Nouvelle Societe

23-04-09

Durban II. Israël me les casse…

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01
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A la frontière de l’Inde et du Pakistan, quelque part entre Lahore et Amritsar, il y a Wagha.   Depuis des décennies, chaque soir au coucher du soleil,  l’armée indienne et l’armée pakistanaise s’affrontent.  Chacune sagement de son côté de la frontiere, elles font assaut  de patriotisme. Chants martiaux, déclarations fulminantes, drapeaux au vent, compliments pour les siens et quolibets pour l’adversaires, des MILLIERS de spectateurs viennent jouer à la provocation.   On s’amuse bien…

 La céremonie de Wagha est une tradition. On a rentabilisé une animosité de façade – car on est Punjabi de part et d’autre – en faisant des CD et des videos.  Quand New Delhi et Islamabad s’invectivent, c’est à Wagha qu’on comprend que tout n’irait sans doute pas si mal entre les frères ennemis, s’il n’y avait des intérets étrangers  pour pétroler et leur dire sans cesse qu’ils se détestent.  Mais se voir pour s’insulter n’est pas la meilleure façon de se réconcilier…

Pourquoi cette reunion à Durban sur le racisme ?  Pas que le racisme ne soit pas un problème sérieux, mais a-t-on vraiment du neuf à en dire ?  Quelqu’un va-t-il se lever et defendre le racisme ?  Et s’il n’y a personne de l’autre côté de cette barricade, ne devrait-on pas discuter d’autre chose ? Il y a unanimité à condamner le racisme.  Un “Durban” n’a donc d’autre but que de dénoncer chacun son démon raciste favori, ce qu’ils auraient pu faire chacun chez soi – comme ils le font d’ailleurs tous les jours.  Un Durban n’existe que pour profiter d’une couverture médiatique que le sujet autrement ne se serait pas mérité.

Rien de mal à être sous les projecteurs. L’ennui, c’est que, puisque l’on n’est là que pour être vu, il faut bien se rendre visible…   Visible en n’y allant pas, en n’y allant que pour en partir ou en y envoyant faire des pitreries.  Show business,  au risque de traiter comme une soirée des Oscars un événement  sans doute inutile, mais dont le thème devrait imposer le respect.  Quand on fait du Hollywood avec du sérieux, on se rend ridicule… Ridicule et odieux.

Les Juifs et sympathisants qui sont allé chahuter à Genève se sont rendus ridicules et odieux. Ahmadinejad n’est pas mon leader préféré; il n’est pas ma bête noire non plus… Il fait ce qu’il peut pour gérer un pays qui est devenu le souffre-douleur des Américains, ce qui n’est pas facile.  Allez courir avec le gorille de 800 livres sur le dos !  Et, pour autant que je sache, il n’y a pas de racisme virulent en Iran.  Il y a certes des racistes, il y en a partout, mais l’Iran n’a pas une politique raciste.

Alors se faire un petit succès médiatique  en vociférant comme des cons  pour couvrir la voix du Président de l’Iran n’est pas un geste qui honore Israel.  En fait, ca attire surtout l’attention sur le fait qu’on ne tue pas de Juifs en Iran, alors qu’il y a bien, en Israel et en Palestine, des innocents qui sont tués tous les jours, depuis longtemps…

Alors les Elie Wiesels et assimilés rendraient plus service à la cause juive, s’ils rentraient en Israel y dénoncer les exactions de leur propre gouvernement, plutôt que de rendre inconfortables ceux qui, comme moi, ont parfois dit du bien d’Israel… et de créer des antisémites par centaines en venant ajouter la bêtise et la vulgarité à l’équation.

Petit detail. En 1942, ma mère a gagné un prix littéraire au Canada pour un  article intitulé “Petit plaidoyer en faveur des Juifs”.  C’était en 1942 et la judéité n’avait vraiment pas la cote; on pourrait parler d’appui dans l’adversité…  Petit détail, mon premier associé, lorsque j’ai commencé  a pratiquer le droit, était juif…  et il y en a eu d’autres. Détail encore,  il y a quelques années, j’ai écrit ce texte, que personne ne m’avait demandé

Ces petits details seraient sans aucune pertinence, si je parlais de tout autre sujet.  Parce que je parle d’Israel, c’est moi qui suis presumé avoir le fardeau de prouver que je ne suis pas antisémite.   C’est ça qui me les casse.   

 

Pierre JC Allard

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