Nouvelle Societe

09-04-16

Élections américaines. La mi-temps du match

Filed under: Auteur — Pierre JC Allard @ 2:32

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Ceci est mon 4 ième article sur le sujet . Les trois premiers sont en ligne et il s’en dégage quelques idées-maitresses que je résume ici. Il n‘est pas nécessaire d’être d’accord avec ces prémisses, mais il est utile de savoir que c’est sur elles que s’appuie l’interprétation des événements que je propose dans cet article. Ces idées-maitresses sont :

  1. Les USA sont gouvernés par une caste dominante essentiellement héréditaire de nantis, mais qui a fait la part belle à l’ « adjonction des compétence », par l’apport constant d’un système d’éducation élitiste, extrêmement sélectif et efficace. Cette caste se renouvelle au rythme bien étudié qui a empêché sa dégénérescence
  2.  Cette gouvernance s’exerce par le biais d’une Administration d’experts nommés et non élus – et largement inconnus du public, – dans le cadre d’une démocratietotalement manipulée, a) par les medias qui contrôlent l’information et donc la pensée, b) par les institutions financières qui contrôlent la richesse et donc la satisfaction des besoins, et c) par les « forces armées » qui assurent la sécurité et le respect de ce qui doit être respecté.
  3. Cette caste dominante n’a aucun préjugé idéologique. Elle ne souhaite que donner au peuple tout ce que le peuple veut et qui ne mette pas en péril la continuité et le pouvoir de la caste dominante.
  4.  Les élections aux USA m’ont pas pour but de décider des politiques – l’Administration se charge de les établir et de les optimiser – mais de connaître ce que le peuple veut, pour concilier cette volonté populaire avec l’optimum défini par les experts et réaliser un consensus. Le meilleur consensus possible. Le peuple a droit de choisir ses représentants… mais il n’est pas prévu que ceux-ci exercent un vrai pouvoir.

Gardant à l’esprit ces idées-maîtresses, quel est le but de la très longue campagne électorale aux USA ? Par une multitudes de sondages et de scrutins régionaux, connaître à fond, ce que veulent les Américains répondre à certaines questions précises, identifier les grandes tendances pour demain et voir jusqu’où on peu aller trop loin. … Les réponses, conduisent à élaborer (2) deux « plateformes » alternatives qui seront soumises aux électeurs en novembre.

DEUX (2) plateformes (programmes), car on est en démocratie… Il serait inconcevable, toutefois, que la politique optimale que concoctent présentement les experts soit alors significativement réorientée en catastrophe pour satisfaire les caprices de l’électorat ! Les deux (2) plateformes/programmes doivent donc être interchangeables et ne se distinguer qu’au niveau du vocabulaire et des effets de manches.

Où en sommes-nous, à la mi-temps, du grand « sondage » qui déterminera ce que veulent les Américains … et ce qu’on leur offrira ?  Analyser les milliers de sondages – ce que font présentement ceux dont c’est la mission – dépasse de loin mes capacités et mes moyens. Ceux que qui veulent s’y attaquer peuvent avoir un aperçu du défi en plongeant dans quelques uns des site qui transportent et colportent cette information. Je vous en mets ici deux (2) en lien… et un lien magique qui vous conduira à des douzaines d’autres. Mais souvenez vous que, où que vous cherchiez, vous ne verrez que la surface d’un océan très profond.

http://www.gallup.com/topic/election_2016.aspx

http://www.realclearpolitics.com/epolls/latest_polls/elections

https://www.google.com.mx/search?client=safari&rls=en&q=sondages+de+politique+am%C3%A9ricaine&ie=UTF-8&oe=UTF-8&gfe_rd=cr&ei=6d8HV9iDGYzAqAWV0IHIAg&gws_rd=ssl

On ne peut refaire dans son salon le travail des centaines, voire des milliers, d’experts qui sont à définir la politique des USA pour les prochains 4 ans. Mais on peut voir des indices de ce qui vient dans les reflets de la boule de cristal.  Je vous présente ici trois (3) des changements les plus significatifs auxquels il faut s’attendre. Il y en d’autres et on y reviendra.

1- Un changement de la structure politique traditionnelle des USA. Le message le plus fort de Quidam Lambda à ses dirigeants politiques, en cet an de grâce 2016, est qu’il ne veut plus d’eux. Le rejet est universel et sans appel. Il ne leur pardonne pas les petites manigances partisanes qui ont tétanisé la gouvernance depuis 4 ans.

Notons que ce rejet des homme politiques n’a pas aux USA le caractère révolutionnaire qu’il aurait ailleurs, en France, par exemple, car, comme nous l’avons dit, le vrai pouvoir aux USA n’est même pas perçu comme vraiment exercé par les politiques. Mais il demeure qu’un bouleversement des structures partisanes aura des conséquences imprévisibles, dont celle qui menace IMMEDIATEMENT les partis traditionnels d’une défection massive de cette part de leur clientèle respective dont la contestation de leurs dirigeants n’aura pas eu gain de cause.

En clair, si le contestataire Trump n’obtient pas l’investiture républicaine, il n’est pas acquis que ses partisans ne préfèreront pas voter pour le contestataire Démocrate Sanders, plutôt que pour les candidats républicains soumis qu’ils croiront que leur propre parti aura voulu leur imposer ! Même scenario à l’inverse – avec une dimension encore plus consciemment provocatrice, car ony est plus futé – si ce sont les partisans de Sanders qui sont déçus et choisissent de soutenir par dépit le candidat Républicain contre une hiérarchie Démocrate dont ils jugeront qu’elle les trahit.

Dans 4 ans, le paysage politique aux USA pourrait être méconnaissable. Avec de vrais « socialistes »…. et une mouture locale d’une sorte de « front national…. ».

2- Un changement significatif dans le partage de la richesse

Parce que c’est bien une redistribution relative mais significative que signifie la croisade de Sanders pour rendre la santé et l’éducation publique gratuite. Le support massif des plus jeunes à Sanders a pris l’Amérique par surprise. Une « certaine » redistribution, anathème il y a à peine 8 ans, – est donc devenue incontournable. Au pragmatique, cette redistribution rendra d’abord effective la demande pour une consommation accrue, indispensable à l’essor de l’économie américaine. Mais elle sera aussi un gain MORAL, un pas bienvenu vers l’égalité et un embryon de solidarité au pays de l’égoïsme revendiqué comme une vertu.

Rien que du bon dans cette redistribution ? Il semble bien… , mais ne négligeons pas ses conséquences possiblement perverses sur le tissu social. Réalisée par une prise en charge partielle des coûts de la santé et de l’éducation, cette redistribution, ne se fera pas aux dépens des plus riches, par une ponction sur le capital, mais en visantencore le revenu, en refilant surtout l’ardoise aux rentiers aisés vieillissants, des inactifs qui sont vus comme les bourdons dans la ruche. On ne connaît pas toutes les conséquences de cette approche On n’a pas totalement évalué, non plus, d’autres effets « secondaires » de ce virage de la société américaine vers un secteur public plus proactif.

Ainsi, concernant la santé, la médecine et l’industrie pharmaceutique vont occuper désormais une place croissante dans la société. Si l’État en assume le coût, il en assumera aussi l’orientation et le contrôle. Cette intervention de l’État ne sera pas sans impact sur le rapport de force entre l’individu et la société. Il faudra que des mesures soient prises, pour éviter une forme de chantage, un passage vers une tyrannie de la compétence qui serait peut être la pire qu’on ait jamais connue….

 https://nouvellesociete.wordpress.com/2011/08/24/la-penurie-de-medicaments/

b) Concernant l’éducation, il y a un autre aspect à considérer. Il saute aux yeux qu’une démocratisation significative de l’éducation ne peut avoir lieu sans un assouplissement des critères de participation qui impliquera une baisse relative de la qualité moyenne de l’apprentissage. CELA EST INEVITABLE. Cette démocratisation est une exigence de la justice sociale, mais il faut se préparer à en gérer les effet négatifs, dans une société ou, la mobilité sociale repose essentiellement sur la gestion efficace d’un élitisme académique intransigeant que ne compromettent pas sérieusement aujourd’hui les faveurs aux vedettes du foot ou du basket…

3- Un changement du fédéralisme à l‘américaine

Pour une troisième élection consécutive, c’est le vote des Afro-américains qui décidera en 2016 de la Présidence des USA. Sans l’appui monolithique – 91% ! – de cette minorité afro-américaine, Obama n’aurait pas été élu : il était minoritaire au sein du reste de l’électorat. Aujourd’hui, sans le soutien massif de la communauté afro-américaine, Hillary Clinton aurait déjà dû jeter l’éponge face a Sanders…et ce, dès les primaires démocrates.

La minorité afro-américaine en mène large. Même en ne concédant au politique qu’un pouvoir symbolique, ce privilège récurrent d’être l’arbitre final du jeu démocratique – en vertu d’un esprit de corps qui fait fi de toute autre considération que l’appartenance à une minorité – peut créer un malaise … Le communautarisme est latent aux USA. Il deviendra de plus en plus difficile d’y maintenir une gouvernance unitaire, car n malaise semblable, mais plus dangereux est à prévoir quand augmentera encore l’importance numérique de la communauté hispanique et qu’elle suscitera d’autres porte-paroles que des Oncles Tom comme Rubio ou Cruz….

Même ette croissance démographique des « Latinos » au sein des USA est secondaire. Toutefois. Elle distrait de l’essentiel qui est que la « Manifest Destiny  », qui visait jadis une expansion vers l’Ouest, a maintenant mis le cap au Sud et pense à des « États Unis  » allant d’un pôle à l’autre…. . Respecter une spécificité afro-américaine, sans imposer a la majorité des règles dont elle ne voudrait pas, peut donc devenir une première application-modèle de la permissivité qu’exigera la gouvernance d’un État biculturel anglo-latin d’un milliard 1 000 000 000 d’habitants dans un monde a trois (3) joueurs.

https://nouvellesociete.wordpress.com/2015/11/11/marx-asimov-orwell-le-sceau-des-prophetes-laiques/

Dans cette Amérique continentale bi-culturelle, la caste dominante actuelle ne pourra maintenir son pouvoir que si elle devient encore plus discrète, commodément occultée par une structure politique fédérale ouverte à tous les particularismes et ne préservant son caractère unitaire qu’aux paliers du financier et du militaire.

Renversant une tendance centralisatrice qui prévaut depuis 200 ans, on peut donc prévoir que, dès les prochaines années, l’accent sera mis désormais sur « les droits des États ». Trump en parle déjà beaucoup… N’excluons pas que ces droits puissent être différents d’un État à l’autre ; cette nation n’a-t-elle pas déjà fait cohabiter des États qui permettaient l’esclavage et d’autres qui interdisaient ? Paradoxalement, on pourra se pardonner bien des divergences entre Américains si l’intérêt commun le suggère…. Le quadriennat qui commence sera mouvementé….. et on n’est encore qu’à le mi-temps de cette élection qui en déterminera le cours. D’autres changements seront annoncés. Restons aux aguets.

 

Pierre JC Allard

 

28-03-16

Trump et le Démon de Midi de l’Amérique

Filed under: Auteur — Pierre JC Allard @ 2:41

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Oubliez Paul Bourget, Savignan et les quinquagénaires en rut. On ne parle pas de ça ; le Démon de Midi qui frappe sous la ceinture est un diablotin qui manque de hauteur car, depuis l’Eden, on sait bien que c’est dans la tête que ca se passe. Le péché mortel n’est pas de faire porter des cornes, mais de se prendre pour un Dieu. C’est ça qui rend bête et méchant.

Tenez, voyez ce qui fait vibrer – un euphémisme – Oncle Sam qui est à vivre son retour d’âge. Le fric ? Mais non, voyons, on en imprime comme on veut ! Le bonheur ? On n’en parle même pas ! Bon pour les Bhoutanais ! Ce qui excite vraiment les Américains, c’est un discours sur le pouvoir qui voudrait leur faire oublier qu’ils n’ont plus 20 ans. Oublier qu’ils ne peuvent plus impunément s’amuser à taper sur les petits voisins. Oublier qu’ils ne sont plus les hardis pionniers et les cowboys d’antan, mais des trop-nourris d’âge mûr au souffle court que guettent le vieillissement, l’impuissance et la décrépitude. Surtout l’impuissance. C’est donc ce discours sur le pouvoir que leur tient Trump.

Trump, c’est le miroir de la Reine, qui a pour mission de lui dire qu’elle est la plus belle… et qu’elle doit le rester envers et contre toutes les Blanche Neige. Mais au Yankee, bien sûr, on ne dit pas qu’il est beau ; on lui dit qu’il est mâle, fort, PUISSANT « Make America great again ! »… Pas besoin d’être grand Freud, pour voir que le patient sur le divan a le rêve faustien de l’éternelle jeunesse et que, élevé dans la violence, il ne veut que plaies et bosses, victoires et conquêtes. On le comprend, mais que faire quand on n’a plus les biceps de naguère ? Il faut choisir ses ennemis avec prudence…

Pour garder heureuse une l’Amérique en mal de virilité qui veut s’imaginer encore invincible, une Amérique et qui ne craint rien tant qu’une baisse de testostérone, pas question de jeter la serviette. Mais l’ennemi idéal n’est pas une superpuissance. Il y a là le risque de prendre un mauvais coup… et un malheur est si vite arrivé. L’Amérique est donc à mettre en veilleuse ses conflits avec la Russie et le Chine : on a jugé qu’avec les forts et les coriaces il était plus habile de négocier la paix. Une paix négociée par Trump, naturellement, avec une guerre qui finit, mais un adversaire qui demeure.

Pour garder l’Amérique heureuse, on a compris qu’il ne faut pas nécessairement une paix parfaite, mais surtout éviter une guerre à l’issue incertaine. , idéalement, Il faut une ambiance générale de paix, entrecoupée de petits conflits permettant une suite incessante de petites victoires gratifiantes. L’ennemi parfait ne doit pas être dangereux pour l’État ou le Système : il ne doit pas pouvoir les détruire, ni même les affronter. Il doit seulement être infiniment agaçant, comme un prurit.

L,’ennemi qui nous agace doit être tout petit, être là sans crier gare, venir, disparaitre, revenir sur demande, suivant le besoin d’adrénaline. L’ennemi parfait…. est une guêpe. On connaît cette vieille histoire de la jeune épousée qui souhaitait que son vieux mari soit encore piqué par une guêpe… Les guêpes nous stimulent. Un individu peut mourir d’une piqure de guêpe, bien sûr, mais c’est rare…

La société, pour l’avenir prévisible aura aussi ses guêpes qui l’agacent et la stimulent, mais ne la tuent jamais… ce sont les terroristes. La societé ne meurt, pas du terrorisme mais s’en plus forte de toutes ces petites victoires sur les terroristes qui la provoquent et la font réagir sans la mettre vraiment en péril. Les USA, en ISIS, se sont trouvé l’ennemi parfait. Trump l’a compris…

Cette stratégie, de substituer des défis boursoufflés qu’elle peut aisément relever à ceux que l’Histoire voudrait lui présenter, permettra peut-être à Amérique, en se réfugiant dans un simulacre de puissance, de vivre sans défier la Russie ni la Chine un crépuscule plus serein que celui que son karma semblait lui promettre. Alléluia ! Ainsi détourné, son Démon de Midi – qui est de se vouloir éternellement puissante – se blottira dans imaginaire et sera devenu son péché mignon…. et un facteur de survie…

Si Trump n’avait que cet impact sur l’Amérique, tout serait pour le mieux. Helas, il en a un autre plus insidieux, néfaste, qui découle de son instrumentation à ses propres fins de cette volonté de puissance qui est le Démon de Midi de Amérique. Les USA, en effet, portent en eux comme une tare, l’effroyable mépris les uns des autres qui découle d’un individualisme débridé… et qui est la négation même du désir de vivre ensemble qu’exige la vie en société. Ce mépris est tempéré aujourd’hui par une bienséance de façade qui n’est donc pas inutile….

Prendre la lutte au terrorisme comme priorité, toutefois, va exacerber la méfiance et ce mépris. On voit déjà dans la psyché des quidams lambdas, se développer, comme une métaphore de la volonté de puissance collective, une volonté de puissance personnelle qui revêt la forme d’un affranchissement des contraintes qu’impose le consensus social à l’expression de certains mots et de certains sentiments. Le discours politique des candidats Républicains aux USA, par l’action de Trump, s’en est déjà complètement déjà détaché.

Cette nouvelle permissivité quant a la violence verbale a été accueillie avec délectation par une population dont les sentiments étaient depuis longtemps réprimés… mais on en a abusé. On a désormais dépassé de loin le seuil a partir duquel un gentleman d’une époque pas si lointaine aurait envoyé ses témoins demander réparation.

On a cru briser les tabous du « politically correct » et de l’hypocrisie, mais on a plutôt donné à tous la licence d’insulter tout le monde… et on a ouvert les vannes d’un immense réservoir de hargne et de haine qu’on ne soupçonnait pas… Or l’injure – surtout si son effet n’est pas affadi par une longue tradition d’impolitesse, n’est qu’à un pas de agression physique… En modifiant ainsi brutalement les normes de ce consensus, Trump est l’apprenti sorcier qui peut déclencher une guerre civile.

Pierre JC Allard

04-03-16

USA 2012, 2016. Plus ça change….

Filed under: Auteur — Pierre JC Allard @ 11:24

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Il y a quelques semaines, j’ai écrit une texte pour ceux qui ne connaissent vraiment rien à la politique américaine. Cette fois, c’est un clin d’oeil aux connaisseurs. D’abord, une reprise intégrale de mon texte de 2012 ci-dessous,, pour bien voir ce qu’a de prévisible l’Histoire écrite par les USA. Ensuite, quelques pistes pour vous aider, VOUS, à prévoir ce qui suivra la grande Trumperie de 2016…

… 2012

« Quoi de neuf pour la présidentielle USA de novembre 2012 ? Rien. On se dirige vers la primaire républicaine de Floride après un émondage des candidatures qui laisse en lice, sans surprises, Mitt Romney, Newt Gingrich, Rick Santorum et Ron Paul.

Pourquoi sans surprises ? Parce que, comme dans la Commedia dell’arte, les croquants qui se cachent derrière les masques sont sans intérêt : ils jouent leurs rôles de Pantalon ou d’Arlequin pour des villageois ignares qui connaissent déjà par coeur la trame – toujours la même – de leurs pitreries. On a Newt, le vieux politicien roublard, un peu sulfureux, on a Rick, le porte-flambeau qui fait la synthèse des fondamentalismes ; on a Ron-le-sympathique, pour l’émotion des espoirs impossibles – ou le très improbable coup d’éclat qui viendrait méduser les jacques s’ils arrivaient courroucés aux grilles du château ! Et, finalement, on a Mitt, l’Homme de la Situation, le monsieur bien sous tous rapports, beau, bien pensant et d’une insignifiance à pleurer qui gagnera sans doute à la convention après un suspense bidon…

Des idées ? Ron Paul-le-marginal en a plein, mais qui ne sont absolument pas solubles dans la réalité américaine actuelle. Imaginez Louis XVI nommant Danton ou Marat pour remplacer Necker ! Pour les autres, penser, serait une distraction. Gingrich ne voit le reste du monde que comme un appendice des USA, et croit donc que le spectre de la science politique va de « Démocrate libéral » à « Républicain conservateur », ce qui en excède étant dans le Monde du Mal. Pour Santorum, le monde lui-même, incluant les USA, n’est d’ailleurs que le vestibule d’un monde meilleur. On n’est ici que pour faire son salut…

Reste Romney, Romney, c’est l’homme d’expérience. BCBG, milliardaire issu d’une bonne famille et ses idées sont celles de l’Establishment. C’est à lui que l’on a donné le plus de fric, en stricte observance de la démocratie censitaire à l’américaine, qui permet aux riches de bloquer l’accès des pauvres au pouvoir politique. On le fait en leur niant les fonds indispensables pour mener une campagne électorale qui coûte des dizaines, voire des centaines de millions de dollars. Aujourd’hui, dans la cohorte des prétendants républicains, seul Romney a du fric.

Alors c’est joué ? On a le gagnant, Romney ? Minute … ! Vous n’avez rien compris au jeu de boules. Tout ce cirque n’a pas pour but de trouver un gagnant… mais de trouver un PERDANT ! La convention républicaine ne vise qu’à trouver celui qui mènera la “chaude lutte” que le people attend contre Obama, « le Noir qui a déçu ». Une chaude lutte que le Républicain de service perdra, cependant, puisqu’on n’a pas fini de tirer tout le jus du citron Obama.

Il en a fallu des efforts pour mener l’Afroaméricain Barack Obama au Salon Ovale…. ! Tout suggère donc qu’on fera en novembre une deuxième pression d’Obama. Car si ce dernier a déjà réussi à reporter d’une génération la demande des Américains pour un système de santé universel et gratuit et à en envoyer 14 % vivre dans la mendicité des “food stamps sans une révolte, il n’a encore qu’amorcé le train des mesures impopulaires qui permettront de transformer les USA en un véritable état corporatiste. On s’est donné bien du mal pour mettre Obama dans sa position exaltée et infiniment vulnérable. Il a déjà la corde au cou, mais on va le charger encore avant de déclancher la trappe.

Il ne faut donc pas trop s’inquiéter des facéties des candidats républicains : c’est pour rire. Il n’est pas prévu que l’un ou l’autre de ces guignols devienne président des USA. Même si l’on sait mieux, depuis le super communicateur Obama, à quel point celui qui lit de façon convainquante les messages qu’on lui écrit au téléscripteur n’a pas besoin d’en comprendre le sens, ce serait gênant pour l’Américain moyen que soit élu Newt, Ron, Rick ou Mitt et de sentir confusément que le monde entier ricane de son leader… On va sans doute garder Obama pour un autre tour de piste.

Si les candidats républicains ne sont là que pour servir de faire valoir, il ne faut pas croire, toutefois, qu’ils ont été choisis au hasard. Romney, bien sûr représente les conservateurs “progressistes” anglo-saxons qui sont encore – pour une ou deux décennies – la première composante démographique de la population et les gardiens de la tradition ”Mayflower”. Ils sont encore l’image de l’Amérique pour le monde qui veut y croire et le modèle d’imitation pour sa population de plus en plus bigarrée, Mainstream USA, qui veut d’autant plus se reconnaître en Romney qu’elle lui ressemble de moins en moins…

Gingrich, lui, est là pour l’image de l’Américain maquignon, “streetsmart”, vendeur d’huiles de serpents miraculeuses et de voitures usagées. Tammany Hall au quotidien, mais aussi le cousin véreux dont on dit du mal, mais dont on est fier au fond qu’il puisse couillonner les étrangers au besoin. Parce que l’Américain se veut bon et craignant Dieu… mais astucieux et sans faiblesse.

Ron Paul est l’opposé de Gingrich. C’est l’idéal composite d’un vieillard qui pense jeune. Un clin d’oeil à la nostalgie des pionniers autosuffisants et des robbers-barons, qui insistent pour « plus de liberté », sans trop regarder les aspects pervers d’une société sans solidarité. 

Ceux qui ont tout perdu dans la crise ne demandent qu’à croire que c’est la faute des fonctionnaires… sans voir que le mal de l’État est venu d’un fonctionnariat totalement corrompu par l’usage habile et indiscriminé des “lois du marché”, dont on n’a exclu que du bout des lèvres qu’on puisse y soumettre aussi l’achat, la vente et la location des consciences.

Quant à choisir Paul comme candidat républicain ce serait un énorme gambit. J’aurais peur, car j’y verrais une façon pour l’Establishment de faire plébisciter cet automne, en choisissant Obama, toutes ces choses que Ron Paul rejette par principes … alors qu’Obama reste ouvert à les faire à regret. Ce qui inclut la main mise de l’État sur l’économie pour régler la dette… ou encore des guerres inutiles. On aurait peut-être ce raisonnement tordu que, si le people n’a pas voté pour Paul, c’est qu’il approuve une guerre d’agression contre la Syrie ou l’Iran… !

Santorum ? On peut le voir comme un sot… ou comme la force montante du fondamentalisme qui séduira les Américains quand ils en auront marre de l’hypocrisie des medias, du grenouillage des politiciens et du pouvoir occulte des banquiers. Le fondamentalisme ne pouvait sauter cette élection 2012 à la présidence sans avoir son cheval dans la course, car quand ce monde les aura vraiment déçus, les Américains auront sans doute le réflexe historique de miser sur l’Au-delà. 

Ce ne sera pas cette fois, mais dans 4 ou 8 ans… le danger sera alors bien réel que ce soit Savonarole qui vienne demander des comptes aux banquiers. Et il n’est pas sûr, alors qu’on aura gagné au change.

En attendant, il est clair que le vrai pouvoir demeurera encore caché pour un temps. Pour les apparences du pouvoir, car c’est de ça qu’il s’agit ici, je donnerais Obama favori en novembre 2012…. et je m’attends au pire.

(Pierre JC Allard, 2012 )

… 2016

Aujourd’hui, voyez comment les personnages de 2012 se sont réincarnés sous de nouveaux avatars. Voyez comment un Trump, en champion de la VERITÉ pourfendeur du « politiquement correct », a remplacè les « Savonaroles » puritains qu’auraient été Rubio ou Cruz. 

Notez les gentillesses que se disent Trump et Poutine : la Deuxième guerre Froide n’aura pas lieu. 

Comprenez que les USA vont vivre un énorme re-partage de la richesse, via la Santé et l’Éducation…. et que le pouvoir politique va reprendre la première place, le fric devenant une simple récompense, et non plus une SOURCE de domination. 

Préparez-vous à une Amérique biculturelle (anglo-latino), et unie de fait du nord au sud, isolationniste en apparence….. Mais complotant en sourdine pour garder – via l’intrigue et sa culture – la primauté que ne pourrait plus lui assurer sa force militaire.

Comprenez bien que tout ca ne dépend absolument pas du résultat des, élections, mais de la façon on dont on aura placé les billes PENDANT cette campagne. Les USA n’ont pas besoin d’un Président Trump, ou d’un Président Sanders. On a besoin d’un « Message Trump », ET d’un « Message Sanders », inoculés au patient sans douleur, et qui vont produire leurs effets sans surprise pendant 4 ans.

Amusez-vous, vous aussi, à prédire les péripéties du quadriennat qui va commencer

Pierre JC Allard

 

15-02-16

Trump, Sanders… la politique USA expliquée aux Français

Filed under: Auteur — Pierre JC Allard @ 10:25

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Peut-on, aux USA, gagner une élection présidentielle sans offrir un véritable choix ni même aborder de front une seule question sérieuse ? Ne ricanez pas. Bien sûr, on le peut. Et pas seulement aux USA. PARTOUT ! Vous n’avez pas compris que c’est ce qu’on fait toujours, dès qu’on parle de démocratie ?

Il est pourtant bien évident que le citoyen lambda n’a ni les connaissances ni la sagacité de comprendre comment fonctionne la société ni sa gouvernance. Il n’a pas davantage celle de prévoir les conséquences des gestes qu’on posera en son nom après l’avoir convaincu que c’est lui qui les a éxigés…. On ne parle donc jamais des questions sérieuses à Quidam Lambda….

Quand les observateurs politiques européens constatent, aujourd’hui, que Donald Trump ne propose RIEN d’autre aux Américains que la foi aveugle en leur prédestination – et REFUSE le débat sur quoi que ce soit, gardant la discussion au palier des insultes et des pitreries – ils manifestent un ébahissement incrédule… mais hypocrite. Les analystes subtils qui pérorent sur les malheurs de l’U.E n’ont-ils donc jamais comparé les programmes aux réalisations des divers partis des divers États européens depuis que l’U.E est là ? N’ont-ils jamais fait le constat que la même vacuité est à Bruxelles comme à Washington … et que les choses ne seraient pas différentes, si tous ces gens, pendant tout ce temps, s’étaient simplement crachés au visage et traités de noms d’oiseaux à la manière Trump ?

On rigole en France, parce qu’on voit les Américains se voir refuser l’occasion de débattre….. Mais où est la surprise ? Y a-t-il eu UN SEUL vrai débat politique en Occident, depuis sept (7) décennies, un débat sur la seule vraie question politique sérieuse – qui est le partage de la richesse ? Cette question est taboue partout

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/d-abord-passez-le-fric-156448

La surprise de 2016, aux USA, n’est pas que le débat politique soit escamoté : il l’a toujours toujours été ! La vraie question, c’est POURQUOI l’est-il maintenant de cette façon inusitée, dissimulé malhabilement sous une épaisse couche OSTENTATOIRE d’insignifiance et de vulgarité qui et un appel du pied à regarder sous la couverture ? Au lieu de se demander naïvement ce qu’on veut encore nous cacher aux USA, il faudrait plutôt se demander ce qu’on veut tellement aujourd’hui nous faire voir de ce qu’auparavant le système ne jugeait pas opportun de nous informer…. !

Je vais poser une hypothèse sur ce que ce magicien-illusionniste qu’est le système américain feint de cacher dans sa manche cette année…. en s’assurant de bien nous le montrer. Mais, avant, je dois résumer ce qu’est le régime américain

La caste des nantis

Les USA sont gouvernés et administrés par une caste de nantis, essentiellement héréditaire, mais ouverte à l’adjonction des compétences par le biais d’un système d’éducation méritocratique et férocement élitiste. Le pouvoir réel est exercé par le contrôle de l’argent et de l’information, s’exerçant via un processus dit démocratique qui est ainsi totalement manipulé.

Ce pouvoir manipulé est toujours aux mains de cette même caste de nantis, assistée des mêmes experts qui font vraiment tourner les roues, mais aussi, en alternance, par des équipes de politiciens – se disant « Démocrates » ou « Républicains » – mais en fait interchangeables. Ces derniers ne participent pas à la vraie gouvernance, mais apportent une image de participation populaire et de dynamisme, tout en jouant un rôle actif dans la corruption locale quotidienne qui sert de motivation universelle à toute démocratie.

Cette alternance entre Démocrates et Républicains, qui rappelle les Bleus et les Verts à Byzance, maintient aux USA un suspense électoral ininterrompu qui est là pour distraire des vraies questions. On n’arrête de voter aux USA que le temps de reprendre son souffle ! Les résultats électoraux aux plus hauts paliers – Présidence, Senat, Congrès – sont pourtant sans importance sur les décisions, car on ne tient même pas compte des palabres de ces instances. La caste dominante a ses mandarins qui appliquent sa politique… et elle n’en a qu’une seule : celle que ses experts lui montrent comme la plus efficace pour atteindre ses objectifs. Le bavardage des élus ne change pas les décisions.

Le hiatus entre politique et gouvernance

Le bavardage des élus ne change pas les décisions, sauf pour faire ajoutter quelques gratification pour ces élus. Le processus électoral américain, est néanmoins d’une extrême importance : ll est, en fait, un SONDAGE CONTINU DES OPINIONS ET DE L’ÉTAT D’ESPRIT DE LA POPULATION qui permet que les politiques mises en places aux USA soient toujours largement CONSENSUELLES

Le génie des USA en effet, depuis la crise du Vietnam, a été de dissocier la politique de la vraie gouvernance. Le régime américain a compris qu’on peut TOUT faire accepter à la population, si on le lui propose sans la brusquer et selon les termes qui lui conviennent. Il suffit de choisir les bons mots… et de maitriser totalement les médias. On a ainsi réussi, à amener les USA en Afghanistan, en Iraq, en Libye…. et à les garder à Guantanamo, sans même que le citoyen s’aperçoive que ce n’était pas ça qu’il voulait ! Il a été convaincu, habilement, mais contre toute vraisemblance, que c’est une majorité démocratique qui chaque fois s’est imposée et qui lui a donné tort… !

Le résultat pratique de ce consensualisme patient est que les USA sont sous l’égide d’une sorte de fascisme collégial relativement bienveillant qui est sans doute le mode de gouvernance pragmatique le plus efficace qu’on ait connu. C’est le type de pouvoir dont Sun Tsu disait qu’il est incontesté, car on ne voit pas qu’il s’exerce… La caste dirigeante américaine réussit ce tour de force en étant parfaitement flexible et conciliante sur tout ce qui n’est pas l’essentiel. Depuis le Vietnam, la gouvernance aux USA ne s’est jamais opposée au peuple : elle le séduit et le berne à quia, avec la grâce d’un Manolete qui, à genoux, offre une rose au Miura avant le coup d’estoc .

Un nouveau consensus

Aussi récemment qu’en 2008, il existait aux USA un très large consensus pour l’individualisme. On en était encore à voir toute redistribution de la richesse comme blasphématoire du Plan Divin…. C’était çà, l’essentiel. Un « socialiste » était un sale type, un stalinien… Infréquentable. Barack était à la toute limite du possible.

https://nouvellesociete.wordpress.com/2009/07/12/barack-le-rouge/

Mais cette année, tout semble faséyer. Que s’est-il passé depuis 2008 ?. Bien des choses. L’Amérique est ruinée de crédit comme de réputation, avec le tiers de la population qui courtise la pauvreté, une base industrielle redevenue en friches, une monnaie dont la valeur n’est plus que ce qu’on veut bien en croire… et une puissance militaire si mésadaptée aux réalités présentes qu’elle n’a plus de menace crédible à faire valoir que celle de se suicider au nucléaire avec toute la planète…. ! Le discours est donc à changer…. Mais le plus grave n’est pas là

Le plus grave, c’est l’inversion survenue du rapport de force entre le Pouvoir et Argent. Car avec l’information qui domine tout – et toute richesse significative devenue symbolique et virtuelle – la mainmise de l’argent sur le pouvoir politique a disparu. La richesse n’est plus vraiment une source directe du Pouvoir…. Mais un de ses outils… car c’est le Pouvoir qui crée l’argent et le donne à qui il veut… …Il n’y a plus que le Pouvoir (politique) qui soit essentiel.

C’est une nouvelle problématique, et c’est dans cette optique du rôle diminué de la richesse, je crois, qu’il faut voir ce qui se passe maintenant aux USA. Parce que la richesse dans le sens traditionnel n’étant plus l’essentiel….. – son accumulation devenant triviale à côté du Pouvoir qui permet d’en acquérir à discrétion – on peut désormais parler avec plus de désinvolture de partage, de solidarité et DE REDISTRIBUTION DE LA RICHESSE … Le consensus auparavant était pour l’individualisme. On parle désormais un autre langage.

Le langage de Sanders, par exemple, qui est celui de la Gauche française d’avant Mitterrand. Perçu il y a peu comme gentiment maboul sauf dans son bled, Sanders, un candidat sorti de nulle part, mais qui semble CARICATURALEMENT, honnête, intègre, digne d’une absolue confiance …. se présente comme un « socialiste démocrate  »…. Et tous les médias l’encensent. Il inspire la confiance comme Obama inspirait l’enthousiasme. Il est parfait. Naturellement. Depuis Nixon, on ne fait plus d’erreurs de casting en politique américaine : la démocratie est une science exacte

NON, Sanders ne sera pas élu. Il a 74 ans et il est là pour qu’on apprivoise l’idée du partage ; il deviendra directement une légende. On en parlera…. et aux Présidentielles de 2020, l’idée de la redistribution de la richesse aura été reformulée et fera consensus autour d’un candidat jeune et charismatique

C’est une grande volte-face…. Mais attention ! Gardons en mémoire que la caste des Tres Très Riches (TTR) – celle du 0,0001@ qui a TOUT le pouvoir et la majorité de la richesse – n’entend pas en perdre une parcelle. Elle est seulement ouverte à tout nouveau consensus qui ne remettra pas sa domination en question. …. Un accord, par exemple, pour que le fric du « Petit Riche » Américain moyen aisé, repus et obèse – qui vaut entre 500 000 et 3 millions de dollarse et est dépouvu de tout de vrai pouvoir – soit redistribué au profit des défavorisés. …

Cet accord sera facile, puisqu’une vaste majorité des citoyens y gagneront…. Ils seront heureux qu’on leur dise qu’il est maintenant « juste et bon » de « « redistribuer »… et les perdants accepteront l’austérité relative d’une Amérique où le partage sera devenu une vertu.  Il suffira de leur dire quil en est bien ainsi… Du consensus est née l’obéissance. Quant aux TTR, ce ne sera pour eux qu’un jeu d’écritures ; Ils ne perdront rien puisque ce sont eux qui gèreront l’opération.

On la fera comment cette redistribution ? La première phase est déjà annoncée. D’abord, par la mise en place d’un système de santé qui èlevera les USA au niveau des autres pays civilisés. On insinue déjà qu’il faudra 14 000 milliards de dollars pour doter les USA d’un système de santé gratuit et universel, mais on sait bien qu’il en faudra le triple… C’est sans importance. Il faut un peu plus d’argent aux mains des pauvres pour relancer la consommation. On ajustera sur 4,8 ou 12 ans pour que l’effet de redistribution soit EXACTEMENT au rythme où on le souhaitera…. Et il y aura ensuite l’éducation gratuite qui attend son tour….

En quelques anéées et sans désordre, on aura changé le consensus essentiel de la société américaine…. sans que ne se brise le consensus. On pose le premier geste cette annéee…

Trump ? Sanders est pour le nécessaire ; Trump est pour le rêve…. L’Amérique en a assez de ses politiciens minables, corrompus et sans éclats. Pionniers et cowboys en esprit se rebiffent contre des hierarchies syrupeuses… Allez hop ! On profite du changement utile pour s’offrir l’agréable et on met tout ça aux ordures.

Il serait TRES surprenant que Trump soit élu, mais ce n’est pas exclu…. Les primaires seront là pour en décider, mais surtout pour juger du soutien populaire à la remise a en question de certaines idées devenues désuètes.

Il y a une demande forte pour en finir avec le syndicalisme, par exemple, qui n’a plus d’utilité dans une économie tertiaire entrepreneuriale. Aussi, pour Briser le monopole terrifiant de l’industrie des médicaments et des autres drogues. Ou encore, pour arrêter l’antagonisme Russie-USA, vestige de rivalités idéologique et économiques fossiles, et qui est délétère pour un Occident… qui a maintenant de vrais rivaux et devrat être uni.

Pour poser de tels gestes symboliquement audacieux, quoi de mieux qu’un président imprévisible qui se situe hors de toute continuité partisane ? Si l’Amérique veut les poser, elle choisira Trump….. Improbable, mais même si elle ne va pas jusqu’au bout de cette démarche, l’Amérique par son soutien à Trump, donnera la mesure de son désir de non conformisme….. et ce ne sera pas en vain..

 

Pierre JC Allard

 

23-12-15

C’est l’Islam qui a raison

Filed under: Auteur — Pierre JC Allard @ 11:06

 

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L’Islam n‘a pas raison sur tout, car si je le croyais je deviendrais musulman et tout serait joué pour moi, alors que je continue à voir tous les dogmes de toutes les religions comme des tissus d’absurdités. Une idée qui m’est venue jeune, et dont mes 80 années bien comptées de vie active n’ont rien fait pour me dissuader.

https://nouvellesociete.wordpress.com/2007/06/15/curriculum-vitea/

L’Islam n’a certes pas raison sur tout. Mais quand on parle de société. il a raison sur l’essentiel. L’Islam a raison quand il nie qu’on puisse séparer efficacement le religieux du sociétal.

Cette idée de laïcité, qu’on veut nous inculquer, est une arnaque bien récente et qui ne tient pas la route. Car une société ne peut exister sans lois et normes … et une norme qui ne colle pas à une certaine idée du « bien » crée un dissonance cognitive qui conduit à la transgresser… jusqu’à ce qu’on s’en dispense. Dans nos pays de laïcité, on consent la liberté a toutes les religion, donc, mais à celles qui ne dérangent pas. Comme toutes les religions étaient admises à Rome. Mais le christianisme a gêné. Il dérangeait. L’Islam, aujourd’hui dérange

Une société peut-elle changer sa notion du bien ? Bien sûr, et elle le fait… lentement. Mais si, en cours d’évolution, coexistent au sein d’une société des segments dont les notions du Bien ne soient pas compatibles, la société devient ingérable, à la mesure de cette incompatibilité et de la force et du sérieux des parties en présence.

 Si les divergences religieuse sont des finasseries de dogmes entre classes sacerdotales – le meilleure exemple étant le schisme entre Chrétiens orthodoxes et latins – on peut s’entretuer pour le plaisir, mais la morale commune reste comme un lien et ca va… . Idem pour les Irlandais catholiques et protestants

Mais quand ce ne sont pas les principes abstraits, mais les comportements moraux eux-mêmes qui s’opposent, toutefois, l’intolérance se manifeste au quotidien ; il n’y a plus UNE société, mais DEUX qu’on veut faire cohabiter sur un même territoire et, à moins que l’une ne soit totalement asservie à l’autre, l’État a un problème qui ne peut être résolu qu’en se le partageant. Même un idéaliste comme Gandhi a finalement compris qu’il fallait deux (2) États pour prendre la relève du Raj britannique… Et le Pakistan est né.

Aussi longtemps que l’Occident a colonisé ou au moins dominé toute la planète, celle-ci a été gérée selon des principes chrétiens – (avec les petite entorses qu’exige l’exploitation des faibles par les forts, bien sûr ) – mais des principes chrétiens. Avec la grande émancipation qui, au XXe siecle, a vu le tiers-monde « promu » de l’esclavage de fait à un servage encore plus cruel, par la virtualisation de la richesse et la mise en place de quislings nationaux, la morale chrétienne et ses retombées ont perdu leur prééminence.

On a continué a singer des comportements d’inspiration occidentale et a créer des symboles d’un humanisme qui en était issu….mais le vieux fond est peu à peu réapparu, comme les orixas brésiliens ressemblent de moins en moins à des saints chrétiens. Une autres autorité nait, et il devient inévitable que d’autres moralités se développent… dont celle de l’Islam.  Voyez la charte des Droits de l’Homme islamique, sur laquelle je ne ferai pas de commentaires.

www.euboco.eu/fr/page3/droits_universel.php

Des notions comme la démocratie, l’égalité des sexes… et surtout un clivage entre le religieux et le politique, ne sont pas à l’aise en terres d’Islam. Cette dernière « adaptation » de la laïcité à des cultures non occidenrales est emblématique, car elle est à elle-même la preuve irréfutable d’un échec. On ne peut pas soumettre efficacement à un même corpus de lois, des populations qui ont des notions du Bien fondamentalement différentes.  

L’islam a raison : on ne peut dissocier une gouvernance de la moralité dont elle s’inspire. On peut tolérer des extravagances, mais ces incongruités morales dans un Etat, doivent demeurer marginales, « décoratives », ne jamais remettre en doute l’essentiel.  

Garantir la liberté religieuse dans le domaine privé, c’est dans la ligne de la pensée occidentale et on a pu avec le temps l’exporter, au prix que quelques concessions. Mais c’est un acquis fragile… et tout accommodement à l’Islam qui a des conséquences dans le domaine public doit être anathème en Occident. Nous sommes une civilisation postchrétienne. On ne peut traiter de la même façon, Chartres et la dernière mosquée payée par le Qatar

L’Islam a pensé il y a longtemps une citoyenneté qui garde sa place en dessous de la « vraie » et a inventé le concept de « dhimmitude ». C’est à une formule semblable d’inégalité qu’il faudra faire appel, si on entend garder en programme une croissance rapide de la population musulmane en Occident. Cela dit, c’est une mauvaise solution, un expédient, pour contourner une situation qu’on n’ose pas affronter.

La bonne solution, elle existe depuis longtemps : c’est de ne pas permettre l’immigration en France – ou encore mieux, dans l’U.E, avec dérogation pour l’Albanie et autres petits pays de majorité musulmane – de quiconque ne prête pas allégeance à une déclaration formelle d’adhésion aux principes moraux qui constituent notre héritage culturel postchrétien. Une adhésion qui est – et doit être voulue – incompatible avec une appartenance à l’Islam qui aille au-delà d’une pratique religieuse privée discrète.

https://nouvellesociete.wordpress.com/2009/12/14/pas-d’autres-musulmans-en-occident/

 À ceux qui s’interrogent sur la justification de ce retour à une identification culturelle de l’État, je suggère de relire l’Histoire et de s’interroger plutôt sur sa nécessité. L’Occident n’a plus cette supériorité incontestable du siècle dernier, et doit désormais défendre sa spécificité. 

Cette identification culturelle claire est indispensable. L’URSS avait admirablement évité l’ethnocentrisme grâce a une mystique sociale forte qui en tenait lieu… mais est devenue « russe » aussitôt qu’elle y a renoncé…. Même l’orgueilleux « melting pot »américain, qui avait réussi sa fusion identitaire avec le mythe fondateur de enrichissement sans limite, est présentement, avec le phénomène Trump, à mettre les bouchées doubles pour baliser l’avènement d’une société hybride anglo-latine qui ne soit pas trop brutalement en rupture de celle issue de ses rêves de pionniers. 

Le temps des appartenances neutre et tièdes est revolu. Si on ne s’affirme par en revendiquant – comme le fait l’lslam – le droit à un gouvernance qui soit le produit de notre histoire et de nos valeurs, l’Occident disparaitra.

Pierre JC Allard

 

 

13-12-15

Le dilemme cornélien des « Républicains » de gauche et de droite

Filed under: Auteur — Pierre JC Allard @ 9:18

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Que se passera-t-il le 13 décembre ? On ne le sait pas, mais il n’est pas difficile de comprendre le dilemme des laissés pour compte du premier tour d’hier, ceux qui doivent désormais composer avec une bataille perdue et tenter néanmoins de gagner la guerre. La « guerre » qui aura lieu en 2017, bien sur, car il est devenu maintenant bien secondaire que le FN sorte des Régionales en contrôle, de 2, 4 ou même 6 régions. Le défi du FN était d’être une option crédible…. et il est indéniable qu’il a gagné ce pari. Le FN SERA AU DEUXIÈME TOUR DES PRÉSIDENTIELLES.

La vraie question est de savoir lequel des Socialistes ou des Sarkozystes sera l’adversaire du FN en 2017. Crucial, car, on peut raisonnablement penser que c’est cet adversaire qui remportera alors la mise. Même si aujourd’hui le FN est le « premier parti de France » . il ne fait pas – et de loin – la majorité des suffrages ; dans la lutte à deux qu’impose le deuxième tour décisif de l’élection présidentielle, il sera très probablement défait. Même en ayant tout bon, il n’est pas très réaliste, en effet, de croire que les 32 % de « Frontistes » d’hier, même si on le rebaptisait « Nationalistes », seront devenus 50%+1 en 2017.

Il faut donc penser que, malgré l’image que nous en avons aujourd’hui, ce sera encore un clivage Gauche Droite qui décidera du Président qui sera élu en 2017. Ce n’est pas une certitude absolue. Il est possible que le FN, fort de sa victoire aux Régionales, transforme COMPLETEMENT la politique francaise, Mais disons raisonnablement que c’est TRES improbable.

Cela dit, pourquoi le scrutin du 13 pose-t-il un dilemme cornélien à tous les électeurs se disant « Républicains » et tout sauf partisans du FN ? C’est que même les plus jocrisses ne peuvent pas ne pas comprendre que, la lutte en 2017 se faisant entre la Gauche et la Droite traditionnelles, une région de plus au FN le 13 ne changera strictement rien, alors qu’une région de plus au PS ou à Sarkozy est une victoire psychologique immédiate, et un bon tremplin pour des gestes à poser pour y séduire l’électorat à l’horizon 2017.

Que laisse prévoir cette situation ? Une semaine de spectaculaire hypocrisie, alors que les ténors de la Gauche comme de la Droite vont s’égosiller à maudire publiquement le FN et parler de faire barrage au fascisme – même s’il est devenu un peu ridicule de laisser entendre qu’il y a 32% de Chemises noires en France ! – mais vont rivaliser de clins d’œil et de coups de coudes dans les côtes pour faire comprendre à leurs supporters pas trop bornés que le vrai must est, pour la Gauche de battre la Droite …et pour la Droite de battre la Gauche.

Le dilemme pour chacun est de savoir jusqu’à quel point il vaut mieux avoir l’air d’un imbécile en parlant d’une « union républicaine » entre les faux-frères plus ennemis que jamais… ou afficher son cynisme en faisant tout pour que le FN gagne ses 6 régions… ce qui est devenu un moindre mal.

Comme on pouvait le prévoir, Sarko, qui n’aime pas passer pour un con, a vite compris la dynamique et fait son choix en refusant tout ce qui aurait pu aider le PS à battre le FN. La Gauche, qui parfois colle aux principes comme les capitaines d’antan à leurs navires en péril, est encore en tergiversation. On comprend que, pour Hollande, ne pas avoir l’air futé ne soit pas aussi grave que pour Sarkozy. 

Dans tous les cas de figure, toutefois, on peut penser que les partisans eux-mêmes suppléeront à ce que pourraient avoir d’aberrant les directives des Partis. En s’abstenant…. ou même en votant stratégiquement pour le FN.  

Il y aura des analyses fines intéressantes à faire du vote du 13…..

 

Pierre JC Allard

 

Messmer. Questions qui blessent… réponse qui tue

Filed under: Auteur — Pierre JC Allard @ 8:33

 

 

 Messmer, l’hypnotiste (hypnotiseur) québécois qui se présente comme un « fascinateur » – et qui se dit lui-même en souriant « drôlement énigmatique » – est en tête des cotes d’écoute, avec 23,7% des parts du marché télévisuel ce vendredi 27 novembre et plus de 5 000 000 de téléspectateurs. Du jamais vu…. !

 Du jamais vu. Vous êtes sûr ? 2012, 2013, 2014…. Casino de Paris, Bobino, l’Integral… Messmer en 2014 qui fait courir tout Paris ?… Vous vous rappelez ? SNAP !…. Ah oui, j’y suis… Messmer !… Mon Dieu où avais-je la tête ! Tres drôle, Messmer.

Comme si on le redécouvrais à chaque fois….. Génial Messmer. Car un mec qui peut, entre autres, à distance, via la TV, faire dormir en quelques minutes – et faire faire tout ce qu’il veut ! – à 10 ou 20% de ceux qui l’écoutent, il me semble que ça interpelle. On s’en souvient…. Exceptionnel, Messmer

D’abord, bien sûr, on se dit que c’est du chiqué. Mais quand on a passé l’étape du déni, quand on se souvient que l’hypnose est bien connue depuis des siècles, qu’on se rappelle qu’il y a des milliers d’hypnotiseurs qui font accoucher et qui arrachentt des molaires sans douleur tous les jours sous hypnose, on se dit qu’il y a bien quelque chose là !… On se pose des questions. Dont la première est de se demander pourquoi on ne s’en pose pas davantage.

Étrange qu’on ne se pose pas plus de questions. Comme s’il y avait dans la pièce un éléphant qu’on ne veut pas voir. C’est qu’il est bien difficile d’intégrer l’hypnose – ou mieux dit, le phénomène de la « suggestion » – à notre vision du monde, sans que tout n’en soit profondément déformé. En trois minutes de réflexion, j’ai pensé à bien plus de thèmes et de sous-thèmes pertinents à ce concept de suggestion et à ses conséquences que je ne pourrais en traiter dans ce qu’il me reste de vie à vivre !

Si on accepte de « voir l’éléphant », c’est une décision cruciale et irréversible, car il est probable qu’on ne pourra plus jamais ensuite voir l’Histoire, ni aucune facette de la vie elle-même, autrement qu’en relation avec ce choix.  ! C’est important la suggestion. Cliquez les doigts : SNAP ! Vous voyez l’éléphant.

Je ne perdrai pas mon temps ni le vôtre a prétendre polir ce texte pour lui donner une quelconque qualité littéraire. Il y aurait des centaines de questions à se poser sur la suggestion, dont vous pourriez mettre dans votre panier celles qui vous inspirent et sur lesquelles vous aimeriez vous pencher. Il n’y en a pas une qui ne gagnerait pas à être étudiée et éclaircie. Mais il ne s’agit pas de dresser ici une liste exhaustive, seulement d’ouvrir le débat. Seulement DEUX 3) petites questions simples, donc… Mais d’abord, posons l’hypothèse de base.

Il semble bien établi que certains de nous Humains – et peut être tous – puissions, SUGGÉRER aux autres : a) des idées qu’ils accepteront comme issues de leur propre conscience, et b) des gestes qu’ils s’efforceront de poser comme si ces gestes procédaient de leur propre volonté.

Cela dit – et acceptant que ce soit vrai – quelles sont les deux (2) petites questions à se poser.

1. D’abord, quid de la liberté, de la moralité et de la responsabilité individuelle – et donc de la justice – si un quidam qui n’a sur moi aucune autorité formelle peut me faire penser et agir comme il l’entend ? Car c’est bien de ça qu’il s’agit.

A ce point, entendez les vives protestations des « Suggérants  », qui vous diront et vous prouveront que l’on ne peut faire dire ou faire par le sujet sous hypnose quoi que ce soit qu’il ne VEUT pas faire et qui soit incompatible avec ses valeurs profondes. Vraiment ?… Bravo, mais on escamote l’essentiel.

On escamote que la suggestion ne joue pas au niveau des choix, mais à celui des perceptions. On est dans un état quasi-psychotique, où ce n’est pas l’interprétation de la réalité qui est modifiée, mais sa perception elle-même !…. Et ca change tout. Prenons un exemple banal.

Georges, Aglaé et le ‘suggérant’

« Votre mari Georges, Madame Aglaé, est en voyages d’affaires Je suis l’homme le plus séduisant du monde – comme vous le voyez – et je vous invite à venir vous éparpiller avec moi sur ce plumard. Allez, Hop ! 1.., 2…, 3…. »

1.., 2…, 3…., puis sans doute rien du tout, car si Aglaé, femme passionnée, est néanmoins vertueuse, on peut parier que ce sera « Nyet ». Son surmoi va entrer en jeu, et elle s’éveillera. Le « suggérant-séducteur » en sera pour sa peine, car toute la structure morale d’Aglaé – qui en fait EST ce qui fait d’Aglaé, Aglaé ! – fait barrage à cette proposition.

Jusque là, la sagesse acceptée a raison : vous êtes en effet protégée par vous même. Mais supposez que le « suggérant-séducteur » soit plus habile…. et un salaud. Le scénario peut être bien différent.

Dring…. « – Aglaé ? Je suis revenu plus tôt, je n’y tenais plus…. »

– « Georges ? Quel bonheur !. Tu m’as aussi beaucoup manqué… »

– Ahhh Aglaé, épouse chérie ! Dans mes bras tout de suite ! »

Et Aglaé, femme vertueuse, mais néanmoins, passionnée, « reconnaît » d’autant mieux Georges, qu’elle VEUT le reconnaître. Sa perception de la réalité est altérée. Elle a toutes les bénédictions de son surmoi et plonge goulument, mais innocemment dans les bras du suggérant-séducteur. 

Vu ? Donc, mollo sur la protection contre l’hypnose qu’apportent vos principes. Vos principes s’adaptent en fonction de la réalité que vous percevez. Vous voyez Georges… et vous agissez comme avec Georges.

Deuxième question qui blesse… en masse. 

On peut avoir l’Individu à la suggestion, mais qu’en est-il de nos libertés collectives comme citoyens, dans un monde de « Suggérants » efficaces ? Prenons encore une fois un seul exemple….vous pourrez faire le reste. 

Vous êtes Jean-Louis, un pacifiste de toujours. Vous ne détestez ni les Boches, ni les Russkis, ni les Youpins, ni les Chinetoques, ni mêmes les cannibales. Vous croyez que nous sommes tous frères et vous préfèreriez mourir plutôt que d’endosser un uniforme. Vous êtes en paix. Gare à qui voudrait changer vos convictions !

Mais pouquoi les changer ? Un matin comme les autres, éclate la terrible nouvelle. SNAP ! Des salopards de Chsepatropkis, torturent par plaisir, violent et brulent vivantes des centaines de fillettes dans les villages du Chsepastropou. Il faut agir. Vite ! Aux armes,,,, Entendez-vous mugir les féroces …. n’importe quoi ? 

On ne lutte pas contre vos convictions. On vous « suggère » une autre réalit…, et dans cette réalité vous retrouvez en vous des convictions plus profondes. Comme celle qu’il faut faire la guerre aux salopards qui violent et brulent vivantes des fillettes. Nous sommes tous ouverts à des suggestions. Irak, Libye, Syrie…. Si ca ne vous rapelle rien, vous êtes sous hypnose.

Mais si ca vous rapelle des souvenirs, pourquoi on ne pose pas plus de questions ?

Parce que Messmer est génial …. et vraiment très drôle. Parce que l’hypnose est géniale et vraiment énigmatique. Mais surtout – et c’est la réponse qui tue – parce que l’éléphant qu’on ne veut pas voir occupe une telle place qu’on ne sait vraiment pas si l’on pourrait vivre sans lui

Notre moralité – qui a fait de posséder la plus grande des vertus – ne serait-elle pas bien à repenser, si nous n’avions pas un réseau dense de suggestions pour nous dire qu’elle est la seule vérité ? Et imaginez que vous entendiez SNAP et que vous y pensiez un peu, savez vous VRAIMENT d’ou vous sont venues toutes ces opinions politiques que vous exprimez de scrutin en scrutin… et dont, en état de veille, vous voyez bien les résultats sont aux antipodes de vos vraies valeurs ?

S N A P !

 

Pierre JC Allard

 

29-11-15

Nouveau paradigme (3) Une société de joie, ludique et libertine

Filed under: Auteur — Pierre JC Allard @ 8:44

 



Il y aura bien des changements dans une Nouvelle Société. J’ai choisi d’en mettre en évidence trois (3) qui m’apparaissent paradigmatiques, car leur avènement influe sur tout et rend tous nos comportements méconnaissables.

J’ai déjà parlé du premier, la SATIETE, qui enlève l’angoisse du besoin, remet à sa place la richesse… et avec elle toute cette primauté au matériel qui nous a coupé si longtemps les ailes et nous a laissé bêtes.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/nouveau-paradigme-1-la-vertu-de-174305

J’ai parlé aussi de la CONVIALITÉ, qui souligne que l’humain est grégaire, que le concept de société est la négation de l’application collective du darwinisme et que nous ne grandissons pas seuls en concurrence, mais ensemble dans la collaboration et le complémentarité.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/nouveau-paradigme-1-la-vertu-de-174305&nbsp ;

Il y en a une troisième qui est l’HÉDONISME ou, mieux dit, son acceptation sans réserve. On est ici au cœur du sujet, car satiété et convivialité ne suscitent pas de doutes : il nous les faut. Ce sont les défis d’une humanité-enfant. Penser qu’il n’y a que quelques milliers de siècles que nous marchons sur deux pattes …. et à peine 5 000 ans que nous avons appris a lire ! Mais maintenant, nous arrivons à l’adolescence. On peut hésiter, voir des options, se demander pourquoi ceci et non celà…

Le première étape de l’adolescence, c’est de se découvrir soi-même tel qu’on est … et d’apprendre à en jouir. Le grand défi – « la grâce » – comme disait Bernanos – ce sera de s’accepter. Le troisième volet du changement de paradigme, c’est donc de créer une société humaine joyeuse, LIBÉRÉE. Une société qui sera vraisemblablement LUDIQUE et LIBERTINE.

Il est grand temps, car on nous a bâti un destin de misère et d’angoisse. Moïse descend du Sinaï avec une liste de péchés et contraintes, et il instaure la terreur. «  Ah vous dansiez ! Eh bien crevez maintenant !  » Et on en passe quelque milliers au fil de l’épée. Ça n’a plus changé par la suite. La joie rend arrogant et téméraires. Le pouvoir HAIT la joie, qui rend « désobéissant »…

Nous avons créé une société qui se prétend hédoniste… mais où le plaisir est largement interdit. Va pour interdire ce qui nuit aux autres ; le vol, le meurtre, le viol… pas de questions. Mais pourquoi les prohibitions arbitraires, talmudiques ? Elles sont venues, par cent, par milles, pourquoi ? Se demande-t-on parfois POURQUOI le tabou de toute sexualité pour l’enfant ?

Je ne parle pas de relations sexuelles entre enfants et adultes – la pédophilie est un abus manifeste particuliérement révoltant du fort sur le faible – mais de la simple expression naturelle d’une volonté de jouir qui apparaît très jeune. Pourquoi est-elle désignée comme malsaine et contrecarrée autant que faire se peut ? Pourquoi la masturbation, par exemple, est-elle si souvent socialement interdite et présentée comme une tare morale ?

Cette première contrainte gratuite est emblématique de tous les « crimes sans victimes » que la loi a créés et qui complètent l’asservissement de la classe des gens ordinaires à la caste des Seigneurs. Celle-ci non seulement impose à celle-là un labeur astreignant – devenu largement inutile à la production – l’éloignant du même coup de toute tentation de rêver un monde plus agréable, mais, sous couvert d’une moralité fallacieuse dont le prochain est exclus, contrôle aussi son accès à toute gratification gratuite. Le plaisir doit être vendu….

Toutes ces frustrations obligées n’existeraient-elles que pour aviver le désir et la volonté de puissance, mais au service des maitres ? Blesser sans pitié le Miura, pour qu’il charge avec plus d’entrain tout ce qu’on met sur son passage, hors de l’arène comme dedans  ? N’est-ce pas ce qu’on a fait de tout temps ? La révolution industrielle aurait pu faire une place au loisir, mais on n’en eu que ce qui est venu par inadvertance.

On a eu d’abord, sans vraiment, le vouloir une libération relative du travail et les autres bénéfices de la modernité que la technique imposait, mais cette marche tranquille vers l’affranchissement a été stoppée vers la fin des années « 60, par un retour concerté du pendule vers l’autorité, les contraintes, les valeurs de sacrifice. On a remis aux ânes leurs bâts….

Il y a eu un point tournant. On pourrait dire, approximativement, qu’il y a eu un avant et un après Woodstock. On pourrait écrire de gros bouquins sur ce phénomène. Si j’ai le temps, j’en écrirai peut-être un :-)… Mais tout le monde peut s’y mettre. Allez-y, et ça rendra service.

Il faudrait parler plus de ce retour en arriere et de la fin qui a suivi des « 30 Glorieuses ». Il ne peut s’agir que d’une halte dans un processus irréversible vers un monde plus agréable. Car il est impossible qu’une société qui atteint à la satiété et se délivre ainsi lentement de l’emprise du matériel ne regarde pas le monde avec plus de sérénité. Impossible, malgré toutes les œillères qu’on veut lui mettre, que Quidam Lambda ne voit pas que la convivialité est plus porteuse que la concurrence et que, mettant ses actes en accord avec sa nature hédoniste, il ne s’engage pas fermement dans une recherche du plaisir, du bonheur et de la joie.

Cette préférence hédoniste que rend possible l’évolution, se manifestera très bientôt par un refus VISIBLE de la méchanceté. Quidam Lambda refusera de donner plus longtemps la priorité à l’ambition sur la satisfaction, à la domination sur la séduction… Si on le conscrit, au propre comme au figuré, sa première balle sera pour le malfaisant qui, pistolet au poing, voudra le faire sortir d’une tranchée pour courir sus à son voisin …Un voisin auquel on voudra imposer la même bêtise… mais qui réagira de la même façon.

Satiété, convivialité…  puis le troisième volet du nouveau paradigme que nous voulons mettre en évidence, qui est cette réorientation imminente vers la joie. La transformation de l’humanité, d’une procession de flagellants par apprentissage, en un chœur de gens qui acceptent lucidement les limitations de la nature humaines, mais veulent agir ENSEMBLE pour en tirer le meilleur profit .

Il y a pour chacun un choix à faire, mais la société fera la sien qui encadrera ces choix personnels. On pourra encore dire que la souffrance est une vertu ; bien sûr, il y a des gens qui courent vers l’arrière sur le pont d’un paquebot et voient un autre paysage…. Mais ils respireront le même air revigorant… et ils arriveront au même port. On n’échappera pas au nouveau paradigme dont une composante essentielle sera la joie.

 

Pierre JC Allard

24-11-15

Nouveau Paradigme (2) : Le « faire-ensemble »

Filed under: Auteur — Pierre JC Allard @ 12:05

 

Dans mon article précédent – (Nouveau Paradigme (1) : La satiété) – j’ai musardé un peu sur cette première manifestation d’un changement de paradigme qu’a été la prise de conscience d’une possible satiété. C’est qu’elle est CRUCIALE et que je ne voulais vraiment pas qu’elle passe inaperçue. Pas si facile, car des poids lourds comme Schumacher ont dû dire : « small is beautiful » souvent, pour qu’on accepte de les prendre au sérieux, et Leopold Spohr, malgré son quasi-Nobel, n’y est jamais vraiment parvenu !

C’est qu’il n’est pas intuitif que ‘’PLUS ‘’ puisse ne pas être MIEUX. Et le petit singe doit APPRENDRE que c’est en lâchant les cacahuètes, que sa main ouverte pourra sortir de la cage dont son poing fermé ne sortirait jamais…

Il y a eu résistance, mais on a finalement compris, au vu des rapports des éclaireurs revenant du Pays de Cocagne de l’abondance, que celle-ci n’apportait pas le bonheur et qu’on pouvait même songer à contourner cette pseudo Terre Promise. Ils sont de plus en plus nombreux, aujourd’hui, à renier l’obsession de la possession du matériel.

Le nouveau paradigme n’est pas un rejet doctrinaire du matérialisme, du moins pas encore, mais les transgressions au dogme, les compromis et les accommodement, avec une réalité plus équivoque où tout ne se mesure pas, sont bien fréquentes.

Ainsi, le passage vers une économie tertiaire. Comprend-on bien que 80% de ce qu’on « veut », ne consiste plus en « biens »… mais en « services » qui sont, par définition sans substance et donc INAPPROPRIABLES ? Maintenant, ce qu’on cherche, c’est à créer  cen soi ou autour de soi des états éphémères, des situations en mouvance, des abstractions souvent subjectives… La vie devient une recherche d’événements, et on voit bien que le rapport de ceux qui possèdent à ceux qui ne possèdent pas. mais travaillent et consomment, n’est plus du tout celui du seigneur à SA glèbe sur laquelle son serf devait s’activer ou périr….

Toute possession est devenue impermanente, voire aléatoire. Il faudra s’y faire. Le nouveau paradigme, c’est que dans une société basée sur le commerce et la concurrence, le rapport du proprio aux non-proprios, s’est même inversé ! Quand un producteur est privé d’acheteurs, il va à la ruine bien plus vite que le consommateur auquel son fournisseur fait faux bond ! 

Et quand à la désuétude technique vient s’ajouter une obsolescence planifiée qui est une arnaque prévue et consentie, on comprend que posséder une richesse matérielle ne soit plus rassurant… On la remplace donc par une richesse immatérielle de pure confiance, entre les mains d’un banquier….  Ce qui est bien pire, mais est conforme à la tendance vers la dématérialisation. Et toutes les corporations sont maintenant de fait « de mainmorte » car on sait bien que les lois ne durent pas plus que leur opportunité et que le capital, de toute façon, mourra lentement de l’inflation.

Bâtir sa sécurité et son bonheur sur la richesse est donc devenu un acte de foi, et toute l’Histoire est témoin que cette foi a toujours été trahie. Quand on la voit comme inconstante autant que triviale, la désaffection envers la richesse croît encore. Le danger est grand, d’ailleurs, qu’on prenne la richesse de notre société pour acquise et qu’on néglige d’en prendre soin. (Les prophètes du revenu pour tous sans contrepartie-travail me font frémir).

Mais cela est a contrario, et donc un autre débat. Mon présent propos, c’est qu’après un premier pas qui été la prise de conscience de la satiété, le deuxième vers le changement de paradigme a été le constat de la précarité de tout équilibre durable du matériel, dans un monde où la seule constante est la nécessité de la constante adaptation au changement. Chacun sait qu’il est lui-même – comme le système tout entier – en équilibre en mouvement sur sa bicyclette… et qu’il ne freinera pas sans mettre pied à terre ou tomber

Dans ce contexte, l’enrichissement matériel qui implique permanence et continuité apparaît comme un autre leurre du paradigme que nous délaissons. En avons-nous tiré toutes les conséquences ? Avons-nous insisté suffisamment sur celle, inéluctable, que cette précarité conduit à une préférence croissante pour le « faire-ensemble » ?

J’ai lu récemment que, comptant non seulement les intervenants directs, mais tous ceux qui indirectement doivent apporter leur soutien à une chirurgie de pointe, par exemple, c’est par milliers qu’on doit noter tous ceux qui ont contribué à la formation et à l’entretien de ces intervenants, ainsi que ceux en aval qui, à multiples paliers, ont mis la main à la pâte pour l’entretien et la formation de ces derniers.

C’est par milliers aussi qu’il faut compter ceux dont l’apport a été indispensable, tout au long d’un processus sans failles, pour qu’à toutes les étapes de l’aménagement des lieux, comme de la conception et réalisation des équipements requis – du scalpel, au ventilateur, à l’ambulance – naissent les conditions et la disponibilité des ressources permettant cette intervention.

Ajouter la variable administration et les autres services, et on a une implication qui tend a être exhaustive de tous dans la réalisation de tout. Il est important de prendre conscience de cette INTERDÉPENDANCE. Car si la satiété qui nous advient est une gifle à Malthus, la collaboration qui s’impose maintenant en est une à Darwin.

La complexité d’une société de services met en évidence, comme jamais auparvant, la nécessaire complémentarité qui seule permet de transcender « ensemble » les contraintes que la nature nous impose comme individus. Le seul avenir raisonnable pour les humains est de se percevoir comme humanité. Le nouveau paradigme exclut donc une société d’individualistes. Il en est à exclure l’existence même de sociétés libérales se réclamant de l’individualisme.

La prochaine société sera celle qu’on bâtira avec son prochain. Elle sera une adaptation – religieuse ou laïque, peu importe – du message christique de s’aimer, et non la vision darwinienne d’une incessante destruction les uns des autres dans le refus fanatique de la solidarité. Cette Nouvelle Société sera entrepreneuriale, mais dans le cadre d’un respect strict de l’essentielle collaboration sans laquelle aucune société n’est viable, ni aucun vrai progrès possible.

Il y au Nouveau Paradigme, un autre volet que certains trouveront bien étonnant. J’en parlerai dans le troisième article de cette série.

 

Pierre JC Allard

 

23-11-15

Nouveau paradigme (1). La Vertu de Satiété

Filed under: Auteur — Pierre JC Allard @ 12:04

 

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Ceci est le premier de trois (3) articles discutant d’un nouveau paradigme pour notre société. Celui que nous avons est caduc et les événements de Paris en ont été la preuve définitive

***

Il y a aujourd’hui, en tôle au Canada, un type qui, après s’être fait la main en torturant des chatons et en en distribuant largement les images sur Facebook , a dépecé un jeune Chinois, en a bouffé des morceaux et a envoyé le reste par petits paquets recommandés à des parlementaires… Un message fort, je suppose….

En Inde, on viole des jeunes filles publiquement pour ‘’punir ‘’ leurs frères de leur manque de respect envers les castes dites supérieures… et on filme. Société du spectacle, n’est-ce pas… On vient de commettre à Paris des excès que ne peuvent justifier les millions de victimes qu’a fait et que continue de faire Occident chez les nations dites encore trop souvent inférieures.

L’Occident fait plus de mal, aujourd’hui, parce qu’il peut en faire plus, mais la volonté d’en faire est universelle ; les génocides en Afrique ont des volumes et une efficience dont on ne rêvait même pas à Auschwitz. En résumé, nous, humains sommes une espèce de dégénérés moraux assez immondes, et si on cherchait les Dix Justes pour nous dédouaner il faudrait chercher un peu…

On peut blâmer l’inné, la nature humaine. Ceux qui croient en Dieu peuvent présenter leurs doléances au Grand Horloger ; mais, au quotidien, l’ « absenthéisme » est de rigueur, car la Providence s’est pudiquement voilée la face et réfugiée chez la Comtesse de Ségur. Chaque cataclysme nous rappelle que le créateur nous dit : ‘’Cause toujours’’…. Il est plus prometteur de voir du côté de l’acquis. Avons-nous raté le coche dans notre adaptation à la condition humaine ?

OUI. Nous avons raté notre arrivée au Paradis Terrestre.

Le Paradis terrestre n’est pas une légende ; il existe. Des gens mal intentionnés ont seulement voulu nous faire croire qu’il était là au départ… alors qu’il est à l’arrivée ! Et ils ont prétendu qu’il était ailleurs, alors qu’il est ICI.

Pendant des millénaires, il y a eu disette les jours maigres et pénurie tous les jours. On a vu un monde malthusien, où il n y en avait et n’y en aurait jamais assez pour tous. Un monde où s’aimer les uns les autres était un pari bien risqué, sauf pour l’Au-delà. Il était donc normal, le mal menant au pire, que se décline dans toutes ses formes un paradigme darwinien de concurrence féroce pour la survie dans un jeu à somme nulle où chacun lutterait pour soi.

Le modèle normal de nos sociétés, développées dans la hantise d’une omniprésente pauvreté, a été de donner comme but premier à la vie de posséder, d’accumuler, de thésauriser. Avoir PLUS. Pas avoir ‘’beaucoup’’ – ce qui peut-être un mauvais choix, mais demeure un objectif sensé – mais avoir toujours PLUS, indéfiniment… Ce qui est impossible et donc absurde. Notre société est née et a grandi sous ce paradigme d’un enrichissement matériel illimité présenté comme le sens et le but de l’existence. Un paradigme pour temps de pénurie

Mais un jour on a dit « Science », on a harnaché la nature, botté le cul des diseurs de sornettes investis dans l’au-dela, relevé ceux qui vivaient à genoux et, en moins de deux siècles… est venue l’ABONDANCE ! Une abondance jusqu’alors inimaginable.

Un jour, en 1955, aux USA, le pourcentage des travailleurs dans le secteur secondaire – celui où l’on produit les BIENS – a plafonné et, pour la première fois depuis toujours, a commencé a baissé. Ça vous semble anodin ? Réfléchissez. C’était le signe que la capacité de production globale de biens pouvait dépasser la demande. C’était le changement le plus fondamental de nos 5 000 ans d’Histoire. On apprenait qu’au prix d’un peu de travail, on aurait désormais autant qu’on en voudrait de tout ce qu’on en voudrait. IL Y EN AURAIT ASSEZ POUR TOUT LE MONDE.

Vous vous souvenez de la Première Malédiction  ? « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front… ». Ce serait de moins en moins vrai. Dans une société industrielle contemporaine, il ne faut plus en moyenne aujourd’hui que huit heures de travail par semaine par travailleur pour produire tous les biens matériels que nous consommons… Et on pourrait faire bien mieux, si on le voulait ! On aurait du temps pour produire des « services » qui n’étaient auparavant accessibles qu’aux très riches. L’Éden est là….

L’Éden est là…. Mais on ne le voit pas. On nous le cache.  A prime abord, cette discrétion est stratégique. Quand la productivité augmente c‘était grâce aux machines ; il semblait aller de soi – pour les propriétaires de machines – que le surplus de richesse produite irait aux propriétaires de machines. Comment le cul-terreux à qui on ferait désormais la faveur de travailler moins longtemps – et parfois même, assis plutôt que debout ! aurait-il l’inqualifiable prétention de vouloir AUSSI être payé davantage ! Ridicule !

Il y a eu des discussions animées sur cette question. Je ne m’y attarderai pas, car j’en ai souvent parlé. Disons simplement que les travailleurs ont finalement eu droit à leur part du gâteau. Ne croyez pas que ce soit la générosité qui soit descendue en Pentecôte sur les employeurs. Les possédants-employeurs ont seulement compris qu’on ne fait du fric à produire beaucoup que si ce qu’on produit se vend. Il faut qu’à une production de masse corresponde une consommation de masse.

Ce fut une grande frustration pour les nantis. Il allait falloir laisser assez d’argent dans la poche des travailleurs pour que, globalement, ils puissent acheter presque tout ce qu’ils produisaient, car ce que peuvent vraiment consommer au sens strict les plus riches n’est qu’un petit frisson sur la courbe de la consommation.

Il a fallu aux Riches se plier a cette contrainte inscrite dans la nature des choses que l’on ne peut faire un profit sur le bifteck si les gens ne peuvent manger que du pain. Il leur a fallu se résigner à une certaine irritante équité. Posseder équitablement perd beaucoup de son charme…On a pu un peu plus tard, par le crédit, sembler contourner cette contrainte, mais c’est une autre histoire que je raconterai une autre fois. Aujourd’hui, on parle du passage de la misère à l’opulence.

Pourquoi est-on resté discret sur le spectaculaire enrichissement de la société, même quand il a été consenti que tout le monde en ait sa part ? C’est qu’avec l’abondance qu’apportait la révolution industrielle, toutes les règles du jeu changeaient. On aurait aimé garder dans une société d’abondance le pararadigme de la pénurie. Pour le salut d’un ordre social bâti sur l’inégalité, on n’a pas dit que nous étions devenus riches…. On a triché et on a menti.

Le monde ordinaire a été maintenu, autant que possible, dans l’habitude de manquer de tout, et a donc gardé cette manie des babouins de chiper les noix de cocos du voisin. En fait, malgré l’abondance, la principale activité humaine, est restée jusqu’à nos jours, non pas de faire l’amour, ni même la guerre…. mais de se déposséder les uns les autres.

On a posé comme assise à notre société que, produire étant devenu trivial, ce serait de s’échanger les produits qu’une immense majorité des travailleurs tireraient un revenu. Ils le feraient à partir de la différence qu’ils créeraient en deux temps, par leur astuce, entre ce qui serait la valeur objective consensuelle de ce qu’ils offrent et, d’une part le cout auquel ils l’auraient obtenu, d’autre par le prix qu’ils pourraient en obtenir.

C’est cette activité roublarde qui constitue le COMMERCE et qui est devenue le centre de la vie. Le commerce est l’institutionnalisation de ce triomphe par l’astuce que les gens simples appellent généralement une arnaque. Quand l’astuce avance, la moralité recule. Notre société s’est donc créé une amoralité qui a fait de l’enrichissement une vertu et, des moyens de s’enrichir, de simples détails….

Le résultat est que l’industrialisation, qui aurait dû être un passage pour tous de l’indigence a l’abondance, s’est soldée par l’avènement d’une société où les indigents, toujours bien présents, n’affrontent plus tant les caprices du sort qu’ils ne sont devenus les jouets des nantis.

Schadenfreude pour les un, mais en personnalisant l’injustice, on a donné un visage au destin méchant. Maintenant, on peut penser l’abattre…. et c’est ce qu’on a fait à Paris, à Bataclan et ailleurs. On le fera encore si – dans une monde ou posséder devient trivial et donc pure provocation – on ne sort pas du paradigme de la possession a tout prix.

La première étape d’un nouveau paradigme pour la société est une répartition raisonnable de la richesse. Elle devient possible, quand acquérir n’est plus synonyme de succès, d’intelligence, de puissance et d’accès au respect … Bien plus facile, quand posséder au-delà de ce qu’exige la satisfaction de ses vrais désirs apparait tout a coup comme ridicule, négatif, un peu vulgaire. ON VA DONC FAIRE CETTE REDISTRIBUTION … ET SANS VIOLENCE.

Carnegie, pionnier des grands milliardaires philanthropes, disait vouloir s’éviter ‘’le déshonneur de mourir riche’’’ ; Warren Buffet et Bill Gates donnent des dizaines de milliards dont ils ne voient plus pourquoi s’embarrasser. Ce sont les précurseurs de la Vertu de Satiété qui coiffe le nouveau paradigme…. et mène à une redistribution partielle de la richesse. Imparfaite, encore injuste, mais redonnant à chacun selon son véritable pouvoir social. Un pouvoir qui n’est plus celui de naguère, car, dans une société de services, c’est le capital humain qui est dominant.

 

Pierre JC Allard

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