Nouvelle Societe

27-09-08

DGER: énergies renouvelables

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 1:55

La terre elle-même se prête parfois à une production d’énergie. Le cas le plus évident, c’est celui d’une dénivellation qui permet de harnacher la force hydraulique – allant du barrage Hoover au moulin sur une rivière des Vosges – mais il y a d’autres cas de figures.

Il y a la marémotrice, en principe sur le littoral et donc sur le domaine public, mais donc le site idéal d’exploitation pourrait fortuitement être à l’embouchure en fjord d’une rivière non navigable et donc en terrain privé. Il y a l’activité géothermale. Il y la crête ou la vallée exceptionnellement orientée qui semblent inviter l’installation d’éoliennes. Il y a le plateau qui jouit d’un microclimat d’ensoleillement propice à la mise en place de capteurs solaires.

Une Direction générale des énergies renouvelables (DGER) du MRNE prend charge de la recherche et de l’exploitation pilote des sites de production d’énergies « propres ». Elle n’est pas constituée en « Office » pour l’instant, car elle n’a pas de visées lucratives, fonctionnant normalement à perte avec un budget que lui accorde l’État.

La DGER et son personnel doivent se sentir animés d’un esprit missionnaire, quasi messianique. Ils sont là pour changer le monde et ils travaillent pour Gaïa. Ils sont pressés. Pendant que les vrais croyants des énergies propres poursuivent avec zèle la recherche pour des sources d’énergie renouvelable naturelles et, surtout, pour en abaisser le coût de production, ils savent qu’ailleurs, dans un autre bâtiment, des alchimistes qu’ils imaginent en jaquettes noires préparent un autre futur basé sur la fission ou la fusion nucléaire.

LA DGER ne s’occupe que ce qui est acceptable pour l’environnement; la gestion des énergies fossiles passe directement de l’ONAE à la Régie Nationale de l’Énergie (RNE). « Environnementalement acceptable » est un concept qui évoluera. Si on a un jour la fusion nucléaire, elle sera ou ne sera pas perçue comme « acceptable », selon les valeur qui prévaudront alors. La DGER est « verte ». Elle prendra ce qu’on lui dira qui est vert…

N’y a-t-il pas des désavantages à scinder ainsi la capacité de recherche entre les Verts et les Autres ? Sans doute, mais l’avantage de motivation qui résulte de cette polarisation nous semble justifier cette division: de cette émulation, peut jaillir plus vite l’étincelle. C’est un scénario de science-fiction, mais c’est aussi toute l’Histoire des Sciences.

Il est opportun de garder au sein du MNRE, collé aux fonctions de protection de l’environnement et doté d’un budget autonome, l’organisme qui conduit cette recherche des sources naturelles d’énergie propre. La DGER doit travailler d’arrache-pied à capter les énergies propres à leur sources au meilleur coût ; elle a la responsabilité de l’expérimentation et de mettre en marche des projets pilotes.

La DGER fait la recherche, et a aussi le mandat de promouvoir l’utilisation d’énergies propres. Il y a une demande pour une énergie propre qui respecte l’environnement et qui est prête à en payer le prix; la DGER doit identifier cette clientèle socialement responsable et la motiver. L’ayant fait, partie de la mission de la DGER consiste aussi à convaincre la RNE d’utiliser davantage les énergies propres et de mettre en place les structures qui permettent d’en retirer le prix correct.

Elle peut le faire d’autant mieux que, n’ayant pas le statut d’« Office National », elle ne se pose pas en rival potentiel de la RNE pour la vente de quelque forme d’énergie que ce soit. Elle n’a pas le mandat d’entretenir des relations commerciales multiples, ni la responsabilité d’être rentable. La DGER, n’a qu’un seul client – la RNE – à qui elle vend ses produits au prix coûtant et transmet ses procédés dès que cette dernière s’engage à les exploiter commercialement.

À ce jour la DGER a déjà un produit que la RNE peut parfaitement exploiter: l’hydroélectricité. Même dans ce domaine, cependant, la DGER continuera sans relâche ses expériences pour faire encore mieux et mettre la RNE devant l’évidence de la rentabilité croissante des énergies propres. Mais elle n’en planifiera et n’expérimentera pas moins avec le solaire, l’éolien et elle le fera aussi avec toutes les autres sources que l’avenir apportera.

L’hydroélectricité est la preuve tangible qu’une énergie naturelle propre renouvelable n’est pas une chimère. Pour les chercheurs de la DGER, c’est à la fois une inspiration, une caution de leur sérieux, un modèle pour la mise en place de projets pilotes et une source de ressources humaines et techniques lorsque le moment est venu d’utiliser une source d’énergie expérimentale dans le cadre d’un projet à échelle industrielle.

Lorsque des alternatives de sources d’énergie verte arrivent au stade où il est temps d’en tester la rentabilité – nous en sommes de toute évidence là en ce qui a trait à l’éolien et au solaire et d’autres méthodes suivent de près – la DGER peut mettre en place des expériences à plus grande échelle, mais elle doit toujours le faire sans but lucratif. Pourquoi ?

Parce que le mandat de produire de l’énergie au meilleur coût, est bien terre-à-terre et la RNE n’utilisera une source d’énergie propre que si, tenant compte de tous les facteurs, cette énergie qu’on lui offre est commercialement une bonne affaire, mais encore faut-il que l’analyse des coûts soit faite honnêtement. Or, la naissance du lobby Vert annonce un bataille titanesque, dont la seule chose certaine est qu’elle n’aura rien de naïf et désintéressé.

Les mensonges et la corruption soupçonnée des instances scientifiques pour maquiller les chiffres du réchauffement global n’augure rien de bon; on ne peut pas faire confiance au secteur privé pour mener les recherches et en tirer les conclusions. C’est la DGER qui doit ici nous mener au Graal avec un coeur pur.

La DGER ne prouvera hors de tout doute qu’une nouvelle énergie est rentable que si sa production pilote est planifiée et réalisée avec soin, sans visées lucratives. Cette condition est nécessaire. Quand une source d’énergie est prête pour exploitation à prix concurrentiel, c’est alors seulement que la RNE prend charge.

Pierre JC Allard

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