Nouvelle Societe

01-07-09

272 Les Américains quittent Bagdad !

On en parlait, on en parlait… et puis aujourd’hui c’est fait. Ce 30 juin 2009, les troupes américaines achèvent de se retirer de Bagdad et de toutes les villes irakiennes, conformément au calendrier prévu. Jour de fête en Irak. Tout le monde chante : c’est le Jour de la Souveraineté Nationale. Des célébrations et des chants patriotique. Des feux d’artifice…

Etonnant, les feux d’artifice, car rien ne ressemble plus à des tirs de DCA durant un bombardement que des feux d’artifice… mais bon, c’est leur choix. Peut-être le souvenir nostalgique du temps où c’était LEURS battteries anti-aériennes qui défendaient le ciel d’Irak et tiraient sur les bombardiers américains. En 2003, et aussi en 1991… car ça fait 18 ans qu’on voit des Américains en armes en Irak.

Maintenant ils s’en vont. Les Irakiens jubilent, l’armée irakienne pavoise. On fête le départ des occupants. D’abord, ils vont se retirer des villes, se retrancher dans des camps en rase campagne et en plein désert d’ou ils pourront surveiller, mais ne feront pas de mal. Du moins on l’espère.

Ils en ont fait beaucoup. Des dizaines de milliers d’Irakiens sont morts, peut être des centaines de milliers si on pense aux effets à long terme des bombardements à l’uranium appauvri. Des millions ont été déplacés, se sont exilés… Des milliards de dollars d’infrastructures ont été détruites. Il y aura beaucoup à reconstruire.

Sur terre et dans les esprits, car l’Iraq, seule société laique au Moyen Orient à l’Est de la Turquie a aussi été une victime de la guerre. Le seul régime qui faisait barrière à l’intégrisme islamique n’est plus là. Maintenant, les tchadors sont là où Saddam avait rendu à la femme un statut d’être humain égal à l’homme. Et il y a aussi un milliard de musulmans dans le monde qui ont de bonnes raisons de croire que les Occidentaux sont des ordures.

Maintenant ils vont partir. Il faudra encore trois ans, au moins, pour extirper les dernières mouches du papier tue-mouches dont Steinbeck a écrit l’histoire dans ce roman prémonitoire qu’aura été The Moon is down, mais bientôt les mercenaires de Blackwaters ne tireront plus sur les civils, on ne torturera plus à Abu-Ghraib et les instructeurs américains ne seront plus abattus par les soldats irakiens qu’ils prétendaient former. Les GI vont chanter eux aussi. Ils vont rentrer chez eux.

Sauf les 4 400 qui y sont morts. Tout le monde ne peut pas gagner. Depuis qu’il est décidé qu’ils partiront, on en à parlé de moins en moins aux USA. Tout ca a bien trop des airs de retraite et de défaite… Oh, on ne censure pas, mais on est bien discret. Pourtant, il serait bon d’en parler.

Ce matin je n’ai vu qu’un petit entrefilet « hier, quatre soldats américains ont succombé en Irak à leurs blessures reçues en opération« . Comme un fait divers.. Mais quelqu’un en Iowa, en Akansas ou ailleurs va recevoir la visite de deux Marines qui, kepi à la main, vont lui dire que son fils, son mari ou son père est mort, pendant que les Irakiens fêtaient son départ. Ceux qui l’aimaient pourront penser qu’il est mort pour rien. Penser qu’il aura peut-être été le dernier à mourir pour rien… Le manque de pot de déraper dans le dernier virage… et ça ne les consolera pas.

Dès la première guerre du Golfe, celle qu’on a faite pour protéger le fric d’une famille princière à qui les Anglais avaient jadis donné un morceau d’Irak pour mieux en exploiter le petrole, René Dumont à dit à l’Occident: « cette guerre nous déshonore ». Il avait raison. Cette guerre n’a pas cessé de nous déshonorer, depuis près de 20 ans.

Nous resterons déshonorés jusqu’à ce que Bush et ses comparses aient été jugés, condamnés et punis pour leurs crimes

Pierre JC Allard

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