Nouvelle Societe

25-07-09

296 Tuer à Kingston. Une affaire d’honneur

La police vient d’arrêter et d’accuser de meurtres prémédités et de complot pour meurtre, trois Afghans: Mohammed Shafi, Touba Yahya et Mohammed Hamed Shafi, respectivement le père, la mère et le frère de de trois soeurs – 19, 17, 13 ans – trouvées mortes dans une écluse du canal Rideau le 30 juin dernier. Morte aussi dans cette affaire, Rona Amir Mohammed, âgée de 52 ans, première épouse de Mohammed Shafi. Mobile présumé de ce quadruple meurtre: une affaire d’honneur.

Affaire d’honneur ? Eh oui… Dans certains pays musulmans, les coutumes tribales permettent les meurtres de personnes, surtout des femmes, ayant sali l’honneur et la réputation d’une famille ou d’un clan. Ces crimes d’honneur sont souvent perpétrés pour des fautes jugées graves, comme l’adultère, par exemple. Alors tout le monde s’y met et collabore père, mère, frère… On les tue.

19, 17, 13 ans… il y a deux ans, qu’elles sont au Canada. En arrivant elles ont été assaillies par des influences culturelles… danger pour des adolescentes, qui deviennent alors des jeunes filles « rebelles ». « Bien difficile pour le père » – explique Sadeqa Siddiqui, coordonnatrice au Centre communautaire des femmes sud-asiatiques de Montréal… « Dans la culture de l’Islam, c’est la femme qui est responsable du foyer. S’il y a des comportements déviants qui s’y manifestent, c’est la femme qui est coupable« …

Ah bon.. Si c’est difficile, n’est-ce pas, ça explique tout… Tout est clair… Je précise que l’on n’a pas ici affaire à de pauvres réfugiés. Ils arrivent de Dubai. Ils viennent de passer des vacances aux chutes Niagara, Ils rentrent à Montreal dans une Lexus SUV de 150 000 $. Des gens biens… Mais bien différents.

Tout ça pour moi – et pour vous, je l’espère – est tellement absurde et révoltant qu’on hésite à le croire. Mais c’est LEUR culture. Un résidant de Sherbrooke, Shah Ismatullah Habibi, afghan d’origine et qui a grandi à Kaboul, directeur général de l’Association éducative transculturelle qui accueille surtout des Afghans se dit « mal à l’aise« . Je le comprend. « C’est très rare…« – qu’il nous dit. Mais là, je ne le comprends pas…

Ce n’est pas rare. Ce n’est pas vrai. Je ne connais pas bien l’Afghanistan, où je n’ai fait que passer brièvement, mais j’ai passé au total preque deux ans au Pakistan, au Tadjikistan, au Kyrgystan, en Inde surtout… NON, ce n’est pas rare. Il n’y a pas une semaine qui passe, dans cette région, sans qu’un histoire de ce genre ne soit dans les journaux. Pas en première page, mais dans un entrefilet en page 6 ou 8… car c’est une affaire banale.

La police a arrêté les accusés hier, craignant qu’ils ne se réfugient dans un pays où il n’y a pas de traité d’extradition, comme le Pakistan. Il seront peut-être remis en liberté sous caution. Alors, je sais qu’on va traiter de tous les noms, mais je ne trouverais pas catastrophique qu’ils partent au Pakistan.

Pourquoi le Canada devrait-il payer pendant des années la pension carcérale de ces gens qui, en leur âme et conscience, croient qu’ils ont eu raison ? Au Pakistan, après une réprobation formelle, ils seront sans doute bien accueillis. Ils sont bien nantis et, leur honneur étant sauf, ils ne tueront plus personne. Les victimes ? On ne ressuscitera pas les victime.

Ce qui m’interesse au plus haut point, ce n’est pas que la famille Shafi parte au Pakistan; c’est que toutes les autres familles Shafi du monde restent au Pakistan, en Afghanistan, ou n’importe où dont Allah décidera. Qu’elles y vivent selon leurs coutumes, leurs principes, leurs traditions. La culture occidentale n’a pas le mandat « kipling-esque » d’éduquer le reste de l’humanité. Le Canada n’a pas la responsabilité d’envoyer ses soldats mourir pour enseigner à d’autres cultures comment vivre. Restons chez nous.

Restons chez nous. Mais… nous n’avons pas non plus la responsabilité d’accueillir chez nous ces gens. Nous n’avons pas à supporter leurs manières d’être qui, pour nous, sont parfois répugnantes – comme quand ils tuent leurs femmes pour des affaires d’honneur – mais qui sont toujours, même dans le meilleur des cas, bien dérangeantes… Nous n’avons aucun besoin de subir la cohabitation de leur culture avec la nôtre.

Il faut respecter les promesses que nous avons faites à ceux d’entre eux que nous avons commis l’erreur de laisser s’établir chez nous. Respectons les; c’est notre honneur à nous. MAIS N’EN ACCEPTONS PLUS D’AUTRES. Assez ! Basta !

Pierre JC Allard

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