Nouvelle Societe

09-11-09

La presse citoyenne

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Vivre en société a permis à l’homme la division du travail et l’apprentissage en commun: les deux grands pas en avant qui ont accéléré son évolution. La condition essentielle de cette évolution a été la diffusion de l’information. L’information est le sang d’une société, la communication sa circulation. Une société a un besoin essentiel d’information qui va croissant au rythme où le changement s’y accélère et où les échanges s’y multiplient.

On communique, dans une société, mais émetteurs et récepteurs ne sont pas sur un pied d’égalité. L’auditeur ne peut toujours écouter qu’un seul message à la fois, mais le locuteur peut s’adresser à plusieurs, ce qui est bien utile pour l’ordre et le développement de l’autorité; celui qui parle à le pouvoir et c’est celui qui a le pouvoir qu’on écoute.

Les moyens modernes de communication, cependant, ont tant exacerbé cette inégalité entre la capacité de dire et d’entendre que le citoyen moderne se contente souvent d’écouter. « Informer » — qui est une source cruciale du pouvoir — a été récupéré politiquement par l’État pour devenir propagande et par la structure économique dominante pour devenir publicité. Une situation qui n’est idéale ni pour la propagation des connaissances et donc le progrès de l’humanité ni, surtout, pour l’exercice honnête de cette forme de gouvernance qu’on appelle démocratie.

Elle est Idéale, toutefois, pour l’exercice d’une forme autoritaire de gouvernance. Celle qui peut reposer sur la manipulation de l’information et qui permet donc de respecter la forme extérieure de la démocratie, sans que les citoyens ne s’écartent jamais des choix qu’on veut qu’ils fassent, puisque ces choix sont les seuls qu’ils puissent raisonnablement faire à partir de la vision du monde qu’on leur a transmise.

C’est ce système de démocratie « médiatique » qui prévaut dans nos sociétés occidentales. Cette forme efficace de gouvernance a été compromise par l’avènement de l’Internet qui passe le micro à tout le monde. Le doute s’est installé. Ainsi, le résultat des récentes élections municipales à Montréal, qui a reconduit au pouvoir une administration qui sue la corruption par tous ses pores. Une remise en question s’impose.

L’explication rassurante de ce qui s’est passé à Montréal est qu’il ne s »agit que d’un vice de fonctionnement : les voix du bien contre le mal se sont divisées et un scrutin à deux tours aurait résolu ce problème. Vous croyez ? Peut-être, mais il y a une explication plus brutale. Celle que la population voit le processus démocratique comme une manipulation, ne CROIT plus à la démocratie … et ne vote plus. C’est hélas le raisonnement que semblent avoit fait plus de 60% des électeurs

Le système peut réagir à ce défi par un contrôle plus strict de l’information, ou par une gestion plus pointue des réactions à la transparence. Dans le premier cas, il faut une censure de plus en plus difficile à exercer et une montée progressive de l’autoritarisme. Dans le second, une pression est simplement exercée sur l’interprétation des faits, ce qui équivaut à une transformation ciblée, plus ou moins subtile, des critères éthiques eux-mêmes. Je ne porte pas de jugement sur la valeur morale de cette option.

Il existe une troisième option, qui serait que le pouvoir veuille s’adapter à la volonté populaire, mais elle est trop improbable pour que l’on perde ici du temps à en discuter. Je pose donc l’hypothèse que la seconde solution sera retenue et que le système préférera s’en remettre à sa capacité de parfaire ses mécanismes de manipulation, plutôt que de risquer une dérive ostensible vers le dictatorial.

Si on accepte cette hypothèse, une nouvelle structure d’information peut et doit être mise en place, qui soit manipulable au palier des interprétations, mais désormais VRAIE quant à son contenu objectif et parfaitement transparente. Dans une société technologiquement avancée comme la nôtre, cette structure pourrait être celle décrite ci-après et dont les éléments seraient ceux qui correspondent aux exigences du processus d’information lui-même. Je n’en donne ici que le schéma.

D’abord, il faut capter l’information à sa source, aussi exhaustivement que possible, puis que celle-ci soit universellement diffusée Elle doit alors pouvoir faire l’objet d’une contestation et d’une réponse de la part de tous ceux auprès desquels elle l’a été, ce qui en garantit la véracité et l’authenticité. Cueillette et contrôle exhaustifs exigent que tout le monde ait accès au micro. Quiconque apprend quoi que ce soit doit pouvoir le transmettre librement à tous sans censure, sous réserve d’en porter le responsabilité devant la loi.

Cette liberté d’informer génère une masse énorme de renseignements. Il faut donc que l’information transmise soit organisée et structurée, que les principes de son organisation soient connus de tous et fassent eux-mêmes l’objet d’une diffusion universelle prioritaire. On doit enseigner à trouver l’information avec la même urgence qu’on met à enseigner à lire. Ne pas le faire est une manoeuvre pour garder le peuple dans l’ignorance.

Le véhicule nécessaire et suffisant pour transmettre cette masse d’information est l’Internet. Comprenons bien que rien ne doit interdire que qui que ce soit puisse aussi publier quoi que ce soit, sur Internet ou sous tout autre format, mais tout ce qui est information publique doit être publié par l’État sur Internet. C’est là que s’exprime le droit de l’individu à l’information, droit auquel correspond une responsabilité de l’État d’informer.

L’État s’acquitte de cette responsabilité en posant deux (2) gestes : a) Il fournit à tous les citoyens un accès individuel ou collectif gratuit à Internet ; b) il gère le processus de publication et de structuration de l’information. À quelques restrictions près concernant le respect de la vie privée et la sécurité publique, tout doit être publié. À l’individu de juger par la suite si l’information qu’il reçoit d’autres sources confirme ou contredit celle qu’il reçoit de l’État, auquel cas l’État doit avoir des comptes à rendre.

Dans cette structure, tout le monde peut et devrait être un joueur amateur ; c’est ce qui en garantit la crédibilité. Chacun peut jouer comme reporter apportant des faits bruts, comme journaliste les mettant en contexte et les agençant impartialement pour leur donner un sens objectif, ou comme chroniqueur pour les interpréter et aider chacun à se former une opinion personnelle. Mais à ce jeu, doivent aussi intervenir des professionnels.

Il doit y avoir des reporters de métier, des investigateurs professionnels – autonomes ou regroupés en agence de presse. Il doit y avoir des journalistes chevronnés, capables d’expliquer le sens de ce qui se passe et aussi des chroniqueurs, des experts qui peuvent faire les liens et façonner l’opinion publique en influençant, pour le meilleur ou pour le pire, ceux qui leur font confiance. Ces professionnels doivent être rémunérés. Comment ? Par le biais d’une structure à trois (3) volets.

a) L’État doit créer une agence de presse où travailleront ceux qui veulent se faire un métier de chercher l’information et, au premier chef, ceux qui le font déjà pour les agences ou les médias traditionnels. On réglera avec leurs syndicats les conditions de leur embauche et de leur rémunération. Leur nombre et ces conditions évolueront et nous verrons ci-après comment c’est le public qui en sera le juge. Leurs contributions sont publiés à l’état brut.

b) L’État doit créer une « rédaction » ou salle de presse, à laquelle se joindront tous les journalistes de tous les médias qui choisiront de le faire. Chacun pourra au départ se faire reconnaître dans un ou quelques domaines de spécialité ou d’expertise et sa tâche consistera à écrire sur les sujets de cette compétence à partir des données brutes que fourniront les agences de presse et reporters autonomes, amateurs ou professionnels. Chacun pourra aussi écrire sur tout autre sujet, mais son statut comme auteur sur ces sujets sera celui d’un amateur et non d’un professionnel.

c) L’État doit créer enfin un « aréopage » de chroniqueurs, dont il est entendu que la tâche consiste à émettre des opinions en s’appuyant sur les faits bruts et sur l’interprétation des faits par les journalistes. Les chroniqueurs peuvent être biaisés, mais leur réputation dépendra de leur sincérité à admettre qu’ils le sont. Participeront au départ à cet aréopage les chroniqueurs les plus populaires des médias actuels, mais c’est le verdict populaire qui en modifiera vite la liste:

Que doit-on publier ? TOUT. Quand on ne pense plus papier mais pixels, ce qui peut être publié sur un site de l’État – qui pourrait s’intituler simplement « Information » – n’est plus limité que par ce qu’il est possible de structurer efficacement. Tout ce que publient les reporters, journalistes et chroniqueurs, amateurs aussi bien que professionnels est publié et demeure indéfiniment accessible.

C’est le positionnement, cependant, qui détermine la visibilité relative des nouvelles. Au « Fil de presse » les nouvelles apparaissent par ordre chronologique. Dans la section « Nouvelles », c’est un comité des journalistes qui choisit la préséance d’apparition des articles et leur positionnement de parution de départ, sur une page générale et sur les pages spécialisées qu’on jugera bon de créer. Dans la section « Chroniques », c’est la popularité du chroniqueur au cours de la semaine précédente qui détermine le positionnement initial de ses articles.

Une heure plus tard, cependant, c’est le nombre des lectures qui déterminera le repositionnement d’heure en heure par la suite des articles et des chroniques, selon le nombre de demandes de lectures qu’elles ont reçues dans leurs sections respectives

Les reporters, journalistes et chroniqueurs professionnels devraient toucher un salaire de base auquel s’ajouteraient des primes selon le nombre de demandes de lecture qu’auraient suscité leurs textes. Tout le monde peut, à sa demande, être publié dans « Information », sans préjudice à son droit de publier lui-même sur internet et d’être rémunéré pour le faire , y compris par les lecteurs eux-mêmes.

Les « amateurs » seront aussi rémunérés. Pour chacune de leurs contributions, ils recevront une prime plus modeste, mais au prorata de la rémunération d’un professionnel de la même catégorie – nouvelles ou chroniques – ayant reçu un nombre identique de lectures. Un index alphabétique de tous les auteurs d’articles, amateurs comme professionnels nous donnerait la liste des textes qu’ils ont publiés et nous dirait aussi combien chacun a eu de lecteurs.

La quantité de textes et d’images qui circuleront sans censure rend inévitable que des faussetés soient diffusées et toute image peut être bien tendancieuse, mais la possibilité de commenter sert de protection et un Conseil de presse sera là pour mettre les pendules à l’heure pour une population qui deviendra bien moins crédule quand elle aura cet ancrage solide dans une réalité objective au moins consensuelle.

Cette forme d’autogestion de l’information par les professionnels de l’information eux-mêmes semble la façon la plus pratique d’en assurer l’impartialité, mais il faut y ajouter un contrôle citoyen. La gestion de la publication et diffusion des textes doit donc dépendre d’une Régie autonome de l’Information, sous l’égide d’un « Conseil de presse ».

Ce Conseil consistera en deux (2) sections. La première sera composé de douze (12) citoyens, élus pour la durée d’un mandat (5 ans) renouvelable à l’occasion de chaque élection générale et la seconde de trente (30) citoyens choisis au hasard pour un mois. Ces derniers seront rémunérés pour leur peine à leur revenu actuel plus 15 % et jouiront à la fin de leur mandat du droit inconditionnel de réclamer de leur employeur leur réintégration dans leur fonctions précédentes.

Toute décision du Conseil de presse doit l’être à la majorité de chacune des deux (2) sections. En cas de désaccord, c’est le Tribunal qui tranchera immédiatement et toutes affaires cessantes, tout appel étant entendu lui-meme avec la même priorité.

Nul travailleur de l’information ne sera forcé de se joindre à « Informations », mais on peut supposer que les travailleurs de Quebecor en lock-out – et ceux de Gesca qui pourraient l’être bientôt – trouveraient avantageux d’accueillir cette proposition. Au gouvernement de décider comment il devrait dédommager les journaux et groupes de presse actuels auquel rien n’interdira de poursuivre leurs activités, mais dont il est clair que celle-ci seront perturbées par l’arrivé de ce nouveau media plus crédible… et gratuit

Surtout que, sur le site « Information », il n’y a pas d’autre publicité que celle gratuite, considérée d’intérêts publics. La diffusion de l’information facilitant l’accès des consommateurs aux produits offerts sur le marché est traitée autrement. J’en parle ailleurs – voir le lien – car c’est un tout autre sujet.

Je suis conscient que cette proposition est bien dérangeante et écrase de gros doigts de pied. À peu près tout sera fait pour qu’elle ne soit jamais mise en place. Si vous croyez qu’elle devrait l’être, il faudra donc que vous vous battiez pour qu’elle le soit. Transmettez la RAPIDEMENT à tous les sites et à tous les médias que vous connaissez. Si vous le faites, il y a une chance, seulement une chance, que j’en vois la réalisation de mon vivant.

Pierre JC Allard

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26-07-09

297 Sondages; la mission d’informer

Petit brouhaha en France. La Cour des comptes vient de faire quelques remarques qui ont suscité bien des commentaires, sur les sondages effectués pour la Présidence de la République.

La Cour des comptes a ainsi particulièrement souligné une convention tres succincte – elle tient sur une seule page ! – intervenue en juin 2007, entre l’Elysée et un cabinet d’études, pour un coût d’environ 1,5 million d’euros – dépassant donc le seuil au-delà duquel la passation d’un marché est obligatoire – et où les règles de mise en concurrence n’ont pas été appliquées. Au titre de ce contrat, 130 factures ont été réglées par l’Elysée en 2008, pour un montant de 392 288 euros, correspondant notamment à des enquêtes réalisées par l’institut OpinionWay et publiées par Le Figaro et LCI.

Puisqu’il s’agit de la Cour des comptes, on parle d’argent. C’est bien sûr le coût de ces études qui a été mis en lumière, ainsi que les procédures qui en ont entourés le paiement, mais on sait bien que l’essentiel n’est pas là. Ce sont les liens étroits entre l’UMP, certains médias et des instituts de sondage qui font froncer les sourcils.

Le 17 juillet, la société des rédacteurs du Figaro demande à la direction de mettre immédiatement un terme à ce type de « coproduction » avec OpinionWay, un compagnonnage un peu trop intime qui, à son avis, nuit gravement à la crédibilité des titres du groupe. Le Directeur des rédactions du groupe, Etienne Mougeotte, envoie immédiatement ses plumes sur les roses et jure que l’Élysée n’a rien financé des activité du Figaro. Normal.

Un démenti sans surprise à une « révélation » qui n’en est pas une non plus, puisque, lors des dernières présidentielles, Segolene Royal comme Francois Bayrou avaient déjà parlé dix fois plutôt qu’une de ces relations bien intimes… Mais un rapport de la Cour des comptes – présidée par Philippe Seguin, qui n’est pas un homme de gauche – c‘est bien gênant…

Alors on s’agite, de part et d’autre… Le Parti socialiste réclame la création d’une commission d’enquête parlementaire – une demande que Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, rejette du revers de la main – tandis que Opinion Way se plaint que la Cour ne l’ait pas interrogée en cours de contrôle et s’étonne d’être la seule firme nommément citée parmi toutes les prestataires… Les feintes et les parades devraient durer quelque temps.

Normal aussi, mais est-ce ça l’important ? Est-ce qu’on ne pourrait pas profiter du tintamarre pour voir cette question des sondages par le bon bout de la lorgnette ? Il faut comprendre que les sondages sont et resteront un élément fondamental de la politique. Ce qui plus est, ils DOIVENT l’être. Il est bon dans une démocratie que l’État sache ce que pensent ses commettants. Il est bon qu’il en tienne compte. Il DOIT en tenir compte.

Il est inévitable, cependant, que la population soit influencée par cette perception d’elle–même que lui renvoient les sondages. En période électorale, en particulier, le comportement des électeurs peut être fortement biaisé par les sondages. Une influence incontournable à laquelle une population démocratique adulte peut résister, mais il semblerait néanmoins impérieux que cette influence soit impartiale et que les renseignents diffusés donnent au moins une image exacte de l’opinion populaire.

Est-ce que tous les sondages ayant une portée politique ne devraient donc pas être réalisés par un organisme public, en toute transparence et sous contrôle des citoyens et du pouvoir judiciaire ? On aurait ainsi une vision de l’opinion publique au-dessus de tout soupçon.

Cela sans préjudice, à celle que l’on pourrait obtenir de sondages privés, lesquels ne seraient en aucune façon interdits, mais sur lesquels on s’appuierait, au contraire, pour que leurs résultats viennent confirmer ou infirmer les sondages publics.

Le fera-t-on ? Il y a toute une fonction de connaissance et de diffusion de l’opinion publique qui ne demande qu’à se développer, car il n’y a rien de mal dans une démocratie à ce que l’on sache ce que tout le monde pense. Il y a une foule de référendums qui seraient bien utiles. Il faudrait se donner les moyens de les rendre moins coûteux et parfaitement crédibles.

Pierre JC Allard

06-12-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -32

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

6 décembre (32/33)

DU PAREIL AU MÊME, MAIS…

Pourvu qu’il fasse beau et qu’il fasse doux ! Ce serait bien que les gens qui ont décidé que cette élection ne valait pas une minute d’attention, soit encouragés lundi par un soleil complice a aller s’exprimer. Un vote. Juste un petit vote…

Je suis de ceux qui ont dit. au début de cette campagne, qu’elle battrait sans doute tous les records d’abstention. Quand Jean et Pauline nous ont pondu des promesses-programmes en copiés-collés, ils ne nous ont donné aucune raison non plus de bondir d’enthousiasme. On pouvait parler de la fin de la politique, comme on a parlé de la fin de l’histoire : il n’y a qu’une bonne solution et on la connaît. Les fonctionnaires la connaissent.

Comment, vibrer au simple choix de celui qui l’appliquera, quand les deux prétendants nous ont donné de bonnes raisons de souhaiter que ce ne soit pas eux ? Puisque ce sera du pareil au même, votons QS pour affirmer une prise de position pour la solidarité ou, s’il n’y a pas en soi un Jaurès qui someille, votons Vert et posons un geste pour l’avenir…

Mais le complot d’Ottawa a changé la donne. Si Harper tient tant a un gouvernement majoritaire qu’il force des élections – avec cette grossière provocation de l’élimination des subsides aux partis politiques – et est prêt à se garantir cette majorité en avivant l’opposition entre le Québec et le ROC, au risque que ce pays craque comme un noix, il ne peut y avoir qu’une raison : ON PRÉPARE DES MESURES QUE SEULS ACCEPTERONT DE VOTER DES DÉPUTÉS PARFAITEMENT TENUS EN LAISSE.

On se prépare à nous enlever des droits acquis et a brimer des libertés que nous croyons indiscutables. La violence trop tranparente de la réaction de Gesca à la Coalition – qui risque de priver Harper de ce pouvoir olympien – ne laisse planer aucun doute.

Dans ce contexte, il est VITAL qu’il y ait à Québec un gouvernement qui puisse servir de point de ralliement contre ce coup de force qu’on nous prépare. Il ne s’agit plus de choisir entre Charest et Marois, mais entre un parti Libéral qui ne représente qu’un choix électoral et le PQ, qu’on peit aimer ou non, mais qui est une véritable structure d’encadrement populaire, avec des liens déjà établis avec les syndicats et les autres forces vives de la nation.

Une attaque concertée se prépare pour changer les règles du jeu social et ce n’est qu’autour du PQ que peut s’organiser une résistance. Cette résistance sera plus efficace si le PQ est au pouvoir au Québec ; autrement, on devra lutter a la fois contre les deux paliers de gouvernement et cette résistance n’aura pas la légalité que confère la présence à la tête d’un État. Une situation bien dangereuse, car on n’a pas encore bien saisi ce que sera cette crise.

Pierre JC Allard

05-12-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -31

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

5 décembre (31/33)

Attention, danger !

Pas un seul sondage depuis le débat des chefs. Or il n’est pas besoin d’être grand clerc pour deviner que les Libéraux d y ont perdu des plumes. Tiens donc ! On ne veut plus rien voir ? On a arrêté la vidéo de l’opinion publique en marche sur l’image de Charest triomphant. Le PQ vient donc de faire son propre sondage maison – lesquels sont généralement plus fiables que ceux des médias ! – et découvre que Marois est encore à la traîne de Charest par 5,5%, mais en avance sur le vote francophone, ce qui signifie que le gouvernement Charest majoritaire n’est plus une certitude.

Par la même occasion on apprend que Dumont est remonté de 12 à 17%, ce que sa performance au débat justifie amplement. En condamnant ce matin la stratégie de Harper – qui pour garantir sa réélection fait du Québec un bouc émissaire et fait ainsi plus pour la souveraineté du Québec que les deux derniers leaders du PQ réunis! – Mario pourrait prendre encore un ou deux points, lui permettant de garder quelques sièges et son statut de troisième parti.

Et tout ça avant même qu’on n’ait pu noter l’impact sur les sondages du psychodrame d’Ottawa. Parions que les Québécois, qui ont eu durant des années la présence d’esprit de garder l’Union Nationale à Québec face aux Libéraux d’Ottawa, puis celle de voter pour un gouvernement souverainiste ici, tout en s’assurant qu’un gouvernement fédéraliste là empêcherait qu’elle ne se produise, auront cette fois la bonne réaction de basculer vers le PQ socio-démocrate pour se prémunir des horreurs qu’un gouvernement Harper majoritaire pourrait tenter d’imposer.

Si cette saine réaction se produit, on pourrait espérer une fragile victoire du PQ. Un gouvernement minoritaire du PQ est notre meilleur choix. Un gouvernement majoritaire libéral serait le pire, non seulement à cause de la bonne volonté à faire porter le poids de la crise au monde ordinaire qu’on peut imaginer entre les deux partis qu’ont si vaillamment soutenus les hommes de Gesca, mais à cause aussi de la réaction du mode ordinaire à cette gestion de la crise au profit des riches.

Je suis assez vieux pour avoir vu le monde changer. L’oppression n’est plus une option facile. Les inégalités se maintiennent aujourd’hui chez-nous parce qu’on achète la complaisance des plus pauvres en leur donnant une pitance. Si une crise dérapait au point qu’on veuille les en priver, ne serait-ce qu’en réduisant un peu leur quote-part, on serait surpris en haut lieu de voir quelle agressivité a pu se développer au sein de la population.

Dieu nous préserve d’un duo Charest-Harper tous deux majoritaires.

Pierre JC Allard

04-12-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -30

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

4 décembre (30/33)

« Les Français sont des veaux » (C.de Gaulle)

Je ne me permettrais pas de le rappeller, si je ne m’en sentais pas partie prenante. Les médias de Gesca, La Presse en tête, ont lancé un campagne sans réserve contre les Coalitionnistes qui veulent en finir avec Harper. Non seulement tous les chroniqueurs ont été invités à monter à l’assaut, mais les blogues de Cyberpresse sont pleins de commentaires qui viennent en rajouter. Je mets sérieusement en doute l’authenticité de ces commentaires.

Ceux qui ont rassemblé cette milice – ou plus probablement la petite équipe de rédacteurs qui produisent ces messages de supposés blogueurs – ont négligé deux choses : a) celui qui commente ne le fait que bien rarement une seule fois ; les pseudos dans la blogosphère ont un petit air de déjà vu. Quand un survenant apparaît dont le pseudo n’évoque rien, une petite lumière clignote dans l’inconscient. Quand tous ces nouveaux inspirés défendent UNE OPINION QUI EST À L’ENCONTRE DE CELLE DE PRÈS DE 80% DES QUÉBÉCOIS, on se dit que quelque chose se passe… b) l’écriture du blogueur-type est truffée de coquilles et pas seulement par ignorance, surtout parce qu’on est pressé et que l’intendance de l’orthographe suivra… Or, ces nouveaux blogueurs ont un langtage bien plus châtié que la moyenne…

Il se passe quelque chose. Mon opinion est qu’un certain establishment – dont Gesca est l’outil et une partie significative du cerveau – appréhende l’arrivée au pouvoir d’une gauche qui, en cette période de crise, disposerait d’un auditoire réceptif pour introduire dans la société cette équité dont c’est le premier but de l’establishment de se prémunir. On a donc lancé cette opération de manipulation de l’opinion publique en deux volets :

Dans le reste du Canada, on parle du complot des « Three Quebeckers ». Ces êtres différents des Albertains, viscéralement enclins au crime dont on a tant accusé Obama, de vouloir redistribuer un peu la richesse. Au Québec, cette accusation ne conduit personne à l’échafaud ; on tient donc un autre langage. Un galimatias, de constitutionnalisme, d’ironie facile et de mensonges, pour tenter de convaincre les Québécois qu’il ne faut pas empêcher Harper de gouverner a droite ce pays dont les DEUX TIERS DES ÉLECTEURS SOUHAITENT QU’iL LE SOIT AVEC INTELLIGENCE DE LA SITUATION. Ils pensent vraiment que les Québécois sont des veaux.

Pourquoi en parler dans ce billet consacré à nos élections provinciales ? Parce que c’est un même combat. Pendant que Harper continue sa provocation pour obtenir un autre scrutin dont il tirera enfin sa majorité – en faisant une campagne anti-Québec – il devient impérieux que nous, les provinciaux, nous donnions un gouvernement pour maintenir ici nos acquis sociaux.

C’est le moment de tout faire et de conclure toutes les alliances possibles pour que Charest ne soit pas élu. « Libéral », c’est le nom qu’on donne à un Conservateur au Québec. Harper à Ottawa et Charest à Québec, nous seront des veaux et ce sera l’abattoir

Pierre JC Allard

03-12-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -29

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

3 décembre (29/33)

Les priorités

Le brouhaha à Ottawa remet en perspective les conséquences du choix électoral qui sera fait au Québec. On voit d’entrée de jeu que les pouvoirs n’y sont pas pour agir sur la composante monétaire qui est au cœur de la crise. Le Québec sur ce plan n’est pas un gouvernement, seulement un gros ponte, comme une multinationale qui gère des milliards, mais doit s’en remettre à son pouvoir de persuasion pour obtenir le cadre législatif et règlementaire qu’elle juge souhaitable.

Une sérieuse limitation de sa gouvernance qui semble apporter de l’eau au moulin indépendantiste… jusqu’à ce qu’on regarde les choses d’un peu plus près, pour constater que le système monétaire international, par un réseau dense d’accords et de non-dits, est devenu indépendant du pouvoir politique, sauf peut-être celui des USA auquel il n’obéit pas tant qu’il en phagocyte les éléments. Les mesures que peut prendre le gouvernement canadien sont elles-mêmes bien limitées.

En fait, ce n’est pas sur la crise que peut agir le gouvernement du Québec, mais sur les effets de la crise sur les Québécois. De sorte que ce que tous les partis au Québec proposent – saupoudrer des subsides pour créer des emploi – a le démérite de l’approche Paulson aux USA, qui donne de l’argent aux institutions financières en espérant qu’elles le prêteront et que les roues se remettront à tourner. Elles le feront… quand les intermédiaires se seront servis.

La première chose que doit faire le gouvernement de Québec, c’est de s’assurer que TOUS LES PAIEMENTS DE TRANSFERT (pensions, allocations familiales, prestations pour chômage, bien-être, etc ) sont finement indéxés mensuellement pour protéger les citoyens qui touchent ces paiements et qui seraient autrement les premières victimes de la crise. Cette indexation n’est possible que si le principe de solidarité est reconnu qui augmentera automatiquement les taxes directes pour que soient perçus les montants nécessaires pour en compenser les coûts.

La deuxieme est de garantir les obligations de toutes les institutions financières qui relèvent du gouvernement de Québec. Cette garantie, toutefois, ne sera jamais un don, mais un prêt à l’institution, et l’institution qui devra y recourir sera en tutelle de l’État jusqu’à ce que le prêt ait été entièrement remboursé.

La troisième est l’exécution accélérée des travaux d’infrastructure, sous l’égide d’une corporation autonome qui empruntera de l’État – remboursable en 30 ans – mais pourra aussi conclure ses propres ententes avec le secteur privé, afin qu’une part des frais en soit éventuellement assumée par les utilisateurs. Libre à l’État, quand viendront des jours meilleurs, de « re-nationaliser » ces services et de les rendre gratuits pour tous.

Pierre JC Allard

02-12-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -28

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

2 décembre (28/33)

Les Anticomplotistes

Tout n’a pas commencé avec la chute des tours du World Trade Center le « 911 », mais c’est à partir de là que c’est devenu très grave. Il y a toujours eu des gens pour penser que l’explosion du « Maine », le bombardement de Pearl Harbour, le soin qu’on a mis a ce que Hess ne raconte jamais son histoire et mille autre faits pouvaient cacher autre chose. Pour chacun qui l’a pensé, il y a eu quelqu’un pour dire « paranoia ! ».

A chaque complot vrai ou présumé, il y a ceux qui y croient… et ceux qui n’y croient pas. Il y a toujours eu des gens naïfs qui croient à toutes les rumeurs de complots… et d’autre encore plus naïfs qui pensent qu’il n’y a jamais de complots : les « anticomplotistes ». A partir d’un certain seuil, l’anticomplotisme est une forme de stupidité.

Une stupidité, car dès que deux personnes qui visent un but arriment leurs actions et font en sorte que les autres ne le sachent pas, il y a un complot. Toutes les transaction d’affaires sont des complots. Toutes les stratégies sont des complots. La plupart des rendez-vous galants sont des complots et ce qu’on en dit dans les « powder rooms » en est bien souvent d’autres…

Penser que les partis politiques relatent des faits véridiques et les commentent en toute franchise, sans autre but que le bien du peuple, est d’une naïveté qui confine à la stupidité. Croire que quoi que ce soit qu’on nous dit est bien « toute la vérité et rien que la vérité » est une faiblesse de jocrisse. Je suis donc un peu las de voir des gens qu’on souhaiterait plus doués ou moins hypocrites, déchirer leurs vêtements d’indignation quand on leur dit que la crise financière actuelle est un complot.

Elle n’est pas un complot parce qu’elle n’est pas pas bien réelle, mais parce qu’elle n’a pas eu les causes qu’on nous dit et mènera encore moins aux conséquences qu’on nous annonce. Elle est un complot parce que tout ce qui bouge dans l’univers politico-financier ne cherche pas à la regler, mais à en tirer parti pour ses propres intérêts.

Cela vaut aussi pour ceux chez-nous qui proposent des solutions à la crise, en en disant le moins possible sur les moyens qu’ils prendront pour la résoudre, ce qui leur donne la plus grande liberté de manœuvre pour danser ça en tango quand vous vous serez jeté dans leur bras. Un pas en arrière aussi souvent qu’un pas en avant… et vous coller de très près.

Ne croyez pas trop que vos partenaires vous aiment. Le tango a été d »abord une danse de voyous. Regardez votre danseur mondain dans les yeux : vous verrez « complot » au fond de sa prunelle.

Pierre JC Allard

01-12-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -27

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

1 décembre (27/33)

DEMOS VOUS DIT M…

Pendant qu’on essaie de régler nos problèmes entre nous au Québec, les cousins Stephen et Stéphane de la grande famille élargie recommencent à se bagarrer et risquent de nous distraire. On croyait que les gens d’Ottawa nous laisseraient respirer une peu… Bon, de toute façon on en reparlera. Ce qui me chicote un peu, ce matin, c’est qu’ils nous dérangent.

Parce que le Stephen qu’on vient d’élire pose des gestes qui font douter de son sérieux, on a Jean Charest ici qui vient nous dire que c’est très dangereux les gouvernements minoritaires… Parfois , vous savez, ça ne dure pas. Pour un oui, pour un non, il faudrait vous déranger encore. Donnez-moi une majorité et c’est juré, vous n’en entendrez plus parler.

Ciel ! La vésanie est contagieuse ! Surtout, la folie vient sous diverses formes. Alors que celle de Harper est de la forme hubris (arrogance), celle de Charest n’est pas tant de se penser au-dessus de tous, que de nous croire en-dessous de tout.

Le Québécois moyen, qui n’est pas plus moyen que le Canadien moyen, comprend que le coup de force qu’a tenté Harper est létal pour la démocratie et que ce retour en arrière pour un financement des partis politiques par et pour les copains doit être tué dans l’œuf. Et cela, sans même penser aux mesures ahurissantes en période de crise que les Conservateurs proposent ! HEUREUSEMENT, ils sont minoritaires et Demos – le peuple démocratique – va pouvoir s’opposer, par la vois de ses représentants,

Dans une minute d’aberration, Charest nous dit qu’il suffit de lui donner une majorité pour qu’il puisse faire toutes les bêtises qu’il voudra sans que nous puissions rien faire. Demos aura les mains liées, – (expression populaire ces jours-ci, qui prend ici tout son sens) – et un gouvernement libéral pourra gérer la crise à sa guise, sans nous « déranger ». Il pourra mettre le feu à l’écurie sans réveiller les chevaux… et même à la maison.

Il pourra faire face à la tempête « à la Paulson, en donnant des parapluies aux amis et en disant aux autres qu’il y aura un jour des serviettes… quand on aura les moyens. Avec un gouvernement majoritaire, on peut penser à une gestion dont celle de la Caisse de dépôt et placement pourrait être prémonitoire. Des pertes – on s’y attendait – mais surtout une volonté ferme de NE PAS faire la lumière.

Typique de l’approche libérale, de penser que la transparence est vraiment un inconvénient. Tout ce qui pourrait éveiller Démos est une menace pour les copains. Vite une majorité, et vous serez tranquilles, qu’il nous dit… Mais le peuple ne veut pas être tranquille, car l’incendie couve. Demos, c’est vous et c’est moi, qui voulons être aux aguets et garder par devers nous les clefs de l’écurie… NON à une majorité pour Jean Charest.

Pierre JC Allard

30-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -26

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

30 novembre (26/33)

L’ANEMOMETRE

Je reçois des courriels. Ce n’est pas le courrier du cœur de Paris Hilton, mais j’en reçois quelques-un, parce que j’écris un site sur le Web depuis 11 ans et que, pendant longtemps, le concept d’un blogue où tout le monde vient apporter son grain de sel n’existait simplement pas. Ceux à qui ma prose plaisait – ou qu’elle rendait furieux – venaient me le dire. Un tout petit pourcentage des lecteurs le faisaient, mais c’était du sérieux, du senti, jamais anonyme et on s’engueulait en proposant des solutions. Alors certains en ont pris l’habitude…

Ainsi, depuis que je jase un peu tous les jours sur ces élections au Québec, j’ai reçu quelques courriels – une vingtaine – dont six (6) me disent à peu près la même chose. Le message ? « Pourquoi changer vous d’idée tous les jours ? Vous aimez ou vous n’aimez pas , X, Y ou Z ? »

J’ai compris que le « lecteur de sites » est une espèce différente du « lecteur de blogues ». Alors que le commentateur d’un article sur un blogue vient au micro et parle a la salle, celui qui écrit à l’auteur ne s’adresse qu’a ce dernier. Sur un blogue, un thème est lancé et on contribue tous à le développer. Celui qui va lire un site, au contraire, vient, en quelque sorte, consulter… Les attentes sont différentes.

Mes « vieux clients » me reprochent d’être de gauche tout en regrettant que QS soit dans la course, de dire que, comme individu, Mario dont je me partage pas la philosophie de base m’impressionne plus que Jean ou Pauline et que, pour l’éducation, entre autres, il a la meilleure solution, encourageant donc ses supporters à lui rester fidèles.

Ils s’étonnent que j’invite a voter Vert, alors que ce parti n’est pas vraiment une option de gouvernance et ils me reprochent, surtout, de me montrer bien insatisfait de Madame Marois – « colportant des ragots d’il y a dix ans « … tout en souhaitant qu’elle forme un gouvernement (minoritaire). On m’a parlé de girouette…

J’avoue que je change parfois d’opinion. Je le fais surtout quand il ne me paraît pas évident de louvoyer par babord ou tribord, tant la brise est elle-même inconstante, ne souffle pas très fort et ne va pas où je voudrais aller. Je me demande si je ne devrais pas rentrer à la marina en attendant qu’un vrai vent se lève…

Ne me voyez donc pas comme une girouette, mais comme un anémomètre. Je mesure la force du vent et j’attends avec confiance qu’une idée neuve apparaisse, avec quelqu’un capable de prendre la barre et d’affronter les vagues. Quand on aura un capitaine, on hissera la voile et on prendra le large. Pour l’instant, on teste les manoeuvres simples. On en est au dériveur.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.org/5153.html

29-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -25

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

29 novembre (25/33)

LE CHARISMATIQUE

Je viens d’assister à l’émission Un Chef chez vous animée par Patrice Roy et diffusée en direct sur RDI. En vedette : Mario Dumont, parlant d’économie, de famille et de santé. Qu’en ai-je retiré ? D’abord une meilleure compréhension du phénomène Dumont.

Ce qui passe à la télévision chez Dumont comme une aisance et un sens de la repartie, apparait lorsqu’il est présent comme un undéniable magnétisme. On comprend parfaitement que celui qui VOIT Dumont ait la première réaction instinctive de le préférer à Madame Marois et à Monsieur Charest.

Le charisme est de son côté. Ça explique la surprise du dernier scrutin : toutes choses étant égales, il faut une bonne raison pour NE PAS choisir Dumont. Evidemment, toutes choses ne sont pas égales. Dumont ne fait pas mystère de sa préférence pour le secteur privé.

Preque indécent, car après une génération de social-démocratie affirmée, ce que dit Dumont semble à contre courant. Ses positions sur les Centres de la Petite enfance, sur l’immigration, sur la remise au travail des assisté sociaux, sur le rôle du privé en santé semblent bien loin de la pensée dominante… Mais est-ce bien vrai ?

Je préfère de loin pour ma part l’approche CPE à un subside familial, mais est-ce bien l’opinion de la population ? Sur la remise au travail des assistés-sociaux aptes au travail, – telle qu’il l’explique –on ne peut que lui donner raison. Même chose pour l’immigration, dont il prend bien soin d’extirper toute connotation négative aux étrangers de la politique qu’il préconise.

Quant à l’éducation, quand il suggère de laisser la pédagogie aux enseignants et le contrôle normatif (docimologie) à l’État. je ne puis que souscrire à sa vision. Je reste sur ma faim, car il ne propose pas une réforme globale comme celle du site Nouvelle Société, mais tout ce qu’il souhaite faire dans le domaine de l’éducation m’apparaît comme une suite de pas timides, mais nécessaire, dans la bonne direction.

Sur la santé, son programme est bien loin encore de cette rémunération par capitation et d’une réforme des curricula en médecine qui permettraient d’avoir les ressources dont nous avons besoin, mais la part qu’il veut faire à la medecine privée, au-dela du systeme public, ne me semble pas odieuse

Je reste avec de nombreux désaccords concernant les propositions de l’ADQ, mais je n’ai pas l’impression d’une opposition irrémédiable aux objectifs progressistes ; plutôt d’une démarche encore inachevée, mais qui demeure perfectible et qui, surtout, accepte des remises en question.

Disons que si Dumont prenait le pouvoir, je verrais un dialogue à engager plutôt qu’une guerre à entreprendre. C’est un hypothèse bien peu plausible, mais s’il pouvait seulement obtenir la balance du pouvoir je pense que ce serait le meilleur scénario de gouvernance au Québec pour l’avenir immédiat.

PIerre JC Allard

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