Nouvelle Societe

26-06-09

267 Le Parti Québécois : arrêtons les frais

On peut se raconter des histoires longtemps. Les individus se fantasment des liaisons oniriques avec des vedettes rock pour accueillir la puberté et traverser l’adolescence, puis de grandes passions pour se consoler d’un ou plusieurs mariages tristounets, vivre avec des maîtresses ou s’en passer, puis accepter que la vie passe.. Ils s’inventent aussi des hobbies qui font de chacun le meilleur en quelque chose… puis la vie est passée.

Même chose pour les nations, ça dure juste un peu plus longtemps. En 1960 – j’étais là – nous, Canadiens d’expression française, avons pensé que le rêve d’un État-Nation – qui avait toujours existé depuis les Plaines d’Abraham – pouvait se réaliser. André d’Allemagne – d’autres aussi, mais surtout d’Allemagne – ont vu une fenêtre d’opportunité pour créer une Etat francophone en Amérique. Nous allions être Québécois

Génial, car la fenêtre était là ! Guerre froide, de Gaulle en France, révolution tranquille, explosion de l’éducation…. et cent variables qu’il serait trop long d’expliquer. L’indépendance était souhaitable et POSSIBLE. Bourgault l’a bien montré. François Aquin l’a vu et, via Aquin, Lévesque et Lesage. Surtout, toutefois, Daniel Johnson l’a vu, pour qui l’indépendance, c’était reposséder toute la révolution de Lesage et doubler la mise.

Johnson voulait l’indépendance. D’autres aussi. Suite à l’appui qu’avait audacieusement donné de Gaulle en 1967, du balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal, du départ de Aquin du Parti Libéral et de la création du MSA de René Levesque en novembre 1967, l’option souverainiste devenait majoritaire auprès de la clientele libérale comme unioniste.

Avec le triomphe historique de la droite nationaliste en France en juin 1968, suivie de l’arrivée au pouvoir de Pompidou, grand ami du Québec, l’indépendance, à la fin de l’été 1968, n’était plus seulement possible, mais probable. Si Johnson n’était pas mort en septembre 68, une élection en 70 aurait eté référendaire et le Québec aurait été indépendant en 1971.

Il suffit de peu pour s’éveiller d’un rêve. Après la mort de Johnson, l’option souverainiste est devenue minoritaire, à l’Union Nationale comme au Parti Libéral. L’indépendance a cessé d’être possible après la Crise d’Octobre, puis le monde a changé peu à peu et elle à même cessé d’être souhaitable. La fenêtre d’opportunité s’est fermée.

Attention ! Il serait toujours bien chouette d’avoir un passeport québécois, et de se dire indépendant. J’ai voté OUI aux deux autres référendums, et je voterai OUI au prochain si on s’amuse à en faire un autre, mais il n’est plus souhaitable de passer tant de temps à en parler, ni d’en faire le pivot de notre avenir. L’indépendance n’ajouterait RIEN de significatif aux pouvoirs du Québec et RIEN au quotidien des Québécois. De la fierté, et je voterai oui pour ça, mais rien d’autre.

On ne semble pas comprendre que l’indépendance, dans le sens qu’on lui donnait en 1960, n’est plus aujourd’hui l’apanage que de quelques grands espaces autarciques : USA, Chine, Europe… 70 % de la législation française reproduit exactement celle de l’Union Européenne… Les contraintes que doit supporter le Québec sont celles qui lui viennent de Washington et des institutions internationales, pas d’Ottawa.

Dans ce contexte, le clivage pour ou contre l’indépendance est nocif pour le Québec. Il crée un contentieux inutile, non seulement entre la majorité francophone et les minorités, mais au sein de la majorité elle-même. Surtout, aussi longtemps qu’un des deux partis d’alternance au Québec doit porter le boulet d’une option indépendantiste le jeu politique est faussé.

Le vote opposé à l’indépendance suffit à créer une majorité pour les tenants de cette option, même si ne viennent s’y ajouter que les voix d’une minorité réactionnaire, totalement dénuée d’imagination ou d’une volonté de progrès, qui n’a alors aucun besoin d’être représentative de la pensée politique du Québec pour imposer son agenda. L’évolution démographique ne fera qu’aggraver ce biais.

Il faut au Québec une alternative crédible au Parti Libéral. Le Parti Québécois ne peut pas être cette alternative, car il est identifié à une volonté d’indépendance. Mettre cette option en veilleuse ne règle rien, car l’indépendance étant la raison d’être du Parti Québécois, y renoncer serait l’ablation simultanée de ses méninges, de son coeur et de sa créativité. On ne convaincra personne qu’il a fait ce sacrifice.

Ce rêve de l’indépendance a fait son temps. Celle-ci viendra quand, signifiant de moins en moins, elle ne signifiera plus rien et nous échoira comme un fruit mur… En attendant, Il faudrait, pour le bien commun, que le Parti Québécois disparaisse, que le clivage politique se fasse autrement et que les Québécois rêvent à autre chose.

Pierre JC Allard

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18-06-09

259 Bongo; le temps béni des colonies

Le président Sarkozy et l’ex-président Chirac sont aujourd’hui à Libreville pour les obsèques du Président Bongo. Beaucoup d’égards pour le chef d’un petit pays – avec la population d’un modeste département français – et qui est si loin… Quitte à faire rigoler les cyniques, on peut penser qu’ils ont eu tous deux une certaine amitié, pour cet homme qui, actif bien avant eux dans de cette entité géopolitique virtuelle qu’on appelle la « Françafrique », leur en avait peut-être enseigné les subtilités et les rouages.

Un département français. C’était bien ce qu’aurait voulu devenir le Gabon, si De Gaulle ne s’y était opposé. Pourquoi celui-ci ne l’a-t-il pas voulu ? Dans doute parce que le Géneral, qui voyait toujours plus loin que son nez, qu’il avait pourtant fort long, avait perçu que ce petit pays avait toutes les qualités qui en ferait un solide point d’ancrage pour une présence indéfinie de la France en Afrique. Un rôle dont, en 41 ans de régne, Omar Bongo a fait que le Gabon ne s’écarte jamais.

Dans les années « 80, représentant d’une compagnie canadienne pour quelques négociations, j’ai passé plusieurs fois des semaines, parfois des mois au Gabon. J’ai coulé des jours confortables et tranquille, dans ce pays presque tenu indemne des vicissitudes de l’indépendance. La taille du Gabon – et la nature de ses ressources – en avaiet fait le modèle, impossible à reproduire ailleurs, d’une Françafrique demeurée coloniale en esprit et dont les dirigeants « pensaient français ».

Le Gabon était un pays improbable, dont on aurait pu greffer la capitale entre Nice et Cannes sur la Méditerrannée sans qu’elle y parût déplacée, mais dont l’hinterland abritait la mythique Lambarene du Docteur Schweitzer. Un pays béni d’assez de pétrole pour le garder riche, avec un compagnie petroliere payant ce qu’il fallait de salaires pour que vive sans griefs cette petite proportion veinarde de la population qu’elle employait… et une Ambassade de France dont on disait qu’elle venait bien discrètement ajuster les fins de mois…

Il y avait du pétrole au Gabon. D’immenses arbres… et la paix. Des ressources minières abondantes, aussi, mais qu’il ne paraissait pas si urgent exploiter. Ce qui permettait de le faire avec désinvolture, puis de ne plus le faire, puis de recommencer… Une large proportion de la population gabonaise, répartie en ethnies, chacune de celles-ci le fief d’un des ministres de Bongo, vivait souvent plus de la générosité de celui qui lui servait ainsi de parrain que de quelque lien entre un travail et un revenu. Arrivait un hôpital, une école, une route…

Cette population, épiphyte sur une nature généreuse dont on lui laissait la jouissance après en avoir tiré ce qu’il fallait pour les exportations, récriminait peu et on ne la dérangeait pas trop. Le peuple gabonais ne semblait pas tant opprimé qu’un peu laissé à l’abandon… On n’en parlait jamais d’ailleurs… Si jamais « le temps béni des colonie » a eu un sens autre que sarcastique, c’est sans doute au Gabon

Je soupçonne les Chefs d’État français d’avoir rêvé la Francafrique comme un énorme Gabon. Avec des élites assez riches et sécures pour être débonnaires et des populations sans angoisses. Mais le Tchad, le Congo, la Côte d’Ivoire et tous les autres n’étaient pas le Gabon…

Aujourd’hui que d’autres parrains – Américains, Chinois et que sais-je – viennent prendre la relève d’une France qui à besoin de toute son attention en Europe, je comprend bien que l’on vienne de si bonne grâce verser un pleur sur la tombe de Bongo. Car la Francafrique s’évanouit et c’est aussi de cette relation spéciale avec ses anciennes colonies que la France se prépare à porter le deuil.

Il est juste et bon de le faire au Gabon, car nulle part ailleurs, sans doute, la France ne sera regrettée aussi sincèrement. Et si on voulait commencer un nouveau partenariat avec l’Afrique – ce qui serait LA SEULE SOLUTION aux problèmes des anciennes colonies – il n’y aurait pas de meilleure occasion qu’à Libreville. Maintenant.

Pierre JC Allard

06-12-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -32

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

6 décembre (32/33)

DU PAREIL AU MÊME, MAIS…

Pourvu qu’il fasse beau et qu’il fasse doux ! Ce serait bien que les gens qui ont décidé que cette élection ne valait pas une minute d’attention, soit encouragés lundi par un soleil complice a aller s’exprimer. Un vote. Juste un petit vote…

Je suis de ceux qui ont dit. au début de cette campagne, qu’elle battrait sans doute tous les records d’abstention. Quand Jean et Pauline nous ont pondu des promesses-programmes en copiés-collés, ils ne nous ont donné aucune raison non plus de bondir d’enthousiasme. On pouvait parler de la fin de la politique, comme on a parlé de la fin de l’histoire : il n’y a qu’une bonne solution et on la connaît. Les fonctionnaires la connaissent.

Comment, vibrer au simple choix de celui qui l’appliquera, quand les deux prétendants nous ont donné de bonnes raisons de souhaiter que ce ne soit pas eux ? Puisque ce sera du pareil au même, votons QS pour affirmer une prise de position pour la solidarité ou, s’il n’y a pas en soi un Jaurès qui someille, votons Vert et posons un geste pour l’avenir…

Mais le complot d’Ottawa a changé la donne. Si Harper tient tant a un gouvernement majoritaire qu’il force des élections – avec cette grossière provocation de l’élimination des subsides aux partis politiques – et est prêt à se garantir cette majorité en avivant l’opposition entre le Québec et le ROC, au risque que ce pays craque comme un noix, il ne peut y avoir qu’une raison : ON PRÉPARE DES MESURES QUE SEULS ACCEPTERONT DE VOTER DES DÉPUTÉS PARFAITEMENT TENUS EN LAISSE.

On se prépare à nous enlever des droits acquis et a brimer des libertés que nous croyons indiscutables. La violence trop tranparente de la réaction de Gesca à la Coalition – qui risque de priver Harper de ce pouvoir olympien – ne laisse planer aucun doute.

Dans ce contexte, il est VITAL qu’il y ait à Québec un gouvernement qui puisse servir de point de ralliement contre ce coup de force qu’on nous prépare. Il ne s’agit plus de choisir entre Charest et Marois, mais entre un parti Libéral qui ne représente qu’un choix électoral et le PQ, qu’on peit aimer ou non, mais qui est une véritable structure d’encadrement populaire, avec des liens déjà établis avec les syndicats et les autres forces vives de la nation.

Une attaque concertée se prépare pour changer les règles du jeu social et ce n’est qu’autour du PQ que peut s’organiser une résistance. Cette résistance sera plus efficace si le PQ est au pouvoir au Québec ; autrement, on devra lutter a la fois contre les deux paliers de gouvernement et cette résistance n’aura pas la légalité que confère la présence à la tête d’un État. Une situation bien dangereuse, car on n’a pas encore bien saisi ce que sera cette crise.

Pierre JC Allard

05-12-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -31

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

5 décembre (31/33)

Attention, danger !

Pas un seul sondage depuis le débat des chefs. Or il n’est pas besoin d’être grand clerc pour deviner que les Libéraux d y ont perdu des plumes. Tiens donc ! On ne veut plus rien voir ? On a arrêté la vidéo de l’opinion publique en marche sur l’image de Charest triomphant. Le PQ vient donc de faire son propre sondage maison – lesquels sont généralement plus fiables que ceux des médias ! – et découvre que Marois est encore à la traîne de Charest par 5,5%, mais en avance sur le vote francophone, ce qui signifie que le gouvernement Charest majoritaire n’est plus une certitude.

Par la même occasion on apprend que Dumont est remonté de 12 à 17%, ce que sa performance au débat justifie amplement. En condamnant ce matin la stratégie de Harper – qui pour garantir sa réélection fait du Québec un bouc émissaire et fait ainsi plus pour la souveraineté du Québec que les deux derniers leaders du PQ réunis! – Mario pourrait prendre encore un ou deux points, lui permettant de garder quelques sièges et son statut de troisième parti.

Et tout ça avant même qu’on n’ait pu noter l’impact sur les sondages du psychodrame d’Ottawa. Parions que les Québécois, qui ont eu durant des années la présence d’esprit de garder l’Union Nationale à Québec face aux Libéraux d’Ottawa, puis celle de voter pour un gouvernement souverainiste ici, tout en s’assurant qu’un gouvernement fédéraliste là empêcherait qu’elle ne se produise, auront cette fois la bonne réaction de basculer vers le PQ socio-démocrate pour se prémunir des horreurs qu’un gouvernement Harper majoritaire pourrait tenter d’imposer.

Si cette saine réaction se produit, on pourrait espérer une fragile victoire du PQ. Un gouvernement minoritaire du PQ est notre meilleur choix. Un gouvernement majoritaire libéral serait le pire, non seulement à cause de la bonne volonté à faire porter le poids de la crise au monde ordinaire qu’on peut imaginer entre les deux partis qu’ont si vaillamment soutenus les hommes de Gesca, mais à cause aussi de la réaction du mode ordinaire à cette gestion de la crise au profit des riches.

Je suis assez vieux pour avoir vu le monde changer. L’oppression n’est plus une option facile. Les inégalités se maintiennent aujourd’hui chez-nous parce qu’on achète la complaisance des plus pauvres en leur donnant une pitance. Si une crise dérapait au point qu’on veuille les en priver, ne serait-ce qu’en réduisant un peu leur quote-part, on serait surpris en haut lieu de voir quelle agressivité a pu se développer au sein de la population.

Dieu nous préserve d’un duo Charest-Harper tous deux majoritaires.

Pierre JC Allard

04-12-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets -30

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

4 décembre (30/33)

« Les Français sont des veaux » (C.de Gaulle)

Je ne me permettrais pas de le rappeller, si je ne m’en sentais pas partie prenante. Les médias de Gesca, La Presse en tête, ont lancé un campagne sans réserve contre les Coalitionnistes qui veulent en finir avec Harper. Non seulement tous les chroniqueurs ont été invités à monter à l’assaut, mais les blogues de Cyberpresse sont pleins de commentaires qui viennent en rajouter. Je mets sérieusement en doute l’authenticité de ces commentaires.

Ceux qui ont rassemblé cette milice – ou plus probablement la petite équipe de rédacteurs qui produisent ces messages de supposés blogueurs – ont négligé deux choses : a) celui qui commente ne le fait que bien rarement une seule fois ; les pseudos dans la blogosphère ont un petit air de déjà vu. Quand un survenant apparaît dont le pseudo n’évoque rien, une petite lumière clignote dans l’inconscient. Quand tous ces nouveaux inspirés défendent UNE OPINION QUI EST À L’ENCONTRE DE CELLE DE PRÈS DE 80% DES QUÉBÉCOIS, on se dit que quelque chose se passe… b) l’écriture du blogueur-type est truffée de coquilles et pas seulement par ignorance, surtout parce qu’on est pressé et que l’intendance de l’orthographe suivra… Or, ces nouveaux blogueurs ont un langtage bien plus châtié que la moyenne…

Il se passe quelque chose. Mon opinion est qu’un certain establishment – dont Gesca est l’outil et une partie significative du cerveau – appréhende l’arrivée au pouvoir d’une gauche qui, en cette période de crise, disposerait d’un auditoire réceptif pour introduire dans la société cette équité dont c’est le premier but de l’establishment de se prémunir. On a donc lancé cette opération de manipulation de l’opinion publique en deux volets :

Dans le reste du Canada, on parle du complot des « Three Quebeckers ». Ces êtres différents des Albertains, viscéralement enclins au crime dont on a tant accusé Obama, de vouloir redistribuer un peu la richesse. Au Québec, cette accusation ne conduit personne à l’échafaud ; on tient donc un autre langage. Un galimatias, de constitutionnalisme, d’ironie facile et de mensonges, pour tenter de convaincre les Québécois qu’il ne faut pas empêcher Harper de gouverner a droite ce pays dont les DEUX TIERS DES ÉLECTEURS SOUHAITENT QU’iL LE SOIT AVEC INTELLIGENCE DE LA SITUATION. Ils pensent vraiment que les Québécois sont des veaux.

Pourquoi en parler dans ce billet consacré à nos élections provinciales ? Parce que c’est un même combat. Pendant que Harper continue sa provocation pour obtenir un autre scrutin dont il tirera enfin sa majorité – en faisant une campagne anti-Québec – il devient impérieux que nous, les provinciaux, nous donnions un gouvernement pour maintenir ici nos acquis sociaux.

C’est le moment de tout faire et de conclure toutes les alliances possibles pour que Charest ne soit pas élu. « Libéral », c’est le nom qu’on donne à un Conservateur au Québec. Harper à Ottawa et Charest à Québec, nous seront des veaux et ce sera l’abattoir

Pierre JC Allard

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