Nouvelle Societe

20-07-09

291 Barack toujours vierge… ou « Soló la mitad » ?

Ce n’est pas d’hier que les séducteurs latinos cherchent à vaincre les résistances des pucelles craignant Dieu en leur proposant de ne faire les choses qu’à moitié… On a l’impression que Barack Obama pourrair se retrouver d’ici quelques jours devant ce dilemme plus ubuesque que cornélien.   Depuis son élection, il faut dire qu’il a gardé un dossier vierge.

Dans tous ses dossiers, rien que de la vertu. Certains éléments de gauche lui ont reproché ses « hésitations » dans le dossier des procédures contres les tortionnaires de Guantanamo, pour voir tout a coup le couperet prêt à tomber sur un Cheney totalement discrédité pour avoir caché pendant huit ans des informations vitales au Congrès et désormais en simple attente d’un bon moment pour être proprement raccourci.

Idem pour le retrait des troupes d’Irak, où l’on a cru qu’Obama tergiversait, pour se lever un beau matin avec les troupes américaines qui avaient quitté Bagdad si rapidement et si discrètement que cette énorme humiliation avait été avalée par la population américaine sans haut-le-coeur, l’opération aidée par la complaisance remarquable des medias.

Même chose à droite.  Les vociférations se sont faites plus discrètes quand,  avec leur popularité au nadir, les Républicains se sont trouvés aussi menacés par une Sarah Palin pouvant dire et faire n’importe quoi, incroyable incarnation  du proverbial canon en baguenaude sur le pont.   Un doublé, même, à droite, avec les résultats de  Morgan Stanley et de Goldman Sach qui prouvent  que les pirates financiers peuvent encore piller mieux que jamais. On sourit dans les chaumières de Long Island et de Grossinger.

Tout bon, donc, pour Obama. Un dossier immaculé. The ONE a prouvé qu’il avait de nerfs d’acier, qu’il savait parler, mais savait aussi se taire le temps qu’il fallait quand parler pourrait nuire. Parcours sans faute pour Obama, qui,  son bilan toujours vierge, peut penser aux médecins – ses plus dangereux adversaires sur le plan domestique  – et préparer  tranquillement le prochain G 20 de Pittsburgh.

Mais aujourd’hui, cette virginité est tout a coup menacée par deux (2) provocations qui lui arrivent dessus. Des égratignures dont les dégâts matériels sont dérisoires, mais qui revêtent une valeur symbolique  énorme.  On a d’une part ces 20 condos que les Juifs veulent bâtir a Jérusalem -Est et, d’autre part, un président un peu gaucho au Honduras qui s’impatiente et pourrait faire la bêtise d’aller se faire occire.

Des dossiers bêtes à pleurer, mais dont la valeur symbolique est bien réelle, car l’écart est large, sur le plan des symboles, entre ne JAMAIS avoir commis une faute et n’en avoir commis ne serait ce qu’un toute petite. La virginité a sa valeur.  D’où l’importance de ces condos et de ces quelques mois de gouvernance en discussion  au Honduras, pays d’opérette s’il en est.

En froide logique économique, ces appartements qu’on veut bâtir à Jérusalem pourraient être remplacés par un golf.  Mais Obama s’est compromis, en insistant pour qu’ils ne le soient pas,  et Israël vient de dire un « non » ostentatoire à l’Amérique. Un non qui semble suicidaire, car Israël n’a plus un autre ami au monde que les USA, a moins qu’on ne, compte le Canada comme distinct des USA, ce qui serait trompeur.

Le plus simple est de penser que tout a été manigancé pour offrir a Obama une reddition sans condition à un prix qu’on découvrira vite par la suite. En ce cas tout va ; il ne restera à voir que ce qui aura servi de monnaie d’échange.  Mais si ce « non » d’Israel  veut vraiment dire « non »,  comment  Obama sortira-t-il  cette impasse ?  S’il recule devant Israël, il perd la face. Adieu virginité et crédibilité. Son projet sur les soins de santé – et tout le reste – en prendraient un séreux coup.

La question au Honduras semble moins grave, mais on s’étonne  qu’elle soit même posée.   Le monde entier attend le départ des putschistes, condamnés par tous et les USA . En soutenant un gouvernant de gauche  évincé sans raison valable, les USA sont à faire des pas de géants pour regagner la confiance en Amérique latine.

Bravo, mais si Obama reculait devant quelques guignols à Tegucigalpa, c’est le respect qu’on a pour lui  qui s’effondrerait; car personne ne doute une seconde que Washington ait le pouvoir de faire céder l’usurpateur. S’il ne le faisait pas, on ne pensera pas faiblesse, on pensera hypocrisie…

Les enjeux sont  grands.   Cédera, cédera pas… Les paris sont ouverts. Le dossier de Barack restera-t-il vierge ? Tous les scénarios sont possibles, dont celui d’une intervention triomphale au Honduras, masquant un recul sur le dossier de Jérusalem.  Soló la mitad ?  Ca passerait peut-être…. mais ce ne serait plus comme avant…

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19-06-09

260 Carter en Palestine

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01
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Jimmy Carter, ex-président des Etats Unis, est cette rarissime exception : un homme de pouvoir devenu un homme de morale. Hier, dans le cadre d’un périple en Israel et en Palestine, il a eu des mots très durs pour décrire la situation à Gaza et le comportement d’Israel. Des mots qu’on n’entend pas souvent sortir de la bouche d’un Américain. « Les habitants de Gaza » – a dit Carter – sont traités « plutôt comme des animaux que comme des êtres humains » Brutal.

« Jamais auparavant dans l’Histoire » – a-t-il ajouté – « une collectivité n’a été bombardée de façon aussi sauvage, puis privée des moyens de réparer les dommages subis. C’est un terrible crime contre les droits de l’homme. Cela doit cesser et l’on doit enquêter sur ces crimes. Le mur (construit par Israel pour isoler les Palestiniens) doit être abattu et le droit fondamental des habitants de Gaza à la liberté doit leur être rendu ». Très brutal.

C’est que, depuis son offensive meurtrière en décembre dernier, Israel n’a pas seulement interdit les voyages, stoppé les importations et imposé des contraintes financières et économiques graves à Gaza, mais il y a également empêché toute reconstruction. On ne saurait dire plus clairement que l’on souhaite que cette communauté palestinienne de Gaza disparaisse. À partir de quel seuil parle-t-on de génocide ?

Il y a des circonstances où il vaut mieux ne pas commenter. Des circonstances où il vaut mieux laisser parler ceux qui ont vu et qui savent, ceux qui, comme Carter ont la crédibilité voulue pour dire de choses brutales et qui comme lui ont le courage de dire ce qui doit être dit. Je n’ajouterai donc rien à son témoignage.

Je souligne, cependant, qu’un responsable du Secretariat d’État américain a voulu préciser que Jimmy Carter voyageait à titre personnel et que son opinion n’était don pas nécessairement celle des USA. On peut donc penser ce qu’on veut de Jimmy Carter, sans devoir en aucune façon avoir la même opinion de la politique américaine…

Rappelons-nous, toutefois, que lors de sa récente visite au Caire, Obama lui-même a aussi demandé poliment a Israel un peu plus de retenue en Palestine. Carter le fait maintenant en termes beaucoup plus durs. Ce qui me rappelle cette expression latino-américaine bien connue qu’on adresse aux enfants récalcitrants : « Te lo dije ayer por lo bueno, te lo digo hoy por lo malo… quizas, manana te pego… » Je te l’ai dit hier gentiment, je te le dis aujourd’hui brutalement, peut-etre demain vais-je te frapper…

Se pourrait-il que le soutien inconditionnel des USA à Israel soit remis en question ? Et pendant ce temps, la marine américaine a pris en chasse un navire nord-coréen soupconné de transporter du « materiel nucleaire »… Une provocation dangereuse et bien gratuite. Y a-t-il un lien ? On se souvient de la dernière diversion…

Pierre JC Allard

07-06-09

Salaam Aleikum !

Obama est allé au Caire offrir la paix : Salaam ! Il en a profité pour dire aux amis juifs d’Israel et de la diaspora qu’ils étaient ses bons amis, mais souligner qu’il ne plaisantait pas lorsqu’il parlait de Palestine. C’est là qu’il va sceller la paix. Je pense au sifflet du train qui passe et vous salue, mais dont le salut est péremptoire : je passe.

Je ne me lasse pas de suivre avec attention – et je l’avoue, avec admiration – les discours d’Obama qui semblent constituer un seul message structuré et bien pédagogique en plusieurs volets, pour faire comprendre à tous que le monde a changé et que ce sont de nouvelles règles qui s’appliquent.

Tout se tient dans cette démarche, tous les rappels sont là, comme dans une symphonie classique et l’on en arrive à prévoir les développements et le phrasé. Rien n’est laissé au hasard dans son périple. Chez Chrysler et GM, la leçon sur le travail. Aujourd’hui, la leçon sur la paix. Demain, en France… on verra. On tire du message d’Obama une double conclusion, alternativement rassurante et inquiétante, selon l’humeur qu’on a.

Rassurante, parce que l’on n’a plus le sentiment d’improvisation qui nous étreignait, il y a quelques années, quand on tentait vainement de suivre la logique de la politique américaine et qu’on ne voyait qu’une foire d’empoigne entre des individualistes balourds, sans idées et sans idéaux, On se sentait à la merci d’une bêtise. Je suis maintenant persuadé qu’il existe un PLAN, que ce plan n’est pas celui d’un homme, mais celui d’une équipe et qu’il n’a pas été conçu il y a quelques semaines, mais il y a des années.

On peut maintenant comprendre ce qui se fait et donc prévoir ce qui sera fait. On peut errer, en faisant ces prévisions. Errer d’autant plus aisément que certains aspects de ce plan ne peuvent se réaliser au mieux que si certains de ceux qu’il concerne agissent spontanément, et que des efforts sont donc faits pour que ce plan leur reste inconnu. Mais la ligne directrice est claire et, si l’on s’égare à un tournant, on peut s’y retrouver au suivant… Il y a un capitaine sur le navire et l’on a mis le cap vers quelque part. Rassurant.

Inquiétant, aussi, cependant, car l’existence d’un plan suppose un déterminisme et une détermination. Un déterminisme incompatible avec la vision d’un monde de libre-arbitre qu’on m’a inculquée depuis que j’ai l’âge de me balader seul. Depuis qu’on m’a dit que c’est moi qui ferait mon destin, dans un monde démocratique dont moi et d’autres comme moi choisirions ensemble la voie. Tous égaux. Tout ça se termine quand il y a un plan.

Quand le cap est choisi, il n’y a qu’à l’accepter. On ne m’a pas consulté. Au mieux, on me consolera si je semble déçu. On le fera si bien que j’en oublierai que j’aurais pu vouloir autre chose. Si quelque chose en moi résiste, tout le monde – et moi le premier, sans doute – saurons que ce quelque chose est une imperfection. En attendant que je m’en corrige, j’aurai devant moi, au service de ce déterminisme, une froide détermination. On me bousculera le moins possible, mais c’est moi qui devrai changer : le plan ne changera pas.

La logique d’un monde d’interdépendance auquel la technologie impose la cohérence vient de nous rejoindre. Les dinosaures qui s’accrochaient à des préjugés et des émotions et qui voulaient gérer le monde selon leurs caprices sont mis à la retraite. Ils étaient souvent bêtes, parfois méchants. Humains, trop humains. Maintenant on va regler les crises une à une, mettant les dinosaures à l’écart, là où ils ne piétineront personne.

On va redistribuer la richesse, lentement, mais sûrement, car la misère est un inconvénient. Produire autre chose et travailler autrement, car on salit le nid et l’on n’en tire même pas ce que l’on veut vraiment . Vivre en paix, car il y a pour tous… Il faudra seulement ne pas trop discuter et, au moins pour un temps, ne parler de liberté qu’en mode poétique.

Pierre JC Allard

05-06-09

« The shoah must go on » ?

Je pense que le élections européennes du 7 juin 2009 auront une certaine importance pour la communauté juive de France. J’ai choisi de reproduire ici – et sur Agoravox si on l’accepte – un article que je publiais en septembre 2005 lorsque les colons juifs ont été forcés de quitter Gaza. Je n’y ajouterai pas de commentaires.

«  » C’est un ami juif qui fait dans le show business -même s’il est juif comme je suis chrétien, ce qui veut dire qu’il porte l’étiquette du produit, mais sans suivre les instructions – qui m’a sorti ce jeu de mot tout à fait spontanément, pendant qu’on parlait de Palestine. Cachère ou pas cachère ? Allez donc savoir….!

Comment dit-on aux Juifs qu’on les aime ? Qu’on ne les aime pas toujours, mais qu’on les aime parfois, comme les autres ? Comme Jean Ferrat aime parfois la marine, quand c’est Potemkine qui est en vedette ? J’ai souvent peine à dire à certains Juifs que je les aime, parce qu’il est si difficile de leur dire quoi que ce soit sans leur faire de la peine. On lui dit qu’il est intelligent, il entend roublard ; on lui dit qu’il est gentil (sans jeu de mot), il entend simplet. On lui donne raison ? C’est un piège… Je comprends qu’à être flagellé longtemps on a la peau qui devient sensible, mais comment s’y prend-on pour embrasser un écorché vif ? Problème pratique, car j’ai des Juifs à embrasser.

Il y a quelques jours, 8 500 Juifs ont été déportés de Gaza. Une goutte d’eau dans la Shoah, mais ces gens, depuis des décennies, s’étaient bâti non seulement une maison, mais un espoir. Une vie. Ce n’est pas rien. Le départ de Gaza n’est pas un sacrifice banal. Pour montrer l’échelle, la Déportation des Acadiens, qui a marqué de façon indélébile, depuis des siècles, les relations entre anglos et francos au Canada, a touché 7 000 personnes. !

Le départ de Gaza n’est pas un sacrifice banal. Je voudrais dire qu’au nom de la paix et de la justice, j’apprécie ce sacrifice. Le monde entier l’apprécie, d’ailleurs. L’image d’Israël a pris du mieux depuis cette opération. Beaucoup de mieux. On n’en est pas encore aux années 60, quand il suffisait, sur un bateau croisière, de dire qu’on venait d’Israël pour être applaudi, mais on est sorti de la spirale descendante qui, depuis des années et au rythme des événements palestiniens, semblait vouloir recréer inexorablement une dynamique d’hostilité envers les Juifs.

Le sacrifice de Gaza a eu son effet. Pas seulement pour la paix au Moyen-Orient, mais pour la perception que l’on se fait partout d’Israël et des Juifs. Je suis sûr que ceux qui suivent la courbe de l’antisémitisme vont en voir les résultats tangibles. Seulement eux, d’ailleurs, puisque c’est quand il n’y a rien à voir que l’antisémitisme est jugulé. On ne verra plus rien et tout ira bien. Gaza a été un beau geste et le résultat sera positif. Tout le monde y gagne…

Tout le monde, sauf, bien sûr, les 8 500 déportés de Gaza. Parce que j’aime bien les Juifs – pas toujours, mais souvent – je pense aux perdants de Gaza. Comme je pense à ceux de Bagdad ou de New Orleans, mais avec une dimension de plus. Une dimension de constance dans le malheur. Faut-il vraiment que la judéité ne survive que de sacrifices en sacrifices ? Quand je demande de façon rhétorique si la Shoah doit continuer, je ne fais évidemment pas allusion à l’extermination ; je pense à la souffrance. J’ai l’impression troublante que le monde n’applaudit les Juifs que quand ils souffrent. Comme si c’était le seul rôle dans lequel ils soient exceptionnels.

Les tragédies grecques sont des escarmouches avec le destin ; elles ont un commencement et une fin, puis, comme le disait Melina Mercouri, « dimanche, tout le monde part pour la plage ». La tragédie juive a un air de permanence. 40 ans dans le Sinaï pour entrer, des générations à Babylone, 2 000 ans pour revenir … C’est une tragédie qui a un air de projet à long terme. Quand votre Dieu en personne vous interpelle, pour vous dire, d’abord qu’il vous a choisis et, tout de suite après, qu’il va vous « éprouver impitoyablement dans le creuset », est-ce qu’on peut se préparer à une partie de plaisir ?

Le creuset, c’est de l’or et c’est du feu. L’or est bien là. Il est absolument indéniable, même pour leurs pires détracteurs que, compte tenu de leur nombre, les Juifs ont contribué beaucoup plus que quelque autre groupe à l’évolution de l’humanité. Le feu aussi, toutefois, car le plaisir n’a pas été souvent de la partie. Bénédiction ou malédiction, la promesse été tenue. Est-ce que les Juifs – ceux qui y croient – peuvent et veulent poursuivre un destin qui soit axé sur autre chose que le malheur ? DEVRAIENT-ils le faire ? Sarah Bernhardt – qui était aussi de la famille – aurait-elle dû laisser la tragédie pour jouer Bécassine et faire les Boulevards ?

Je n’ai pas de réponse à cette question. Une question qu’on ne me pose pas, puisqu’à moi l’on n’a rien promis…. Je n’ai pas de réponse. Je veux seulement dire merci à ceux qui ont organisé le sacrifice de Gaza et exprimer ma sympathie envers ceux qui en ont été les victimes expiatoires. Je souhaiterais sincèrement que de temps en temps, ne serait-ce qu’en rappel, on leur laisse ajouter quelque chose de plus gai à leur répertoire.

En attendant, leur malheur n’a pas été inutile. Comme on le fait aux grands acteurs qui nous touchent vraiment, je veux souffler un baiser de loin à ceux qu’on vient encore d’écorcher. Leur envoyer cette accolade, de loin pour ne pas leur faire mal, et leur dire que je les aime bien, même pendant les entractes. »

Pierre JC Allard

26-05-09

Essai nucléaire en Corée

La Corée du Nord vient de réussir son deuxième essai nucléaire. On en parle ad nauseam et toujours dans le même registre: elle ne devrait pas… Il serait peut-être temps de mettre les pendules à l’heure de cesser de dire des bêtises.

Tous les vendeurs et les séducteurs du monde savent depuis toujours qu’on ne pose que les questions auxquelles la réponse sera OUI. Quand on demande à la Corée – que l’Amérique a déjà inscrite à l’”Axe du Mal” et qui a sous les yeux l’exemple de l’Irak ! – de renoncer à son programme nucléaire, on sait que la réponse sera NON.

À moins que l’on n’ait l’intention de la payer pour qu’elle y renonce – ce qui serait se porter volontaire pour un chantage à durée illimitée – la réponse sera négative. Est-ce bien créer ce chantage, que l’on veut ? Ou veut-on ce « non » pour avoir en poche un casus belli qu’on pourra utiliser quand on voudra? Il est stupide de demander ce sacrifice à la Corée.

Stupide et inconvenantl, car de quel droit ceux qui possèdent l’arme atomique – dont en premiers de cordée les USA qui l’ont utilisée sur des populations civiles ! – pourraient-ils exiger que les autres y renoncent, s’ils ne sont pas prêts eux-mêmes à s’en priver ? Y a-t-il plus raciste que cette suffisance des Américains et autres détenteurs de la “bombe”, affirmant ainsi sans subtilité que EUX sont des gens sérieux qui y ont droit, alors que les Coréens et un jour les Iraniens sont des voyous à qui l’on ne peut pas le permettre ?

Comment donner un vernis de justice et de bonne foi à cette interdiction, quand on sait que l’on a permis à l’Inde comme au Pakistan d’en disposer tout à fait ouvertement, dès qu’on a eu quelques services à leur demander ? Et cela, même s’ils sont sans doute les candidats les plus probables à une guerre en règle qui les opposerait et pourrait leur donner l’occasion de s’entre éliminer…

Pire, comment concilier cette exigence avec l’infinie discrétion qui a accueilli la nouvelle qu’Israël disposait d’une centaine de têtes nucléaires … et l’autorisation tacite d’en posséder qui semble résulter de cette discrétion ? Pourtant, Israël est certes le pays que sa vulnérabilité à une attaque par des voisins qu’on peut supposer sans pitié pourrait le plus aisément conduire à une riposte nucléaire, si le sort des armes conventionnelles ne lui était pas favorable.

Si je puis dormir dans un monde où Pakistan et Israël ont une capacité nucléaire, ( sans parler des « Grands » qui ne sont pas si dignes de confiance ! ), que la Corée ou l’Iran en aient aussi une petite ne me gardera pas éveillé.

Et pourquoi cette loufoquerie de prétendre qu’on craint que les armes nucléaires ne soient vendues à des terroristes par la Corée ou l’Iran, alors qu’on ne semble pas s’inquiéter que puissent le faire des pays comme l’Ukraine ou le Kazakhstan, qui ont prouvé leur parfaite bonne volonté à participer à tous les “commerces” ? Est-on vraiment si sûr que tout l’arsenal soviétique qui s’y trouvait ait été religieusement enlevé par des militaires et fonctionnaires ne pensant qu’au bien de l’humanité ?

Soyons sérieux. Bien sûr, il vaudrait mieux que PERSONNE n’ait des bombes atomiques. Mais la chance raisonnable que cela arrive passerait par la destruction contrôlée des stocks de ceux qui veulent s’en réserver l’exclusivité. Avant qu’on en soit là, il faudra d’abord que le monde change. En attendant, vouloir que la Corée soit la seule à baisser sa garde est faire preuve d’un incommensurable mépris. Un mépris qui n’es pas sans rapport avec les dangers que les États dits « voyous » pourraient bien invraisemblablement nous faire courir.

Pierre JC Allard

22-05-09

Les Québécois n’entreront pas dans Gaza

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01
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Une delegation de 17 Québécois – syndicalistes, artistes, travailleurs de l’information, incluant des Québécois d’origine juive montant au front au soutien de la tolérance et de la paix – ont voulu visiter aujourd’hui le territore de Gaza, afin de constater sur place ce qu’est la situation et l’ambiance qui y prévaut.

Plusieurs rencontres y avaient été prévues avec des groupes locaux et une activité artistique avec des enfants palestiniens avait été organisée par “Artistes pour la Paix” Cette visite était prévue depuis quelque temps, car cette délégation parcourt depuis dimanche Israël et les Territoires palestiniens occupés de Cisjordanie. Ce matin, 21 mai, la délégation s’est vu refuser l’entrée à la bande de Gaza par les autorités israeliennes au point de contrôle d’Eretz et à été refoulée vers la Cisjordanie.

Dommage. Eut-elle été admise, elle aurait été l’une des premières à entrer à Gaza depuis l’intervention israelienne de l’hiver dernier dont les renseignemenst qui circulent soutiennent pour la pluplart qu’elle aurait fait environ 1 500 morts, dont des civils.

On peut regretter, pour toutes les parties concernées, que cette delegation – en provenance d’un pays qui a toujours soutenu la politique israélienne, mais dont il est notoire qu’une partie de la population est sensible aux doléances palestiniennes – n’ait pas été admise à completer son périple. On peut penser qu’elle aurait rapporté les faits avec impartialité.

Cette vision impartiale est ce qui fait gravement défaut actuellement, dans le dossier Palestine, alors que les sympathisants, de part et d’autres, s’en tiennent à leurs positions figées depuis longtemps et ne semblent pas vouloir comprendre ou accepter que l’élection de Obama à la présidence des USA change radicalement la donne. La récente rencontre Obama-Natanyahu, ne peut pas être un simple coup d’épée dans l’eau. “Not now. Not this time…

Personne ne sait comment la relation USA-Israel va évoluer, mais il est clair que le dossier palestinien pèsera lourd dans la besace d’Obama, maintenant que l’opinion publique américaine devra être sensibilisée à une vision plus complexe du monde. Nul ne peut changer les événements qui ont eu lieu en Palestine, mais toute monde a sans doute intérêt à ce que ces événements soient perçus dorénavant sous un nouvel angle, favorisant la paix et un long processus de réconciliation.

Dans cette optique, un rapport de la délégation québécoise – aussi inoffensive qu’une délégation peut l’être – aurait pu être un jalon posé sur la route d’une re-interprétation pragmatique des discours que tiennent Israëliens et Palestiniens depuis trop longtemps. Il est dommage que cette visite n’ait pas eu lieu et que ce rapport n’ait pu être rédigé et diffusé, car il y a souvent à l’approche québécoise face aux problèmes internationaux, une fraîcheur de bon aloi dont aurait pu sortir du bien. Espérons que ce ne sera que partie remise.

Pierre JC Allard

11-05-09

Ratzinger, Joseph pape

Sa Sainteté  – pas le dalaï-lama ni Raël, l’autre – fait une brève visite au Moyen-Orient.  Courageux de sa part, car il n‘y a pas que des amis. Il s’est forgé de solides inimitiés chez les islamistes, il y a trois ans, en choisissant dans un discours à Ratisbonne de citer un texte chrétien décrivant  le message de Mahomet comme méchant et inhumain.  Il s’en en attiré autant des Juifs, il y a peu, en levant l’excommunication qui avait frappé l’évêque Williamson, un négationniste avoué.   Pour le tact, on est bien loin de Jean-Paul…

Evidémment, les méchante langues diront que puisque une partie non négligeable des Protestants fondamentalistes croient sans doute encore qu’il a les pieds fourchus et qu’une grande partie des Catholiques, en entendant son  nom, lèvent les yeux au ciel, il n’est sans doute pas beaucoup plus impopulaire à Amman que dans une ville d’Occident, mais il lui faut tout de même du courage pour aller au devant des attentes des Juifs et des Arabes.

 Il est bien difficile d’imaginer, en effet, ce qu’il pourra bien dire de bon à ses hôtes au cours de ces quelques jours en Jordanie, puis en Israel.  La récente incursion miitaire d’Israel à Gaza  a fait près de 1 500 victimes. Des civils, surtout des femmes et des enfants. Le pape va-t-il cautionner cette opération, se rendant encore plus odieux aux musulmans et à la grande majorité des population chrétiennes du monde qui réprouvent ce massacre ? 

Va-t-il, au contraire, la dénoncer, devenant persona non grata en Israel, compromettant les liens péniblement établis avec la diaspora juive et réduisant surtout son capital de sympathie auprès de l’administration des ÉtatsUnis qui restent indubitablement le pays le plus riche et le plus puissant du monde ?   On voit mal quelle déclaration contenterait tout le monde…

Il pourra tenter – c’est l’ambition de toute diplomatie et l’Église n’y est pas novice – de faire des ronds autour du sujet sans vraiment l’aborder et de ne dire que de pieuses platitudes.  Mais avec la crise financière, le réaménagement de la production qui se dessine, le réajustement des alliances et le nouveau mode de gouvernance qu’Obama est à mettre en place,le monde  n’est plus vraiment tolérant du bavardage.   Tout va trop vite, les changements à faire sont trop urgents et trop importants.

Si Benoit XVI n’a pas le courage d’une opinion et de recommandations concrètes sur la question palestinienne, mais se limite à n’en rien dire, ou pire, a tenir un discours vide, il est probable que des millions de gens dans le monde – et surtout des catholiques – y verront confirmés leurs doutes quant à la signifiance d’une papauté qui se refuse à tenir un message moral qui devrait être sa raison d’être.

 Le Vatican n’a-t-il pas compris que l’ambiguïté n’est plus une vertu dans le monde de transparence que créé l’Internet et qui rend le double discours impossible ? S’il  termine ce périple en zone de guerre sans porter un jugement ETHIQUE sur la situation en Palestine, ni suggérer une action efficace pour y ramener la paix, il aurait mieux valu qu’il n’y aille pas, car ce n’est pas seulement l’homme et son pontificat qui seront jugés.

Au point où l’on en est, si l’on entend un pasteur qui finasse, esquive, radote au lieu de montrer la voie aux brebis, BEAUCOUP, remettront en cause la pertinence même de la fonction. Après « Ratzinger, Joseph pape » – comme après « Capet, Louis, roi » – il pourrait ne pas sembler indispensable de lui chercher un successeur.

N’oublions pas que, selon la prophétie de Saint Malachie, Benoit XVI est le DERNIER PAPE….

 

Pierre JC Allard

23-04-09

Durban II. Israël me les casse…

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01
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A la frontière de l’Inde et du Pakistan, quelque part entre Lahore et Amritsar, il y a Wagha.   Depuis des décennies, chaque soir au coucher du soleil,  l’armée indienne et l’armée pakistanaise s’affrontent.  Chacune sagement de son côté de la frontiere, elles font assaut  de patriotisme. Chants martiaux, déclarations fulminantes, drapeaux au vent, compliments pour les siens et quolibets pour l’adversaires, des MILLIERS de spectateurs viennent jouer à la provocation.   On s’amuse bien…

 La céremonie de Wagha est une tradition. On a rentabilisé une animosité de façade – car on est Punjabi de part et d’autre – en faisant des CD et des videos.  Quand New Delhi et Islamabad s’invectivent, c’est à Wagha qu’on comprend que tout n’irait sans doute pas si mal entre les frères ennemis, s’il n’y avait des intérets étrangers  pour pétroler et leur dire sans cesse qu’ils se détestent.  Mais se voir pour s’insulter n’est pas la meilleure façon de se réconcilier…

Pourquoi cette reunion à Durban sur le racisme ?  Pas que le racisme ne soit pas un problème sérieux, mais a-t-on vraiment du neuf à en dire ?  Quelqu’un va-t-il se lever et defendre le racisme ?  Et s’il n’y a personne de l’autre côté de cette barricade, ne devrait-on pas discuter d’autre chose ? Il y a unanimité à condamner le racisme.  Un “Durban” n’a donc d’autre but que de dénoncer chacun son démon raciste favori, ce qu’ils auraient pu faire chacun chez soi – comme ils le font d’ailleurs tous les jours.  Un Durban n’existe que pour profiter d’une couverture médiatique que le sujet autrement ne se serait pas mérité.

Rien de mal à être sous les projecteurs. L’ennui, c’est que, puisque l’on n’est là que pour être vu, il faut bien se rendre visible…   Visible en n’y allant pas, en n’y allant que pour en partir ou en y envoyant faire des pitreries.  Show business,  au risque de traiter comme une soirée des Oscars un événement  sans doute inutile, mais dont le thème devrait imposer le respect.  Quand on fait du Hollywood avec du sérieux, on se rend ridicule… Ridicule et odieux.

Les Juifs et sympathisants qui sont allé chahuter à Genève se sont rendus ridicules et odieux. Ahmadinejad n’est pas mon leader préféré; il n’est pas ma bête noire non plus… Il fait ce qu’il peut pour gérer un pays qui est devenu le souffre-douleur des Américains, ce qui n’est pas facile.  Allez courir avec le gorille de 800 livres sur le dos !  Et, pour autant que je sache, il n’y a pas de racisme virulent en Iran.  Il y a certes des racistes, il y en a partout, mais l’Iran n’a pas une politique raciste.

Alors se faire un petit succès médiatique  en vociférant comme des cons  pour couvrir la voix du Président de l’Iran n’est pas un geste qui honore Israel.  En fait, ca attire surtout l’attention sur le fait qu’on ne tue pas de Juifs en Iran, alors qu’il y a bien, en Israel et en Palestine, des innocents qui sont tués tous les jours, depuis longtemps…

Alors les Elie Wiesels et assimilés rendraient plus service à la cause juive, s’ils rentraient en Israel y dénoncer les exactions de leur propre gouvernement, plutôt que de rendre inconfortables ceux qui, comme moi, ont parfois dit du bien d’Israel… et de créer des antisémites par centaines en venant ajouter la bêtise et la vulgarité à l’équation.

Petit detail. En 1942, ma mère a gagné un prix littéraire au Canada pour un  article intitulé “Petit plaidoyer en faveur des Juifs”.  C’était en 1942 et la judéité n’avait vraiment pas la cote; on pourrait parler d’appui dans l’adversité…  Petit détail, mon premier associé, lorsque j’ai commencé  a pratiquer le droit, était juif…  et il y en a eu d’autres. Détail encore,  il y a quelques années, j’ai écrit ce texte, que personne ne m’avait demandé

Ces petits details seraient sans aucune pertinence, si je parlais de tout autre sujet.  Parce que je parle d’Israel, c’est moi qui suis presumé avoir le fardeau de prouver que je ne suis pas antisémite.   C’est ça qui me les casse.   

 

Pierre JC Allard

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