Nouvelle Societe

26-09-11

Jacques Duchesneau et les faiseurs de rois

Le Québec est dans l’émoi. La corruption est partout et la confiance nulle part.  On se demande le rôle de ces ombres de mafieux et de financiers derrière le trône. On s’interroge sur la démocratie.  Tout a l’air si bien ficelé et nous si bien ligotés… Où est le Sauveur ?  Exultez, braves gens, tremblez malfrats, Duchesneau arrive.  Il entre…

Trompettes et roulements de tambours ? Pas tout de suite. Une formalité : le sacre. Tant que le Roi n’est pas oint du Saint-Chrême, il ne guérit pas les écrouelles et le crime prospère  Qui va oindre le monarque ? Les medias, bien sûr: les faiseurs de rois. Il y a autant de “faiseurs de rois” au Québec qu’il y avait d’augures à Rome, mais ils ne sont pas tous égaux: l’Esprit souffle où il veut.

Si on enlève les prophètes mineurs, la grâce divine, aujourd’hui, ils sont deux à la donner.  D’un côté l’équipe Gesca, sous les couleurs Cyberpresse, et de l’autre un tigre tout seul dans son repaire : Guy Lepage sur le plateau de “Tout le monde en parle” (TLMEP).  Qui ceux-là oindront, règnera.

Quand arrive Duchesneau, on n’est pas si chaud, côté Gesca. Gesca, c’est l’establishment Desmarais. On roule pour le Parti Libéral du Québec et donc pour Charest.  C’est le gouvernement qui a nommé Duchesneau et en principe tout baigne, mais Duchesneau à la réputation d’un homme férocemment indépendant et n’est pas le vassal rêvé… GROSSE inquiétude, donc,  chez les Puissants, quand on a appris qu’il passerait à TLMEP, parlant au peuple par dessus la tête des hommes de Gesca.

DANGER !  Ce dimanche 25 septembre, la majorité des électeurs francophones sérieux du Québec –  (étant sérieux, disons, ceux qui savent que René Levesque a déjàété Premier Ministre ET qui pourraient peut-être voter aux prochaines élections…)  – va se river devant son téléviseur pour entendre le verdict qui sortira de TLMEP.  Duchesneau est-il « Celui qui doit venir » ou devons-nous en attendre un autre ?

Danger, car on a vu cet été Jack à TLMEP et le Québec en masse virer orange.  Maintenant c’est Jacques…  et s’il « passe » bien  on peut penser que les Québécois suivront.  Pas tous, mais assez d’entre eux pour nous donner un roi.    On peut se raconter des histoires, mais c’est Lepage qui a fait Layton, et c’est parce que Layton est devenu l’Oint du Seigneur que le Bloc Québécois est mort et que le NPD est né.  Personne au Québec n’est plus influent que Lepage.   On doit  penser beaucoup  en Haut Lieu…

Dans la plupart des pays du monde, les gens comme Lepage, on les achète ou on les tue.  Pas ici, naturellement, nous sommes une démocratie.  On y va donc plus soft, envoyant toute l’equipe Gesca aux barricades. Ils font ça, de temps en temps, avec une belle unanimité, dans les grandes occasions –

Ils l’ont fait, aux dernières élections municipales, pour dénigrer Richard Bergeron et s’assurer que le Maire Tremblay garderait la main et continuerait ses bonnes oeuvres, simple volet de cette corruption sur laquelle on voudrait toujours justement une enquête   Ils l’avaient fait, aussi, quand a plané la menace d’une entente PLC-NPD qui aurait pu remplacer Harper à Ottawa par une coalition de centre-gauche.

Gesca le fait quand le Système des banquiers et autres magouilleurs est en péril, pour lutter contre les méchants gauchises… ou pour s’assurer  qu’un homme qu’on ne contrôle pas ne prenne pas un peu trop d’importance.

Duchesneau n’est pas facile à contrôler. L’armada Gasca commence  donc à le canonner.  Un tir de salve  samedi 24.  Il y a du meilleur et du pire.  Voyez les liens, ça vaut le coup.

D’abord Marissal, qui est bien organisé dans sa tête, est le vaisseau-amiral.

“Jacques Duchesneau devait-il accepter l’invitation de TLMEP?  (…) Je pense qu’il aurait dû passer un tour” … “Jacques Duchesneau aime bien les médias… qui, depuis des années, le lui rendent bien (…) Personne à Québec ne contrôle M. Duchesneau, et celui-ci, visiblement, a décidé de s’occuper lui-même de son plan de communication.”… “ Bon coup pour TLMEP, mais erreur de jugement de Jacques Duchesneau….” .   Les tirs encadrent la cible.

http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/vincent-marissal/201109/22/01-4450460-lego-avant-le-devoir.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4450819_article_POS5

Lysiane Gagnon, l’est beaucoup moins…

(Duchesneau  va parler)… “à  tout le monde et à n’importe qui, alors qu’il était convoqué à une commission parlementaire pour mardi prochain. Interview au Devoir, passage à Tout le monde en parle… et tant pis pour les élus, qui devront attendre leur tour (…) Voilà un comportement qui suinte le mépris envers la classe politique et qui a de quoi vous faire douter, sinon de la crédibilité, du moins du sérieux de M. Duchesneau.”    Elle ne semble pas comprendre que la population est diablement plus importante que les élus. On lui expliquera…

http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/lysiane-gagnon/201109/24/01-4451012-la-politique-autrement.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_lysiane-gagnon_3265_section_POS1

Gilbert Lavoie mitraille aux rumeurs. Un peu vache. Disons à l’uranium appauvri:

“Jacques Duchesneau fait le tour des médias d’information sous l’étiquette des incorruptibles. Sa décision d’aller à Tout le monde en parle avant de présenter son rapport en commission parlementaire fait sourciller. M. Duchesneau voudrait faire campagne aux côtés de François Legault qu’il n’agirait pas autrement. Legault voudrait-il d’un tel électron libre? Pas sûr!

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/chroniqueurs/201109/23/01-4450912-labeaume-est-endette-jusquau-cou.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_gilbert-lavoie_3276_section_POS1

François Bourque  du Soleil, lui, y va dans le “ad hominem” .  À boulets rouges sous la ligne de flottaison. C’est le salissage “ésotérique” de Richard Bergeron « qui croyait aux OVNI » qui recommence:

(Duchesneau) “Ses leçons de vie qui flirtent avec l’ésotérisme et les cours de croissance personnelle….” “Un ton et une forme inhabituels pour un sujet qui commanderait de la sobriété (…)  La même sobriété qui aurait voulu que M. Duchesneau attende peut-être d’avoir comparu en commission parlementaire avant de comparaître à Tout le monde en parle””… “Il y en a qui à l’évidence aiment plus que d’autres se retrouver devant les médias….”

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/chroniqueurs/201109/23/01-4450917-le-risque-des-grands-projets.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_francois-bourque_3257_section_POS1

En renfort, Cyberpresse amène un peu de vraie expertise avec Simon Ruel, dans Le Soleil.

Lancer une Commission d’enquête peut entraver les poursuites criminelles “ la voie des enquêtes et poursuites criminelles est privilégiée ou encore la tenue d’une enquête publique est favorisée – les deux n’apparaissent pas conciliables, du moins tant que les enquêtes policières sont en cours” … “ Une commission d’enquête sur l’industrie de la construction, un pensez-y bien…

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/201109/23/01-4450790-lenquete-publique-un-pensez-y-bien.php

Et puisque le « reste du Québec » doit aussi s’exprimer, un article de la « Voix de l’Est » de Granby vient nous dire que « Jacques Duchesneau joue à la vedette »

http://www.cyberpresse.ca/la-voix-de-lest/opinions/collaborateurs/201109/23/01-4450819-jacques-duchesneau-joue-a-la-vedette.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4450065_article_POS4

***

Tous ces chroniqueurs de Cyberpresse qui chantent en canon sur un même ton ne me donnent pas une bonne opinion de l’impartialité de la presse.   Où est la liberté d’action du rédactionnel face à l’administration de Gesca ?

Cette levée de boucliers est apparue bien inutile, dimanche soir, car Duchesneau en demandant une « enquête publique à huis-clos devant trois juges » n’a rien proposé qui puisse mettre le gouvernement Charest dans l’embarras.  Il lui offre au contraire une merveilleuse procédure qui lui permettra de sembler donner raison à la population… tout en gardant la vérité sous le boisseau.. Car peut-on douter que ces trois juges seraient parfaitement discrets ?  Il pourra s’en discuter des choses sous ce boisseau …

Ceux qui souhaitaient un choc brutal entre le gouvernement et Duchesneau seront déçus.  Le gouvernement ne perdra pas la face… mais Duchesneau garde tous ses atouts. Gesca a servi une semonce qui semble mal placée et perd un peu plus de crédibilité,  mais ce seront les événements qui suivront qui nous permettrons d’en juger. Le grand gagnant de cette affaire, toutefois, demeure TLMEP… et on le verra dans les sondages de la semaine prochaine.

Je suis curieux de voir comment ceux qui ont le pouvoir politico-financier s’accommoderont  de celui grandissant de ce citoyen Lepage qui est à devenir l’unique faiseur de rois.

Pierre JC Allard

01-09-10

Bastarache: le point de rupture

Qui aurait pensé que le Juge Bastarache passerait à l’Histoire ? Enfin, son nom, plutôt, mais qu’est-on dans l’Histoire sauf un nom !  Oświęcim serait une petite ville industrielle de Pologne sans histoires, si ce n’était  de la mauvaise réputation qu’elle traîne et qui en a fait plus qu’un détail de l’Histoire…

Important un nom. Dans un siècle, au Québec, on confondra peut-être les 2 ou 3 Johnson et même les 2 Bourassa – et qui sait, « les » Trudeau –  mais Bastarache est un nom qui ne s’oubliera pas. C’est le nom d’une rupture.

Pour ceux hors Québec, un mot d’explication. On a tiré le Juge Bastarache de sa retraite pour qu’il préside une Commission d’enquête sur le processus de nomination des juges, processus dont on a contesté l’intégrité.  Important, mais encore bien plus qu’on ne le pensait, car on s’aperçoit  que cette Commission arrive comme la proverbiale paille, pour craquer le dos du chameau.

Il y a longtemps que la confiance se perdait, mais c’est cette Commission en trompe l’œil qui a poussé les citoyens à faire un bilan.  75%  des Québécois ne croient plus  la parole du Premier Ministre; on croit son accusateur.  C’est un seuil dans le rejet du pouvoir. On dira désormais « Bastarache »,  pour marquer la ligne de partage des eaux de l’Histoire du Québec.

Avant, il y aura eu une population jocrisse qui croyait en tous et en n’importe quoi. Ses curés, ses élites, ses journalistes, ses  politiciens, ses syndicats, une affirmation  nationale  progressive et un enrichissement constant dans une économie prospère.

Après, la religion sera apparue une affaire d’enfants ou d’étrangers, les élites comme des intellectuels déphasés ou des bourgeois profiteurs. Les journalistes – à de rares exceptions près – auront été perçus comme les larbins des groupes de presse ou d’inoffensifs protestataires qu’on aura mis au trottoir quand ils refusaient de le faire.  Politiciens et syndicats ? Une même omniprésente corruption. Affirmation nationale ?  En veilleuse.  Enrichissement constant dans une économie prospère ?  Parlons d’autre chose…

Avant, le citoyen lambda, malgré les rumeurs qui volaient parfois de-ci de là, croyait encore qu’il existait un havre  d’honnêteté dans la structure de la société ; une justice rendue par des juges.  Il voyait les avocats comme des exploiteurs sans conscience, mais il croyait fermement qu’il y avait, dans toute cour de justice, un juge  qui agissait de bonne foi. Un homme incorruptible qui cherchait la vérité et voulait la justice. Il pensait que, même accablé par l’argent et le pouvoir, le bon droit pouvait prévaloir.  Il avait des doutes, mais il le croyait. Maintenant, il ne le croit plus.

Maintenant, le citoyen lambda a déjà porté son verdict, avec ce total désintérêt pour les procédures qui est le propre de la justice populaire : il croit que les juges sont nommés arbitrairement par le gouvernement, sur l’avis de gens peu recommandables et qu’ils jugent en fonction des intérêts de ceux qui les ont nommés ou fait nommer. Des preuves ? Le citoyen se contrefiche des preuves formelles.

Il regarde autour de lui et il voit un monde de totale injustice où règne aussi la corruption.  Il fait des liens et des rapports  entre l’injustice qui est partout  et une Justice qui ne semble plus être là.  Il ne donne pas le bénéfice du doute ; il n’a plus de doutes.  Peu lui importe que les trafics d’influence, en supposant qu’il y en ait, ne s’appliqueraient que dans des dossiers « importants ».   Il est maintenant persuadé que même « ses » petites causes à lui ne sont pas jugées impartialement elles non plus.  Il découvre que le type en robe noire qui en décide du sort est un être humain qui a des amis, des parents, des intérêts… peu-têtre des faiblesses.

On vient de tuer ce qui restait de confiance dans l’esprit et le cœur du monde ordinaire. En élargissant l’enquête à la période péquiste – en soi un geste équitable –  Bastarache ne dédouane pas les Libéraux ; il  fait seulement qu’après avoir dit au peuple  « je t’ai trompé », le pouvoir  – qui reste UN, dans l’esprit des gens, quelle que soit sa couleur – lui ajoutera perfidement « …et je t’ai toujours trompé ! », rendant le divorce inévitable.  Bastarache va présider à un divorce.

Quel divorce ?  Le divorce entre  la population – qui prend le nom de peuple dans les grandes occasions – et  une certaine caste dirigeante qui la contrôle, la manipule et l’exploite sous couvert d’une pseudo démocratie qui n’est qu’un leurre. La désacralisation du pouvoir judiciaire qui résulte de l’inouïe stupidité qu’est cette enquête vient compléter, dans l’esprit des gens, la fusion des trois pouvoirs de l’État dans une même turpitude.   Si notre « démocratie », demain, était attaquée, qui prendrait sa défense ?

Dommage pour Bastarache, qui n’a rien à y voir ou si peu, mais il a eu la mauvaise fortune d’être celui dont on a choisi le nom pour désigner cet événement qui marque la rupture.  Dommage.   C’est sérieux, un nom et ça dure.  Monsieur le Juge devrait peut-être en changer …  comme cette petites ville des années quarante – Auschwitz – qui n’avait pas choisi les « industries » qu’on y avait installées.

Pierre JC Allard

27-07-09

298 Non aux PPP ? … Ô Felix Culpa..!

« O felix culpa quae talem et tantum meruit habere redemptorem »…

Beaucoup de théologiens on brodé sur le thème de l’ »Heureuse Faute » d’Adam et Eve, le péché originel, source de tous nos déboires, étant récupéré pour sauver la face de la divine providence et présenté comme une bonne affaire pour l’humanité qui y aurait trouvé l’occasion d’un sublime dépassement….

C’est le genre de raisonnement qui me donne le gout de frapper violemment des têtes de théologiens sur des murs de briques, mais ce n’est pas mon propos d’aujourd’hui. Je veux plutot parler ici de l’ »heureuse crise » actuelle, qui semble être arrivée à point pour éviter à la société québécoise une extraordinaire bêtise qui, à terme, nous aurait sans doute fait plus de mal que les virevoltes en Montagnes Russes des Bourses de Toronto ou de New York.

Heureuse crise, car la ministre des Transports, Julie Boulet, vient de confirmer que, la conjoncture n’y étant pas favorable, on annule le processus qui devait conduire au choix d’un consortium privé pour la rénovation/construction en PARTENARIAT PUBLIC-PRIVÉ. (PPP) de l’échangeur Turcot. Il semble bien qu’il en ira de même pour les autres projets du même genre dont nous étions menacés.

Pour comprendre que c’est une bonne nouvelle, il faut voir que, dans le contexte québécois, des PPP sont, disons… un peu incongrus

Il y a divers types de PPP, mais le plus connu est un projet mixte où l’État s’associe à des intérets privés, en apportant le contrat, la crédibilité, la clientele et une part non négligeable de l’expertise… tandis que la firme privée y ajoute aussi une expertise, mais surtout son nom et son désir sincère de faire du fric et de le distribuer avec générosité.

C’est dans le tiers-monde que ces associations ont permis les plus spectaculaires opérations. La variante la plus juteuse est celle ou une compagnie française, américaine, canadienne, etc. s’associe au gouvernement d’un pays-hôte étranger pour construire un port, un métro, un service public quelconque, en acceptant en paiement les revenus d’exploitation du dit service durant une période a négocier: 20 ans, 30 ans, 50 ans…

Bonne opération pour la compagnie, qui va faire pas mal de profits. Bonne affaire, aussi, pour le gouvernement du pays-hôte, lequel peut réaliser un projet qu’autrement il n’aurait pas eu les moyens d’entreprendre, parce que son partenaire privé – la firme étrangère- va lui apporter les fonds. Fonds qui, bien souvent, seront prêtés ou donnés par le gouvernement du pays d’origine de la firme étrangère.

Dans ce scénario, la population du pays-hôte va jouir d’un service qu’elle payera cher pendant longtemps, mais qu’autrement elle n’aurait pas simplement pas eu, tandis que son gouvernement se fera du capital politique et que ses politiciens et fonctionnaires toucheront souvent de généreux pots de vin. On pourrait dire que le dindon de la farce est le contribuable du pays donateur, mais il a généralement été informé de la politique d’aide au développement de son propre gouvernement; voyons-le donc plutôt comme un mécène.

Pourquoi ce scenario n’est il pas aussi intéressant si on pense à un PPP pour contruire une autoroute au Québec, par exemple ? Parce que ce n’est pas la compagnie, ici, qui dispose d’un source de financement dont son partenaire gouvernemental ne dispose pas. Au contraire, elle va chercher ses capitaux à la même source que ce dernier… et en les payant plus cher, car elle ne peut pas avoir une cote de crédit comparable à celle de l’Etat.

Pire si on pense à aller chercher un revenu d’exploitation de la population locale cliente, car le but de l’État québécois ne devrait pas être de faire un profit sur la population québécoise. Alors pourquoi un PPP ? Un bénéfice politique pour le gouvernement ? Doit-on penser que notre gouvernement serait motivé par des considérations aussi mesquines ? Éliminons d’emblée cette hypothèse, comme celle de pots de vins et autres indélicatesses au profit de nos gouvernants et fonctionnaires.

Il semble bien qu’il n’y ait pas d’avantages à des PPP au Québec. Nous sommes donc ramenés à la seule solution possible: cette façon de procéder avait été choisie par inadvertance, dans un moment d’aberration. Felix culpa, donc, si la dégradation des marchés financiers a fait disparaître même l’illusion d’une possible économie à utiliser ce procédé. Veinards que vous sommes…

Pierre JC Allard

27-06-09

268 M’enfin… Il a raison, Monsieur le président !

Scandale en France. Un contrat, des pots-de-vin, des fonds pour une campagne électorale… Une « affaire des commandites », mais pour des centaines de millions… et en plus musclé. Les ententes n’ont pas été respectées. Attentat, une douzaine de morts… Il y a 14 ans…

Dans son entrevue du 19 juin au Nouvel Obs, largement diffusée et enregistrée sur video, le Président Sarkozy nous assène une grande vérité: “On est dans un monde où tout se sait”. Il nous l’a dit franchement et en toute sincérité. Il a bien raison. La preuve définitive en est à se faire, puisque tous les faits de cette transaction avec le Pakistan pour l’achat de ces sous-marins de la DCN sont a sortir un à un, comme les petites details émoustillants d’une photo porno dans un bain d’acide.

Il n’est pas exclu, d’ailleurs, que le secret qui tombe en cette affaire ne fasse pas tomber celui entourant les frégates de Taïwan, car qui sait si la discrétion concernant l’une n’était pas conditionnelle à celle devant s’appliquer à l’autre…? Tout pourrait bien se savoir.

Il aura fallu 14 ans, mais on commence à voir clairement que quelqu’un a signé un contrat au nom de la France et ne l’a pas respecté. Contrat de corruption, mais celui qui ne paye pas a ici la vertu de celui qui filoute les filles dans une maison de passe: il est moins respectable que sa respectueuse. Voilons-nous la face, mais ayant passé 30 ans de ma vie à négocier des contrats dans le tiers-monde, je dois vous avouer pudiquement que j’ai déjà ouï de semblables pratiques et des bavures auxquelles elles peuvent donner lieu.

Une grande pudeur est ici de rigueur, car un certain demi-monde de violence n’est jamais bien loin des transactions importantes où l’État intervient. L’État, par définition, dispose de la force pour trancher arbitrairement les noeuds gordiens, mais la violence est latente, aussi, de quiconque veut traiter avec l’État ; il serait trop souvent berné s’il ne disposait pas de quelques arguments du même genre. Rien de neuf. Il y a déjà 30 ans que Toffler digressait sur le facteur “yakuza”.

La grande surprise, dans ce dossier, semble son aspect inachevé… Il semble étonnant qu’on ait lancé cet avertissement – car tuer quelques innocents n’est toujours qu’un avertissement – puis que tout le monde soit passé à autre chose. Il semblerait plus logique que la commission ait alors été dûment payée à qui de droit ou que d’autres violences se soient produites. Violences visant plus directement les responsables du défaut de payer… ou faisant table rase des protestataires qui n’auraient pas eu la force de poursuivre jusqu’au bout leur procédure de recouvrement.

http://www.liberation.fr/societe/0101597665-l-argent-au-c-ur-de-l-attentat-de-karachi

http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/10/17/attentats-de-karachi-des-commissions-auraient-ete-versees-jusqu-en-2008_1255377_823448.html

http://www.parismatch.com/Actu-Match/Politique/Actu/Charles-Millon-Chirac-m-a-demande-de-bloquer-des-commissions-illicites-106677/

Si quelqu’un veut vraiment suivre cette affaire, il faudrait donc voir si les commissions réclamées n’ont pas été versées à partir d’autres comptes dont un État doit disposer pour faire face à ce genre d’urgences. Il faudrait voir, aussi, si l’un ou l’autre de ceux dont les noms circulent en ce dossier – ou l’un de leurs proches – n’aurait pas été victime d’un accident dans les semaines qui ont suivi l’attentat. Voir, enfin, si quelques-uns des intervenants pakistanais ou des intermédiaires n’auraient pas disparu de la scène publique à cette époque.

Je dis bien : “Si quelqu’un veut vraiment suivre cette affaire”. Je ne le veux pas. Je doute fort que quelqu’un le veuille. La corruption, qui est le péché de Judas et qui a gangrené la gouvernance dans tous les pays qui sont ou se prétendent des démocraties, frôle malheureusement maintenant son niveau d’incompétence : le seuil de désordre où elle doit céder la place à la simple extorsion.

Ce n’est pas une coïncidence, si le capitalisme est en phase terminale. Maintenant que l’industrialisation a apporté l’abondance, le pouvoir ne dépend plus de la richesse; le pouvoir peut s’accaparer la richesse qu’il veut en manipulant les symboles. Il peut reprendre sa place de prédilection. Sa place au bout d’un fusil.

C’est ainsi que meurent les sociétés.

Pierre JC Allard

14-06-09

Mexique, drogue et corruption

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:21
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pistolet

L’Amérique est en travail.  Changer le systéme financier, changer le structure industrielle, mettre en place une gouvernance plus paternaliste, avec un couverture sociale digne d’un pays riche civilisé, tout en maintenant le développement de l’entrepreneuriat qui doit être la formule de l’avenir dans une économie tertiaire… Il y a du pain sur la planche.

Tout ca en réhabilitant l’image de l’Amérique dans le monde, en assurant la paix et en mettant fin aux relents de racismes qui alimentent la menace d’un communautarisme que favorise l’immigration en provenance des pays d’Amérique latine.   11 millions d’immigrés illégaux aux USA, dont la grande majorité de culture hispanoaméricaine. Un gros morceau à assimiler.

Surtout que ces Latinos ne sont pas vraiment des orphelins. Ils ont avec eux aux USA  30 millions  d’autres immigrants déjà citoyens ou en passe de le devenir et, surtout, derriere eux, le poids de bientôt 500 millions  d’autres Bresiliens, Mexicains, Colombiens, etc qui ont fait de l’Americain anglo-saxon un minoritaire sur ce qu’il croyait bien être « son » continent, en attendant qu’il le devienne aussi bientôt aux USA.

Cette transformation des USA en un territoire latin au sein d’un continent latin, oblige à gérer comme des problémes domestiques ce qu’on aurait encore vu, il y a 10 ans à peine, comme des dossiers étrangers.  Parmi ces dossiers en voie d’être internalisés, le plus grave est celui de la drogue.   Pas la drogue comme vice ou assuétude ; la drogue comme cause de violence.

Les USA sont à se rendre compte qu’ils ne peuvent pas vivre confortablement chez-eux, si entre en anarchie ou en guerre civile un pays qui les côtoie sur 3 000 kilometres de frontières, est l’un de leurs principaux partenaires commerciaux… et est par surcroit le lieu d’origine d’une part importante et croissante de leur population !

La situation  au Mexique se détériore rapidement. Des douzaines de morts, chaque jour, illustrent l’emprise croissante du narcotrafic sur l’économie et donc sur la société mexicaine et il est évident, pour quiconque a une certaine connaissance des faits et de l’histoire, que la situation ne peut qu’aller de mal en pis.

On feint de voir le phénoméne comme marginal, alors qu’il est l’expression emblématique du naufrage de la société mexicaine, lui-même prémonitoire de la désagrégation sociale de TOUS les pays du tiers-monde.   La problématique se résume en trois (3) phrases.

1) Dans une société pauvre où l’industrie et le commerce ne bénéficient qu’aux détenteurs de capitaux, c’est la criminalité qui est devenue la seule source raisonnable d’enrichissement pour les classes défavorisées.

2) Pour les classes aisées, la voie royale vers plus de richesse est la corruption.  À tous les niveaux et sous toutes ses formes.

3) Quand la criminalité et la corruption sont les activités les plus rentables, le lien entre gouvernants et gouvernés se brise et le désordre s’installe… jusqu’à ce que des factions se créent qui batailleront pour le pouvoir.

C’est la situation au Mexique et, si les USA n’interviennent pas, ils auront l’anarchie à leur frontière.  Des douzaines de Pancho Villa, mais sans romantisme et dont la plupart auront un cousin aux USA, peut-être même dans l’administration américaine…  La gangrène.

S’ils se font inviter à intervenir, pour des actions policières, ils seront eux, les éléments étrangers, les seuls éléments loyaux à l’État.  Il se créera contre eux un antagonisme des forces nationales, certaines sincèrement opposées à ce qui semblera une invasion américaine … d’autres simplement corrompues par les cartels de trafiquants. De ces actions policières à des actions militaires, le passage est facile et tient uniquement l’envergure des opérations. Si les USA interviennent ainsi au Mexique, ils y recréeront peu à peu un autre Irak.

La seule façon d’échapper à ce dilemme serait de saboter la corruption au Mexique en la privant de ses fonds. La priver de ses fonds, c’est la légalisation de la consomation de la drogue aux USA. Une mesure qui demanderait à Obama plus de courage qu’aucune des nombreuses autres décisions qu’il a à prendre…

Pierre JC Allard

13-05-09

Agoravox et l’inconvenance

J’ai parlé hier de la démocratie et de sa vulnérabilité à la corruption. Il faut bien aussi faire le constat, hélas, qu’elle est sans défense face à la manipulation. J’en ai eu une manifestation caricaturale, hier, quand Agoravox, le media citoyen français rival de Rue 89, a refusé de publier cet article sur la démocratie et la corruption.

Étonnant, car j’en suis à une cinquantaine d’articles sur Agoravox – dont le bestseller de la semaine dernière – et l’article n’est ni raciste, ni injurieux, ni moins d’actualité que la plupart des contributions… Par où ai-je péché ? Je réfléchis….

Le plus probable est qu’un modérateur exceptionnellement peu doué – ils sont quelques-uns – y ait vu un appel à la dictature, mais il ne faut pas négliger l’alternative : un élément de la vie politique française rend le sujet tabou. Hypothèse à ne pas négliger, puisqu’on m’invite à représenter l’article plus tard avec un complément d’information, ce qui, vu la nature du sujet, est surréaliste. Aurais-je écrasé un malencontreux doigt de pied ?

Quel fait divers peut avoir rendu le sujet délicat ? Le plus probable, c’est l’affaire Marleix. Alain Marleix, secrétaire d’État à l’Intérieur et aux Collectivités territoriales au Ministère de l’intérieur a fait pression auprès des autorités de la Sorbonne pour que sa fille, Laurence Saint-Gilles, née Marleix, y obtienne le poste bien convoité de maître de conférence.

Il y a généralement pour ces postes de 100 à 150 candidats et le milieu ne se gêne pas pour dire que la jeune impétrante, ne l’aurait pas eu et n’aurait même pas été appelée en entrevue, si le népotisme n’avait pas faussé la donne… Le milieu, mais aussi Rue 89 dont nous parlions plutôt et qui fait un million de visites par mois. Rue 89 a dénoncé le passe-droit, et tout s’est retrouvé dévoilé en noir sur blanc sous l’appellation “controverse” sur la bio dudit Secrétaire d’État sur Wikipedia. Méchant. Nomination annulée. Circulez, il n’y a rien à voir…

Méchant, mais on n’est pas toujours gentil en politique et un peu de copinage ne devrait inciter personne à déchirer sa tunique, sans quoi on irait nu ou bien dépenaillé sur toutes les routes de France et de Navarre. Si tout s’arrêtait là, on n’en parlerait donc pas plus que des autres indélicatesses qui fleurissent comme des pustules sur la face de l’État Là où tout ça a dérapé sérieusement, c’est quand l’allusion à cette petite pression du politique sur l’académique a été EFFACÉE du site Wikipedia. Bizarre…

Bizarre, qu’on aurait dit, il n’y a pas si longtemps, mais le monde va vers la transparence. Une petite recherche et l’on a vite trouvé que l’auteur de la manipulation avait opéré à partir…. du Ministère de l’intérieur ! Tiens donc ! On nomme sa fille, on fait marche arrière quand la nomination fait scandale puis un sbire “corrige” l’Histoire à la 1984. Vous vous souvenez ? “Qui contrôle le présent contrôle le passé, qui contrôle le passé contrôle l’avenir “ Un type bien, Orwell…. Quand l’État corrige l’information des médias en catimini, elle est bien moche la démocratie…

Quel rapport entre cette histoire et le refus d’un article par Agoravox ? Aucun. Sauf, peut-être, la propension des medias à s’écarter de tout sujet qui pourrait frôler l’inconvenance politique. Les Martiens et les soucoupes, Dieu et son Pape, Bush et les Tours,… ça va. Mais on ne parle pas de corde dans la maison d’un pendu, ni de corruption en France. Du moins pas cette semaine…

Pierre JC Allard

12-05-09

Cette mocheté de démocratie

Je suis depuis toujours un fidèle propagandiste de la démocratie. J’en demeure amoureux et je garde sa photo à mon chevet, mais, avec le début de l’Ere Obama qui va lui donner un nouveau sens, il devient nécessaire d’en parler davantage 

La démocratie n’existe pas. C’est un idéal à atteindre. Et encore, il faut préciser qu’elle n’est un idéal que si elle reste à sa place. La démocratie, dans une société, ne doit couvrir de ce que l’interdépendance qui nait de notre besoin les uns des autres, rend opportun de décider en commun.  J’en parle ailleurs, mais ici il ne s’agit pas de ce qu’elle doit couvrir, mais des contraintes qu’on rencontre à l’appliquer, même là où elle est nécessaire.

La démocratie vient dans une société quand celle-ci grandit et se complexifie. Le pouvoir dans un groupe est toujours à qui a la force, mais, dans un groupe où l’on est assez nombreux, la grosseur des biceps devient moins significative que le nombre des individus dans chaque faction. La force brute ne perd pas toute importance, mais le pouvoir réside de fait dans les alliances.  Disons qu’une majorité de gros biceps constitue une « majorité effective » et confère le pouvoir, « gros biceps » avec le temps, devenant gros gourdins, puis des fusils-mitrailleurs.

Chacun, pour satisfaire ses besoins et ses désirs, veut plus de liberté et donc de pouvoir; face au destin et à la nature, mais face aux autres, aussi.. En politique, « pouvoir » est le nom qu’on donne à la liberté de chacun quand elle empiète sur la liberté des autres. Chacun veut plus de pouvoir, mais, dans une société civilisée, cette quête du pouvoir est encadrée par l’ordre que fait régner la majorité effective.  L’ordre qu’exprime la loi imposée par l’État, dirigé par un gouvernement qui est l’émanation de cette majorité effective.

Plus une société est complexe, plus grande est l’interdépendance entre les sociétaires, plus grand est le pouvoir de chacun – à la mesure du besoin qu’ont les autres de lui – et plus un consensus est nécessaire. Si une majorité effective a la conviction que la loi incarne le bon droit, elle prendra toujours fait et cause pour la loi, puisque, dans une société en évolution, le rapport des forces individuelles peut changer et chacun voit qu’il gagnerait moins à s’affranchir de la loi que ce qu’il risquerait de perdre si elle cessait de s’appliquer

Quand cette opinion prévaut, on peut laisser violence et menaces en arrière plan. On peut gérer la société par des promesses dont la loi assure l’accomplissement et des récompenses dont l’État garantit la valeur. La démocratie devient la meilleure façon de réaliser le consensus. Nul, toutefois, ne perd le goût de satisfaire ses désirs, ni donc sa volonté de pouvoir ; il devient simplement  évident que la loi doit demeurer un point de repère et d’ancrage et qu’« avoir ce qu’on veut » ne passe plus par l’usage ostentatoire du fusil-mitrailleur, mais par la manipulation des lois.

En démocratie, la  rapine, pour être efficace, doit être institutionnalisée. On ne peut monter à l’assaut  de l’État chaque fois qu’on a un besoin à satisfaire et il faut donc avoir l’État avec soi. Comment ? Dans une démocratie, les lois sont faites et appliquées pour la majorité effective, par ceux dont les citoyens décident. Ces élus dont les citoyens décident, ont eux aussi des désirs à satisfaire. Ils vont chercher à se servir à leurs propres fins du pouvoir qu’ils ont. Avoir l’État avec soi n’exige donc pas de violence. Il suffit de donner, à quiconque décide, l’outil pour transformer en satisfaction le pouvoir qu’il exerce.  L’outil universel est l’argent, mais il y a mille façons de le faire.

Le pouvoir des politiciens et fonctionnaires n’est pas à eux. On le leur a confié. Quand ils le monnayent, ils l’usurpent et le volent.  C’est le plus grave des abus de confiance.  Mais qui ne le fait pas ? Qui ne le ferait pas ? Qui aurait cette intégrité « à la Robespierre » d’être totalement incorruptible ?  Et croit-on qu’on trouvera jamais assez de ces incorruptibles pour occuper tous les postes de l’État où il y a des décisions à prendre ? La corruption suit la démocratie comme son ombre. Comment la contrôler ?

Il y a un double problème de corruption à résoudre en démocratie. Celle au palier de l’exécution, d’abord, qu’on peut contrôler par la transparence et un processus efficace d’appel de toute décision rendue.  C’est possible, si on extirpe soigneusement du système tout ce qui est dilatoire.  J’en parle ailleurs. 

Il y a aussi, toutefois, une corruption au palier décisionnel qui ne peut être réglée que par une fragmentation horizontale et verticale du pouvoir, un changement structurel de fond qui prendra du temps.  Dans l’immédiat, pour contrer la corruption, il faut donc se préparer lucidement à un recul de la démocratie. 

Ce recul  peut être temporaire et marquer le passage à une démocratie plus efficace.    Il peut aussi être prévu comme permanent, et être la première étape vers un Nouvel Ordre Mondial dont on a des raisons de se méfier.  Un changement qu’Obama n’est peut-être pas venu empêcher, mais accomplir.  Je vous en reparlerai.

 

Pierre JC Allard

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