Nouvelle Societe

13-02-05

T26 Le plan de carrière

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 10:27

L’individu qui a droit à un revenu a l’obligation réciproque d’un apport de travail à la société.  Il a en principe 50 ans pour s’en acquitter. La vie professionnelle du travailleur s’étendra en principe sur 50 ans. De 17 ans, quand il termine le Cycle Général d’éducation que tout citoyen doit compléter, à 67 ans, quand il a droit à la pension des aînés.

Nul ne l’oblige à prendre cette retraite à 67 ans, mais, qu’il la prenne ou non, toucher sa pension à cet âge est pour lui un droit acquis. Discrétionnaire à 67 ans pour tous, la retraite sera pourtant  obligatoire, à 75 ans, pour tous les postes publics auxquels on est nommé ou élu.

Lorsqu’il atteint 67 ans, tout citoyen touche la pension uniforme dont le consensus social aura jugé qu’elle est raisonnable pour satisfaire les besoins de l’individu. S’il est un travailleur autonome, poursuivre sa carrière est son choix. S’il est salarié, libre à un employeur de l’embaucher, mais il devra annuellement subir un examen médical qui établira qu’il a toujours l’énergie et la vivacité qu’exigent les fonctions qui correspondent à sa compétence certifiée.

Il peut travailler, mais c’est sa pension qui est devenue son revenu garanti. C’est désormais à la discrétion de l’État, selon les besoins en main-d’œuvre dans sa profession, que le travailleur se verra offrir ou non  un travail salarié qu’il sera d’ailleurs toujours libre de refuser.

Le Plan de Carrière de l’individu va de 17 à 67 ans. Un plan qui sera plutôt une esquisse, car la réalité y apportera continuellement des changements. Ce « plan de carrière « n’aura rien de contraignant, on pourra en changer en tout temps. Pour  la plupart des travailleurs, ce plan définira surtout leurs ambitions quant au volet de travail autonome qu’ils souhaitent se créer. Durant ces cinquante ans, l’individu-type devrait néanmoins pouvoir imaginer sa vie en y prévoyant des périodes de travail, de formation et de loisir.

Le travail  lui est garanti, mais aussi une formation continue. Une formation professionnelle initiale, relativement courte si on la compare à la durée totale de la formation qu’il recevra tout au long de sa carrière, puis ensuite, tout au long de sa vie, deux (2) types de formation complémentaires qui en marqueront les étapes.

D’abord, il recevra des stages périodiques de mise à jour de ses connaissances qui maintiendront sa qualification de départ et il devra parfois s’inscrire  à des phases de recyclage – durant lesquelles sa rémunération demeure inchangée – qui deviendront de plus en plus fréquentes à mesure que l’évolution technique accélérera les déplacements et conversions de la main-d’œuvre.

Ensuite, il aura accès aussi, pratiquement en tout temps, à des formations de perfectionnement à la mesure de son ambition comme de ses aptitudes, qui lui permettront de poursuive  son cheminement en améliorant ses connaissances et en accédant à d’autres paliers professionnels pour lesquels il pourra être certifié. Il pourra ainsi, au cours de sa vie, développer tout son potentiel et accéder par concours à des certification successives de plus en plus élevées et remunératrices.

La carrière de tout travailleur apparaîtra comme une séquence  de périodes de formation, entrecoupant des périodes de travail dans des fonctions en constante redéfinition.  On comprend pourquoi, dans ce schéma – qui est le seul compatible avec l’évolution technologique annoncée – le revenu-travail garanti est tout à fait incontournable.  Celui qui voudrait rester immobile et inchangé ressentirait vite le stampede de toute une société en mouvement lui passant sur le corps.

Il est indispensable que chaque individu dispose, au moment d’entreprendre sa vie professionnelle, avant la fin de ses études générales, d’un plan dont il discutera avec son Conseiller-Orienteur et qui le guidera dans sa carrière.  Ce plan, bien sûr, ne se réalisera  que bien rarement comme souhaité. Il prévoira donc des alternatives, des « plans B », des réorientations, des risques calculés, des redressements…

Ce plan de carrière sera un élément indispensable -mais seulement un élément ! -d’un dessein plus vaste que l’individu se fixera. Dans cette section, nous mettons l’accent sur le travail, et c’est bien le retour au travail, en effet, qui est la condition préalable à une Nouvelle Société.

Cette condition satisfaite, toutefois, la production et donc le travail, dans une société d’abondance,vont perdre beaucoup de leur importance…   Une contribution de bonne foi à l’effort productif est nécessaire, mais on jugera de moins en moins du succès de l’individu et de sa valeur comme être humain selon ce seul critère de sa productivité.

La priorité sera mise partout – dans le travail lui-même, mais aussi hors du travail – sur la créativité, l’initiative et l’interface entre humains.  Dans ce contexte, le Plan de Carrière personnalise les objectifs de production du travailleur. Il et les relativise, surtout, en mettant en évidence que ce Plan de carrière, n’est qu’un aspect d’un « plan de vie » que chaque individu se trace et dont l’évaluation doit rester subjective.

La vie ne doit pas proposer un seul, mais plusieurs buts vers lesquels on puisse se diriger. C’est à cette condition qu’une société peut tolérer la compétitivité sans concession dans la sphère professionnelle d’un système « par concours » comme celui que la certification  met en place.  Il ne faut pas que s’établisse une unidimensionnalité qui transformerait  la quasi-totalité des citoyens en perdants – ce qui est le risque intrinsèque à une société de compétitivité – mais que la pluralité des buts acceptés et socialement valorisés soit telle que chacun puisse se percevoir et être perçu comme « le meilleur » en quelque chose.

Le bonheur de chacun et la paix sociale pour tous passent par la complémentarité qui rend tous les sociétaires utiles et, à la limite, indispensables. Le « Plan de Carrière » qui exprime le lien objectif entre le plan de vie de l’individu et le projet collectif d’un société, n’est donc pas un ajout cosmétique.  Il est ce qui donne son sens à l’individu en lui proposant dans le corps social un rôle qui peut devenir sa mission.  C’est la réponse à la désintégration de la société qui a été l’effet pervers de son industrialisation. Une brèche dans la motivation que nous pouvons désormais colmater.

Pierre JC Allard

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