Nouvelle Societe

21-07-09

292 Quand l’argent ne vaut rien…

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01
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Tous les chiffres de cet article sont faux; il a été écrit en 1998. Oubliez les chiffres, il faudrait ajouter des zéros et il resterait faux, car on ne sait plus vraiment combien il y a d’argent en circulation. Ce qui est plus vrai que jamais, c’est que le Roi est nu comme un ver… et que ce serait encore bien sympa d’avoir des jetons à s’échanger. Voici l’article, sans modifications.

***

Vous connaissez cette histoire du tailleur peu scrupuleux qui vend au Roi, à prix faramineux, un costume d’une étoffe superbe… mais invisible aux incompétents ? Comme prévu, tout le monde et le Roi lui-même s’extasient devant le tissu merveilleux – qui bien sûr n’existe pas – de sorte que le Roi parade devant ses sujets, supposément vêtu du costume magique mais en réalité nu comme un ver… jusqu’au moment où un enfant qui n’a pas d’emploi a perdre dise innocemment “le Roi est nu”, au grand dam du tailleur et à la courte honte des courtisans.

On me demande souvent quel est le talon d’Achille du système. Il est visible, totalement vulnérable, et il n’exige pas pour qu’on l’atteigne de violence ni de subtiles conspirations. Si vous pouvez regarder un billet de banque qu’on vous offre, vous esclaffer et ressentir profondément l’absurdité de faire quoi que ce soit pour ce bout de papier, vous avez fait la moitié du chemin vers le salut. Si un nombre significatif de gens en font de même, le Système vacille.

Si le consensus cesse, qui prête une valeur a USD$16 trillions d’argent virtuel sur la planète qui ne représentent rien – et qui peuvent devenir USD$ 17 trillions demain, par la volonté du FMI et des petits copains – le Système crève. Comme le Mark de 1932, le Peso argentin d’il y a dix ans et le Rouble de l’an dernier sont morts, quand on leur a dit qu’ils étaient nus. Mais attention! Faire crever le Système équivaudrait, pour nous tous, à scier la branche sur laquelle nous sommes assis. Avant de dire “le Roi est nu”, il faut penser à une solution de rechange.

La solution de rechange, c’est un autre médium d’échange. Quelque chose qui nous permette, à vous et à moi, de poursuivre la division des tâches qui est la base de la société en troquant votre travail contre le mien, le nôtre contre celui des autres et vice-versa. Quelque chose comme de l’argent… Mais seriez vous très étonné si on vous disait que le Système est TRÈS hostile à l’idée de quelque chose qui puisse être substitué à l’argent?

Beaucoup de gens essayent de temps en temps. On l’a tenté à Vancouver, à Kingston… Je vous donne la formule, mais, si vous tentez l’expérience, regardez bien des deux cotés avant de traverser la rue…

1. créez un Secrétariat et invitez tous les sans-emplois à s’inscrire (les autres aussi, d’ailleurs);

2 imprimez des “Crédits de solidarité” (CS) en précisant bien que ce n’est pas de l’argent et que ça ne vaut rien;

3 distribuez la liste des membres avec leur profession à chacun de vos membres;

4 distribuez aussi à chaque membre 100 CS identifiés à son nom ou par un numéro de code;

5. invitez vos membres à requérir les services des autres membres, les récompensant de 1 CS par heure de travail;

6. celui qui accepte des CS en récompense peut les échanger au Secrétariat pour des CS à son nom;

7. nul ne doit donner plus de 20 CS sans en accepter au moins un, ni en donner 50 de plus que ce qu’il a accepté;

8. celui qui ne respecte pas la règle ci-dessus est suspendu; on peut savoir qui l’est en téléphonant au Secrétariat;

9. les commerçants même non inscrits peuvent accepter un paiement total ou partiel en CS;

10. ces commerçants peuvent échanger ces CS au secrétariat et en obtenir à leur nom qu’ils pourront utiliser ou donner en primes.

Si on évalue le salaire moyen à 13 dollars l’heure, la distribution des CS à ses membres par le Secrétariat est l’équivalent de prêter 1 300 dollars chacun à tous les inscrits pour acheter les services des autres inscrits ou les biens des marchands qui acceptent de collaborer au projet. C’est leur prêter cette somme sur la garantie de leur capacité et de leur volonté de travail. La seule garantie qu’ils possèdent.

C’est une garantie dont le Système ne veut pas tenir compte. Pas seulement parce qu’il n’y a pas de “demande effective” pour les services que peuvent rendre les travailleurs sans emploi – (comprendre: ceux qui ont de l’argent ont déjà ces services et les autres, on s’en fout.) – mais, surtout, parce que permettre aux “pauvres” de payer ces services avec leur travail aurait un effet inflationniste et appauvrirait un peu les gras-dur du système.

Tout ce que chacun peut faire pour contrer cette mauvaise volonté du Système est un beau geste qui met à nu les “rois” qui nous exploitent. C’est aussi une épine au flanc de la Bête et donc un geste courageux. Pourquoi ceux qui peuvent le faire – comme les syndicats, par exemple – ne posent-ils pas ce geste qui créerait, sans aucune mise de fonds, un véritable Fonds de solidarité ?

Pierre JC Allard

23-06-09

264 Le GRAND EMPRUNT NATIONAL

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01
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Le Président Nicolas Sarkozy nous annonce un GRAND EMPRUNT NATIONAL On pleure ou on se réjouit ? Comme vous voudrez, car non seulement vous n’y pouvez rien, mais il n’y a pas d’alternative. Songez que la planète Terre va aussi disparaître dans quelques milliards d’années. Vous voulez vous faire du mouron avec ça ?

En octobre dernier, quand la crise est venue et que la Federal Reserve Bank a « rassuré » les badauds en annonçant qu’elle prêterait des dollars en « quantité illimitée » aux banque centrales européennes, ceux qui savent lire entre les colones de chiffres ont compris que le dollar ne valait plus rien : il n’y a que du vide sidéral dont on peut disposer en quantité illimitée.

J’ai alors écrit qu’on résoudrait la crise financière en nationalisant les institutions financières et en remboursant la dette publique, ce qu’il ne fallait pas beaucoup de talent pour prévoir, mais un certain courage pour dire. La crise de la production, elle, serait résolue en remettant la clef des industries aux travailleurs et le malaise social en mettant la démocratie en veilleuse. Pas de mérite à ça, je le disais depuis 20 ans ! Ce plan suit son cours.

Les USA ont maintenant pris le contrôle de leurs institutions financières et refinanceront leur dette dès qu’ils auront testé in vivo la procédure. C’est pour ce test que la France va sans doute servir de cobaye. Vous voyez à quel point on nous fait confiance ?

Pourquoi cet emprunt ? Je vous engage à lire beaucoup sur le sujet, mais, en quelques phrases, voici ce qui se passe,

1. Il y a bien plus de monnaie en circulation que de biens à acheter. Certains disent 40 fois plus, ce qui signifierait que tout ce qui est exprimé en monnaie – vos fonds de retraite entre autres – vaudrait en termes réels 2,5% de sa valeur nominale. Inflation à craindre. Il y a des précédents. Très désagréable.

2. La moins désagréable des solutions est de faire disparaître cet « argent de trop » entre les mains de ceux dont on juge qu’ils en ont trop. On a ainsi vu s’égarer USD $ 9 trillions à la FRB même, vu saisir des milliards en petites coupures – des millions – à la frontière italienne et l’on sait que ce n’est que la pointe du iceberg. Simultanément, on lance la rumeur que la Corée du Nord imprime de faux billets… On fait ce qu’on peut.

3. Ceux qui en ont beaucoup, toutefois ne sont pas tous persuadés qu’ils en ont trop. Au lieu d’un affrontement brutal pour le leur prendre, on va donc le leur emprunter. Ceux des riches qui sont doués vont comprendre qu’on leur rend un grand service. Cet argent NE VAUT RIEN. S’ils cherchaient à l’utiliser, une inflation inouïe en réduirait la valeur à rien En le prêtant à l’État, ils le mettent en animation suspendue. Cet argent ne circulera plus et la monnaie gardera sa valeur nominale.

4. On leur rendra cet argent dans 20, 30 ou 50 ans. Une inflation – calculée exactement pour ça – n’aura préservé de cet argent, en valeur réelle, que la part qu’on aura voulu leur laisser de la richesse nationale; mais, durant ce temps, ils seront restés des « riches » et ils auront gardé le pouvoir. Ce qui est bien ce qu’on veut.

5. Ils souscriront donc à l’emprunt. On empruntera pour relancer l’économie, mais aussi pour substituer à la dette publique actuelle une nouvelle dette qui portera un intérêt moins lourd. Et si les bas de laine ne s’ouvraient pas… ? Ce serait bien bête, car une guerre ou une crise – une épidémie ? – justifierait qu’on aille chercher cet argent de toute façon.

6. Chaque Euro qui sera confié à l’État dans le cadre de cet emprunt diminuera la disparité entre la valeur du stock monétaire en circulation et celle des biens réels… réduisant d’autant l’inflation requise pour distribuer les pertes, rétablir l’équilibre et donc mater la crise. Quels génies sont nos dirigeants ! De toute façon, il ne peuvent se tromper, car c’est l’inflation qui ajustera tout et l’ajustement sera donc parfait.

Evidemment, en distribuant les pertes, chacun va jouer dur pour que ce soit le voisin et pas lui qui porte le chapeau. Mais ça, ce ne sera en rien différent de ce que l’on fait depuis toujours. On fera pour le mieux… Et les pauvres étant plus nombreux et plus braillards, ils y gagneront peut être même un peu !

Pierre JC Allard

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