Nouvelle Societe

23-12-15

C’est l’Islam qui a raison

Filed under: Auteur — Pierre JC Allard @ 11:06

 

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L’Islam n‘a pas raison sur tout, car si je le croyais je deviendrais musulman et tout serait joué pour moi, alors que je continue à voir tous les dogmes de toutes les religions comme des tissus d’absurdités. Une idée qui m’est venue jeune, et dont mes 80 années bien comptées de vie active n’ont rien fait pour me dissuader.

https://nouvellesociete.wordpress.com/2007/06/15/curriculum-vitea/

L’Islam n’a certes pas raison sur tout. Mais quand on parle de société. il a raison sur l’essentiel. L’Islam a raison quand il nie qu’on puisse séparer efficacement le religieux du sociétal.

Cette idée de laïcité, qu’on veut nous inculquer, est une arnaque bien récente et qui ne tient pas la route. Car une société ne peut exister sans lois et normes … et une norme qui ne colle pas à une certaine idée du « bien » crée un dissonance cognitive qui conduit à la transgresser… jusqu’à ce qu’on s’en dispense. Dans nos pays de laïcité, on consent la liberté a toutes les religion, donc, mais à celles qui ne dérangent pas. Comme toutes les religions étaient admises à Rome. Mais le christianisme a gêné. Il dérangeait. L’Islam, aujourd’hui dérange

Une société peut-elle changer sa notion du bien ? Bien sûr, et elle le fait… lentement. Mais si, en cours d’évolution, coexistent au sein d’une société des segments dont les notions du Bien ne soient pas compatibles, la société devient ingérable, à la mesure de cette incompatibilité et de la force et du sérieux des parties en présence.

 Si les divergences religieuse sont des finasseries de dogmes entre classes sacerdotales – le meilleure exemple étant le schisme entre Chrétiens orthodoxes et latins – on peut s’entretuer pour le plaisir, mais la morale commune reste comme un lien et ca va… . Idem pour les Irlandais catholiques et protestants

Mais quand ce ne sont pas les principes abstraits, mais les comportements moraux eux-mêmes qui s’opposent, toutefois, l’intolérance se manifeste au quotidien ; il n’y a plus UNE société, mais DEUX qu’on veut faire cohabiter sur un même territoire et, à moins que l’une ne soit totalement asservie à l’autre, l’État a un problème qui ne peut être résolu qu’en se le partageant. Même un idéaliste comme Gandhi a finalement compris qu’il fallait deux (2) États pour prendre la relève du Raj britannique… Et le Pakistan est né.

Aussi longtemps que l’Occident a colonisé ou au moins dominé toute la planète, celle-ci a été gérée selon des principes chrétiens – (avec les petite entorses qu’exige l’exploitation des faibles par les forts, bien sûr ) – mais des principes chrétiens. Avec la grande émancipation qui, au XXe siecle, a vu le tiers-monde « promu » de l’esclavage de fait à un servage encore plus cruel, par la virtualisation de la richesse et la mise en place de quislings nationaux, la morale chrétienne et ses retombées ont perdu leur prééminence.

On a continué a singer des comportements d’inspiration occidentale et a créer des symboles d’un humanisme qui en était issu….mais le vieux fond est peu à peu réapparu, comme les orixas brésiliens ressemblent de moins en moins à des saints chrétiens. Une autres autorité nait, et il devient inévitable que d’autres moralités se développent… dont celle de l’Islam.  Voyez la charte des Droits de l’Homme islamique, sur laquelle je ne ferai pas de commentaires.

www.euboco.eu/fr/page3/droits_universel.php

Des notions comme la démocratie, l’égalité des sexes… et surtout un clivage entre le religieux et le politique, ne sont pas à l’aise en terres d’Islam. Cette dernière « adaptation » de la laïcité à des cultures non occidenrales est emblématique, car elle est à elle-même la preuve irréfutable d’un échec. On ne peut pas soumettre efficacement à un même corpus de lois, des populations qui ont des notions du Bien fondamentalement différentes.  

L’islam a raison : on ne peut dissocier une gouvernance de la moralité dont elle s’inspire. On peut tolérer des extravagances, mais ces incongruités morales dans un Etat, doivent demeurer marginales, « décoratives », ne jamais remettre en doute l’essentiel.  

Garantir la liberté religieuse dans le domaine privé, c’est dans la ligne de la pensée occidentale et on a pu avec le temps l’exporter, au prix que quelques concessions. Mais c’est un acquis fragile… et tout accommodement à l’Islam qui a des conséquences dans le domaine public doit être anathème en Occident. Nous sommes une civilisation postchrétienne. On ne peut traiter de la même façon, Chartres et la dernière mosquée payée par le Qatar

L’Islam a pensé il y a longtemps une citoyenneté qui garde sa place en dessous de la « vraie » et a inventé le concept de « dhimmitude ». C’est à une formule semblable d’inégalité qu’il faudra faire appel, si on entend garder en programme une croissance rapide de la population musulmane en Occident. Cela dit, c’est une mauvaise solution, un expédient, pour contourner une situation qu’on n’ose pas affronter.

La bonne solution, elle existe depuis longtemps : c’est de ne pas permettre l’immigration en France – ou encore mieux, dans l’U.E, avec dérogation pour l’Albanie et autres petits pays de majorité musulmane – de quiconque ne prête pas allégeance à une déclaration formelle d’adhésion aux principes moraux qui constituent notre héritage culturel postchrétien. Une adhésion qui est – et doit être voulue – incompatible avec une appartenance à l’Islam qui aille au-delà d’une pratique religieuse privée discrète.

https://nouvellesociete.wordpress.com/2009/12/14/pas-d’autres-musulmans-en-occident/

 À ceux qui s’interrogent sur la justification de ce retour à une identification culturelle de l’État, je suggère de relire l’Histoire et de s’interroger plutôt sur sa nécessité. L’Occident n’a plus cette supériorité incontestable du siècle dernier, et doit désormais défendre sa spécificité. 

Cette identification culturelle claire est indispensable. L’URSS avait admirablement évité l’ethnocentrisme grâce a une mystique sociale forte qui en tenait lieu… mais est devenue « russe » aussitôt qu’elle y a renoncé…. Même l’orgueilleux « melting pot »américain, qui avait réussi sa fusion identitaire avec le mythe fondateur de enrichissement sans limite, est présentement, avec le phénomène Trump, à mettre les bouchées doubles pour baliser l’avènement d’une société hybride anglo-latine qui ne soit pas trop brutalement en rupture de celle issue de ses rêves de pionniers. 

Le temps des appartenances neutre et tièdes est revolu. Si on ne s’affirme par en revendiquant – comme le fait l’lslam – le droit à un gouvernance qui soit le produit de notre histoire et de nos valeurs, l’Occident disparaitra.

Pierre JC Allard

 

 

13-12-15

Le dilemme cornélien des « Républicains » de gauche et de droite

Filed under: Auteur — Pierre JC Allard @ 9:18

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Que se passera-t-il le 13 décembre ? On ne le sait pas, mais il n’est pas difficile de comprendre le dilemme des laissés pour compte du premier tour d’hier, ceux qui doivent désormais composer avec une bataille perdue et tenter néanmoins de gagner la guerre. La « guerre » qui aura lieu en 2017, bien sur, car il est devenu maintenant bien secondaire que le FN sorte des Régionales en contrôle, de 2, 4 ou même 6 régions. Le défi du FN était d’être une option crédible…. et il est indéniable qu’il a gagné ce pari. Le FN SERA AU DEUXIÈME TOUR DES PRÉSIDENTIELLES.

La vraie question est de savoir lequel des Socialistes ou des Sarkozystes sera l’adversaire du FN en 2017. Crucial, car, on peut raisonnablement penser que c’est cet adversaire qui remportera alors la mise. Même si aujourd’hui le FN est le « premier parti de France » . il ne fait pas – et de loin – la majorité des suffrages ; dans la lutte à deux qu’impose le deuxième tour décisif de l’élection présidentielle, il sera très probablement défait. Même en ayant tout bon, il n’est pas très réaliste, en effet, de croire que les 32 % de « Frontistes » d’hier, même si on le rebaptisait « Nationalistes », seront devenus 50%+1 en 2017.

Il faut donc penser que, malgré l’image que nous en avons aujourd’hui, ce sera encore un clivage Gauche Droite qui décidera du Président qui sera élu en 2017. Ce n’est pas une certitude absolue. Il est possible que le FN, fort de sa victoire aux Régionales, transforme COMPLETEMENT la politique francaise, Mais disons raisonnablement que c’est TRES improbable.

Cela dit, pourquoi le scrutin du 13 pose-t-il un dilemme cornélien à tous les électeurs se disant « Républicains » et tout sauf partisans du FN ? C’est que même les plus jocrisses ne peuvent pas ne pas comprendre que, la lutte en 2017 se faisant entre la Gauche et la Droite traditionnelles, une région de plus au FN le 13 ne changera strictement rien, alors qu’une région de plus au PS ou à Sarkozy est une victoire psychologique immédiate, et un bon tremplin pour des gestes à poser pour y séduire l’électorat à l’horizon 2017.

Que laisse prévoir cette situation ? Une semaine de spectaculaire hypocrisie, alors que les ténors de la Gauche comme de la Droite vont s’égosiller à maudire publiquement le FN et parler de faire barrage au fascisme – même s’il est devenu un peu ridicule de laisser entendre qu’il y a 32% de Chemises noires en France ! – mais vont rivaliser de clins d’œil et de coups de coudes dans les côtes pour faire comprendre à leurs supporters pas trop bornés que le vrai must est, pour la Gauche de battre la Droite …et pour la Droite de battre la Gauche.

Le dilemme pour chacun est de savoir jusqu’à quel point il vaut mieux avoir l’air d’un imbécile en parlant d’une « union républicaine » entre les faux-frères plus ennemis que jamais… ou afficher son cynisme en faisant tout pour que le FN gagne ses 6 régions… ce qui est devenu un moindre mal.

Comme on pouvait le prévoir, Sarko, qui n’aime pas passer pour un con, a vite compris la dynamique et fait son choix en refusant tout ce qui aurait pu aider le PS à battre le FN. La Gauche, qui parfois colle aux principes comme les capitaines d’antan à leurs navires en péril, est encore en tergiversation. On comprend que, pour Hollande, ne pas avoir l’air futé ne soit pas aussi grave que pour Sarkozy. 

Dans tous les cas de figure, toutefois, on peut penser que les partisans eux-mêmes suppléeront à ce que pourraient avoir d’aberrant les directives des Partis. En s’abstenant…. ou même en votant stratégiquement pour le FN.  

Il y aura des analyses fines intéressantes à faire du vote du 13…..

 

Pierre JC Allard

 

Messmer. Questions qui blessent… réponse qui tue

Filed under: Auteur — Pierre JC Allard @ 8:33

 

 

 Messmer, l’hypnotiste (hypnotiseur) québécois qui se présente comme un « fascinateur » – et qui se dit lui-même en souriant « drôlement énigmatique » – est en tête des cotes d’écoute, avec 23,7% des parts du marché télévisuel ce vendredi 27 novembre et plus de 5 000 000 de téléspectateurs. Du jamais vu…. !

 Du jamais vu. Vous êtes sûr ? 2012, 2013, 2014…. Casino de Paris, Bobino, l’Integral… Messmer en 2014 qui fait courir tout Paris ?… Vous vous rappelez ? SNAP !…. Ah oui, j’y suis… Messmer !… Mon Dieu où avais-je la tête ! Tres drôle, Messmer.

Comme si on le redécouvrais à chaque fois….. Génial Messmer. Car un mec qui peut, entre autres, à distance, via la TV, faire dormir en quelques minutes – et faire faire tout ce qu’il veut ! – à 10 ou 20% de ceux qui l’écoutent, il me semble que ça interpelle. On s’en souvient…. Exceptionnel, Messmer

D’abord, bien sûr, on se dit que c’est du chiqué. Mais quand on a passé l’étape du déni, quand on se souvient que l’hypnose est bien connue depuis des siècles, qu’on se rappelle qu’il y a des milliers d’hypnotiseurs qui font accoucher et qui arrachentt des molaires sans douleur tous les jours sous hypnose, on se dit qu’il y a bien quelque chose là !… On se pose des questions. Dont la première est de se demander pourquoi on ne s’en pose pas davantage.

Étrange qu’on ne se pose pas plus de questions. Comme s’il y avait dans la pièce un éléphant qu’on ne veut pas voir. C’est qu’il est bien difficile d’intégrer l’hypnose – ou mieux dit, le phénomène de la « suggestion » – à notre vision du monde, sans que tout n’en soit profondément déformé. En trois minutes de réflexion, j’ai pensé à bien plus de thèmes et de sous-thèmes pertinents à ce concept de suggestion et à ses conséquences que je ne pourrais en traiter dans ce qu’il me reste de vie à vivre !

Si on accepte de « voir l’éléphant », c’est une décision cruciale et irréversible, car il est probable qu’on ne pourra plus jamais ensuite voir l’Histoire, ni aucune facette de la vie elle-même, autrement qu’en relation avec ce choix.  ! C’est important la suggestion. Cliquez les doigts : SNAP ! Vous voyez l’éléphant.

Je ne perdrai pas mon temps ni le vôtre a prétendre polir ce texte pour lui donner une quelconque qualité littéraire. Il y aurait des centaines de questions à se poser sur la suggestion, dont vous pourriez mettre dans votre panier celles qui vous inspirent et sur lesquelles vous aimeriez vous pencher. Il n’y en a pas une qui ne gagnerait pas à être étudiée et éclaircie. Mais il ne s’agit pas de dresser ici une liste exhaustive, seulement d’ouvrir le débat. Seulement DEUX 3) petites questions simples, donc… Mais d’abord, posons l’hypothèse de base.

Il semble bien établi que certains de nous Humains – et peut être tous – puissions, SUGGÉRER aux autres : a) des idées qu’ils accepteront comme issues de leur propre conscience, et b) des gestes qu’ils s’efforceront de poser comme si ces gestes procédaient de leur propre volonté.

Cela dit – et acceptant que ce soit vrai – quelles sont les deux (2) petites questions à se poser.

1. D’abord, quid de la liberté, de la moralité et de la responsabilité individuelle – et donc de la justice – si un quidam qui n’a sur moi aucune autorité formelle peut me faire penser et agir comme il l’entend ? Car c’est bien de ça qu’il s’agit.

A ce point, entendez les vives protestations des « Suggérants  », qui vous diront et vous prouveront que l’on ne peut faire dire ou faire par le sujet sous hypnose quoi que ce soit qu’il ne VEUT pas faire et qui soit incompatible avec ses valeurs profondes. Vraiment ?… Bravo, mais on escamote l’essentiel.

On escamote que la suggestion ne joue pas au niveau des choix, mais à celui des perceptions. On est dans un état quasi-psychotique, où ce n’est pas l’interprétation de la réalité qui est modifiée, mais sa perception elle-même !…. Et ca change tout. Prenons un exemple banal.

Georges, Aglaé et le ‘suggérant’

« Votre mari Georges, Madame Aglaé, est en voyages d’affaires Je suis l’homme le plus séduisant du monde – comme vous le voyez – et je vous invite à venir vous éparpiller avec moi sur ce plumard. Allez, Hop ! 1.., 2…, 3…. »

1.., 2…, 3…., puis sans doute rien du tout, car si Aglaé, femme passionnée, est néanmoins vertueuse, on peut parier que ce sera « Nyet ». Son surmoi va entrer en jeu, et elle s’éveillera. Le « suggérant-séducteur » en sera pour sa peine, car toute la structure morale d’Aglaé – qui en fait EST ce qui fait d’Aglaé, Aglaé ! – fait barrage à cette proposition.

Jusque là, la sagesse acceptée a raison : vous êtes en effet protégée par vous même. Mais supposez que le « suggérant-séducteur » soit plus habile…. et un salaud. Le scénario peut être bien différent.

Dring…. « – Aglaé ? Je suis revenu plus tôt, je n’y tenais plus…. »

– « Georges ? Quel bonheur !. Tu m’as aussi beaucoup manqué… »

– Ahhh Aglaé, épouse chérie ! Dans mes bras tout de suite ! »

Et Aglaé, femme vertueuse, mais néanmoins, passionnée, « reconnaît » d’autant mieux Georges, qu’elle VEUT le reconnaître. Sa perception de la réalité est altérée. Elle a toutes les bénédictions de son surmoi et plonge goulument, mais innocemment dans les bras du suggérant-séducteur. 

Vu ? Donc, mollo sur la protection contre l’hypnose qu’apportent vos principes. Vos principes s’adaptent en fonction de la réalité que vous percevez. Vous voyez Georges… et vous agissez comme avec Georges.

Deuxième question qui blesse… en masse. 

On peut avoir l’Individu à la suggestion, mais qu’en est-il de nos libertés collectives comme citoyens, dans un monde de « Suggérants » efficaces ? Prenons encore une fois un seul exemple….vous pourrez faire le reste. 

Vous êtes Jean-Louis, un pacifiste de toujours. Vous ne détestez ni les Boches, ni les Russkis, ni les Youpins, ni les Chinetoques, ni mêmes les cannibales. Vous croyez que nous sommes tous frères et vous préfèreriez mourir plutôt que d’endosser un uniforme. Vous êtes en paix. Gare à qui voudrait changer vos convictions !

Mais pouquoi les changer ? Un matin comme les autres, éclate la terrible nouvelle. SNAP ! Des salopards de Chsepatropkis, torturent par plaisir, violent et brulent vivantes des centaines de fillettes dans les villages du Chsepastropou. Il faut agir. Vite ! Aux armes,,,, Entendez-vous mugir les féroces …. n’importe quoi ? 

On ne lutte pas contre vos convictions. On vous « suggère » une autre réalit…, et dans cette réalité vous retrouvez en vous des convictions plus profondes. Comme celle qu’il faut faire la guerre aux salopards qui violent et brulent vivantes des fillettes. Nous sommes tous ouverts à des suggestions. Irak, Libye, Syrie…. Si ca ne vous rapelle rien, vous êtes sous hypnose.

Mais si ca vous rapelle des souvenirs, pourquoi on ne pose pas plus de questions ?

Parce que Messmer est génial …. et vraiment très drôle. Parce que l’hypnose est géniale et vraiment énigmatique. Mais surtout – et c’est la réponse qui tue – parce que l’éléphant qu’on ne veut pas voir occupe une telle place qu’on ne sait vraiment pas si l’on pourrait vivre sans lui

Notre moralité – qui a fait de posséder la plus grande des vertus – ne serait-elle pas bien à repenser, si nous n’avions pas un réseau dense de suggestions pour nous dire qu’elle est la seule vérité ? Et imaginez que vous entendiez SNAP et que vous y pensiez un peu, savez vous VRAIMENT d’ou vous sont venues toutes ces opinions politiques que vous exprimez de scrutin en scrutin… et dont, en état de veille, vous voyez bien les résultats sont aux antipodes de vos vraies valeurs ?

S N A P !

 

Pierre JC Allard

 

29-11-15

Nouveau paradigme (3) Une société de joie, ludique et libertine

Filed under: Auteur — Pierre JC Allard @ 8:44

 



Il y aura bien des changements dans une Nouvelle Société. J’ai choisi d’en mettre en évidence trois (3) qui m’apparaissent paradigmatiques, car leur avènement influe sur tout et rend tous nos comportements méconnaissables.

J’ai déjà parlé du premier, la SATIETE, qui enlève l’angoisse du besoin, remet à sa place la richesse… et avec elle toute cette primauté au matériel qui nous a coupé si longtemps les ailes et nous a laissé bêtes.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/nouveau-paradigme-1-la-vertu-de-174305

J’ai parlé aussi de la CONVIALITÉ, qui souligne que l’humain est grégaire, que le concept de société est la négation de l’application collective du darwinisme et que nous ne grandissons pas seuls en concurrence, mais ensemble dans la collaboration et le complémentarité.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/nouveau-paradigme-1-la-vertu-de-174305&nbsp ;

Il y en a une troisième qui est l’HÉDONISME ou, mieux dit, son acceptation sans réserve. On est ici au cœur du sujet, car satiété et convivialité ne suscitent pas de doutes : il nous les faut. Ce sont les défis d’une humanité-enfant. Penser qu’il n’y a que quelques milliers de siècles que nous marchons sur deux pattes …. et à peine 5 000 ans que nous avons appris a lire ! Mais maintenant, nous arrivons à l’adolescence. On peut hésiter, voir des options, se demander pourquoi ceci et non celà…

Le première étape de l’adolescence, c’est de se découvrir soi-même tel qu’on est … et d’apprendre à en jouir. Le grand défi – « la grâce » – comme disait Bernanos – ce sera de s’accepter. Le troisième volet du changement de paradigme, c’est donc de créer une société humaine joyeuse, LIBÉRÉE. Une société qui sera vraisemblablement LUDIQUE et LIBERTINE.

Il est grand temps, car on nous a bâti un destin de misère et d’angoisse. Moïse descend du Sinaï avec une liste de péchés et contraintes, et il instaure la terreur. «  Ah vous dansiez ! Eh bien crevez maintenant !  » Et on en passe quelque milliers au fil de l’épée. Ça n’a plus changé par la suite. La joie rend arrogant et téméraires. Le pouvoir HAIT la joie, qui rend « désobéissant »…

Nous avons créé une société qui se prétend hédoniste… mais où le plaisir est largement interdit. Va pour interdire ce qui nuit aux autres ; le vol, le meurtre, le viol… pas de questions. Mais pourquoi les prohibitions arbitraires, talmudiques ? Elles sont venues, par cent, par milles, pourquoi ? Se demande-t-on parfois POURQUOI le tabou de toute sexualité pour l’enfant ?

Je ne parle pas de relations sexuelles entre enfants et adultes – la pédophilie est un abus manifeste particuliérement révoltant du fort sur le faible – mais de la simple expression naturelle d’une volonté de jouir qui apparaît très jeune. Pourquoi est-elle désignée comme malsaine et contrecarrée autant que faire se peut ? Pourquoi la masturbation, par exemple, est-elle si souvent socialement interdite et présentée comme une tare morale ?

Cette première contrainte gratuite est emblématique de tous les « crimes sans victimes » que la loi a créés et qui complètent l’asservissement de la classe des gens ordinaires à la caste des Seigneurs. Celle-ci non seulement impose à celle-là un labeur astreignant – devenu largement inutile à la production – l’éloignant du même coup de toute tentation de rêver un monde plus agréable, mais, sous couvert d’une moralité fallacieuse dont le prochain est exclus, contrôle aussi son accès à toute gratification gratuite. Le plaisir doit être vendu….

Toutes ces frustrations obligées n’existeraient-elles que pour aviver le désir et la volonté de puissance, mais au service des maitres ? Blesser sans pitié le Miura, pour qu’il charge avec plus d’entrain tout ce qu’on met sur son passage, hors de l’arène comme dedans  ? N’est-ce pas ce qu’on a fait de tout temps ? La révolution industrielle aurait pu faire une place au loisir, mais on n’en eu que ce qui est venu par inadvertance.

On a eu d’abord, sans vraiment, le vouloir une libération relative du travail et les autres bénéfices de la modernité que la technique imposait, mais cette marche tranquille vers l’affranchissement a été stoppée vers la fin des années « 60, par un retour concerté du pendule vers l’autorité, les contraintes, les valeurs de sacrifice. On a remis aux ânes leurs bâts….

Il y a eu un point tournant. On pourrait dire, approximativement, qu’il y a eu un avant et un après Woodstock. On pourrait écrire de gros bouquins sur ce phénomène. Si j’ai le temps, j’en écrirai peut-être un :-)… Mais tout le monde peut s’y mettre. Allez-y, et ça rendra service.

Il faudrait parler plus de ce retour en arriere et de la fin qui a suivi des « 30 Glorieuses ». Il ne peut s’agir que d’une halte dans un processus irréversible vers un monde plus agréable. Car il est impossible qu’une société qui atteint à la satiété et se délivre ainsi lentement de l’emprise du matériel ne regarde pas le monde avec plus de sérénité. Impossible, malgré toutes les œillères qu’on veut lui mettre, que Quidam Lambda ne voit pas que la convivialité est plus porteuse que la concurrence et que, mettant ses actes en accord avec sa nature hédoniste, il ne s’engage pas fermement dans une recherche du plaisir, du bonheur et de la joie.

Cette préférence hédoniste que rend possible l’évolution, se manifestera très bientôt par un refus VISIBLE de la méchanceté. Quidam Lambda refusera de donner plus longtemps la priorité à l’ambition sur la satisfaction, à la domination sur la séduction… Si on le conscrit, au propre comme au figuré, sa première balle sera pour le malfaisant qui, pistolet au poing, voudra le faire sortir d’une tranchée pour courir sus à son voisin …Un voisin auquel on voudra imposer la même bêtise… mais qui réagira de la même façon.

Satiété, convivialité…  puis le troisième volet du nouveau paradigme que nous voulons mettre en évidence, qui est cette réorientation imminente vers la joie. La transformation de l’humanité, d’une procession de flagellants par apprentissage, en un chœur de gens qui acceptent lucidement les limitations de la nature humaines, mais veulent agir ENSEMBLE pour en tirer le meilleur profit .

Il y a pour chacun un choix à faire, mais la société fera la sien qui encadrera ces choix personnels. On pourra encore dire que la souffrance est une vertu ; bien sûr, il y a des gens qui courent vers l’arrière sur le pont d’un paquebot et voient un autre paysage…. Mais ils respireront le même air revigorant… et ils arriveront au même port. On n’échappera pas au nouveau paradigme dont une composante essentielle sera la joie.

 

Pierre JC Allard

24-11-15

Nouveau Paradigme (2) : Le « faire-ensemble »

Filed under: Auteur — Pierre JC Allard @ 12:05

 

Dans mon article précédent – (Nouveau Paradigme (1) : La satiété) – j’ai musardé un peu sur cette première manifestation d’un changement de paradigme qu’a été la prise de conscience d’une possible satiété. C’est qu’elle est CRUCIALE et que je ne voulais vraiment pas qu’elle passe inaperçue. Pas si facile, car des poids lourds comme Schumacher ont dû dire : « small is beautiful » souvent, pour qu’on accepte de les prendre au sérieux, et Leopold Spohr, malgré son quasi-Nobel, n’y est jamais vraiment parvenu !

C’est qu’il n’est pas intuitif que ‘’PLUS ‘’ puisse ne pas être MIEUX. Et le petit singe doit APPRENDRE que c’est en lâchant les cacahuètes, que sa main ouverte pourra sortir de la cage dont son poing fermé ne sortirait jamais…

Il y a eu résistance, mais on a finalement compris, au vu des rapports des éclaireurs revenant du Pays de Cocagne de l’abondance, que celle-ci n’apportait pas le bonheur et qu’on pouvait même songer à contourner cette pseudo Terre Promise. Ils sont de plus en plus nombreux, aujourd’hui, à renier l’obsession de la possession du matériel.

Le nouveau paradigme n’est pas un rejet doctrinaire du matérialisme, du moins pas encore, mais les transgressions au dogme, les compromis et les accommodement, avec une réalité plus équivoque où tout ne se mesure pas, sont bien fréquentes.

Ainsi, le passage vers une économie tertiaire. Comprend-on bien que 80% de ce qu’on « veut », ne consiste plus en « biens »… mais en « services » qui sont, par définition sans substance et donc INAPPROPRIABLES ? Maintenant, ce qu’on cherche, c’est à créer  cen soi ou autour de soi des états éphémères, des situations en mouvance, des abstractions souvent subjectives… La vie devient une recherche d’événements, et on voit bien que le rapport de ceux qui possèdent à ceux qui ne possèdent pas. mais travaillent et consomment, n’est plus du tout celui du seigneur à SA glèbe sur laquelle son serf devait s’activer ou périr….

Toute possession est devenue impermanente, voire aléatoire. Il faudra s’y faire. Le nouveau paradigme, c’est que dans une société basée sur le commerce et la concurrence, le rapport du proprio aux non-proprios, s’est même inversé ! Quand un producteur est privé d’acheteurs, il va à la ruine bien plus vite que le consommateur auquel son fournisseur fait faux bond ! 

Et quand à la désuétude technique vient s’ajouter une obsolescence planifiée qui est une arnaque prévue et consentie, on comprend que posséder une richesse matérielle ne soit plus rassurant… On la remplace donc par une richesse immatérielle de pure confiance, entre les mains d’un banquier….  Ce qui est bien pire, mais est conforme à la tendance vers la dématérialisation. Et toutes les corporations sont maintenant de fait « de mainmorte » car on sait bien que les lois ne durent pas plus que leur opportunité et que le capital, de toute façon, mourra lentement de l’inflation.

Bâtir sa sécurité et son bonheur sur la richesse est donc devenu un acte de foi, et toute l’Histoire est témoin que cette foi a toujours été trahie. Quand on la voit comme inconstante autant que triviale, la désaffection envers la richesse croît encore. Le danger est grand, d’ailleurs, qu’on prenne la richesse de notre société pour acquise et qu’on néglige d’en prendre soin. (Les prophètes du revenu pour tous sans contrepartie-travail me font frémir).

Mais cela est a contrario, et donc un autre débat. Mon présent propos, c’est qu’après un premier pas qui été la prise de conscience de la satiété, le deuxième vers le changement de paradigme a été le constat de la précarité de tout équilibre durable du matériel, dans un monde où la seule constante est la nécessité de la constante adaptation au changement. Chacun sait qu’il est lui-même – comme le système tout entier – en équilibre en mouvement sur sa bicyclette… et qu’il ne freinera pas sans mettre pied à terre ou tomber

Dans ce contexte, l’enrichissement matériel qui implique permanence et continuité apparaît comme un autre leurre du paradigme que nous délaissons. En avons-nous tiré toutes les conséquences ? Avons-nous insisté suffisamment sur celle, inéluctable, que cette précarité conduit à une préférence croissante pour le « faire-ensemble » ?

J’ai lu récemment que, comptant non seulement les intervenants directs, mais tous ceux qui indirectement doivent apporter leur soutien à une chirurgie de pointe, par exemple, c’est par milliers qu’on doit noter tous ceux qui ont contribué à la formation et à l’entretien de ces intervenants, ainsi que ceux en aval qui, à multiples paliers, ont mis la main à la pâte pour l’entretien et la formation de ces derniers.

C’est par milliers aussi qu’il faut compter ceux dont l’apport a été indispensable, tout au long d’un processus sans failles, pour qu’à toutes les étapes de l’aménagement des lieux, comme de la conception et réalisation des équipements requis – du scalpel, au ventilateur, à l’ambulance – naissent les conditions et la disponibilité des ressources permettant cette intervention.

Ajouter la variable administration et les autres services, et on a une implication qui tend a être exhaustive de tous dans la réalisation de tout. Il est important de prendre conscience de cette INTERDÉPENDANCE. Car si la satiété qui nous advient est une gifle à Malthus, la collaboration qui s’impose maintenant en est une à Darwin.

La complexité d’une société de services met en évidence, comme jamais auparvant, la nécessaire complémentarité qui seule permet de transcender « ensemble » les contraintes que la nature nous impose comme individus. Le seul avenir raisonnable pour les humains est de se percevoir comme humanité. Le nouveau paradigme exclut donc une société d’individualistes. Il en est à exclure l’existence même de sociétés libérales se réclamant de l’individualisme.

La prochaine société sera celle qu’on bâtira avec son prochain. Elle sera une adaptation – religieuse ou laïque, peu importe – du message christique de s’aimer, et non la vision darwinienne d’une incessante destruction les uns des autres dans le refus fanatique de la solidarité. Cette Nouvelle Société sera entrepreneuriale, mais dans le cadre d’un respect strict de l’essentielle collaboration sans laquelle aucune société n’est viable, ni aucun vrai progrès possible.

Il y au Nouveau Paradigme, un autre volet que certains trouveront bien étonnant. J’en parlerai dans le troisième article de cette série.

 

Pierre JC Allard

 

23-11-15

Nouveau paradigme (1). La Vertu de Satiété

Filed under: Auteur — Pierre JC Allard @ 12:04

 

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Ceci est le premier de trois (3) articles discutant d’un nouveau paradigme pour notre société. Celui que nous avons est caduc et les événements de Paris en ont été la preuve définitive

***

Il y a aujourd’hui, en tôle au Canada, un type qui, après s’être fait la main en torturant des chatons et en en distribuant largement les images sur Facebook , a dépecé un jeune Chinois, en a bouffé des morceaux et a envoyé le reste par petits paquets recommandés à des parlementaires… Un message fort, je suppose….

En Inde, on viole des jeunes filles publiquement pour ‘’punir ‘’ leurs frères de leur manque de respect envers les castes dites supérieures… et on filme. Société du spectacle, n’est-ce pas… On vient de commettre à Paris des excès que ne peuvent justifier les millions de victimes qu’a fait et que continue de faire Occident chez les nations dites encore trop souvent inférieures.

L’Occident fait plus de mal, aujourd’hui, parce qu’il peut en faire plus, mais la volonté d’en faire est universelle ; les génocides en Afrique ont des volumes et une efficience dont on ne rêvait même pas à Auschwitz. En résumé, nous, humains sommes une espèce de dégénérés moraux assez immondes, et si on cherchait les Dix Justes pour nous dédouaner il faudrait chercher un peu…

On peut blâmer l’inné, la nature humaine. Ceux qui croient en Dieu peuvent présenter leurs doléances au Grand Horloger ; mais, au quotidien, l’ « absenthéisme » est de rigueur, car la Providence s’est pudiquement voilée la face et réfugiée chez la Comtesse de Ségur. Chaque cataclysme nous rappelle que le créateur nous dit : ‘’Cause toujours’’…. Il est plus prometteur de voir du côté de l’acquis. Avons-nous raté le coche dans notre adaptation à la condition humaine ?

OUI. Nous avons raté notre arrivée au Paradis Terrestre.

Le Paradis terrestre n’est pas une légende ; il existe. Des gens mal intentionnés ont seulement voulu nous faire croire qu’il était là au départ… alors qu’il est à l’arrivée ! Et ils ont prétendu qu’il était ailleurs, alors qu’il est ICI.

Pendant des millénaires, il y a eu disette les jours maigres et pénurie tous les jours. On a vu un monde malthusien, où il n y en avait et n’y en aurait jamais assez pour tous. Un monde où s’aimer les uns les autres était un pari bien risqué, sauf pour l’Au-delà. Il était donc normal, le mal menant au pire, que se décline dans toutes ses formes un paradigme darwinien de concurrence féroce pour la survie dans un jeu à somme nulle où chacun lutterait pour soi.

Le modèle normal de nos sociétés, développées dans la hantise d’une omniprésente pauvreté, a été de donner comme but premier à la vie de posséder, d’accumuler, de thésauriser. Avoir PLUS. Pas avoir ‘’beaucoup’’ – ce qui peut-être un mauvais choix, mais demeure un objectif sensé – mais avoir toujours PLUS, indéfiniment… Ce qui est impossible et donc absurde. Notre société est née et a grandi sous ce paradigme d’un enrichissement matériel illimité présenté comme le sens et le but de l’existence. Un paradigme pour temps de pénurie

Mais un jour on a dit « Science », on a harnaché la nature, botté le cul des diseurs de sornettes investis dans l’au-dela, relevé ceux qui vivaient à genoux et, en moins de deux siècles… est venue l’ABONDANCE ! Une abondance jusqu’alors inimaginable.

Un jour, en 1955, aux USA, le pourcentage des travailleurs dans le secteur secondaire – celui où l’on produit les BIENS – a plafonné et, pour la première fois depuis toujours, a commencé a baissé. Ça vous semble anodin ? Réfléchissez. C’était le signe que la capacité de production globale de biens pouvait dépasser la demande. C’était le changement le plus fondamental de nos 5 000 ans d’Histoire. On apprenait qu’au prix d’un peu de travail, on aurait désormais autant qu’on en voudrait de tout ce qu’on en voudrait. IL Y EN AURAIT ASSEZ POUR TOUT LE MONDE.

Vous vous souvenez de la Première Malédiction  ? « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front… ». Ce serait de moins en moins vrai. Dans une société industrielle contemporaine, il ne faut plus en moyenne aujourd’hui que huit heures de travail par semaine par travailleur pour produire tous les biens matériels que nous consommons… Et on pourrait faire bien mieux, si on le voulait ! On aurait du temps pour produire des « services » qui n’étaient auparavant accessibles qu’aux très riches. L’Éden est là….

L’Éden est là…. Mais on ne le voit pas. On nous le cache.  A prime abord, cette discrétion est stratégique. Quand la productivité augmente c‘était grâce aux machines ; il semblait aller de soi – pour les propriétaires de machines – que le surplus de richesse produite irait aux propriétaires de machines. Comment le cul-terreux à qui on ferait désormais la faveur de travailler moins longtemps – et parfois même, assis plutôt que debout ! aurait-il l’inqualifiable prétention de vouloir AUSSI être payé davantage ! Ridicule !

Il y a eu des discussions animées sur cette question. Je ne m’y attarderai pas, car j’en ai souvent parlé. Disons simplement que les travailleurs ont finalement eu droit à leur part du gâteau. Ne croyez pas que ce soit la générosité qui soit descendue en Pentecôte sur les employeurs. Les possédants-employeurs ont seulement compris qu’on ne fait du fric à produire beaucoup que si ce qu’on produit se vend. Il faut qu’à une production de masse corresponde une consommation de masse.

Ce fut une grande frustration pour les nantis. Il allait falloir laisser assez d’argent dans la poche des travailleurs pour que, globalement, ils puissent acheter presque tout ce qu’ils produisaient, car ce que peuvent vraiment consommer au sens strict les plus riches n’est qu’un petit frisson sur la courbe de la consommation.

Il a fallu aux Riches se plier a cette contrainte inscrite dans la nature des choses que l’on ne peut faire un profit sur le bifteck si les gens ne peuvent manger que du pain. Il leur a fallu se résigner à une certaine irritante équité. Posseder équitablement perd beaucoup de son charme…On a pu un peu plus tard, par le crédit, sembler contourner cette contrainte, mais c’est une autre histoire que je raconterai une autre fois. Aujourd’hui, on parle du passage de la misère à l’opulence.

Pourquoi est-on resté discret sur le spectaculaire enrichissement de la société, même quand il a été consenti que tout le monde en ait sa part ? C’est qu’avec l’abondance qu’apportait la révolution industrielle, toutes les règles du jeu changeaient. On aurait aimé garder dans une société d’abondance le pararadigme de la pénurie. Pour le salut d’un ordre social bâti sur l’inégalité, on n’a pas dit que nous étions devenus riches…. On a triché et on a menti.

Le monde ordinaire a été maintenu, autant que possible, dans l’habitude de manquer de tout, et a donc gardé cette manie des babouins de chiper les noix de cocos du voisin. En fait, malgré l’abondance, la principale activité humaine, est restée jusqu’à nos jours, non pas de faire l’amour, ni même la guerre…. mais de se déposséder les uns les autres.

On a posé comme assise à notre société que, produire étant devenu trivial, ce serait de s’échanger les produits qu’une immense majorité des travailleurs tireraient un revenu. Ils le feraient à partir de la différence qu’ils créeraient en deux temps, par leur astuce, entre ce qui serait la valeur objective consensuelle de ce qu’ils offrent et, d’une part le cout auquel ils l’auraient obtenu, d’autre par le prix qu’ils pourraient en obtenir.

C’est cette activité roublarde qui constitue le COMMERCE et qui est devenue le centre de la vie. Le commerce est l’institutionnalisation de ce triomphe par l’astuce que les gens simples appellent généralement une arnaque. Quand l’astuce avance, la moralité recule. Notre société s’est donc créé une amoralité qui a fait de l’enrichissement une vertu et, des moyens de s’enrichir, de simples détails….

Le résultat est que l’industrialisation, qui aurait dû être un passage pour tous de l’indigence a l’abondance, s’est soldée par l’avènement d’une société où les indigents, toujours bien présents, n’affrontent plus tant les caprices du sort qu’ils ne sont devenus les jouets des nantis.

Schadenfreude pour les un, mais en personnalisant l’injustice, on a donné un visage au destin méchant. Maintenant, on peut penser l’abattre…. et c’est ce qu’on a fait à Paris, à Bataclan et ailleurs. On le fera encore si – dans une monde ou posséder devient trivial et donc pure provocation – on ne sort pas du paradigme de la possession a tout prix.

La première étape d’un nouveau paradigme pour la société est une répartition raisonnable de la richesse. Elle devient possible, quand acquérir n’est plus synonyme de succès, d’intelligence, de puissance et d’accès au respect … Bien plus facile, quand posséder au-delà de ce qu’exige la satisfaction de ses vrais désirs apparait tout a coup comme ridicule, négatif, un peu vulgaire. ON VA DONC FAIRE CETTE REDISTRIBUTION … ET SANS VIOLENCE.

Carnegie, pionnier des grands milliardaires philanthropes, disait vouloir s’éviter ‘’le déshonneur de mourir riche’’’ ; Warren Buffet et Bill Gates donnent des dizaines de milliards dont ils ne voient plus pourquoi s’embarrasser. Ce sont les précurseurs de la Vertu de Satiété qui coiffe le nouveau paradigme…. et mène à une redistribution partielle de la richesse. Imparfaite, encore injuste, mais redonnant à chacun selon son véritable pouvoir social. Un pouvoir qui n’est plus celui de naguère, car, dans une société de services, c’est le capital humain qui est dominant.

 

Pierre JC Allard

11-11-15

Marx, Asimov, Orwell… le sceau des prophètes laïques

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 1:19

 

 

 

De Jonas, David, Elie, Jeremie – enchâssés dans la Bible – aux « preachers » juchés sur leurs boîtes à savon de Hyde Park Corner, le monde n’a jamais manqué de grands prophètes, ni de diseuses de bonne aventure.  Heureusement, car n’est-il pas évident que tout ce qui sera est en germe dans ce qui est, et que, si on regarde bien on verra tout… ? Alors, depuis toujours, on prédit et on « prophétise…. »

Les Chinois s’inspiraient des écailles de tortue, les Romains des entrailles des victimes, puis on a fait co-signer les « scoops » par des Nostradamus ou par Dieu lui-même sous divers pseudos, en attendant que la Science prenne sa place. Quand ce fut fait, on put laisser sortir enfin les futurologues : les prophètes laïques dont nous suivons les oracles.

Instructives leurs prophéties ? Il y a eu des bides amusants, ; comme quand Simon Newcombe, le polymath le mieux coté de son époque, a dit qu’avec les moyens disponibles le plus lourd que l’air ne pourrait jamais voler… alors que l’appareil des frères Wright était pratiquement au décollage…. ! Quelques mauvaises notes, donc, mais, généralement on a assez bien vu venir Côté science et techno, s’entend, car quand on a lu les feuilles de thé pour la politique on s’est surtout gouré. Tyrannie, démocratie…. La boule de cristal est souvent restée opaque, même pour les tendances lourdes.

Qui aurait pu prédire, par exemple, que les USA, pays fondé par des déracinés contestataires, s’en tiendrait à une seule constitution durant des siècles, alors qu’un pays de vieille civilisation comme le France épuiserait trois (3) monarchies, deux (2) empires et cinq (5) républiques, en plus des singularités de type Directoire, Consulat et Etat Français ?

Cela dit il y a eu d’étonnants prophètes. Marx, bien sûr, mais aussi Alvin Tofler qui, dans Le choc du Futur, a prédit à peu près tout. Des visionnaires comme Asimov qui, non seulement a dit son mot sur toute l’épopée humaine, mais en a parfois décrit des aspects avec un luxe de détails digne d’un pro. Ainsi, dans Fondation, quand il nous montre comment, en manipulant les variables culturelles et économiques, un État sagace peut triompher d’un rival militairement plus puissant. Un manuel pour la Guerre Froide….

Personne plus étonnant que Orwell, toutefois, qu’on peut voir pout l’instant comme le sceau des prophètes laiques, puisqu’il a décrit, dans « 1984  » – publié en 1949 – le monde tripolaire qui est à s’organiser aujourd’hui sous nos yeux !

Quel monde ? Celui de trois (3) super-états, ostentatoirement commis à des guerres sans victoire possible – ni même vraiment voulue ! – puisque chacun dirigé pas par sa propre oligarchie, a pour but premier de garder son pouvoi intact et perenne dans une lutte incessante contre … sa propre population !  Les conflits avec les ennemis apparents ne sont là que pour la frime. Chacun, en alternance, peut donc s’opposer aux deux autres, dans le cadre d’alliances en continuel changement. … qui ne sont que des simulacres,

Oceania, Eurasia, Eastasia…. . Les entités politiques que présente Orwell sont si vastes qu’elles ne peuvent être conquises et occupées, faisant de la connivence larvée de chacune une donnée incontournable de la stratégies de l’oligarchie des deux autres. Peut-on ne pas y voir l’Amérique, la Chine et la Russie, cherchant elles aussi l’équilibre global dans un état de « non-guerre » …. mais de rivalité musclée permanente ?

Une rivalité favorable à une dynamique de commerce et d’amusantes intrigues byzantines, pour le plaisir et l’enrichissement du 0,0001%, des mortels, une caste de milliardaires présente chez chacun des Trois Grands. L’Inde et le Japon sont la, en réserve du futur, se faisant – ou ne se faisant pas – un destin pour demain, mais qu’ils devront arracher de ceux déjà bien en place. L’Afrique et l’Islamie sont des territoires destinés au chaos, propices aux aventures et aux grandes ambitions chères à Kipling. « East of Suezwhere the best is like the worst. Where there aren’t no Ten Commandments and a man can raise a thirst… »

Que manque-t-il à notre monde pour qu’il réalise la prophétie orwellienne ? D’abord que l’U.E se détache de l’Amérique et fusionne avec la Russie pour donner à Eurasia  le poids économique qui en fera une entité au moins égale aux deux autres. Ensuite, que toute prétention à une gouvernance démocratique s’estompe pour faire place au fascisme collégial ou dictatorial qui est la gouvernance que laisse supposer Orwell.

Est-ce l’avenir que nous voulons ? Bien sûr que non ! Mais voyons-nous des signes tangibles d’une résistance des individus à cette évolution ? Si l’on ne s’insurge pas contre l’anéantissement progressif de toute référence concrète a la volonté populaire pour déterminer les orientation de nos société, n’est-il pas évident que les vestiges quasi parodiques de démocratie qui subsistent seront très bientôt supprimés ?

Seul un changement de la finalité que nous voulons donner à l’existence humaine empêchera que se réalise la prophétie d’Orwell. J’en parlerai dans mon prochain article.

 

Pierre JC Allard

 

02-11-15

Le nouveau « Nouvel Ordre Mondial »

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 3:49

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Tout vient de basculer le 7 octobre. Et on n’a pas fini d’avoir les après-secousses du séisme.. Il y a bien 20 ans – 30 ou 40 avec les préliminaires, selon les écoles – qu’on était à tricoter un « Ordre nouveau » à la sauce des néo-cons americains, et tout ca paraissait bien ficelé. On ne se demandait plus comment éviter la dépravation, mais comment on supporterait l’expérience … et comment on finirait un jour par s’en sortir….. J’ai passé des années de ma vie à y penser…. Puis patatras !

Le NWO vient de s’effondrer. Mais peut-on dire « patatras ! » quand c’est la catastrophe qui se déconstruit ? « Exultate !  » ou « Alleluia  » ne seraient-ils plus appropriés ! …Tout se complotait depuis longtemps, mais tout asemblé commencer en fin de matinée, quand un général russe s‘est arrêté a la mission américaine à Damas pour dire « en passant » (les joueurs d’echecs apprécieront J) que l’aviation russe, prendrait dans une heure le contrôle de l’espace aérien syrien à l’invitation du gouvernement légitime de la Syrie… et que les femmes, les enfants et les Americains auraient intérêt a aller se planquer en lieu sûr.Je suis persuadé que tout çà a été dit très poliment – mais fermement – et l’Américain de garde n’a pas protesté…. car le Russe était parti ; son chauffeur l’attendait et les bombardiers russes étaient déjà en vol… Fin de 70 ans d’hégémonie insolente américaine …. Fin de l’humiliation récurrente des Russes et de tous les autres.

Ne pas répondre était coucher le roi. Il a suffi ensuite de quelques salves à partir de la Caspienne pour qu’il devienne EVIDENT que ce n’était pas un bluff : la main avait passé. LISEZ EN LIEN L’ARTICLE DE ROMAN GAREV On ne peut mieux le dire.

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/une-seule-salve-russe-de-la-mer-172794

Il faut comprendre que quand on peut faire de tout navire en mer un pigeon sur une branche, il ne s’agit pas seulement d’un avantage décisif au combat même. Le point crucial est que cette totale vulnérabilité des bâtiments en mer rend impossible une invasion entre continents. 

Rien ne passe plus indemne quelques kilometres d’océan, et tout sera désormais comme si les deux (2) hémisphères de ce notre planète étaient des planètes séparées. C’est assez pour que s’établisse un « ordre mondial » bien différent de celui que l’on avait prévu.

Ce sera un nouveau Nouvel Ordre Mondial, qui reposera sur la coexistence de ces deux (2) hémisphères, lesquels seront en état d’émulation plutôt que de conflit ouvert.  Et chacun aura ses forces et ses faiblesses… qui dépendront de cette nouvelle situation

En Amérique, seuls les fanas dépassés rêveront d’une hégémonie globale. Le défi réel deviendra, pour la classe dominante anglo-saxonne, de maintenir sa position de force dans un continent qui DEVRA être solidaire et uni – car il deviendra son seul espace de réalisation – alors qu’il se transformera démographiquement pour devenir essentiellement LATIN.

La rivalité interne sera culturelle. Si Anglos et Latins collaborent, le temps jouera pour l’Amérique, dans sa relation avec les autres puissances globales. S’ils ne fusionnent pas, elle ne pourra pas utiliser correctement ses atouts et deviendra en position de faiblesse face au reste du monde .

L’Amérique est déjà – et sera de plus en plus – en position de faiblesse militaire en ce monde. Elle devra renoncer à la force et continuer la guerre « par d’autres moyens ».  Quels sont ces moyens à la Clausewitz ?

Ces moyens, pour l’Amérique sont : 1 : Son ascendant culturel fondé sur la préponderance de la langue anglaise et sa position dominante dans les sciences et les techniques. 2 : Son contrôle des outils financiers en place, qui lui donnera un atout majeur, aussi longtemps que les ‘Autres’ ne s’en seront pas affranchis…. ce qui, toutefois, ne devrait pas tarder. 3 : Son expérience inégalée pour gérer le corruption, et fomenter et instrumenter la zizanie chez ses concurrents.

Le « vieux continent », pour sa part, devra relever le défi de l’inévitable rivalité ente les deux (2) super-puissances (Chine et Russie) qui devront s’y accommoder, tout en prévoyant un certain respect pour les autre cultures voisines – Inde, Japon, Islam, Afrique – que le destin facétieux leur a imposées.

Leur contiguïté devrait suffire à convaincre la Chine comme la Russie de vouloir maintenir une supériorité mlitaire. C’est une motivation que n’aura pas l’Amérique – isolée et isolationniste – qui devrait normalement évoluer vers un rôle d ‘arbitrage, un effort pour garder la « balance du pouvoir » en conservant une attitude pacifiste.

Faut-il s’étonner de cette évolution inattendue des rôles des protagonistes, l’Amérique allant vers une politique pacifiste et mettant l’accent sur la primauté de son impact culturel, pendant que Chine et Russie (probablement devenue Eurasie) s’affrontent avec pugnacité ? Je crois que cette évolution découle INÉVITABLEMENT du nouveau rapport de forces entre nations, quand la mer devient infranchissable… comme elle l’est devenue de facto le 7 octobre.

Naturellement, ce n’est qu’une hypothèse que les choses ainsi, Les plans des souris et des hommes… sont bien fagiles… Mais si Donald Trump, contre tout attente raisonnable, accédait à la Présidence des USA, j’en serais conforté dans l’opinion que l’Amérique va dorénavant renoncer à la force brute et va plutôt continuer par d’autres moyens la guerre pour défendre son hégémonie … Hollywood, corruption et zizanie, plutôt que ces mercenaires qui se font botter le derrière tous azimuts ? On verra bien…. Très bientôt

Pierre JC Allard

27-10-15

Inquisition made in USA

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 11:39

 
 

Si quelqu’un n’était pas encore convaincu que les Américains – qui viennent de bombarder un hôpital en Afghanistan et fuient comme des lapins quand les forces Russes interviennent en Syrie – n’ont plus l’autorité morale de diriger l’Occident, le spectacle répugnant du Comité Benghazi l’en aura certainement persuadé.

De quoi s’agit-il ? Une brochette de grosses pointures du Parti Républicains au Senat des USA se sont acharnées hier sur Hillary Clinton, candidate en instance de confirmation du Parti Démocrate à la présidence des USA. Le but ? La discréditer dans son rôle de ci-devant Secrétaire d’État de Barack Obama et, à ce titre, ultime autorité de la diplomatie américaine à l’époque du gênant cafouillage de Benghazi en Libye il y a quelques années.

Le cafouillage, c’est la mort d’un ambassadeur US, tué alors dans un coup de force contre la mission américaine du dit lieu, par on ne sait trop lequel des nombreux groupes terroristes qui y ont alors proliféré dans la foulés du chaos créé en Libye par l’intervention criminelle de l’Otan pour démettre et supprimer Kadhafi.

https://nouvellesociete.wordpress.com/2011/10/30/100-jours-apres-la-libye-des-mefaits/

De cette mission, de son rôle, de son sort et des événement eux-mêmes, tout est déjà connu ad nauseam de ceux que ca intéresse : il y a eu, à ce jour, huit (8) enquëtes sur ce sujet ! Pourquoi une autre enquète ? Juste une autre escarmouche pour tenter de biaiser l’opinion publique et se vautrer dans le cloaque médiatique qui dissimule aux USA le vide abyssale de toute pensée politique. Car n’y a qu’UNE politique aux USA:celle de l »establishmnet financier. Ce qui est en jeu. en politique, c’est la clique qui aura le privilège de l’appliquer.

 Aucune surprise, donc, si hier, devant ce Comité Benghazi, aucune question n’a été éposée à Hillary Clinton à laquelle elle n’eut déjà répondu dix fois plutôt qu’une. Une cohorte d’inquisiteurs au front très bas se sont seulement succédés pendant 13 heures pour tenter d’arracher des aveux – de Dieu seul sait quoi ! – à une sexagénaire dont le seul tort est de ne pas partager les mêmes intérêts partisans que ses tortionnaires.

Adoptant le style des interrogatoires brutaux et sans finesse de l’hyper-populaire émission « Law and Order » qui abêtit les Américains depuis des années, ceux-ci – (dont une certain Jordan dont l’Histoire n’aura sans doute jamais aucune autre raison de garder le nom en pied-de-page) ont procédé à une pure séquence d’insultes et de brimades … et avec une totale et grossièrement évidente mauvaise foi. 

Cette « enquête » ne nous aura certes rien appris sur les événements de Benghazi. L’Important, dans ce qui s’est passé hier, n’est donc pas le contenu : c’est la manière…. Un présumé criminel aurait – en principes – reçu la protection de la Justice contre de genre de traitement, mais en politique américaine tout n’est-il pas permis ? 

Ne pas penser, surtout, que je sois à faire l’apologie des Démocrates ou de la candidate Clinton. J’incline a penser que seules les circonstances ont distribué ici les rôles de victime et de bourreaux. Le scénario de la politique américaine est celui de scorpions dans une bouteille, ou mieux, de bébés visons s’entre-dévorant : une des scènes les plus horribles que la nature nous laisse voir.

Avec cette Enquête Benghazi, on est dans la pure tradition du McCarthyisme. Le fascisme primaire n’est jamais bien loin dans la panoplie des choix qui hantent la psyché collective américaine…. Hillary, c’est l’Inquisition soft…Mais c’est une facon de pensée. On peut faire mieux (pire). Guantanamo et ses dérives est toujours une option bien présente d’exercer le pouvoir.

https://nouvellesociete.wordpress.com/2015/06/05/omar-khadr-lenfant-martyr-de-lislam-qui-est-a-vaincre-les-us/

En Europe, ce n’est pas le cas. Pas encore. Imaginez-vous Marine Le Pen, cuisinée pendant 13 heures devant les cameras de télévision par un « Comité » de sbires du PS et de l’UMP… ? Une meute conduite par Valls, par exemple, à qui on aurait fait renifler une goutte du sang de Dieudonné… C’est pour ça que je préfère voir les Russes plutôt que les Américains à Damas.

Nous avons encore en France, heureusement, une autre idée de la démocratie. Soyons vigilants pour qu’elle ne nous soit pas enlevée, par dol ou violence…. ou par simple inadvertance.  On a prêté à Clemenceau, Oscar Wilde, Sacha Guitry et même à Einstein, cette fameuse boutade disant que les USA étaient allés de la barbarie à la décadence sans vraiment passer par la civilisation ou du moins s’y attarder

Pour ma part, je pense que cette idée germe spontanément dans l’esprit de quiconque connaît l’Histoire des USA et réfléchit un peu…. Ce serait peut-être un grand jour pour bien des peuples du monde si, ayant construit autour des USA ce grand mur dont parle tant Donald Trump, les Américains s’y enfermaient et perdaient la clef.

Pierre JC Allard

11-10-15

Au-delà de la Syrie et du FN. La révolte des « sans-dessein »

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 4:37

 
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On dénonce beaucoup, avec pertinence, les libertés que prend la France de Hollande avec le droit international, en allant bombarder en Syrie les forces du gouvernement syrien légitime qui n’a pas l’heur de lui plaire. Quand on cède à ces sautes d’humeur. que reste-t-il, en effet, autre qu’un rapport de force, pour régler les différends entre Etats ?

Selon la déclaration de la déléguée russe M.Zakharova, les frappes françaises en Syrie peuvent être considérées comme la « destruction du droit international au vu et au su de la communauté internationale ». Elle a bien raison…

Après l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, voici la Syrie, agressée pour des raisons frivoles ou mensongère, et s’ajoutant à la longue liste des interventions militaires discrétionnaires des USA que rien n’a jamais justifiées que leur appétit prédateur. il faut être bien jocrisse, pout croire qu’il existe encore une quelconque règle de droit qui s’applique aux relations internationales.

A quelle ràgle obéit donc maintenent la France ? Un petit commentaire de Njama, sur un article de Rakoski du 29 septembre nous éclaire, rappelant qu’aux termes du Code de la défense (art. L. 1111-1), le Président de la Republique a, « en tout temps et toutes circonstances », le pouvoir de décider des actions des forces armées françaises à l’étranger…

ET voilà ! Contrôle législatif  ? Depuis 2008, un simple avis dans les 4 mois de l’intervention. C’est bien plus de temps qu’il n’en a fallu pour détruire la Libye…

https://nouvellesociete.wordpress.com/2011/10/30/100-jours-apres-la-libye-des-mefaits/ 

Autres contrôles? Néant… La France entre en guerre comme au temps de Louis XIV et elle le fait à mal escient. La France, dans le monde, a pris le parti du Mal. Comme, en France même, sa gouvernance a pris le parti de l’injustice. Le parti des exploiteurs, du 0,0001% qui possède tout contre tous les autres.

La France, dans le monde, a pris le parti du Mal. Le parti des USA. Il fut un temps où l’on pouvait de bonne foi hésiter, croire que les mots « démocratie », « liberté» et autres plates grandiloquences, pouvaient justifier les 92 agressions commises par l’Amérique depuis seulement 50 ans, s’ajoutant à l’extermination de ses autochtones et à son soutien de l’esclavage. Mais il n’y a plus de doutes. L’Amerique est le Mal.

Ceux que n’a pas convaincus le dernier crime de guerre des Américains, ciblant cet hôpital des Médecins sans frontières au nord de l’Afghanistan, ne méritent plus qu’on leur parle, mais doivent leur être associés dans une même définitive réprobation. Comme le tissu hygiénique doit accompagner à l’égout ce qu’il enveloppe et voudrait cacher.

On a fait de nous, et de chacun qui ne proteste pas et ne se dissocie pas de la politique française actuelle, un complice du Mal. Nous sommes les alliés du Mal. Je crois que nous n’en sommes pas fiers…. Et c’est très grave.

On a aujourd’hui toutes les raisons de désespérer, de la France, du Système, de la démocratie, des État de droits et de l’état du monde n’est-ce pas ? Mais y pouvons-nous quoi que ce soit ? Croyons-nous y pouvoir quoi que ce soit ? 

Le plus grave problème, aujourd’hui, n’est pas que tout ce qui est bien soit battu en brèche; le plus grave problème, c’est notre résignation à ce naufrage qui nous laisse sans respect de nous-mêmes, sans espoir, sans grand dessein pour nous ou l’humanité… ON A FAIT DE NOUS DES SANS DESSEIN… Nous laissant avec ce remord lancinant – que nous ne nous avouons pas toujours – d’être par faiblesse les complices du mal.

Nous sommes, et nous SAVONS que nous sommes, complices de la violence en Syrie, de la misère en Inde… et de l’injustice croissante entre nous, que nous encourageons de tous nos gestes par cette fringale pathologique de POSSEDER dont on a fait le but ultime de l’existence.

RIEN ne peut nous sauver de ce remord et de notre INSIGNIFIANCE, si nous ne comprenons pas que posséder NE PEUT PAS être le but de la vie. 

Or,cette prise de conscience est individuelle. En attendant d’y avoir accès, chacun des « sans-dessein » que nous sommes tous en puissance se cherche une raison de vivre… Quand il vit cette prise de conscience sans trouver cette raison, son mal d’être fait de lui un ennemi de la société que nous connaissons. Une société dont il peut conclure qu’elle l’a « damné »….

Ne cherchez pas ailleurs le pourquoi de toutes ces défections « inexplicables » des jeunes vers l’Etat Islamique. Les « sans-desseins » se cherchent un sens.

Mais attention ! Si les « sans-desseins » deviennent vraiment mécontents et sont tout a coup motivés davantage par leur haine du système que par un amour pour l’une ou l’autre des alternatives qu’on pourrait y substituer,la situation de résignation qui permet l’exploitation de presque tous par quelques-uns se transforme. Il pousse des crocs au Dr Jekyll… 

Le Système – invincible contre une opposition organisée – est sans défense contre l’individu qui ne veut que le détruire. Pourquoi ? 

D’abord, parce que l’individu qui n’affiche pas un intérêt personnel apparait irrationnel ; il n’est donc pas prévisible, ne peut être identifié que par hasard et reste donc longtemps indécelable, introuvable. 

C’est le cas Unabomber. 

https://nouvellesociete.wordpress.com/2011/06/26/quand-lindividu-se-fache-2/

Ensuite, parce que la technique moderne met désormaisis des moyens inouïs entre les mains de ces mécontents. Une poignée d’individus peuvent stopper le pays tout entier sans se concerter, sans même se connaitre. Toute action peut découler d’un mot d’ordre lancé à la cantonade et être exécutée par quiconque le veut, et croit en avoir la capacité et bénéficier de circonstances favorables pour la mener à terme.

Le plus grand danger qui nous menace aujourd’hui est qu’on peut faire une ‘gestion par objectifs’ d’une entreprise irrationnelle de destruction massive de la société ! Et il ne faut pas un génie du mal pour le faire…. N’importe qui, hélas, peut faire sa part pour détruire un mécanisme essentiel d’un sociétéa que sa complexite rend infiniment fragile.1

Rien ne peut protéger la société des conséquences d’une « révolte des ‘sans-dessein » devenant malveillants, si ce n’est la propre conscience morale de l’individu lui-même. Le salut est dans la résurgence d’une vraie moralité, avec l’émergence d’un nouveau paradigme – qui soit l’antithèse du Darwinisme et du modèle politique libéral – qui ne nous dresse pas les uns contre les autres, mais valorise la collaboration.

L’ennemi de chacun n’est pas son prochain, mais ses propres limites et ses propres limitations. La concurrence est la rage de dents d’une société infantile. Le but de vivre en société, c’est de faire ensemble ce que nous ne pouvons faire seuls. L’Homme ne peut avoir d’autre but que de créer l’Humanité.

Si on ne prend pas ainsi rapidementt le parti du Bien, nous nous créerons bien des malheurs.

Pierre JC Allard 

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