Nouvelle Societe

22-07-09

293 Goldman Sachs au bûcher !

Goldman Sachs declare des profits  exceptionnels et des bonis mirobolants.  Des profits ostentatoires. Des bonis scandaleux, en cette période de crise et de supposée austérité. On veut vraiment nous faire fâcher… Pour bien marquer le point, un article dévastateur de Matt Taibbi, dans le numéro de juillet du magazine Rolling Stone, vient expliquer clairement pourquoi Goldman Sachs est, depuis des lustres, l’ennemi du peuple, de l’Amérique et du genre humain.

Goldman Sachs au bûcher ?  Probablement… mais il a encore des inconnues. Car, quoi qu’ait fait Goldman Sachs, il faut voir en arrière plan la totale connivence de l’État et du capital. Il y a quelques annéess, j’écrivais:

 » Les variables qui déterminent le succès d’une spéculation sont toutes aujourd’hui directement ou indirectement sous le contrôle de l’État.  Même si c’est une catastrophe naturelle qui déclanche une occasion d’affaire, c’est la réaction de l’État pour faire face à la catastrophe qui sera au coeur de la spéculation qui en résultera.

Toutes les roulettes sont mises en mouvement par l’État et seuls peuvent y gagner les amis de ceux qui les font tourner. Seuls ceux qui agissent de connivence avec l’État peuvent désormais spéculer et gagner.  Les gros pontes jouent toujours avec la banque. Ceux qui jouent en s’en remettant au hasard ou même à leur honnête sagacité pour spéculer seront vite ruinés. « 

Cette connivence, depuis le Plan Paulson ( ex-pdg de Goldman Sachs ! )  de l’automne 2008, est plus évidente que jamais. Pourquoi et comment cette information impitoyable sur Goldman Sachs devient elle AUJOURD’HUI  disponible ?  Pourquoi annoncer aussi clairement que tout ça est du chiqué, que l’austérité de façade recouvre en fait une prodigalité des fonds publics comme il n’y en a jamais eu et que l’argent ne vaut plus rien ?

Tout se passe comme si, un transformation radicale du système étant inévitable, on voulait préparer le peuple  à cette nouvelle  à côté de laquelle le New Deal n’était rien. Prise de conscience à faire.  Préparons le peuple… Il ne fait aucun doute qu’on est à dresser le bucher pour quelqu’un.    En octobre, après que le G 20 de Pittsburgh aura donné une nouvelle image du systeme financier et que le plan de santé de Obama  aura connu son sort., on jettera la torche sur les fagots.  Mais n’y aura-t-il que  Goldman Sachs sur le bucher  ? Et quel pouvoir a organisé l’autodafe…?

il y a trois scénarios qui expliquent la divulgation:

1.  Le capitalisme est bien en selle. On s’est mis d »accord sur un bouc émissaire.  Les profits faramineux et les boni ostentatoires, indécents et provocateurs en cette période de crise, ont pour but de ramener la vindicte populaire sur quelques têtes chez Goldman Sachs.   Ces têtes seront tranchées, une montagne de titres d’une valeur monétaire colossale seront saisis et GS mise en faillite.   Mais ce ne sera que du papier. Toute valeur réelle aura été transférée ailleurs, les vrais maitres resteront inconnus et, après cette saignée, le systeme reprendra ses activités comme avant, sous un autre nom

2. Le pouvoir fait peau neuve. Ceux qui ont vraiment le pouvoir ont décidé qu’il n’est plus nécessaire d’avoir cette couverture de l’argent pour l’exercer, une structure qui va de paire avec la démocratie et repose sur une incessante, universelle et fastidieuse corruption.   La crise actuelle est là pour abattre la capitalisme qui sera remplacé par la dictature discrète d’une élite, au sein de laquelle les dirigeants réels seront cooptés.   L’argent ne confere plus le pouvoir, c’est le pouvoir qui crée et distribue l’argent à sa discrétion. Un systeme pas si different de celui de l’ex-URSS.  On ne parlera pas de soviets, mais tout pourra se faire sous couvert de démocratie. La manipulation est devenue une scienhce exacte; les medias peuvent  être controlés et, par eux, on peut obtenir l’accord du people à n’importe quoi.

3. L’explosion  des techniques de communication, dont surtout  l’Internet, a pris le pouvoir par surprise et il devient impossible de gouverner dans la discrétion, rendant tous les complots précaires et créant la menace de pouvoirs circonstanciels se formant et se défaisant  selon des événements imprévisibles.  Tout devient possible, y compris un pouvoir populaire et des épisodes de vraie démocratie, mais toute devient du même coup imprévisible.   C’est l’insurrection qui vient, avec une alternance anarchie-dictature qui ne serait pas sans rappeler le moyen-âge.

Qui sait lequel de ces scenarios est en marche ?  Peut être quelqu’un a-t-il les choses bien en main… mais il est possible, aussi, que nous allions totalement  à l’aventure.  Je ne sais pas laquelle des trois (3) hypotheses me fait le plus peur.

Pierre JC Allard

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18-07-09

289 Le Japon: l’agenda inconnu

Quand on regarde l’évolution de la crise financière mondiale et ses conséquences économiques et politiques prévisibles, tout pointe vers un choix entre: a) encore un peu de « capitalisme » hyperspéculatif qui amusera les badauds – mais qui aura de moins en moins de liens avec la réalité de la production, laquelle sera confiée aux travailleurs sous la surveillance attentive des divers États – ou b) des changements plus radicaux qui seront mis en place immédiatement, par lesquels on renoncera à la fiction des États nationaux comme des « pouvoirs financiers » et l’on implantera un « nouvel ordre mondial » : une gouvernance globale plus ou moins ostensible, qui reposera sur la possession tranquille du pouvoir… par ceux qui l’ont déjà.

Ce choix devra être consensuel, entre ceux qui ont voix au chapitre et qui placent aujourd’hui leurs pions, car il est exclus qu’on recoure à la violence entre gens bien élevés. On pourrait bien détruire quelques États voyous, mais il ne s’agirait que d’une diversion. Le monde – enfin, ce qui est présumé en avoir une certaine d’importance – est maintenant UNE société. On discute.

Quatre gros joueurs – USA, Chine, Europe, Russie – ont déjà exprimé leurs exigences pour le changement à venir; les autres qui comptent un peu, comme l’Inde et le Brésil, ont eu leur tour à Yekaterinbourg, comme participants du BRIC. Les autres, les figurants qui ont au moins une réplique à donner, seront au G 20 de Pittsburgh où il faudrait se mettre d’accord. Est-ce qu’il manque un dossier ? Un seul. Le Japon.

Le Japon n’a pas raté le coche ; il a simplement une question préalable à régler. La question de savoir qui gouverne au Japon. Le Parti Liberal Democrate (PLD), au pouvoir pratiquement depuis 50 ans, est en bien mauvaise posture, avec un Premier Ministre Taro Aso qui ne fait pas 20% d’appuis dans les sondages. On ne peut interpréter sa décision de tenir un scrutin le 30 août que comme un digne hara-kiri, pour passer le gouvernail à son rival du Parti Démocrate du Japon (DPJ) avant que le navire ne sombre : la production du Japon est en recul de 29,5% depuis une an…

Le Japon est sans doute la première victime de la crise actuelle. Pourtant on en parle peu. Le Japon ne se plaint pas… Il ne faut pas penser, toutefois, que, parce qu’il est stoïque, le Japon soit résigné. Il regarde ses cartes et prépare ses mises. Il est encore la deuxième économie du monde; après les USA, mais avant la Chine, l’Allemage et tous les autres. On peut chercher à deviner ce que veut le Japon, mais il serait bien téméraire d’en être sûr ; c’est le gouvernement japonais élu le 30 août qui en décidera.

Or, s’il s’agit d’un nouveau gouvernement DPJ, il pourra rompre sans opprobre ni complexe avec les politiques pro-américaines du PLD. Une développement si opportun, qu’on peut, sans être parano, se demander si les « adversaires » politiques à Tokyo n’ont pas mis l’intérêt national au dessus de leurs rivalités, pour orchestrer ce changement de régime. Le Japon, sans paraître laisser tomber son partenaire USA dans le malheur, pourra jouer sans complaisance l’atout de ce trillion de dollars que ceux-ci lui doivent…

Comme la Chine, le Japon peut hésiter à scier la branche dollar sur laquelle son économie est assise; mais il y d’autres considérations. Le Japon n’a pas les problèmes de la Chine. Il a un système de production mature et une consommation domestique énorme; il n’est donc pas la bicyclette qui choit si on freine. Il a une homogénéité que la Chine n’a pas et une composante nationaliste en veilleuse qui ne demande qu’à s’animer. Bien des Japonais ne sont pas si heureux d’un pacifisme ostentatoire – qui lui a tout de même été imposé pas ses vainqueurs – et qui le force à trembler devant quelques bombettes nord-coréennes.

À noter que personne ne mourrait de surprise, si on apprenait que le Japon, soi disant « désarmé », a en fait quelques centaines d’ogives nucléaires discrètement blotties dans une caverne. Même s’il n’en avait pas, d’ailleurs, personne, ne doute qu’il ait la compétence d’en produire en moins de temps qu’il n’en faut pour cultiver un bonsaï. Le rôle effacé du Japon sur l’échiquier politique a été un choix. Cette crise pourrait être l’occasion d’un autre choix. Le monde en serait significativement changé.

Il ne serait pas étonnant que le Japon arrive au G 20 de Pittsburgh avec une agenda bien précis. Cet agenda reste aujourd’hui la grande inconnue de l’équation que le monde en crise a à résoudre.

Pierre JC Allard

16-07-09

287 Cheney dans la mire

J’ai écrit, il ya quelques semaines, que les criminels de guerre de l’administration Bush ne perdaient dans doute rien pour attendre. À la première bonne occasion, l’Amérique d’Obama s’offrirait leur liberté sinon leur têtes, pour se donner bonne conscience et, aussi, pour redorer son blason après ces années d’infamie qui l’avaient conduite au nadir absolu de sa popularité. Il semble bien que le moment soit venu.

Pour lancer l’opération qui restituerait sa vertu à Amérique, on a ciblé celui qui a été généralement perçu comme la véritable âme damnée de l’administration précédente: Dick Cheney. Cheney, largement soupçonné d’avoir été le copilote que l’Establishment avait imposé à Georges Bush père, avant de permettre que son fils moins doué ne mette la main sur le volant. Cheney, qui a réussi à attirer sur lui tout le mepris et toute la haine de ceux qui maudissaient cette administration. S’il faut un sacrifice humain pour régénérer l’Amérique, Dick Cheney est la personne idoine. C’est donc lui que l’on a ciblé

Il y a quelque jours, le rapport d’un quelconque inspecteur général est venu révéler le rôle-clef du Vice-Président Cheney pour liniter à un tout petit nombre de fonctionnaire les détails du programme d’écoute téléphonique sans mandat de la NSA; une discrétion exagérée, a conclu le rapport, qui a nui à l’efficacité des efforts pour surveiller les activités terroristes. De quoi faire froncer les sourcils, mais c’est hier qu’est venu le véritable assaut.

C’est Leon E. Panetta lui-même cette fois, Directeur de la CIA, qui a lancé la bombe. Pendant huit (8) ans, dit-il, sur les ordres personnels de Dich Cheney, l’Agence a du cacher au Congrès et au Sénat l’existence d’un « programme spécial » de lutte antiterroriste. Prétendant qu’il vient d’en apprendre l’existence, Panetta met fin au programme et en avise les Comités de surveillance des activités de contre-espionnage (intelligence committees) du Sénat et du Congrès. C’est une très grave accusation.

Est-ce objectivement la plus grave des félonies qu’on pourrait reprocher à Cheney ? Avant de devenir Vice-Président des USA, il a été le numéro #1 de Halliburton, la société qui a sans doute profité le plus effrontément de la guerre en Irak; n’aurait-on pas pu chercher contre lui des preuves de corruption ? Il s’est aussi prononcé ouvertement pour la torture a Guantanamo et l’y a maintenue, malgré des décisions judiciaires ordonnant qu’on y mette fin. Abus de pouvoir ?

On aurait pu aussi lui faire grief d’avoir fomenté l’invasion de l’Irak en inventant de toutes pièces cette histoire d’armes de destruction massive… et l’accuser de tant d’autres choses… Pourquoi l’attaquer sur ce point particulier d’avoir caché la vérité aux sénateurs et congressistes ? Parce qu’en le faisant, il a porté atteinte à l’équilibre sur lequel repose tout l’édifice de la démocratie aux USA.

La constitution américaine est là depuis plus de deux siècles, avec quelques amendments occasionnels qu’on numérote scrupuleusement, mais qui n’en changent pas l’essence, ce qui fait des USA l’un des plus vieux États du monde. Les « vieux pays » d’Europe, la Grande Bretagne exceptée, ont des gouvernances plus volatiles.. C’est ainsi que la France, depuis que les USA maintiennent leur première et seule constitution, a passé par 3 monarchies, 2 empires, 5 republiques et quelques autres singularités, genre Directoire, Consulat, Communes, etc. Les USA tiennent à leur constitution.

Une constitution dont la pierre d’accise est justement cet l’équilibre à maintenir entre les trois (3) pouvoirs, executif, legislatif et judiciaire. Quels que soient les crimes qu’ait pu commettre Cheney, il n’en est donc pas de pire que celui de les avoir commis sans que le législatif ( Sénat et Congrès) n’en aient été dûment informés et n’en soient donc devenus complices: c’est cette connivence qui seule aurait évité que les USA ne soient une dictature.

En reconnaisant que, pendant huit (8) ans, l’Exécutif a agi sans que Sénat et Congrès n’aient donné leur aval, on avoue a posteriori que la Présidence Bush a agi hors de la légalité et, en fait, s’est comportée comme une dictature. On trouvera bien l’excuse de la raison d’État, mais personne n’y croira. Un dur choc pour la population américaine.

Quand la population aura digéré cette information et que les médias l’auront expliquée comme il se doit, il ne restera plus à Obama qu’à sévir. Sans doute à la fin septembre, quand le G20 de Pittsburgh fera connaitre les nouvelles règles du jeu international et qu’on pourrait avoir intéret à ce que la politique domestique reçoive toute l’attention. Et de un.

Pierre JC Allard

10-07-09

281 Le G8 attentiste

Le G8 qui vient de se réunir à L’Aquila en Italie se solde par un report des décisions significatives vers deux nouvelles échéances : a) le prochain G20 qui se tiendra à Pittsburgh les 24 et 25 septembre prochain pour apporter une solution à la crise financière, et b) la négociation internationale sur le climat qui se tiendra à Copenhague en décembre.

On parle bien plus du second de ces deux événements. Apparemment à raison, car si le réchauffement présumé de la planete est averé, c’est bien en effet, sub specie aeternitatis, le probleme qui rend futile tous les autres. On a donc un plan.

Pour éviter que l’augmentation de la température de la planète ne dépasse les deux (2) degrés Celsius d’ici à la fin du siècle, le G8 propose de réduire de moitié les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Pour persuader les pays en développement – surtout la Chine et l’Inde – de collaborer à cet objectif, le G8 s’engagerait à ce que celles des pays industrialisés baissent de 80%

Généreux. Mais il faut se souvenir que c’est demander aux pays émergents de ne pas se developper aussi vite qu’ils le pourraient et donc de rester pauvres plus longtemps, en se privant des moyesn qui ont permis aux pays riches de s’enrichir… De plus, en ne précisant pas l’année de départ de référence pour la réduction des émissions de CO2, Les pays développés trichent encore un peu… Une discussion musclée en perspective à Copenhague. Et pourtant…

Pourtant, Copenhague sert de diversion, car de ces deux rendez-vous, c’est celui de Pittsburgh qui est de loin le plus important. Pas pour l’éternité, pour tout de suite.

Lorsque le G20 s’est réuni à Londres en avril dernier, la crise financière n’avait pas encore révélé toute sa malice. Un désaccord se dessinait entre les USA et les autres, mais les alliances qui auraient permis de connaître les soutiens et donc la force des joueurs n’avaient pas encore été scellées.

Mis a part un engagement d’augmenter les ressources du FMI et de la Banque Mondiale – mais bien en deçà de ce qui aurait été nécessaire pour vraiment regler cette crise – un consensus tacite s’est donc établi à Londres pour ne s’entendre sur rien. Mais le G20 de Pittsburgh DOIT apporter une solution à la crise financière.

La situation ne sera plus du tout la même. Quand les mêmes 20 participants se rencontreront à Pittsburgh en septembre, la crise aura été là depuis environ un an et il faudra y mettre fin rapidement, en garantissant une stabilité monétaire avant que le commerce international ne s’effondre.

On pourra le faire, car on connaît maintenant l’ordre de grandeur de l’insolvabilité du systéme financier global – on parle de USD $ 600 T – et l’on sait que cette dette ne peut qu’être dénoncée ; il ne s’agit donc que de s’entendre sur la façon de le faire. Les gestes préalables à une cessation de paiement auront été ou seront sur le point d’être posés.

Aux USA, des centaines de milliards ont été distribués aux copains par le plan Paulson et autrement. Ailleurs – dont en France – on va incessament lancer des emprunts nationaux. Les sommes en seront dérisoires, au vu des montants dûs, mais ils suffiront à mettre aussi à l’abri la richesse amie. Tout ce qui importe sera déjà dans les chaloupes de sauvetage et Chrysler et GM sont là pour servir de modèles à une reprise de l’industrie par l’État et les travailleurs.

Si on en parle moins de Pittsburgh que de Copenhague, c’est qu’il n’est pas si opportun d’en parler. L’ intérêt des USA, dont le dollar sert aux autres de devise de réserve, est de continuer à en émettre le plus possible, exportant en fait leurs problèmes sur les autres… Celui des autres est d’empêcher les USA de poursuivre cette dilution de leurs obligations.

Ostensiblement, ce sont les 4 de Yekaterinbourg qui monteront au front à Pittsburgh et ils ne pèsent pas encore bien lourd. Mais il est clair que les intérêts de l’Europe – et en fait du monde entier – s’opposent ici à ceux des USA. La discussion ne sera donc pas aussi inegale qu’il y parait. On saura à Pitsburgh quelle voie le monde va prendre et il n’est pas sûr que ce soit celle des USA

Pierre JC Allard

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