Nouvelle Societe

21-07-14

Mon premier mariage lesbien

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 4:52

)) BILITIS-

 

 

J’ai assisté samedi à Montreal, au Québec, à mes premières épousailles entre personnes de même sexe. Deux fort jolies femmes à qui j’en profite pour réitérer mes meilleurs voeux de bonheur.Cérémonie émouvante de simplicité, symbolisme de bon aloi, un auditoire tout sourires d’une centaine de parents et d’amis des deux sexes d’où ne transparaissait aucune réticence ni malaise…. Je suis pour ce genre de cérémonies et j’en redemande.

La centaine de personnes qui y étaient venaient dire sans même le dire que la vieille « normalité : est morte…Vive la normalité qui va dorévanant de paire avec une nouvelle moralité. Circulez, y a rien a voir ; juste deux personnes qui s’aiment et qui ont décidé qu’il valait la peine de dire que c’était du solide, fait pour durer. Ca vous gêne ?  

– « Dites donc, Pierre, ce n’est pas vous qui, l’an dernier, écriviez ici sur Avox (et un peu partout) un article parlant du ‘triste mariage gay » qui avait eu quelques milliers de lecteurs, et en avait fait sortir de leur silence plus d’une centaine ? Vous avez changé d’avis ? « 

Non ; j’ai changé de perspective. Pour la société, il est impossible de traiter de la même façon : a) une entente dont le but est de procréer et dont on s’attend à ce que les participants éduquent les enfants aux valeurs dominantes de la majorité… et b) et une entente dont le but est d’optimiser le bonheur de ceux qui veulent la conclure. Je ne dis pas que ces deux buts soient irréconciliables ; je dis qu’ils ne sont pas NÉCESSAIREMENT conciliables, que les deux sont acceptables, et qu’il faut donc que l’intention et les priorités soient claires.

Deux femmes qui s’unissent et forment un couple le font pour être heureuses. C’est un projet hédoniste. C’est leur droit le plus fondamental de le mener à bon terme et nul n’a le droit d’y mettre obstacle. L’État, ni la société, n’ont à poser des limites et conditions à l’amour, ni à intervenir dans la relation entre ceux qui s’aiment au delà de ce que ceux-ci le souhaitent. Personne n’a le droit de remettre en question la légitimité d’un engagement à s’aimer et s’aider.

On me dit que cette question est résolue. Ce n’est pas vrai. On a réglé la question de la légalité, mais pas celle de la légitimité. Elle ne le sera que quand chacun en sa propre conscience – et la moralité publique comme un tout – ressentiront viscéralement qu’il est odieux que l’on prenne prétexte d une pseudo moralité désuète pour brimer la libre expression des préférences sexuelles de quiconque.

Légalité ? Il est normal que l’État gère avec prudence les implications sociales de l’homogamie, en ce qui concerne les droits des enfants, mais là doit s’arrêter son ingérence insidieuse dans la vie de chacun. Qui conteste cette légitimité de l’homogamie, aujourd’hui ? Un conservatisme générateurs de préjugés tenaces qui est refus du bonheur et du plaisir. Un virus qui a été mis dans nos gènes chrétiens et qui doit en être extirpé, car il n’est pas le message christique. NON, Ce n’est pas le bonheur, l’ennemi…

Si cette cérémonie m’a totalement convaincu que ce mariage était BIEN, c’est donc non seulement qu’elle irradiait la joie, mais parce qu’elle était aussi un signal fort du retour de la religion dans le camp d’une recherche du bonheur. Il n’est pas sans importance que cette cérémonie ait pris place dans une église aux airs de cathédrale, ni anodin que l’officiante ait été la personne idoine,une femme mandatée pour le célébrer par la plus importante Eglise protestante du Canada.

Pour ceux qui croient – il en reste plusieurs – ou qui sont au moins de tradition chrétienne et nous le sommes presque tous, c’est un pas de géant pour affirmer la légitimité de cette démarche que Dieu y ait été invité Un pas – relativement – facile à franchir au Quebec, où les ministres du cultes ont traditionnellement le pouvoir d’unir en mariage, mais dont il faudra un effort pour qu’un équivalent soit accepté en France.

Un pas nécessaire, pourtant, car n’en déplaise aux laïques de stricte obédience – et je précise que je ne suis pas croyant – un changement profond et durable de la moralité publique n’est possible en France que si l’Eglise catholique en est partie prenante. Si l’Eglise, comme elle le peut, se positionne à l’avant-garde du retour à une moralité christique qui est l’antithèse de la fixation sur l’enrichissement devenue l’éthique perverse de la société capitaliste actuelle, elle doit remettre à sa place – qui n’est pas la première – le comportement sexuel qui a pris une place obsessionnelle dans notre morale.

Que l’homogamie entre dans les moeurs est un énorme défi ; il n’est pas souhaitable que la religion – qui a des défis ETHIQUES autrement plus profonds à relever ! – vienne compliquer cette évolution sociale. Le moment semble bien venu de revenir au message christique. Qui battra le rappel ? Le Vatican semble en tête, pour assumer le leadership, mais il peut perdre cette longueur d’avance…

Si le Pape Francois ne réussit pas rapidement à relever ce défi et l’Eglise à ne plus voir que du bien dans toute sexualité adulte librement consentie, ce n’est plus « catholique » qu’on pensera quand arrivera le jour qui vient où l’on pensera chrétien, charité, partage et amour

 

Pierre JC Allard

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