Nouvelle Societe

02-12-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -28

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

2 décembre (28/33)

Les Anticomplotistes

Tout n’a pas commencé avec la chute des tours du World Trade Center le « 911 », mais c’est à partir de là que c’est devenu très grave. Il y a toujours eu des gens pour penser que l’explosion du « Maine », le bombardement de Pearl Harbour, le soin qu’on a mis a ce que Hess ne raconte jamais son histoire et mille autre faits pouvaient cacher autre chose. Pour chacun qui l’a pensé, il y a eu quelqu’un pour dire « paranoia ! ».

A chaque complot vrai ou présumé, il y a ceux qui y croient… et ceux qui n’y croient pas. Il y a toujours eu des gens naïfs qui croient à toutes les rumeurs de complots… et d’autre encore plus naïfs qui pensent qu’il n’y a jamais de complots : les « anticomplotistes ». A partir d’un certain seuil, l’anticomplotisme est une forme de stupidité.

Une stupidité, car dès que deux personnes qui visent un but arriment leurs actions et font en sorte que les autres ne le sachent pas, il y a un complot. Toutes les transaction d’affaires sont des complots. Toutes les stratégies sont des complots. La plupart des rendez-vous galants sont des complots et ce qu’on en dit dans les « powder rooms » en est bien souvent d’autres…

Penser que les partis politiques relatent des faits véridiques et les commentent en toute franchise, sans autre but que le bien du peuple, est d’une naïveté qui confine à la stupidité. Croire que quoi que ce soit qu’on nous dit est bien « toute la vérité et rien que la vérité » est une faiblesse de jocrisse. Je suis donc un peu las de voir des gens qu’on souhaiterait plus doués ou moins hypocrites, déchirer leurs vêtements d’indignation quand on leur dit que la crise financière actuelle est un complot.

Elle n’est pas un complot parce qu’elle n’est pas pas bien réelle, mais parce qu’elle n’a pas eu les causes qu’on nous dit et mènera encore moins aux conséquences qu’on nous annonce. Elle est un complot parce que tout ce qui bouge dans l’univers politico-financier ne cherche pas à la regler, mais à en tirer parti pour ses propres intérêts.

Cela vaut aussi pour ceux chez-nous qui proposent des solutions à la crise, en en disant le moins possible sur les moyens qu’ils prendront pour la résoudre, ce qui leur donne la plus grande liberté de manœuvre pour danser ça en tango quand vous vous serez jeté dans leur bras. Un pas en arrière aussi souvent qu’un pas en avant… et vous coller de très près.

Ne croyez pas trop que vos partenaires vous aiment. Le tango a été d »abord une danse de voyous. Regardez votre danseur mondain dans les yeux : vous verrez « complot » au fond de sa prunelle.

Pierre JC Allard

01-12-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -27

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

1 décembre (27/33)

DEMOS VOUS DIT M…

Pendant qu’on essaie de régler nos problèmes entre nous au Québec, les cousins Stephen et Stéphane de la grande famille élargie recommencent à se bagarrer et risquent de nous distraire. On croyait que les gens d’Ottawa nous laisseraient respirer une peu… Bon, de toute façon on en reparlera. Ce qui me chicote un peu, ce matin, c’est qu’ils nous dérangent.

Parce que le Stephen qu’on vient d’élire pose des gestes qui font douter de son sérieux, on a Jean Charest ici qui vient nous dire que c’est très dangereux les gouvernements minoritaires… Parfois , vous savez, ça ne dure pas. Pour un oui, pour un non, il faudrait vous déranger encore. Donnez-moi une majorité et c’est juré, vous n’en entendrez plus parler.

Ciel ! La vésanie est contagieuse ! Surtout, la folie vient sous diverses formes. Alors que celle de Harper est de la forme hubris (arrogance), celle de Charest n’est pas tant de se penser au-dessus de tous, que de nous croire en-dessous de tout.

Le Québécois moyen, qui n’est pas plus moyen que le Canadien moyen, comprend que le coup de force qu’a tenté Harper est létal pour la démocratie et que ce retour en arrière pour un financement des partis politiques par et pour les copains doit être tué dans l’œuf. Et cela, sans même penser aux mesures ahurissantes en période de crise que les Conservateurs proposent ! HEUREUSEMENT, ils sont minoritaires et Demos – le peuple démocratique – va pouvoir s’opposer, par la vois de ses représentants,

Dans une minute d’aberration, Charest nous dit qu’il suffit de lui donner une majorité pour qu’il puisse faire toutes les bêtises qu’il voudra sans que nous puissions rien faire. Demos aura les mains liées, – (expression populaire ces jours-ci, qui prend ici tout son sens) – et un gouvernement libéral pourra gérer la crise à sa guise, sans nous « déranger ». Il pourra mettre le feu à l’écurie sans réveiller les chevaux… et même à la maison.

Il pourra faire face à la tempête « à la Paulson, en donnant des parapluies aux amis et en disant aux autres qu’il y aura un jour des serviettes… quand on aura les moyens. Avec un gouvernement majoritaire, on peut penser à une gestion dont celle de la Caisse de dépôt et placement pourrait être prémonitoire. Des pertes – on s’y attendait – mais surtout une volonté ferme de NE PAS faire la lumière.

Typique de l’approche libérale, de penser que la transparence est vraiment un inconvénient. Tout ce qui pourrait éveiller Démos est une menace pour les copains. Vite une majorité, et vous serez tranquilles, qu’il nous dit… Mais le peuple ne veut pas être tranquille, car l’incendie couve. Demos, c’est vous et c’est moi, qui voulons être aux aguets et garder par devers nous les clefs de l’écurie… NON à une majorité pour Jean Charest.

Pierre JC Allard

30-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -26

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

30 novembre (26/33)

L’ANEMOMETRE

Je reçois des courriels. Ce n’est pas le courrier du cœur de Paris Hilton, mais j’en reçois quelques-un, parce que j’écris un site sur le Web depuis 11 ans et que, pendant longtemps, le concept d’un blogue où tout le monde vient apporter son grain de sel n’existait simplement pas. Ceux à qui ma prose plaisait – ou qu’elle rendait furieux – venaient me le dire. Un tout petit pourcentage des lecteurs le faisaient, mais c’était du sérieux, du senti, jamais anonyme et on s’engueulait en proposant des solutions. Alors certains en ont pris l’habitude…

Ainsi, depuis que je jase un peu tous les jours sur ces élections au Québec, j’ai reçu quelques courriels – une vingtaine – dont six (6) me disent à peu près la même chose. Le message ? « Pourquoi changer vous d’idée tous les jours ? Vous aimez ou vous n’aimez pas , X, Y ou Z ? »

J’ai compris que le « lecteur de sites » est une espèce différente du « lecteur de blogues ». Alors que le commentateur d’un article sur un blogue vient au micro et parle a la salle, celui qui écrit à l’auteur ne s’adresse qu’a ce dernier. Sur un blogue, un thème est lancé et on contribue tous à le développer. Celui qui va lire un site, au contraire, vient, en quelque sorte, consulter… Les attentes sont différentes.

Mes « vieux clients » me reprochent d’être de gauche tout en regrettant que QS soit dans la course, de dire que, comme individu, Mario dont je me partage pas la philosophie de base m’impressionne plus que Jean ou Pauline et que, pour l’éducation, entre autres, il a la meilleure solution, encourageant donc ses supporters à lui rester fidèles.

Ils s’étonnent que j’invite a voter Vert, alors que ce parti n’est pas vraiment une option de gouvernance et ils me reprochent, surtout, de me montrer bien insatisfait de Madame Marois – « colportant des ragots d’il y a dix ans « … tout en souhaitant qu’elle forme un gouvernement (minoritaire). On m’a parlé de girouette…

J’avoue que je change parfois d’opinion. Je le fais surtout quand il ne me paraît pas évident de louvoyer par babord ou tribord, tant la brise est elle-même inconstante, ne souffle pas très fort et ne va pas où je voudrais aller. Je me demande si je ne devrais pas rentrer à la marina en attendant qu’un vrai vent se lève…

Ne me voyez donc pas comme une girouette, mais comme un anémomètre. Je mesure la force du vent et j’attends avec confiance qu’une idée neuve apparaisse, avec quelqu’un capable de prendre la barre et d’affronter les vagues. Quand on aura un capitaine, on hissera la voile et on prendra le large. Pour l’instant, on teste les manoeuvres simples. On en est au dériveur.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.org/5153.html

29-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -25

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

29 novembre (25/33)

LE CHARISMATIQUE

Je viens d’assister à l’émission Un Chef chez vous animée par Patrice Roy et diffusée en direct sur RDI. En vedette : Mario Dumont, parlant d’économie, de famille et de santé. Qu’en ai-je retiré ? D’abord une meilleure compréhension du phénomène Dumont.

Ce qui passe à la télévision chez Dumont comme une aisance et un sens de la repartie, apparait lorsqu’il est présent comme un undéniable magnétisme. On comprend parfaitement que celui qui VOIT Dumont ait la première réaction instinctive de le préférer à Madame Marois et à Monsieur Charest.

Le charisme est de son côté. Ça explique la surprise du dernier scrutin : toutes choses étant égales, il faut une bonne raison pour NE PAS choisir Dumont. Evidemment, toutes choses ne sont pas égales. Dumont ne fait pas mystère de sa préférence pour le secteur privé.

Preque indécent, car après une génération de social-démocratie affirmée, ce que dit Dumont semble à contre courant. Ses positions sur les Centres de la Petite enfance, sur l’immigration, sur la remise au travail des assisté sociaux, sur le rôle du privé en santé semblent bien loin de la pensée dominante… Mais est-ce bien vrai ?

Je préfère de loin pour ma part l’approche CPE à un subside familial, mais est-ce bien l’opinion de la population ? Sur la remise au travail des assistés-sociaux aptes au travail, – telle qu’il l’explique –on ne peut que lui donner raison. Même chose pour l’immigration, dont il prend bien soin d’extirper toute connotation négative aux étrangers de la politique qu’il préconise.

Quant à l’éducation, quand il suggère de laisser la pédagogie aux enseignants et le contrôle normatif (docimologie) à l’État. je ne puis que souscrire à sa vision. Je reste sur ma faim, car il ne propose pas une réforme globale comme celle du site Nouvelle Société, mais tout ce qu’il souhaite faire dans le domaine de l’éducation m’apparaît comme une suite de pas timides, mais nécessaire, dans la bonne direction.

Sur la santé, son programme est bien loin encore de cette rémunération par capitation et d’une réforme des curricula en médecine qui permettraient d’avoir les ressources dont nous avons besoin, mais la part qu’il veut faire à la medecine privée, au-dela du systeme public, ne me semble pas odieuse

Je reste avec de nombreux désaccords concernant les propositions de l’ADQ, mais je n’ai pas l’impression d’une opposition irrémédiable aux objectifs progressistes ; plutôt d’une démarche encore inachevée, mais qui demeure perfectible et qui, surtout, accepte des remises en question.

Disons que si Dumont prenait le pouvoir, je verrais un dialogue à engager plutôt qu’une guerre à entreprendre. C’est un hypothèse bien peu plausible, mais s’il pouvait seulement obtenir la balance du pouvoir je pense que ce serait le meilleur scénario de gouvernance au Québec pour l’avenir immédiat.

PIerre JC Allard

28-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -24

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

28 novembre (24/33)

NOTRE OBAMA

Le résultat le plus sûr de ces élections, c’est qu’une large majorité des citoyens n’en seront pas satisfaits. Il y aura d’un côté ceux dont le candidat aura perdu, plus tous ceux qui se seront abstenus – ce qui fera déjà 70 à 75 % de la population – mais il ne faut pas croire que l’autre 25 % sera enthousiaste. Une bonne part de ceux-ci auront l’impression d’avoir échappé au pire en luttant pour le moindre mal.

Les Québécois ne sont pas satisfaits de leurs leaders politiques. On ne sent ni « trudeaumanie », ni cette dévotion qu’inspirait René Levesque, ni même ce respect révérentiel qu’on avait pour Bourassa, notre « universelle aragne » à nous. Juste un haussement d’épaules … Plutôt elle que lui, plutôt celui-ci que celui-là… Rien pour marcher en chantant vers des dépassements.

Or, c’est de ça que nous aurions besoin. Un nouveau projet emballant. Un leader qu’on veut suivre. Des objectifs qui méritent des sacrifices. Notre plus gros problème n’est pas cette crise financière qu’on nous promet, c’est de ne plus avoir de projet de société. Nous ne croyons plus vraiment à un véritable progrès social et il y a déjà une génération que collectivement l’on ne s’enrichit même plus !

Les gros ennuis que la crise va nous apporter seront peut-être un bien pour un mal, s’ils nous arrachent à tous les petits problèmes mesquins qu’on vit sans même sortir de notre torpeur, mais il faudrait qu’on puisse suivre quelqu’un avec confiance. QUI ?

J’ai le goût de vous le demander. De tous ceux que l’on connaît et qui ne sont PAS des homme politique, n’y en a-t-il pas un en qui vous auriez confiance pour définir un but, un projet et un plan que nous suivrions avec enthousiasme ? Cherchez bien dans toutes les sphères d’activités, car ce n’est pas d’un spécialiste que nous avons besoin. Nous avons besoin de quelqu’un qui fasse consensus et qui nous inspire…

Si chacun identifiait son leader idéal et le disait a tout le monde, des noms surgiraient sur lesquels se bâtiraient des consensus de plus en plus larges… Et au lieu d’attendre qu’un nouvel ambitieux se pointe et veuille nous convaincre qu’il est le messie, on découvrirait chez-nous la perle rare, qu’on pourrait aller chercher a sa charrue comme Cincinnatus et qui sortirait peut-être notre société du marasme…

Vous avez des idées ?

Pierre JC Allard

27-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -23

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

27 novembre (23/33)

UN TEMPS POUR RESSENTIR…

En ce lendemain du débat des chefs, j’ai fureté de-ci de-là sur la Toile, parlé à gauche et à droite – au propre comme au figuré – cherchant à voir si quelqu’un avait convaincu qui que ce soit de quoi que ce soit et si quelque chose avait changé… puis j’ai tout a coup compris que je cherchais mal et que je voyais tout à l’envers.

Je cherchais des électeurs qui auraient changé d’opinions. Je sautais une étape, car les changements d’opinions, si changements d’opinions il devait y avoir, ne viendraient que plus tard. Pour l’instant, chacun redevenait simplement lui-même, ramené par ce débat qu’il avait vu un peu par habitude et sans grand intérêt, à une réalité qu’il aurait préféré ne pas voir .

OUI, il y aura une crise, et OUI il faudra s’en occuper, et OUI il faudra faire confiance à quelqu’un… Mais à qui ? Tout entier dans la parfaite insignifiance de son train-train quotidien, de la première neige, des cadeau des fêtes et du party de Noel, chacun qui n’a jamais connu une crise, ne sait pas vraiment de quoi il s’agit et n’en sait donc pas les causes ni les effets.

Chacun redevient lui-même et se prépare à choisir en fonction de sa nature profonde, sans trop d’attention pour les faits ni surtout pour les idées. Chacun se retrouve et va se lover dans ses émotions primales.

Ce lendemain de débat, j’ai retrouvé inchangés, au Québec de 2008, les deux clans que j’avais déjà identifiés il y a une décennie : les Peurdurix et les Ombelix.

 Je vous invite à lire CE TEXTE. Plus de gauche ni de droite qui tienne, juste des gens pour qui, comme le disait si bien André Gide, l’importance est dans le regard et non dans la chose regardée.

Pour les idées, on les a déjà depuis longtemps. Pour le évenements, on n’y comprend rien. Reste à trouver celui ou celle qui fera marcher cette machine compliquée qu’on appelle une société et dans laquelle on est sans l’avoir demandé à une place qu’on n’a pas choisie. On se résigne donc à ne plus réfléchir, mais à RESSENTIR.

On nous consulte pour passer le volant ? Ah bon… Tiens, lui il a l’air sérieux, mais pas très avenant. Il nous bouscule. Abusera-t-il de nous ? Et le petit jeunot ? Il sourit, il pense vite, y a-t-il plus important que de penser vite quand on est en terrain inconnu ? Et la dame ? Sait-elle vraiment ce qu’elle doit faire, ou ne veut–elle que faire ce qu’elle sait faire ?

Si ces gens se taisaient et nous laissaient ressentir, tout irait mieux. De toute façon, on ne les écoute plus… On veut suivre nos instincts, la peur et la vanité… après on verra bien…

Pierre JC Allard

26-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -22

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

26 novembre (22/33)

À BIEN Y PENSER…

Il n’est pas si faux qu’on pourrait le croire de prétendre que cette campagne commence avec le débat d’hier. La stratégie du système, consistant a dire que Charest est le seul gagnant possible, a été menée rondement, mais qui fréquente les blogues ne voit pas cette vague de fond. Ne la voit tellement pas, qu’on en vient à en douter…

Un scepticisme qui s’accroît encore, quand on se souvient de tous ces sondages dont on nous a abreuvés durant la campagne fédérale et dont force est de constater qu’ils n’ont pas seulement été erronés, mais publiés pour tromper. La manipulation qui est l’essence de la démocratie médiatique semble s’être hissée a un nouveau palier… Mais il y a les médias-citoyens. Un hâvre pour la liberté quand souffle l’ouragan du mensonge.

Charest avait-il 14 point de pourcentage d’avance au sein de la population avent le débat ? On ne le saura jamais, mais les sondages qui suivront devront tenir compte des limites à la crédulité populaire. Osera-t-on nous dire que Marois, hier, n’a pas marqué des points ? Et si on en tient compte, déterminera-t-on le nouvel écart « correct » par un savant calcul, ou ira t-on au plus pressé d’affirmer simplement qu’il y en a un… disons de 7 ou 8 points ?

Si on en met trop, la population ne croira pas que la performance lamentable de Charest – et les FAITS qu’elle a tenté de dissimuler – peuvent avoir eu si peu d’impact ; si on l’écart trop mince, on risque de déclencher un effet d’entrainement en faveur du PQ, perçu alors comme en remontée.

Et il y a Dumont. Il y a des semaine qu’on veut le montrer en totale décrépitude ; or, on vient de le voir habile, déterminé, meilleur orateur que Charest, beucoup plus créatif…… et infiniment plus sympathique.

Je ne vois pas Mario en premier ministre. On nous a tant convaincus qu’il ne pouvait pas prendre le pouvoir, toutefois, que les défauts de Dumont n’ont plus d’importance. Ses qualité, au contraire, apparaissent bien utiles dans l’opposition, si nous devons être gouvernés par un Jean Charest dont on sait plus que jamais qu’il n’a pas de respect pour la population québécoise et qu’il peut dissimuler et mentir sans vergogne.

Si j’avais voté adéquiste l’an dernier, et que j’avais vu la performance de Dumont au débat, je ne suis pas du tout certain que je changerais de loyauté… Un gouvernement Marois minoritaire avec un bonne présence adéquiste serait le meilleur résultat pour le Québec. Puis on irait voir combien de milliards sont disparus de la Caisse… et on ferait pour le mieux.

Pierre JC Allard

25-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -21

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

25 novembre (21/33)

LES VRAIES AFFAIRES

Il y aura un débat des chefs ce soir… De quoi nous parleraient nos politiciens, s’ils voulaient vraiment que la population ait un mot à dire dans sa gouverne ? Ils nous parleraient des choses que vous avez toujours voulu savoir, mais que vous n’osez plus demander.

1. D ‘abord, s’il y a une crise et qu’on veut des sous, pourquoi pas un impôt sur le capital ? Pourquoi s’en tenir aux REVENUS, alors que c’est l’argent des milliardaires qui roupille et qui cause problème ?

2. Pourquoi ne pas ne pas mettre en place un système de travail-revenu garanti pour tous, plutôt que ces mesures sottes de création d’emplois alternant avec des paiements de transfert pour ceux qu’on n’arrive pas à caser ? On ne réalise pas combien il est stupide de dire qu’on manque de travail dans une société où il y a encore tant à faire ?

3. Ensuite, quand on parle santé, pourquoi ne pas former en grand nombre les ressources médicales spécialisées nécessaires, qu’on rémunérerait le tiers ou la moitié du revenu d’un docteur en médecine – qui n’est pas toujours ce dont on a besoin – … et fournir a chaque Québécois un médecin qu’on payerait par capitation et qui l’ACCOMPAGERAIT dans sa démarche de santé ?

4. Pourquoi pas une éducation reposant sur une relation personnelle entre une élève et un enseignant, comme Illytch en parlait, il y déjà trente ans, plutôt qu’une formation en polyvalentes qui ne sont que des garderies pour adolescents ? Pourquoi ne pas s’en remettre aux enseignant pour toute pédagogie ne laissant à l’État que l’évaluation normative ?

5. Et si on parlait un peu de la justice GRATUITE ? C’est une ignominie que, dans un État de droit, on doive payer pour obtenir justice et qu’il n’y ait donc pas de justice pour le monde ordinaire.

6. Il y a aussi à la question de la criminalité. Va-t-o comprendre enfin que le but premier de la justice qu’on dit pénale ne devrait pas être de punir ni de réhabiliter les criminels, mais de protéger et d’indemniser les innocents ? Qu’est-ce qu’on attend pour proposer une nouvelle approche ?

7. Quant à la culture, il faut qu’on sorte d’une rémunération basée sur la limitation de l’accès aux œuvres – une méthode qui incite à la tricherie et qui brime la diffusion de la littérature comme des arts – pour passer à une rémunération, pour chaque créateur, correspondant à sa part déterminée par les consommateurs de ce que le consensus social choisit de consacrer à la création artistique et littéraire.

Et ce n’est qu’un aperçu de ce dont il faudrait discuter. Pendant ce temps, des gens qui n’y connaissent rien énoncent des chiffres, nous demandant si on prefère investir 1 000 000 000 ou 600 000 00 de dollars en création d’emplois… alors que ce sont naturellement les circonstances qui dicteront la marche à suivre. On ment, on dit des bêtises… et on évite surtout soigneusement toutes les vraies questions.

Pierre JC Allard

24-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets – 20

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

24 novembre (20/33)

LA LIBERTÉ COMPLAISANTE

Madame Marois a fait bonne figure à Tout Le Monde En Parle. Le contraire aurait été bien étonnant. Quoi qu’en dise Guy A. Lepage, il est tout à fait évident que le traitement réservé aux invités n’est pas le même pour tous. La presse est libre… elle peut être complaisante.

Avant de hurler à la partialité, à l’ostracisme, au favoritisme et que sais-je, il faudrait tout de même, cependant, jeter un regard lucide sur le comportement des médias en général et s’interroger sur la loi électorale.

La loi qui limite les dépenses électorales est une fumisterie, puisque l’on interviendra avec fermeté pour porter plainte contre le citoyen ordinaire qui distribue quelques tracts de son crû, on dénoncera avec vigueur une publicité de trop par un parti qui ne l’aura pas comptabilisée, on aboiera contre un blogueur, mais sans trop de véhémence, car la blogosphere commence a avoir des muscles … mais on accepte sans broncher qu’un journaliste – ou pire, un groupe comme Gesca – soutienne a pleines pages un parti ou un candidat.

Il y a la liberté de la presse à défendre… Oui, oui, on veut bien, mais il faudrait être stupide pour ne pas voir que l’opinion d’un chroniqueur comme Foglia ou Lagacé, ou d’un éditorialiste comme Pratte ou Sansfaçon, a sur le vote une influence autrement plus forte que celle du premier quidam venu. Ici, l’hypocrisie est totale.

Totale, car on ne peut pas sérieusement prétendre qu’on égalise les chances entre les partis en contrôlant leurs dépenses, alors que la publicité gratuite – ou apparemment gratuite – qui suinte de tous les médias a un impact que n’aurait pas une fortune en publicité payée. On pourrait corriger cette situation, mais on ne le veut pas.

Pourquoi ne pas baliser la liberté et la complaisance ? Ce n’est pas pour favoriser un parti plutôt qu’un autre, car tous les partis susceptibles de prendre le pouvoir ne sont que des factions d’un seul grand parti unique du statu quo qui permet que notre élite financière nous applique son programme. C’est toujours, pour l’essentiel, bonnet blanc et blanc bonnet.

Il ne s’agit pas tant d’en favoriser un que de les favoriser tous et le processus avec eux, de soutenir l’intérêt des électeurs dans notre démocratie médiatique dont toutes les discussions qui prêteraient vraiment à controverse sont résolument bannies. On a transformé le processus électoral en spectacle, en favorisant les aspects ludiques et surtout ce qu’on peut y introduire de suspense.

Dans ce contexte, que TLMEP devienne un petit écrin douillet pour Madame Marois ne me semble pas une ignominie. Tout au plus un élément d’un problème autrement plus vaste : les vraies questions ne seront jamais abordées. ON y apportera les réponses correctes et on nous tiendra au courant. Quand ce sera absolument nécessaire…

Pierre JC Allard

23-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets – 19

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

23 novembre (19/33)

HIPPOCRATE ET LES HYPOCRITES

Si mon toubib arrivait chez-moi à l’aube sans prévenir, pour m’éveiller et me dire de ne pas m’inquiéter, je pense qu’il me faudrait un peu de Valium… Si ce n’était pas mon toubib, mais un de ses collègues, me disant que le mien a besoin de repos pour quelques temps, il m’en faudrait un peu plus et je regarderais avec une certaine appréhension toutes ces fioles sur ma table de chevet. Dites, Docteur, votre collègue mon toubib en titre, vous êtes sûr qu’il était reposé quand il m’a donné cette liasse de prescriptions ?

Quand Fernand Perreault, « président pas intérim de la Caisse » vient nous rassurer un vendredi soir par une conférence de presse qui coincide presque avec la fermeture des marchés pour le week-end, il nous fait bien plaisir. D’abord, on sait qu’il y a vraiment un nouveau barreur, ce qui est prudent avec toute cette houle et le vent qui ne tombera pas avec le serein. Ensuite il nous replace dans une problématique de bon sens.

Le bon sens, c’est que, comme je le soulignais hier, la Caisse est le lac vers lequel affluent nos épargnes ; elle n’a rien à inventer pour s’enrichir, juste à ne pas faire de bêtises. Donc, quant on nous dit que le flux des entrées et sorties da capitaux la Caisse est positif et le sera encore pour des années, on dit exactement ce qui est vraiment important.

Il me rassure encore plus quand il précise qu’il calcule ses liquidités sans tenir compte des 12 milliards de papier commercial à ses livres, vu que la valeur de tout ce papier commercial est disons… incertaine. Merci Docteur , je vois que la Caisse respectera la première admonestation d’Hippocrate » : Primum non nocere. D’abord ne pas nuire. Gestion prudente. Compris. J’aime Hippocrate.

Quand Perreault nous dit que la Caisse va « bien » – ce qui est formellement vrai – il évite toutefois soigneusement de nous donner un bulletin de santé qui, hélas, ferait vraisemblablement la preuve qu’elle ne va pas « mieux ». Sinon, on l’aurait dejà su… Vous savez, ces 12 milliards… Passons.

Pourquoi parler de mieux, alors que l’essentiel est qu’on n’ait pas chaviré et qu’on pense gagner la jetée sans encombres ? Parce que la Caisse avait une régate à gagner contre le Dow Jones. Si elle ne retire pas un meilleur rendement de nos épargnes que nous pourrions le faire en éparpillant nos jetons au hasard sur le tapis vert, elle ne devrait pas se mêler d’investir. Alors dites moi, skipper, cette régate, on la gagnera ?

C’est a dessein que je vous promène entre deux métaphores. Si vous m’avez suivi, donnez-vous tout bon : vous pouvez suivre le parcours de Jean Charest. Vous comprenez que le gouvernement exige de la Caisse une performance de placements à risque, car il faut gagner cette régate, mais avec une gestion de médecin de famille, car il y a une méchante grippe qui rôde et il ne faut pas compromettre le bas de laine des Québécois.

Bravo. Il ne vous reste plus qu’a comprendre que le gouvernement n’intervient pas dans la gestion de la Caisse, afin d’éviter de politiser les activités de celles-ci, mais que, par un simple effort de pensée, il peut susciter chez celle-ci un vif désir de s’exprimer en pleine campagne électorale pour rassurer les badauds. Compris. Mais je n’aime pas les hypocrites.

Pierre JC Allard

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