Nouvelle Societe

08-02-05

T16 Les non-diplômés

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 12:01

Les non-professionnels sont les travailleurs qui n’ont pas obtenu par concours la certification de leur compétence. Certains sont des diplômés en attente d’une éventuelle certification et peuvent agir au palier professionnel, mais sans en avoir tous les avantages ; ce sont les « surqualifiés » dont nous parlons dans un autre texte.

D’autres ne sont simplement pas diplômés. Il y aura de moins en moins de ces derniers, à mesure qu’une analyse plus exhaustive des tâches qui constituent le marché du travail permettra d’identifier de nouvelles professions dont la complexité sera moindre que celle des professions auxquelles on pense aujourd’hui. On souhaiterait qu’il n’y en ait aucun, mais on doit néanmoins fixer un seuil minimal de certification.

Ce seuil est arbitraire. Une convention d’opportunité qui changera. Posons au départ l’hypothèse que ce sont les tâches qui n’exigent pas une formation spécifique d’une durés égale ou supérieure à trois (3) mois qui seront dites « à formation courte » et réputées de niveau non-professionnel.

Les travailleurs qui effectuent ces tâches de niveau non-professionnel qui ne requièrent pas de dilpômes seront présents partout. Dans les secteurs primaire et secondaire, où ils s’acquitteront des tâches de type manutention, entretien simple ou gardiennage, mais c’est surtout au secteur tertiaire, qu’on les retrouvera. Ils constitueront la masse de ceux qui effectueront ce qu’on appelle maintenant les « petits boulots ». Ils le feront comme travailleurs autonomes à temps plein ou, souvent, exerceront ce travail en parallèle à un emploi salarié.

Est-ce à dire que tous les non-diplômés qui n’ont pas de formation spécifique égale ou supérieure à trois (3) mois constitueront une masse de travailleurs interchangeables ? Ce serait le cas si seule la formation contribuait à la nature d’un service, mais il est clair que la réalité est tout autre, puisque l’avenir, dans une société tertiaire, est aux fonctions inprogrammables de créativité, d’initiative et d’empathie. Ce sont des fonctions largement indescriptibles et donc que peuvent occuper indifféremment ceux qui ont été ou n’ont pas été diplômés

Les travailleurs de la créativité, de l’initiative et de l’empathie n’ont pas à être certifiés. Ils ne peuvent pas l’être et ils ne doivent pas l’être. Ils n’ont pas être diplômés non plus. Il ne faut donc pas penser que les travailleurs non-diplômés occuperont nécessairement le bas de l’échelle sociale, mais comprendre que, dans une societe entrepreneuriale, ce qui est hors-norme n’est pas nécessairement en-dessous, mais peut être en retrait… ou carrément au-dessus.

La médiane des non-diplôms se situera sans doute, tout comme aujourd’hui, à un niveau de prestige et de revenu plus bas que la médiane des dipl^més. Dans une Nouvelle Société, toutefois, tout comme aujourd’hui, mais encore plus, cependant, ce sont des travailleurs non-certifiés, ou certifiés, mais n’agissant pas dans le domaine de leur certification professionnelle, qui occuperont la base mais aussi le faîte de la pyramide des revenus. Avec l’expansion des communications, la voie royale vers la richesse et la célébrité sera plus que jamais, d’offrir un bien ou un service simple que tout le monde veut… Artistes, sportifs et entrepreneurs divers deviendront donc encore davantage les grands gagnants de la société.

En reconnaissant un clivage entre professionnels et non-professionnels, une économie tertiaire ne renonce donc pas à l’émancipation sociale de ce vaste segment de la population ; elle prend smplement acte d’une réalité : l’exigence opérationnelle d’une garantie du revenu et des balises qu’il faut mettre à cette garantie. La distinction entre professionnels et non-professionnels est une telle balise ; on la pose, mais c’est pour mieux agir sur cette réalité. Avec le revenu garanti, une Nouvelle Société, introduit le meilleur outil d’émancipation sociale.

La condition des non-professionnels est en effet transformée par la garantie inconditionnelle d’un emploi à quiconque peut et veut travailler et l’occasion désormais toujours disponible d’exercer simultanément à cet emploi une activité d’appoint, autonome et légitime. Dans le cadre d’un emploi industriel « à la chaîne », le non-professionnel ne pouvait être qu’un rouage de la machine ; dans une Nouvelle Société, il a la sécurité de revenu et son autonomie. Ceci ne lui donne pas seulement la possibilité d’augmenter son revenu à la mesure de ses talents et de ses efforts, mais lui donne aussi le TEMPS nécessaire pour se réaliser hors du domaine de la production et du travail.

Or c’est ce temps de sécurité et de liberté qui est la véritable clef de l’émancipation. Personne n’a plus à n’être qu’un producteur-rouage ; chacun peut être aussi « autre chose » de son choix : c’est ça, le commencement de l’émancipation. Au rythme où va croître encore l’abondance dans une économie tertiaire et où deviendra plus trivial l’effort requis pour la satisfaction des besoins essentiels, l’assimilation de la valeur de l’individu à sa seule fonction productive va s’estomper et tendre à disparaître.

Dans tous les pays économiquement développés – et en proportion directe de leur richesse – il existe déjà aujourd’hui des sous cultures de non-travailleurs vivant volontairement de l’aide sociale et au sein desquelles se sont développés des critères de gratification et de valorisation qui ne doivent rien à ceux d’une majorité de la société.

Cette situation est aujourd’hui malsaine, puisque ces sous-cultures ne contribuent pas à l’effort commun et abusent donc simplement des travailleurs. Un malaise grandit de ce parasitisme qui donne un sens nouveau aux mots « exploitation » et « aliénations », car il n’est pas conforme à la nature humaine que le loisir soit distribué en fonction inverse du prestige et de la richesse. Une correction pourrait venir et être brutale.

Dans une Nouvelle Société où, au contraire, quand chacun doit fournir un apport, mais où la richesse de la société permet que fournir cet apport puisse cesser d’être la principale préoccupation de l’individu, c’est avec respect que seront traités ceux dont le but dans la vie, lorsqu’ils ont fourni cet apport, sera de se réaliser par « autre chose ». On verra en ces travailleurs non conventionnels, diplômés ou non, une source bienvenue de créativité et donc une richesse pour toute la société. C’est ce respect qui complétera leur émancipation …

Pierre JC Allard

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