Nouvelle Societe

10-05-09

Le Web thaumaturge

 

Il y a bien longtemps qu’on n’avait pas vu la maladie reculer devant la Parole.  Le Christ, Saint Francois, il paraît que…  Mais il y a bien longtemps. Les Preachers américains font aussi des miracles, mais ils concentrent leurs efforts sur les maladies de l’âme. Comme les psychiatres.  Quand on touche au physique, c’est fou comme un degré de fièvre peur être résistant à la Grâce.. 

On a donc tendance, côté guérison, a se partager les tâches. Ceux qui parlent bien prennent en charge les hystériques, hypocondres et assimilés – ce qui représente tout de même au moins la moitié des malportants – et ceux qui n’ont pas ce talent auscultent, cisaillent ou, tout en bas de l’échelle, PRESCRIVENT.  Aspirine , quinine, Ex-Lax…   Des cures sans surprises ni émotions, mais ça marche.

 La semaine dernière, tout ça a basculé.  L’humanité a été confrontée à un grave péril auquel il n’est pas sûr que le médecine traditionnelle aurait pu parer.  La grippe porcine, mexicaine, ou donnez-lui le nom que vous voulez, est apparue et a provoqué une mobilisation des ressources médicales et médiatiques combinées dont on avait eu auparavant peu d’exemples.  Mexique, puis USA et enfin OMS sont montés aux créneaux sans rien négliger.

 « Un milliard », a dit Obama,  ça lui est venu spontanément. « Crise de niveau 5 », a renchéri l’OMS !  Plus pratique, le Mexique a  accepté avec gratitude un investissement de 100 millions de dollars de Sanofi-Aventis pour produire des vaccins… d’ici quelques mois.  Encore plus pratiques, les autres pays ont simplement diffusé la nouvelle de la pandémie en gestation, jusqu’à ce que les chalands se précipitent pour acheter jusqu’à épuisement les stocks de Tamiflu de Roche qui menaçaient péremption. Braves gens…

 Malgré ces mesures radicales, le mal se propageait toujours. Les écoles se fermaient, les frontières elles-même étaient menacées. La panique était là et tous les médicaments ne suffisaient pas à en enrayer la propagation de bouche à oreille…  C’est là qu’on a redécouvert le pouvoir de la parole. Le pouvoir de l’écrit.  Le pouvoir du WEB.

L’Internet est intervenu. Quelques articles, collant aux faits et les interprétant selon la raison, ont permis en quelques jours de circonscrire l’épidémie. Un pouvoir qu’on doit croire surnaturel s’est manifesté pour que seul le Mexique, où le mal avait quelques jours d’avance, soit sérieusement touché avant que la Parole ne produise son action salvatrice.  Le « Web ange-gardien » a gardé les frontières et le mal a reculé. Ceux qui devaient mourir ne sont pas morts et ceux que la maladie devait atteindre n’ont pas été atteints.

Il y a eu quelques victimes, naturellement, mais bien moins que lors des autres pandémies, quand tant de gens ont péri de la grippe ou des vaccins qu’on leur a imposés.  Il est vrai que la Providence a pu compter, sur le Web, avec la collaboration de centaines de milliers d’internautes qui ont diffusé la Parole.  Au plus fort de la panique, il y avait plus de DEUX MILLIONS  (2 000 000 ) de liens sur Google,  pour « grippe », « grippe porcine » et autres sobriquets de la « pandémie »…

Avec Internet, nous avons une nouvelle arme contre certaines maladies: la Parole. Il faudra s’en souvenir.  Et la prochaine fois, si la Parole se met à l’œuvre rapidement, on évitera peut-être aussi les achats inutiles.  Ce serait bien chouette, car on a besoin de tous nos sous pour défendre VRAIMENT la santé.

 

Pierre JC Allard

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06-12-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -32

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

6 décembre (32/33)

DU PAREIL AU MÊME, MAIS…

Pourvu qu’il fasse beau et qu’il fasse doux ! Ce serait bien que les gens qui ont décidé que cette élection ne valait pas une minute d’attention, soit encouragés lundi par un soleil complice a aller s’exprimer. Un vote. Juste un petit vote…

Je suis de ceux qui ont dit. au début de cette campagne, qu’elle battrait sans doute tous les records d’abstention. Quand Jean et Pauline nous ont pondu des promesses-programmes en copiés-collés, ils ne nous ont donné aucune raison non plus de bondir d’enthousiasme. On pouvait parler de la fin de la politique, comme on a parlé de la fin de l’histoire : il n’y a qu’une bonne solution et on la connaît. Les fonctionnaires la connaissent.

Comment, vibrer au simple choix de celui qui l’appliquera, quand les deux prétendants nous ont donné de bonnes raisons de souhaiter que ce ne soit pas eux ? Puisque ce sera du pareil au même, votons QS pour affirmer une prise de position pour la solidarité ou, s’il n’y a pas en soi un Jaurès qui someille, votons Vert et posons un geste pour l’avenir…

Mais le complot d’Ottawa a changé la donne. Si Harper tient tant a un gouvernement majoritaire qu’il force des élections – avec cette grossière provocation de l’élimination des subsides aux partis politiques – et est prêt à se garantir cette majorité en avivant l’opposition entre le Québec et le ROC, au risque que ce pays craque comme un noix, il ne peut y avoir qu’une raison : ON PRÉPARE DES MESURES QUE SEULS ACCEPTERONT DE VOTER DES DÉPUTÉS PARFAITEMENT TENUS EN LAISSE.

On se prépare à nous enlever des droits acquis et a brimer des libertés que nous croyons indiscutables. La violence trop tranparente de la réaction de Gesca à la Coalition – qui risque de priver Harper de ce pouvoir olympien – ne laisse planer aucun doute.

Dans ce contexte, il est VITAL qu’il y ait à Québec un gouvernement qui puisse servir de point de ralliement contre ce coup de force qu’on nous prépare. Il ne s’agit plus de choisir entre Charest et Marois, mais entre un parti Libéral qui ne représente qu’un choix électoral et le PQ, qu’on peit aimer ou non, mais qui est une véritable structure d’encadrement populaire, avec des liens déjà établis avec les syndicats et les autres forces vives de la nation.

Une attaque concertée se prépare pour changer les règles du jeu social et ce n’est qu’autour du PQ que peut s’organiser une résistance. Cette résistance sera plus efficace si le PQ est au pouvoir au Québec ; autrement, on devra lutter a la fois contre les deux paliers de gouvernement et cette résistance n’aura pas la légalité que confère la présence à la tête d’un État. Une situation bien dangereuse, car on n’a pas encore bien saisi ce que sera cette crise.

Pierre JC Allard

05-12-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -31

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

5 décembre (31/33)

Attention, danger !

Pas un seul sondage depuis le débat des chefs. Or il n’est pas besoin d’être grand clerc pour deviner que les Libéraux d y ont perdu des plumes. Tiens donc ! On ne veut plus rien voir ? On a arrêté la vidéo de l’opinion publique en marche sur l’image de Charest triomphant. Le PQ vient donc de faire son propre sondage maison – lesquels sont généralement plus fiables que ceux des médias ! – et découvre que Marois est encore à la traîne de Charest par 5,5%, mais en avance sur le vote francophone, ce qui signifie que le gouvernement Charest majoritaire n’est plus une certitude.

Par la même occasion on apprend que Dumont est remonté de 12 à 17%, ce que sa performance au débat justifie amplement. En condamnant ce matin la stratégie de Harper – qui pour garantir sa réélection fait du Québec un bouc émissaire et fait ainsi plus pour la souveraineté du Québec que les deux derniers leaders du PQ réunis! – Mario pourrait prendre encore un ou deux points, lui permettant de garder quelques sièges et son statut de troisième parti.

Et tout ça avant même qu’on n’ait pu noter l’impact sur les sondages du psychodrame d’Ottawa. Parions que les Québécois, qui ont eu durant des années la présence d’esprit de garder l’Union Nationale à Québec face aux Libéraux d’Ottawa, puis celle de voter pour un gouvernement souverainiste ici, tout en s’assurant qu’un gouvernement fédéraliste là empêcherait qu’elle ne se produise, auront cette fois la bonne réaction de basculer vers le PQ socio-démocrate pour se prémunir des horreurs qu’un gouvernement Harper majoritaire pourrait tenter d’imposer.

Si cette saine réaction se produit, on pourrait espérer une fragile victoire du PQ. Un gouvernement minoritaire du PQ est notre meilleur choix. Un gouvernement majoritaire libéral serait le pire, non seulement à cause de la bonne volonté à faire porter le poids de la crise au monde ordinaire qu’on peut imaginer entre les deux partis qu’ont si vaillamment soutenus les hommes de Gesca, mais à cause aussi de la réaction du mode ordinaire à cette gestion de la crise au profit des riches.

Je suis assez vieux pour avoir vu le monde changer. L’oppression n’est plus une option facile. Les inégalités se maintiennent aujourd’hui chez-nous parce qu’on achète la complaisance des plus pauvres en leur donnant une pitance. Si une crise dérapait au point qu’on veuille les en priver, ne serait-ce qu’en réduisant un peu leur quote-part, on serait surpris en haut lieu de voir quelle agressivité a pu se développer au sein de la population.

Dieu nous préserve d’un duo Charest-Harper tous deux majoritaires.

Pierre JC Allard

04-12-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -30

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

4 décembre (30/33)

« Les Français sont des veaux » (C.de Gaulle)

Je ne me permettrais pas de le rappeller, si je ne m’en sentais pas partie prenante. Les médias de Gesca, La Presse en tête, ont lancé un campagne sans réserve contre les Coalitionnistes qui veulent en finir avec Harper. Non seulement tous les chroniqueurs ont été invités à monter à l’assaut, mais les blogues de Cyberpresse sont pleins de commentaires qui viennent en rajouter. Je mets sérieusement en doute l’authenticité de ces commentaires.

Ceux qui ont rassemblé cette milice – ou plus probablement la petite équipe de rédacteurs qui produisent ces messages de supposés blogueurs – ont négligé deux choses : a) celui qui commente ne le fait que bien rarement une seule fois ; les pseudos dans la blogosphère ont un petit air de déjà vu. Quand un survenant apparaît dont le pseudo n’évoque rien, une petite lumière clignote dans l’inconscient. Quand tous ces nouveaux inspirés défendent UNE OPINION QUI EST À L’ENCONTRE DE CELLE DE PRÈS DE 80% DES QUÉBÉCOIS, on se dit que quelque chose se passe… b) l’écriture du blogueur-type est truffée de coquilles et pas seulement par ignorance, surtout parce qu’on est pressé et que l’intendance de l’orthographe suivra… Or, ces nouveaux blogueurs ont un langtage bien plus châtié que la moyenne…

Il se passe quelque chose. Mon opinion est qu’un certain establishment – dont Gesca est l’outil et une partie significative du cerveau – appréhende l’arrivée au pouvoir d’une gauche qui, en cette période de crise, disposerait d’un auditoire réceptif pour introduire dans la société cette équité dont c’est le premier but de l’establishment de se prémunir. On a donc lancé cette opération de manipulation de l’opinion publique en deux volets :

Dans le reste du Canada, on parle du complot des « Three Quebeckers ». Ces êtres différents des Albertains, viscéralement enclins au crime dont on a tant accusé Obama, de vouloir redistribuer un peu la richesse. Au Québec, cette accusation ne conduit personne à l’échafaud ; on tient donc un autre langage. Un galimatias, de constitutionnalisme, d’ironie facile et de mensonges, pour tenter de convaincre les Québécois qu’il ne faut pas empêcher Harper de gouverner a droite ce pays dont les DEUX TIERS DES ÉLECTEURS SOUHAITENT QU’iL LE SOIT AVEC INTELLIGENCE DE LA SITUATION. Ils pensent vraiment que les Québécois sont des veaux.

Pourquoi en parler dans ce billet consacré à nos élections provinciales ? Parce que c’est un même combat. Pendant que Harper continue sa provocation pour obtenir un autre scrutin dont il tirera enfin sa majorité – en faisant une campagne anti-Québec – il devient impérieux que nous, les provinciaux, nous donnions un gouvernement pour maintenir ici nos acquis sociaux.

C’est le moment de tout faire et de conclure toutes les alliances possibles pour que Charest ne soit pas élu. « Libéral », c’est le nom qu’on donne à un Conservateur au Québec. Harper à Ottawa et Charest à Québec, nous seront des veaux et ce sera l’abattoir

Pierre JC Allard

03-12-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -29

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

3 décembre (29/33)

Les priorités

Le brouhaha à Ottawa remet en perspective les conséquences du choix électoral qui sera fait au Québec. On voit d’entrée de jeu que les pouvoirs n’y sont pas pour agir sur la composante monétaire qui est au cœur de la crise. Le Québec sur ce plan n’est pas un gouvernement, seulement un gros ponte, comme une multinationale qui gère des milliards, mais doit s’en remettre à son pouvoir de persuasion pour obtenir le cadre législatif et règlementaire qu’elle juge souhaitable.

Une sérieuse limitation de sa gouvernance qui semble apporter de l’eau au moulin indépendantiste… jusqu’à ce qu’on regarde les choses d’un peu plus près, pour constater que le système monétaire international, par un réseau dense d’accords et de non-dits, est devenu indépendant du pouvoir politique, sauf peut-être celui des USA auquel il n’obéit pas tant qu’il en phagocyte les éléments. Les mesures que peut prendre le gouvernement canadien sont elles-mêmes bien limitées.

En fait, ce n’est pas sur la crise que peut agir le gouvernement du Québec, mais sur les effets de la crise sur les Québécois. De sorte que ce que tous les partis au Québec proposent – saupoudrer des subsides pour créer des emploi – a le démérite de l’approche Paulson aux USA, qui donne de l’argent aux institutions financières en espérant qu’elles le prêteront et que les roues se remettront à tourner. Elles le feront… quand les intermédiaires se seront servis.

La première chose que doit faire le gouvernement de Québec, c’est de s’assurer que TOUS LES PAIEMENTS DE TRANSFERT (pensions, allocations familiales, prestations pour chômage, bien-être, etc ) sont finement indéxés mensuellement pour protéger les citoyens qui touchent ces paiements et qui seraient autrement les premières victimes de la crise. Cette indexation n’est possible que si le principe de solidarité est reconnu qui augmentera automatiquement les taxes directes pour que soient perçus les montants nécessaires pour en compenser les coûts.

La deuxieme est de garantir les obligations de toutes les institutions financières qui relèvent du gouvernement de Québec. Cette garantie, toutefois, ne sera jamais un don, mais un prêt à l’institution, et l’institution qui devra y recourir sera en tutelle de l’État jusqu’à ce que le prêt ait été entièrement remboursé.

La troisième est l’exécution accélérée des travaux d’infrastructure, sous l’égide d’une corporation autonome qui empruntera de l’État – remboursable en 30 ans – mais pourra aussi conclure ses propres ententes avec le secteur privé, afin qu’une part des frais en soit éventuellement assumée par les utilisateurs. Libre à l’État, quand viendront des jours meilleurs, de « re-nationaliser » ces services et de les rendre gratuits pour tous.

Pierre JC Allard

02-12-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -28

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

2 décembre (28/33)

Les Anticomplotistes

Tout n’a pas commencé avec la chute des tours du World Trade Center le « 911 », mais c’est à partir de là que c’est devenu très grave. Il y a toujours eu des gens pour penser que l’explosion du « Maine », le bombardement de Pearl Harbour, le soin qu’on a mis a ce que Hess ne raconte jamais son histoire et mille autre faits pouvaient cacher autre chose. Pour chacun qui l’a pensé, il y a eu quelqu’un pour dire « paranoia ! ».

A chaque complot vrai ou présumé, il y a ceux qui y croient… et ceux qui n’y croient pas. Il y a toujours eu des gens naïfs qui croient à toutes les rumeurs de complots… et d’autre encore plus naïfs qui pensent qu’il n’y a jamais de complots : les « anticomplotistes ». A partir d’un certain seuil, l’anticomplotisme est une forme de stupidité.

Une stupidité, car dès que deux personnes qui visent un but arriment leurs actions et font en sorte que les autres ne le sachent pas, il y a un complot. Toutes les transaction d’affaires sont des complots. Toutes les stratégies sont des complots. La plupart des rendez-vous galants sont des complots et ce qu’on en dit dans les « powder rooms » en est bien souvent d’autres…

Penser que les partis politiques relatent des faits véridiques et les commentent en toute franchise, sans autre but que le bien du peuple, est d’une naïveté qui confine à la stupidité. Croire que quoi que ce soit qu’on nous dit est bien « toute la vérité et rien que la vérité » est une faiblesse de jocrisse. Je suis donc un peu las de voir des gens qu’on souhaiterait plus doués ou moins hypocrites, déchirer leurs vêtements d’indignation quand on leur dit que la crise financière actuelle est un complot.

Elle n’est pas un complot parce qu’elle n’est pas pas bien réelle, mais parce qu’elle n’a pas eu les causes qu’on nous dit et mènera encore moins aux conséquences qu’on nous annonce. Elle est un complot parce que tout ce qui bouge dans l’univers politico-financier ne cherche pas à la regler, mais à en tirer parti pour ses propres intérêts.

Cela vaut aussi pour ceux chez-nous qui proposent des solutions à la crise, en en disant le moins possible sur les moyens qu’ils prendront pour la résoudre, ce qui leur donne la plus grande liberté de manœuvre pour danser ça en tango quand vous vous serez jeté dans leur bras. Un pas en arrière aussi souvent qu’un pas en avant… et vous coller de très près.

Ne croyez pas trop que vos partenaires vous aiment. Le tango a été d »abord une danse de voyous. Regardez votre danseur mondain dans les yeux : vous verrez « complot » au fond de sa prunelle.

Pierre JC Allard

01-12-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -27

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

1 décembre (27/33)

DEMOS VOUS DIT M…

Pendant qu’on essaie de régler nos problèmes entre nous au Québec, les cousins Stephen et Stéphane de la grande famille élargie recommencent à se bagarrer et risquent de nous distraire. On croyait que les gens d’Ottawa nous laisseraient respirer une peu… Bon, de toute façon on en reparlera. Ce qui me chicote un peu, ce matin, c’est qu’ils nous dérangent.

Parce que le Stephen qu’on vient d’élire pose des gestes qui font douter de son sérieux, on a Jean Charest ici qui vient nous dire que c’est très dangereux les gouvernements minoritaires… Parfois , vous savez, ça ne dure pas. Pour un oui, pour un non, il faudrait vous déranger encore. Donnez-moi une majorité et c’est juré, vous n’en entendrez plus parler.

Ciel ! La vésanie est contagieuse ! Surtout, la folie vient sous diverses formes. Alors que celle de Harper est de la forme hubris (arrogance), celle de Charest n’est pas tant de se penser au-dessus de tous, que de nous croire en-dessous de tout.

Le Québécois moyen, qui n’est pas plus moyen que le Canadien moyen, comprend que le coup de force qu’a tenté Harper est létal pour la démocratie et que ce retour en arrière pour un financement des partis politiques par et pour les copains doit être tué dans l’œuf. Et cela, sans même penser aux mesures ahurissantes en période de crise que les Conservateurs proposent ! HEUREUSEMENT, ils sont minoritaires et Demos – le peuple démocratique – va pouvoir s’opposer, par la vois de ses représentants,

Dans une minute d’aberration, Charest nous dit qu’il suffit de lui donner une majorité pour qu’il puisse faire toutes les bêtises qu’il voudra sans que nous puissions rien faire. Demos aura les mains liées, – (expression populaire ces jours-ci, qui prend ici tout son sens) – et un gouvernement libéral pourra gérer la crise à sa guise, sans nous « déranger ». Il pourra mettre le feu à l’écurie sans réveiller les chevaux… et même à la maison.

Il pourra faire face à la tempête « à la Paulson, en donnant des parapluies aux amis et en disant aux autres qu’il y aura un jour des serviettes… quand on aura les moyens. Avec un gouvernement majoritaire, on peut penser à une gestion dont celle de la Caisse de dépôt et placement pourrait être prémonitoire. Des pertes – on s’y attendait – mais surtout une volonté ferme de NE PAS faire la lumière.

Typique de l’approche libérale, de penser que la transparence est vraiment un inconvénient. Tout ce qui pourrait éveiller Démos est une menace pour les copains. Vite une majorité, et vous serez tranquilles, qu’il nous dit… Mais le peuple ne veut pas être tranquille, car l’incendie couve. Demos, c’est vous et c’est moi, qui voulons être aux aguets et garder par devers nous les clefs de l’écurie… NON à une majorité pour Jean Charest.

Pierre JC Allard

30-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -26

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

30 novembre (26/33)

L’ANEMOMETRE

Je reçois des courriels. Ce n’est pas le courrier du cœur de Paris Hilton, mais j’en reçois quelques-un, parce que j’écris un site sur le Web depuis 11 ans et que, pendant longtemps, le concept d’un blogue où tout le monde vient apporter son grain de sel n’existait simplement pas. Ceux à qui ma prose plaisait – ou qu’elle rendait furieux – venaient me le dire. Un tout petit pourcentage des lecteurs le faisaient, mais c’était du sérieux, du senti, jamais anonyme et on s’engueulait en proposant des solutions. Alors certains en ont pris l’habitude…

Ainsi, depuis que je jase un peu tous les jours sur ces élections au Québec, j’ai reçu quelques courriels – une vingtaine – dont six (6) me disent à peu près la même chose. Le message ? « Pourquoi changer vous d’idée tous les jours ? Vous aimez ou vous n’aimez pas , X, Y ou Z ? »

J’ai compris que le « lecteur de sites » est une espèce différente du « lecteur de blogues ». Alors que le commentateur d’un article sur un blogue vient au micro et parle a la salle, celui qui écrit à l’auteur ne s’adresse qu’a ce dernier. Sur un blogue, un thème est lancé et on contribue tous à le développer. Celui qui va lire un site, au contraire, vient, en quelque sorte, consulter… Les attentes sont différentes.

Mes « vieux clients » me reprochent d’être de gauche tout en regrettant que QS soit dans la course, de dire que, comme individu, Mario dont je me partage pas la philosophie de base m’impressionne plus que Jean ou Pauline et que, pour l’éducation, entre autres, il a la meilleure solution, encourageant donc ses supporters à lui rester fidèles.

Ils s’étonnent que j’invite a voter Vert, alors que ce parti n’est pas vraiment une option de gouvernance et ils me reprochent, surtout, de me montrer bien insatisfait de Madame Marois – « colportant des ragots d’il y a dix ans « … tout en souhaitant qu’elle forme un gouvernement (minoritaire). On m’a parlé de girouette…

J’avoue que je change parfois d’opinion. Je le fais surtout quand il ne me paraît pas évident de louvoyer par babord ou tribord, tant la brise est elle-même inconstante, ne souffle pas très fort et ne va pas où je voudrais aller. Je me demande si je ne devrais pas rentrer à la marina en attendant qu’un vrai vent se lève…

Ne me voyez donc pas comme une girouette, mais comme un anémomètre. Je mesure la force du vent et j’attends avec confiance qu’une idée neuve apparaisse, avec quelqu’un capable de prendre la barre et d’affronter les vagues. Quand on aura un capitaine, on hissera la voile et on prendra le large. Pour l’instant, on teste les manoeuvres simples. On en est au dériveur.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.org/5153.html

29-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -25

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

29 novembre (25/33)

LE CHARISMATIQUE

Je viens d’assister à l’émission Un Chef chez vous animée par Patrice Roy et diffusée en direct sur RDI. En vedette : Mario Dumont, parlant d’économie, de famille et de santé. Qu’en ai-je retiré ? D’abord une meilleure compréhension du phénomène Dumont.

Ce qui passe à la télévision chez Dumont comme une aisance et un sens de la repartie, apparait lorsqu’il est présent comme un undéniable magnétisme. On comprend parfaitement que celui qui VOIT Dumont ait la première réaction instinctive de le préférer à Madame Marois et à Monsieur Charest.

Le charisme est de son côté. Ça explique la surprise du dernier scrutin : toutes choses étant égales, il faut une bonne raison pour NE PAS choisir Dumont. Evidemment, toutes choses ne sont pas égales. Dumont ne fait pas mystère de sa préférence pour le secteur privé.

Preque indécent, car après une génération de social-démocratie affirmée, ce que dit Dumont semble à contre courant. Ses positions sur les Centres de la Petite enfance, sur l’immigration, sur la remise au travail des assisté sociaux, sur le rôle du privé en santé semblent bien loin de la pensée dominante… Mais est-ce bien vrai ?

Je préfère de loin pour ma part l’approche CPE à un subside familial, mais est-ce bien l’opinion de la population ? Sur la remise au travail des assistés-sociaux aptes au travail, – telle qu’il l’explique –on ne peut que lui donner raison. Même chose pour l’immigration, dont il prend bien soin d’extirper toute connotation négative aux étrangers de la politique qu’il préconise.

Quant à l’éducation, quand il suggère de laisser la pédagogie aux enseignants et le contrôle normatif (docimologie) à l’État. je ne puis que souscrire à sa vision. Je reste sur ma faim, car il ne propose pas une réforme globale comme celle du site Nouvelle Société, mais tout ce qu’il souhaite faire dans le domaine de l’éducation m’apparaît comme une suite de pas timides, mais nécessaire, dans la bonne direction.

Sur la santé, son programme est bien loin encore de cette rémunération par capitation et d’une réforme des curricula en médecine qui permettraient d’avoir les ressources dont nous avons besoin, mais la part qu’il veut faire à la medecine privée, au-dela du systeme public, ne me semble pas odieuse

Je reste avec de nombreux désaccords concernant les propositions de l’ADQ, mais je n’ai pas l’impression d’une opposition irrémédiable aux objectifs progressistes ; plutôt d’une démarche encore inachevée, mais qui demeure perfectible et qui, surtout, accepte des remises en question.

Disons que si Dumont prenait le pouvoir, je verrais un dialogue à engager plutôt qu’une guerre à entreprendre. C’est un hypothèse bien peu plausible, mais s’il pouvait seulement obtenir la balance du pouvoir je pense que ce serait le meilleur scénario de gouvernance au Québec pour l’avenir immédiat.

PIerre JC Allard

28-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -24

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

28 novembre (24/33)

NOTRE OBAMA

Le résultat le plus sûr de ces élections, c’est qu’une large majorité des citoyens n’en seront pas satisfaits. Il y aura d’un côté ceux dont le candidat aura perdu, plus tous ceux qui se seront abstenus – ce qui fera déjà 70 à 75 % de la population – mais il ne faut pas croire que l’autre 25 % sera enthousiaste. Une bonne part de ceux-ci auront l’impression d’avoir échappé au pire en luttant pour le moindre mal.

Les Québécois ne sont pas satisfaits de leurs leaders politiques. On ne sent ni « trudeaumanie », ni cette dévotion qu’inspirait René Levesque, ni même ce respect révérentiel qu’on avait pour Bourassa, notre « universelle aragne » à nous. Juste un haussement d’épaules … Plutôt elle que lui, plutôt celui-ci que celui-là… Rien pour marcher en chantant vers des dépassements.

Or, c’est de ça que nous aurions besoin. Un nouveau projet emballant. Un leader qu’on veut suivre. Des objectifs qui méritent des sacrifices. Notre plus gros problème n’est pas cette crise financière qu’on nous promet, c’est de ne plus avoir de projet de société. Nous ne croyons plus vraiment à un véritable progrès social et il y a déjà une génération que collectivement l’on ne s’enrichit même plus !

Les gros ennuis que la crise va nous apporter seront peut-être un bien pour un mal, s’ils nous arrachent à tous les petits problèmes mesquins qu’on vit sans même sortir de notre torpeur, mais il faudrait qu’on puisse suivre quelqu’un avec confiance. QUI ?

J’ai le goût de vous le demander. De tous ceux que l’on connaît et qui ne sont PAS des homme politique, n’y en a-t-il pas un en qui vous auriez confiance pour définir un but, un projet et un plan que nous suivrions avec enthousiasme ? Cherchez bien dans toutes les sphères d’activités, car ce n’est pas d’un spécialiste que nous avons besoin. Nous avons besoin de quelqu’un qui fasse consensus et qui nous inspire…

Si chacun identifiait son leader idéal et le disait a tout le monde, des noms surgiraient sur lesquels se bâtiraient des consensus de plus en plus larges… Et au lieu d’attendre qu’un nouvel ambitieux se pointe et veuille nous convaincre qu’il est le messie, on découvrirait chez-nous la perle rare, qu’on pourrait aller chercher a sa charrue comme Cincinnatus et qui sortirait peut-être notre société du marasme…

Vous avez des idées ?

Pierre JC Allard

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