Nouvelle Societe

18-02-13

Benoit XVI démissionne. Et si un complot en cachait un autre ?

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 6:52

 

PIERRE JC ALLARD

Benoit XVI démissionne. Inusité. Cette demission, pourtant, ne me surprend pas.  Je l’attendais assez pour écrire, il y a quelques semaines, une série d’articles invitant les Chrétiens de toute allégeance à réclamer que l’élection du prochain pape soit confiée à l’Assemblée mondiale des évêques…  Cette demission “surprise” de Benoit XVI pourrait-elle être un premier pas pour en arriver à ce changement radical ?

Ne dites pas non trop vite, car il faut bien comprendre, que cette demission crée une situation volatile, totalement imprévisible.  Imprévisible, car on peut parler aujourd’hui de complots,  – et sans doute à raison, car comment quoi que ce soit qui n’est pas l’effet du pur hasard pourrrait-il résulter d’autre chose que d’un complot ?

“Complot”, c’est le nom qu’ont choisi les bien-pensants pour designer les plans qui les embêtent et dont ils ne connaissent pas tous les details, sous-entendant qu’eux, les biens pensants dans l’orthodoxie, sont parfaitement transparents. Ce qui est faux, bien sûr. En fait, tout est complot.  Les complots sont nombreux et ils sont partout. Les « bien-pensants » sont ceux dont les complots réussissent. Un complot réussit quand sa réalisation n’est pas empêchée ou ses conséquences contrecarrées par un autre complot…

On peut donc penser, avec une raisonnable certitude, que Sa Sainteté  Ratzinger n’a pas démissionné sur un coup de tête, mais a subi des pressions, politiques et financières diverses et contradictoire, dont celles que mentionne Jovanovic, lesquelle sont sans doute bien réelles, mais ne sont sans doute que les moins occultes.    …  Il ne faut pas dire « complot » et croire croire que tout soit réglé.

Il y aura bien des complots au cours des semaines qui viennent.  Il n y a pas seulement autant d’agendas personnels que de cardinaux, tous inspirés par l’Esprit Saint, mais autant de petits complots qui s’ourdiront que d’entités nationales, économiques, religieuses sur cette planète. Il n’y a rien, en effet, qui ne subira pas l’impact  de ce changement de la garde au Vatican. Chacun va donc croire devoir  agir, se positionner…  Il y aura beaucoup de mouvement…

Or, grâce à l’internet, toutes ces influences disparates qui veulent s’exercer vont être touillées dans l’immense chaudron de l’opinion publique mondiale, en faisant un brouet de sorcières  dans lequel l’Eglise, le Vatican et la papauté ne seront, comme tout le reste – et comme les banquiers eux-mêmes – que des éléments plus ou moins conscients et plus ou moins ballotés par les évènement.  De ce brouet tout peut surgir. La situation que crée la démission de Benoit XVI est volatile, imprévisible. Ne désespérons donc pas qu’il puisse même en sortir du bien.

Le bien, ce serait que la hiérarchie supérieure de l’Église, qui ne représente plus en aucune façon ni la parole du Christ ni le consensus de ses fidèle, cède son pouvoir à une autre structure plus conforme aux besoins de notre époque.  Impossible ?   Peut-être pas, car deux (2) facteurs  peuvent se combiner pour le permettre.

D’abord, ne mésestimons pas l’exemple ambigu que vient de donner le pape lui-même.  La complexité et l’odieux des scandales et des maux qui frappent l’Église peut rendre bien moins gratifiante la tâche de piloter ce grand navire en perdition.   Il est evident que l’Église, dans sa forme actuelle, nest pas un projet d’avenir. Beucoup de ces cardinaux qui  doivent choisir le prochain pape ne préfèreraient ils pas – si on leur en donnaitune bonne excuse – prendre comme Ratzinger lui-même une retraite dorée ? Passer la main dans la dignité et avec une bonne conscience, leur depart acclamé par leurs ouailles reconnaissantes ?

Or cette bonne excuse est prête.  Il suffirait qu’on l’y incite sérieusement pour que la population catholique, qui ne se reconnait pas dans cette hierarchie de vieillards en rouge, réagisse et exige que le prochain pape soit élu par l’Assemblée mondiale des évèques et non par les cardinaux.  Il suffirait d’une petition en ce sens...  gérée avec habileté et des ressources  par ceux qui y trouveraient leur intérêt.

Le contexte pour le faire serait parfait, car cette petition qui, en d’autres circonstances, aurait pu apparaitre comme un acte d’insubordination, peut aujourd’hui, en s’adressant au conclave pendant le vide d’autorité crée par la démission du pape, prendre la forme d’une respectueuse supplique suggérant aux cardinaux de DÉLÉGUER leur pouvoir aux évêques.

Contexte parfait, car en démissionnant, le pape démissionnaire a créé un vide pour lequel il n’existe pas de précédant … tout en gardant une autorité morale lui permettant au besoin de combler ce vide et de contrôler cette demande de la base  qui, lui mort, aurait pu devenir anarchique et potentiellement multischismatique.

Tous les contextes favorables ne sont pas des complots, mais e pourrait-il que cette vielle roublarde qu’est l’Église ait manipulé ces jeunots que sont encore les banquiers au jeu des complots et qu’il sorte de ce charivari  inédit au Vatican un Église plus puissante ? Une Eglise forte de la confiance renouvelée que lui accorderait son milliard de fidèles sentant qu’on les écoute ? Une Église qui pourrait  introduire un nouveau paradigme moral pour remplacer le mercantilisme actuel  par quelque chose de plus inspirant… et remettre à leur place ces banquiers-usuriers qui commencent à nous faire vomir…

On le saura d’ici quelques semaines. La clef sera la contestation venant des Chrériens eux-mêmes, dont on serait bien naïf alors de  croire qu’elle n’a pas pris sa source et ne s’appuie pas sur ces 5 000 évêques  qui constituent le “middle management”  de l’Église et sa reserve de resources pour un changement.  On verra comment tout ceci évoluera… C’est la derniere chance pour l’Église.

Pierre JC Allard

08-02-13

Le citoyen-images

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 6:12

 

Je disais la semaine dernière que l’individu se définit dorénavant comme l’intersection de ses appartenances et que ceci apportait des conséquences dont il fallaitt tenir compte.  Je parle ici de trois (3) d’entre elles

La première, c’est que l’individu -appelons-le Maurice – qui a remplacé l’identification viscérale de jadis à un concept simple (race, patrie, nation, etc.) par une myriade d’identifications à des causes parfois transcendantes, mais souvent triviales – et qui semble y avoir gagné d’être maintenant une “personne” unique – devient paradoxalement pour son voisin la somme de ses identifiants… et rien d’autre. il n’est plus perçu par les autres, occupés eux-mêmes de leur propre identification à leurs propres appartenances, que comme le faire-valoir des groupes auxquels il s’est identifié.

Maurice, pour son voisin, c’est le Belge qui a deux caniches, une vieille Peugeot et la maison verte dont la pelouse est mal tondue, qu’on voit parfois à l’église et qui recueille des fonds pour Centraide. Maurice, pour son collègue de travail, c’est le magasinier qui habite en banlieue et qui a des idées radicales sur les droits des travailleurs. Pour son frère, Maurice ne fait pas assez de fric et est trop permissif avec ses enfants. Maurice, pour les autres, n’est qu’une collection d’images. Il n’est substantiel que dans la mesure où ses engagements sont formels et qu’il représente “quelque chose”.

Maurice, s’il veut être incontournable pour les autres, doit donc s’efforcer d’exister réellement en “signifiant” quelque chose, idéalement en devenant un mythe petit ou grand du seul fait de se situer à une intersection que seul lui peut occuper. Si, plutôt qu’un simple sympathisant de gauche ou un chrétien d’occasion, il était militant communiste ou bénédictin, il serait plus “réel” dans son environnement. S’il devenait prêtre-ouvrier, il serait encore plus intéressant, complexe à la mesure de la diversité de ces engagements et représentant une intersection rare qui offre la promesse implicite de résoudre une contradiction, voire de réaliser une synthèse.

Maurice, qui n’est pas prêtre-ouvrier, ne se voit pas unique dans les yeux de ses voisins, de ses collègues ni de son frère. A ses propres yeux, il se perçoit comme un militant de gauche impliqué concrètement dans des gestes de fraternité et d’éducation populaire. Les autres l’ignorent, mais il fréquente assidûment les sites Internet où on parle encore de Grand Soir et y contribue à l’occasion une prose vitriolique; des gens du monde entier lui demandent à l’occasion son avis. De plus – et ça, les camarades des sites d’action révolutionnaire l’ignorent tout autant que ses voisins – Maurice poursuit avec diligence sur Internet des études en pédagogie qui lui vaudront un jour le diplôme d’une vague université américaine. Il s’en sort bien, son tuteur le félicite, il échange des notes avec des Suisses, des Roumains et des Philippins …

Comment voulez-vous que Maurice ne s’intéresse pas plus à l’Internet qu’à ses voisins, ses collègues ou son frère? Maurice n’est plus intéressé à interagir avec la réalité. La réalité est trop exigeante et les autres trop difficiles à impressionner de façon durable. L’internet est parfait: Clic j’arrive, je fais mon numéro sur la vaste scène du Web… et clic je pars.

Une autre conséquence de cette désincarnation de l’individu dont la définition sociale se réduit désormais à ses appartenances, c’est que l’individu en vient à ne plus même percevoir cette partie de lui-même qui pré-existe et peut survivre à ses engagements…  et donc à croire qu’il peut se changer sans travail sur lui même, en changeant seulement ses memberships, une illusion que renforce la créance qu’accorde assez naïvement à ces métamorphoses la masse des gens qui l’entourent.

L’individu à “appartenances multiples” a mis des oeufs dans bien les paniers. La proximité est devenue pour lui un facteur secondaire et son “prochain” n’est plus le type d’à coté mais l’une ou l‘autre des “acquaintances” avec qui il partage l’appartenance à un groupe. C’est dans ce contexte qu’il trouve ceux qui le connaissent sous le jour qu’il a choisi de montrer, c’est là qu’il est apprécié et qu’il peut trouver des appuis. Cet individu n’a donc plus une réputation mais “des” reputations. Il peut abandonner impunément tout un pan de sa vie – et les responsabilités et obligations qui s’y rattachent – et en créer un autre, amenant d’autres relations, d’autres engagements…

Il peut même laisser derrière lui tout son passé ou presque et se réfugier dans une seule appartenance, limitant ses relations à ceux avec qui il partage cet engagement et à qui il peut facilement offrir cette seule facette de lui-même dont il est satisfait. Maurice peut obtenir un diplôme, devenir consultant PNUD au Mali et oublier à la fois sa banlieue et jusqu’au nom de Marx, mais s’il n’y parvient pas il deviendra peut-être Secrétaire-général d’une quelconque Internationale et pourra défiler a Seattle ou ailleurs sous le regard admiratif de gens pour qui il sera important.

Et même ce repli sur l’équivalent émotif d’un paradis fiscal n’a pas à être définitif. On peut le refaire et le refaire encore; l’individu qui a investi sagement dans de multiples appartenances n’est plus vraiment responsable de rien, puisqu’il peut toujours sortir de son image comme un serpent de sa peau et devenir quelqu’un d’autre. La collectivité fait face à ce danger de ne plus pouvoir se percevoir comme un groupe d’individus bien réels mais comme une collection de fantômes. Une procession d’entités juridiques et de personnalités virtuelles évanescentes à irresponsabilité illimitée.

La troisième conséquence de cette évolution – et qui les résume toutes – c’est que l’individu, ayant cent loyautés n’en a plus aucune, mais seulement des engouements passagers et que, se définissant comme l’intersection de ses innombrables appartenances, il devient si totalement unique qu’il risque de ne plus se sentir vraiment solidaire de personne. La question n’est pas d’aimer ou de haïr cette évolution: il faut vivre avec elle et une Nouvelle Société doit en tenir compte.

Pierre JC Allard

23-01-13

Espaces, démocratique et libertaire

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 10:20

 

 

 

Je surprends souvent mes amis de la Gauche en disant du bien des Libertariens.  Pour éviter les malentendus, je veux donc aujourd’hui préciser certains aspects du projet de société que je propose et développe depuis maintenant une trentaine d’années.

Il y a des choses dans une société qu’il vaut mieux faire ensemble – c’est pour ça qu’on s’est mis en société – et d’autres pour lesquelles chacun se suffit à lui-même. Il faut donc d’abord distinguer les unes des autres et c’est ce que fait le « contrat social ». Dans une Nouvelle Société, le contrat social est explicite.

Une Nouvelle Société posant l’hypothèse par défaut d’une gouvernance démocratique, c’est la majorité qui décidera de la façon de faire ce qu’il  faut faire ensemble. Nous appellerons  donc « espace démocratique », la somme de  toutes ces activités dont chacun a convenu, en acquiesçant au contrat social, qu’il est avantageux qu’elles soient faites collectivement.  Elles doivent obéir à des règles communes, sous peine que ne puisse fonctionner la société, ou que ne puissent en être obtenus les résultats qu’il est de intérêt de chacun qu’on en obtienne.

Appartient à l’espace démocratique tout ce qui est défini par le contrat social comme nécessaire au bon fonctionnement de la collectivité.  C’est le domaine d’intervention légitime et parfois exclusif de l’État. Les décisions qui s’appliquent à l’espace démocratique sont prises par la majorité, selon les règles… de la démocratie.

Les pouvoirs que l’État exerce ainsi dans l’espace démocratique ont d’abord pour objet d’énoncer et de faire respecter des normes: celles qui permettent le fonctionnement courant de la société et celles qui protègent et rendent efficaces les droits fondamentaux du citoyen. Ainsi, l’État peut imposer légitimement – à ceux qui en sont mécontents comme aux autres – qu’il faille stopper aux feux rouges et que soit interdit à tous le stockage de nitroglycérine dans un sous-sol de banlieue. Pour s’acquitter de cette mission normative, l’État et ses créatures – régions, municipalités, etc – doivent avoir les ressources et les structures qui leur permettent de prendre des décisions législatives et réglementaires démocratiques, ainsi que le contrôle efficace des forces militaires et policières.

C’est à l’État, aussi, de prendre les mesures nécessaires pour permettre à tout citoyen la libre jouissance de tous ses droits. C’est sa mission de gouvernance et de protection des droits fondamentaux de l’individu. Quels sont ces droits fondamentaux?  Il y en a qui font consensus dans toute société, mais il en a d’autres qui sont ce que le contrat social en fait.  Certaines notions seront interprétés plus amplement dans le cadre d’une Nouvelle Société.

Ainsi, la sécurité. Personne aujourd’hui ne conteste que l’État doive assurer à l’individu une protection contre les ennemis de l’intérieur comme de l’extérieur des frontières, mais il faut dire que,dans une Nouvelle Société, la sécurité sous toutes ses formes implique plus. Elle exige aussi  un accès efficace et gratuit à la justice, aux ressources de la santé et une assurance de solidarité contre les coups fortuits du destin.

L’individu doit aussi se voir garantir par le contrat social sa part de l’abondance, celle-ci prenant la forme d’un revenu pour sa contribution à l’effort productif commun, mais aussi à sa part de l’enrichissement collectif qui nous vient de l’essor de la science et de la technologie qu’apporte le progrès. Il la touchera par le biais d’une fiscalité distributive. Ce droit ne doit dépendre que de sa bonne volonté à rendre disponible à la collectivité sa compétence et ses aptitudes.  C’est celui qui ne VEUT pas travailler qui n’a pas « le droit de manger ». Celui qui ne le peut pas garde tous ses droits.

Partie essentielle de cet enrichissement collectif est dans le domaine de la culture, un patrimoine dont nous avons hérité et que nous avons la mission d’enrichir. L’accès à la culture est donc aussi un de ces droits sacrés qu’il faut garantir à l’individu, étant entendu que c’est à la culture qu’il veut que l’individu doit avoir accès… et non à celle que la collectivité voudrait lui imposer.

L’individu, enfin, a le droit de participer démocratiquement au processus d’orientation de la société, ce qui implique son droit à l’information et à l’éducation, à la mesure de ses aptitudes et de sa diligence… et la responsabilité correspondante pour l’État de lui garantir ces droits.

Par delà sa fonction de gouvernance, et accessoirement à sa mission normative et à son rôle de protecteur/assureur universel, l’État peut, si le contrat social le lui permet, jouer le rôle de fournisseur de services divers.  C’est sa fonction de gérance, dans le cadre de ce mandat implicite de les enrichir que les citoyens donnent toujours à leur gouvernants.

Mais quand l’État agit dans le cadre de sa fonction de gérance, il s’écarte de l’espace démocratique qui est son domaine ; il devient un invité dans l’espace libertaire. Le contrat social déterminera quels services doivent ou peuvent ainsi être offerts par l’État et si le prix doit ou peut en être imputé aux dépenses générales de l’État ou aux utilisateurs. Le contrat social d’une Nouvelle Société interdira toujours à l’État, cependant, d’utiliser son pouvoir normatif pour imposer à l’individu l’utilisation d’un service et lui en faire supporter le coût, lui permettant seulement d’offrir au citoyen-client l’opportunité discrétionnaire de l’utiliser, en concurrence avec d’autres fournisseurs

Dans l’espace démocratique où doivent s’appliquer à chacun les décisions prises pour tous – et a fortiori pour ces incursions consenties dans l’espace libertaire – il est crucial de prévenir l’arbitraire de l’État et la tyrannie de la majorité.

On y arrivera en éliminant  de l’agenda de l’État les relents totalitaristesqui l’ont incité à accoler insidieusement des exigences superflues à ses obligations. Les individus, doivent pouvoir prendre eux-mêmes les décisions qui ne regardent qu’eux-mêmes.

Une Nouvelle Société va rénover la « démocratie » actuelle – qui n’est qu’une parodie de démocratie – mais évitons le piège de croire que la démocratie va tout régler, même si on lui donne sa forme optimale. La démocratie, malgré tout le bien qu’on en dit, n’a qu’un rôle supplétif à jouer. La démocratie ne suffit pas à garantir la liberté au quotidien, car la pression de la majorité peut limiter indûment la gamme des choix concrets que l’individu doit pouvoir faire à l’aune de sa propre spécificité.

La démocratie n’offre qu’un premier niveau bien sommaire de liberté.  Au respect de la démocratie qui permet que l’individu participe au mieux à la prise des décisions collectives, il faut ajouter, pour que la liberté y trouve pleinement son compte, la volonté de réduire autant que faire se peut la masse de ces décisions collectives qui sont imposées à l’individu par une majorité dont il n’est pas toujours partie prenante.

La liberté se situe au-delà de la démocratie. Sur un socle démocratique, il faut laisser se construire un piano nobile : un « espace libertaire ». Une Nouvelle Société élargira l’espace de « non-gouvernement », l’espace de « l’an-archie ».

Il y a des choses qu’il faut faire ensemble, nous l’avons dit, et le contrat social confiera à l’État la responsabilité de gérer ces activités collectives.  L’espace démocratique ne représente cependant qu’une petite part des activités auxquelles s’affairent quotidiennement les citoyens d’un État post-industriel. La plus grande partie de ces autres activités n’exigent pas cette unité de direction qui est le rêve des États totalitaires, mais peuvent très bien, au contraire, s’accommoder de la diversité.

Ceux qui s’objectent à ce que l’on accepte cette diversité le font pour deux (2) raisons. D’abord, parce qu’ils craignent de mettre en péril la cohésion de l’édifice social, mais aussi, souvent, parce qu’ils reculent devant le problème logistique de traiter la population autrement que comme un tout homogène. Ce sont deux objections qu’il faut revoir à la lumière de la technologie moderne.

Une société moderne dispose de moyens de captage de l’information, de stockage des données et de communication qui rendent plus facile qu’autrefois le contrôle par l’État de ce qui est vraiment essentiel à la collectivité. Or, attention. Il y a une propension universelle à utiliser les connaissances que l’on a et les moyens qui en sont l’application pratique ; si les moyens plus efficaces de contrôle dont nous disposons ne sont pas mis à profit pour gérer une diversité accrue, ils serviront, du seul fait qu’ils existent et que leur effet n’est pas compensé, à imposer une conformité plus grande. C’est l’approche totalitaire et nous croyons que le totalitarisme est un cul-de-sac que doit éviter une Nouvelle Société.

Il y a l’alternative d’une approche libertaire qui est celle que que nous préconisons: tolérer et même encourager le développement parallèle de schèmes d’action distincts au sein de la société.  L’exceptionnel est devenu moins onéreux et peut désormais être apprivoisé.  Ces mêmes moyens qui peuvent favoriser le totalitarisme rendent possible, sur le plan organisationnel et financier, la mise en place et le fonctionnement simultané de multiples modes administratifs distincts. Le lit de Procuste n’est plus nécessaire.

Vus les moyens de contrôle dont nous disposons maintenant, la diversité ne met plus en péril l’essentiel collectif qui correspond à l’espace démocratique, ni donc la cohésion de la société. Une Nouvelle Société accordera donc droit de cité à tout mode de vie, tout schème d’action et tout comportement qui ne contrarie pas la liberté des autres.

Ceci exigera certains arbitrages et on les fera, mais l’autorité de l’État pour les faire doit apparaître clairement au contrat social. S’ils n’y ont pas été prévus, ils ne pourront se faire que de l’accord des parties ou moyennant compensation.

Le contrat social doit donner à l’État démocratique le mandat formel de s’occuper d’un champ d’activité … ou de ne plus s’en mêler. C’est quand plane une ambiguïté quant à la pertinence d’une intervention de l’État dans un domaine que cet arbitrage prête à controverses.

Accepter une plus grande diversité au sein d’un société, toutefois, exige que des limites soient posées à cette diversité et que ces limites ne puissent JAMAIS être transgressées.  Une société, comme l’image inversée d’un milieu carcéral, ne peut se permettre d’accommoder les préférences en sont sein que si la barrière autour de l’ensemble est elle-même étanche.

Entre citoyens, il faut avec une grande permissivité ; la tolérance des préférence, des fantaisies et des caprices… Mais il faudra que ne soient citoyens que ceux dont on sait qu’une similitude culturelle de départ  verra à ce que leurs exigences soient supportables à une très vaste majorité de la population.  Toute autre approche mène à l’explosion d’une société.

Dans cette optique, on comprend que l’on puisse tolérer que des segments de la population aient leur langue, leur religion, leurs coutumes et refuser de leur imposer une uniformité qui nuirait  à leur bonheur et à notre épanouissement collectif….   Mais, pour que cette  tolérance soit acceptée, il faut que le consensus soit parfait au palier du  socle commun sur lequel elle repose.  Il faut une culture commune. D’où le refus de migrations pour des motifs économique et une réticence a l’accueil, pour quelque raison que ce soit, d’un nombre significatif d’éléments culturellement inassimilables

Pierre JC Allard

08-01-13

L’épiphanie de la méchanceté

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 7:53

C’est un échange avec un autre auteur des 7 du Québec qui m’a poussé à écrire cet article. Je trouve symbolique de le faire ce 6 janvier, cette fête chrétienne de la révélation de la nature profonde des choses, car je vais arracher ici brutalement le voile d’Isis.

Je le fais parce que je constate, à mon grand étonnement, que nombreux sont ceux – et des meilleurs – avec qui je partage un désir de changer cette société, qui en perçoivent tous les travers et les crimes et en voient clairement l’injustice, comme la misère qui en découle, gardant néanmoins un scotome qui leur cache le plus impardonnable de l’infamie du Système: sa méchanceté gratuite.   Il faut que l’on prenne conscience de cette horreur, que la misère du monde est voulue, planifiée, organisée.

La pauvreté n’est pas que la conséquence malenconteuse d’une carence, agravée par un partage inéquitable, comme si, les plus forts s’étant servis, il n’en restait plus assez pour les faibles; la situation réelle ne correspond pas à ce scénario.  La situation réelle – et elle est si évidente qu’il faut que son éducation et l’information qu’on lui donne gardent le citoyen lambda en état d’hypnose pour qu’il ne le voit pas – c’est qu’il y en a amplement pour tous.

Tous les besoins des pauvres pourraient être comblés sans que les riches n’aient a renoncer à la satisfaction d’un seul de leurs désirs matériels.  Il suffit de laisser les pauvres produire. La pauvreté naît quand les porcs de notre système, s’étant nourris, défèquent dans l’auge pour en priver les autres.

Pour bien le voir, il ne faut pas être grand clerc; il suffit de comprendre d’abord ce qu’est la richesse, puis comment ceux qui la possèdent nous en privent.

La vraie richesse, c’est la réalité des biens et des services dont vous jouissez. Pour disposer en abondance, voire en surabondance, des biens qui font que l’on est riche plutôt que pauvre, il suffit de prendre les ressources que nous DONNE la nature, utilisant une énergie que la nature nous donne aussi, et de les transformer en ce que nous voulons. On le fait par le travail.  C’est ce qu’on appelle PRODUIRE.

Il faut seulement savoir comment le faire, ce que nous permettent l’expertise et les connaissances dont la science et la technologie nous ont dotés. Il ne faut rien d’autre pour produire que la matière (énergie) et le TRAVAIL. Répétons-le: seul le travail créé la richesse. Il le fait en transformant la matière de ce qu’elle est en ce que nous voulons qu’elle soit. Simple.

Encore plus evident, si l’on parle de services plutôt que de biens tangibles, car la matière elle-même, alors, a un rôle décroissant et tout se joue sur la competence. Toute valeur devient de plus en plus intangible… La notion traditionnelle de capital comme un troisieme facteur de la production est une fumisterie.

Une fumisterie, car le capital – dans son sens physique d’outils, d’équipement, de resources -n’est qu’une matière déjà transformée en T-1 par un autre travail. La transformation ne change rien à l’équation. Passez du capital « physique » à un capital monétaire, et c’est encore plus clair : vous n’avez rien changé ni produit, vous avez simplement introduit une symbolique qui facilite la manipulation des éléments… et permet une fumisterie plus subtile.

La monnaie n’est qu’un symbole. Elle ne change rien à ce que l’on peut produire avec: 1) une matière donnée, arrivée à un stade donné de pré-transformation, et 2) un travail habilité par la connaissance des expertises requises qui aménera cette matère au stade suivant. RIEN.  La monnaie (l’argent) est un facilitateur, sans plus.  Elle n’a d’autre valeur que celle qu’on lui accorde.  Dès qu’on parle d’argent on joue donc avec des illusions. Vous êtes sous hypnose. Personne ne conteste plus ça aujourd’hui… mais on préfère parler d’autre chose.

On ne dit de la monnaie que des sottises et l’on n’en parle que pour le faire oublier. On le fait mieux oublier quand on en discute dans le sabir de ces économistes dont parle Bonafi sur un autre article aujourd’hui et qui s’ajuste à celui des financiers pour couvrir une mystification et une escroquerie en marche depuis des siècles. Des siècles, car la mystification existe depuis qu’il y a des banquiers.

Rien de vraimnet nouveau, mais  on a fait un pas de géant dans l’application dela fourberie, toutefois, depuis que l’État marche main dans la main avec les banques… Car l’illusion de la valeur de la monnaie est désormais imposée par la force…. La monnaie qui n’a aucune valeur, prend celle que l’État vous impose de lui reconnaître… et elle aura  désormais cette valeur que vous lui reconnaissez … parce que l’État a la force pour lui.

Cela dit, Il faut voir: 1) que la différence entre richesse et misère tient à ce que vous produisez; 2) que les seuls vrais facteurs de production sont la matière et le travail; 3) que nous n’avons encore  ( nous en aurons, mais c’est une autre question) aucune pénurie de matières premières, sauf pour la production de biens de haute technologie qui ne sont PAS prioritaires pour résorber la misère, et 4) que les ressources humaines sont surabondantes et n’exigent que d’être formées.  Il faut alors se demander POURQUOI l’on ne produit pas pour tous les besoins de l’humanité ?

Posez cette question et l’on vous dira : « Nous n’avons pas l’argent pour le produire ».  Mais de quoi parle-t-on ?  On évoque la condition absurde de la disponibilité d’une monnaie, qui n’a aucune valeur intrinsèque, d’un facilitateur dont la preuve est largement faite qu’on le crée de façon tout a fait discrétionnaire.  Comme Paulson l’a fait en 2008. Comme la Féderal reserve nous dit qu’elle le fera plus que jamais ceyye années et la suivante, pour des trillions de dollars ($ 000 000 000 000,)… juste pour poursuivre la manipulation financière et boursière actuelle.   Pourquoi ne le fait-on pas pour que les ressources humaines dont nous disposons puissent transformer les ressources naturelles que nous avons… et produire ce qu’il faut pour mettre fin à la pauvreté ? On pourrait le faire  en 2 ou 3 ans.

On ne le fait pas, parce qu’un petit groupe de possédants, trouvent leur sens à la vie en spéculant et en s’amusant de la misère des autres.  Ils ne le font pas pour s’enrichir, il n’y a rien qu’ils n’ont pas, rien qu’ont les pauvres que les riches pourraient leur enlever… et si ces derniers veulent plus d’argent, ils s’en créent et se le donnent.  Il n’y a plus AUCUN rapport de cause à effet entre la masse monétaire globale et la partie infime qui sert à la production.  Moins de 1% des transaction financières ont trait a des achats de biens et services reels.

La finance n’est qu’un jeu.  Il faut le voir. Le jeu est entre riches et les pauvres ne sont que des pions sans importance sur l’échiquier. Le jeu des uns est devenu plus important que la vie des autres. Je l’avais écrit, il y a longtemps, mais le moment est venu d’y resonger et d’en méditer les consequences. Tous ensemble, mais aussi chacun pour soi.

Pourquoi ce jeu cruel ? Pourquoi le font-ils. C’est une question plus subtile, qui implique ce qu’est la nature humaine et le sens de la vie.  Mais il n’est pas nécessaire de répondre à cette question subtile pour que vienne l’épiphanie.   L’épiphanie, c’est le réveil de la transe, en s’extirpant des méandres d’un vocabulaire fait pour nous endormir…  On s’éveille… et on a la révélation éblouissante qu’ils sont méchants.  Le reste est une autre histoire.

Pierre JC Allard

01-01-13

Québec, terre de pèlerinage

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 8:35

 

PIERRE JC ALLARD

L’article de Raymond Viger, samedi, sur les 7 du Québec, m’a branché sur des souvenirs. C’est que j’ai fait, par petits bouts, un grand bout du Chemin de St-Jacques et des treks assez longs, aussi, vers Macchu Picchu, Rishikesh, Sri Pada, etc, etc.…. Il y a du gitan du vagabond, de l’itinérant et donc aussi un peu de pèlerin en moi…

Pour éviter les malentendus, je vous dis tout de suite, cependant, que je ne parlerai pas aujourd’hui de Paulo Coelho ni de quête spirituelle. Une autre fois, peut-être… Aujourd’hui, je vais vous raconter une anecdote. Une de ces petites histoires qui naissent des ratées de la  grande.

1984.  On nous avait survendu cette année-là, mais, même sans Big Brother, il y a eu bien des choses à couvrir, pour un journaliste. 1984, au Québec, ce fut la fin de l’épopée René Levesque, le début de Céline Dion… et la visite  de Jean-Paul II. J’avais un pote journaliste : Jacques Giroux du Journal de Québec.

J’avais rencontré Jacques au RIN, quelques 20 ans plus tôt. On pensait, on jasait, on avait des idées… De sorte que quand je suis parti me farcir un doctorat à Paris et discourir  sur l’indépendance en buvant des panachés et des ballons de rouge pas cher, Jacques, qui était un homme d’action, est allé passé quelques années de sa jeunesse en tôle pour un pétard qu’il avait posé  pour le Front de Libération du Québec et qui avait tué un homme, sans réussir a faire sauter le couvercle de la bavarde indifférence des Québécois.

20 ans après, le FLQ disparu, Jacques Giroux était demeuré un des mousquetaires qui voulaient encore l’indépendance…, mais il avait d’autres idées.  L’idée, par exemple, de faire venir le Pape au Québec. Au Québec, d’abord ; au Canada ensuite, si ça « adonnait »…  Ne croyez pas ceux qui vous diront que la venue du Pape au Québec fut une idée collective. J’ai assisté à la conception de ce projet. Il est sorti tout  armé du cerveau  de Jacques Giroux, nourri par un enthousiasme délirant. Cet enthousiasme que certains appellent la foi.

Jacques a conçu ce projet, puis il l’a fait adopter. Par les « boss » du Journal de Québec, par les autorités religieuses… J’ai suivi ses démarches pendant qu’il insistait pour que ça se passe d’abord au Québec.  C’était son bébé. C’est donc la photo de Jacques Giroux qu’on a mis sur cinq colonnes à la une du Journal de Québec quand le Pape est arrivé…

La visite du pape a été un énorme succès.  Un succès pour l’Archevêché, un succès pour le Journal de Québec… et même Celine, chantant pour le Pape au Stade Olympique, faisait ainsi le premier pas de son propre pèlerinage vers Las Vegas…  Il y en a eu pour tout le monde

Pour Jacques aussi, car le pèlerinage  de mon ami Jacques, sur cette terre, passait par des étapes d’idées géniales qu’on disait loufoques.  Or, un projet loufoque qui a un énorme succès, ça change son monde…. Jacques Giroux, après la visite du Pape, a cessé pour un temps d’être perçu comme un « imaginatif flyé » pour devenir un « visionnaire ».  On était prêt a écouter ses « idées de fou ». C’est alors que Jacques a eu cette idée du « Québec, terre de pèlerinages ».

Sa prémisse était un renouveau de la foi aux USA. Partant de là, nous avons au Québec des lieux fertiles en miracles, parfois associés à des thaumaturges.  Les Américains se bousculaient déjà à Ste-Anne de Beaupré, à Notre-Dame-du-Cap, à l’Oratoire St- Joseph… une bonne publicité et on faisait t venir des centaines de milliers de touristes-pélerins. Bon pour la foi, bon pour le Québec.

Pas bête, mais il faut l’appui  de l’Église et du Gouvernement.  Avant cette visite de Jean Paul II, c’eut été impensable , mais Jacques était maintenant en état de grâce, vu par le haut-clergé comme « notre homme dans les médias » et par son journal… comme « notre contact auprès des autorités religieuses » il était devenu une « compétence » en la matière.  Quand il s’en est ouvert, son projet a été accueilli avec curiosité et respect et l’affaire est donc allée plus loin.

Comme j’étais alors vice-président d’une société d’État québécoise et en contacts étroits avec la haute  gomme du parti au pouvoir, il m’a demandé de suivre l’affaire avec les autorités à Québec et, dès que nous aurions un appui officiel, de créer les liens à établir aux USA.  Lui-même s’occuperait des contacts « Eglise » et « Medias ».

On a jasé des détails. On a pensé a Compostelle.  Un bassin de 80 millions d’Américains qui, de mai a octobre, pourraient MARCHER vers nos lieux de pèlerinage…  Les plus aventureux utiliseraient  le vaste réseau de sentiers de randonnée, (Long TrailAppalachian Trail, etc.) qui quadrille le Vermont, le New Hampshire et le « Upstate New York » pour aboutir à la  frontière canadienne.  Les moins téméraires  pourraient suivre de petites routes de campagne et, pourquoi pas, une voie réservée sur le Chemin du Roy jusqu’à Québec avant de poursuivre jusqu’à Beaupré…

Il faudrait, « viabiliser » la route , si on peut dire, en prévoyant des gîtes d’étapes et des relais là où n’y en avait pas assez. Il serait bon d’avoir des conseillers/guides bénévoles le long des parcours formellement identifiés, chaque presbytère devenant un centre d’aide pour les pèlerins.

Il faudrait monter une campagne publicitaire énorme.  Pas facile, mais la moitié du parcours étant aux USA, on pourrait y trouver des alliés politiques puissants pour ce qui serait un second souffle touristique dans cette région.  Il y avait une manne à faire tomber dont le Québec ne chercherait qu’à avoir sa part, mais une bonne part…

L’histoire a fait assez de chemin, pour qu’un avant-projet soit présenté au Ministère du tourisme et à l’Archevêché, avec des détails et quelques chiffres… L’intérêt et la sympathie des intéressés semblaient bien indiquer que nous recevrions les appuis nécessaires.   On pensait à un parcours pilote Albany-Ste-Anne qui, merveilleuse coincidence, aurait exactement la distance entre Puente-la-Reina et Compostelle, le parcours commun traditionnel de toutes les routes de St-Jacques. Prévoyez 40 étapes de marche tranquille…

Pourquoi ça n’a pas marché ?  René Levesque est parti, Marcel Leger, ministre du Tourisme qui parrainait le projet, s’est retrouvé  en assez mauvais termes  avec l’équipe qui lui a succédé au PQ, et tout ce qu’avait défendu Léger n’avait plus la cote, au contraire.  Le gouvernement du Québec prenant ses distances, l’Archevêché de Québec a pris les siennes.  Jacques a eu d’autres idées, j’ai fait d’autres projets…  C’est une petite histoire qui n’est pas entrée dans la grande… Dommage.

Mais si quelqu’un aujourd’hui reprenait cette idée du Québec comme terre de pélérinages – avec désormais un St-Frère-André et une Ste-Kateri en plus – ça pourrait être intéressant. Ce serait bien, alors, si l’un des « chemins »  qu’on déterminera portait le nom  de Jacques Giroux.

Jacques Giroux est mort il y a quelques années -presque dans mes bras – sans renier aucune de ses convictions. Mais si Pierre Bourgault, athée militant, a eu ses obsèques à Notre Dame, pourquoi une route de pélérinage ne pourrait-elle pas porter le nom d’un Felquiste qui l’a rêvée pour le Québec ?

Pierre JC Allard

11-12-12

Père Noël (alias Santa Claus); abattre sans coup de semonce

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 5:51

Oui, vous avez bien lu. Il faut tuer le Pere Noel. Envoyer la facture de la balle à Coca-Cola, son créateur, et enterrer le costume du vieux sacripant. On a déjà dit qu’il était une ordure. En fait, il est l’Ennemi Public  # 1.

Numéro 1 ? On ne manque pourtant pas de sujets d’inquiétudes pour l’humanité !  Quand on voit la Guerre, la Peste et la Famine chevauchant avec la Mort, que vient faire le vieux barbu souriant, bedonnant, ostensiblement repus, dans ce qui semble une cohorte d’adversaires autrement plus redoutables?  C’est que quand on va au fond des choses, c’est toujours son message à lui, Santa, qui est là. C’est le message qu’il faut abattre.

Le message du Père Noel, c’est d’assimiler TOTALEMENT le plaisir, le bonheur et la joie à l’AVOIR. De présenter la vie idéale comme une séquence d’efforts pour satisfaire un désir insatiable de  POSSÉDER sans limite, apparemment pour s’assurer qu’on ne manquera de rien,  mais en fait pour thésauriser au-dela de tout risque crédible de carence, pour feindre d’être « plus » parce qu’on a plus et transformer ainsi la vie en un jeu à somme nulle CONTRE les autres.

Posséder… et une fringale, qui en est pourtant la négation, de consommer sans cesse davantage. C’est ça, le message de Santa qui nous empêche de bloquer facilement  la charge des quatre Cavaliers qui nous amènent notre apocalypse

D’abord la « Guerre ». Disons la violence et le crime, sous toutes ses formes. On se trucide depuis toujours pour un oui, pour un non, pour une couleur, une opinion, ou n’importe quoi… On est bien quérulent… Dans sa forme la plus achevée, la violence est la guerre, dans son mode mineur le crime. On en dit bien du mal et c’est en effet une saloperie.

Mais la guerre, comme nous l’avons connue, est une menace qui se transforme.  On voit que les horreurs en Libye et en Syrie sont différentes de celles de Dresden et d’Hiroshima au XXe siècle.

Qu’y a-t-il derrière la violence qui change de masque ? La cause principale de toute violence est de prendre ce que l’on juge essentiel pour satisfaire ses besoins, quand la ressource est rare et que l’accès en est contesté. Il s’agit de posséder sans limite.

Voyons la « Famine », emblématique de toutes les carences, et spécifiquement de l’épuisement accéléré de nos ressources naturelles, arrivant de paire avec une expansion démographique incontrolée ? Combien de temps avant que nous ne puissions plus répondre par le simple déni à l’imparable mise en demeure de Malthus ? Le problème n’est-il pas similaire à celui de la violence, toutefois? Une pénurie causée par une adéquation inepte de la demande et de l’offre…

Voyons, enfin, la « Peste », toutes ces « vieilles » maladies létales – dont le diagnostic  et le traitement aujourd’hui sont pourtant souvent triviaux, – qui reprennent l’offensive au tiers-monde, pendant que la recherche et la médecine modernes, confinées en pays développés, n’en ont que pour les affections singulières « intéressantes » des clientèles plus aisées.

Posséder sans limite. La compétence, aussi, laissant craindre qu’une élite de gouvernance, de plus en plus disjointe de la population « ordinaire », ne mette celle-ci en coupe reglée, jouant la carte de la ressource de santé en carence  pour tout contrôler,  avec l’aide d un establishment médico-pharmaceutique bien collé sur le pouvoir politique.  Contrôle d’une ressource rare. Voyez ce que l’on fait déjà avec les seules drogues illégales… ! Imaginez TOUTES les médications, une prohibition ciblée, un monopole absolu une dépendance totale

Quel est dénominateur commun de nos problèmes ?  On s’aperçoit que guerres, famines, pestes et autres périls découlent d’un seul problème : une pénurie de ressources… et le désir de posséder   Mais l’industrialisation a apporté l’abondance.  Ne serions nous pas en bonne voie d’apporter une solution à ces pénuries, si quelques-uns parmi nous ne trouvaient pas leur avantage à ce qu’elles ne soient pas corrigées ?

Ces problemes sont aggravés, voire créés entièrement, par une gestion scélerate des ressources. Aujourd’hui, nous avons une production moyenne sur cette planète de USD$ 7 000 $ par tête.  Nous produisons déjà largement assez  pour loger et nourrir tout le monde au prix des marchés et même leur offrir des loisirs ! Produire n’est plus un défi pour l’humanité. Posséder le demeure…

Si c’était écessaire, nous pourrions produire facilement deux, trois, quatre, dix fois plus de bien matériels. Avec l’industrie, la technologie, la science croissant au rythme exponentiel de nos connaissances, il n’y a pas d’autre contrainte à la satisfaction de tous nos besoins matériels que la disponibilité des ressources naturelles et notre bonne volonté à laisser le travail  et la compétence produire.  Nous avons encore les ressources naturelles pour le faire et au moins 80 % de nos ressources humanes sont sous-utilisées ou inutilisées

Nous ne le faisons pas, parce que tout le système économico-politique actuel s’évertue à réduire la production et à créer des raretés sur lesquelles il peut spéculer.  Pour mieux posséder, des ressources nous sont présentées comme en pénurie, alors qu’elles sont surabondantes.    C’est le jeu auquel s’amusent ceux qui ont le pouvoir.

Nous, nous consommons du matin au soir. À la limite de ce que nous pouvons avoir de temps disponible pour le faire, en équilibre avec celui que nous devons consacrer au travail ou autre activité rémunératrice pour payer ce que nous consommons.  C’est le but que nous donnons a notre vie, peu ou pas du tout conscients que c’est le but auquel on nous a conditionnés… pour le plus grand plaisir de ceux qui jouent à produire et à spéculer sur ces choix de consommation que nous faisons.

Plus personne ne remet en cause que l’abondance est là.  LA PAUVRETÉ EST UN CHOIX…. Pour mieux posséder. Ce choix fait par une élite financière est odieux. Il n’y a rien que vous et moi puissions faire pour changer cette affectation  criminelle des ressources…. Hormis la méthode traditionnelle de mettre au bout d’une pique la tête des responsables… Ou que nous ne nous insurgions contre le Père Noël et son message…

Le message du Père Noël a permis que le but ait cessé d’être d’« avoir assez », ou même d’« avoir beaucoup », pour devenir simplement d’« avoir PLUS »…  («Avoir trop » n’étant pas une valeur reconnue par le programme….).   Quand le jeu n’a plus ainsi d’autre maximum qu’un « plus » parfaitement mobile – qui fuit devant soi comme un arc-en-ciel – le système des possédants est heureux, car on a une pénurie infinie et sur commande.

RIEN ne pourra  jamais combler le désir d’avoir « PLUS ». On est dans une insatisfaction permanente. Motivante….   Une pénurie qui peut permettre, guerre, famine, peste  ou tout ce qu’il faut pour garder Quidam Lambda au travail  et dans l’obéissance …

Il y a une façon et une seule d’échapper  à l’insatisfaction.    Dire NON au Père Noël.  Voir comme une vertu de ne consommer que ce qui rend VRAIMENT plus heureux  Faites-en la liste et vous serez surpris. Elle sera bien courte…

Les Jones  de Veblen cessent alors d’être les ultimes arbitres, car l’objectivité qui n’était qu’un mirage prend fin.  Vous comprenez que VOUS êtes le seul arbitre de la valeur de ce que vous faites et acquérez, et que c’est  à vous de noter votre propre copie, puisque vous ne le faites que pour donner subjectivement plus de sens à votre vie, dont autrement vous croiriez – tout aussi subjectivement –  qu’elle en a moins ou n’en a aucune.

Vous comprenez – et c’est une véritable épiphanie – quelques évidences : qu’un bien ne vaut que par le service qu’il rend ; que la propriété ne vaut que par l’usage qu’elle permet ; que l’obligation sociale de montrer aux gens qu’on les aime en leur donnant des choses qu’ils ne veulent pas est une aberration ;  que s’encourager à acheter des gadgets inutiles est une bêtise ; que croire qu’on se réalise par l’avoir est vulgaire ;  que consommer au-delà du nécessaire, c’est affamer les autres. … et que le Père Noël…  Bon, on l’a déjà dit…

Pierre JC Allard

03-12-12

Chine. Parti unique n’est pas pensée unique

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 10:24

diversité-In- NOUV SO(C

J’écrivais, la semaine dernière, que ce que nous appelons «démocratie» en Occident n’est plus qu’un subterfuge, pour faire tenir la population tranquille – dans une société de plus en plus inéquitable – en lui laissant croire que c’est ELLE qui choisit les politiques qui sont appliquées !  Cette façon qu’a le système de se moquer des gens me devient de plus en plus insupportable

En réalité, la population n’a d’autre choix que celui du discours pour décrire les politiques que d’autres « qui savent »  auront choisies… et celui de la figure de proue qu’elle préfèrera, entre les politiciens de carrière auxquels une chaîne de filtres mise en place par « ceux qui possèdent » aura permis qu’ils puissent solliciter d’être ainsi adoubés.

Le but du présent article n’est pas de discuter de ce subterfuge – il reste peu de gens de bonne foi qui conteste que c’en soit un – mais de voir si ce qu’on fait en Chine ne pourrait pas nous guider vers une VRAIE démocratie, en nous montrant un modèle différent

Ici, je vous invite à jeter un coup sur ce que fait en Chine une démocratie encore embryonnaire. Je ne feindrai pas d’y connaître quelque chose, en me faisant par copicollés une réputation usurpée de sinologue. Je vous propose plutôt ce lien vers un article de Gunther Schubert qui me semble instructif.  L’immense majorité des lecteurs, comme moi, n’ont pas la moindre idée de ce qui se construit en Chine et n’en connaissent que  que nous disent les journaux. Ce texte est un peu long, mais c’est un effort qu’il nous faudra tous faire… et mieux vaut le faire tôt que tard.

http://perspectiveschinoises.revues.org/56#tocto1n1

J’ajoute ci-dessous quelques remarques. Ne croyez surtout pas qu’elles peuvent remplacer la lecture du texte  de Schubert ! Je profite simplement de l’occasion pour clarifier trois (3) malentendus auxquels on se bute souvent quand on parle de démocratie en Chine.

1. Première remarque, je suggère de s’en tenir au sens réel des mots, sans nous en laisser distraire par ceux spécieux dont les affublent ceux qui ont des agendas à promouvoir.  La réalité ? La démocratie, c’est quand on peut passer sans solution de continuité d’une décision prise par une majorité à son application effective, sans que le sens de cette décision ne soit changé ou ses conséquences substantiellement modifiées.

Ce qui n’est pas évident. Nous savons tous, par exemple, que ce n’est pas parce qu’une « république socialiste soviétique » se disait démocratique  que le pouvoir y appartenait au peuple.  Bien des forces s’exerçaient pour que ce ne soit pas le cas….   De la même façon, dans nos démocraties à l’occidentale, sous couvert de représentativité déléguée, la décision populaire est elle aussi dénaturée par paliers et devient, hélas, n’importe quoi. Le fonctionnariat et le judiciaire y veillent.

D’ailleurs, le sort du référendum sur le Traité de Lisbonne a fait la preuve irréfutable qu’on a cette distorsion même en restant dans le volet législatif.  Il n’est même pas nécessaire, non plus, d’introduire l’omniprésente corruption par l’argent, ni le contrôle de la pensée par les médias pour remettre ainsi en question la QUALITÉ de la décision :  la construction de la décision est viciée dans ses assises mêmes…

Ne perdons donc pas plus de temps à faire le post mortem de notre démocratie. Voyons plutôt, dans le texte de Schubert, les instances en Chine qui prennent des décisions à la majorité  de ceux qu’elles concernent et dont l’application est pleinement soutenue par le pouvoir de l’État.  Ces décisions SONT démocratiques et leur champ d’application définit un espace ou prévaut la démocratie. Prenons en modèle.

2. Ensuite, il faut rester conscient que  la démocratie n’est pas une fin en soi; elle est un expédient.  Elle vise à garder à l’individu un maximum de liberté, dans le cadre d’une société, un regroupement qui limite cette liberte, mais dont on pose l’hypothèse que l’individu accepte d’en être partie prenante parce qu’il en tire des avantages qu’il juge suffisants.

Dans cette optique, la meilleure démocratie n’est pas celle qui soumet tout à la décision collective. Au contraire, cest celle qui réduit l’espace démocratique a ce qui est essentiel au bien commun tel qu’en décident les participants, laissant tout le reste à la libre discrétion de chaque individu.

Tout serait bien, en ce cas, si chaque individu était  libre de son appartenance au groupe. Mais si on prétend décider « démocratiquement »  de ce qui constituera l’espace démocratique lui-même auquel l’individu est tenu d’appartenir et où s’exercera  la volonté de la majorité, on est en terrain logique bien douteux.  Il faut alors choisir une valeur transcendante qu’on place AU DESSUS de la démocratie, et Il est crucial que nous, Occidentaux, ne vous arrogions pas le droit de définir pour toute l’humanité, ce que doit être cette valeur transcendante.

3. Enfin, parlant de la Chine, il faut cesser cette mauvaise foi de nier qu’il puisse y exister une quelconque démocratie, sous prétexte qu’on y est en régime du Parti Unique.  On joue alors sur les mots, et ce n‘est ni honnête ni innocent…

La vérité. c’est qu’Il y a en Chine, comme dans toute société, un corpus de principes, d’objectifs et de moyens d’action jugés acceptables qui font consensus. On peut appeler ce corpus, une éthique, une constitution, la « légitimité socialiste » … ou la « démocratie ». Affaire de vocabulaire, mais il faut comprendre que ceux qui acceptent  ce corpus peuvent ensuite se reconnaître, aussi, dans des idées, des opinions des intérêts divergents… et s’opposer farouchement sur le plan des politiques qu’ils préconisent. Ils le peuvent sans renier en rien leur accord avec l’intégralité du corpus de base, lequel est alors tenu pour un acquis commun, AU-DESSUS du débat.

La pensée en Chine n’est PAS monolithique. Il est certain que, dans le « Parti Unique » en Chine, existent des factions, des groupes, des sensibilités tout aussi distinctes  entre elles que celles que manifestent en  France le PS, le FN, L’UMP etc… ces « partis » qui ne sont que des variantes d’une seule  pensée politique qu’on appelle, nous, la « démocratie« … et qui est notre Parti Unique à nous.

Une pensée contraignante et un Parti unique, car comment croyez vous que serait accueilli sur la scene politique, en Europe ou pire en Amérique, quiconque voudrait proposer une option politique SÉRIEUSEMENT différente de cette démocratie ?  Quelque chose comme une dictature fasciste, un retour des Bourbons ou même un vrai communisme ?   Proposer quoi que ce soit qui ne s’insèrerait pas dans les normes de ce qui, sans dire son nom, est essentiellement le « Parti Unique de la démocratie à l’Occidentale » ? Ce corps étranger serait expulsé sans top de ménagements.

Il serait expulsé, comme la Loi Gayssot a expulsé le négationnisme et ils seraient bien peu à s’en plaindre, car on y verrait l’affirmation d’un consensus fondamental qui reflète NOTRE culture.   Soit,  mais n’inférons pas, alors, que la Chine ne peut pas implanter d’institutions démocratiques, simplement parce qu’elle ne parle pas de « partis » pour identifier ses divergences.

Pourquoi ne pourrait-elle pas souligne les similitudes plutôt que les oppositions, au sein du Parti Unique qui lui semble définir le consensus de base sur les valeurs de SA culture ?  N’est-il pas bien indélicat et un peu saugrenu de reprocher à la Chine de vouloir résoudre ses contradictions autrement que par le cirque partisan médiatique sponsorisé par lequel nous amusons périodiquement nos badauds ?

Pierre JC Allard

26-11-12

Vers une vraie démocratie… comme la Chine

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 7:09

 

 

Ce titre semble provocateur? Il l’est… mais juste un peu, car il est surtout ambigü. Comme la plupsrt des gens, vous avez sans doute cru que je disais que nous allions vers une véritable démocratie, comme la Chine serait, une véritable démocratie et vous en avez été choqué. La Chine démocratique, quelle blague !

Je vous demainde de relire et de comprendre autre chose. Je souhaiterais que nous allions vers une véritable démocratie… comme je crois que la Chine voudrait aller vers une véritable démocratie…. Vous voyez ? Ca va mieux, n’est-ce pas ? Une ambiguïté…. Ma seule (petite) provocation a été de planter cette ambiguité. Elle n’est pas gratuite: elle veut montrer ce qu’on peut faire à la vérité quand on crée des ambiguités….

Par exemple, tout le discours que nous tenons en Occident sur la démocratie est ambigü … et la vérité en prend pour ses frais. C’est que, lorsque nous parlons de démocratie, nous n’y voyons que le droit pour tous de décider des grands principes à suivre, l’obligation inhérente à notre démocratie de laisser la majorité choisir. Nous négligeons le droit, au moins implicite dans un Etat de droit, que nous du peuple avons de réaliser ensemble les choses que nous voulons accomplir ensemble sans en être empêchés sans raison.

Quand on escamote ce second droit, il en sort le préjugé que nous en Occident sommes démocrates… et les Chinois, non. Or c’est au mieux une demi-vérité et ce n’est pas innocent.
Quand on parle de démocratie en Occident, on parle exclusivemt d’un droit de choisir les options qui seront appliquées au palier des grande dossiers poltiques, économiques, sociaux… Joli, mais c’est une arnaque. Une fumisterie, car il est évident que Quidam Lambda n’a pas les connaissances nécessaire pour comprendre ces grands dossiers, ni pour prendre les décisions pointues qu’il faut prendre dans cesdossiers etqui font la différence entre être bien ou mal gouverné.

Quand disant « démocratie » on reste au palier des « grands principes », on ne dit que des paroles creuses. Sur la justice, la liberté ou autres choses sur quoi on est tous d’accord. Le peuple décide… mais Il n’y a rien à décider. Est-ce ça la démocratie ?

Quidam Lambda sait très bien qu’il n’y comprend rien et il ne touche pas a ces grands dossiers autrement qu’en échangeant des poncifs au Café du Commerce ou sur le web. Il opine, comme lui disent d’opiner les médias partisans qu’il choisit par atavisme, comme il s’identifie au Russe ou au Tchàque de son équipe de hockey, au Marocain ou au Suédois du PSG ou des Verts. En politique comme en sport, Quidam Lambda est partisan: il joue à la démocratie par identification.

Il y joue parfois avec ferveur, mais il sait très bien que sa vie quotidienne ne dépend pas de ses choix démocratiques, que tout ce qui est important en politique est décidé par d’autres. Par des gens qui en savent plus que lui…. Des gens qui ont aussi, souvent, d’autres intérets que les siens. Il n’ira pas plus loin que de s’en plaindre.

Cette démocratie peut être amère. Comment pourrait-il apporter des solutions? Comment pourrait-il VIVRE la démocratie? Question académique. On ne lui en donne pas l’occasion et il n’en a même pas le goût.. il n’y a sans doute pas plus de 3% de la population qui s’intéressent aux grands dossiers. Les autres veulent seulement qu’on leur donne plus d’argent, plus de services, qu’on assure leur sécurié et qu’on ne les embête pas trop.

La démocratie que nous avons est un emballage vide. On nous demande de mettre le titre et la photo sur les dossiers: d’autres y mettent le contenu… L’emballage de la démocratie sort de chez Hermes, mais il ne contient que du papier froissé, couvert de mots creux et déja lus.

Cette démocratie des grandes options n’existe pas vraiment; en fait, elle est impossible. Si on voulait la faire naîtreau-dela d’un certain seuil assez bas, le résultat en serait catastrophique, comme l’ont prouvé les Athéniens, il y a plus de 2000 ans. La démocratie est là pour cacher le pouvoir que n’ont pas ceux qui ne savent pas.

La démocratie « qui choisit les grandes options » est un leurre. On a dit ad nauseam que nombre ne faisait pas raison, que la démocratie était la tyrannie de la majorité, et même Churchill, qui s’y connaissait en ambiguités, a eu cette phrase-poison bien connue, pour dire que « la démocratie était la pire forme de gouvernement… sauf les autres formes que l’on avait essayées. ».. Se gardant bien d’ajouter, toutefois, qu’on ferait tout pour que jamais ne soit essayée une meilleure forme de gouvernement qui pourrait fonctionner…

Se pourrait-il qu’existât une meilleure forme de gouvernement que la chimérique démocratie que nous avons. ? Que ce soit justement une démocratie dans ce sens escamoté en Occident du « pouvoir d’agir ensemble » ? Le Empowerment de Saul Alinsky et la pensée qui en découle ?

Est-ce qu’une VRAIE démocratie ne devrait rester EN DEÇA de ce «certain seuil» au-dela duquel l’individuu ordinaire perd pied, et où la démocratie comme nous l’avons bâtie en Occident devient une mystification? Il faudrait voir, car c’est précisément ce que l’on fait en Chine.

La Chine démocratique n’est pas une blague. C’est une chose qui grandit. Nous avons en Occident une pseudo démocratie mise de l’avant au niveau étatique – là où elle ne peut PAS s’appliquer – alors que la démocratie au niveau local, celle qui pourrait jouer son rôle, est perfidement mise sous tutelle par cette pseudo démocratie au palier de l’État ! En Chine la démocratie est bien présente. EN DEÇA DU SEUIL.

Surtout, ne pas croire que ce qui est en deça de ce seuil soit anodin. En fait, l’essentiel du RÉEL est là. Le réel, c’est ce puit qu’il faut savoir où creuser, cette route dont on fera le tracé, les vigiles qu’on mettra pour que l’ordre règne… Il y a beaucoup de décisions à prendre au palier où le peuple a la compérence de les prendre. On évite en Occiodent d’en parler trop, pour deux (2) raisons.

La première est que ces décisions portent sur le quotidien et, pour la gouvernance, sont de ces « détails » dont on dit souvent que le Diable y loge… parce qu’ils ne s’ajustent pas toujours bien avec les grands principes dont ont décidé les « autorités supérieures ». La deuxième, c’est que ce domaine recèle un énorme potentiel d’argent et de pouvoir. Trop pour que ceux qui ont fai main basse sur le contrôle des États en en faisant un jeu de symboles en abandonnent sans lutte la gestion au monde ordinaire.

Tout ce qui est local, muncipal, proche du peuple et de ses besoins ET DONT LE PEUPLE POURRAIT EFFICACEMENT DÉCIDER est donc, en Occident, soigneusement soustrait à l’influence directe de celui-ci. Le fonctionnement en est astrent aux règles de la «démocratie» représentative qui prévaut au niveau de l’État, avec ses Partis pour encadrer toute liberté de pensée, ses caisses occultes pour que toute conscience puisse être louée, ses médias menteurs pour que l’imagination ne soit JAMAIS au pouvoir

En Chine, au contraire on a commencé la démocratie pas là. En bas. La démocratie monte vers le pouvoir, poussant devant elle ce seuil dont nous avons parlé et qui est mobile. C’est peut-tre le modèle à suivre. Nous en reparlerons.

PIerre JC Allard

29-10-12

UNE morale et un million de religions

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 4:33

J’ai parlé, la semaine dernière, de l’urgence qu’apparaisse dans le monde une nouvelle morale qui tienne compte, entre autres, des vertus essentielles  « collectives » que sont devenues la solidarité et la tolérance,  mais sans sauter dans les bras des religions …et encore moins tomber entre leurs mains!  Est-ce possible ?… rappelons d’abord précisément la distinction a faire.

D’abord, l’éthique et la morale. Tout individu a des valeurs.  Ces valeurs sont les critères qui déterminent les décisions qu’il prend et donc les gestes  qu’il pose.  C’est cette combinaison unique de valeurs qui lui confére  son identité  et fait de lui une « personne » , avec sa propre « culture » différente de toutes les autres et peu ou prou distincte de la culture de référence à laquelle il dira et/ou on dira qu’il appartient.

Qu’il ait été affublé de ces valeurs par son éducation, ou que ce soit son expérience  qui l’ait conduit à les faire siennes, chacun veut voir son éthique  comme un tout bien structuré. On ne peut pas, sans perdre la raison, se soustraire beaucoup ni lontemps à la contrainte de garder à sa propre éthique une cohérence interne.

On ne peut  pas vraiment TRICHER avec ce qu’on perçoit de sa propre éthique, car elle semble s’imposer,  pas plus qu’on ne peut facilement se convaincre que ce que l’on voit n’existe pas. Mais on peut PÉCHER hardiment contre sa propre éthique, chacun pouvant s’en accommoder…

Quand on vit en société, un consensus peut donc s’établir sur une MORALE  qui reflétera ce que l’on est tous d’accord pour respecter et que devra refléter la loi. Chacun sera un peu en porte à faux, mais le résultat sera un compromis  fonctionnel. Entre gens de même culture de référence, on peut arriver à ce ompromie.   UNE morale et une seule, en Occident, est un but raisonnable à atteindre.

Et la religion ?  La religion commence là où finit la raison.  Elle n’est pas soumise à la  contrainte d’une cohérence interne, car elle s’appuie sur la foi. La religion, nous l’avons dit, met la foi au dessus de la raison et supprime donc la seule autorité qui pourrait arbitrer les  conflits entre croyants de fois diverses.  Pour cette raison, la foi est un obstacle a l’évolution harmonieuse de toute société qui n’est pas composée de croyants d’un même religion.

Si la religion a ce travers, pourquoi même parler ici de religion ?  Parce qu’avoir une morale ne garantit pas qu’on la respectera.  L’individu, que ça nous plaise ou non, a prouvé au cours de l’Histoire qu’il avait besoin d’un modèle de rétribution du bien par la récompense et du mal par le châtiment, ajoutant a celui visible un autre monde dans l’au-dela qui puisse pallier les insuffisances du premier.

Si l’individu en est empêché, c’est son éthique qui en souffre et nous avons, comme aujourd’hui, une société amorale où dominent progressivement les éléments immoraux. La « vertu pour la vertu » n’est pas un scénario, gagnant, si ce n’est pour une toute petite minorité … Le Stoïcisme n’a pas été une solution satisfaisante à la déchéance des dieux du pantheon romain…  La plebe est allé en masse vers Mithra et Jésus, qui promettaient une rétribution.

Le régime soviétique n’a pas maintenu longtemps, non plus, le dévouement à un monde meilleur de « lendemains qui chantent ».  Quand on fait disparaitre cette fameuse « pie in the sky » dont se moquait les marxistes, on s’apercoit vite qu’entre deux « tartes sur la terre », tout le monde prend la plus grosse, la moins chère… et la plus facile a prendre.

Dans la situation présente, alors que notre  survie comme société dépend de l’avénement d’une nouvelle morale, pouvons nous penser que nous ferons l’économie de l’éclosion d’une nouvelle ferveur religieuse. ? Je ne le crois pas.  Sans la foi en « autre chose » – qui justifiera les notions de générosité et de paix en y accolant la promesse d’une récompense au-delà  du cours de cette vie – ils seront bien peu  nombreux à accepter de sacrifier une parcelle de celle-ci par simple respect du bien et amour des autres.

Est-ce à dire que nous devions attendre qu’une nouvelle religion conquérante déferle sur le monde, celle des Islamistes, des Fondamentalistes américains, ou de l’une ou l’autre des petites sectes qui, en ces temps d’Internet, pourraient prendre le « marché de la foi » au prix de quelques miracles et oraisons ?

Je pense, au contraire, que cette montée d’un fanatisme qui trouverait comme d’habitude son plein développement et donc toute sa malice dans une alliance étroite avec le pouvoir politique , peut être  contrariée.  Elle peut l’être par un effort pour que s’établisse  une morale universelle qui ne s’appuiera pas sur UNE foi et UNE religion, mais sur une myriade de croyances.. Autant de croyance, qu’il y a de croyants, chacun ayant  la sienne en ce qu’il voudra et y trouvant l’espoir – ou la menace – d’une retribution de ses œuvres.

Dieu ne peut-il pas avoir, pour ceux qui veulent le trouver, autant de facettes que peut en prendre leur foi ?  Or, ce Dieu que chacun bâtirait a son image serait le parfait « juge équitable » dont l’être humsin semble avoir besoin, pour que chacun puisse chosir de faire le bien plutôt que le mal sans se sentir floué.

L’avantage de cette multiplicité ? Le danger des religions, c’est leur masse, vite critique, et l’énergie qu’elles peuvent canaliser dans toute direction, bonne ou mauvaise, au gré des caprices  de quelques individus.

La foi ne disparaîtra pas, ni le besoin d’un sens à cette vie,  prenant la forme d’une rétribution attendue. Quand chaque croyant est littéralement un « libre penseur », toutefois, le danger que porte la foi disparaît.  Quand coexistent des milliers de religions, Il ne reste de significatif qu’un accord sur une morale qui fait consensus et dont tout dogmatisme a été extirpé.  C’est la grâce à se souhaiter.  Amen.

Pierre JC Allard

22-10-12

Des valeurs humaines pour l’humanité

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 6:19

Ceci est le troisième article d’une série où je parle d’un retour vers le réel.  Un retour vers le réel qui résulte d’une perte de confiance en tous ces symboles commodes dont on a créé un univers virtuel, un miroir où tout peut être traité plus efficacement, comme par magie, puis se refléter sur la réalité.

La confiance est partie, car on a compris que la monnaie n’est pas la richesse, ni l’autorité la force, mais qu’elles n’en sont que des reflets. On s’est aperçu que le miroir peut déformer et que toutes les arnaques, hélas, deviennent aussi infiniment plus faciles, si on fait aveuglement confiance au reflet.

Tout est plus facile, si la confiance règne.. et le mal aussi ; on a donc coupé la confiance. Mais cette perte de confiance est régressive dans l’histoire de l’humanité, car c’est travailler sur des symboles qui nous rend humains.   Nous voulons donc rebâtir la confiance.

La confiance, toutefois, présuppose un accord préalable sur ce qui est BIEN.  Elle exige une éthique au cœur de l’individu, une morale au sein de la société.  On ne peut se faire confiance que si on  respecte des valeurs.  Mais lesquelles ?   Celle que nous avions, héritées souvent des religions, nous ont déçus. Vite, des valeurs…

On se plaint souvent de ce que Dieu nous manque pour fonder cette éthique et cette morale, mais c’est ne pas comprendre que c’est cette éthique innée en nous – et cette morale que nous voulons respecter ensemble – qui définissent le comportement qui nous sert tous. Le comportement « moral » consensuel que nous trouvons pratique de présenter comme une volonté divine.

Un attribution pratique, mais qui a des effets pervers, car dès qu’on prête à « Dieu » un volonté qui puisse être différente de ce qu’un consensus UNIVERSEL perçoit comme le Bien, ce qui pour certains est  « mal » peut être présenté par d’autres comme « bien », sans autre argument que la « foi en Dieu »… laquelle se confond alors avec la foi en la parole de celui qui l’affirme, sans qu’il soit  possible de soumettre cette dissonance à l’arbitrage de la raison.

Or, tout ce qui exclut ainsi l’arbitrage de la raison – le seul par définition qui puisse déterminer un consensus « raisonnable »  –  ne peut conduire qu’à d’irréductibles divergences entre croyances, qui ne se règleront que par la force et la violence, à la mesure de la foi qu’on leur accordera.  Est-ce sur ça, que nous voulons établir de nouvelles valeurs ?

Ces croyances sont des éléments de discorde dans une société. Ce sont des poisons dont les effets se conjuguent pour détruire la solidarité qui seule en permet l’évolution harmonieuse.  La « foi » doit donc être vue pour ce qu’elle est :  une pulsion pré-rationnelle.  La foi est le déterminant par défaut à l’action, quand nulle raison consciente n’existe d’agir que la volonté d’un changement.

Ces tropismes, qu’on rationalise en en faisant des croyances, créent alors une illusion de sens, en ce que celle-ci confère de persévérance dans l’action engagée.  Irremplaçable au départ, mais n’est-il pas évident que l’intelligence – et donc l’humanité – se développent  au fur et à mesure que ces croyances sont remplacées par des  motifs réfléchis, orientés vers un but  que la raison a choisi ?

Nous sommes aujourd’hui au point ou de nouvelles valeurs doivent s’imposer : c’est à cette condition que reviendra la confiance. Inutile de souligner lourdement que l’égoisme, qui est le premier fondement de la nature humaine  –  et de toute individuation ! – sera encore le premier déterminant de ces valeurs. Mais, cette contrainte acceptée, les progrès que nous avons fait dans la connaissance et les acquis que nous avons tirés de l’abondance industrielle, devraient nous permettre de définir une éthique pour notre temps. Une moralité porteuse du genre d’humanité que nous voulons.

Il y a donc des vertus dont nous devons DIRE qu’elles sont des vertus et que c’est un vice de ne pas les manifester. Au premiers rang de ces vertus, la SOLIDARITÉ. Une société doit affirmer que, dans la condition d’interdépendance croissante que l’humanité va vivre, il y a des péchés, voire des crimes qui peuvent être commis contre la solidarité.

Il y a aussi la TOLERANCE comme vertu – dont la laïcité est l’une des manifestation essentielles –et contre laquelle il y a ces transgressions que sont le racisme, le sexisme et le refus actif  des différences.

Il y a bien d’autres de ces vertus encore méconnues et aussi les péchés capitaux contre ces vertus dont une société devra choisir de s’y attaquer plus ou moins fermement. Il va falloir les identifier.  Si quelque chose doit jouer le rôle d’une morale – et je crois qu’il le faut – il faudra que cette morale soit compatible avec le devenir d’une humanité que nous jugeons souhaitable. Ce qui n’est pas le cas de la route que nous suivons présentement.

Le néoliberalisme est IMMORAL.  Il est non seulemnt responsable de tous les maux que nous connaissons et n’avons pas ici a répéter, mais il est incompatible avec la renaissance d’une confiance entre sociétaires-citoyens sans laquelle une société, quelle qu’elle soit, ne PEUT PAS SURVIVRE.

Il semblerait qu’une nouvelle morale en Occident – dont la solidarité et la tolérance seraient des piliers – puisse découler normalement d’un nouveau paradigme fusionnant le message christique et celui du communisme, les deux s’étant succédés pour parler de partage et de générosité.  Les deux dépouillés, bien sûr, de tout dogme qui en ruine l’essence en en limitant l’universalité.  Il faut penser morale, sans penser religion.  C’est une voie a explorer.

Pierre JC Allard

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