Nouvelle Societe

20-11-11

Dieu est mort: les oeuvres sans la foi

   

 
 

L’Occident, qui gère le monde depuis quelques siècles, le fait de droit divin.  Vous ne saviez pas ?  C’est que vous n’avez pas prêté attention au discours en sourdine derrière les bruits de bottes. Parce que nous avons conquis le monde au son d’une musique militaire, vous avez vu comme un simple prêchi-prêcha, l’antienne de la mission civilisatrice qui fait alterner la croix et le sabre.

Erreur.  Car si on ne croit pas que Dieu est avec nous, Chrétiens, et qu’a défaut de faire du bien aux corps qu’on maltraite on fait du bien aux âmes, bien des gestes héroïques apparaissent comme d’assez répugnantes saloperies.

Voyez comment, après les règlements de compte entre hérésies qui ont été les premiers divertissements de l’Occident chrétien, on a eu les schismes, les croisades, les guerres de religions puis la colonisation des colorés de toutes teintes sous couvert d’évangélisation. Voyez comment, christianisme bien en place sur la planète, on est passé à nos guerres entre Chrétiens, toujours menées au nom de notre éthique chrétienne, par des « bons » contre des « méchants ».

Ces guerres se sont toujours terminées par la victoire des « bons », puisque le certificat de bonne conduite était délivré au gagnant avec le reste du butin.  C’est ainsi que, de victoires en victoires – Dieu  toujours solidement avec eux –  les « bons » se sont enrichis au détriment des autres en ne faisant que du bien et que le droit divin s’est imposé. Le droit de l’Occident chrétien à gouverner le monde et celui des riches à gouverner l’Occident.

Tout se passait bien. Mais là, sans réfléchir, on a tué Dieu ! Grave erreur.Des philosophes brillants, honteux d’avoir l’air sot, ont tué la notion de Dieu, parce qu’elle avait été jointe à des religions reposant sur des tissus d’absurdités. Triste coquetterie, car on a ainsi jeté le bébé avec l’eau du bain.

En enlevant la notion de Dieu, d’un Dieu qui soutenait les Chrétiens – et que Dieu existe ou non n’a ici aucune importance –  on a enlevé le « droit divin » qui légitimait la gouvernance de l’Occident et celle des riches.

Dieu parti, les yeux humblement  fermés s’ouvrent et l’on voit tout sous un jour nouveau. Aujourd’hui, par exemple, on voit comme une répugnante saloperie – parmi tant d’autres, mais c’est la plus récente – la « geste héroïque » d’avoir été tuer chez eux des milliers de Libyens sans défense et qui ne nous avaient rien fait.

Dieu parti, on s’enhardit et on regarde de plus près comment quelques familles milliardaires, gérant quelques douzaines de consortiums, ont pris non seulement la gouvernance, mais la PROPRIÉTÉ du monde… On voit tout à coup comme une impardonnable couardise de les laisser continuer. Il y a donc des gens dans la rue pour protester, à Wall Stret et ailleurs. Simple question de temps avant qu’on ne passe des cordes aux lanternes.

La vieille morale apprise par cœur et acceptée comme divine apparaît soudain humaine, trop humaine… et contestée. On pense à d’autres solutions… Rien de mal à y penser, mais n’oublie-t-on pas l’essentiel ?  De quel droit va-t-on gouverner, si ce n’est pas de « droit divin » ?

Démocratie ? On sait bien que la démocratie n’est PAS une valeur absolue, seulement un mécanisme.  Quelqu’un croit-il que, dans un groupe de trois (3), deux (2) aient le droit de se mettre d’accord pour décider de la vie du troisième ?  Pense-t-on qu’une génération qui se proclame de « purs Aryens » puisse légitimement, parce qu’ils sont une majorité, décider de l’extermination d’une minorité de Juifs ?

Il faut un « droit divin ».  Il faut une éthique transcendante, quel que soit le nom qu’on lui donne  – Constitution, contrat social, etc … –  qui encadre et limite la démocratie, puisse évoluer avec le temps selon sa propre dynamique…  mais qu’on ne s’accorde pas la liberté de modifier au gré des engouements et des caprices !

En Occident, cette éthique transcendante se confond avec la morale chrétienne qui a servi de tuteur à la croissance de notre culture. Cette morale chrétienne est dans toutes nos fibres. Elle a évolué depuis des siècles pour intégrer des concepts plus raffinés de justice, d’égalité, de liberté  – et, paradoxalement, de laïcité !    C’est la seule éthique qui puisse faire  consensus chez-nous.  Ce qui s’y opposerait serait  rejeté comme un greffon incompatible…  à moins de parvenir à faire mourir l’arbre lui-même.

Attention, pourtant, de ne pas confondre cette éthique avec l’un ou l’autre des salmigondis de croyances plus ou moins ridicules que des meutes de clercs ont érigé en dogmes au cours des siècles, pour marquer leurs territoires de prédation et d’extorsion !  On ne parle pas ici de religion, car l’éthique est affaire de comportements. St-Jacques, dans une Epître qui a fait une belle carrière, dénonçait « la foi sans les oeuvres » . Faisons un pas de plus et parlons d’une éthique où la foi n’a même pas sa place. Une éthique qui ne juge que des œuvres.

On pourrait définir ici cette « morale chrétienne »  comme « le plus grand commun diviseur » des interdits que s’imposent et des contraintes auxquelles s’astreignent tous ceux  qui adhèrent au précepte du Christ de s’aimer les uns les autres.  Que celui qui respecte cette exigence se définisse ou non comme chrétien est sans importance ; ce sont ses « œuvres » qui importent.

Sans importance aucune, non plus, pour la société, que celui-ci ait une foi, une autre, ou aucune en un dieu quelconque : il peut avoir les œuvres sans la foi… Il peut bien, en son for intérieur, croire en tout ce qu’il veut et même créer ses propres superstitions… mais sans embêter personne, C’est ça le vrai sens de la laïcité.

Quand le corps social fait consensus et que cette morale chrétienne, expurgée de tout dogme et de toute croyance, est acceptée comme l’éthique transcendante qui détermine en dernier ressort de la légalité des règles, il y a harmonie entre l’ordre civil et cette morale dont le respect joue alors le rôle de l’appartenance à une religion sans en avoir les défauts.

C’est cette « religion » sans dogme, tout entière définie par une éthique et où il n’y a plus que les oeuvres qui comptent, qui serait la seule acceptable en société. Ne serait-il pas opportun que tous les Chrétiens de toutes obédiences s’y rallient, libre à chacun de croire aussi tout ce qu’il veut, mais sans l’imposer à qui que ce soit ?

Les Chrétiens – en fait tous ceux qui veulent témoigner de la parole du Christs pour l’amour et la charité – constitueraient alors une force énorme pour le bien dans le monde. Ils pourraient, ensemble, se choisir un « Pape », lequel  n’aurait aucun pouvoir matériel, mais une autorité telle, grâce à ce mandat universel qu’il aurait reçu, que sa parole pèserait lourd pour séparer le bien du mal au palier des consciences … là où des individus libres doivent décider des gestes qu’ils posent.

Pourquoi un synode épiscopal universel, auquel seraient invitées à participer aussi les églises protestantes et orthodoxes,  n’élirait-il pas le prochain homme – ou la prochaine femme – qui siègera sur le trône de Pierre ?   Le monde changerait si nous avions ce pape-guide, avec pour seul objectif que ce qui est BIEN soit clairement énoncé au profit de tous les hommes de bonne volonté… même ceux qui ne croient en rien.

Pierre JC Allard

24-07-09

295 Montréal, Capitale de l’Été

On parle de Grand Prix F1 à Montréal. Amusant. Utile, aussi, pour assurer la V I S I B I L I T É. Pourquoi la visibilité ? Pour faire des sous… et surtout pour créer des emplois. Ce qui demande un mot d’explication…

Le monde est en crise, on le sait. Crise financière, bien sûr, mais, en Occident, derrière la crise financière se cache une crise industrielle qui n’a rien à voir avec une quelconque récession; les secteurs de production industrielle qui ont fait notre richesse sont simplement en déclin, leurs marché saturés et leurs méthodes de production désuètes. L’emploie diminue…

Il n’y a qu’une solution définitive à la crise et c’est de remettre tout le monde au travail. Or, ne nous leurrons pas, une ville n’a que peu de marge de manoeuvre pour créer des emplois industriels. Ce n’est pas Montréal qui contrôle, ni ne devrait contrôler, les politiques de main-d’oeuvre ni les politiques monétaires: nous ne règlerons pas la crise du pays par des mesures au palier municipal.

On peut attendre que Québec et Ottawa règlent la crise, mais ce n’est pas très astucieux… car ces secteurs industriels en crise ne créeront plus d’emplois. On peut penser à un protectionnisme qui fermerait les frontières à la concurrence imparable du tiers monde, mais les travailleurs Occidentaux ne veulent pas travailler pour des salaires chinois, ce qui d’ailleurs ne serait pas souhaitable. L’industrie ne reviendra donc qu’en substituant des machines aux travailleurs: ces secteurs peuvent renaître après la crise, mais rien ne permettra jamais d’y créer beaucoup d’emploi.

Si nous voulons que les travailleurs travaillent, il faut donc créer des emplois dans le secteur tertiaire… et là, une ville peut faire quelque chose. Montréal peut créer un foyer de prospérité et générer des revenus qui se diffuseront sur toute sa population, si on met à profit une ressource que Montréal possède en abondance: l’hospitalité et la joie de vivre de sa population.

On néglige trop souvent que le tourisme est devenu la première industrie du monde et que nous possédons des ressources et des avantages concurrentiels importants pour miser sur cette industrie tertiaire à forte intensité de main-d’oeuvre et donc créatrice d’emploi. Montréal est une ville de fêtes. Expo 67, Jeux Olympiques, Festival du Jazz, sa réputation est faite.

Son avantage extraordinaire, en plus des qualités propres à sa population même, c’est qu’elle est une ville d’été. La plupart des villes du monde se vident de leurs habitants en été et en perdent leur âme. Montréal, avec ses festivals et la profusion de théâtres saisonniers qui l’entourent, a cette rare caractéristique d’être une ville où l’été est la saison active. Il faut exploiter le potentiel touristique de cette singularité en y joignant l’effet d’attraction du visage français et multiculturel de Montréal.

Grand Prix ? Si on veut, mais on peut faire bien plus pour beaucoup moins… L’administration muicipale pourrait agencer les événements déjà récurrents chaque année à Montréal de la fin mai à la fin septembre – et en ajouter d’autres – de façon à offrir au touriste un calendrier ininterrompu d’activités qui ferait de Montréal la 
“CAPITALE DE L’ÉTÉ” en Amérique.

Dans le cadre de ce calendrier, chaque communauté culturelle de Montréal qui en ferait la demande recevrait la collaboration technique et une aide financière de la ville pour organiser, au cours de l’été, un festival mettant en évidence sa spécificité culturelle dans un secteur de Montréal signifiant pour cette communauté. Quartier Italien, Grec, Juif, Latino. Haïtien, libanais, etc…

Cette communauté deviendrait alors, durant cette période, non seulement l’hôte des autres éthnies de Montréal, mais aussi, si elle fait de cet événement un succès, le point de ralliement en Amérique du Nord de tous les membres de cette communauté. Avec un peu d’aide, elle générerait sa propre visibilité sur sa clientèle ciblée. À coût modique.

Mettant à profit la relâche des activités culturelles en France durant la période estivale, Montréal pourrait aussi établir, dans le Parc Jean-Drapeau ou ailleurs, avec la collaboration des industries culturelles et des restaurateurs de France, une ambiance complètement française à prix nord-américains qui compléterait la séduction de la clientèle américaine.

RIEN ne peut apporter à Montréal un essor économique et des emplois aussi rapidement que le tourisme, surtout si on y joint la promotion de l’industrie des congrès, où Montréal est déjà très bien positionnée en Amérique du Nord et le serait bien sûr davantage si elle devenait cette Capitale de l’Été.

Cette hospitalité est la meilleure clef de notre développement. Il faudrait invoquer la mémoire de Jean Drapeau et évoquer ses mânes pour que l’imagination et l’enthousiasme se réincarnent à Montréal au plus tôt et que l’on joue habilement nos atouts.

Pierre JC Allard

22-07-09

293 Goldman Sachs au bûcher !

Goldman Sachs declare des profits  exceptionnels et des bonis mirobolants.  Des profits ostentatoires. Des bonis scandaleux, en cette période de crise et de supposée austérité. On veut vraiment nous faire fâcher… Pour bien marquer le point, un article dévastateur de Matt Taibbi, dans le numéro de juillet du magazine Rolling Stone, vient expliquer clairement pourquoi Goldman Sachs est, depuis des lustres, l’ennemi du peuple, de l’Amérique et du genre humain.

Goldman Sachs au bûcher ?  Probablement… mais il a encore des inconnues. Car, quoi qu’ait fait Goldman Sachs, il faut voir en arrière plan la totale connivence de l’État et du capital. Il y a quelques annéess, j’écrivais:

 » Les variables qui déterminent le succès d’une spéculation sont toutes aujourd’hui directement ou indirectement sous le contrôle de l’État.  Même si c’est une catastrophe naturelle qui déclanche une occasion d’affaire, c’est la réaction de l’État pour faire face à la catastrophe qui sera au coeur de la spéculation qui en résultera.

Toutes les roulettes sont mises en mouvement par l’État et seuls peuvent y gagner les amis de ceux qui les font tourner. Seuls ceux qui agissent de connivence avec l’État peuvent désormais spéculer et gagner.  Les gros pontes jouent toujours avec la banque. Ceux qui jouent en s’en remettant au hasard ou même à leur honnête sagacité pour spéculer seront vite ruinés. « 

Cette connivence, depuis le Plan Paulson ( ex-pdg de Goldman Sachs ! )  de l’automne 2008, est plus évidente que jamais. Pourquoi et comment cette information impitoyable sur Goldman Sachs devient elle AUJOURD’HUI  disponible ?  Pourquoi annoncer aussi clairement que tout ça est du chiqué, que l’austérité de façade recouvre en fait une prodigalité des fonds publics comme il n’y en a jamais eu et que l’argent ne vaut plus rien ?

Tout se passe comme si, un transformation radicale du système étant inévitable, on voulait préparer le peuple  à cette nouvelle  à côté de laquelle le New Deal n’était rien. Prise de conscience à faire.  Préparons le peuple… Il ne fait aucun doute qu’on est à dresser le bucher pour quelqu’un.    En octobre, après que le G 20 de Pittsburgh aura donné une nouvelle image du systeme financier et que le plan de santé de Obama  aura connu son sort., on jettera la torche sur les fagots.  Mais n’y aura-t-il que  Goldman Sachs sur le bucher  ? Et quel pouvoir a organisé l’autodafe…?

il y a trois scénarios qui expliquent la divulgation:

1.  Le capitalisme est bien en selle. On s’est mis d »accord sur un bouc émissaire.  Les profits faramineux et les boni ostentatoires, indécents et provocateurs en cette période de crise, ont pour but de ramener la vindicte populaire sur quelques têtes chez Goldman Sachs.   Ces têtes seront tranchées, une montagne de titres d’une valeur monétaire colossale seront saisis et GS mise en faillite.   Mais ce ne sera que du papier. Toute valeur réelle aura été transférée ailleurs, les vrais maitres resteront inconnus et, après cette saignée, le systeme reprendra ses activités comme avant, sous un autre nom

2. Le pouvoir fait peau neuve. Ceux qui ont vraiment le pouvoir ont décidé qu’il n’est plus nécessaire d’avoir cette couverture de l’argent pour l’exercer, une structure qui va de paire avec la démocratie et repose sur une incessante, universelle et fastidieuse corruption.   La crise actuelle est là pour abattre la capitalisme qui sera remplacé par la dictature discrète d’une élite, au sein de laquelle les dirigeants réels seront cooptés.   L’argent ne confere plus le pouvoir, c’est le pouvoir qui crée et distribue l’argent à sa discrétion. Un systeme pas si different de celui de l’ex-URSS.  On ne parlera pas de soviets, mais tout pourra se faire sous couvert de démocratie. La manipulation est devenue une scienhce exacte; les medias peuvent  être controlés et, par eux, on peut obtenir l’accord du people à n’importe quoi.

3. L’explosion  des techniques de communication, dont surtout  l’Internet, a pris le pouvoir par surprise et il devient impossible de gouverner dans la discrétion, rendant tous les complots précaires et créant la menace de pouvoirs circonstanciels se formant et se défaisant  selon des événements imprévisibles.  Tout devient possible, y compris un pouvoir populaire et des épisodes de vraie démocratie, mais toute devient du même coup imprévisible.   C’est l’insurrection qui vient, avec une alternance anarchie-dictature qui ne serait pas sans rappeler le moyen-âge.

Qui sait lequel de ces scenarios est en marche ?  Peut être quelqu’un a-t-il les choses bien en main… mais il est possible, aussi, que nous allions totalement  à l’aventure.  Je ne sais pas laquelle des trois (3) hypotheses me fait le plus peur.

Pierre JC Allard

10-07-09

281 Le G8 attentiste

Le G8 qui vient de se réunir à L’Aquila en Italie se solde par un report des décisions significatives vers deux nouvelles échéances : a) le prochain G20 qui se tiendra à Pittsburgh les 24 et 25 septembre prochain pour apporter une solution à la crise financière, et b) la négociation internationale sur le climat qui se tiendra à Copenhague en décembre.

On parle bien plus du second de ces deux événements. Apparemment à raison, car si le réchauffement présumé de la planete est averé, c’est bien en effet, sub specie aeternitatis, le probleme qui rend futile tous les autres. On a donc un plan.

Pour éviter que l’augmentation de la température de la planète ne dépasse les deux (2) degrés Celsius d’ici à la fin du siècle, le G8 propose de réduire de moitié les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Pour persuader les pays en développement – surtout la Chine et l’Inde – de collaborer à cet objectif, le G8 s’engagerait à ce que celles des pays industrialisés baissent de 80%

Généreux. Mais il faut se souvenir que c’est demander aux pays émergents de ne pas se developper aussi vite qu’ils le pourraient et donc de rester pauvres plus longtemps, en se privant des moyesn qui ont permis aux pays riches de s’enrichir… De plus, en ne précisant pas l’année de départ de référence pour la réduction des émissions de CO2, Les pays développés trichent encore un peu… Une discussion musclée en perspective à Copenhague. Et pourtant…

Pourtant, Copenhague sert de diversion, car de ces deux rendez-vous, c’est celui de Pittsburgh qui est de loin le plus important. Pas pour l’éternité, pour tout de suite.

Lorsque le G20 s’est réuni à Londres en avril dernier, la crise financière n’avait pas encore révélé toute sa malice. Un désaccord se dessinait entre les USA et les autres, mais les alliances qui auraient permis de connaître les soutiens et donc la force des joueurs n’avaient pas encore été scellées.

Mis a part un engagement d’augmenter les ressources du FMI et de la Banque Mondiale – mais bien en deçà de ce qui aurait été nécessaire pour vraiment regler cette crise – un consensus tacite s’est donc établi à Londres pour ne s’entendre sur rien. Mais le G20 de Pittsburgh DOIT apporter une solution à la crise financière.

La situation ne sera plus du tout la même. Quand les mêmes 20 participants se rencontreront à Pittsburgh en septembre, la crise aura été là depuis environ un an et il faudra y mettre fin rapidement, en garantissant une stabilité monétaire avant que le commerce international ne s’effondre.

On pourra le faire, car on connaît maintenant l’ordre de grandeur de l’insolvabilité du systéme financier global – on parle de USD $ 600 T – et l’on sait que cette dette ne peut qu’être dénoncée ; il ne s’agit donc que de s’entendre sur la façon de le faire. Les gestes préalables à une cessation de paiement auront été ou seront sur le point d’être posés.

Aux USA, des centaines de milliards ont été distribués aux copains par le plan Paulson et autrement. Ailleurs – dont en France – on va incessament lancer des emprunts nationaux. Les sommes en seront dérisoires, au vu des montants dûs, mais ils suffiront à mettre aussi à l’abri la richesse amie. Tout ce qui importe sera déjà dans les chaloupes de sauvetage et Chrysler et GM sont là pour servir de modèles à une reprise de l’industrie par l’État et les travailleurs.

Si on en parle moins de Pittsburgh que de Copenhague, c’est qu’il n’est pas si opportun d’en parler. L’ intérêt des USA, dont le dollar sert aux autres de devise de réserve, est de continuer à en émettre le plus possible, exportant en fait leurs problèmes sur les autres… Celui des autres est d’empêcher les USA de poursuivre cette dilution de leurs obligations.

Ostensiblement, ce sont les 4 de Yekaterinbourg qui monteront au front à Pittsburgh et ils ne pèsent pas encore bien lourd. Mais il est clair que les intérêts de l’Europe – et en fait du monde entier – s’opposent ici à ceux des USA. La discussion ne sera donc pas aussi inegale qu’il y parait. On saura à Pitsburgh quelle voie le monde va prendre et il n’est pas sûr que ce soit celle des USA

Pierre JC Allard

05-07-09

276 Régler la crise financière

La crise actuelle suit son cours, avec une dissociation progressive entre l’économie réelle en voie de reconstruction et une économie monétaire qui continue son rêve-cauchemar éveillé. Plus de 9% de chômeurs déjà, aux USA, les autres pays à l’avenant et aucune raison pour que ca s’améliore, avant qu’une nouvelle structure du travail ne soit mise en place dont la pierre d’assise devra être une couverture de revenu-travail garanti.

Pendant que la crise du travail prend de l’ampleur dans le monde réel, à mesure que ferment les industries dont les modes de production ne sont plus adéquats et les entreprises de services qui en dépendent, la crise financière qui est là depuis 9 mois arrive à maturité. Tandis que les emplois disparaissent, les indices boursiers fluctuent selon les rumeurs que laissent filtrer le Tresor américain et autres autorités et l’on commence à estimer avec plus de précision le volume de cette masse monétaire qui ne vaut plus rien.

Il faut régler maintenant cette crise financière, car on ne peut maintenir une économie globale basée sur des échanges commerciaux sans une monnaie qui inspire confiance. On verra à l’automne comment le système s’y prendra pour régler cette question, mais il n’est pas interdit de voir comment il DEVRAIT s’y prendre, s’il existait un pouvoir mondial pouvant agir sans contraintes et ne pensant à rien d’autre qu’au bien de la population. On pourrait procéder alors selon les huit (8) règles suivantes.

1. Une monnaie, appelons la « V », est créée et émise sous l’autorité du FMI avec l’accord de tous les États membres.

2. Cette monnaie V a cours légal et est en circulation libre partout. À partir d’une valeur initiale de consensus, son taux de change aux diverses devises fluctue librement.

3. Les États, les institutions financières et les personnes physiques ou morales (corporations) peuvent se procurer un crédit en V à la hauteur des BIENS RÉELS dont ils transportent la propriété au FMI. Ils conservent l’usage de ces biens réels, mais perdent le droit de les aliéner.

4. Les États et entités paraétatiques sont invités à rembourser leur dette publique en l’imputant à leurs contribuables au prorata des actifs de chacun. Ainsi les États élargiront la masse des biens réels dont ils pourront transporter la propriété au FMI.

5. Les contribuables de chaque pays doivent acquitter immédiatement cette dette correspondant à une partie de la dette publique qui leur échoit. Ils pourront le faire, à la discrétion de leur État, en V, en monnaie nationale ou partie en V et partie en monnaie nationale et en transportant à l’État la propriété de biens réels dont ils conserveront l’usage.

6. À partir d’une date convenue, dans tous les pays, tous les salaires jusqu’à la hauteur de 5 fois le revenu moyen per capita et tous les paiements d’assistanat, incluant les pensions de vieillesse et les allocations de chômage, sont effectués exclusivement en V.

7. En sus des autres paiements en V qu’il peut recevoir, tout individu majeur a le droit, chaque jour ouvrable, d’obtenir de l’État la conversion en V d’une somme en monnaie nationale déterminée pas l’État présumée équivaloir à 1/250 du revenu annuel national moyen. Il n’y a pas de contrainte à la conversion de V en monnaies nationales

8. Toutes les autres obligations maintenant en vigueur et les futures transactions demeurent libellées et peuvent être acquitées en monnaies nationales, jusqu’à ce qu’en décide autrement l’Etat qui a juridiction sur leur exécution.

Je suis conscient que cette opération nécessite des changements au rôle du FMI et aux accords internationaux ; elle n’est pas facile à accepter ni à réaliser. 😐 Je suis conscient qu’elle exigerait un complément de détails et peut susciter des interrogations 🙂 Il est évident qu’il est impossible de fournir ce détails et de répondre à ces interrogations dans le cadre de cet article. Je suggère au lecteur de simplement y réfléchir. On en reparlera plus tard.

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Pierre JC Allard

03-07-09

274 « Vers demain »

Cet article ne s’adresse qu’aux Québécois. En fait, aux Québécois de plus de 50 ans, car en France vous n’avez pas eu de « Créditistes ». Vous avec eu Poujade et quelques juments vertes qui ont fait un malheur, mais pas de créditistes. Dommage… J’ai écrit cet article il y a 10 ans et que je crois bien que la réalité a rejoint ma fiction.

XXX

Quand je vois le Dow-Jones franchir la barre magique des 10 000 sans ralentir et crever 11 000 en un temps record, je n’éprouve pas l’émoi triomphaliste que les prophètes du néo-libéralisme voudraient que nous ressentions. J’ai plutôt la même sainte trouille que m’inspirent certains numéros du Cirque du Soleil, ceux où il semble inéluctable que, tôt ou tard, quelqu’un se casse la gueule. J’ai la trouille, mais je me souviens aussi avec une certaine nostalgie de Réal Caouette, des Créditistes et des Bérets blancs.

Je me souviens d’une époque où des gens simples disaient, en leur propres mots, que l’argent n’était qu’un outil, que les banques étaient des opérations de brigandages institutionnalisées et qu’on ne s’en porterait que mieux si l’État distribuait chaque mois aux citoyens un “dividende” social qui constituerait pour chacun sa juste part de l’enrichissement national.

Parce que ceux qui le disaient n’utilisaient pas le vocabulaire des économistes en titre, on ne se privait pas de se moquer de “la piasse à Caouette” et il était de bon ton de sourire quand quiconque parlait du Crédit Social ou du Ralliement des Créditistes. On souriait, ce qui évitait d’engager le débat. Et quand le journal “Vers demain” répétait ad nauseam les mêmes thèmes, les rieurs avaient beau jeu pour souligner qu’il n’apportait rien de nouveau.

Une génération plus tard – et les Bérets blancs, pour autant que je sache, étant passés à l’histoire – il n’est pas sans intérêt de constater aujourd’hui qu’il n’y a sans doute pas de meilleur mot que “créditiste” pour qualifier le mode de gestion que tous les gouvernements depuis Trudeau ont appliqué au Canada… et les autres gouvernements modernes à leurs États respectifs. La monnaie, dégagée de la contrainte que lui imposait sa relation avec l’or, est bien devenue un outil et, comme le disait le vieux slogan des Créditistes, on a rendu “financièrement possible tout ce qui est techniquement réalisable”. Demain est arrivé.

Nous vivons dans un régime “créditiste”. Évidemment, on n’a pas tout pris du “crédit social”. On a pris le crédit mais on a négligé le social, de sorte que le “dividende” n’a pas été distribué à la population pour soutenir le pouvoir d’achat et faire tourner l’économie; le “dividende” – la plus-value, année après année du progrès technologique – est resté sagement dans le giron des nantis et s’est soldé par une hausse météorique de la valeur des actions en bourse.

Parce que l’argent est resté dans la bourse des riches, il n’y a pas eu cette inflation des prix à la consommation dont nous menaçaient jadis les détracteurs de la “piasse à Caouette”, une inflation qui, d’ailleurs, intelligemment contrôlée, aurait été une bénédiction. Il n’y a eu qu’une explosion de la valeur des titres boursiers. Une enflure exorbitante, démesurée de la richesse virtuelle qui ne représente aucune réalité puisque notre niveau de vie réel, en dollars constants, n’a pas bougé depuis 17 ans alors que le Dow-Jones, depuis 1982, est passé de 750 à 11 000, multipliant sa valeur nominale par 14 !

Pour comprendre toute l’absurdité de cette richesse “virtuelle” que représente un Dow Jones à 11 000, il faut revenir à un langage simple collé à la réalité, le langage qu’auraient adoré les vieux Créditistes. Ça vaut quoi, pour vrai, une action en Bourse?. L’action d’une compagnie en Bourse, vaut l’espérance du profit à réaliser en vendant aux gens les produits de cette compagnie. Si les gens n’on pas plus d’argent qu’il y a 17 ans, on ne peut pas faire plus d’argent qu’il y a 17 ans à leur vendre quoi que ce soit. Une compagnie peut valoir plus, une autre moins mais, en moyenne – ce que tentent de représenter les indices comme le Dow Jones ou Standard & Poor – les actions en Bourse (sauf en fonction de l’accroissement démographique) ne valent pas vraiment plus aujourd’hui qu’il y a 17 ans. La hausse de valeur des actions en bourse est une pure construction mentale.

La réalité, c’est que le régime “créditiste-capitaliste” des trois dernières décennies a créé une situation non seulement plus injuste, mais infiniment plus dangereuse que celle qu’aurait créée un “crédit social”, puisque l’inflation progressive qui aurait résulté de la distribution d’un dividende social aurait pu être progressivement corrigée, alors que la bulle fragile de la valeur boursière illusoire qu’on nous propose comme base de la richesse peut nous éclater au visage à tout moment, donnant un sens nouveau et terrifiant à ce “vers demain” que les Créditistes naïfs de la génération passée proposaient comme un message d’espoir.

Pierre JC Allard

P.S Nous sommes au surlendemain….

15-06-09

256 Un mauvais moment…

J’ai dit souvent récemment, sur mon blogue et ailleurs, que je suis bien satisfait de la façon dont l’Éstablishment américain est à réaliser sa conversion, d’un système capitaliste générateur de trop d’inégalités, vers un système plus paternaliste dont c’est la mission d’Obama de réaliser la mise en place sans effusion de sang.

Quand je dis satisfait, cependant, comprenons bien, que c’est la satisfaction d’un malade en phase terminale qui approuve les arrangements qu’on a fait pour ses obsèques. J’aime la créativité, l’initiative dans l’effort, la liberté d’expression et j’ai passé la plus grande partie de ma vie à fraterniser avec d’autres cultures. Pour ceux qui ont ces idéaux, il y aura un mauvais moment à passer.

Ce n’est pas de gaieté de cœur que je constate que le monde DOIT aller vers un forme de collectivisation, de normalisation, d’enrégimentement, accompagné pour chacun d’un repli sur ses valeurs et ses frontières. Cette orientation m’attriste, mais je l’accepte, car je la vois absolument nécessaire : il n’y a pas d’autre moyen de corriger le mauvais virage que notre civilisation a pris il y a 60 ans.

On aurait pu, il y a 60 ans, prendre un autre virage. Au lieu de la Guerre Froide avec l’URSS, on aurait pu accepter, à la dimension de tout l’Occident, une lente évolution vers un plus grande présence de l’État dans la société, jointe à un respect des droits acquis et d’un nécessaire esprit d’entreprise. On aurait pu choisir de permettre de raisonnables inégalités, tout en faisant barrage à la misère.

Barrage à la misère que nous avions laissée s’installer chez-nous et aussi à celle que nous avions contribué à créer chez les autres. Au lieu de cette décolonisation sauvage qui a transformé les esclaves en serfs, libres surtout de se cannibaliser sous peine de mourir de faim, l’Occident aurait pu assumer la responsabilité de conduire à l’autosuffisance et à une autogouvernance efficace les peuples dont nos prédations avaient interrompu le développement. Si, au lieu d’un Rideau de fer, on avait bâti des ponts entre l’Est et l’Ouest, on aurait pu aussi en créer entre le Nord et le Sud.

Mais on ne l’a pas fait. On a choisi l’antagonisme. On a suivi, dans le monde dit « libre », l’attachement à courte vue à un néoliberalisme en forme de martingale pyramidale, ne pouvant survivre que par une création de richesse fictive dont l’irréalité serait tôt ou tard découverte. Dans le monde des république dites « démocratiques », on a suivi l’attachement doctrinal à des recettes que l’avènement de l’abondance rendait désuètes et à des politiques coercitives fatales à la liberté et à la créativité.

Est et Ouest se sont enlacés comme les scorpions dans la bouteille, dans un conflit qui a perduré jusqu’à la chute du Mur de Berlin. Lorsqu’il est tombé, on s’est aperçu qu’étaient morts non seulement le «socialisme», qui aurait pu donner un idéal à l’humanité – pour dérisoire qu’on ait pu le juger – mais aussi le « capitalisme », déshonoré par le mal qu’il avait causé et qu’on n’attendait pour enterrer que la découverte de la supercherie de cette richesse factice dont il avait voulu faire une raison de vivre.

Le voile est tombé en octobre dernier, quand l’argent a perdu toute valeur. Nous sommes désormais dans un monde où il n’y a plus d’idéal politique crédible, ni de symboles financiers auxquels on puisse accorder confiance. Nous sommes dans une situation où il faudra rebâtir la société, tout en réglant au jour le jour des questions de survie. Il va falloir mettre en mouvement concerté une population désabusée.

On ne pourra le faire que si des directives cohérente sont données et suivies, ce qui ne sera possible que si la population est dirigée avec fermeté et qu’on ne lui laisse que bien peu de discrétion pour s’en écarter. Des gouvernement autoritaires vont donc se mettre en place, refermés sans doute sur des zones identitaires culturelles que leur homogénéité rendra plus faciles à gérer.

J’ai bien peur que la démocratie, déjà bien malade, ne parte en vacance pour la durée des travaux. Elle reviendra, car la liberté est le système par défaut, dans le monde d’interdépendance qui est à se créer et qui ne pourra vraiment fonctionner que par consensus. Elle reviendra, et ceux qui l’accueilleront à son retour vivront une vie meilleure dans un monde meilleur.

Il n’y en aura pas moins un moment à passer où les choses et les idées que nous aimons ne seront peut-être pas là… Un mauvais moment à passer, mais il sera moins long si nous gardons la volonté inchangée d’œuvrer pour l’avenir auquel nous croyons.

Pierre JC Allard

15-05-09

Et alors, les subprimes, ça va ?

Depuis qu’Obama a lancé en mars son plan Making Home Affordable pour venir en aide aux propriétaires catastrophés – et à leurs créanciers, bien sûr – des prêteurs hypothécaires représentant 75% du marché ont accepté d’y souscrire, ce qui devrait permettre à 9 millions de proprios menacés de ne pas être expulsés et de sauver leur mise. Bonne initiative, qui évitera bien des larmes et peut-être du sang dans les rues.

Les créancier vont empocher USD 50 milliards de compensation pour refinancer les prêts et réduire les taux… Il semble qu’aujourd’hui même, Timothy Geithner, Secrétaire au Trésor et Shaun Donovan de l’Habitat (Housing and Urban Development) vont annoncer conjointement qu’on en rallonge encore un peu.

Il est temps. 340 000 avis de défaut de paiement en mars, 342 000 en avril… tout semble se stabiliser, mais, comme la résistance de l’air peut freiner la chute d’un corps en chute libre sans remettre en question les lois de la physique, il semble bien que le marché immobilier aux USA s’effondre aussi vite et pas plus que ce que permet le nombre de huissiers et de sheriffs. Ce qui rappelle l’horrifiante phrase de ce témoin, dans le film « Judgment at Nuremberg » : « tuer est facile, c’est disposer des cadavres qui est le défi… »

On va allonger quelques milliards de plus, ce qui est bon, mais pourquoi le faire si bêtement ? La solution raisonnable ne serait-elle pas que l’État ou un organisme parastatal ad hoc désigné par l’État – comme Fannie Mae ou Freddie Mac, par exemple – deviennent simplement propriétaires des maisons saisies et les LOUENT à leur ex-propriétaire occupant ?

Qu’ils les louent, mais avec la clause que la propriété en sera transportée à ce dernier quand la somme de ses loyers mensuels atteindra la valeur du marché établie aujourd’hui pour l’immeuble, majorée d’un intérêt raisonnable, disons celui du « prime rate » ou du LIBOR, par exemple.

A quel loyer mensuel les louer ? Au prix des paiements mensuels le plus élevé auquel l’ex-proprio a consenti lorsqu’il a obtenu son hypothèque initiale, mais plafonné à 30% de son revenu disponible actuel. Ce loyer demeurera inchangé, car il sera assimilé à un versement sur une vente à terme.

La charge réelle que ce loyer représente pour l’ex-propriétaire devenu locataire-acheteur diminuera donc avec l’inflation. Il n’y a vraiment là rien d’inusité. On fait seulement bénéficier de cet effet une strate de la population que jusqu’ici on ne voulait pas voir, parce qu’elle vit sous le naseau du cheval capitaliste.

Si le paiement est plafonné, il faut introduire une variable, puisque garantir le revenu est un tout autre projet.. ! Cette variable, c’est le temps. Le locataire payerait 10 ans, 30 ans, 50 ans… jusqu’à ce que le prix ait été acquitté. Au pire, il payerait peut être indéfiniment… ce qui ne serait encore que le maintien de sa condition initiale de locataire et sans augmentation de loyer.

On en viendra sans doute à cette approche, dès qu’on aura apprivoisé les Américains à cette intervention – ingérence – de l’État sur le marché. De ce marché de l’immobilier, on passera aux autres; nous entrons dans une nouvelle économie. Le capitalisme est mort, puisque l’argent ne vaut plus rien. On se demande seulement s’il est moins troublant de l’embaumer pour un temps ou de l’enterrer tout de suite.

Pierre JC Allard

08-05-09

L’ultime forfaiture du Capital

 Un dur coup, hier pour les « anticomplotistes ». Le Center for Public Integrity (CPI), par la voix de son directeur Bill Buzenberg, annonce que les banques qui prétendaient avoir été prises par surprises par la crise des surprimes qui a déclenché la faillite du système financier ont tout fait pour la provoquer, en facilitant des prêts à très haut risque dont on ne pouvait raisonnablement s’attendre à ce qu’ils soient remboursés.

Le CPI  met carrément la faute sur les agissements de 25 institutions financières.  Ces institutions ont consenti à elles seules 72% du total des mauvais prêts hypothécaires. UN TRILLLION  (USD$ 1 000 000 000 000 ) Des 25 institutions mises en cause, 21 appartiennent ou sont financées par l’une ou l’autre des banques que le Trésor américain inonde actuellement de milliards pour tenter en vain de les rescaper (bail out) aux frais des contribuables.

Parmi les incriminées, Citigroup, HSBC, Barclays… tout le gratin du capitalisme. AIG, en particulier, à qui le Trésor américain , depuis le plan Paulson, a aussi donné directement 180 milliards de dollars (dont une parcelle a servi a payer des boni et à organiser une nouba pour ses agents… !) Toutes les autres escroqueries financières de l’Histoire apparaissent tout à coup comme des peccadilles. ON A SCIEMMENT DÉTRUIT LE SYSTÈME FINANCIER MONDIAL.  

 Le cynisme de toute cette opération laisse pantois, car ce sabotage ne peut avoir eu lieu qu’avec la connivence du gouvernement des USA et au su de tous les gouvernements de quelques importance participant à la structure financière qui gère cette planète. L’élite qui dirige le monde nous a trahi et est partie avec la caisse.

Cette étude a été publiée alors que la Chambre des représentants américaine devait approuver hier un projet de loi visant à créer une commission d’enquête indépendante pour examiner les causes de la crise économique.  On avoue juste avant d’être démasqué. Les rats quittent la cale du navire qui sombre.

Que vaut cette information ? L’étude du CPI a porté sur 7,2 millions de prêts consentis entre 2005 et 2007.  Un échantillon significatif. Une conclusion irréfutable.

Que vaut la parole du CPI ?  il suffit de voir la liste des organismes qui le soutiennent depuis sa création, il y a 20 ans, pour voir qu’on n’a pas ici des anarchistes barbus, mais la fleur de l’Establishment.  Ce sont des capitalistes qui dénoncent. C’est une guerre civile au sein du Systéme dont je dis depuis  20 ans que c’est le seul événement qui nous en délivrera.

Jubilation ?  Ne pavoisez pas trop.  Il est clair que l’argent ne sera plus l’outil privilégie de la gouvernance, mais rien ne garantit que les nouveaux moyens qu’utilisera le pouvoir pour dominer seront plus justes, ni surtout plus démocratiques. Au contraire…  Souhaitons-nous une gouvernance bienveillante, car le paternalisme n’est pas le pire des dangers qui nous menacera.

 

Pierre JC Allard

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