Nouvelle Societe

07-01-15

Billets doux : 001 Distanciation

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 10:56

brecht-gestus

5 janvier 2015

Dire que la page blanche qu’on a devant soit et celles qui suivront deviendront autant d’hommages à « n’importe quoi », ce n’est pas seulement faire vœu d’objectivité ; c’est aussi obéir au précepte de Gide, de « s’intéresser d’abord à soi (plus qu’à ce qu’on écrit »… mais de franchir vite le seuil où  » « l’on s’intéressera à tout plus qu’à soi-même » Ce qui n’est pas si facile…

On croit y être arrivé sans peine, quand on s’aperçoit que ce qui semblait le grand défi de se distancer des choses et des événements dans lesquels on a investi sa vie s’accomplit avec l’âge en toute désinvolture. Grandes causes et grands principes, se remettent d’eux-mêmes en perspective, lorsque on les voit l’avec objectivité qui accompagne la conscience de ne plus les croire des absolus, mais des alternatives. Des illusions de béquilles pour l’illusion d’un être à soutenir.

Mais cette facilité cache un piège. On découvre que l’on n’était attaché à ces causes et ces principes que par ce qu’on y avait mis de VRAIMENT soi, et qu’au moment d’y renoncer la vieille peau du serpent ne montre son détachement que de terminaisons nerveuses déjà inactivées.

C’est un leurre, un ersatz de détachement. C’est donner son gant en feignant d’avoir donné sa main. Un véritable SOI – dont l’importance ne nous était plus évidente, cachée qu’elle était par l’illusion d’une importance factice accordée à une image de soi créée de toutes pièces – peut alors revenir nous hanter.

Se distancer de cette image de soi est crucial et est le véritable défi. Il faut comprendre que cette image n’est pas une part de ce qu’on est, mais un élément de patrimoine acquis : une part de ce qu’on a. Il peut être pénible d’en faire le sacrifice, mais ce n’est pas un lambeau de chair vive, juste un morceau de la peau morte du serpent.

Celle qui doit tomber pour faire place à n’importe quoi.

Pierre JC Allard

Un commentaire »

  1. Une conférence de AURELIO DIAZ TEKPANKALLI pour alimenter vos réflexions…C’est en espagnol avec traduction en français – commence à partir de la minute 6:40

    Eric

    Commentaire par Lacasse — 08-01-15 @ 4:55


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