à un plus faible. Concernant les animaux, j’en parle incidemment dans un autre contexte et je crois que sur ce point nous serons plutôt d’accord….

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/11/149-l’empire-barbare/

    pjca

    Commentaire par pierrejcallard — 22-06-12 @ 10:51

  9. Là où nous différons, c’est que vous parlez d’un embryon comme d’une personne. Beaucoup de gens, dont moi, considèrent l’embryon comme simplement un peu de matière avec un programme génétique. Je dois sûrement vous choquer en disant ça, et bien sûr j’exagère, ce n’est pas que ça; c’est aussi la promesse d’une vie, c’est sentimentalement et symboliquement beaucoup plus fort que ça. Mais (je ne peux pas vous le prouver, c’est pour ça que je parle de doute: un doute scientifique) une personne, pour moi, possède une forme humaine, un cerveau, un coeur. Comment quelques cellules pourraient-elles avoir conscience d’elles-mêmes? Autant se demander (il y en a qui le font) si une fleur a une conscience ou des sentiments… Evidemment ce n’est que mon point de vue, qui peut-être critiqué à souhait si le coeur vous en dit, mais encore une fois, quand beaucoup de gens pensent à peu près comme moi, ce que je trouve choquant n’est pas votre position mais le programme que vous voudriez imposer à force d’amendes, etc. Pour cette catégorie de gens dont je fais partie, l’avortement peut-être considérée comme une expérience psychologiquement douloureuse, voire traumatisante pour la mère ou les parents, jamais comme un infanticide (puisque vous faisiez une comparaison). Ainsi, si vous trouvez que votre position est juste, tentez donc de proposer votre programme, si le coeur vous en dit. Mais sur la base du volontariat. S’il se trouve des femmes pour penser comme vous elles seront heureuses de contribuer à cette action, sinon, peut-être devrez vous vous remettre en question, ou alors choisirez vous de vous considérer comme un incompris. Mais de grâce n’imposez pas vos idées à la majorité, songez que les dictateurs sont souvent pourvus des meilleures intentions (sans vouloir vous offenser, c’est juste quelque chose dont il faut se souvenir).

    Commentaire par J. — 23-06-12 @ 11:45

  10. @ J

    Votre position est raisonnable. Je suis ouvert a considérer le moment précis de l’individuation qui crée un être humain comme une variable sur laquelle c’est à la science de se prononcer. Dans le doute, j’applique simplement le principe de précaution. N’oubliez pas que l »objectif concret de ma démarche est de favoriser la responsabilité et la contraception.

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 23-06-12 @ 5:49

  11. C’est une question intéressante. Je pense que pour des parents qui ont voulu leur enfant, l’embryon est considéré comme une personne dès sa conception. Ca semble naturel; c’est leur futur enfant. Pour la science, c’est autre chose…
    Concernant la contraception, il me semble que la responsabilisation devrait se faire au niveau des écoles, pour commencer; la plupart des rapports sans contraceptifs concernant les adolescents. Par exemple, il y a bien une loi en France concernant l’éducation sexuelle et la prévention mais elle reste très peu appliquée.

    Commentaire par J. — 24-06-12 @ 6:26

  12. J

    Comme il arrive souvent, on s’aperçoit en discutant poliment et de bonne foi que l »accord se fait vite sur les faits et que les oppositions qui semblent irréductibles sont très majoritairement issues de la connotation différente que donnent aux mots ceux qui veulent s »identifier par leurs appartenances. Merci pour un débat constructif sur une question bien émotive.

    Commentaire par pierrejcallard — 24-06-12 @ 8:23

  13. Je reviens en vitesse sur la notion de mort de dieu., Si temps fut ou sapiens remit réellement en cause l’existence d’un ÊTRE  » suprême » -dont la toute puissance à donné l’occasion à certains de nos prédécesseurs de rédiger nombres de pages et commettre nombre d’actes autoritaires sur autrui -,ce dont je doute pour la grande partie de mes condisciples de la vie occidentale en cette transition de siècle, nous avons créé de toutes pièces « Dieu », il agit sur notre quotidien depuis la naissance jusqu’à la mort, notre existence tourne en dernière analyse à le chercher, le trouver et en utiliser la puissance, il nous permet l’accès au soins, la culture, et quasi tout le reste de ce qui fait le moment du genre homo sapiens. Le pognon,
    Si nous voulons comprendre quelque chose a notre actualité, il nous faut accepter d’être de cette église quoiqu’il nous en coute de narcissisme spirituel. Petite remarque le respect de l’autre commence par la connaissance de soi, c’est toujours exact, mythe de l’éternel retour ?

    Commentaire par lulu Berlu — 27-06-12 @ 6:41

  14. La bible n’est pas le journal de la bourse, non pour votre interlocuteur c’est : Le gai savoir.. FN

    Commentaire par lulu Berlu — 27-06-12 @ 6:51

  15. @ LB

    Bien sûr, le pognon est suprême, puisque c’est l’emballage-cadeau universel dans lequel on peut imaginer n’importe quoi… même Dieu. Eternel retour ? Avec le Big Bang, On s’est donné bien du mal pour y échapper, mais On ne l’a sans doute qu’oublié pour un moment… et même ça n’est peut-être qu’un moment d’inattention

    pjca

    Commentaire par pierrejcallard — 27-06-12 @ 9:50

  16. Décidément je suis très déçu, les communistes et leurs tendances tyranniques envers ceux qu’ils ne comprennent pas, me sidère.
    C’est effrayant.
    Je ne peux pas supporté l’intolérance, je suis un incroyant pourtant.
    Heureusement qu’ils ont disparu politiquement.

    Commentaire par Xavier Artot — 02-07-12 @ 5:22

  17. @ XA

    Les Communistes ??

    Commentaire par pierrejcallard — 02-07-12 @ 6:17

  18. @ pierrejcallard et @ J.
    « On ne parle pas ici de religion, car l’éthique est affaire de comportements. St-Jacques, dans une Epître qui a fait une belle carrière, dénonçait “la foi sans les oeuvres” . Faisons un pas de plus et parlons d’une éthique où la foi n’a même pas sa place. Une éthique qui ne juge que des œuvres.
    « C’est cette « religion » sans dogme, tout entière définie par une éthique et où il n’y a plus que les oeuvres qui comptent, qui serait la seule acceptable en société. Ne serait-il pas opportun que tous les Chrétiens de toutes obédiences s’y rallient, libre à chacun de croire aussi tout ce qu’il veut, mais sans l’imposer à qui que ce soit ?
    « Le monde changerait si nous avions ce pape-guide, avec pour seul objectif que ce qui est BIEN soit clairement énoncé au profit de tous les hommes de bonne volonté… même ceux qui ne croient en rien. »

    1. Commentaire par J. — 24-06-12 @ 6:26
    « C’est une question intéressante. Je pense que pour des parents qui ont voulu leur enfant, l’embryon est considéré comme une personne dès sa conception. »

    Voilà l’ŒUVRE VOULUE, le premier commandement. C’est ce qui différencie l’Homme des autres créatures.

    Commentaire par Jean-François Belliard — 18-07-12 @ 12:33

  19. Les commentaires étant fermés pour rue 89, Je crois qu’il y a encore beaucoup d’énergie consacrée à l’effet au lieu de s’attaquer à la cause.

    Les grossesses non désirées étant l’effet.

    La cause étant le mode d’insémination.

    Voilà une solution non envisagée. Remplaçons la circoncision par la vasectomie universelle permanente à l’âge de 15-16 ans en ayant auparavent pris la précaution de faire une provision de sperme qui seront congelés.

    Aucune femme ne sera fécondée autrement que par l’insémination artificielle. Si et seulement si les critères XYZ sont satisfaits.

    Une Marie rencontre un Paul. Ils se plaisent, tombent « amoureux ». Se fréquentent. Enfin la même chose que tous les mammifères. Le sperme de Paul pourra être disponible pour cette Marie.

    Finies les arnaques, les fausses paternités. Finies toutes les sortes de contraceptions. Il restera bien des IVG’s, mais faudra prévoir des accusations criminelles. Une délinquante qui va se faire engrosser en Thaïlande par exemple. C’est un crime contre l’humanité que de mettre un enfant au monde dans ces conditions.

    Le chemin est tracé par la riche Céliiiiiiine et la riche Juliiiiiie. La nouvelle mode de l’archétype sacré est lancée.

    Voilà, c’est un premier jet.

    Commentaire par Jean-François Belliard — 18-07-12 @ 6:45

  20. @ JFB

    Encore plus radical… et donc plus difficile à faire accepter

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 18-07-12 @ 8:10

  21. À faire accepter…par qui ?

    Commentaire par Jean-François Belliard — 18-07-12 @ 10:17

  22. @ JFB

    L’égrégore qui tient lieu de conscience collective à notre société, C’est toujors à ça qu’on s’adresse quand on écrit.

    pjca

    Commentaire par pierrejcallard — 19-07-12 @ 9:32

  23. Bon, je vais continuer à semer ou à « mèmer ».

    Commentaire par Jean-François Belliard — 19-07-12 @ 10:08

  24. He! Bien mon Jean-François, je suis fier de toi. « J » serait enfin une femme libre, enfin il y a les conditions XYZ à remplir.
    C’est clair, c’est concis et c’est français.
    Je me demande quel « pape » endossera cette philosophie.

    Je relis ces miens commentaires de juillet 2012, 5 heures après le décès à 94 ans moins 3 jours de ma mère. 9 enfants non désirés. 9 crimes contre l’humanité. C’était du temps de la « charia » québécoise avec foulard sur la tête, etc, etc,

    Salutations.

    Commentaire par J-F Belliard — 16-12-13 @ 5:34

  25. @PJCA,

    Vous trouverez à cette adresse : Un oeuf,(qui n’est pas un poulet),un gland(qui n’est pas un arbre), un vers (qui n’est pas une chenille), un ovule( qui n’est pas un foetus).

    https://www.facebook.com/sylne

    Sylvie Imelda Shene a partagé la photo de Sylvie Imelda Shene.
    24 décembre 2013
    It should not be a difficult concept.
    Photo: It should not be a difficult concept.

    Commentaire par Le Gaïagénaire — 02-01-14 @ 8:38


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