Nouvelle Societe

27-05-09

Festung Amerika

Les frontières n’existent plus. Ce sont des lignes abstraites qu’on traverse a toute vitesse et sans ralentir. Nous vivons dans une ère de progrès constant et de mondialisation. Le monde est devenu tout petit et, de plus en plus, chacun se sent chez soi partout… Si vous vivez en Europe, bien sûr.

Si vous vivez en Amérique du Nord, l’histoire se déroule à l’envers. Commençant lundi 1er juin, il faudra un passeport pour passer du Canada aux USA, ce qui, de mémoire d’homme, n’avait jamais été nécessaire. Soyons justes: vous pouvez aussi utiliser la carte Nexus que vous délivrera le service U.S de protection des douanes et frontières (CBP) après quelque paperasserie et il y a aussi des règles spéciales pour les marins… Mais la tendance est nette et le résultat sera le même: une énorme perte de temps.

On veut vraiment nous emmerder. La Western Hemisphere Travel Initiative (WHTI) est née après les événements du 911, pour répondre à la demande de la population américaine pour des signes visibles de sécurité contre le terrorisme.

On a d’abord ciblé les aéroports. On a vu les files d’attente s’allonger indéfiniment au gré des rumeurs, elles-mêmes grossissant selon le besoin qu’avait le gouvernement Bush d’attiser les ardeurs belliqueuses de la population… ou de faire oublier quelque bêtise.

Ainsi, quand Israël a envahi et pilonné le Liban, on a découvert un complot rocambolesque qui a servi de prétexte pour confisquer dorénavant parfums et shampooings des bagages en cabine, irritant suffisamment les voyageurs pour qu’ils se sentent menacés… et furieux.

Mais l’Américain est un grand amateur de l’automobile. Avec le Canada tout près et cette longue frontière invitante qu’on pouvait traverser sans formalités, la plupart des voyageurs y venaient par la route, échappant au scénario parano et continuant de penser que le monde n’est pas seulement une longue course à obstacles entre fanatiques barbus.

Maintenant, on pourra combler cette lacune. On ne sortira plus des USA sans affronter au retour les Rangers à lunette obscures et à la mâchoire crispée. Les Canadiens ne pourront pas non plus l’éviter. Peut-être seront-ils moins nombreux cet été a Plattsburgh à Burlington et sur les plages du Lake Champlain.

Moins nombreux, puisque 40 à 45 % des Canadiens n’ont pas de passeport. À quoi bon un passeport, puisque la majorité d’entre eux – et tous ceux qui quittaient le pays par voie terrestre -n’allaient qu’aux USA qui n’en exigeait pas ? Maintenant tout ça va changer…

Peut-être seront-ils BEAUCOUP moins nombreux, car cette frontière qu’on ne voyait pas va réapparaître et il n’est pas sûr que, par-delà l’obstacle physique du passeport devenu nécessaire, un obstacle intangible plus dissuasif ne se manifeste pas. Une prise de conscience de la différence, voire de l’étrangeté de ces voisins à lunettes sombres et un peu paranos…

On ne se fait pas des amis en demandant sans crier gare leurs papiers aux gens qu’on connaît depuis longtemps et qui croyaient avoir mérité qu’on leur fasse confiance. C’est une mesure d’un autre âge – l’Âge de Bush – et il serait opportun qu’on y mette fin au plus tôt.

Un choix crucial à faire, car les Américains peuvent vivre dans une forteresse… mais ils pourraient s’y sentir bien seuls. Le nouveau maître du château devrait vite abaisser à nouveau le pont-levis.

Pierre JC Allard

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21-05-09

La Jaggernauth pharmaceutique

La malice du système capitaliste qui nous gouverne se manifeste évidemment au niveau des grands dossiers qui nous mobilisent tous : les guerres impérialistes, la démocratie sous le talon de la corruption, les inégalités scandaleuses de rémunération, le contrôle et la manipulation de l’information…   Elle ne s’arrête pas là, toutefois. Elle est présente aussi au quotidien et s’acharne encore plus cruellement sur des individus qui n’ont d’autre importance que celle que leur vie revêt pour eux.

Pourquoi dire « plus cruellement » ? Parce que si vous, moi ou quiconque à son heure, tombe seul, par simple déveine, sous les roues de la Jaggernauth pharmaceutique issue du capitalisme, il ne peut pas alors compter sur un grand mouvement de solidarité. Il devient un « dommage collatéral ». Il est seul et il est broyé. Il en sera ainsi aussi longtemps qu’un mouvement ne naitra pas qui fera SYSTEMATIQUENENT sienne la cause de tous ceux que les intérêts du systéme sacrifient sans même y prêter attention.

Cette industrie pharmaceutique qui nous tient tous en otages doit être la première réappropriée et mise au service de l’humanité. Exemple ? Joshua Thompson souffre, depuis 3 ans, d’une maladie dégénérative incurable. ( Voyez, ici, tous les détails de l’affaire). Pour lui, une lueur d’espoir est apparue avec un nouveau médicament: IPLEX. Les tests sont extrêmement prometteurs, mais l’usage n’en est pas encore autorisé. Lui en donnera-t-on ? C’est sa vie, elle s’achève, ce devrait être son risque et sa décision. Mais on ne lui en donne pas…

Principe de précaution ?… Tout dépend des principes qu’on a… et de ce pour quoi on veut prendre tant de précautions… Quand on va au fond des choses du cas Joshua, on trouve une querelle entre deux sociétés pharmaceutiques défendant leur royalties. Pendant qu’elles défendent leurs intérêts financiers, la maladie n’a pas d’adversaires. Les malades dégénèrent et meurent.

Joshua a lutté et finalement obtenu le médicament, après des années d’efforts, presque trop tard… Trop tard, en tout cas, pour lui éviter toutes les séquelles qui auraient pu l’être, si la compassion avait été là au départ. Est-ce que cette attitude est tolérable ? La saga de Joshua Thompson est emblématique d’une attitude sordide de l’industrie pharmaceutique.

Et il y a encore plus révoltant que le cas Joshua. Prenez celui de Frederick Baron. On ne parle plus ici de IPLEX mais de TYSABRI, contre le myelome multipe, même scénario, toutefois, de NE PAS fournir le traitement. Ils sont légions… Pour que Frederick Baron ait son TYSABRI, à quelques heures de son décès annoncé, il a fallu faire appel a Lance Armsrong, à Bill Clinton et ameuter tous les médias. Il a fallu y mettre des sous, ce que tout le monde n’a pas. On a finalement attendri in extremis le responsable … S’il eut été pauvre et sans appuis, Frederick Baron serait mort. Voyez le dossier. Vous pensez quoi de James C. Mullen, PDG de Biogen ?

On parle d’exceptions de compassion… mais la compassion ne devrait elle pas être la norme ? Est-ce qu’il est raisonnable que la vie des gens dépende des humeurs des PDG des fabriques de pilules et de vaccins ? Et quand on gratte un peu, ces gens qui meurent parce que les remèdes pour le Sida sont si chers, est-ce vraiment la fabrication du medicatent qui est onéreuse, ou le coût de la recherche qu’il faut bien amortir ? Ne devrait-on pas structurer la recherche et motiver les chercheurs autrement qu’en gardant la lumière sous le boisseau ?

Il y a quelque chose de pourri dans cette gestion de la santé en fonctions des dividendes des actionnaires. Il est temps que l’État fasse son boulot pour la collectivité. Vite, avant que n’arrive des choses regrettables.

Pensez à ces études largement diffusées de Global Dominance qui disaient sans émotion, juste avant le 911, que seule une catastrophe de l’envergure de Pearl Harbour « éveillerait l’Amérique a ses responsabilités ». Combien de temps avant qu’un simple quidam – conjoint, père, mère, sœur frère ou ami d’un malade à qui l’on refuse le traitement dont dépend sa vie – ne décide d’eveiller à sa façon l’Amerique, en allant chercher le remède qu’il veut manu militari ? Avec un pistolet sur la tempe d’un PDG récalcitrant… ou en prenant les propres enfants de ce dernier en otage ?

On tente le diable. Il faut que la société intervienne et s’assure que l’industrie pharmaceutique réponde aux besoins, sans se laisser détourner de sa mission par des intérêts financiers, ni opposer son veto à ce que réclame l’individu dont la vie en dépend. C’est SA vie. Son choix doit être éclairé, mais doit demeurer SON choix

Pierre JC Allard

03-05-09

Du danger des pétards mouillés

Ceci sera ma dernière intervention sur le thème de cette grippe de cochons et j’invite tous ceux qui s’y intéressent – surtout les vieux sceptiques et cyniques qui ont soupçonné dès le départ qu’il s’agissait d’un pétard mouillé – à se réfugier aussi désormais dans un quant-à-soi  dont ils ne sortiront que quand ils auront une solution à proposer au problème.

 Je ne parle évidemment pas du problème que posent les épidémies et pandémies; il y a pour ça des ressources scientifiques qualifiées qui feront pour le mieux, si on veut bien les laisser faire leur boulot au lieu de les en distraire en les affectant prioritairement à promouvoir la vente des vaccins et pilules par des déclarations intempestives. Je parle du problème bien plus grave de l’avènement de la transparence dans la gouvernance

Le système, qui depuis toujours vit sur des mensonges, voit la vérité arriver de partout, comme une  intruse sans papiers, et est bien ennuyé de cette soudaine pugnacité de ses ouailles qui ne veulent plus avaler des couleuvres… Depuis le 911, des cohortes d’anticomplotistes ont donc été envoyées au front pour tenter de discréditer tous ceux qui se posent des questions.  Des questions sur les tours qui tombent, mais aussi sur l’Irak, l’Afghanistan, la valeur de l’argent, celle du travail, les medias, la démocratie… des questions sur TOUT. Plus rien de sacré et c’est dans ce contexte qu’arrive cette ubuesque histoire de pandémie qui aura finalement fait moins de victimes qu’une escarmouche dans l’une ou l’autre de ces contrées où l’on a semé la pagaille. Danger pour le système.

Danger pour système qui, ayant eu l’imprudence de s’en remettre à des menteurs amateurs a fait lui-même ici un travail d’amateurs. Si on a vite douté des évocations d’apocalypse diffusées par les medias, c’est en grande partie à cause des messages déroutants qui sont venus de ces experts appelés à la rescousse pour corroborer les incitations à la panique.  Sortis de leurs labos, ils se sont continuellement enfargés dans la vérité quand on leur a demandé de faire peur sans vraiment inquiéter

La performance des experts a été lamentable. Une incompétence prévisible, car on ne se sort pas un PH.D en chimie en maniant l’ambiguïté.  La prochaine fois, on enfermera les gens à chienne blanche dans leurs labos pour la durée de l’opération – comme les journalistes dans les bars à Bagdad durant “Desert Storm” – et on laissera les pros de Madison Avenue nous bâtir une vérité.

 Parler de la prochaine nous ramène au problème. Le vrai problème. L’industrie pharmaceutique va devenir au XXe siècle la première activité économique. Comment évitera-t-on  les assauts  périodiques de ces commerçants dont la raison de vivre ne peut être que de commercer et pour qui la santé et la vie ne sont donc que des variables à manipuler ? 

Ils ne sont ni meilleurs ni plus mauvais que les autres professionnels auxquels l’incontournable spécialisation d’une société d’abondance confère le dangereux pouvoir d’être les seuls à connaître, mais ils doivent faire leurs boniments dans un domaine qui nous tient littéralement bien à coeur.  Il va falloir surveiller ça de près.

La gérance et la surveillance de l’industrie pharmaceutique sont  à revoir et j’en parle ailleurs. Ce que je veux souligner ce matin, c’est uniquement  l’inopportunité de pousser trop loin dans la critique de cette opération médiatique assez mal léchée. On n’empêchera pas Quidam Lambda, qui a porté un masque mal ajusté et n’a pas envoyé ses enfants à l’école pendant des jours, de se demander si on a voulu le berner.   Il va comparer les énoncés douteux exprimés avec tant d’apparente sincérité par les medias sur cette ”terrible menace de pandémie”, avec les autres énoncés sur le même registre par les mêmes médias concernant tant d’autres menaces…

Q.L pourrait bien commencer à rigoler plus souvent. Ou ne plus rigoler du tout, ce qui est le niveau “6” de l’incrédulité. Cette affaire aura bien sans doute apporté quelques milliards aux Roche et Sanofi-Aventis de ce monde, mais au prix d’une spectaculaire perte de crédibilité du système et de ses medias.   En valait-ce la peine ?  Danger pour le système.

Danger aussi pour nous.  Ne soulignez pas trop cette bavure, car si les fausses pandémies savamment orchestrées commencent à faire rigoler, le risque est bien réel, qu’une vraie n’apparaisse nécessaire…. Et si elle est NECESSAIRE, elle viendra.

 

Pierre JC Allard

17-03-08

Préambule : Le sens des faits

C’est par 10, par 100, par 1000 que les médias rapportent chaque jours les faits significatifs qui illustrent la déchéance de notre société moribonde et la bêtise ou la turpitude de nos élites, de ceux qui nous manipulent, nous exploitent, nous gouvernent, nous possèdent…Derrière ce cirque navrant, dans les coulisses, nous savons bien que se passent des événements encore plus tragiques, des trafics encore plus ignobles, des trahisons encore plus impardonnables que ni les journaux ni la télévision ne révèlent.Car, insidieusement, une censure de plus en plus étroite réduit peu à peu au bouche-à-oreille – (et à l’Internet jusqu’à ce qu’on l’ait muselé!) – les moyens efficaces de diffusion de la nouvelle. La censure cache ce qu’elle peut, bien sûr. Mais, à défaut de pouvoir cacher, les médias du pouvoir simplifient, réduisent, ridiculisent.

Surtout, le pouvoir prend bien garde de ne pas souligner les liens entre les événements, de sorte que tout mal apparaît comme un cas fortuit. L’apathie et l’inertie faisant le reste, la population ne voit plus aujourd’hui la crise que nous vivons que comme un ensemble disparate de problèmes insolubles.

En réalité, et c’est ce qu’on veut nous cacher, nos malheurs – (du chômage, à la dette, en passant par la criminalité et l’analphabétisme) – sont des conséquences parfaitement cohérentes et prévisibles des décisions d’un État qui a renoncé à lutter pour le bien commun.

Dans cette page, je ne peux faire plus que de souligner, une fois par semaine, une décision ou un fait – en apparence isolé et donc relativement anodin – qui illumine pourtant, quand on y regarde à deux fois, les liens qui relient entre eux nos malheurs.

Ces liens sont aussi les fils conducteurs qui mènent tous à une même source: ce problème fondamental que nous ne sommes plus un peuple démocratiquement gouverné, mais un cheptel économiquement exploité au profit d’une minorité.

Je ne puis faire plus, mais il y a tellement plus à faire ! Chacun doit être à l’affût des horreurs que permet notre société et les faire connaître. Chacun, surtout, doit s’efforcer de voir lui-même les liens entre les événements, car il n’y a pas de substitut à une prise de conscience personnelle de la situation.

Comme il n’y a pas de substitut à l’indignation si l’on veut que naisse une volonté d’action et que les choses changent.

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