Nouvelle Societe

20-09-15

Nouvelle Gouvernance… en direct

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 1:06

 

 

images-2

 

 

Cet article aborde la question, que je crois prioritaire, d’une nouvelle forme de gouvernance pour remplacer celle que nous avons et qui n’inspire plus confiance, pour des raisons dont j’ai maintes fois traité. Bien d’autres en ont traité aussi, d’ailleurs, et je ne reprendrai donc pas pas ici cet argumentaire. Cet article étant plus dense que ceux que je publie généralement sur ce site, j’en numérote les paragraphes. Les idées des trois (3) premiers n’ont rien original. Ils ne servent que de préambule que je crois consensuel

1. Une société est un ensemble d’individus en interactions. L’individu en société est libre, sous réserve du respect de la liberté des autres et du pouvoir qu’il consent, de bon ou mauvais gré, à quiconque exerce une autorité sur la collectivité – tribu, clan, État… – à laquelle il appartient de fait. La gouvernance est l’expression du pouvoir de cette autorité ; elle encadre les activités de l’individu en société et fonctionne selon des règles, parfois implicites, d’ingénierie politique

2. L’« ingénierie politique » débute par l’appréhension d’une réalité sociétale et l’énoncé d’hypothèses concernant son évolution, la détermination d’objectifs pour l’orienter et l’acceptation de critères pour en juger de la valeur. Elle se poursuit par des efforts de planification et la mise en place de lois et règlements, ainsi que de mesures au besoin coercitives en assurant l’application. Son domaine est traditionnellement décrit comme celui des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.

3. Les tâches d’ingénierie politique sont réparties entre décideurs et simples exécutants, les uns comme les autres pouvant être des acteurs permanents, temporaires, occasionnels, élus, nommés, co-optés, ou accédant à leur poste par droit divin ou coutumier. Ils sont identifiés par des titres reflétant parfois – mais pas toujours – leurs fonctions ou leur statut. Dans l’aire de ce qu’on peut appeler « les démocraties à l’occidentale », on a surtout : a) des ÉLUS, mandatés par le peuple pour déterminer une politique globale et donner les ordres et instructions, et b) une structure d’experts présumés compétents pour en assurer la réalisation. Nous appellerons ces derniers « les fonctionnaires ».

4. Ce modèle « à l’occidentale », pose problème. pour (2) deux raisons fondamentales. La première, est que ces mandataires se perçoivent et sont perçus comme les DÉCIDEURS ; ils usurpent ainsi la légitimité du Demos, forment un « gouvernement », en retirent un pouvoir et, étant humains cherchent à retirer de ce pouvoir tous les avantages possible. Il en résulte une corruption pratiquement universelle.

5. La deuxième est que, leur compétence étant de se faire élire, ils ne sont tenus d’en avoir aucune autre, même pas celle de choisir raisonnablement les experts qui devront faire fonctionner la société. La gouvernance est donc tout entière aux mains d’experts qui ne sont PAS élus, mais choisis selon des critères que déterminent aussi des experts.

6. On a ainsi une dictature de la compétence, conséquence de la logique même des rapports dans une societe technique complexe. Les fonctionnaires deviennent une caste incontournable et pratiquement inamovible, pouvant se permettre un favoritisme débridé qui constitue, en parallèle aux politiques une omniprésente de corruption.

7. Face à une gouvernance bicéphale – politique et tehnique – dont ni une tête ni l’autre ne veut prioritairement son bien, l’individu lambda cherche à en tirer le meilleur parti pour lui par des pressions ciblées sur la structure des décideurs et/ou celle des exécutants. Il s’y emploie en jouant de son appartenance à une myriade de réseaux d’affinité – familiaux, sociaux, religieux etc. – dont les syndicats ne sont que le meilleur exemple.

8. Tous ces réseaux sont les outils de sa volonté de l’Individu de tricher autant que faire se peut et de biaiser en sa faveur le cours des interventions de l’État. On ne prend le parti de la « justice » que si les circonstances ont fait que la justice ait pris parti pour soi. A la volonté d’une gouvernance d’être corrompue, correspond une volonté ferme de chacun de la corrompre.

9. À Orwell, (disant essentiellement que « tous les gouvernements du monde sont en guerre contre leur propre population », ) on ne peut donc ne pas rétorquer qu’il en est bien ainsi, en effet …. mais que ce que ce sont les populations qui ont commencé…. Le conflit – inévitable – entre l’État et ses citoyens prend sa source dans l’insoumission pérenne de l’individu, qui ne se veut citoyen qu’à ses heures et à ses conditions.

10. On peut espérer que l’abondance – permettant à l’humanité le passage à un autre paradigme que celui de l’acquisition et de la possession comme seuls buts de la vie – réduira la toute puissance de la corruption… mais ce n’est pas encore chose faite. Acceptant cette réalité, ne faudrait-il pas mettre en place une gouvernance qui tienne compte du désir d’an-archie qui est à la base de l’idée de démocratie réelle ? Un idée que lenovlangue bien-pensant escamote, en utilisant le concept de « démocratie représentative »… .. qui n’a évidemment rien d’une démocratie, mais en est l’antithèse

11. Comment concilier l’exigence de compétences ad hoc au sein de la gouvernance, avec celle d’une participation universelle (démocratique) à la décision que rend opportune le plaisir que prend l’individu à prétendre se gouverner lui-même et qui mène à une gouvernance plus consensuelle, plus facile et donc plus efficace ? Il faut éliminer de la démocratie toute notion de représentativité. 

12. Si on prétend qu’une décision est démocratique, elle doit avoir été prise par la majorité de ceux qu’elle concerne et ne commencer ou cesser de s’appliquer que si et quand une telle majorité en décide. Les progrès de la communication rendent facile une démocratie DIRECTE, La seule véritable démocratie.

13. Les outils sont disponibles pour des consultations universelles et a peu de frais de toute la population ou de tous les segments de cette population qu’on veut en identifier. Cette approche référendaire est la seule qui soit démocratique. Toutes les décisions qui sont aujourd’hui soumises à des instances élues doivent dorénavant l’être à ce processus référendaire.

14.Dans un régime de démocratie directe, le rôle d’un Président – élu au suffrage universel – est d’être l’INSPIRATEUR et à l’écoute de la population et, assisté des conseillers (Ministres ?) dont il choisit de s’entourer, de chapeauter un fonctionnariat qui soumettra à la population les referendums permettant que devienne loi ce que la population VEUT. Dans une démocratie, l’apparaeil de l’État propose et le peuple décide.

15. Logistique ? On accordera en principe un (1) an à une proposition, sur le site Internet de l’État créé à cette fin, pour qu’elle soit ainsi approuvée par une majorité des citoyens. On indiquera chaque jour le nombre des appuis qu’elle a cumulés : une démarche référendaire n’a pas pour but de surprendre la bonne foi des citoyens…. Un an, comme limite, mais une mesure sera approuvé dès qu’elle aura obtenu une majorité d’appuis et deviendra loi à 0h00 du jour suivant.

16. Cette tâche fondamentale du fonctionnariat de soumettre des projets de loi à la décision du peuple, ne lui est cependant pas exclusive. Tout citoyen peut proposer sur ce site Internet de l’État créé à cette fin un projet qui deviendra loi ou règlement si une majorité de la population l’approuve. On comprend, toutefois, que si les mesures proposées par les fonctionnaires et qui ont donc généralement l’aval de l’État arriveront sans peine à obtenir cet appui majoritaire (à moins que le population n’y soit opposée), il faudra une mobilisation massive pour qu’y parvienne une proposition de Quidam Lambda. C’est bien le résultat voulu : ne fermer la porte à rien… mais ne pas ouvrir un boulevard à toutes les idées saugrenues.

17. Cette démocratie directe n’est gérable que si les consultations populaires référendaires s’en tiennent a des choix BINAIRES. Cela est tout fait possibe, Il n’y a pas de question si complexe qu’elle ne puisse être scindée en sous-questions auxquelles on puisse répondre par OUI ou par NON. C’est le principe même du fonctionnement des ordinateurs… et sans doute celui lui du cerveau lui-même ! Interroger autrement serait pure manipulation. Il ne faut pas le permettre.

18. Un dernier caveat. Même directe, la démocratie exige que le peuple soit informé. Il ne faut donc pas croire que l’on réglera la question de la gouvernance, si on ne prend pas les mesures requises pour que circule une information exhaustive et totalement LIBRE. C’est la première étape…. et il ne faut pas qu’on nous le fasse oublier.

https://nouvellesociete.wordpress.com/2006/11/14/regie-autonome-de-linformation/

 

Pierre JC Allard

4 commentaires »

  1. c’est le contrôle et la sanction des élus qui importent, le reste . . .

    Commentaire par zelectron — 20-09-15 @ 7:25

  2. j’aurai une remarque essentielle à formuler, c’est que le dernier point, le 18, est pour moi le plus important, c’est véritablement celui qui détermine si vous vivez en démocratie ou en dictature. Je le résume en trois aphorismes;

    1 – La transparence est le baromètre de la démocratie, plus elle est élevée, plus la démocratie est vrai, plus elle est basse, plus la démocratie est un leurre.

    2 – La transparence (connaissance -> conscience) est à la démocratie, ce que l’opacité (ignorance -> manipulation) est à la dictature.

    Et enfin, si la démocratie est la souveraineté du peuple, alors, tout ce qui lui est caché viole sa souveraineté. Les bonnes action ne se cachent pas, les mauvaises, si.

    Vous m’avez écrit, sur Agoravox, qu’on « doit » aborder sur les blogues que les généralités, certes, mais encore faut t-il que ces généralités ne soient par trop simplistes, réductrices.

    Tout ce qui est écrit avant ce dernier point n’a de validité qu’au regard de la transparence dans l’activité sociale et politique, mais aussi, économique. Tout cela découle du principe de la décision éclairée. Mais celle-ci ne peut pas venir de la propagande et de la manipulation, c’est antinomique.

    De cela découle un fait relationnel, la propriété sur l’espace commun et le temps particulier d’autrui, n’est plus tolérable. La souveraineté ne s’exerce plus que sur soi même, mais plus sur autrui par le biais de la propriété des moyens de productions d’une part, et du temps de vie d’autrui par le biais de la monnaie de thésaurisation d’autre part.

    Pour avoir la démocratie directe, il faut amender tout le processus de décision et d’autorité sociale permettant de transformer tout le processus relationnel sur la création et répartition de la richesse produite. Comprendre qu’on ne saurait parler de souveraineté démocratique sous l’emprise d’une caste propriétaire de l’économie ! Parler d’égalité, dans un système donnant à certains tous les droits et aux autres les devoirs de les remplir. Napoléon ne disait t-il pas que la main qui donne est au dessus de la main qui reçoit pour dire que les banquiers étaient finalement plus puissant que lui. Que le rentier n’a que des droits.

    Il n’y a pas de société sans collectivité et pas de collectivité sans individualités. Plus une société est complexe, plus la contrainte liée aux relations est forte. Certaines présentations de la réalité laissait croire le contraire, mais le présent emporte bien des mensonges (médicaments, agroalimentaire, banque, etc). Le tout est donc de savoir réguler la circulation de l’énergie en fonction de ces contraintes, tout en ménageant, favorisant la liberté de choix individuel. Bref, apprendre à être conscient de sa capacité à être maître de son espace-temps de vie propre… C’est cela le bienfait du salariat !

    Je vais continuer à lire des articles jusqu’à avoir une idée suffisamment claire de votre projet. Je vous ferai alors part de mes points d’accords et de désaccords. Je pense que nous voulons la même société fondé sur les rapports éthiques et non plus sur les rapports de domination. Tantôt du devoir, tantôt du droit.

    Bonne nuit,

    Commentaire par Hervé FOISSAC — 28-11-15 @ 5:05

  3. un élu dès le lendemain de son élection fait ce qu’il veut, où il veut, comme il veut : d’où ma remarque N°1.

    Commentaire par zelectron — 28-11-15 @ 5:18

  4. Bonjour,Jc Allard,
    Oui, pour l’instant nous pouvons (enfin,je ne peux qu’) imaginer un futur ou ,il y aura une démocratie participative.C’est dans les tablettes,l’air du temps,de tous bords. C’est une évidence, pour l’idéologie « justice,équité…..) Mais dans la réalité et certainement dans proche futur, cela risque d’être une fumisterie, un piège. Car le rêve est assez joli,plaisant.Il manque deux choses qui me paraissent fondamentales :
    les tenants et les aboutissants.
    Comment mettre en place ce système, pression sur nos dirigeant,cela serait mis en place par eux ,ou par toutes les instances qui sont en place???
    évolution paisible sans tricheries? Je doute du résultat.
    Mais ,cette fausse révolution, vers qui? quoi?pour qui ,pourquoi? Il faut pour que cela fonctionne « un but de société » « une vision d’avenir »
    non, pas commencer par se servir d’un outil,mais ne sachant pas quoi en faire.
    Le seul reproche et le plus important est bien celui la. Manque de but final! Changement non pas vraiment .Pour l’homme ,une galerie, une nouvelle devanture peut-être. Sans but ,il ne pourra n’en sortir que des erreurs imputables aux populations. Je n’ai pas besoin d’avoir fait de hautes études,;pour pressentir le danger.
    Je ne suis pas si rêveur que cela, le peuple ne peux s’aguerrir du pouvoir(supposé) du jour au lendemain, »op!magique » et les aides, conseillés qui viendraient aussitôt pourraient bien être de la manipulation! je fais parti du peuple,mais pour remettre de l’ordre, il faut changer nos manières de pensées. Première étape selon moi.
    Après avoir un but commun. Refaire un monde économique me fait grandement sourire « HA!,HA! » , tous les problèmes depuis toujours sont venu de cela.Oui ,il faut avoir de l’imagination pour un autre monde.Sinon ce n’est que des habillages, du maquillage. La ,il y a du boulot,des générations encore et encore,de la misère et de la misère,pour espérer qu’un déclic arrive.
    Une révolution aujourd’hui ? Pas facile dans notre monde,car elles sont artificiellement fabriquées, perverties! Et oui il faut une autre échelle, Mondiale,certainement. Mais nous sommes aussi sous un risque de gouvernance mondiale pas aussi pacifiste que cela.Oui! un mot d’ordre la simplicité.
    C’est tout à votre honneur que de déjà imaginer un autre monde,mais il y a du boulot et surtout dans nos manières de penser et d’oublier nos références usuelles.
    H.Turner(hervepasgrave)

    Commentaire par H.Turner — 29-11-15 @ 5:11


RSS feed for comments on this post.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.