Nouvelle Societe

23-11-15

Nouveau paradigme (1). La Vertu de Satiété

Filed under: Auteur — Pierre JC Allard @ 12:04

 

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Ceci est le premier de trois (3) articles discutant d’un nouveau paradigme pour notre société. Celui que nous avons est caduc et les événements de Paris en ont été la preuve définitive

***

Il y a aujourd’hui, en tôle au Canada, un type qui, après s’être fait la main en torturant des chatons et en en distribuant largement les images sur Facebook , a dépecé un jeune Chinois, en a bouffé des morceaux et a envoyé le reste par petits paquets recommandés à des parlementaires… Un message fort, je suppose….

En Inde, on viole des jeunes filles publiquement pour ‘’punir ‘’ leurs frères de leur manque de respect envers les castes dites supérieures… et on filme. Société du spectacle, n’est-ce pas… On vient de commettre à Paris des excès que ne peuvent justifier les millions de victimes qu’a fait et que continue de faire Occident chez les nations dites encore trop souvent inférieures.

L’Occident fait plus de mal, aujourd’hui, parce qu’il peut en faire plus, mais la volonté d’en faire est universelle ; les génocides en Afrique ont des volumes et une efficience dont on ne rêvait même pas à Auschwitz. En résumé, nous, humains sommes une espèce de dégénérés moraux assez immondes, et si on cherchait les Dix Justes pour nous dédouaner il faudrait chercher un peu…

On peut blâmer l’inné, la nature humaine. Ceux qui croient en Dieu peuvent présenter leurs doléances au Grand Horloger ; mais, au quotidien, l’ « absenthéisme » est de rigueur, car la Providence s’est pudiquement voilée la face et réfugiée chez la Comtesse de Ségur. Chaque cataclysme nous rappelle que le créateur nous dit : ‘’Cause toujours’’…. Il est plus prometteur de voir du côté de l’acquis. Avons-nous raté le coche dans notre adaptation à la condition humaine ?

OUI. Nous avons raté notre arrivée au Paradis Terrestre.

Le Paradis terrestre n’est pas une légende ; il existe. Des gens mal intentionnés ont seulement voulu nous faire croire qu’il était là au départ… alors qu’il est à l’arrivée ! Et ils ont prétendu qu’il était ailleurs, alors qu’il est ICI.

Pendant des millénaires, il y a eu disette les jours maigres et pénurie tous les jours. On a vu un monde malthusien, où il n y en avait et n’y en aurait jamais assez pour tous. Un monde où s’aimer les uns les autres était un pari bien risqué, sauf pour l’Au-delà. Il était donc normal, le mal menant au pire, que se décline dans toutes ses formes un paradigme darwinien de concurrence féroce pour la survie dans un jeu à somme nulle où chacun lutterait pour soi.

Le modèle normal de nos sociétés, développées dans la hantise d’une omniprésente pauvreté, a été de donner comme but premier à la vie de posséder, d’accumuler, de thésauriser. Avoir PLUS. Pas avoir ‘’beaucoup’’ – ce qui peut-être un mauvais choix, mais demeure un objectif sensé – mais avoir toujours PLUS, indéfiniment… Ce qui est impossible et donc absurde. Notre société est née et a grandi sous ce paradigme d’un enrichissement matériel illimité présenté comme le sens et le but de l’existence. Un paradigme pour temps de pénurie

Mais un jour on a dit « Science », on a harnaché la nature, botté le cul des diseurs de sornettes investis dans l’au-dela, relevé ceux qui vivaient à genoux et, en moins de deux siècles… est venue l’ABONDANCE ! Une abondance jusqu’alors inimaginable.

Un jour, en 1955, aux USA, le pourcentage des travailleurs dans le secteur secondaire – celui où l’on produit les BIENS – a plafonné et, pour la première fois depuis toujours, a commencé a baissé. Ça vous semble anodin ? Réfléchissez. C’était le signe que la capacité de production globale de biens pouvait dépasser la demande. C’était le changement le plus fondamental de nos 5 000 ans d’Histoire. On apprenait qu’au prix d’un peu de travail, on aurait désormais autant qu’on en voudrait de tout ce qu’on en voudrait. IL Y EN AURAIT ASSEZ POUR TOUT LE MONDE.

Vous vous souvenez de la Première Malédiction  ? « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front… ». Ce serait de moins en moins vrai. Dans une société industrielle contemporaine, il ne faut plus en moyenne aujourd’hui que huit heures de travail par semaine par travailleur pour produire tous les biens matériels que nous consommons… Et on pourrait faire bien mieux, si on le voulait ! On aurait du temps pour produire des « services » qui n’étaient auparavant accessibles qu’aux très riches. L’Éden est là….

L’Éden est là…. Mais on ne le voit pas. On nous le cache.  A prime abord, cette discrétion est stratégique. Quand la productivité augmente c‘était grâce aux machines ; il semblait aller de soi – pour les propriétaires de machines – que le surplus de richesse produite irait aux propriétaires de machines. Comment le cul-terreux à qui on ferait désormais la faveur de travailler moins longtemps – et parfois même, assis plutôt que debout ! aurait-il l’inqualifiable prétention de vouloir AUSSI être payé davantage ! Ridicule !

Il y a eu des discussions animées sur cette question. Je ne m’y attarderai pas, car j’en ai souvent parlé. Disons simplement que les travailleurs ont finalement eu droit à leur part du gâteau. Ne croyez pas que ce soit la générosité qui soit descendue en Pentecôte sur les employeurs. Les possédants-employeurs ont seulement compris qu’on ne fait du fric à produire beaucoup que si ce qu’on produit se vend. Il faut qu’à une production de masse corresponde une consommation de masse.

Ce fut une grande frustration pour les nantis. Il allait falloir laisser assez d’argent dans la poche des travailleurs pour que, globalement, ils puissent acheter presque tout ce qu’ils produisaient, car ce que peuvent vraiment consommer au sens strict les plus riches n’est qu’un petit frisson sur la courbe de la consommation.

Il a fallu aux Riches se plier a cette contrainte inscrite dans la nature des choses que l’on ne peut faire un profit sur le bifteck si les gens ne peuvent manger que du pain. Il leur a fallu se résigner à une certaine irritante équité. Posseder équitablement perd beaucoup de son charme…On a pu un peu plus tard, par le crédit, sembler contourner cette contrainte, mais c’est une autre histoire que je raconterai une autre fois. Aujourd’hui, on parle du passage de la misère à l’opulence.

Pourquoi est-on resté discret sur le spectaculaire enrichissement de la société, même quand il a été consenti que tout le monde en ait sa part ? C’est qu’avec l’abondance qu’apportait la révolution industrielle, toutes les règles du jeu changeaient. On aurait aimé garder dans une société d’abondance le pararadigme de la pénurie. Pour le salut d’un ordre social bâti sur l’inégalité, on n’a pas dit que nous étions devenus riches…. On a triché et on a menti.

Le monde ordinaire a été maintenu, autant que possible, dans l’habitude de manquer de tout, et a donc gardé cette manie des babouins de chiper les noix de cocos du voisin. En fait, malgré l’abondance, la principale activité humaine, est restée jusqu’à nos jours, non pas de faire l’amour, ni même la guerre…. mais de se déposséder les uns les autres.

On a posé comme assise à notre société que, produire étant devenu trivial, ce serait de s’échanger les produits qu’une immense majorité des travailleurs tireraient un revenu. Ils le feraient à partir de la différence qu’ils créeraient en deux temps, par leur astuce, entre ce qui serait la valeur objective consensuelle de ce qu’ils offrent et, d’une part le cout auquel ils l’auraient obtenu, d’autre par le prix qu’ils pourraient en obtenir.

C’est cette activité roublarde qui constitue le COMMERCE et qui est devenue le centre de la vie. Le commerce est l’institutionnalisation de ce triomphe par l’astuce que les gens simples appellent généralement une arnaque. Quand l’astuce avance, la moralité recule. Notre société s’est donc créé une amoralité qui a fait de l’enrichissement une vertu et, des moyens de s’enrichir, de simples détails….

Le résultat est que l’industrialisation, qui aurait dû être un passage pour tous de l’indigence a l’abondance, s’est soldée par l’avènement d’une société où les indigents, toujours bien présents, n’affrontent plus tant les caprices du sort qu’ils ne sont devenus les jouets des nantis.

Schadenfreude pour les un, mais en personnalisant l’injustice, on a donné un visage au destin méchant. Maintenant, on peut penser l’abattre…. et c’est ce qu’on a fait à Paris, à Bataclan et ailleurs. On le fera encore si – dans une monde ou posséder devient trivial et donc pure provocation – on ne sort pas du paradigme de la possession a tout prix.

La première étape d’un nouveau paradigme pour la société est une répartition raisonnable de la richesse. Elle devient possible, quand acquérir n’est plus synonyme de succès, d’intelligence, de puissance et d’accès au respect … Bien plus facile, quand posséder au-delà de ce qu’exige la satisfaction de ses vrais désirs apparait tout a coup comme ridicule, négatif, un peu vulgaire. ON VA DONC FAIRE CETTE REDISTRIBUTION … ET SANS VIOLENCE.

Carnegie, pionnier des grands milliardaires philanthropes, disait vouloir s’éviter ‘’le déshonneur de mourir riche’’’ ; Warren Buffet et Bill Gates donnent des dizaines de milliards dont ils ne voient plus pourquoi s’embarrasser. Ce sont les précurseurs de la Vertu de Satiété qui coiffe le nouveau paradigme…. et mène à une redistribution partielle de la richesse. Imparfaite, encore injuste, mais redonnant à chacun selon son véritable pouvoir social. Un pouvoir qui n’est plus celui de naguère, car, dans une société de services, c’est le capital humain qui est dominant.

 

Pierre JC Allard

4 commentaires »

  1. Ce billet est une mine de réflexion(s) comme toujours !
    juste un microdétail : c’est « la » capital humain qui est dominant . . . qui rejoint l’adage  » il n’est d’entreprises que d’hommes  » (et de femmes🙂 )

    Commentaire par zelectron — 23-11-15 @ 5:45

  2. Merci. J’ai corrigé la coquille

    A+

    Pierre JC Allard

    Commentaire par Pierre JC Allard — 23-11-15 @ 9:22

  3. C’est très mal écrit, dommage car l’idée de fond pourrait être intéressante

    Commentaire par Anonyme — 02-03-16 @ 3:46

  4. Bonsoir PJCA,

    J’ai ressenti ce que toute mère vie de tout temps et nous lègue dès l’in utéro :

    « Le modèle normal de nos sociétés, développées dans la hantise d’une omniprésente pauvreté, a été de donner comme but premier à la vie de posséder, d’accumuler, de thésauriser. » CAUSE

    « Bien plus facile, quand posséder au-delà de ce qu’exige la satisfaction de ses vrais BESOINS apparaît tout à coup comme ridicule, négatif, un peu vulgaire. » EFFET

    Il faut reprogrammer la matrice, à l’école, avant qu’elle ne commence à se reproduire.

    Salutations

    Commentaire par Le Gaïagénaire — 22-05-16 @ 9:15


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