Nouvelle Societe

11-12-08

La nullité de l’engagement préélectoral

LE PROBLÈME

La démocratie représentative repose sur un contrat implicite : le postulat que l’élu qui reçoit un mandat des électeurs aura le comportement qu’on attend de lui et que sa politique sera celle qu’il a proposée. Quand le citoyen n’y croit plus mais sait, au contraire, que ce que dit un candidat avant une élection n’est pas un indicateur fiable de ce qu’il fera après l’élection, pourquoi prêterait-il plus qu’une oreille distraite au discours politique ? Un discours souvent d’ailleurs énoncé de façon volontairement ambigu, pour ratisser plus large et ne contrarier personne ?

Le citoyen s’est résigné aux pirouettes de ses élus et n’a plus confiance au contrat implicite entre lui et ses représentants. Il n’y croit plus. Cette perte de confiance est la première et la plus grave de failles qui exigent que l’on transforme notre démocratie. Comment imposer aux élus de tenir leurs engagements ?

UNE SOLUTION : Une démocratie contractuelle

Pour que le citoyen reprenne confiance en ses hommes politiques, il faut que ceux-ci soient tenus de respecter leurs promesses. À l’engagement préélectoral a valeur nulle doit succéder l’engagement préélectoral à valeur contractuelle. Le mandat de représentation que confie la population à son gouvernement élu doit avoir la forme large et la valeur d’un CONTRAT.

L’élection du gouvernement doit être un « contrat de gouvernement », conclu entre la population et un parti politique. Un parti politique est une petite équipe qui prétend avoir la sagesse de gouverner, est régulièrement inscrite comme parti au bureau du Directeur général des élections, propose un programme et présente un candidat au poste de Premier Ministre.

Un programme, parce qu’un contrat de gouvernement doit être un contrat écrit et que c’est le programme d’un parti politique qui doit devenir le projet de contrat. Le programme d’un parti politique, c’est une offre de services que ce parti fait à la population.

Soigneusement rédigé à cette fin, il ne se limite pas à indiquer les buts et objectifs qui, si ce parti est élu, deviendront ceux du gouvernement pour la durée de son mandat; il doit décrire aussi les lois que le parti entend faire adopter, les projets qu’il veut entreprendre, leur délai d’exécution et leur enveloppe budgétaire, les mesures fiscales qu’il appliquera, de même que ses politiques de santé, d’éducation, de développement commercial et scientifique, etc.

Tout ne peut être prévu au programme, mais un élément essentiel du programme d’un parti politique doit être d’indiquer les critères, compatibles avec l’esprit de ce programme, qui détermineront les choix du gouvernement lorsque des circonstances imprévues exigeront que celui-ci agisse au-delà des termes stricts de son programme.

Le programme d’un parti politique est un projet de contrat. La population en fait un contrat exécutoire en accordant la majorité absolue de ses suffrages au candidat de ce parti au poste de Premier Ministre. Le Premier Ministre a le mandat impératif d’accomplir le programme sur la foi duquel il a été élu. Si le gouvernement (le Premier Ministre) ne respecte pas ses engagements, il doit être immédiatement démis de ses fonctions.

Cette approche est propre à redonner confiance à l’électorat, mais elle exige évidemment qu’une entité impartiale détermine si le gouvernement tient ou non ses engagements et puisse, le cas échéant, le démettre de ses fonctions. C’est l’Assemblée Nationale qui doit avoir ce pouvoir. Une Assemblée Nationale qui sera, comme nous le verrons demain, composée entièrement de députés indépendants et impartiaux.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.org

16-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets – 12

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

16 novembre (12/33)

LA JOIE ÉLECTORALE

Au Nicaragua, le 8 décembre est une espèce de Halloween pour grandes personnes. On va de maisons en maisons, en se faisant inviter pour un pot. La phrase–sesame pour être accueillie est : Que causa tanta alegria ? (Quelle est la cause de tant de joie ?) Personne ne répond. Allez donc savoir pourquoi on est content ! La foi…

Il faut en effet une grande foi pour bien comprendre le plaisir qu’il y a à concevoir sans péché… mais on peut prendre un pot entre voisins. C’est ça, sans doute, la joie dont on parle. Il va nous falloir une grande foi, nous aussi, le 8 décembre, pour penser que le gouvernement qu’on aura conçu n’aura pas le péché originel.

Plusieurs péchés, dont le plus évident sera de ne pas avoir été désiré et, tout de suite après, celui de naître d’un père qu’on n’aime pas tellement. Ajoutons-y que le Belle Province aura été engrossée sans préliminaires affriolants, sans qu’on lui récite d’autre aubade qu’une liste d’épicerie de ce qu’elle mange tous les jours et un rappel du prix des semences.

Tu veux plus de soins de santé ? Tu es folle Marie ? Tu ne vas pas me tomber malade pendant qu’on fait le tabac ? Plus de liberté ? C’est le travail qui libère, Marie, on te l’a déjà dit… T’auras des sous, Marie – on les prendra dans ta dot – et tu ne manqueras pas de lessive. Pour le reste on verra

Et ce gouvernement qui sera conçu sans plaisir va trainer l’hérédité de la manipulation. Des yeux qui ne regardent qu’à droite. Des oreilles qui n’entendent que le langage du fric. Un langue qui dénonce les options politiques mal-pensantes. Des mains pour prendre tout que qui peut être arraché aux plus faibles. Surtout, le gène récessif qui vient de Papy Maurice et qui fait que la démocratie disparaît une génération sur trois, quand il y a une crise et qu’on nous dit que doit finir le temps des folies. Nous avons besoin d’une sérieuse rédemption.

Moi, ce qui me causerait une grande joie, ce serait qu’un mécène – ou un commanditaire avisé – paye le temps d’antenne et mette en onde un Débat des Méprisés, avec les Verts et le QS. En y invitant peut-être aussi Mario, que les médias traitent aujourd’hui si mal. Un débat où les Petits ne se taperaient pas dessus, mais nous diraient seulement tout le mal que font les Grands. Tout le mal que les bien-pensants font aux défavorisés, à l’environnement et aux valeurs du Québec. Et je pense qu’on serait nombreux a prendre un pot en écoutant ce débat ¡ Que alegria !

Pierre JC Allard

15-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets – 11

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

15 novembre (11/33)

LA COMPLEXITÉ VOLONTAIRE

Jean Charest nous prend vraiment pour des imbeciles. Le pire, c’est que, comme disait Coluche, depuis le temps qu’il le fait, ca doit bien être un peu vrai…. Hier, Michel David du Devoir est venu jeter du sel sur la plaie en nous expliquant doucement, comme a des enfants un peu attardés, comment Jean Charest se fiche de nous.

Je ne reprendrai pas tout son argumentaire qui est accablant; je me permet seulement d’ajouter ici un mot sur le thème “gestion de crise” qui serait, paraît-il, le point fort de Charest. Il n’est pas sorcier de résoudre la crise; il suffit de VOULOIR la régler, mais personne ne veut le faire…

Facile de régler la crise, car c’est une anomalie tout a fait artificielle. Quand on a la main-d’oeuvre et les matières premières on peut produire pour tous les besoins. La crise vient quand ceux qui ont des besoins n’ont pas d’argent, que ceux qui ont de l’argent n’ont pas de besoins… et qu’on décide de produire moins.

Ceux qui le décident sont ceux qui ont le pouvoir et dont les besoins sont satisfaits; il en découle pour le autres beaucoup de souffrances… Les décideurs racontent alors des sornettes à la population, sur le capital, le crédit, l’équilibre budgétaire … mais il ne s’agirait, en fait, que de virer un peu de fric de ceux qui en ont vers ceux qui n’en ont pas. Ce que ceux qui en ont ne veulent pas qu’on fasse.

De temps en temps, ceux qui souffrent ne croient plus aux sornettes; ils pendent où fusillent ceux qui ont pris cette mauvaise décision de ne plus produire… Un nouveau pouvoir s’installe qui vire l’argent qu’il faut virer et ça va mieux pour un temps.

Après un temps, le nouveau pouvoir – qui a fait son fric – cesse de vouloir en virer. Quand ceux qui en manquent n’achetent plus, on décide à nouveau de ne plus travailler, de ne plus produire…. et c’est à nouveau la crise. Simple.

J’ai un doctorat en sciences-économiques et je pourrais le dire en termes bien compliqués, mais c’est simple: virer un peu de fric et travailler. Toute l’astuce du pouvoir est de nous faire croire que ce n’est pas simple et de ne pas virer le fric. Ils préfèrent gérer la crise… Mais un jour vient où ils sont pendus.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.org/H06.html

14-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets – 10

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

14 novembre (10/33)

LE WATERBOARDING DE l’INFORMATION

Pour qui se prend ce consortium de diffuseurs, pour s’autoproclamer l’arbitre de ce que doit ou ne doit pas entendre la population lors d’une campagne électorale ? En décidant d’exclure les Verts et le QS du débat télévisé, les diffuseurs biaisent si outrageusement l’issue du prochain scrutin que nos droits à tous sont lésés. Gravement lésés, et notre démocratie qui claudique entre manipulation et corruption n’a pas besoin de ce sale coup supplémentaire.

Qui se cache derrière ce consortium ? Des médias qui sont pour partie au service de l’État et, pour le reste, propriété d’intérêts corporatifs eux-mêmes en étroite relation incestueuse avec la pouvoir. Laisser ceux qui sont en place décider du droit de parole de ceux qui les contestent augure bien mal de l’état de notre démocratie. On peut étouffer la vérité, sans l’étrangler trop visiblement; juste en ne la laissant pas respirer.

Quand la loi électorale oblige les médias à fournir du temps d’antenne gratuit à tous les partis ayant obtenu plus de 3% des votes à la dernière élection générale, est-ce que l’esprit de la loi est que ce temps peut être fourni discrétionnairement en tout temps, en laissant les bonnes heures d’écoute – dont le temps du débat est la meilleures – uniquement à ceux qui montrent patte blanche au système ?

Parce qu’une population jocrisse ne proteste jamais, le pouvoir s’enhardit à tricher avec de moins en moins de pudeur avec les exigences de ses propres règles. Dangereux, car on a perdu la foi en cette pseudo démocratie qui oppose toujours bonnet blanc a blanc bonnet. On perd l’espérance en la possibilité d’un changement. On va bientôt perdre la charité de ne pas le leur dire plus brutalement.

Pourquoi faut-il les Verts et QS au débat ? D’abord, pour avoir des idées neuves. Autre chose que l’insignifiant magma de solutions éculées que la petitesse intellectuelle et l’imagination pitoyable des trois “grands” partis nous proposent. Il est bien téméraire de penser résoudre par des moyens ordinaires un crise extraordinaire comme celle qui vient. Il faut avoir d’autres options en réserve. Laissons ceux qui réfléchissent nous les montrer. Que le Directeur général des élections intervienne

Ensuite, par équité. Si le DGE n’intervient pas, voyons quel est le statut juridique de ce consortium. Diminuer la visibilité d’un parti politique reconnu, c’est aussi limiter son accès au financement que l’État lui accorde au prorata des votes obtenus. C’est un dommage concret dont il ne reste qu’à fixer le quantum. QS et les Verts doivent bien avoir un avocat quelque part ?

Pierre JC Allard

http://les7duquebec.wordpress.com/2008/10/06/une-democratie-en-faillite/

http://nouvellesociete.org

13-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets – 9

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

13 novembre (9/33)

REVENU GARANTI INDEXÉ : la seule solution à la crise

Il y a 41 ans, j’étais Directeur Général de la Main d’Oeuvre au Québec. Il n’était pas question de me transformer en rond-de-cuir – je n’avais déjà pas le profil ! – mais de mettre vite sur pied un service fonctionnel et, surtout, de préparer une « politique de main-d’œuvre », un concept dont on avait vaguement entendu parler au bureau du Ministre Bellemarre. Je l’ai fait.

Ce plan a été recopié assez souvent pour que, 25 ans plus tard, je puisse en retrouver des pages entières inchangées dans les « nouvelles politiques de main-d’œuvre » que les gouvernements québécois ont pondues depuis lors, à tous les trois ou cinq ans, comme une poule de bonne volonté, mais qui n’a pas tout fait stabilisé ses hormones.

Ce plan n’a pas perduré parce qu’il était génial – c’était du crû OCDE de l’époque, inspiré par Parnes, Blum et les penseurs « resources humaines » première génération – mais parce que, par la suite, au Québec, on a simplement cessé d’y réfléchir. On crée des emplois… et on verra bien. Pauvres crétins…

Quand j’entends Charest et les autres dire qu’ils vont répondre à la crise en « créant des emplois », j’ai le goût, même à mon âge, d’aller leur botter le derrière. On ne produit pas pour créer des emplois ; on crée des emplois pour produire. On ne fait pas travailler les gens pour leur payer un salaire, on leur paye un salaire pour travailler. Il faut avoir un objectif de production.

L’économie de production est complexe. Il y a des liens entre ce qu’on fait ici et ce qu’on doit alors faire là. Autrement. on fabrique des vis et des écrous qui n’ont pas le même filage. Pour créer intelligemment des emplois il faut savoir de quoi il retourne.

L’article #1 d’une politique de main-d’œuvre, c’est un inventaire des ressources humaines définissant leurs compétences en termes compatibles avec le vocabulaire utilisé pour la formation. L’article #2 c’est l’identification des postes de travail, par une analyse des tâches – utilisant aussi ce même vocabulaire – et l’article #3 est l’appariement de l’offre à la demande de travail.

La crise arrive et, au Québec, elle se manifestera par le chômage. Or, le gouvernement actuel dit et fait des bêtises en matières de création d’emploi et rien ne permet de penser qu’un gouvernement péquiste ou adéquiste ferait mieux. Ils répètent des mots qu’ils ont entendus et dont le sens et la réalité leur échappent. La réponse à la crise, c’est REVENU GARANTI INDEXÉ. Tout le reste ne sert qu’à ça.

Si vous avez 5 minutes, lisez : https://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/15-le-travail-garanti/
Si vous avez 5 heures, lisez : http://nouvellesociete.org/701.html

Pierre JC Allard

Nota bene au futur élu: si vous ne vous en sortez pas, passez moi un courriel: pjca@iname.com

12-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets – 8

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

12 novembre (8/33)

4 ANS ? SURTOUT PAS !

Nos politiques de tout acabit, au Québec, demandent un mandat pour « gérer la crise ». La réponse est NON. Nous ne sommes pas en crise. Pas encore. Nous ne savons même pas de quoi aura l’air cette crise. Aujourd’hui, nous sommes en transition vers on ne sait quoi. . Forcer une décision électorale avant que la crise n’ait même commencé à produire ses effets perceptibles est un abus de confiance.

Nous sommes à l’orée d’une crise qui est bien plus sérieuse que celle de 1929, car elle est GLOBALE. Il ne s’agit pas d’ajuster des équilibres nationaux en manipulant le crédit par des DTS, ni pour le capital de jouer à cache-cache avec la crédulité populaire en sautant d’un paradis fiscal au suivant. C‘est plus grave que ça. Cette crise est la fin du monde que nous avons connu.

En disant, il y a deux semaines, quelle garantissait des fonds « illimités » en dollars aux banques centrales européennes, la Federal Reserve américaine a avoué que le dollar ne valait plus rien, ni donc les autres monnaies dont les réserves sont en dollars : l’argent ne vaut plus rien. Notre société qui reposait sur l’argent ne repose plus que sur la confiance précaire que nous accordons à l’État.

La confiance, d’abord, mais une société un peu complexe ne peut fonctionner sans un moyen d‘échange et il va falloir rebâtir un système financier… ce qui équivaut à rebâtir la société. Ça ne se fera pas sans heurts, car il y a des intérêts acquis en jeu et, historiquement ces heurts apportent des guerres. La priorité aujourd’hui est de faire consensus pour la nécessité d’un changement radical, mais dans l’ordre et la paix.

Ce consensus doit réunir la gauche comme la droite, dans une redéfinition du rôle de la société face à l’individu et des objectifs même de la société… et une acceptation de nouvelles règles du jeu politique. Dans ce contexte, les élections actuelles au Québec sont néfastes, car elles visent à confier le pouvoir à un parti pour 4 ans, alors qu’au cours des 4 prochaines années, la situation va évoluer davantage à chaque 6 mois, qu’elle ne le faisait auparavant en une décennie.

Il n’y a personne qui mérite aujourd’hui un tel mandat ferme de 4 ans. Il faut voir les gouvernemants à l’œuvre et au besoin en changer, même au milieu du gué. IL NOUS FAUT UN GOUVERNEMENT MINORITAIRE. Il faut mettre la même détermination à NE PAS donner une majorité à l’un ou l’autre des partis que l’on a mis ne pas donner un gouvernement majoritaire à Harper.

La population en ces temps de crise doit rester souveraine. Le 8 décembre, elle doit diviser pour régner.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.org/5193.html

11-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets – 7

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11 novembre (7/33)

LES JABS DE LA GAUCHE

Le boxeur Joey Maxim, vainqueur étonné d’un Sugar Ray Robinson qui l’avait outrageusement dominé pendant 13 rounds, mais qui s’était simplement évanoui, terrassé par une chaleur de 40 dégré sans même avoir été frappé, avait eu cette parole de confucéenne sagesse. « So, it was hot for him too… yeah ?>

Il faut penser aux autres. Quand Charest cherche à éviter un débat télévisé, on comprend qu’il ne tienne pas a affronter Dumont, dont le sens du clip se s’est pas démenti et qui connaît bien mieux que lui le Québec profond. Une mauvaise taloche verbale est si vite arrivée… Jean Charest a bien tort…

Il a tort, parce qu’il ne pense qu’à lui. Il pense aux coups qu’il pourrait recevoir, mais ils ne semble pas voir que, dans un débat de style « canadien » – on s’asseoit et on jase – contrairement à Harper, ce n’est pas lui qui prendra tous les coups. La vraie empoignade, la méchante, la brutale, la vicieuse, ce sera celle entre les deux gentilles dames.

Le plein des votes à faire, pour QS, c’est sur la clientèle du Parti Québécois. Tous ceux et surtout celles, qui se sont pas riches, pour qui vivre en banlieue et deux revenus au foyer ne veut pas dire frôler le million, mais prendre un autobus ou un train. Et tous ces gens qui sont pour l’indépendance et qui pensent que cinq ans sans référendum, c’est une quinquenat sans soleil.

Simultanément, le PQ sait bien que, sans ce (censuré) QS qui lui a raflé des votes, il aurait eu 5 députés de plus, aurait été l’opposition officielle et aurait géré les choses à l’Assemblée bien autrement. Comme il sait que, cette fois non plus, il ne menacera pas sérieusement le Parti Libéral, si quiconque veut virer a gauche pense QS plutôt que PQ. Pour un débat viril, voyez ces dames.

Comptez sur Dumont – qui est tout sauf un imbécile – pour taper aussi sur le PQ qui est son rival dans le coeur des insatisfaits. Donc son véritable adversaire car, si malgré tout ce qu’on a dit, l’ADQ demeurait l’opposition officielle, ce serait un victoire énorme pour Dumont.

Une nouvelle carte politique se dessinerait au Québec, l’ADQ profitant d’un gouvernement Harper sympathique et du glissement de l’opinion vers la droite qui accompagne souvent le début d’une période crise quand la gauche semble velléitaire.

L’ADQ pourrait redevenir un danger, mais tout ça, c’est pour plus tard. Le 8 décembre, à moins que les prochains sondages ne changent tout, la grande menace pour Charest, c’est le PQ. Il aurait donc avantage a faire ce brin de causette au salon qui sera surtout un match Marois-David et dont il sera le grand gagnant de tous les points que marquera Québec Solidaire.

Pierre JC Allard

10-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets – 6

Chaque jour un sujet de réflexion et des questions à se poser…

10 novembre (6/33)

EN VERT… ET POUR TOUS

Les Verts ont lancé hier leur campagne. Maintenant, vous pouvez VOTER UTILE . J’ai déjà dit qu’entre le marguillier Charest, le bedeau Dumont et la dame patronnesse Marois qui tiennent le même discours, ça ne valait vraiment pas la peine d’aller à la messe du 8 décembre. Il est inutile et même un peu sacrilège, de jouer le mauvais rôle dans le scénario de la bête à deux dos le jour de l’Immaculée Conception.

Avec les Verts dans la course, vous pouvez faire un geste démocratique, sans vous sentir comme un couillon. Pourquoi ? D’abord, parce que les Verts ne formeront pas le gouvernement et vous n’aurez donc jamais à le regretter. Ensuite, parce que les Verts n’ont pas vraiment de programme et ne disent donc pas de bêtises. Bien sûr, ils auront une plateforme avant l’élection, mais comme ils n’ont pas de pouvoir a prendre et donc aucune compromission à faire, ils auront tout bon.

Ne perdez pas trop de temps avec ce programme. C’est l’ébauche du vrai programme qui sera fait pour une prochaine élection ; il sera alors temps de s’en préoccuper. Pour l’instant, être Vert, c’est dire qu’on est CONTRE la politique actuelle. Contre ses objectifs, contre ses manières de faire et contre ceux qui la font. C’est un premier geste indispensable d’assainissement de la société qui doit aller de paire avec celui de la planète.

Être Vert, c’est aussi contribuer de façon positive au changement, de trois (3) façons. D’abord, le dire. Quiconque se dit Vert va convaincre un peu plus son voisin que ce n’est pas ridicule d’être Vert. Le monde en parle, les médias en parlent … et tout à coup on s’aperçoit qu’il y a du vert partout ! Ensuite, soutenir le Parti Vert, c’est encourager l’émergence d’une nouvelle classe politique. C’est chez les Verts qu’il y a l’enthousiasme gratuit qui produit des jeune D’Allemagne, des jeunes Bourgault, des jeunes Levesque. Allons voir ça de plus près.

Enfin, chaque vote pour les Verts signifie une contribution financière de l’État pour les années a venir qui permettra, lors des prochaines consultations populaires, que David ait quelques cailloux à mettre dans sa fronde pour affronter Goliath. Il faut que Goliath soit abattu.

PQ, PLQ, ADQ… Même politique, même vision du monde. Ce sont les Philistins. Un choix inutile. Rendez vous utile…

Pierre JC Allard

http://les7duquebec.wordpress.com/2008/11/10/la-boite-a-surprises-des-elections/
http://nouvellesociete.org/6.html

09-11-08

LES ÉLECTIONS 2008 AU QUÉBEC – 33 jours et 33 billets – 5

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9 novembre (5/33)

LES DAMES AU CHAPEAU VERT

« Mais qu’est-ce que cette dame peut bien avoir dans la tête ! » Ce n’est pas de moi, c’est un extrait verbatim d’une conversation entendue a Verdun, entre un québéco-maghrebin et un québéco-asiate, dans une boutique d’informatique tenue par un pure-laine de centre-droite qui n’est pas agressif avec sa clientèle de centre-gauche.

La conversation a lieu en français, dans ce village Wellington que personne ne suggère de renommer Bonaparte. Un petit coin tranquille qui semble préservé d une époque où l’on se parlait poliment. On est a des années-lumière de l’Assômption, où on se tape sur la gueule pour une affaire de candidats. D’ici, l’Assomption semble à côté d’Uranus. Le Parti Québécois à l’air à côté de ses pompes. Madame Marois a l’air à côté de la track.

Les velléités de cassage de gueules au sein du Parti Québécois sont un peu surréalistes. L’ancien député St-André, indépendantiste accroché au PQ en ignorant sans doute que le monde a tourné du bleu au vert, s’est fait montré la porte. Il a été viré au profit de Scott McKay, ci-devant des Verts, désormais transfuge après sa propre défaite à la chefferie de son parti.

Transfuge des Verts, mais ici un converti… et choix personnel de Pauline, qui ne demande qu’à devenir la grande petite dame au chapeau vert. Une affirmation d’autorité faite au vif déplaisir de certains poids-lourds du PQ local. Jamais, depuis Levesque, les Hautes Instances du Parti ne se sont ainsi opposées à sa base. Les chefs sont pendus pour bien moins que ça au PQ…

La valeur respective de St-André ni celle de McKay ne sont ici en cause, mais la question qu’on entend dans les tranchées de Verdun n’est pas tout à fait rhétorique. « Qu’est-ce que cette dame peut bien avoir dans la tête ? » Une dissension exposée sur la place. Ne veut-on vraiment pas reprendre le comté du vieux chef ? Madame contre Monsieur ? La question encore plus pertinente, en fait, serait de se demander à quoi pensait le Parti Québécois quand il a mis à sa tête cette dame qui n’en veut faire qu’à la sienne, en vert … et contre tous.

Pierre JC Allard

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