Nouvelle Societe

07-07-14

LE JEU ÉLECTORAL

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 12:00

 (N.B   Ce texte  est long et n’est pas d’actualité . Il n’a pas été écrit pour que vous le lisiez en ligne,  mais pour que vous le mettiez en référence dans vos archives)

LE JEU ÉLECTORAL

00 quijote couverture

 

INTRODUCTION :

Je me suis toujours intéressé à la politique. J’ai écrit sur divers sites, des commentaires, des billets, des articles… Écrit aussi des bouquins dont la politique est le contexte ou le leitmotiv et dont le processus électoral est un élément important. Comment n’aurai-je pas eu la curiosité d’aller voir ca de plus près…. ?

De plus près et même en y devenant un acteur ! Je l’ai fait, en me portant candidat à quelques reprises. J’ai ainsi vécu trois (3) campagnes électorales dans le rôle de « Don Quichotte » et sans y investir les moyens sans lesquels il est impossible de mener ces aventures à terme, mais toujours avec plaisir. Bon choix bien assumé de causes sans espoir, car si le destin facétieux eut fait que je sois élu à quelque fonction que ce soit, mes objectifs de carrière et ma vie même en auraient été assez fâcheusement bouleversés…

Résultat ssans surprise, donc, de ces barouds d’honneur, mais il ne faut pas croire que j’ai vécu ces luttes en dilettante. Je les ai conduites sabre au clair, toujours en y mettant toute la passion et l’énergie qui donnent leur valeur a ce genre d’expériences.  J’en ai pris prétexte pour écrire et diffuser, ici un programme quand j’ai cru qu’on manquait tragiquement d’un programme, là un journal de bord, quand il ma semblé qu’il était bon que soient mieux connues les péripéties standard d’une élection au Québec rural, au tout début du XXIe siècle

J’ai réuni dans ce livre ce qui m’a semblé valoir d’être dit de quatre (4) épisodes distincts de mon flirt vivace avec notre démocratie électorale

 

1)         Ma candidature a la mairie de Montréal en 1994, course dont je me suis retiré la veille du scrutin afin que les résultats ne soient biaisés en aucune façon par les quelques votes qui auraient pu m’échoir . L’intéressant, cette fois était le programme, car aucun des candidas n’avait proposé quoi que ce soit d’original qui eut mérité qu’on en discutât. J’ai eu souvent par la suite eu impression, que ce programme de 1994, correctement dépoussiéré, aurait pu être encore utile pour les deux ou trois élections subséquentes…

2)         La description au jour le jour de mes activités et de mes réflexions comme candidat du NPD dans la  circonscription de Saint-Maurice-Champlain en 2004

3)         Le suivi quotidien que j’ai fait, comme blogueur, de la campagne provinciale de 2008. Une tout autre perspective, quand tout esprit partisan est enlevé et qu’on ne se pose plus en candidat, concurrent pour convaincre, mais en spectateur pour chercher une logique aux gestes posés par tous.

4)         Lorsque a débuté de la campagne de 2012., il y avait des thèmes dont je croyais essentiel qu’ils soient au moins identifiés. Il est vite appartu qu’ils ne le seraient pas… Mettant à profit un candidature comme candidat indépendant dans Westmount-St-Louis, j’ai eu l’occasion de parler quelques fois de ces thèmes a la radio et j’en ai aussi tiré prétexte à écrire quelques billets… que je crois toujours d’actualité.

 

A) Un programme pour Montréal – 1994

 

A l’automne 1994, il était évident qu’aucun candidat à la Mairie de Montréal n’allait apporter quelque proposition que ce soit pour résoudre les problèmes de la ville. J’ai décidé alors – comme je le disais à l’époque – «d’offrir un programme sans candidat comme solution de rechange à des candidats sans programmes».

Il en est résulté 18 propositions concrètes, une esquisse de budget et un scénario de fonctionnement du conseil municipal, le tout constituant un programme. Malheureusement, les medias, dans l’intention avouée de restreindre la lutte aux 4 partis en lice à l’exclusion des candidats indépendants, ont totalement occulté ce programme.

ll y avait à ce choix des medias une certaine ironie, puisque l’un des éléments fondamentaux de ce programme était de dénoncer les conséquences néfastes d’une structure partisane au palier municipal. Compte tenu de ce qu’avait vécu Montréal depuis la dernière élection on aurait pu espérer que les medias auraient été, en 1998, plus ouverts à considérer une alternative au système des «partis» qui ne sont que des « machines à faire élire », sans programmes, sans principes directeurs et sans cohésion.

Considérant que rien d’original n’avait été proposé cette année là non plus, j’ai pensé mettre alors en évidence sur ce site, sans RIEN EN MODIFIER, ce programme de 1994. Bien sûr, ce programme devrait aujourd`hui, en 2002, être remis à jour, ne serait-ce que pour changer les chiffres avancés à l’époque. Mise à part la proposition de création d’une entité métropolitaine – ce qui est enfin chose faite – les autres éléments de ce programme demeurent étonnamment d’actualité. Serait-ce que nous ne nous sommes pas beaucoup déplacés … ?

Mon but n’est évidemment plus de faire accepter ce programme; on peut désormais faire bien mieux. Je voudrais simplement inviter tout le monde à proposer des solutions aux problèmes de Montréal, aux problèmes des villes en général.

On remarquera que certaines des propositions qui sont faites devraient, si notre société fonctionnait à peu près correctement, être réalisées par les gouvernements de Québec ou d’Ottawa plutôt qu’au palier d’une ville. Je ne fais pas ici ces propositions parce que je confond les responsabilités des divers paliers de gouvernement, mais en application du principe que, quand le conducteur s’endort, le passager le mieux placé pour ce faire a le devoir de saisir le volant.

 

Pierre JC Allard

 

Préambule.  Penser une ville… en dix-huit (18) propositions

1. MONTRÉAL: Une ville, une voix, un avenir 
Créer le Grand Montréal: une structure démocratique qui réunira les pouvoirs d’une Région administrative du Québec, de la CUM et de ses villes constituantes.

2. Une ville ouverte au monde
Montréal doit affirmer son IDENTITÉ multiculturelle. Créer un Conseil Consultatif des Communautés Culturelles et permettre l’usage subsidiaire de l’anglais, langue internationale, dans tous les cas où l’intérêt de la Ville et de ses citoyens l’exige.

3. Une ville sans violence
Priorité à la lutte contre la violence. Créer un service de quarteniers bénévoles, former des volontaires au sein des diverses ethnies de Montréal, subventionner le raccordement du domicile au poste de police, protéger les chauffeurs de taxi en organisant le paiement des courses par cartes de crédit et cartes à puces.


4. Sourire et en vivre
Priorité au tourisme. Faire de Montréal la «Capitale de l’Été», organiser des festivals des communautés culturelles et établir dans les Îles une ambiance de France à prix nord-américains.


5. Le pari de l’hospitalité
Amener le « carnet de réservations » de Montréal, comme ville hôte de congrès, au niveau de Paris et de Londres. Planifier l’établissement d’entreprises de pointe, « en grappes » avec les PME qui approvisionnent ces industries de pointe.


6. Que la solidarité ait une ville…
Mettre immédiatement en marche un programme d’urgence pour lutter contre la misère, dès cet hiver. Remettre à chaque résidant de Montréal une Carte de Citoyen qui pourra porter la mention « solidarité» et lui conférer alors certains avantages.


7. Solidarité «Transport»
Obtenir que la Carte de Citoyen – « solidarité» soit acceptée comme équivalent de la CAM et doubler le réseau du métro par une utilisation des voies du CN et du CP. Pour les automobilistes, un système de prise en charge des voitures au centre-ville avec retour à heure fixe ou sur appel.

8. Solidarité «Habitat»
Faire désigner un curateur à l’itinérant et lui fournir gîte et couvert contre paiement d’un montant prélevé de son allocation du B.S. Créer un organisme qui aidera ceux qui veulent partager un même logement et demander à Québec l’abrogation de la norme pénalisant les assistés sociaux qui veulent le faire.

9. Un toit bien à soi
Montréal apportera sa caution, à la hauteur de 5 000 $, aux locataires achetant le logement qu’ils occupent, à condition qu’ils aient un emploi stable et que leurs paiements mensuels subséquents n’excèdent pas 35% de leur revenu. Montréal favorisera aussi la vente des logements sociaux à ceux qui les habitent, limitant ensuite son aide au logement social à des subventions à la location des logements existants.

10. Solidarité «Interface»Montréal lancera un projet pour faciliter le placement des travailleurs, par téléphone ou ordinateur. Montréal distribuera également à la population un guide des organisations de bénévolat.

11. Culture «à la carte»
Montréal, établira un Centre de Réservation des Activités Culturelles de Montréal et assumera le coût de six événements, à la hauteur de 10 $ par événement, pour chaque détenteur d’une Carte de Citoyen – «solidarité». Montréal avancera aussi les fonds pour la préparation des événements culturels à la hauteur de la valeur des réservations reçues pour cet événement.

12. Tous au stade, ensemble
Montréal prendra position en faveur du soutien à la venue et au maintien à Montréal de franchises de ligues majeures et négociera une entente pour assurer l’entrée gratuite des détenteurs de Cartes de Citoyen – « solidarité» aux matchs des Expos de même qu’aux rassemblements des Montréalais pour certaines activités culturelles ou sportives.

13. Une ville de beauté
Montréal, définira ce qui a valeur historique sur son territoire et mettra ce patrimoine à l’abri; ce qui ne sera pas « à préserver » pourra être modifié sans tracasseries. Avec l’accord des riverains, Montréal lancera un concours ouvert à tous les architectes pour planifier à long terme une rue modèle.

14. Les infrastructures
Montréal fera l’inventaire de ses infrastructures, déterminera les travaux à faire et en annoncera le calendrier ferme de réalisation. Au moment d’accorder les contrats, on tiendra mieux compte des mesures prises par les entrepreneurs pour minimiser les inconvénients des travaux à exécuter.

15. Une fiscalité réaliste
Montréal présentera une demande d’octroi au Gouvernement du Québec, accompagnée d’une étude comparative du statut et des moyens de financement des grandes villes nord-américaines, demandant qu’on lui accorde un potentiel effectif de financement et un octroi complémentaire lui permettant, à responsabilités égales et fardeau égal pour ses résidants, de disposer d’un budget équivalent à celui dont jouit la grande ville « moyenne » d’Amérique du Nord. C’est à partir de ce budget « moyen » que Montréal relèvera le défi d’atteindre l’excellence.

16. Budget «Choix multiples»
Montréal présentera chaque année, à partir de 1996, trois plans d’action correspondant à des taux d’imposition différents, s’assurant préalablement que les trois plans protègent bien les droits des plus faibles et vont dans le sens de la justice sociale.

17. Une démocratie pour agir Structures pour l’action ontréal clarifiera les responsabilités du maire et des conseillers, le premier « proposant » – et « exécutant » avec l’aide du Secrétaire général – les seconds « légiférant ». Le Maire devra être un leader sans allégeance, les Conseillers des décideurs sans parti pris et le Secrétaire général un administrateur efficace. Des Conseils Consultatifs bénévoles apporteront leur contribution.

18. Une administration à l’écoute
Aucun projet ne sera soumis au Conseil si les sondages indiquent qu’une majorité de la population s’y oppose. La Mairie adressera chaque semaine aux médias un document synthèse de son action. Montréal apportera son soutien aux journaux de quartiers, faisant d’eux les relais privilégiés des communications entre l’administration municipale et la population.

CONCLUSION : agir et interagir Un nouveau processus de discussion et de décision au Conseil Municipal, accéléré au cours des mois de novembre et décembre 1994, permettra de faire face aux urgences et de reprendre le contrôle du destin de la Ville.

Pierre JC Allard

 

1.MONTREAL: Une ville, une voix, un avenir

Montréal – la communauté réelle – a bien grandi depuis un demi-siècle, passant de un à trois millions d’habitants. Pendant ce temps, les frontières formelles de la municipalité sont restées à peu près les mêmes. Nous avons donc aujourd’hui une ville privée des deux-tiers de sa population… et deux millions de banlieusards privés de leur ville. C’est inviter les injustices fiscales et des querelles intestines entre Montréal et ses banlieues, les « quartiers » de ce tout réel que constitue le Grand Montréal.

Pire, ce Grand Montréal – qui a son identité propre au Québec tout autant que Paris a la sienne en France – qui a ses intérêts, son histoire et sa culture bien typée, n’a pas de voix pour les exprimer. On a mis le Grand Montréal sous la tutelle d’une structure non-démocratique, la CUM, laquelle il semble que l’on veuille bientôt remplacer ou assujettir à une instance régionale en voie de création et tout aussi peu représentative.

Il faut que cesse cette dilution de la démocratie au profit des technocrates. Il faut que la démocratie renaisse à la dimension de l’agglomération montréalaise. Il faut que les Montréalais, tous ensemble, aient une voix. Il faut que Montréal puisse retrouver et exprimer son identité propre et que les citoyens reprennent leur pouvoir de décision sur des éléments aussi essentiels à la vie communautaire, entre autres choses, que la police, le transport, l’évaluation foncière. Il faut refaire le vrai Montréal.

Il y a aujourd’hui ce que la Ville de Montréal peut faire: faisons le vite et bien. Il y aussi a ce que trois millions de citoyens du Grand Montréal devraient pouvoir faire et ce qu’ils ont le pouvoir politique d’exiger: le droit de recréer une métropole – une de ces grandes « villes-coeurs » du monde où bat la vie d’un peuple – et de se faire un avenir. Le droit de chercher collectivement à faire franchir à tous les Montréalais le seuil de l’indispensable, comme de relever ensemble, unis, le défi de l’excellence.

Avant la fin de 1995, un plan opérationnel sera déposé auprès des autorités compétentes pour la constitution, avant l’An 2000 ,du Grand Montréal: une structure démocratique réunissant les pouvoirs d’une Région administrative du Québec, de la CUM et de ses villes constituantes.Reprenant sa vraie dimension et les vrais pouvoirs d’une métropole, Montréal cessera de se voir comme une ville au déclin, désuète, dépassée. Montréal se reconnaîtra un avenir et une vocation. Montréal retrouvera l’Esprit de « 67, quand nous étions un exemple pour le monde entier.Montréal est l’une de ces villes bien-aimées qui n’ont jamais cessé d’être le lieu privilégié de l’identification et de l’appartenance de leurs citoyens et qui, aujourd’hui, dans un monde en révision, sont à redevenir aussi les vrais modules de base de l’activité humaine. Montréal a la vocation de mettre à profit les circonstances exceptionnelles que lui ont imposées son histoire et sa géographie pour devenir un modèle pour l’organisation de ces &laqno;villes-coeurs » qui vont donner son rythme au prochain siècle.

Montréal doit être un exemple de l’affirmation d’une spécificité culturelle dans le respect des autres… et le modèle de la tolérance, de la solidarité, de l’ouverture sur le monde.

Un exemple d’une haute qualité de vie, à la mesure d’une redéfinition du travail et du loisir… et le modèle d’une société dynamique d’ordre, de justice, de partage, de richesse et de mieux-être

Un exemple de transparence… et le modèle d’une façon démocratique, participative, efficace de gérer et de développer la Cité.

 

2. Une ville ouverte au monde

Montréal est la métropole du Québec. C’est une ville où l’on doit pouvoir vivre et travailler en français. Le français doit être la langue de travail et la langue de l’administration montréalaise. Mais Montréal n’est pas une ville de France comme Lyon, Marseille ou Toulouse. Montréal est un carrefour pluriethnique et multiculturel comme New-York ou Paris. C’est ce qui fait sa spécificité, son charme, sa force. C’est ce qui en fait, au Québec, un lieu unique. C’est un aspect essentiel de notre IDENTITÉ de Montréalais.

Montréal doit relever le défi de mettre fin à l’incompréhension, à l’intolérance et à la méfiance qui se sont installées entre les communautés ethniques qui y cohabitent. Il faut mettre prioritairement l’accent sur le rapprochement entre ces communautés. Par delà toute émotivité, la simple efficacité exige que le français soit notre langue de travail. Montréal est une ville francophone, mais il n’en est pas moins indispensable que la multiplicité des cultures y soit non seulement permise mais encouragée.

Montréal doit accueillir les nouveaux immigrants avec joie. Il faut y promouvoir le respect de leurs coutumes et de leurs traditions, lesquelles doivent toutes se refléter dans le tissu urbain pour faire de Montréal la ville unique que nous aimons; on peut le faire sans mettre en péril les droits de la majorité. C’est une richesse pour Montréal qu’on y trouve une « Petite Italie », un quartier hassidique qui n’a vraiment rien d’un ghetto, et des rues où l’on parle grec, chinois ou créole. Je suis fier d’avoir joué personnellement un modeste rôle dans la venue au Canada de la minorité vietnamienne, comme de pouvoir parler dans leur langue aux hispanophones. Et ce n’est pas du folklore, dans un monde où vivent désormais plus d’un milliard de musulmans, que quelques milliers de Libanais et de Marocains se sentent bien chez-eux parmi nous.

Et comment le respect qu’on doit aux Néo-Québécois ne serait-il pas tout aussi essentiel à l’égard de ces Québécois d’autres souches — Anglais, Écossais, Irlandais – qui, depuis des générations, ont bâti et enrichi Montréal aux cotés des francophones? Montréal doit faire tout en son pouvoir pour qu’il n’y ait pas de mesures vexatoires à l’égard de ses minorités, pour s’assurer que leur participation est encouragée à tous les niveaux de l’administration, et pour veiller à ce que leurs cultures soient perçues et appréciées comme un apport vital, irremplaçable, à notre réalité quotidienne.

Montréal créera un Conseil Consultatif des Communautés Culturelles et tiendra compte de l’avis de ce Conseil quant à l’impact de chaque décision de la Ville sur la vie et le développement des diverses communautés qui composent notre ville.Montréal est une ville à vocation internationale: assumons notre identité multiculturelle. Notre essor comme ville passe par l’expansion au delà de nos frontières et la culture québécoise francophone ne doit surtout pas être imposée: elle peut et elle doit séduire. Elle peut séduire, et elle séduira à la mesure de ce que nous réaliserons et de ce que nous serons capables d’offrir.

Il est urgent de réinsérer Montréal dans le réseau des grandes villes nord-américaines, des villes-coeurs et des capitales du monde. Il est important qu’a coté du français, notre langue nationale, soit accueilli l’anglais, langue véhiculaire internationale de communication avec le monde. Il faut que le bilinguisme ne soit plus perçu comme une trahison mais comme une richesse.

Montréal doit obtenir du Gouvernement de Québec la reconnaissance d’un statut particulier qui permette l’usage subsidiaire de l’anglais dans tous les cas où l’intérêt de la Ville et de ses citoyens l’exige.

 

Pierre JC Allard

 

3. Une ville sans violence

Il faut que la vie, les droits et les biens des Montréalais soient protégés. Il n’est plus question que la violence, à Montréal, s’affiche et reste impunie. Il ne doit plus y avoir un quartier, ni une rue de Montréal, où quiconque ne puisse être en sécurité à tout heure du jour ou de la nuit. Cet objectif réclame des mesures immédiates et ces mesures seront prises. Quand leur sécurité est en cause, les jeux subtils de juridiction entre paliers de gouvernement n’intéressent pas les Montréalais.

D’abord, Il faut s’assurer que le corps policier qui assure la sécurité des Montréalais dispose des ressources suffisantes pour assurer l’ordre. Il faut que ses effectifs soient suffisants pour être VISIBLES et donc pour pouvoir jouer un rôle de dissuasion. Il faut s’assurer, aussi, que les membres de ce corps policier jouissent non seulement des meilleures conditions de travail mais aussi du respect de la population. Ceci exige que soient mis en valeur dans les médias le rôle social et la dignité du travail policier.

Le corps policier doit être incorruptible et on doit le purger immédiatement, le cas échéant, des éléments dont le comportement pourrait en ternir la réputation. Corollairement, on doit aussi mettre en place, à l’intention de tous les policiers, une formation continue qui étayera le statut professionnel qui leur revient .

Deuxièmement, le corps policier doit recevoir le mandat clair de lutter en priorité contre la VIOLENCE. La priorité, c’est de prévenir les vols à main armée, les attaques, les assauts, les viols, les rixes, de stopper l’intimidation des passants, des commerçants et des écoliers par des gangs de voyous et de malfrats, d’intervenir sur appel, avec toute la célérité et la fermeté nécessaire, pour mettre un frein à la violence à domicile.

Tout en collaborant au mieux avec les autres corps policiers (SQ et GRC) pour le respect des lois du pays, les policiers, à Montréal, doivent savoir que leur priorité n’est pas de traquer les petits revendeurs, d’empêcher que les jeux qui ne sont pas légaux fassent concurrence à ceux qui le sont, ni de tendre des pièges aux automobilistes ou aux prostitué(e)s et à leurs clients potentiels. Leur priorité, c’est d’arrêter la violence. Pour ceci, les policiers doivent pouvoir compter sur l’appui de la population.

Montréal mettra le réseau du métro, chaque îlot urbain et chaque zone scolaire sous la protection d’un service de sécurité professionnel ou celle d’un service de quarteniers bénévoles qui auront reçu une formation adéquate et dont le protocole d’interface avec les policiers, selon divers cas de figure, aura été déterminé à l’avance. Le corps policier formera, au sein des diverses éthnies de Montréal, des volontaires qui auront le mandat et la compétence d’intervenir, dans certaines circonstances bien spécifiques, pour aider à maintenir l’ordre sans créer de ressentiments.

Manifestant sa sensibilité au sentiment de crainte qui s’est développé au sein de la population, la Ville prendra une position d’avant-garde concernant la protection de proximité des lieux privés, ce qui est désormais possible à coût modique via la localisation automatique de l’appelant et le ré-acheminement automatique du signal vers le poste de police. Montréal subventionnera – en priorités pour les personnes âgées vivant seules – le raccordement du domicile au poste de police le plus proche.

Illustrant sa détermination à devenir une ville sans violence – ce qui sera sa meilleure publicité dans un monde où la criminalité est devenue une préoccupation majeure des investisseurs – Montréal aidera à la protection de ces travailleurs menacés que sont les chauffeurs de taxi en contribuant techniquement et financièrement à la mise en place d’un système universel de paiement des courses par cartes de crédit et cartes à puces, en assurant, en particulier, le paiement à demande des sommes dues aux chauffeurs sur ces cartes

 Pierre JC Allard

 

4. Sourire et en vivre

Montréal est en crise, Montréal est sans travail; iI n’y a qu’une solution définitive à la crise et c’est de remettre tout le monde au travail. Cette crise n’a que peu à voir avec une quelconque récession; les secteurs de production industrielle qui ont fait la richesse de Montréal sont simplement en déclin et leurs méthodes de production désuètes. Si ces secteurs renaissent, ils ne renaîtront qu’en substituant des machines aux travailleurs: rien ne permettra jamais d’y créer à nouveau de l’emploi…, à moins que les travailleurs montréalais ne veuillent travailler pour des salaires mexicains, ce qui n’est ni probable ni souhaitable. Si nous voulons que les Montréalais travaillent, il faut créer des emplois dans le secteur tertiaire.

Montréal, ne nous leurrons pas, n’a que peu de marge de manoeuvre pour créer des emplois. Ce n’est pas Montréal qui contrôle, ni ne devrait contrôler, les politiques de main-d’oeuvre ni les politiques monétaires: nous ne règlerons pas la crise du pays par des mesures au palier municipal. Montréal, cependant, peut créer un foyer de prospérité et générer des revenus qui se diffuseront sur toute la population, si nous mettons à profit une ressource que Montréal possède en abondance: l’hospitalité et la joie de vivre de sa population.

Montréal, c’est l’Expo, les Olympiques, le Festival du Jazz. Montréal, après New-York et Washington, c’est la ville d’Amérique qui accueille le plus de congrès d’envergure internationale. Montréal est une ville de fêtes. Or on néglige trop souvent que le tourisme est devenu la première industrie du monde et que nous possédons des ressources et des avantages concurrentiels importants pour miser sur cette industrie tertiaire, à forte intensité de main-d’oeuvre et donc créatrice d’emploi

Notre avantage extraordinaire, en plus des qualités propres à notre population même, c’est que nous sommes une ville d’été. La plupart des villes du monde se vident de leurs habitants en été et en perdent leur âme. Montréal, avec ses festivals et la profusion de théâtres saisonniers qui l’entourent, a cette rare caractéristique d’être une ville où l’été est la saison active. Il faut exploiter le potentiel touristique de cette singularité en y joignant l’effet d’attraction du visage français et multiculturel de Montréal.

Montréal agencera les événements déjà récurrents chaque année à Montréal de la fin mai à la fin septembre – et d’autres qui s’y ajouteront – de façon à offrir au touriste un calendrier ininterrompu d’activités qui fera de Montréal la 
 »CAPITALE DE L’ÉTÉ »

Dans le cadre de ce calendrier, chaque communauté culturelle de Montréal qui en fera la demande recevra la collaboration technique et financière de Montréal pour organiser, au cours de l’été, dans un secteur de Montréal signifiant pour cette communauté, un festival mettant en évidence la spécificité culturelle de celle-ci.

Cette communauté deviendra alors, durant cette période, non seulement l’hôte des autres éthnies de Montréal mais aussi, si elle fait de cet événement un succès, le point de ralliement en Amérique du Nord de tous les membres de cette communauté.

 

Mettant également à profit la relâche des activités culturelles en France durant la période estivale, Montréal établira, dans les Îles ou ailleurs, avec la collaboration des industries culturelles et des restaurateurs de France, une ambiance complètement française à prix nord-américains– du Moulin Rouge au Musée d’Orsay et du bal musette à la Tour d’Argent – qui complétera la séduction de la clientèle américaine.

RIEN ne peut apporter à Montréal un essor économique et des emplois aussi rapidement que le tourisme. Activité saisonnière, le tourisme peut être complété par une autre activité à forte intensité de main-d’oeuvre: la rénovation. Un projet innovateur dans ce secteur sera mis en place, dont il serait cependant irresponsable de discuter aussi longtemps que ne sera pas rendue publique la position définitive du gouvernement quant à la Loi 142.

Pierre JC Allard

 

5. Le pari de l’hospitalité

Rien ne peut apporter à Montréal un essor économique permanent et durable mieux que la mise en valeur systématique de son potentiel d’accueil. D’abord le tourisme. On doit viser le tourisme de vacance, mais aussi, et surtout, le marché en expansion des congrès. Il faut qu’à la fin de 1997 le « carnet de réservations » de Montréal comme hôte de congrès soit le plus important en Amérique, et du même ordre de grandeur que celui de Paris ou de Londres, les leaders incontestés du marché mondial.

Non seulement le tourisme est-il immédiatement créateur d’emplois et générateur de richesse, mais on doit garder en mémoire qu’il faut aussi construire l’hôtel où le touriste loge et le restaurant où il dîne, meubler cet hôtel et ce restaurant, en approvisionner la table et le bar… Derrière la création d’emplois du tertiaire, le tourisme apporte un soutien appréciable au maintien des industries du secteur secondaire et de leurs emplois.

De plus, notre volonté d’accueil doit naturellement être soutenue par un programme d’infrastructures qui permette d’accueillir le touriste, d’où la création d’autres emplois temporaires, même si la prudence exigera alors que les investissements publics consentis ne viennent qu’appuyer les investisseurs privés qui auront été convaincus du succès de notre démarche. Montréal accordera une priorité au développement d’infrastructures d’accueil et aidera le secteur touristique privé, mais ne se substituera pas à celui-ci et n’en deviendra pas le concurrent.

L’hospitalité qu’offrira Montréal, cependant, ne se limitera pas au tourisme. Il y a aussi le potentiel d’accueil des sociétés étrangères. La Ville encouragera de toutes ses forces l’établissement et le développement d’entreprises industrielles à Montréal. Mais « encourager », par delà les voeux pieux, veut dire convaincre un à un des investisseurs, surtout étrangers, de s’établir chez-nous. Ceci ne peut être fait efficacement que si on comprend bien les règles du jeu.

Comprendre d’abord que si Montréal, comme toutes les autres villes, doit naturellement encourager l’accueil prioritaire d’entreprises de haute technologie comme l’industrie pharmaceutique, l’aérospatiale etc., il ne faut pas s’attendre à ce qu’il en résulte directement une création significative d’emplois: le propre de la haute-technologie est de produire beaucoup avec peu de travailleurs. Pour que l’établissement de ces entreprises de pointe mène à une création significative d’emplois, Montréal planifiera et facilitera aussi l’établissement des PME qui approvisionneront ces industries de pointe. Coté emplois, si on ne fait pas cette planification « en grappes » on perd son temps.

Comprendre aussi que ce n’est pas par la concession d’avantages fiscaux qu’il faut séduire l’investisseur – ce qui mène souvent à des situations où la relation avec l’entreprise qu’on accueille ne dure que le temps durant lequel l’opération d’accueil est déficitaire ! – mais en mettant l’accent sur la qualité de vie de Montréal. Montréal ville multiculturelle, Montréal ville sans violence, Montréal ville de fêtes. C’est le cadre et l’employé de la société cible qu’il faut convaincre de la qualité de vie de Montréal. Quand il en est convaincu – et à juste titre – son opinion pèse lourd sur la décision de l’employeur, lequel sait mesurer la valeur ajoutée de la satisfaction de son personnel.

Montréal a beaucoup à offrir. Notre relance économique, pour l’avenir prévisible, passe par la promotion de notre qualité d’accueil. Aussi bien pour le tournage de films – nous en sommes l’un des sites privilégiés en Amérique – que pour le tourisme et l’établissement d’entreprises étrangères. Mais il ne suffit pas d’avoir beaucoup à offrir, il faut le faire savoir. Montréal mettra donc en place en toute priorité, en collaboration si possible avec les autorités du Québec et le gouvernement fédéral, un programme mondial d’information de sa qualité de vie et de sa volonté d’accueil.

Pierre JC Allard

 

6. Que la solidarité ait une ville

Il est inacceptable dans un pays d’abondance que des êtres humains souffrent du froid et de la faim. Nous ne l’accepterons pas. Montréal va convier immédiatement les leaders des mouvements communautaires et des représentants du monde des affaires à se réunir et à proposer sur le champ des mesures concrètes pour lutter contre la misère. Cet hiver 1994-95 sera l’hiver de la solidarité.

Nous allons réorienter nos propres ressources pour parer aux besoins les plus urgents. Nous allons aussi demander l’aide de toutes les organisations bénévoles, chacune selon ses ressources et selon ses objectifs, pour un assaut frontal contre la misère. Nous n’imposerons rien, nous n’exigerons rien. Nous faisons appel à la solidarité. Nous allons livrer notre première bataille à la misère. Il faut qu’un plan de campagne soit établi, et approuvé par le Conseil avant le 1er décembre.

Une ville ne peut contribuer que sa part à la solution des problèmes de notre société. Montréal ne peut donc tout faire, mais Montréal et sa population peuvent montrer la voie et servir de modèle. Il faut que la solidarité. devienne notre point de ralliement. Pour que ceci soit possible, il faut faire comprendre, à tout le monde, que la solidarité n’est pas un nouveau nom pour la pitié mais bien autre chose…. et que la solidarité, aujourd’hui, n’est pas essentiellement affaire de charité mais plutôt d’intelligence.

Il faut expliquer qu’une économie de marché ne fonctionne que si la population TRAVAILLE et dispose du revenu qui lui permet d’acheter ce qui est produit. Expliquer qu’un partage plus équitable est désormais nécessaire à notre effort d’enrichissement collectif et qu’il est suicidaire de thésauriser, de refiler la facture aux classes moyennes et de permettre que diminue le nombre de ceux qui travaillent alors qu’augmente le nombre de ceux qui vivent de paiements de transfert.

Il faut que Montréal illustre comment toutes les classes d’une société peuvent choisir de s’entraider pour assurer des conditions de vie plus décentes à ceux qui vivent au seuil de la pauvreté. Il est essentiel aussi, toutefois, de démontrer que la solidarité peut aller de paire avec l’équité. Montréal ne sera vraiment un modèle que si la ponction sur la fortune et le revenu de ceux qui possèdent ne devient pas une confiscation. C’est l’essence même d’une collectivité que l’on s’y entraide, mais aussi que chacun y trouve son avantage: celui qui paye des taxes doit en voir la légitimité et l’intérêt.

En signe tangible de cette solidarité qui doit tous nous unir, Montréal émettra annuellement et remettra une Carte de Citoyen nominative à chaque résidant de Montréal de 7 ans et plus. Cette Carte de Citoyen pourra porter la mention « solidarité» et conférer alors certains privilèges à son titulaire: l’accès gratuit au transport en commun, l’accès gratuit – ou à prix réduit – à six (6) événements culturels chaque années et l’accès gratuit au Stade Olympique pour tous les événements sportifs ou culturels auxquels la Ville aura décidé que cette mesure s’applique, incluant tous les matchs des Expos.

La mention « solidarité» sera apposée gratuitement sur la carte de quiconque verse à la Ville des taxes excédant 400 dollars. Elle le sera, pour tout autre résidant de Montréal, en considération du paiement de la somme de 400 dollars s’il est âgé de 18 à 60 ans, ou de 200 dollars s’il a plus de 60 ans ou a de 7 à 18 ans, s’il est étudiant à plein temps ou est bénéficiaire de l’assistance sociale. Cette somme pourra être acquittée en versements mensuels, par débits pré-autorisés, par carte de crédit ou de toute autre façon raisonnable

La Carte de Citoyen subventionne le transport en commun, la culture et les loisirs au profit de la classe moyenne, surtout des étudiants et des aînées. Si le Gouvernement de Québec accepte de contribuer une part raisonnable du coût de cette initiative, Montréal ira plus loin vers la solidarité: Montréal remettra gratuitement la Carte de Citoyen avec la mention « solidarité» aux assistés sociaux.

Pierre JC Allard

 

7. Solidarité – Transport

En considération d’un montant annuel forfaitaire, négocié avec la STCUM et le Gouvernement du Québec, la Ville de Montréal obtiendra que la Carte de Citoyen portant mention « solidarité» soit acceptée comme équivalent de la CAM. Le résultat premier de cette mesure est une assistance financière significative aux utilisateurs réguliers du transport en commun, c’est à dire surtout les travailleurs salariés et les étudiants. Cette assistance est-elle acceptable pour les payeurs de taxes ?

Oui, parce qu’il en découle deux résultats secondaires importants. D’abord, on peut s’attendre à un virage vers l’utilisation du transport en commun, ce qui diminuera substantiellement la congestion dans les rues de Montréal. Or, celui dont l’aisance est suffisante pour qu’il persiste à utiliser une voiture privée – au lieu d’un transport en commun qui sera alors devenu gratuit – a vraisemblablement non seulement les moyens mais aussi la bonne volonté de payer l’équivalent de quelques cents par trajet, matin et soir, pour circuler à son aide plutôt que pare-chocs à pare-chocs.

Ensuite, cette mesure constitue – ce qui n’est pas négligeable, loin de là – un incitateur important pour les employeurs potentiels voulant s’établir à Montréal et dont les exigences salariales des employés pourront s’avérer moins pressantes si la population y jouit du transport en commun gratuit. Ceci est d’autant plus important, dans le contexte des restrictions que GATT et ALENA imposent, qu’il s’agira d’une mesure sociale d’intérêt général dont on ne peut que louer l’impact sur l’environnement et qu’il serait odieux d’assimiler à une subvention. Posons ce geste vite, car d’autres le feront.

Pour que cette mesure ait vraiment tout son impact, toutefois, le système de transport en commun doit être amélioré. Montréal doublera le réseau du métro par une utilisation négociée des voies de surface du CN et du CP sur le territoire urbain , voies qui sont présentement extraordinairement sous-utilisées. Il est possible de doubler encore ce réseau en réservant une voie au transport en commun, peut-être au bon vieux tramway, le long de certaines artères. Ceci n’est vraiment efficace, toutefois, que si – comme à Amsterdam, par exemple – on synchronise les feux de circulation en fonction de la circulation sur cette voie réservée.

Pour que la gratuité du transport en commun soit acceptable à tous, cependant, il faut simultanément régler le problème du stationnement qui menace la survie même du centre-ville. En collaboration avec les terrains de stationnement existants du centre-ville et les commerçants qui choisiront de participer à cette initiative, Montréal mettra en place, dès l’été 1995, un système à coût modique permettant de prendre en charge les voitures à certains endroits du centre-ville, de les garer en périphérie proche, et de les ramener à leurs propriétaires à heure fixe ou sur appel.

L’ensemble de ces mesures fera de Montréal un modèle de transport urbain. Efficace et modulé aux préférences des utilisateurs, puisqu’il ne s’agit pas d’imposer le transport en commun aux citoyens; il s’agit de le rendre économique, confortable et plus accessible. Il s’agit aussi d’enlever l’image de misère qui colle au transport en commun et de dire clairement que c’est une forme de civisme de l’utiliser. Hors ses fonctions officielles, le Maire de Montréal circulera régulièrement en métro.

L’équivalence entre la CAM et la carte Carte de Citoyen devrait être en vigueur au printemps 1995 et un plan global de transport en commun élargi sera présenté à la STCUM à l’été 1995. En cas de divergence entre la CUM et Montréal, le Gouvernement du Québec sera appelé à trancher et à donner acte à la volonté démocratique des citoyens de Montréal.

Pierre JC Allard

 

8. Solidarité – Habitat

Il y a des situations inacceptables que nous laissons passer, parce que l’habitude nous a appris à fermer les yeux. Il faut, de temps en temps, que l’Abbé Pierre secoue la France pour que, décalage horaire aidant, l’on prenne ici conscience du problème des itinérants avec quelque retard et pendant quelques jours. Il faut ouvrir les yeux une fois pour toutes et comprendre que Montréal doit loger et nourrir ses itinérants. Il n’y a pas de raison valable, dans une société comme la nôtre, pour qu’il n’y ait pas chaque jour un peu de nourriture saine et un lit chaud pour tout le monde.

L’itinérant est un pauvre différent, généralement seul et alcoolique: ce n’est pas seulement un pauvre, c’est d’abord un malade dont il faut en prendre soin, et en prendre soin comporte des avantages pour les contribuables tout comme pour les bénéficiaires. Montréal fournira à chaque itinérant la certitude d’un vrai lit et d’un repas chaud, chaque nuit, à la même place, contre paiement d’un montant prélevé de son allocation du B.S.

L’itinérant aura SON lit. Il aura désormais une adresse. Il faut s’assurer que chaque itinérant est inscrit au B.S. et touche bien toute l’assistance financière auquel il a droit. Si son comportement semble indiquer qu’il n’a pas l’autonomie requise pour bien gérer l’assistance qu’il reçoit, ce qui sera souvent le cas, Montréal demandera à ce qu’un curateur soit désigné à l’itinérant incapable. Ce curateur pourra verser à la Ville le juste prix du gîte, du couvert et des autres services que celle-ci procurera à l’itinérant.

Le véritable itinérant ayant alors été pris en charge – et les structures adéquates ayant été renforcées pour lutter contre la vraie misère – personne ne devra plus quêter sur la voie publique. Il n’y a pas de raison pour que les passants soient embêtés par des hordes de marginaux qui feignent d’être pauvres pour s’offrir une ligne de coke. Celui qui le fait devra être arrêté et traduit en justice; Montréal, prenant ses responsabilités, aura apporté un peu de bien-être aux vrais déshérités et aura retrouvé sa dignité.

Il y a aussi des lois qui sont inacceptables, que nous ne contestons pas parce que la solidarité nous fait défaut et que l’habitude nous appris à regarder ailleurs. Ainsi cette pénalité imposée aux assistés sociaux qui tentent de boucler leur budget en partageant un logement. Le Protecteur du Citoyen, Me Daniel Jacoby, a déjà manifesté une certaine insatisfaction quant aux conséquences de cette règle. Montréal prendra formellement position pour que cette norme soit abrogée.

La cohabitation est une planche de salut pour les assistés sociaux mais elle n’avantage pas qu’eux. Elle peut être une solution idéale pour un vaste éventail de groupes sociaux. Faisant un pas de plus, Montréal créera un Secrétariat au Commensalisme qui facilitera les contacts initiaux et aidera à la rédaction et à la conclusion des ententes entre ceux qui, sans constituer un ménage au sens strict, veulent toutefois partager un logement..

Le commensalisme peut être une alternative pour les jeunes, pour qui la meilleure façon de s’offrir une qualité de vie correcte autonome et à bas prix est de vivre en groupe. Une alternative pour les aînés qui ne demeurent pas en ménage et pour qui la meilleure façon de garder le contrôle de leur vie peut être de vivre dans des résidences dont ils assurent collectivement la gestion, nommant un directeur qui est LEUR employé. Une alternative pour les familles monoparentales, pour qui le partage d’un logement peut réduire les frais de gardiennage, la plus importante dépense reliée à l’éducation d’un enfant.

Montréal prendra fermement le parti de ceux qui, acceptant de vivre ensemble, collaborent à l’amélioration de leur qualité de vie et à une meilleure utilisation des ressources collectives. Jeunes, aînés ou adultes, ceux qui prendront ainsi ménage en commensaux créeront aussi, ne l’oublions pas, une demande accrue non négligeable sur le marché du logement à Montréal.

Pierre JC Allard

 

9. Un toit bien à soi

Montréal est une ville de locataires. Ce n’est pas un déshonneur, mais c’est un inconvénient. L’immense majorité des Montréalais qui ne gagnent pas 40 000 $ par année sont locataires et 40% d’entre eux doivent dépenser plus de 30 % de leur revenu pour se loger. Pendant ce temps, malgré les hauts et les bas de la conjoncture, les loyers montent. Mais la valeur des maisons n’augmente pas toujours.

Depuis quelques années, la valeur des maisons n’augmente plus. En fait, en dollars constants, la valeur de la propriété domiciliaire, à Montréal, a perdu 19% depuis 1989. Beaucoup de propriétaires souhaiteraient sans doute placer leurs capitaux ailleurs, sur des marchés plus actifs, s’ils avaient la possibilité de vendre à un juste prix ; mais la demande n’est pas forte pour la vente des duplex, triplex, quadruplex qui constituent une part importante du parc de logements de Montréal.

Pourtant, il existe un marché pour l’achat en condominium des «hauts-de-duplex-dont-le propriétaire-habite-en-dessous» et autres logements locatifs: le marché que constituent ceux qui les habitent. Compte tenu de l’évolution de la valeur marchande des propriétés à Montréal, des taxes qu’ils paient et des alternatives de placement qui s’offrent à eux, il est certain que bien des propriétaires vendraient volontiers en co-propriété les logements qu’ils offrent en location.

Compte tenu des avantages fiscaux accordés au propriétaire occupant, de l’occasion de faire des économies et de réaliser un gain à long terme que représente l’investissement dans une propriété ainsi que du prestige et de la crédibilité qui s’attachent au statut de propriétaire, il est tout aussi certain que beaucoup de locataires désireraient se porter acquéreurs du logement qu’ils habitent.

Pour qu’ils puissent le faire, il faut que soient éliminées toutes les restrictions et obstacles réglementaires à la transformation des logements locatifs en condominiums et à leur achat par leur occupant actuel. Par surcroît, dans le cadre d’un programme ad hoc dont une étude rapide proposera le budget plafond, Montréal apportera sa caution, auprès d’une institution bancaire, à la hauteur de 5 000 $, pour tout prêt ayant rang de deuxième hypothèque consenti à des locataires achetant le logement qu’ils occupent depuis au moins trois(3) ans, aux deux seules conditions, d’abord qu’ils aient un emploi stable depuis aussi au moins trois (3) ans et, deuxièmement, que les paiements mensuels qu’ils devront faire par la suite sur le logement acheté n’excèdent pas 35% de leur revenu.

Ce programme devrait permettre, au cours de la prochaine décennie, de transformer Montréal d’une ville de locataires en une ville dont la majorité des ménages seront propriétaires. Cette transformation constituera un élément favorable de stabilisation de la population et tendra, sans léser qui que ce soit, à une plus juste répartition de la richesse.

Donnant le bon exemple, Montréal favorisera la vente, sous condition suspensive, des logements sociaux actuels à ceux qui les habitent depuis trois (3) ans. Le prix de vente devra être fixé en fonction de la valeur marchande réelle des logements cédés et les conditions devront être compatibles avec les ressources des acheteurs, ne les obligeant jamais à des paiement supérieurs à 35 % de leur revenu. A ces conditions, c’est la durée des hypothèques qui devra être variable, cet aspect étant négocié avec les institutions financières.

Tous, à ces conditions, ne deviendront pas propriétaires. Pour les autres, Montréal, ne construira pas de nouveaux logements sociaux alors qu’un pourcentage désolant des logements de Montréal sont présentement inoccupés; Montréal apportera plutôt une aide au logement social sous la seule forme d’une assistance financière pour la location des logements existants. C’est une approche plus valorisante pour l’assisté – qui ainsi n’est pas «ghettoïsé» – et qui constitue une autre contribution utile à la relance du marché de la location.

Pierre JC Allard

 

10 . Interface emploi

Montréal ne devrait pas avoir à assumer la charge d’établir le contact entre les travailleurs et les employeurs: deux paliers de gouvernement sont déjà commis à cette tâche. Il faut bien remarquer, toutefois, que les techniques de rencontre professionnelles sur le marché du travail mises en place par Québec et Ottawa tirent beaucoup de l’arrière sur celles que le secteur privé à conçues pour faciliter les rencontres sentimentales.

Si on cherche, à Montréal, l’utilisation par les gouvernements responsables de méthodes modernes de communication directe entre les partenaires sociaux comme façon de lutter contre le chômage, on ne trouve que quelques machines bien expérimentales, disséminées dans quelques centres d’achat par Emploi Canada. Ou sont les techniques de «téléplacement» modernes, équivalentes à celles des systèmes de «télérencontre»,?

Pourtant, rien ne s’oppose, bien au contraire, à ce que les travailleurs et les employeurs, disposant d’un code pour identifier respectivement leurs compétences et les exigences des emplois à pourvoir, puissent communiquer et se faire connaître les uns des autres via le téléphone, le fax et un système d’aiguillage branché à l’indicatif 1-900.

Les gouvernements pourraient faire beaucoup mieux – favorisant le téléplacement par un ordinateur central – mais ils devraient au moins mettre en place ce système de placement par téléphone. Ils devraient raffiner et standardiser les codes qui rendraient cette approche de plus en plus performante. S’ils ne le font pas, il faudrait souhaiter que le secteur privé – soit les journaux au soutien de leurs annonces classées, soit les professionnels de la télérencontre y voyant un marché lucratif, soit les compagnies de téléphonies elles-mêmes – mettent en place une telle approche, au moins sommaire.

Si nul ne le fait avant le printemps 1995, Montréal lancera un projet pour faciliter le contact par téléphonie ou ordinateurs entre travailleurs et employeurs et mettra ce système en marche à l’automne 1995

Sous la même rubrique «interface» – mais sans condition suspensive, en ce cas – Montréal aidera aussi les organismes de bénévolat. Il n’est pas toujours facile, pour celui qui veut donner de sa personne, d’identifier l’organisme qui pourra lui confier, au moment où il est disponible, la tâche concrète qui correspond à ses habiletés et dans le cadre de laquelle il pourra rendre les services les plus utiles.

Réciproquement, mêmes les plus grandes organisations de bienfaisance – et à plus forte raison les petites – ne trouvent pas toujours les ressources humaines bénévoles dont elles ont besoin, en quantité et en qualité suffisante pour pouvoir mener à bien leur mission.

Pour résoudre ce problème de communication, qui représente un manque à gagner énorme en termes d’heures de disponibilité, de sympathie et de l’expression tangible de notre solidarité, il faut faciliter le contact entre les bénévoles et les organismes de bénévolat. Il faut le faire, toutefois, sans s’ingérer dans la relation entre ceux-ci et ceux-là. Sans surtout en tenter l’encadrement par une autorité supérieure, ce qui est la négation même de l’esprit du bénévolat privé.

Montréal publiera et distribuera à la population un guide des organisations de bénévolat qui décrira sommairement les buts de l’organisation, le profil des bénévoles recherchés, le type de tâches qui leur seront confiées et les moments où leurs services peuvent être requis. Montréal aidera aussi les organisations qui en feront la demande à préparer les textes qu’ils inséreront dans le guide et en assurera la standardisation.

Pierre JC Allard

 

11. Culture « à la carte »

Montréal doit soutenir les arts. Aujourd’hui plus que jamais, parce que la publicité nous attire vers d’autres produits plus terre-à-terre et réduit la part des dépenses de consommation qui va à la culture. Mais ceci ne veut pas dire qu’on doive soutenir les auteurs des pièces que le public boude, ni les peintres de tableaux qu’on ne veut pas voir. Il ne s’agit pas de contrarier les goûts du public au nom d’une certaine « culture » définie par une toute petite élite, mais plutôt de faire en sorte que les Montréalais aient plus de la culture qui leur plaît.

La politique culturelle de Montréal doit être de promouvoir une culture qui soit pour les gens une source de plaisir et, pour en arriver à cet objectif, il faut que Montréal subventionne la consommation plutôt que la production de l’art, facilitant ainsi à une beaucoup plus grande partie de la population l’accès à la culture de son propre choix.

Je propose de le faire en offrant à chaque détenteur de plus de 18 ans d’une Carte de Citoyen portant mention &laqno; solidarité» d’assister gratuitement ou à rabais à six (6) événements culturels de son choix – théâtre, exposition, concert, film d’auteur québécois, etc – la Ville prenant en charge le coût du billet à la hauteur de 10 $. Si on subventionne ainsi l’entrée de 900 000 citoyens à 6 événements culturels par année, on injecte 54 millions de dollars dans la consommation culturelle. C’est un gain presque net pour les arts, la culture et les artistes, puisque ce pouvoir d’achat sera mis majoritairement entre les mains de Montréalais qui ne sont pas présentement des consommateurs fréquents de culture.

Montréal, en collaboration avec le secteur privé, établira un Centre de Réservation des Activités Culturelles de Montréal (CRACM) Ce Centre, en accord avec les responsables d’événements culturels, acceptera et portera au débit de leur carte, à la hauteur de 15 $ par événement, les réservations faites par les détenteurs d’une Carte de Citoyen portant la mention « solidarité ».Chaque détenteur de plus de 18 ans d’une Carte de Citoyen pourra aussi emmener gratuitement, à tout spectacle auquel il assiste, une personne de 7 à 17 ans: ce sont tous ces enfants et adolescents qu’on initiera ainsi aux événements culturels qui deviendront la clientèle de demain.

Montréal avancera aussi à certains artistes les fonds nécessaires pour la préparation d’événements culturels, garantissant le coût de location de la salle et de l’équipement ainsi que les salaires des techniciens permettant de réaliser ces projets à la hauteur de la valeur des réservations fermes faites au CRACM pour cet événement.Le choix des artistes ou promoteurs auxquels on avancera ces fonds ne sera pas arbitraire. Tous les candidats à ce financement bénéficieront d’une publicité préalable gratuite; Montréal accordera ensuite prioritairement un financement à ceux dont le projet aura recueilli le plus grand nombre de réservations fermes anticipées au Centre de Réservation (CRACM).

Les recettes anticipées correspondant aux réservations fermes au CRACM seront d’abord mises de coté pour servir au paiement de la salle, des équipements et des salariés. C’est seulement quand ces frais seront intégralement couverts qu’ils seront garantis et que la subvention sera accordée, sous condition que l’événement soit produit. On avancera dès lors à l’artiste, pour ses frais de préparation, 70 % de la valeur des réservations fermes subséquentes, le reste lui étant remis après l’événement.

En subventionnant le consommateur d’activités culturelles plutôt que l’artiste lui-même, Montréal aidera les arts sans s’immiscer dans le problème épineux de savoir quel artiste et quelle forme d’art sont subventionnés. Ce choix deviendra celui de la population elle-même. La culture « à la carte » permettra à la Ville de jouer le rôle de mécène tout en laissant la population exprimer démocratiquement ses préférences.

Pierre JC Allard

 

12. Tous au stade ensemble

Montréal doit encourager la pratique des sports de participation; ce point n’est contesté par personne. La Ville doit aussi encourager le sport-spectacle qui, dans une société moderne, est une nécessité vitale: la réponse la plus évidente au besoin social de gagner ensemble ou de s’identifier ensemble à un gagnant. Compte tenu de l’intérêt du sport comme facteur de cohésion sociale et du prestige associé à une équipe de ligue majeure, Montréal doit, en cas de nécessité, s’en porter acquéreur plutôt que d’en abandonner la franchise.

Cette prise de position, dans le contexte de la saison annulée de 1994 qui a laissé le Expos dans une situation financière précaire, est loin d’être académique: c’est une décision qui devra peut-être s’appliquer dès 1995. Cette prise de position vaut pour le baseball, mais le même raisonnement devrait s’appliquer si la preuve était faite de la popularité suffisante du football, du soccer ou de tout autre sport de masse.

Montréal prendra position en faveur du soutien à la venue et au maintien à Montréal de franchises de ligues majeures de tout sport pour lequel on pourra constater un intérêt suffisant de la population et des commanditaires.

Se porter acquéreur d’une franchise pour qu’elle ne nous échappe pas n’est pourtant pas la seule solution. Une autre approche est de garantir un revenu ferme au propriétaire en achetant, par exemple, pour un prix forfaitaire, les billets d’«admission générale» du stade tout en lui laissant le marché des autres catégories de billets. Quelle que soit la solution choisie, la Ville minimisera ses risques financiers tout en offrant un avantage à sa population si elle prend en charge l’exploitation de la publicité au stade … et en rend l’entrée gratuite aux détenteurs de la Carte de Citoyen portant mention «solidarité».

En effet, le stade est un endroit où l’on annonce et la valeur des annonces dépend de la clientèle attendue. Si l’entrée au stade est gratuite, il est raisonnable d’espérer un plus grand nombre de spectateurs et le prix des annonces peut être augmenté. Or, les annonces constituent un revenu moins aléatoire que les admissions elles-mêmes. Jouant la carte de la publicité plutôt que des droits d’admission, on augmente les revenus fixes, mais on en accepte de renoncer à la possibilité d’un gain considérable lorsque l’équipe est très populaire. Cette approche sans risques est l’approche correcte, car le but de la Ville n’est pas de prendre des risques pour maximiser ses profits mais d’offrir un service à la population.

Cette approche de tirer tous les revenus de la publicité est-elle réaliste? A titre de comparaison, quinze secondes de publicité sur le seul grand écran du stade de Toronto, où il y a en moyenne 45 000 spectateur par match des Blue Jays, valent la somme de 750 $. C’est à dire un potentiel-publicité de 450 000 $ pour la durée moyenne d’un match, l’équivalent de 10 $ pour chacun de ces 45 000 spectateurs. Ces revenus peuvent facilement remplacer les revenus des entrées. Et nous ne parlons pas du prix des concessions de vente de nourriture et d’alcool, dont la valeur augmente si le stade est rempli. On peut très bien laisser entrer le spectateur gratuitement au stade, pourvu qu’il vienne et que le commanditaire sache qu’il viendra.

Or, les Montréalais iront au stade si c’est gratuit. Montréal négociera immédiatement une entente avec la RIO, pour assurer l’entrée gratuite aux matchs des Expos des détenteurs de Cartes de Citoyen mention « solidarité» et garantir du même coup que Montréal garde sa franchise de la Ligue Nationale de Baseball. Ce qui est vrai pour le sport l’est pour tout événement, sous réserve de son intérêt et de l’attention que le spectacle permet d’accorder à la publicité. Montréal, après accord avec la RIO, encouragera l’utilisation optimale du stade et favorisera toute initiative de nature à permettre le rassemblement dans l’harmonie des Montréalais, en se contentant des revenus de commandite publicitaire du stade quand les promoteurs n’exigeront pas de droits d’entrées.

Pierre JC Allard

 

13. Une ville de beauté

Montréal est une ville charmante. Une ville-coeur, une ville bien-aimée. On la quitte à regret on y revient avec plaisir. On l’aime pour ses habitants, pour son rythme et pour son site plus que pour son urbanisme et ses monuments. Montréal n’est pas encore une ville de beauté. Rome ne s’est pas bâtie en un jour, mais il faut bien un beau jour commencer à bâtir pour l’histoire.

Montréal doit commencer à se faire une beauté. Il faut commencer à penser la ville de demain. Je ne verrai pas cette ville, mais je voudrais en rêver. Montréal doit penser au delà de l’utilitaire et planifier son développement en fonction de la beauté. Ne plus concevoir ses édifices publics comme si chaque lot était isolé dans l’espace, mais en voir l’ensemble, avec des perspectives, des esplanades… ce qui ne coûte pas plus cher.

Pour planifier un développement esthétique de Montréal, il faut, dans une première étape, identifier ce qui ne doit PAS changer. Il est exaspérant que chaque nouveau projet de construction à Montréal donne lieu à une levée de boucliers pour défendre un patrimoine caché dont personne, la veille, ne semblait vouloir reconnaître l’existence. Nous perdons un temps précieux à réagir contre le développement de nouveaux projets, au lieu d’agir pour la protection de ce qui a valeur historique.

Montréal, en collaboration avec les autorités québécoises compétentes et les autres intervenants intéressés, définira ce qui a valeur historique sur son territoire et mettra ce patrimoine à l’abri. Simultanément, tout ce qui ne sera pas ainsi classé « à préserver » devra pouvoir être modifié ou rasé sans tracasseries administratives.
Ceci fait, la deuxième étape exige un choix. On peut attendre que les siècles donnent à Montréal un visage plus typé; on peut, comme Haussmann pour Paris, refaire en quelques années, en y mettant le prix, une ville merveilleuse; ou on peut choisir le vrai « façadisme » et donner à peu de frais un coup de pouce à l’histoire. Le vrai façadisme, ce n’est pas de garder debout un vieux mur pour compliquer la vie des architectes; c’est de déterminer jusqu’au détail les façades d’un ensemble architectural afin que cet ensemble soit BEAU. C’est ainsi qu’on a fait la Place Vendôme.

Montréal désignera une rue dont les propriétaires riverains seront d’accord et lancera un concours ouvert à tous les architectes pour en planifier à long terme la façade.Les projets seront soumis au public, lequel indiquera le visage qu’il veut donner à cette rue de Montréal. Le projet choisi deviendra la norme de façade à laquelle devront se conformer toutes les futures constructions sur cette rue, le promoteur demeurant libre d’utiliser comme il l’entend l’espace derrière cette façade. Le prix de l’architecte consistera des honoraires professionnels pré-établis que devront lui verser les promoteurs, au moment où les édifices seront construits.

Faire une beauté à Ste-Catherine, de Guy à Berri, serait un excellent choix; si les riverains de Ste-Catherine ne veulent pas du projet, toutefois, il sera fait ailleurs: il ne s’agit pas d’imposer quoi que ce soit. Si l’initiative est un succès – se traduisant non seulement par un avantage esthétique mais par une hausse de la valeur des terrains et des propriétés attenantes – elle sera reprise ailleurs.

On peut ainsi aider à un développement harmonieux de Montréal, en planifiant pour l’avenir certaines rues. Cette approche, toutefois, ne sera pas généralisée; car s’il peut-être avantageux de fixer pour l’avenir le caractère d’une rue, qui devient ainsi la vitrine d’une époque, il ne serait pas souhaitable de décider que toute une métropole sera astreinte à perpétuer le style des années « 90… dont rien ne nous dit qu’on ne fera pas un jour beaucoup mieux. Agissons avec modération, mais posons un geste pour affirmer que Montréal veut devenir une ville de beauté.

Pierre JC Allard

 

14. Les infrastructures

Tout le monde est d’accord pour qu’il y ait à Montréal plus de parcs, d’arénas, de patinoires et de jardins communautaires. Tout le monde ne veut que du bien aux Maisons de la Culture et personne ne dit beaucoup de mal des bureaux d’Accès Montréal. Il ne s’agit pas de prendre position pour ou contre ces services et ces équipements d’agrément, mais de déterminer quelle priorité concrète on accordera à l’ouverture d’un nouveau parc ou d’une nouvelle patinoire dans une quartier donné… et quand précisément on pourra le faire.

Or, s’il est facile de constater que la couverture de services est moins dense dans certains quartiers que d’autres – et donc de décider, par exemple, où sera construite la prochaine patinoire – il l’est moins de fusionner cette liste des investissements d’agrément dans la liste plus générale de nos priorités, laquelle doit aussi inclure des équipements essentiels moins gratifiants: les rues, les trottoirs, les égouts.

Chaque année durant laquelle on a laissé se détériorer ces infrastructures essentielles lourdes, on a insidieusement modifié pour l’avenir la liste réelle de nos priorités, puisqu’il y a un point à partir duquel on ne peut plus retarder les travaux de gros oeuvre. Le plan de relance du Gouvernement fédéral offre à Montréal une amnistie miraculeuse de sa négligence passée. Ne la refusons pas. Ne la gaspillons pas. A la fin de son mandat, la future administration doit laisser à Montréal des équipements adéquats et des rues qui aient cessé de ressembler à celles des pays du tiers-monde.

Ce travail sur les infrastructures essentielles est urgent et nécessaire; il serait irresponsable de promettre aujourd’hui de nouveaux équipements d’agrément aussi longtemps que l’on n’aura pas revu l’état de nos infrastructures essentielles. Mais on fera cet examen et une liste des priorités sera établie; quand elle l’aura été, les engagements pris seront tenus à l’échéance prévue.

Montréal, dès 1995, fera un inventaire de ses infrastructures et reverra au besoin le plan triennal d’affectation des 500 millions déjà prévus pour la rénovation et la construction des équipements d’infrastructure .La priorité de chaque chantier sera alors établie et la liste des priorités sera rendue publique. Montréal, avec quelques réserves pour imprévus, annoncera immédiatement à la population et aux soumissionnaires éventuels la liste des travaux qui seront effectués au cours du mandat de la nouvelle administration, ces travaux étant repartis sur les années à venir selon un calendrier précis.Le but de cette démarche n’est pas de priver la population d’un suspense. Il s’agit, d’une part, de mieux documenter les demandes d’assistance financière – dans le cadre des programmes supplémentaires d’emplois que les gouvernements de Québec et d’Ottawa ne manqueront pas de proposer – et d’en tirer donc une plus large part pour Montréal. Il s’agit, d’autre part, de permettre aux entrepreneurs de mieux planifier l’utilisation de leur main-d’oeuvre et de leurs équipements et donc de réduire leurs coûts.Il s’agit aussi d’un effort de transparence. Montréal réalisera les projets selon la priorité fixée au départ, les projets à faible priorité pouvant donc ne pas être exécutés si les fonds dont dispose la Ville sont inférieurs aux prévisions, mais l’ordre de priorité n’étant pas chambardé par des pressions indues.

Montréal accordera aussi toute l’attention requise à l’impact des travaux à réaliser sur la qualité de vie de ses résidants.Montréal, au moment d’accorder les contrats, tiendra largement compte des mesures auxquelles s’engageront les entrepreneurs pour minimiser les inconvénients des travaux à exécuter, tant sur la circulation que sur la qualité de vie en général des citoyens.

Pierre JC Allard

 

15. Une fiscalité réaliste

L’année dernière, Montréal, comme les autres villes de la province, a reçu de Québec une autre fournée de responsabilités. C’est une excellente décision. Le Gouvernement a compris que, dans une société complexe moderne, il est plus efficace de confier l’administration des services à l’autorité qui est la plus proche du contribuable, celle à laquelle il s’identifie le plus et sur laquelle il sens avoir le meilleur contrôle. En fait, c’est devenu un principe reconnu de l’administration moderne, publique comme privée, que les décisions doivent être prises « au niveau le plus près de l’exécution où toute l’information est disponible ».

Ce fut une excellente décision de transférer des responsabilités aux autorités locales, mais cette décision a été prise avec les plus mauvaises intentions. Québec s’est simplement déchargé de ses obligations traditionnelles sur les municipalités, ce qui a évité au Gouvernement l’odieux d’avoir à choisir entre réduire les services… ou augmenter la dette ou les impôts.

Ce sont les villes qui ont porté l’odieux. Et elles le porteront de plus en plus – jusqu’à ce qu’on ait expliqué clairement à la population la manipulation dont elle est l’objet – puisque la tendance vers la décentralisation des services est irréversible et que l’importance relative et le coût des services qu’il faut rapprocher de la population augmentent aussi. La Cité reprend sa place historique comme le lieu premier et privilégié de l’appartenance, mais elle n’a pas les moyens de ses nouvelles responsabilités. On va le lui reprocher jusqu’à ce qu’elle les aient obtenus. Elle doit les obtenir.

Montréal ne peut pas, – et ne souhaite pas non plus ! – lever un impôt sur le revenu ou une taxe à la valeur ajoutée, ni spéculer sur la masse monétaire: ce n’est pas son rôle. Montréal ne peut donc aujourd’hui taxer de façon pratique que ses propriétaires fonciers et ses commerçants. Si ceci ne change pas, une augmentation progressive des responsabilités de Montréal ne peut se traduire que par une détérioration continue des services ou une pression fiscale accrue sur une catégorie bien précise de contribuables: les propriétaires et les commerçants

Accepter une détérioration des services, ou taxer davantage les immeubles résidentiels, c’est consentir à une baisse injustifiée de la qualité de vie des Montréalais. Taxer davantage les immeubles commerciaux et le commerce lui-même, c’est chasser les nouveaux investisseurs et faire obstacle au développement de ceux qui sont déjà en affaires. Deux mauvaises solutions.

La seule bonne solution est un transfert de recettes fiscales des autres paliers de gouvernement vers les municipalités et, surtout, vers les villes qui, comme Montréal, ont la masse critique qui leur attirera inéluctablement de nouvelles responsabilités. On pouvait financer des trottoirs et des égouts avec une taxe foncière, mais on ne financera correctement les activités sociales, sanitaires, éducatives et promotionnelles des villes de demain qu’en leur octroyant une part des recettes globales que tire l’État du revenu et des activités des citoyens et des entreprises de ces villes.

Il serait ridicule de demander à Montréal de mettre en place de nouveaux mécanismes de taxation. C’est l’État qui doit percevoir des personnes physiques et morales résidantes de Montréal, pour remise à la Ville, le montant déterminé par celle-ci. Il importe peu que l’octroi consenti à Montréal provienne des taxes directes ou indirectes de l’État, puisque c’est celui-ci qui doit les percevoir. Montréal va faire ses comptes et estimer ses besoins, étudier les services à rendre et calculer leur coût, proposer ce qu’il semble équitable de tirer des taxes que la Ville a le pouvoir de lever et demander au Gouvernement du Québec de percevoir et de lui octroyer la différence. Cette demande n’est pas négociable.

Cette demande n’est pas négociable. Par par intransigeance, mais simplement parce que Montréal n’a aucun droit ni pouvoir formel pour négocier quoi que ce soit avec le Gouvernement du Québec. Il n’y a pas d’autonomie municipale: Montréal est une créature du Gouvernement du Québec, lequel peut modifier à sa guise la charte de la Ville de Montréal ou légiférer demain que Montréal, comme entité légale, n’existe plus. Il n’y a pas à parler ici de négociation, mais d’une requête, d’une supplique.

Montréal va étayer sa supplique au Gouvernement du Québec d’une enquête comparative auprès d’un échantillon adéquat des grandes villes d’Amérique du Nord, établissant les services que rendent celles-ci et, toutes choses étant égales, les moyens fiscaux et financiers dont elles disposent.

Montréal présentera dans le plus bref délai une demande d’octroi au Gouvernement du Québec, accompagnée d’une étude comparative du statut et des moyens de financement des grandes villes nord-américaines.Montréal demandera qu’on lui accorde un potentiel effectif de financement et un octroi complémentaire lui permettant, à responsabilités égales et fardeau égal pour ses résidants, de disposer d’un budget équivalent à celui dont jouit la grande ville « moyenne » d’Amérique du Nord.

A partir de ce budget « moyen », Montréal assumera la responsabilité d’instaurer plus de justice et d’atteindre l’excellence. C’est ça le défi que Montréal veut relever. C’est une demande équitable. Cette demande ne pourra pas être présentée à temps pour que l’impact puisse s’en faire sentir en 1995, et personne ne devrait avoir la témérité, aujourd’hui, de promettre plus pour 1995 qu’un effort acharné pour augmenter l’efficacité et maintenir les dépenses au niveau de 1994. La réponse des autorités de Québec à la demande d’octroi de Montréal sera connue, toutefois, avant l’automne 1995. 1996 sera l’année du changement fiscal.

Montréal ne négociera pas les termes et conditions de l’octroi demandé à Québec: une ville n’en a pas le pouvoir. Montréal plaidera sa cause, et s’en remettra à l’équité du Gouvernement du Québec, lequel jugera du bien fondé de la requête qui lui sera présentée. Il appartiendra aux Montréalais de juger de l’équité du Gouvernement du Québec.

Pierre JC Allard

 

16. Budget  » Choix multiples »

Montréal financera ses activités futures à partir de ses propres taxes, complétées d’un octroi du Gouvernement du Québec. Cet octroi mettra fin à la contrainte d’assurer toutes les dépenses de la Ville à partir d’une ponction sur les seuls propriétaires et commerçants et permettra donc de réduire leur fardeau fiscal. Ce nouveau mode de financement, toutefois, ne changera pas, du seul fait qu’il est mis en place, les besoins de la Ville ni le montant global perçu de la population. Ceci est une autre décision.

La décision d’augmenter ou de réduire les dépenses de la Ville dépend de notre projet de société. Rien n’est gratuit. On n’a que les services collectifs municipaux dont on est disposé à assumer les frais. Qui prétend le contraire trompe la population. Un régime compétent, c’est celui qui peut offrir un meilleur rapport qualité-prix – c’est-à-dire services-taxes – et chaque administration, sur ce point, doit être jugée à son mérite. Elle ne peut l’être qu’à la fin de son mandat.

Ce qui importe, en début et en cours de mandat, c’est de choisir un juste point d’équilibre entre les deux options extrêmes dont la première consiste à privilégier le meilleur service à tout prix (au meilleur coût possible, bien sûr), et la seconde à adopter le budget le moins gourmand… tout en maintenant les services les moins médiocres que ce budget permet. Il faut faire ce choix d’un point d’équilibre. Cacher la nécessité de ce choix sous de vagues promesses, c’est aussi mentir à la population.

On peut faire ce choix discrètement entre élus: c’est le pouvoir qu’accorde la loi. Mais on peut aussi consulter la population, en lui offrant des plans d’action alternatifs cohérents dont chacun à son coût. En donnant son avis sur ces plans, la population indique clairement à quels engagements elle veut consentir et ce qu’elle souhaite recevoir en retour. C’est un pas de plus vers la vraie démocratie. La mise en place de la Carte de Citoyen permettra de consulter aisément et à peu de frais la population sur ce point.

Montréal présentera chaque année à la population, à partir de 1996, au moins trois plans d’action dont chacun déterminera un budget et correspondra à un taux d’imposition bien concret.Au moins un de ces plans correspondra à un budget égal ou inférieur à celui de l’année précédente et donc à une baisse du taux d’imposition global des contribuables montréalais. La population étant ainsi consultée quand à ses préférences concernant ces trois plans d’action, le payeur de taxes aura son mot à dire dans les choix que fait la Ville en son nom.

Les citoyen seront consultés. Ceci ne veut pas dire que la Ville abdiquera sa responsabilité de décider en dernier ressort de ce qui doit être fait; mais la population pourra savoir quand ses dirigeants auront suivi ses désirs et quand ils auront jugé préférable de privilégier une autre approche. Lorsque l’administration leur rendra des comptes, on peut penser que les électeurs auront – à juste titre – tendance à juger plus sévèrement des décisions néfastes qui auraient été prises envers et contre la sagesse populaire.

Ceci dit, la solidarité que nous voulons vivre à Montréal exigera que ne soient jamais sacrifiés ceux qui n’ont pas de comptes de taxes à recevoir, tout simplement parce qu’ils n’ont rien d’autre à donner que leur travail.

Montréal défendra les droits des moins nantis. Aucune proposition ne sera soumise à l’avis des citoyens dont on ne se sera pas préalablement assuré qu’elle protège les droits des plus faibles et va dans le sens de la justice sociale.

 Pierre JC Allard

 

17. Une structure pour l’action

Pour être bien géré, il faut répartir correctement l’autorité et les responsabilités. Montréal doit se doter d’une structure efficace, établissant mieux la distinction de base entre ceux qui font la loi (les règlements) et la structure d’exécution. Montréal doit avoir un Maire et des Conseillers élus, un Secrétaire général nommé pour la durée du mandat des élus et des directeurs de services qui sont ses hauts-fonctionnaires permanents. La Ville a aussi des employés, sur lesquels elle doit compter et envers lesquels elle a une responsabilité qu’elle doit assumer.

Au soutien de cette structure, il y a les citoyens de Montréal qui doivent être continuellement informés de tout et consultés fréquemment et, pour s’en faire les interprètes au moment de régler de toute urgence les cinq (5) grands dossiers prioritaires auxquels on doit s’attaquer, cinq (5) Conseils Consultatifs dont les membres, tous bénévoles, seront désignés par le Maire.

– Le Maire: un leader sans allégeance

Le Maire de Montréal n’a pas à être le chef d’un Parti. Il doit être le leader et le guide de toute la population. Son rôle est de comprendre les besoins et les demandes des Montréalais et de les exprimer sous la forme de projets clairs aux conseillers qui en décideront démocratiquement. Il est l’exécutif, responsable de la réalisation des projets qui sont acceptés par le Conseil, organe de décision.

Le Comité exécutif: un palier inutile.

En créant le poste de Secrétaire général, la Ville de Montréal s’est orienté vers une conception plus présidentielle que parlementaire de la démocratie; c’est bien celle qui convient à l’administration d’une ville. Le Secrétaire général assurant la permanence de l’autorité et la direction des fonctionnaires municipaux, un Comité exécutif ne sert plus qu’à priver les conseillers démocratiquement élus d’intervenir directement au processus de décision: il doit être aboli.

Les Conseillers : des décideurs sans parti pris

C’est la négation de la démocratie de vouloir qu’un conseiller municipal suive aveuglément les directives d’un parti; chaque conseiller sera présumé élu sur la base de son propre mérite et sera présumé voter selon sa propre conscience. Le Maire soumettra tous les projets et règlements au Conseil Municipal, lequel constituera l’assemblée normative de l’administration de la Ville, sans nul besoin de partis, ni d’un comité exécutif. C’est ainsi que la ville de Montréal ne sera pas régie par une seule clique, mais par plusieurs têtes qui, on le sait, valent mieux qu’une.

– Le Secrétaire général: un administrateur efficace

Un Secrétaire général coiffant les directeurs des services municipaux, premier fonctionnaire municipal et se rapportant au Maire dont il tient son autorité, sera embauché sur une base contractuelle, par décision du Conseil municipal, sur proposition du Maire appuyée des recommandations d’experts indépendants spécialistes en recrutement de personnel. Le Secrétaire général peut être assisté d’une équipe d’experts et conseillers, mais ceux-ci n’ont pas à se substituer aux directeurs de services qui constituent la chaîne hiérarchique.

– Les Directeurs de services: des gestionnaires compétents.

Une ville doit avoir une structure administrative qui correspond aux services qu’elle doit offrir. En mettant l’accent sur l’aspect multiculturel de Montréal, en accordant une priorité à l’ordre public, au transport, à l’habitat et au tourisme, on change les besoins. L’avènement éventuel du Grand Montréal apportera aussi des responsabilités nouvelles et une nouvelle répartition des tâches. Ce n’est pas le détail de ces changements qui importe, mais l’esprit qui doit y présider. Il faut affirmer clairement que tous les changements administratifs requis se feront dans le respect de tous les droits acquis.
– Les employés municipaux: des partenaires loyaux

Ce qui est dit des gestionnaires vaut pour tous les employés de la Ville. Montréal ne règlera pas ses fins de mois sur le dos de ses employés. Exigeant la compétence à tous les postes, ouverte à toutes les hypothèses permettant d’améliorer la productivité, disposée à réduire ses effectifs quand faire se pourra, la Ville ne procédera cependant à aucune mise à pied et respectera tous ses contrats et toutes ses conventions, visant à offrir à chacun de ses employés l’équivalent d’un salaire indexé au coût de la vie et à la moyenne québécoise des gains de productivité.

Les Conseils Consultatifs

Chaque conseil consultatif est présidé par le Maire, assisté d’un membre du Conseil Municipal qui le remplace au besoin et d’un haut-fonctionnaire municipal proposé par le Secrétaire général et qui sert de rapporteur. Les avis du Conseil Consultatif sont déposés au Conseil Municipal.

Les Conseils Consultatifs sont:

Le Conseil Consultatif des Communautés Culturelles – dont nous avons déjà parlé – pour en finir avec l’intolérance et assurer les droits de tous;

Le Conseil Consultatif pour l’Économie et l’Emploi, réunissant des membres du patronat, des travailleurs et des spécialistes en semblables matières

Le Conseil Consultatif de Solidarité Sociale, réunissant des membres des organisations communautaires et du monde des affaires;

Le Conseil Consultatif pour Vaincre la Violence, réunissant les représentants des forces de l’ordre et des groupes particulièrement concernés par la violence;

Le Conseil Consultatif contre le Fardeau Fiscal, regroupant des citoyens, contribuables à titres divers, et des spécialistes du financement public et des mécanismes fiscaux

Pierre JC Allard

 

18. Une administration à l’écoute

Au soutien de la démocratie en action, il y a les citoyens de Montréal qui doivent être continuellement informés de tout et consultés fréquemment. Ils le seront de trois (3) façons complémentaires.


1. La population doit être informée régulièrement de l’état des grands dossiers par les médias, dont c’est le rôle premier d’assurer cette information. La Mairie adressera chaque semaine aux médias un document synthèse de ce qui aura été réalisé, expliquant le pourquoi et le comment des actions de la Ville. Le Maire commentera publiquement ce document et répondra aux questions des journalistes et du public.

2. La population sera consultée. Pas seulement sur le budget annuel mais aussi avant que les autres décisions ne soient prises. Un consensus, le plus large possible, conférera une légitimité à ces décisions et assurera le soutien massif nécessaire au succès des projets entrepris. La Carte de Citoyen, couplée au réseau Interac, peut être un outil pratique pour maintenir ce contact avec les Montréalais et élaborer des politiques et des programmes qui répondent mieux à ce que veut la population

Il faut aussi utiliser pleinement l’outil des sondages, sans se préoccuper de l’hypocrisie de politiciens qui, ayant peaufiné à partir des sondages les messages ambigus qui les ont fait élire, s’enorgueillissent ensuite de ne pas « gouverner par sondages » quand on les avise que les décisions qu’ils veulent prendre à tout prix ne représentent pas la volonté populaire. Aucun règlement, aucun projet ne sera soumis au Conseil municipal par le Maire si des sondages scientifiques impartiaux indiquent qu’une majorité de la population s’y oppose.

3. Il faut informer et consulter au palier des quartiers. Une grande ville est une ensemble de quartiers dont chacun est un lieu d’appartenance. Les mesures déjà prises pour favoriser la consultation de la population des quartiers et leur sensibilisation aux besoins locaux constituent un acquis. La délégation de certaines fonctions et la reconnaissance de la représentativité de certaines structures au palier des arrondissements sont des mesure d’avenir, qui deviendront d’autant plus utiles que Montréal s’élargira à la dimension de l’agglomération montréalaise.

4. Il faut informer, mais aussi former. La consultation de la population des quartiers ne prend tout son sens que lorsque la population s’intéresse vraiment à la vie de son quartier et a développé le sentiment d’&laqno;en être». Il est impossible de mettre efficacement en place un processus démocratique qui ne fait pas l’objet d’une demande réelle, sous peine de voir des groupuscules mettre à profit l’apathie générale pour s’arroger un pouvoir que la majorité n’a jamais voulu leur accorder. Il faut conscientiser la population.

Pour développer la vie des quartiers, la priorité ne doit pas être mise sur le développement de structures supplémentaires couteuses, mais sur l’information et la sensibilisation aux ressources déjà disponibles et sur les possibilités sous-utilisées qui sont déjà offertes aux citoyens de s’en approprier la gestion.

5. L’information relative à la prise en charge progressive de la vie des quartiers par leurs résidants se fera par le biais d’un programme étoffé, lequel sera transmis par les journaux de quartier. Montréal apportera tout le soutien financier nécessaire à l’action des journaux de quartiers et des radios communautaires – lesquels sont devenus un élément indispensable de la démocratie municipale – en négociant avec eux les conditions financières de diffusion de ce programme de conscientisation et en faisant aussi de ces journaux de quartier et radios communautaires les relais privilégiés de la communication entre l’administration municipale et la population.

Pierre JC Allard

 

CONCLUSION. Agir et interagir

Nous sommes en guerre sur cinq fronts. Contre l’intolérance, le chômage, la misère, la violence et une façon désuète et inefficace d’administrer la Ville et de financer ses activités qui a créé un fardeau fiscal intolérable pour le contribuable montréalais. Il faut prendre la mesure de cette guerre. Décider. Agir.

Il faut établir un échéancier rigoureux d’ACTION. Il faut que les mesures que propose ce programme soient appliquées sans délai et, pour qu’elles le soient, il faut d’abord animer le processus de prise de décision. Le Conseil Municipal doit siéger une fois par semaine. Un projet présenté au Conseil une semaine (Semaine 1) doit normalement y être discuté deux semaines plus tard (Semaine 3) et voté ou rejeté deux semaines après (semaine 5).

Un projet doit être présenté par écrit et distribué aux Conseillers accompagné des documents au soutien; il ne fait l’objet, lors de sa présentation, que de questions permettant d’en éclairer l’intention, la nature et la portée. Au cours des deux semaines suivantes, tout commentaire écrit soumis au Greffe par un Conseiller, y compris une proposition d’amendement, fera l’objet d’une distribution auprès de tous les Conseillers.

Les discussions en Conseil sur le projet (Semaine 3) se feront dans l’ordre d’intervention des écrits reçus et mèneront à la présentation formelle de la proposition initiale et/ou d’une ou plusieurs propositions amendées. Si les discussions ne sont pas terminées en fin de séance, elles seront poursuivies le lendemain. Au cours des deux semaines suivantes, chaque conseiller pourra faire connaître sa position et la défendre par écrit, le Greffe en assurant la distribution auprès de tous les Conseillers.

Le vote aura lieu sans discussions en Conseil (Semaine 5) sur la proposition et chacun des amendements, la version du projet ayant recueilli le plus de voix étant adoptée, sauf si aucune n’a obtenu une majorité, auquel cas le projet est rejeté.

Exceptionnellement, la fréquence des réunions du Conseil sera augmentée et le rythme du processus d’examen des propositions accéléré, en novembre et décembre 1994, pour tenir compte du besoin urgent d’une décision:

a) sur les modifications proposées au mode de fonctionnement de l’administration;

b) sur le budget 1995;

c) sur les paramètres d’un pacte fiscal avec Québec;

c) sur un plan d’action contre la misère durant l’hiver 1994-95;

d) sur la position que doit prendre la Ville lors de la prochaine réunion des maires des municipalités du Grand Montréal.

Au début janvier, la nouvelle administration aura déjà pris des positions fermes sur ces dossiers et aura établi l’agenda qui lui permettra de mettre en marche ses autres projets, particulièrement concernant la promotion du tourisme pour l’été 1995.

Les Montréalais vont reprendre le contrôle du destin de leur Ville. Tout de suite.

Pierre JC Allard

 

 

B) Une ‘Guerre’ en Mauricie – 2004

 

Avant-propos:  Le sacre du printemps 2004

Au printemps 2004, au Canada, le fragile gouvernement Libéral à Ottawa croulait sous les scandales.  Il ne se maintenait au pouvoir que par une ahurissante ineptie de l’opposition, dont la trahison d’une de ses vedettes au moment le plus inopportun n’avait été que la plus spectaculaire manifestation.  Il semblait ridicule de voir en Stephen Harper un rival sérieux et que quoi que ce soit pût convaincre les Canadiens de choisir autre chose que la gouvernance apparemment de droit divin du Parti Libéral du Canada.

C’est dans ce contexte que Paul Martin, Premier Ministre succédant  à Jean Chrétien par la seule volonté de son parti – et donc en mal de reconnaissance populaire – exaspéré par les critiques et confiant dans la toute puissance de ses soutiens, a décidé de tenir les élections de juin 2004 qui servent de cadre à cette série de petits textes.

Ayant été élu délégué de la Jeunesse à l’Éxécutif National du parti à son Congres de fondation de 1961…. 43 ans auparavant. . J’étais déjà, en 2004, sans doutele plus ancien membre vraiment actif du Nouveau Parti Démocratique (NPD), J’ai eu cette coquetterie d’insérer une campagne électorale dans ma soixante-dixième année. Celle dont la Bible nous dit… Bon, parlons d’autre chose

Ne voulant surtout pas que ma candidature puisse nuire aux chances du parti dans une circonscription où il aurait eu la moindre chance de l’emporter, j’ai choisi celle de  Saint Maurice- Champlain, ancien fief de Jean Chrétien lui-même,  gardée « rouge » pour cette seule raison en plein pays péquiste et dont la retraite du vieux fils du pays ouvrait désormais les digues à une vague bloquiste dont nul ne doutait qu’elle allait l’emporter. Dans cet environnement – avec des intentions de vote NPD autour de 2% – ma candidature ne pouvait faire de mal et je pourrais tenter qu’il en sorte un peu de bien.

Tout motif personnel mis à part, j’ai pensé que l’occasion était bonne de voir « in vivo » ce que peut faire un individu, sans ressources autres que son temps et ses idées,  qui se lance a corps perdu dans une joute électorale selon les règles du système électoral actuel.  J’ai donc décidé dès le départ de tenir un « livre de bord, décrivant objectivement les péripéties de ce parcours du combattant. Une démarche qui pourrait donner quelques bons tuyaux à ceux qui seraient tentés par cette expérience.

Bonne occasion, aussi, de voir l’impact que pourrait avoir l’internet, la nouvelle arme de construction massive de la pensée populaire qui en était encore à ses premiers tests.  En 2004, on ne pensait pas encore vraiment « blogue » et donc interaction, mais « site », avec une communication de type traditionnel, de ceux d’en haut vers ceux d’en bas… mais je ferais pour le mieux.

De mes efforts est résulté un site ad hoc, sur lequel j’ai publié chaque jour un message et un rapport ultra succinct de mes activités.  Ce site qui a reçu 4 visites le premier jour en recevait quotidiennement plus de 200 en fin de campagne et me valait chacun deux ou trois courriels…  C’était la préhistoire.  Ce que vous trouverez dans cette section, ce sont ces 36 messages courts qui ressemblent…. à des blogues.

Pour respecter la démarche originale, vous avez aussi, accompagnant ces textes, le bref coup-par-coup – pas-à-pas serait plus exact – de mes activités de candidat.  J’ai laissé ces textes de « parcours » en l’état. Ils n’ont plus d’interêt ajourd’hui, sauf, si on est vraiment amateur, celui de montrer l’ambiance. Comme la grisaille et les vieux bouts de ferraille dans les film néo-réaliste italiens. Les idées, elles, cependant, n’ont pas tellement vieilli ; le monde change moins vite que nous…

Pierre JC Allard

 

Préambule: La bataille pour Saint-Maurice

Un titre accrocheur : il n’y a pas eu de véritable lutte dans Saint-Maurice en 2004.  Avec le départ de Jean Chrétien, son organisation s’est investie dans la zizanie et des luttes de succession, ce qui est si typique des organisateurs qui survivent à leurs organisés qu’il est difficile d’y voir un événement.

Du tohu-bohu des libéraux locaux et des interventions de  la tête du parti a finalement émergé, comme candidate, une adorable jeune femme que j’aurais volonté adoptée comme sœur à ma fille,  tout en regrettant les 40 ans de trop qui ne me permettaient pas de la voir autrement.   Intelligente, répartie facile,  elle a fait bonne figure, mais  personne – et surtout pas les Libéraux – ne pensait qu’elle devait ni pouvait gagner  cette élection.

Cette élection était déjà  concédée au candidat bloquiste.  Un candidat bien sympathique, bien représentatif  de la mouvance nationaliste largement majoritaire dans la région et que nul brutal défi ne poussait à se faire pousser des griffes.  Il aurait pu être élu in absentia.

Les conservateurs avaient leur candidat, produit du terroir, aussi fermement collé à une petite fraction du vote que je pouvait l’être à celle encore plus infime dévolue au NPD. Au demeurant, un perdant tout aussi aimable dans sa défaite annoncée que le  gagnant bloquiste dans sa victoire qui l’était tout autant.

Un Vert, aussi, dans la course, issu des marches éloignées du « comté »…  Vert typique, fait sur mesure, tout aussi gentil que les autres, mais avec en plus une cause sympathique. Enfin, un candidat Marijuana. Ai-je dit que le Vert était typique ? Lui l’était également. On pouvait croire sans peine que, au contraire d’Attila, l’herbe pousserait toujours partout où passerait sa monture…

Et, bien sûr, il y avait moi, qu’on pourrait dire typique … des candidats atypiques que peuvent produire des partis idéalistes, comme le NPD.    Voyez ci-haut la photo de notre petite famille de candidats. L’ami vert, est arrivé trop tard des grands bois, mais je vous le présente plus loins en débat animé avec le Conservateur.   Une petite famille, je vous dis. On n’allait tout de même pas se faire la  guerre… !

Alors la « bataille » pour Saint-Maurice a été un ballet, une chorégraphie plutôt qu’une bataille. Deux (2) débats bien polis, des contradictions sans surprises, par médias interposés. On a vécu la démocratie tranquille. Des élections de folklore. Une messe pour la démocratie, comme ces enterrements où l’on arrive tard à dessein pour rester sur le parvis, puisque le corps est déjà froid et que l’important est de saluer les parents et les potes.

Un folklore amusant, mais qui ne suscite tout de même pas l’intérêt du Festival western de St-Tite  Nous tous, les candidats, aurions pu être mêlés, tirés d’un énorme chapeau et distribués au hasard entre les partis sans que les résultats changent d’un iota.

J’ai bien aimé l’expérience. Pays superbe, population accueillante et j’en ai même tiré – comme on le verra – le même exercice vivifiant que m’aurait procuré le pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle que je préparais quand j’ai bifurqué vers ma conscience citoyenne au lieu de poursuivre le salut de mon âme.

J’ai aimé… , mais le constat à faire est que, dans le  modèle électoral que nous avons, ces campagnes sont inutiles.  Les candidats sont inutiles et les députés eux-mêmes sont inutiles, puisqu’ils n’ont d’autres fonctions que de suivre les directives de leurs partis respectifs

Toute notre pseudo démocratie est à repenser et l’un des éléments majeurs à revoir est celui de la représentation des citoyens; j’en parle d’abondant dans une autre série de textes. Dans les textes qui vont suivre, cependant, ce n’est pas de ça que je parle. Vous trouverez quelques idées, mais surtout un prise de vue en direct sur le folklore électoral.  Dans la symbolique d’une « démocratie »… qui nous fait marcher :-

Pierre JC Allard

 

INTRODUCTION:  LE PREMIER PAS

Le plus long voyage commence par un pas en avant(Lin Yutang)

Une bonne tête… un grand coeur… deux longues jambes… mais pas commandité ! Je n’ai d’autres ressources à investir dans cette campagne que des idées, du courage et de la détermination.

Après des générations de « démocratie », est-ce qu’on peut faire en 2004 une campagne électorale au Québec avec des idées, du courage, une volonté infatigable de servir… mais pas d’argent ?

C’est important, parce que si sans argent on ne peut pas faire de changements, on n’est pas loin de dire qu’avec de l’argent on peut faire en sorte que les choses ne changent pas…

Ce qui serait bien regrettable, car il y a des choses à changer pour qu’on ait une société plus juste. Une société où tout le monde peut travailler et être respecté. Une société où la vraie priorité est mise sur la vie. Sur vous et sur vos besoins, pas sur le rendement du capital des autres.

Ne laissez pas les commanditaires parler à votre place et dire que c’est impossible. Nous pouvons changer la société.

Pour que les choses changent, il faut faire un pas en avant. Au cours des cinq (5) prochaines semaines, je vais faire les 500 000 premiers pas.

Je vais prendre le bâton du pèlerin pour la démocratie et faire, pour aller vous rencontrer, les centaines de kilomètres d’un pèlerinage à St-Jacques de Compostelle.

Si vous m’accueillez et que vous faites LE pas suivant, les choses vont changer. Si le jour du scrutin vous faites le pas suivant et votez pour le changement, ce sera le commencement d’une nouvelle démocratie.

Une société où ce sont les citoyens qui ont le dernier mot, pas ceux qui signent les chèques. VOUS, pas les commanditaires.

(Les articles suivant sont les 36 textes quotidiens de mon ‘livre de campagne »)

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 1    24 mai 2004

Une victoire possible

Quand on demande aux électeurs de s’identifier au programme d’un parti politique, l’immense majorité choisissent celui du NPD. Ils ne votent pas pour le NPD, toutefois, parce qu’ils ne CROIENT pas que le NPD puissent prendre le pouvoir.

Mais nous ne sommes plus en 1950, quand les idées évoluaient lentement. Nous sommes à l’heure de la télévision et de l’Internet.

Au cours des deux (2) dernières semaines seulement, selon les sondages, 12 millions d’Americains ont changé d’avis concernant Georges W. Bush et décidé de soutenir les démocrates.

En Inde, lors de la toute récente élection, 40 MILLIONS d’ÉLECTEURS ONT CHANGÉ D’AVIS DANS LES 4 DERNIERS JOURS AVANT LE SCRUTIN, faisant mentir tous les sondages et donnant la majortité à une jeune italienne, veuve de Rajiv Gandhi, qui ne semblait avoir aucune chance.

Que 2 ou 3 millions de Canadiens réfléchissent au cours des prochaines semaines et décident d’élire un gouvernement néodémocrate N’EST PAS une impossibilité: c’est le genre de choses que l’on va voir au XXIème siècle.

Il n’en tient qu’à vous que ce soit ICI et MAINTENANT.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 2    25 mai 2004

Une victoire probable

Que 2 ou 3 millions de Canadiens réfléchissent au cours des prochaines semaines et décident d’élire un gouvernement néodémocrate N’EST PAS une impossibilité. Mais supposons que ça n’arrive pas. Supposons que les choses continuent d’aller à leur rythme du siècle qui vient de se terminer, avec une bonne part des rouges déçus par l’insignifiance et la corruption qui virent simplement au bleu. Ça nous donne quelle sorte de gouvernement le 28 juin ?

Eh bien, si la tendance se maintient, comme disait l’ami Bernard Derome, on se retrouve le matin du 29 juin avec Libéraux et Conservateurs nez-à-nez et de substantielles représentations néodémocrates et bloquistes avec lesquelles doit composer celui qui veut former un gouvernement. Quels sont les scénarios crédibles ?

On ne peut pas s’imaginer Libéraux et Bloquistes, après ce qu’ils se seront dit au Québec durant la campagne, se mettant d’accord pour former un gouvernement. Peut-on penser à une alliance entre Conservateurs et Néodémocrates ? A Layton et Harper d’en juger, mais c’est une idylle qui ferait sourciller bien des gens.

Conservateurs et Bloquistes ? Ils faudraient que Harper soit suicidaire pour se présenter devant le reste du Canada avec un gouvernement reposant sur la complaisance du Bloc. Reste l’alliance « naturelle » entre Libéraux et Néo-démocrates, dont Pearson avait dit qu’ils ne sont que « des Libéraux trop pressés ».

C’est une alliance qui s’est déjà nouée et dénouée quelques fois et avec des résultats qui, sans être aussi spectaculaires que si l’on avait pour une fois choisi de donner une chance à la gauche, ont néanmoins été acceptables. Si l’on prenait des paris, la meilleure gageure pour cette élection serait sans doute un gouvernement minoritaire, coalition de Libéraux et de Néodémocrates.

Voter NPD n’est pas soutenir un groupuscule d’illuminés. C’est donner son vote à un parti qui non seulement a la justice et l’honnêteté pour lui, mais qui a aussi d’excellentes chances d’être au pouvoir le mois prochain.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 3   26 mai 2004

Une victoire certaine

Il est possible et même probable, si on en croit les sondages, que les Néodémocrates soient portés au pouvoir le mois prochain dans le cadre d’un gouvernement de coalition. Bon. C’est certainement une bonne nouvelle pour tous les Canadiens, car non seulement la politique du prochain gouvernement devra-t-elle alors tenir compte des engagements du NPD et glisser au moins un peu – et peut-être pas mal – vers la justice et l’équité, mais la présence du NPD comme soutien d’un gouvernement Martin donnerait aussi à celui-ci une excuse pour faire bien des bonnes choses…

Prendre ses distances envers les Etats-Unis, par exemple, dans toute cette abomination de la guerre et de l’après-guerre en Iraq. Se tenir plus droit dans ces histoires de bois d’oeuvre et autre différends dans le cadre de l’Alena où l’on voit bien que les Etats-Unis ne respectent que ce qui fait leur affaire. Convaincre les entreprises, aussi, qu’il faut un peu de solidarité face au chômage. Faire un budget qui favorise la classe moyenne plutôt que les riches.

Il y a beaucoup de choses qu’un gouvernement libéral n’ose pas faire quand il est seul au pouvoir et doit rendre des comptes à ses commanditaires traditionnels, mais qu’il peut se permettre de faire s’il a le NPD à blâmer. Allez-y, le NPD a le dos large. Nous sommes prêts à porter le chapeau pour tous ces gestes de justice et de bon sens dont les Américains et les grandes entreprises vous tiendront rigueur. On est là pour ça.

Regardons les dossiers de mise-à-pied et de fermeture d’usine qui risquent de s’ouvrir à l’automne. Est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux avoir en place un gouvernement qui pense d’abord aux travailleurs ?  Un pouvoir néodémocrate, c’est une victoire certaine. Pour vous, pour moi, pour tout le monde.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 4    27 mai 2004

Le grand adversaire

J’ai commencé mon pèlerinage dans Shawinigan. J’ai rencontré pas mal de gens sur les 4e et 5e Rues. D’abord, merci à tous ceux qui m’ont accueilli: Shawinigan est une ville où l’on sourit, ça fait chaud au coeur. Parce que l’on sourit beaucoup, ici, ça donne encore plus d’importance à ce qui ne fait pas sourire. À ce qui renfrogne. Or, le seul moment où j’ai vu les gens cesser de sourire, c’est quand on dit le mot « politique ».

Ils grimacent. Pas longtemps – la cordialité naturelle revient au galop -, mais il y a un petit moment d’agacement, presque de hargne. Pire, un moment de dégoût. À Shawinigan, on est dégoûté de la politique. Pas dégoûté d’un politicien ou d’un autre, dégoûté de TOUS les politiciens.

Je suis arrivé avec des arguments rationnels, mais je m’aperçois que la question n’est pas de prouver que le programme du NPD est le meilleur, tout le monde en convient. Le problème est de convaincre qu’un politicien, quel qu’il soit, peut dire une vérité, respecter une promesse, faire autre chose que s’en mettre plein les poches. Le grand adversaire, c’est la perte de confiance qui devient l’apathie. Le gagnant le plus probable de cette élection, à l’heure actuelle, c’est l’abstention.

Il y aura, le soir du scrutin, plus de gens qui n’auront pas voté que de votes pour le gagnant de cette élection. Si on ne renverse pas la vapeur, il y aura même plus d’abstentions que de votes pour tous les candidats réunis ! Ça, quel que soit celui qui aura gagné, ce serait une défaite pour la démocratie.

«  » »

Le parcours du Combattant

Aujourd’hui a commencé la Longue Marche.

Nous sommes 19 221 (longs) pas plus près du but.

Je recueille les feuillets orangés que Monique et moi allons distribuer et qui constitueront sans doute notre seule dépense publicitaire. Ils sont prêts à temps. Merci, Copie Services.

Approche de l’Association générale des étudiants du CEGEP. (Avez-vous remarqué le cynisme de Paul Martin qui déclenche les élections à une date où une bonne partie des jeunes ne pourront pas voter ?)

Monique et moi avons sillonné les 4e et 5e rues et rencontré 208 personnes. EXCELLENT accueil.

Nous nous sommes faits de nouveaux amis; nous avons pris quelques photos. Je vous inviterai à venir voir notre () dès que j’aurai eu le temps de mettre les photos sur le site

Ce soir, 18 h 30 je rencontre Jack Layton à Montréal de même que quelques-uns des autres candidats NPD du Québec. Vous verrez à la télévision.

DEMAIN 28 mai 2004

D’abord, mettre la dernière main à la logistique: local, voiture, téléphone, Internet, procédures de présentation, etc.

13.30 Entrevue à Trois-Rivières avec Le Nouvelliste.

Marcher quelques rues pour maintenir le contact et garder la forme

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 5    28 mai 2004

Voter pour quoi ?

On ne peut répondre à la question « Pourquoi voter » – qui est celle que tout le monde ici me pose – qu’en répondant à une autre question que les gens, hélas, ne posent même plus: « Voter pour quoi ? » Il y a quelques bons choix à faire.

Voter POUR une médecine gratuite et CONTRE la privatisation des services de santé. Voter POUR la protection des régimes de pension et CONTRE leur érosion hypocrite par une inflation non compensée. POUR une éducation post-secondaire culturelle et technique de qualité et CONTRE une éducation réservée à une élite et une formation qui ne suit plus l’évolution des besoins.

POUR un environnement et des énergies propres, CONTRE la pollution débridée. POUR l’habitat à prix modique et un équilibre entre transports publics et privés, CONTRE la hausse galopante des loyers et le marginalisation du transport en commun. POUR un Canada qui suit sa conscience sur la scène internationale et CONTRE un Canada qui entérine les décisions de son voisin au mépris de l’opinion nationale et mondiale.

POUR un gouvernement financièrement responsable et qui inspire l’adhésion par le respect, CONTRE un gouvernement qui thésaurise ou dilapide les fonds publics selon ses caprices, puise dans les fonds réservés à la protection des chômeurs et détourne des dizaines de millions pour ses « commanditaires ».

Et quand on sait pour quoi voter, on sait aussi pourquoi voter: pour que vive la démocratie et que les choix de la population deviennent des directives claires données au gouvernement que celle-ci s’est choisi.

***

Parcours du Combattant

Jour 5 de la campagne.

Nous sommes 6 923 pas plus près du but.

Une bonne partie de l’avant-midi en contact avec des médias.

Réponses aux courriels reçus.

Concertation pour une conférence de presse régionale, lundi, à Trois-Rivières

13 h 30 Entrevue à Trois-Rivières avec Le Nouvelliste.

Je termine mon parcours de la 5e rue de Shawinigan

Km parcourus depuis le début de la campagne: 24, 57

DEMAIN 29 mai 2004

Réunion de coordination à Montréal

Premier contact avec Grand-Mère : La 6ème avenue

Pierre JC Allard

 

 

Saint Maurice Jour 6    29 mai 2004

Alors, cette campagne, on la fait ?

Depuis que j’ai commencé à circuler dans St-Maurice-Champlain et à parler aux gens, je n’ai pas entendu qui que ce soit me dire un mot sympathique des autres partis, de leurs candidats ou de leurs programmes. Pas qu’on m’en dise du mal, mais simplement qu’on semble ne pas trop savoir qu’en dire.

De temps en temps, un Bloquiste me dira qu’il ne voit pas d’autre utilité à cette élection que d’envoyer quelques Québécois au Parlement canadien répéter qu’ils ne devraient pas y être, mais ça s’arrête là. Pour ce qui est de ce que l’on devrait faire à ce Parlement qui va tout de même décider de notre sort pendant 4 ans au moins et dépenser pendant ce temps la moitié de nos taxes, rien.

Pour ce qui est d’un partisan libéral, d’un »Rouge » convaincu, rien en vu. Pas un mot. Comme si le parti libéral et son programme n’existaient pas, remplacés par d’innombrables pancartes parlant d’une « Équipe Martin », toutes illustrées du portrait de la candidate, bien mignonne d’ailleurs.

Les 9 milliards de Paul Martin pour la santé, les autres milliards pour les villes…. Bof…! Ça ne semble pas faire battre les coeurs ni susciter d’indignation.

Personnellement, je ne pense pas que les propositions de Paul Martin soient bêtes et encore moins insignifiantes. Insuffisantes, peut-être, certainement litigieuses au palier des relations avec les provinces, mais pas à accepter sans discussion ni à écarter sans débat du revers de la main. Il faudrait en parler. Je ne suis pas certain que la population veut écouter, mais est-ce qu’il n’y a pas d’autres candidats qui voudraient au moins ESSAYER de lui en parler ?

***

Parcours du Combattant

Jour 6 de la campagne.

Nous sommes 9 678 pas plus près du but.

Je débute ma marche le long de la 6e avenue de Grand-Mère. Je ne pourrai faire qu’une demi-journée de contacts personnels, car je dois aller à Montréal pour une autre réunion de coordination. Je suis à pied d’oeuvre à 8 h 30 au restaurant Palace. Enfin, quelques conversations qui touchent le fond du débat. Quel Canada on veut et comment y parvenir. J’ai tout de même rencontré 106 citoyens… et l’intérêt monte

Réunion à Montréal. Une stratégie qui met l’accent sur la présence et la franchise. Le courage des convictions. Une campagne axée sur des propositions concrètes. Bonne nouvelle: à l’échelle nationale, les résultats des sondages indiquent que les intentions de vote pour le NPD montent en flèche.

DEMAIN 30 mai 2004

Établir les listes d’envois définitives de nos communiqués.

Continuer la marche interrompue sur la 6e Avenue de Grand-Mère.

Km parcourus à date: 33,66

Pierre JC Allard

 

 

Saint Maurice Jour 7    30 mai 2004

Ça sert à quoi, un député ?

Dans une démocratie parlementaire, le Parlement est souverain. L’ensemble des députés représentent leurs électeurs respectifs et constituent ce Parlement souverain. Ça, c’est en théorie. En pratique, ce sont les partis politiques qui proposent chacun un candidat aux électeurs. Les électeurs, qui veulent d’abord choisir un gouvernement, votent d’abord pour un parti sans trop se soucier du candidat lui-même. C’est une pensée qui ramène à une saine humilité tout candidat qui commencerait à se prendre pour un caïd.

Cela dit, est-ce que le député doit se limiter à être la petite boîte où l’on met les votes pour les partis ? Certainement pas. Un député devrait se voir comme le lien entre le gouvernement et les électeurs.Celui qui explique aux électeurs ce que fait le gouvernement, pourquoi et comment il le fait. Celui qui dit au gouvernement ce que veulent les citoyens. Ça, le député doit le faire pendant toute la durée de son mandat. Il peut le faire qu’il soit du parti au pouvoir ou de l’opposition. Il le fait bien s’il comprend que c’est pour ça qu’il a été élu et s’il s’organise correctement pour le faire.

***

Parcours du Combattant

Jour 7 de la campagne.

Nous sommes 12 269 pas plus près du but.

Retour de Montréal. C’est dimanche, La majorité des commerces sont fermés, mais il fait beau, les gens sont aux terrasses et dans les bars et restaurants. Le moment d’avoir des conversations plus en profondeur. À Shawinigan sur la 5è rue, mais surtout sur la 6e avenue de Grand-Mère. 234 personnes rencontrées

J’ai encore l’impression que le plus gros problème sera d’amener les gens à voter. Pour qui que ce soit. L’accueil cependant est particulièrement chaleureux. On apprécie un candidat déjà âgé, mais qui lutte pour ses convictions. Un candidat qui n’est ni commandité ni financé, mais qui y va de sa poche pour faire passer un message.

Nous avons préparé les listes d’envois aux médias et organismes

DEMAIN 31 mai 2004

10,30 Conférence de presse conjointe à Trois-Rivières des candidats néodémocrates de la Mauricie.

En après-midi. Beau temps mauvais temps, je marche à Shawinigan-Sud.

Km parcourus depuis le début de la campagne: 45,19

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 8    31 mai 2004

Santo Duplicità

Depuis 2 ans, je passe plusieurs mois par année en Italie. Milan, pour être exact, où ma fille est consul du Canada. Jolie ville Milan et, en plein milieu, une vieille forteresse: le chateau/palais des Sforza. Belles pierres, beaux jardins, mais, si je vous en parle, ce n’est pas pour l’architecture: c’est pour l’Histoire. Sur 30 mètres, en une douzaine de panneaux, on offre au touriste en dégustation l’histoire du château. WOW !

Des Visconti à Napoléon, des Autrichiens aux Espagnols en passant par les Français, on en a tué du monde au château ! Remarquez que ça se faisait beaucoup à l’époque; l’intérêt du château ne vient pas des meurtres qu’on y a commis, mais de la manière dont on s’y est entretué. Par le poison, le couteau, le mousquet… mais toujours avec une omniprésente fourberie. Le château est un monument à la duplicité.

Je ne vous raconterai pas tout le « soap », mais le thème principal est du type suivant: le duc fout sa femme au donjon parce qu’elle complote avec le duc du nord voisin, son amant, mais est assassiné par son fils aîné qui la libère et prend le pouvoir. Manque de pot, le fils cadet file chez le duc du sud, l’autre voisin, et lève une armée de mercenaires pour revenir venger son père. Le fils aîné confie le chateau à son plus loyal ami et entreprend une campagne préventive contre son frère. En son absence, le loyal ami livre la ville au duc du nord qui empoisonne la mère dont, de toute façon, il ne voulait plus. Les deux frères se réconcilient et viennent reprendre le château après un long siège, au cours duquel va périr une bonne part de la population de la ville.

Et ça se répète pendant des siècles… et des siècles. Au début on éprouve un vague malaise, puis une étrange nausée puis, vers le dixième panneau, quand Bonaparte qui se prépare à devenir empereur vient rétablir à Milan les « valeurs républicaines », on rigole et on va prendre un espresso.

Ce soir, en prenant un espresso, j’ai appris que Martin s’était réconcilié avec Chrétien et que les Libéraux voulaient revenir nous donner quelques années d’un gouvernement honnête. Vraiment ? Bon, si vous le dites…

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 9    1er juin 2004

A droite, toute !

 

Pincez-moi, je rêve ! Alors que Paul Martin semble vouloir illustrer son slogan « Tout droit » en dirigeant son parti vers une défaite à la Kim Campbell par le plus court chemin, Stephen Harper semble se précipiter pour lui barrer la route. Plus d’argent pour l’armée canadienne ? Acheter des armes plus performantes ? Se coller de plus près à la politique américaine ? Où diable les Conservateurs ont-il été chercher l’idée que c’est ce que veulent les Canadiens, alors que 80% d’entre eux sont d’accord avec la décision de ne PAS intervenir en Iraq ?

Et pourtant…, les sondages enregistrent toujours un lent virage du vote libéral vers les Conservateurs. Simple décalage entre l’information et la réaction des électeurs, ou les Canadiens sont-ils tellement dégoûtés du présent régime qu’ils sont prêts à tout pour un changement ? Même à un virage brutal vers la droite?

Pendant ce temps, le NPD grimpe aussi dans les intentions de vote, mais nous partons de plus loin. Si on prolonge les courbes, on voit qu’il y a une zone pendant laquelle on quitte la probabilité d’un gouvernement libéral minoritaire sans atteindre celle d’une victoire néodémocrate. Si nous sommes dans cette phase de la courbe au moment des élections… le pays vire à droite.

Ceux qui quittent la barque libérale par milliers – peut-on les en blâmer ? – devraient faire un solide examen de conscience avant de choisir la solution de facilité et de passer simplement du rouge au bleu. Ils devraient se demander s’ils veulent VRAIMENT du programme conservateur. Si la réponse est NON, il faudrait qu’ils aient le courage de ne pas voter simplement pour autre chose mais pour MIEUX. Il faudrait bien peu de chose pour que tout bascule vers le NPD. Continuons le combat.

***

Parcours du Combattant

Jour 9 de la campagne.

Nous sommes 20 645 pas plus près du but.

9 h 00 Entrevue téléphonique avec Réjean Harvey de CFLM-AM (1240 AM)

10 h 00 Dépôt officiel de l’acte de candidature chez le Directeur du Scrutin.

Rendez-vous organisés avec quelques personnalités. Vous aurez des surprises…

Shawinigan Sud. La 5 aime avenue. Ça marche. Compte tenu de la pluie, tous les commerces sauf un acceptent avec gentillesse que je distribue ma documentation à l’intérieur de leurs établissements. Ai rencontré 254 personnes.

Beaucoup de gens m’ont vu à la télévision, ou ont vu l’article me concernant publié ce matin dans Le Nouvelliste. Quelques-uns ont entendu parler de moi par des gens que j’ai déjà rencontrés à Shawinigan ou Grand-Mère. La roue commence à tourner.

DEMAIN 2 juin 2004

Je marche sur St-Marc à Shawinigan

Parcourus depuis le début de la campagne: 82.48 Km.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 10    2 juin 2004

Au nom du Christ, partez !

Il y a une dizaine de jours que je marche inlassablement le long des rues de Shawinigan et de Grand-Mère. Je deviens peu à peu un élément permanent du décor, ce qui devrait être le premier objectif d’un député: ETRE PRÉSENT. Plus je deviens un familier, plus l’on me parle. J’écoute, j’en apprends, je comprends… Les Montréalais qui parlent grande politique aux terrasses de la rue Bernard, à Outremont, n’ont pas la moindre idée de ce que ça peut donner la corruption dans une ville familiale de taille moyenne où tout le monde se connaît.

Je ne parle pas de tel ou tel scandale, d’un tel ou d’un tel, la médisance est sans intérêt. Je parle d’une ambiance où l’appartenance à un parti politique plutôt qu’un autre a un impact direct sur votre vie et votre avenir. Un climat où tout dépend de la décision de se rallier ou de ne pas se rallier à telle ou telle faction d’un même parti, voire à tel ou tel clan de telle faction, de tel parti….

Quand on parle de démocratie, il ne faut pas penser à un droit acquis ; ça, c’est fait. Il faut penser à une réalité à créer et à introduire dans la vie quotidienne; c’est ça qui reste à faire. Quand je passe d’une terrasse à un commerce, à une taverne, j’entends le même message de la population aux Bleus comme aux Rouges et ce n’est pas original, c’est celui de Cromwell au Parlement anglais en 1649, après 9 ans d’inepties et de babillage inutile:

 » Vous avez été là trop longtemps pour le peu de bien que vous avez fait. Allez-vous en ! Au nom de Dieu, partez !  »

***

Parcours du Combattant

Jour 10 de la campagne.

Nous sommes 22 149 pas plus près du but.

Je marche sur la rue St-Marc à Shawinigan. 291 personnes rencontrées.

A cause d’un malentendu, les volontaires chargés de recueillir les signatures requises pour ma mise en candidature ont introduit des signataires d’autres circonscriptions. Il me faut en recueillir d’autres rapidement.

C’est fait. Merci à tous les clients du Restaurant Palace de Grand-Mère qui m’ont dépanné.

J’ai rendez-vous avec Madame la Mairesse Lise Landry le 17.

Invitation à LaTuque.

Nombreux contacts avec les médias.

Parcourus depuis le début de la campagne: 103,30 Km.

DEMAIN 3 juin 2004

Marche intensive sur St-Marc et rappel à Shawinigan-Sud.

J’attends la réponse à des démarches importantes. On en parle demain.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 11    3 juin 2004

Responsabilité et langue de bois

 

J’ai été particulièrement fier de Jack Layton ce soir, à l’émission Le Point, quand il a prouvé à la fois qu’il avait appris le Français et qu’il n’apprendrait pas la langue-de-bois. Bernard Derome, qui est un redoutable inquisiteur, n’a pas réussi à lui arracher la concession au « politiquement correct » d’une excuse à Paul Martin, excuse qui aurait été totalement déplacée.

Jack a dit que Paul Martin était responsable de la mort des sans-abri jetés à la rue par l’arrêt brutal de la politique d’aide au logement social. Ce n’est pas une insulte, c’est le constat d’une évidence. Gouverner, c’est prévoir et un homme d’État digne de ce nom doit prévoir les conséquences prévisibles des gestes qu’il pose. S’il les prévoit, il en est responsable. S’il ne les prévoit pas, il est un irresponsable… et ce n’est pas un homme d’État.

Il est temps que l’on appelle une casserole une casserole, un magouilleur un magouilleur et les promesses qu’on a faites et refaites sans les tenir des mensonges. Les questions tenaces de Derome lui ont valu une réponse claire…. et le regard le plus franc qu’on ait jamais vu dans une émission de télévision politique au Canada.

Chapeau Jack !

***

Parcours du Combattant

Jour 11 de la campagne.

Nous sommes 26 433 pas plus près du but.

Je marche à Shawinigan, sur la rue St-Marc, mais aussi sur la 5e rue. À Grand-Mère, aussi, sur la 6e Avenue. Un programme un peu décousu mais gratifiant, alors que je réponds a diverses demandes. 318 personnes rencontrées.

Faits marquants: une entrevue avec L’Hebdo de St-Maurice et un contact avec Global News. Je commence à recevoir un nombre significatif d’offres de collaboration

Parcourus depuis le début de la campagne: 128.14 Km.

DEMAIN 4 juin 2004

St-Gérard

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 12   4 juin 2004

Amour et défusions

Maintenant que je marche dans la circonscription, je regarde la carte avec des yeux neufs et je comprends à quel point les fonctionnaires de Québec qui ont ordonné les fusions n’avaient pas seulement des oeilleres mais des lunettes noires, pas de chiens et pas de cannes blanches. Une ville ou un village, c’est une histoire commune et donc une histoire d’amour, une appartenance. Une appartenance, ça se développe, ça ne se commande pas. C’était donc une incommensurable bêtise de fusionner des municipalités contre leur gré, comme de demander que des gens qui vivent à 2 heures de route les uns des autres ne se sentent pas un peu différents.

Il peut être opportun, administrativement parlant, que des plans de développement et certaines politiques soient établis à l’échelle d’un territoire plus vaste. C’est pour ça qu’on a créé des MRC et rien n’empêche qu’on mette en place des structures adéquates pour gérer les problèmes qu’ont en commun les gens de Shawinigan et de Saint-Gérard, par exemple, ou ceux de La Tuque et de l’un ou l’autre des villages qu’on y a joints de force. Mais n’allons pas dire aux habitants d’une ville ou d’une commune que, par ordre de Big Brother, ils ne sont plus eux-mêmes, mais sont devenus autre chose.

Pas très astucieux, non plus, l’idée d’une campagne référendaire pour les défusions. À cause de cette bourde, les gens qu’on a réunis de force et qui auront lutté pour se séparer seront, au moins pour quelque temps, bien plus réticents à confier à une structure distincte la responsabilité de résoudre les problèmes qu’ils doivent affronter en commun. Il aurait mieux valu annuler tout simplement les fusions et se rendre autrement là où il semble inévitable d’aller, en modifiant le partage des pouvoirs entre les municipalités et des structures ad hoc mises en place pour régler ces problèmes communs.

Le gouvernement fédéral n’a rien à voir dans cette affaire, mais même un candidat a le droit de penser, n’est-ce pas ?

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Parcours du Combattant

Jour 12 de la campagne.

Nous sommes 14 007 pas plus près du but.

Aujourd’hui, c’était à pied mais aussi en voiture; St-Gérard est trop grand, la population trop dispersée pour un porte-à-porte traditionnel. Mais quel superbe pays ! J’ai aussi découvert en passant, Sainte-Flore, où je retournerai. En après-midi, un retour sur Grand-Mère et, en soirée, une petite tournée des bars de la 5è, à Shawinigan. Les joueurs de pétanque, aussi, qui me rappellent la Provence et Hyères où j’ai vécu quelque temps.

J’ai parlé aujourd’hui à 186 personnes. Le Soleil de Québec me voit demain. Le 16 juin, je serai à La Tuque, pour le débat sur les enjeux locaux.

Parcourus depuis le début de la campagne: 141,30 Km.

DEMAIN 5 juin 2004

Entrevue avec Le Soleil et je quadrille Shawinigan Sud.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 13  5 juin 2004

Le Canada, vous connaissez ?

Je parlais hier de fusions et de défusions municipales. Je disais qu’une ville ou un village, c’est une histoire d’amour, une appartenance. et que ce n’était pas bien futé de vouloir rayer tout ça d’un trait de plume parce que c’est plus commode pour les fonctionnaires de tenir un seul registre plutôt que plusieurs. À bien plus forte raison, Sa Majesté Britannique n’a peut-être pas été sagement inspirée par l’Esprit Saint quand elle a choisi, au siècle dernier, de fusionner ses loyaux sujets francophones et anglophones de l’Amérique du Nord.

Loyaux sujets ? Eh oui ! La seule chose que nous avions en commun, au nord du 45e parallèle, c’était une volonté tenace de rester britanniques pour NE PAS ÊTRE ETATS-UNIENS…. mais ça, nous l’avions. Nous l’avions férocement. C’était ça, NOTRE problème.

Au lieu d’imposer une fusion, est-ce qu’il n’aurait pas mieux valu mettre en place une structure pour gérer nos problèmes communs – en fait, NOTRE problème commun – et nous laisser, pour le reste, demeurer ce que nous étions ? Peut-être. Peut-être qu’il vaudrait mieux, encore aujourd’hui, annuler tout simplement la « fusion et se donner, en discutant entre provinces, un gouvernement fédéral et une constitution qui correspondent mieux à la répartition des pouvoirs que nous souhaitons.

Peut-être. On ne réglera pas ce problème ce matin. Mais ce qu’on peut se dire tout de suite, c’est que NOTRE problème n’est pas réglé lui non plus et qu’il faut, plus que jamais, une structure pour gérer les efforts communs de ceux au nord du 45e parallèle qui veulent plus de justice et d’égalité, des programmes sociaux et la paix dans le monde. C’est une structure NECESSAIRE pour nous tous qui ne voulons pas d’une guerre en Iraq, d’un embargo contre Cuba, d’une CIA qui tire à vue sur la démocratie partout en Amérique latine et d’un système de santé qui laisse les gens crever à la porte des hôpitaux.

On pourrait appeler cette structure la « Confédération des Pas-Etats-Uniens » ou n’importe quoi, mais « Canada » ne sonne pas si mal… et la publicité a déjà été payée.

Union, fédération, confédération, association… Une répartition des tâches entre deux structures ça se corrige et il y aura un temps pour corriger la structure canadienne. Mais le maintien d’une structure « Pas-Etats-Unienne » est notre affaire, à Québec tout comme à Vancouver. Le 28 juin, on demande qui de Martin, Layton ou Harper la défendra le mieux. Les Québécois doivent le dire.

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Parcours du Combattant

Jour 13 de la campagne.

Nous sommes 8 226 pas plus près du but.

Entrevue avec Le Soleil de Québec.

Mes entrevues précédentes avec Le Nouvelliste et le Journal de Trois-Rivières sortent en nouvelles. Surtout, mon entrevue avec Bernard Lepage sort dans l’Hebdo du Saint-Maurice. Il traite le sujet avec humour. Bravo. Si vous aimez le style de Lepage, vous aimerez le mien… La photo est moche, mais j’assume la pleine responsabilité de ma tronche comme de mes idées.

Quelques contacts établis avec des groupes de l’âge d’or

Pour des raisons de logistique, je fais un peu de porte-à-porte à Grand-Mère plutôt qu’à Shawinigan Sud comme je l’avais prévu.

DEMAIN 6 juin 2004

Je vais découvrir le Sud-Est de la circonscription

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 14   6 juin 2004

Supposons…

 

« Supposons que vous êtes élu… » Le simple fait qu’on me pose si souvent cette question me fait bien plaisir.Pas que ça augmente mes chances de gagner, mais je pense que c’est une bonne question et que j’ai une bonne réponse. Une réponse si bonne, qu’elle pourrait servir à quiconque sera élu, moi ou un autre.

Celui qui sera élu, devrait être présent dans la circonscription. Si sa présence est requise à Ottawa – ce sera souvent le cas – il doit laisser en charge du bureau de comté une personne en qui il a si confiance que ce qu’elle dira vaudra comme si lui-même l’avait dit. Répondre  » Monsieur le député vous rappellera » à un électeur qui demande quelque chose, ce n’est pas la bonne réponse. La bonne réponse, c’est « oui » ou « non » avec une date.

Ensuite, la circonscription est vaste et avoir un bureau de comté ne règle pas tout. Le député – ou celui ou celle qui le représente en son absence – doit se déplacer. Aller vers les gens. Une journée par semaine dans chaque MRC du sud du comté, une par mois dans le nord et dans chaque réserve importante. Et l’on n’y va pas pour serrer des mains: on y va pour faire avancer les dossiers et régler les problèmes.

Chaque semaine, un bulletin doit être distribué par la poste et sur Internet qui fait le bilan de ce qui s’est passé au Parlement et des décisions qui doivent s’y prendre. La population doit faire ses commentaires, proposer des idées… et on doit lui répondre. Le député doit savoir ce que veut la population et le faire savoir au gouvernement.

Le député doit constituer un comité de « conseillers » représentant les forces vives de la circonscription: employeurs, travailleurs industriels et ruraux, commerçants, étudiants, pensionnés… Il doit les informer, prendre leur avis…, agir VRAIMENT comme le représentant de la population

LA PREMIERE CHOSE A FAIRE, C’EST DE RÉTABLIR LE CONTACT AVEC LA POPULATION.

CRÉER LA DÉMOCRATIE !

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Parcours du Combattant

Jour 14 de la campagne.

Nous sommes 11 349 pas plus près du but.

La journée d’aujourd’hui consiste essentiellement en trois visites à la grande vente de trottoir de Shawinigan-sud. J’ai distribué 1 000 pamphlets, ce qui était mon objectif, puis immédiatement la pluie a commencé. Une coïncidence, mais j’apprécie quand même cette courtoisie des Autorités Supérieures. 1 000 personnes rencontrées, mais bien plus brièvement que d’habitude

Je n’étais pas seul à y être, mais quelqu’un m’a dit avec un clin d’oeil : »C’est pas toujours vrai que la beauté passe avant l’âge…  » Si seulement quelqu’un pouvait organiser un débat entre les candidats !

DEMAIN 7 juin 2004

Je planifie mes visites aux clubs de l’Âge d’or et je vais voir les gens au Centre La Plaza de Shawinigan

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 15   7 juin 2004

Bon, qu’est-ce qu’on fait ?

 

Ayant été à mes heures Directeur général de la Main-d’oeuvre du Québec – et conseiller en planification des ressources humaines auprès d’assez de gouvernements pour que je risque d’en oublier – je suis un peu biaisé quant à la source de nos problèmes. Je pense que seul le travail crée la richesse, et qu’on ne réglera les problèmes de la pauvreté et de l’exclusion sociale, ici comme dans le monde entier, qu’en mettant au travail tous ceux qui peuvent travailler. LA PRIORITÉ ABSOLUE, c’est de mettre tout le mode au travail.

Pratiquement, ça veut dire de garder les emplois que nous avons, d’en créer d’autres dans la mesure du possible, mais aussi d’encourager CONCRETEMENT les travailleurs autonomes qu’il faut considérer comme de véritables entrepreneurs. Il y a un vide présentement dans le système d’aide de l’État qui s’intéresse évidement aux travailleurs et aux employeurs, mais jette un regard distrait sur tous ceux qui ne sont ni ne veulent être a court terme l’un ou l’autre, mais seulement rendre un service à la mesure de leur compétence et en retirer un revenu.

On a tort de négliger le travailleur autonome car, dans une société de services comme celle que nous sommes devenus – c’est vers ce statut que doit se diriger une proportion croissante de la main-d’oeuvre. Il ne reste que 18% des travailleurs dans le secteur industriel. Quiconque peut créer SON travail mérite d’être aidé.

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Parcours du Combattant

Jour 15 de la campagne.

Nous sommes 9 836 pas plus près du but.

Quelques visites à Grand-Mère. Shawinigan et Shawinigan-Sud dans des résidences et clubs de l’Âge d’Or. Je suis heureux de constater que l’intérêt pour la chose politique reste toujours vif auprès des gens de ma génération. Le désenchantement envers les politiciens traditionnels est tout aussi présent que chez les plus jeunes, cependant. Il y aura un travail en profondeur à faire après les élections pour informer régulièrement TOUS les groupes d’âge.

Une longue promenade au centre d’achat La Plaza. Accueil TRES sympathique et de plus en plus de gens me connaissent déjà. L’article de Bernard Lepage a eu d’énormes conséquences. Ai rencontré 446 personnes et distribué tout autant de mes feuillets.

DEMAIN 8 juin 2004

Je vais découvrir le Sud-Est de la circonscription. St-Stanislas et toute la région. Cette fois, c’est la bonne.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 16   8 juin 2004

On a des idées !

Quand on écoute, les idées viennent de partout. À profusion. Ce matin, j’étais à quelques kilomètres du village de Saint-Maurice, une belle ferme, un chien adorable et surtout, bien sûr, un citoyen sympathique. On parle, on jase… et on en arrive à cette affaire d’enregistrement des armes à feu. Au NPD, on est d’accord avec l’enregistrement des armes à feu, tout en reconnaissant bien que ce n’est pas ça qui va régler le problème de la violence. Aider un peu, oui… mais le régler non. C’est seulement un élément d’une stratégie pas mal plus complexe.

Parce qu’on parle d’un élément entre autres d’une stratégie plus vaste, il ne faut pas que cette affaire d’enregistrement vienne épuiser tout le budget qu’on a pour lutter contre le crime et la violence. Quand on nous dit qu’on a dépensé 2 milliards (2 000 millions) pour ça, on se pose des questions. On cherche des réponses.

À Saint-Maurice, j’entends une proposition qui me semble intéressante. Au lieu de dépenser 2 000 000 000 pour demander aux citoyens de remplir des formules concernant les armes à feu, est-ce qu’il ne serait pas plus simple de procéder comme on le fait pour le recensement: envoyer des gens sur le terrain et poser les questions qu’on veut pour bâtir les registres qu’on veut ?

Je ne suis pas un expert de la question, mais je sais compter. Ajouter quelques questions au prochain recensement quinquennal qui aura lieu bientôt ne coûterait pas 2 000 000 000. En fait, ça ne coûterait à peu près rien et l’on éviterait ces problèmes de formules incomplètes …. et de confirmations retardées ou perdues qui laissent dans l’incertitude même ceux qui se conforment à la loi.

C’est une idée. Les gens ont d’innombrables idées. C’est le mérite de la démocratie de permettre que tout le monde puisse proposer des idées. Mais il faut écouter.

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Parcours du Combattant

Jour 16 de la campagne.

Nous sommes 11 937 pas plus près du but.

Visites à N.D du Mont Carmel, Saint-Maurice, Saint-Narcisse, Saint-Stanislas, Saint-Prosper, Sainte-Anne-de-La Pérade, Batiscan… des bars, des restaurants, des dépanneurs, des stations services, des maisons de retraite, etc.

Rencontre au SADC de Saint-Stanislas: invitation au débat de St-Tite le 22. Je n’y manquerai pas.

Lunch Chez Isabelle – 80 bières à choisir, d’ici mais aussi de Belgique et même du Vietnam !

On cherche sans succès la tombe du grand-père de Monique, Hector Hardy, à Batiscan. Peut-être la trouvera-t-on demain, à Ste-Genevieve…

Nous avons rencontré 179 personnes.

Depuis le début de la campagne, j’ai marché 180,14 Km.

DEMAIN 9 juin 2004

Je vais poursuivre à Batiscan puis aller ensuite à Sainte-Geneviève, Saint-Luc, Champlain, cherchant à prendre contact surtout avec les propriétaires et travailleurs agricoles.

https://nouvellesociete.wordpress.com/2004/07/01/saint-maurice-jour-17/

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 17  9 juin 2004

Ruralité

Quand on parle de ruralité, on risque une confusion. Confusion entre d’une part le secteur agricole qu’on identifie traditionnellement au monde rural et, d’autre part, toute la vie en milieu non urbain. Ce sont deux questions dont chacune a sa problématique.L’agriculture/élevage est une activité économique que ceux qui la connaissent mal associe au passé et au folklore, alors qu’en réalité c’est la première qui ait franchi le seuil de l’hyper mécanisation et que c’est justement les extraordinaires gains de productivité qu’on y a connus qui ont forcé les changements auxquels notre société doit d’adapter. 2% de la main-d’oeuvre suffisent à satisfaire les besoins du secteur. Aider l’agriculture, aujourd’hui, c’est éclairer les choix, assurer le financement des équipements, offrir la formation de la main-d’oeuvre et garantir la distribution à profit des produits.

La vie en milieu non urbain, c’est une conséquence inéluctable du passage à une société post-industrielle, passage qui n’en est qu’à ses débuts, mais qui promet à terme un renversement complet de la tendance vers une concentration démographique à laquelle on assiste depuis plus de deux siècles. L’avenir à moyen et à long terme ne verra pas le dépeuplement des toutes les zones rurales, comme on semble le craindre, mais, au contraire, un retour sélectif vers certaines zones privilégiées qui pourront offrir la meilleure qualité de vie: un milieu vert, un peuplement beaucoup moins dense que même la plu cossue des banlieues actuelles et, plus que tout, la possibilité de recréer des relations humaines gratifiantes entre « voisins » qui se connaissent.

Ce « retour à la terre » n’est pas un phénomène de l’an prochain, c’est une tendance lourde en marche depuis 50 ans ! Le résultat du progrès des transports et des communications et de la migration des travailleurs vers les services. Le retour se fera vers certaines régions privilégiées par la nature, mais offrant aussi des infrastructures physiques et culturelles adéquates. Il en existe déjà des exemples en Californie et dans les Alpes de Haute-Provence. La Mauricie peut en être une. Ce sera le défi des 2 prochaines générations. Il faudrait commencer à y penser.

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Parcours du Combattant

Jour 17 de la campagne.

Nous sommes 14 645 pas plus près du but.

Visites à Sainte-Geneviève de Batiscan. Entrevue avec le Bulletin des Chenaux. Batiscan; ai rencontré plusieurs propriétaires de fermes laitières et j’ai une meilleure compréhension des enjeux. Champlain. Je signe avec plaisir une pétition sur cette question du site d’enfouissement qui préoccupe tant la population.

Retour accéléré sur Shawinigan. J’ai l’occasion d’obtenir des commentaires à chaud sur la visite du chef bloquiste. À cause des distances à parcourir, je n’ai finalement vu aujourd’hui que 86 électeurs mais je comprends mieux la différence énorme entre les problèmes de l’ex-comté de Champlain et celui de Saint-Maurice. Est-ce que cette façon de réunir en une seule des circonscriptions si différentes n’ajoute pas à cette désaffection de la population que je perçois de plus en plus clairement ?

Depuis le début de la campagne, j’ai marché 193, 90 Km.

DEMAIN 10 juin 2004

Porte-à-porte et visites de centres de l’Âge d’or. On néglige trop ce segment de la population.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 18 10 juin 2004

Les grandes douleurs

 

On dit que les grandes douleurs sont muettes. Le message de Stephen Harper, tel qu’il ressort de son entrevue par Bernard Derome au Point, a été pour moi une grande douleur située quelque part a mi-chemin, comme dirait sans doute Harper lui-même, entre l’ébahissement et la consternation. Je ne sais vraiment pas qu’en dire.

Ce n’est pas tant le contenu du message qui m’a stupéfié – les journalistes nous préparent depuis quelque temps à ce qu’il soit odieux et il l’est ! – que sa forme. Comment peut-on oser introduire ainsi dans chaque réponse toute chose et son contraire … et vice-versa, comme disent les surréalistes ? Est-ce qu’on peut vraiment en 2004, prendre à ce point les gens pour des sots ?

Qu’on ne vienne pas me dire que c’est le français de Monsieur Harper qui le trahit: Monsieur Harper ne manie pas seulement le français avec toute l’aisance qu’on espère d’un candidat conservateur, il le manipule avec toute la dextérité d’un politicien retors. C’est lui qui trahit la langue en voulant ajouter un « oui » à chaque « non » et amener ainsi chaque phrase vers un contenu sémantique nul.

Je n’ai appris hier la position concrète des Conservateurs sur aucune question concrète, mais j’ai pris une première bonne mesure de l’opportunisme du loup Stephen Harper qui peut se déguiser en chasseur, en mère-grand ou même en descente de lit pour tromper les petits Chaperons Rouges que nous sommes.

Je meurs d’envie de voir le débat des Chefs. Je rêve de Layton posant une question claire, simple, incontournable a Stephen Harper et la répétant, sans le quitter de son regard franc, jusqu’à ce qu’il devienne évident pour tout le monde que Harper NE VEUT PAS répondre. Le mécanisme Harper qui consiste a toujours avoir en réserve une assertion qui contredit celle qu’on est à énoncer est simpliste et produit un équilibre extrêmement précaire. Comme dit le vieux conte pour enfant, il suffit de « tirer la chevillette et la bobinette cherra »

Et la porte s’ouvrira sur une toute autre campagne.

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Parcours du Combattant

Jour 18 de la campagne.

Nous sommes 15 714 pas plus près du but.

J’ai visité une dizaine de résidences pour aînés et il m’en reste à voir. J’ai été frappé non seulement de la propreté universelle et du charme exceptionnel de certaines d’entre elles, mais aussi du rapport entre ceux qui dirigent ces maisons et leurs pensionnaires. Je n’ai JAMAIS vu auparavant une telle satisfaction chez des aînés en résidence

Alors que les listes d’attentes s’allongent à Montréal pour aller s’entasser dans des résidences où la joie n’est pas toujours omniprésente, est-ce qu’il ne serait pas opportun de mettre en valeur ce talent inné pour l’accueil dont semble jouir les gens de la région ? Pas seulement pour le tourisme, mais aussi pour offrir une qualité de vie aux aînés citadins dont beaucoup aimeraient bien revenir vers leurs racines et couler des jours heureux entourés d’une réelle sympathie ? On a peut-être ici quelques choses à développer.

Je suis retourné à Ste-Flore, aussi, et vu deux restaurants qui m’ont impressionné et où je retournerai, après la campagne afin de profiter pleinement de leur caves comme de leur fourneaux. Tout un pan également du Boulevard des Hêtres, où l’on me pose enfin des questions. Est-ce seulement une population différente ou les gens commencent-ils à prendre conscience des enjeux de cette campagne ?

Ce soir, je verrai l’entrevue/débat Dérome-Harper au Point

Depuis le début de la campagne, j’ai marché 208, 67 Km.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 19   11 juin 2004

Moi, c’est simple…

Je disais, il y a quelques jours, que ces élections semblaient baigner dans l’intrigue. Ça ne faisait que commencer; maintenant, ça se complique. On nous dit depuis quelques temps qu’un vote pour le Bloc est un vote pour les conservateurs et j’ai vu dans un journal sérieux que les Néo-démocrates y vont mollo contre les libéraux en Ontario, de peur de faire élire un gouvernement conservateur majoritaire et de pas pouvoir être au pouvoir en coalition avec un gouvernement Martin minoritaire (Ce qui, dit en passant, est selon La Presse l’option préférée des Canadiens !)

Aujourd’hui j’ai entendu mieux. « Moi, c’est simple, je vote pour vous » – me dit un monsieur bien, type comptable-marguiller. Je me prépare à le remercier, mais il continue:  » Je ne suis pas socialiste, je suis Libéral, mais je ne voterai pas pour l’Équipe Martin. Je ne voterai pas séparatiste non plus. Je vais voter pour vous, et on va faire passer Gagnon (candidat du Bloc Québécois), mais sans augmenter le vote du Bloc. Le message va passer. Quand Martin va avoir été battu, il va démissionner. Dans un an, un gouvernement Conservateur « backé » par le Bloc va tomber. Pis là, avec un nouveau Chef du Québec, les Libéraux vont rentrer fort et pour longtemps. »

Ah… bon. Simple. Mais est-ce qu’on est en vraie démocratie ou à jouer au Québec une partie de poker-menteur ? J’aimerais bien qu’à travers les magouilles et les intrigues, quelques Québécois votent simplement pour le meilleur programme et le chef qu’ils croient le meilleur.

Nous sommes à la mi-temps, les sondages montrent que le Bloc mène largement au Québec, ce qui n’est pas une surprise, mais aussi que les Conservateurs – et non les Libéraux – sont désormais en tête au palier canadien, ce qui n’était pas prévu au départ.

Ceci ne modifie pas la stratégie NPD qui est d’obtenir tous les suffrages de ceux qui souhaitent un vrai changement. Dans Saint-Maurice – Champlain, bien des nationalistes de gauche, maintenant que le Bloc a cette avance historique de 32 points sur les Libéraux au Québec, peuvent se permettre de penser à ce qui arrivera concrètement au palier fédéral et voteront NPD pour témoigner de leur préférence pour la social-démocratie contre le libéralisme. Chaque voix sera comptée… et compte.

Sur le plan canadien, je ne peux encore me résigner à penser à une victoire conservatrice. Je m’attends à une reprise des Libéraux, les amenant à la formation avec les Néodémocrates d’un gouvernement qui accueillera nos idées. Les deux débats des chefs pourraient sceller le sort de cette élection ou, au contraire, la relancer de façon inattendue. À suivre.

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Parcours du Combattant

Jour 19 de la campagne.

Nous sommes 13 898 pas plus près du but.

Ce matin, réunion des candidats au bureau du Directeur de scrutin. Première occasion de rencontrer ceux du Parti Marijuana et du Parti Conservateur. Ensuite, visites sur le Boulevard des Hêtres et distribution de feuillets au Centre d’achat la Plaza. Une journée sans histoires où Monique et moi avons vu 231 personnes.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 20  12 juin 2004

« Sortez vos tuques »

(Paul Martin, La Presse, 11 juin 2004)

 

Quelle bonne idée. On a parfois froid aux yeux dans cette campagne. Il faudrait parfois chauffer un peu. Par exemple, ici – et pour 1 000 Km au nord où c’est encore « ici » – la question du bois d’oeuvre n’est pas une affaire de rhétorique. C’est le pain et le beurre et des milliers d’emplois. Quand nos voisins et amis du sud les États-uniens, nos partenaires dans l’accord de libre-échange, imposent des droits punitifs à l’exportation de notre bois chez eux, ils nous font bien du mal.

Évidemment, on peut dire qu’un accord exige des sacrifices de part et d’autre, qu’on a parfois tort et parfois raison et qu’il faut avoir une vue d’ensemble. Mais justement, pour que prévale une vue d’ensemble, des mécanismes d’arbitrage ont été mis en place qui doivent décider en chaque cas de litige qui a tort et qui a raison. Dans le cas du bois d’oeuvre, c’est nous.

Les arbitres impartiaux qui jugent du bien et du mal dans les conflits commerciaux entre le Canada et les USA ont déjà dit deux ou trois fois que nous avions raison. Je ne crois pas, d’ailleurs, que bien des arbitrages aient donné raison aux États-Uniens sur quelque point que ce soit depuis que nous leur avons ouvert nos frontières. Les droits punitifs sur l’exportation de bois d’oeuvre sont cependant toujours là.

Qu’est-ce qu’on fait ? Qu’est-ce qu’on fait contre la force ? Qu’est-ce qu’on fait avec nos « voisins et amis du sud, partenaires… etc, etc ». ? JE NE LE SAIS PAS. Je ne sais pas plus avec précision comment nous défendre des États-Uniens que je n’ai d’idée brillante sur la façon de nous prémunir des grands froids en hiver. Leur existence est une réalité avec laquelle il faut vivre. Ce que les Anglais appellent un « Act of God », ce qui serait blasphématoire si ce n’était dit avec l’humour anglo-saxon.

Ce que je sais, toutefois, c’est qu’il faut y penser et trouver une solution. Il vaut mieux avoir un gouvernement qui met ses culottes et sa tuque, ne voit pas Bush & Cie comme le Bon Dieu, mais plutôt les États-Unis comme une présence inévitable dont il faut parfois se protéger au mieux. Comme du froid en hiver. Mais est-ce que Paul Martin peut le faire ? Est-ce que Harper VEUT le faire ?

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Parcours du Combattant

Jour 20 de la campagne.

Nous sommes 16 765 pas plus près du but.

C’est ma dernière journée de visite des résidences pour aînés et clubs de l’Âge d’or, commençant avec le Domaine des Cascades et se terminant avec la danse à la salle Sérénité. Je ne me sentirais pas offusqué qu’on me suggère, comme il paraît qu’on l’ait dit à un autre candidat, qu’il est temps que je cherche une maison pour mes vieux jours. J’ai l’oeil ouvert et, jusqu’à présent, je n’ai pas vu meilleure région pour le faire.

Entre les rendez-vous, porte-à-porte à Shawinigan, 5e rue. Bonne discussion à la terrasse du Figaro, « le meilleur café en ville et peut-être au pays », dit Monique qui a bourlingué à travers toute l’Italie. Je parle beaucoup d’indépendance. L’indépendance du Canada face aux États-Unis, s’entend, mais on me demande beaucoup pourquoi je ne milite plus pour celle du Québec. A ceux que ça intéresse, la réponse détaillée est sur Internet: http://nouvellesociete.org/707.html

Nous avons rencontré 323 personnes aujourd’hui.

Depuis le début de la campagne, j’ai marché 237, 48 Km.

 

Saint Maurice Jour 21  13 juin 2004

« Jack-out-of-the-box »

 

La Presse d’aujourd’hui consacre un long article à Jack Layton. L’article est ambivalent. Le lecteur en retire l’impression que le Chef du NPD est intéressant, bien sûr – il serait bien difficile de le nier ! – mais qu’il est parfois un peu trop … disons « spontané ». Est-ce qu’on veut d’un Premier Ministre spontané? Je ne connais pas les motivations conscientes et inconscientes de Marissal, mais je luis donne le bénéfice du doute qu’il ne veut être qu’impartial. Cela dit, cet article, pour des dizaines de milliers de Québécois, va être une première analyse de Layton. Vont-ils voir le pouce de César tourné vers le haut ou vers le bas ?

Je crois que nous allons d’abord engranger quelques milliers de voix. Depuis le début de cette campagne, j’ai parlé – je ne dis pas serré une main avec un air absent, mais vraiment PARLÉ – avec des centaines sinon des milliers d’électeurs et je pense que je commence à avoir une idée de ce qui a changé chez les Québécois. Ils n’ont plus peur.

Ils sentent qu’ils ont été floués et en retire le courage qui vient avec la colère et le dégoût. Ils veulent vraiment mettre une baffe à quelqu’un. Au Parti libéral, d’abord, mais surtout à Martin, qu’en plus de percevoir comme partie prenante au complot pour les manipuler ils voient aussi comme déloyal. Au gouvernement d’Ottawa, ensuite, ce qui explique l’envolée prévisible du vote bloquiste. A tous les politiciens, enfin, ce qui explique le danger d’un taux record d’abstention.

Dans ce contexte, le leader DIFFÉRENT, franc, provocateur, incisif, flamboyant est un cadeau inespéré. C’est exactement ce que veut la population. Si on publiait 10 articles comme celui-là et qu’on mettait une copie de chacun à toutes les portes du Québec, le cours de ces élections changerait.

Même si on ne le fait pas, Jack qui entre au Parlement, à quelque titre que ce soit, c’est Jack qui sort de sa boîte. Au diable le politiquement correct. Finie la grisaille d’une politique par des chefs qui « ne sont pas responsables ». Et la population ne le regrettera pas.

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Parours du Combattant

Jour 21 de la campagne.

Nous sommes 14 528 pas plus près du but.

St-Georges, St-Tite, Ste-Thècle – charmante auberge – Lac-aux-sables, Notre-Dame de Montauban. Un coin de la circonscription à ne pas manquer, surtout que bien des électeurs se croient toujours dans Portneuf. Je crains beaucoup d’abstentions. Je souhaite que le débat entre candidats que nous aurons le 22 à St-Tite suscitent l’intérêt. Il ne faudrait pas que la démocratie soit la grande perdante de ces élections.

Cela dit, il faudrait penser à de nouvelles façons de la mettre en pratique, cette démocratie. On parle de plus en plus de représentation proportionnelle; peut-être pourrait-on réfléchir et offrir encore mieux. TOUT LE MONDE devrait y penser. Quel que soit le résultat de ces élections, c’est un sujet sur lequel je reviendrai.

Nous avons rencontré 218 personnes aujourd’hui.

Depuis le début de la campagne, j’ai marché 251, 13 Km.

DEMAIN 14 juin 2004

Entrevue Radio-Canada à 17 h 40. Je marche à Shawinigan-Sud. En soirée, le débat des chefs en français: exceptionnellement, je ne prendrai pas d’appels.

 

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 22   14 juin 2004

Convergence

 

Je sors du débat des chefs de ce soir profondément marqué par la convergence des politiques sociales et internationales du NPD et du Bloc. Quelles que soient les spéculations qui vont bon train concernant un gouvernement minoritaire conservateur appuyé par le Bloc pour une stratégie du pire, je suis persuadé que, si les gains du NPD étaient suffisants pour que l’appui du Bloc lui permette de constituer le gouvernement, c’est une coalition de gauche qui gouvernerait ce pays.

Je suis persuadé, d’autre part, que le respect des droits du Québec par un gouvernement Layton permettrait que les Québécois qui en doutent aujourd’hui puissent alors croire de nouveau à un fédéralisme canadien. Dans ce contexte, il n’est pas impossible de rêver d’une population québécoise renouant très majoritairement avec un idéal pancanadien et dont le poids politique, jeté à gauche dans la balance, permettrait que le Canada sorte enfin de son mode traditionnel de gouvernance par alternance entre un parti de droite et un parti de centre-droite.

C’est ce déplacement permanent vers la gauche de l’équilibre de la politique canadienne, allant de pair avec une solution à la crise d’identité québécoise des quarante dernières années, qui serait la conclusion d’une victoire du NPD hors-Québec. Une conclusion dont l’importance pour le Canada transcenderait toutes les autres enjeux actuels. Je trouve un peu dommage qu’on n’en parle pas assez dans le reste du Canada.

À court terme, cet argument pourrait être celui qui détacherait du parti libéral. et amènerait dans le giron du NPD ce 25% des électeurs qui hésitent encore et qui résident essentiellement au centre-gauche de l’éventail politique. À long terme, c’est notre destin à tous qui serait transformé.

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Parours du Combattant

Jour 22 de la campagne.

Nous sommes 16 073 pas plus près du but.

Ce matin à 7 h 40, 2ème entrevue à Radio-Canada, à l’émission de Bernatchez. Ensuite, entrevue au Journal de Trois-Rivières qui paraîtra samedi en encart du Journal de Montréal. Le coté médiatique de ma campagne va bien

Coté contact avec la population, je ne ralentis pas. Beaucoup de porte-à-porte à Shawinigan-Sud jusqu’à 17 h, puis repos jusqu’au débat des chefs. Le nombre des gens qui m’on déjà vu augmente: une douzaine aujourd’hui

Nous avons rencontré 203 personnes aujourd’hui.

Depuis le début de la campagne, j’ai marché 266, 23 Km.

 

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 23  15 juin 2004

Divergence

 

Ce soir, après le débat des chefs en anglais., je suis allé faire un tour en ville. Je voulais voir comment réagissait la population au débat J’aurais aussi bien pu chercher une réaction à la mort de Pie XII. Je n’ai rencontré personne qui ait pris la peine de le regarder. Évidemment, on peut dire que la population qui traîne dans les bars à minuit n’est pas celle qui regarde des débats politiques à 9 heures. On peut le dire et c’est vrai, mais PERSONNE… c’est beaucoup.

Hier, on a regardé le débat en français et on a compté les coups. Si on ne parlait pas de knock-out, il y avait un très large consensus pour accorder à Duceppe une victoire aux points. Ce soir, ça se passe en anglais et donc… ailleurs. Sans intérêt.

Mais ailleurs, c’est ici. On peut parler d’indépendance du Québec, mais ça n’empêchera pas que demain le gouvernement canadien gère encore la plus grande part des impôts des Québécois et donc leur vie. Ce soir, pendant que ceux qui se préparent à assumer cette gestion en discutent, le Québec n’écoute pas. À Montréal, peut-être, mais à Shawinigan non. Il n’est pas nécessaire d’avoir une vision divine pour voir ce qui va se passer au cours des prochaines années . Le Québec n’est pas seulement différent… il devient de plus en plus divergent

Quand le Parti Libéral joue la carte qu’un vote pour le Bloc est un vote pour Harper, il joue la mauvaise carte, car il n’y a rien là pour dissuader un bloquiste, au contraire. Il serait infiniment plus habile de tapisser les rues du « Rest-of-Canada » de pancartes disant qu’un vote pour Harper est un vote pour le Bloc, puisque les chances sont grandes qu’un gouvernement conservateur ne pourra se maintenir qu’avec l’appui de celui-ci… et que ce n’est pas ça qui va nous rapprocher.

Mais le Parti Libéral de Martin est, comme l’a été le Parti Libéral de Turner, dans une de ces phases d’ajustement durant lesquelles il cesse de réfléchir et passe la main aux Bleus, affaire de se faire regretter… Cette fois, ça pourrait être plus grave. Si on ne donne pas sa chance au NPD et à un vrai dialogue entre Ottawa et la nation québécoise, on pourrait avoir tout un pays à regretter.

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Parours du Combattant

Jour 23 de la campagne.

Nous sommes 17 267 pas plus près du but.

Une journée tout entière bain de foule et porte-à-porte. Je termine un secteur de la rue des Hêtres, ensuite les Halles du St-Maurice, puis la rue Royale avec ses rues attenantes d’entreprises industrielles de tailles variées.

Je suis étonnée de la réceptivité des gens que je rencontre aux idées du Nouveau Parti Démocratique. Il n’est pas évident que cette affinité se traduise en votes, mais il me semble clair que si le NPD pouvait disposer de moyens matériels similaires à ceux des autres partis, les élections fédérales au Québec pourraient revêtir un aspect bien différent.

Nous avons rencontré 315 personnes aujourd’hui.

Depuis le début de la campagne, j’ai marché 282, 47 Km.

DEMAIN 16 juin 2004

La Tuque et un débat entre candidats.

Pierre JC Allard

 https://nouvellesociete.wordpress.com/2004/07/02/saint-maurice-jour-24/

 

Saint Maurice Jour 24   16 juin 2004

Que de cris, que de bruit…

 

Je viens de participer, à La Tuque, à un débat réunissant les six (6) candidats de Saint-Maurice – Champlain. J’ai passé auparavant quelques heures dans cette petite ville charmante. Le paysage est splendide et je note « tourisme ». Je regarde les cheminées de l’usine et je pense : « travail ». Je consulte les stats sur Internet et je vois « licenciements », « baisse démographique »… les plus hauts taux de chômage du Canada. Je rencontre le Maire, sympathique et dynamique, toute une panoplie d’organismes type CLD qui ont l’air de faire leur boulot…. Qu’est-ce qui ne va pas ?

Je pense que c’est de ça qu’il aurait fallu parler ce soir. J’ai proposé quelques pistes et même plus que des pistes. Des orientations pour un développement accéléré. Des choses aussi concrètes que des charters touristiques vers l’aéroport local, une diversification de la production des produits dérivés du bois, etc. Autant que l’ont peut concevoir et proposer en quelques heures. Mais régler le problème est un job à plein temps pour une équipe qui veut le régler. Dans cette équipe, il faut un député qui fait ce qu’il doit faire.

Je n’ai rien entendu ce soir des autres candidats qui ne soit la répétition de ce que je venais de dire… sauf des insultes. Pas des insultes à mon égard, mais des insultes les uns envers les autres. Les commandites, les « voleurs des chômeurs »… et ce « vieux » – mon cadet, d’ailleurs – à mettre à la retraite parce qu’il n’a « rien fait depuis des années ».. L’avenir ? Un projet ? … bof… ! Une approche TOTALEMENT négative qui constitue en bloc une insulte à la population qui s’est déplacée pour apprendre comment on proposait de la représenter. Le 29 prochain, on se demandera pourquoi tant de gens n’auront pas voté.

Quand vous voudrez vraiment le savoir écrivez-moi, je vous le dirai. Sans crier.

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Parours du Combattant

Jour 24 de la campagne.

Nous sommes 6 421 pas plus près du but.

Visite-éclair sur La Tuque. Entretien bien agréable avec le Maire Gaudreault. Conversations avec le Directeur de la principale industrie de la ville, des responsables du CLD et de la Chambre de commerce, ainsi qu’avec quelques simples citoyens bien informés et qu’on m’avait recommandés. Entrevue avec l’Écho de La Tuque.

Un débat en soirée avec les 5 autres candidats, ce qui me permet de proposer quelques solutions concrète: transformations inédites de la matière ligneuse, tourisme, financement/investissement, etc. Le hasard veut que le collaborateur attitré du Nouvelliste à La Tuque soit choisi par hasard pour poser l’une des « question de la salle » et qu’il choisisse de la poser au candidat conservateur. Un autre hasard veut que ce dernier ait justement en poche une réponse toute faite et bien fignolée à cette question. Quand je demande un éclaircissement, ça se défignole… Bon, je ne suis pas méchant; je ne suis qu’un grand naïf.

Ai rencontré aujourd’hui 27 personnes, plus naturellement une centaine ou plus qui assistaient au débat et que je n’ai pas comptées.

Depuis le début de la campagne, j’ai marché 288, 50 Km.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 25   17 juin 2004

La démocratie que vous voulez

 

J’aurais pu dire « la démocratie que nous voulons », mais nous sommes en période électorale et je suis candidat néo-démocrate. Je ne veux pas m’identifier à quelque proposition que ce soit qui diffère ou aille au-delà de la plateforme de mon parti. Je dis donc la démocratie que VOUS voulez, vous les électeurs, telle que vous me la décrivez par bribes tous les jours, dans nos milliers de brèves rencontres.

Vous voulez une procédure électorale qui vous permette de voter pour le candidat qui vous apparaît le plus apte à devenir votre député, quel que soit son parti…. et voter sur un autre bulletin pour le parti politique, son programme et son chef qui vous semblent les plus aptes à gouverner ce pays.

Vous voulez dire clairement le programme que vous PRÉFÉREZ sans craindre qu’un vote pour un parti dont les chances sont limitées fasse « passer » le candidat d’un parti que vous détestez plutôt que celui d’un parti que vous considérez comme un moindre mal. Voter localement NPD sans faire le jeu du Bloc, votez Bloc sans faire le jeu de Harper.

Vous voulez que le choix se fasse sur les idées et la valeur des hommes et des partis, sans être occulté par une publicité bébête à pleurer et des pluies d’insultes personnelles sans pertinence réelle. Vous voudriez que les parties puissent se battre à armes égales et s’adresser à votre intelligence.

Il existe des formes de démocraties qui satisfont à ces conditions: régime présidentiel, scrutin à deux tours, limitation de la propagande électorale et prise en charge exclusive des dépenses électorales par l’État.

On en reparlera. Après les élections.

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Parcours du Combattant

Jour 25 de la campagne.

Nous sommes 11 376 pas plus près du but.

Retour de La Tuque.Je marche a Shawinigan-Sud, l’autre secteur de la 5e Avenue, la 12e …. Le Nouvelliste et Radio-Canada nous présentent aujourd’hui des nouvelles sur le débat d’hier soir à La Tuque. L’accent est mis sur la bagarre, les idées passent totalement inaperçues.

Il semble qu’un enthousiasme que personnellement je n’ai pas ressenti aurait accueilli la réponse hier soir du candidat conservateur à la question que lui a posée le correspondant du Nouvelliste. On verra si cet enthousiasme se maintient dans les prochains débats… ou si ce n’était qu’un hasard

Aujourd’hui, j’ai rencontré 218 personnes

Depuis le début de la campagne, j’ai marché 299, 19 Km.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 26   18 juin 2004

(Je n’ai pas pu écrire un billet)

PJCA

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Parcours du Combattant

Nous sommes 17 033 pas plus près du but.

Ce matin, je vais vers le nord de Grand-Mère, St-Georges et Grandes Piles, un secteur que je n’ai pas encore visité. Mis à part la Pépinière, la concentration d’électeurs n’est pas dense. Monique et moi avons voté par anticipation. En après-midi, retour vers le centre de Shawinigan puis Shawinigan-Sud.

Aujourd’hui, j’ai rencontré mon 5 000ième électeur. Simultanément, la proportion de gens qui me reconnaissent dans le Grand Shawinigan lorsque je les aborde a atteint 20%, ce qui naturellement ne constitue pas un sondage, mais une simple indication. C’est peu, mais ma photo n’est pas accrochée à la moitié des poteaux de la circonscription. On continue.

Aujourd’hui, j’ai rencontré 163 personnes

Depuis le début de la campagne, j’ai marché 315, 20 Km.

DEMAIN 19 juin 2004

Je circule et je sonde

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 27   9 juin 2004

Harper et ses fantasmes

 

Quand Harper prétend que Martin favorise la pornographie infantile, j’avoue que je me méfie. Un homme qui, à première vue, a l’air sain d’esprit et qui a eu l’habileté de reconstituer à droite un parti politique qui peut aspirer sérieusement à diriger le pays peut-il dire de semblables énormités ?

Je pense immédiatement à un coup fourré des Libéraux qui en ont fait bien d’autres. Je pense qu’une « taupe » libérale s’est glissée dans l’organisation conservatrice et a envoyé ou fait envoyer aux médias ce message stupide, forçant Harper à une rétractation. Une rétractation qui, même immédiate, laissera des séquelles. Deux (2) ou trois (3) % des intentions de votes peuvent glisser vers les Libéraux ou les Néo-démocrates… et chaque vote compte. Ce serait l’hypothèse la plus plausible.

Mais je donnais sans doute à Stephen Harper trop de crédit. La rétractation de vient pas. Elle ne vient pas comme elle aurait dû venir, en cherchant le coupable de cette incroyable bourde et en montrant ses liens avec les Libéraux. Elle vient à moitié, avec des explications alambiquées qui laissent croire que Harper croit VRAIMENT que Martin ne lutte pas comme il devrait contre la pornographie.

Orgueil ? Surmenage ? Obsession sexuelle ? On ne sait plus trop quoi penser. Mais je parie qu’un nombre significatif de Canadiens vont reculer devant la perspective d’un gouvernement Harper qui peut dire des âneries et qui, surtout, peut vouloir ensuite les défendre à tout prix. L’entêtement n’est pas une vertu de chef d’État. Je crois que les sondages de lundi vont ramener les Libéraux en tête et il n’est pas dit que le NPD ne gagnera pas aussi quelques points importants.

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Parcours du Combattant

Jour 27 de la campagne.

Nous sommes 18 436 pas plus près du but.

Je refais des parcours où je suis déjà allé, mais en insistant beaucoup sur mon NOM. En effet, vérification faite par un petit sondage téléphonique maison, il y a un nombre significatif de gens qui ont gardé au moins un préjugé favorable envers « le vieux Monsieur qui marche »… mais qui n’ont pas retenu son nom. La raison en est évidente: ma photo et mon nom n’apparaissent pas sur les poteaux comme ceux de autres candidats

Centres de Grand-Mère et de Shawinigan, Centre d’achat La Plaza. Bonne occasion de voir si on se souvient de moi. Le résultat confirme le sondage téléphonique: on se souvient de moi… mais pas de mon nom. Je fais l’impossible pour corriger cette situation.

Aujourd’hui, j’ai rencontré plus de 500 personnes, mais j’ai perdu le compte exact

Depuis le début de la campagne, j’ai marché 329, 88 Km.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 28   20 juin

Harper et « union sacrée »

 

Il y a, dans chaque pays, des valeurs qui doivent transcender le jeu politique sous peine que le pays lui-même ne se désagrège. C’est ainsi jadis qu’en France l’assassinat de Jaurès, qui en d’autres heures aurait entraîné une guerre civile, est passé presque inaperçu dans la perspective d’un conflit avec l’Allemagne. De même aux Etats-Unis, dès qu’une guerre menace, se forme une « union sacrée » qui rallie derrière le Président même ses détracteurs, jusqu’à ce que le pays se donne un nouveau Président, comme il est vraisemblable qu’il le fasse en novembre cette année.

Ce qui est intouchable au Canada, c’est le bilinguisme. Quand Harper donne des signes de renoncer au bilinguisme, dans cette affaire d’Air Canada comme dans toutes les autres qui ne peuvent que suivre, il met en péril le Canada lui-même. Est-ce l’ambition qui l’aveugle… ou souhaite-t-il que ce pays éclate, le laissant majoritaire dans le « Rest-of-Canada », un pays qu’il croit solidement à droite ? Un pays qui ne vivrait alors que le temps de le joindre aux USA pour y étayer la Droite « à-la-Bush »?

Dans la conjoncture actuelle d’un Québec qui refuse ses idées, la réaction de Harper de punir le Québec en contre-attaquant sur le front du bilinguisme est une provocation et un geste totalement irresponsable. Harper brise l’union sacrée. Les socio-démocrates québécois qui comme moi croyons à un Canada de justice et de paix ne pourrions plus nous reconnaître dans le Canada de fanatisme et d’intolérance que Harper semble vouloir bâtir.

Nous implorons ceux dans les autres provinces canadiennes qui ont les mêmes idéaux que nous de redoubler d’effort pour que n’arrive pas au pouvoir à Ottawa un gouvernement auquel, si un choix leur était offert, une majorité des Québécois choisirait probablement de ne plus prêter allégeance.

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Parcours du Combattant

Jour 28 de la campagne.

Nous sommes 16 973 pas plus près du but

Dimanche, il fait beau et c’est le jour du vote sur les défusions. Il ne semble pas raisonnable de penser susciter aujourd’hui un grand enthousiasme pour les élections fédérales. Excellente occasion de connaître la population dans un autre contexte que celui de la distribution de feuillets

Monique et moi passons au Marché aux puces « incognito », si on peut dire, puisque nous n’abordons personne. Ceci n’empêche pas que bien des gens nous reconnaissent et viennent nous saluer. Une bonne demi-douzaine de personnes me disent d’ailleurs qu’elles vont voter pour moi, sans même que je le leur aie demandé. Réconfortant.

Monique a quelques petites choses à acheter et nous passons chez Wal-Mart. À la porte, quelques personnes me posent des questions et vite arrivent, pour m’expulser du périmètre Wal-Mart, incluant le stationnement, deux (2) sbires de la sécurité Wal-Mart, les mêmes sans doute qui traquent les travailleurs qui cherchent à se syndiquer. Bâton, menottes à la ceinture, walkie-talkie… purs produits de la culture américaine. Il ne leur manque qu’un billet pour l’Iraq.

Par curiosité, je passe à une entreprise canadienne voisine de même taille. Je parle du besoin d’amener les gens à voter. On me laisse faire mon travail. Je suis fier d’être Canadien. Ceux qui disent que nous, Québécois, sommes différents des autres Canadiens, ne réalisent pas à quel point eux comme nous sommes VRAIMENT différents de nos voisins du sud. La menace est à Washington, pas à Ottawa.

Aujourd’hui, j’ai rencontré plus de 214 personnes.

Depuis le début de la campagne, j’ai marché 345, 83 Km.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 30   22 juin

Au temps des Jonathans

 

À l’émission de François Paradis sur TVA, à 12 h 30, lundi 21 juin, on demandait des commentaires sur la publicité de la Brasserie Labatt mettant en vedette le Parti Bleue. 83% des gens sont d’accord. 17% croient qu’elle est une menace pour la démocratie. Pour une fois, je suis avec la majorité. Je tiens même à féliciter TVA de cette initiative ; il était temps de tuer dans l’oeuf la cabale envieuse qui cherchait à s’organiser contre cette campagne publicitaire indubitablement réussie.

Quant au fond du débat, étant moi-même candidat aux présentes élections, j’ai eu l’occasion de haranguer depuis un mois la clientèle de centaines de bars dans la circonscription de Saint-Maurice ­ Champlain, et je puis témoigner de l’effet salutaire de cette publicité qui ne tourne pas en dérision la démocratie, mais une certaine façon de faire de la politique.

Je constate, moi aussi, qu’un pourcentage énorme de la population et surtout des jeunes a perdu tout respect pour les politiciens, mais ce rejet vient du ridicule des politiciens eux-mêmes et non pas du pastiche qu’en fait Jonathan. Ce que cette publicité ne respecte pas, ce sont les politiciens qui ne sont pas respectables.

Quand apparaît à l’écran un ou plusieurs politiciens dont ils ne croient pas le discours, les habitués des bars commentent déjà qu’il s’agit d’un « Jonathan» ou d’une «  bande de Jonathans ». Comme on dit Tartuffe, comme on disait un « Séraphin » pour un avare. Et l’on sait très bien ce que ça veut dire. Avoir créé un type et un mot pour un type, ce n’est pas rien… !

Cette publicité qui fait rire joue un rôle utile. Elle désamorce la grogne des électeurs, bien plus profonde qu’on ne l’imagine, mais elle a aussi la valeur d’un coup de semonce. Elle ne tuera pas le dialogue politique, elle le forcera à se hausser d’un cran.

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Parcours du Combattant

Jour 30 de la campagne.

Nous sommes 5 976 pas plus près du but

J’ai réfléchi aujourd’hui plus longuement aux conséquences à très court terme de ces élections pour le Québec et le Canada; j’en parlerai bientôt. J’ai écrit un texte sur la Fête nationale que je publierai sur ce site comme « pensée du jour » le 24. Un texte aussi sur le phénomène de Jonathan Bleu et ce qu’il signifie. (Voir page suivante).

J’avais prévu aller à Trois-Rivières pour une rencontre avec les autres candidats de la région et Omar Aktouf, mais une tuile de dernière minute avec la voiture m’en empêche.

Ce soir, présence à St-Tite pour le lancement de la programmation du Festival Western. Pas de véritable débat, mais des échanges constructifs entre la salle et les candidats.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 31   23 juin

Le jour d’après-demain…

 

Moins probable qu’un gouvernement de coalition entre libéraux et NPD, l’hypothèse d’un gouvernement conservateur soutenu par le Bloc l’est tout de même plus qu’une vague géante engloutissant New York. Il n’est pas mauvais de faire la scénario-fiction de cette « catastrophe ».   Imaginez…

Avec 103 députés conservateurs et 52 Bloquistes qui l’appuient, Stephen Harper est devenu Premier Ministre. L’appui du Bloc n’étant acquis que sur ce que leurs programmes ont en commun, ce qui est bien peu, les Conservateurs se limitent à gérer au quotidien et à régler le déséquilibre fiscal au profit des provinces. La moindre défection signifiant la fin de son règne, Harper passe le plus clair de son temps à recevoir les députés « backbenchers »et à leur accorder n’importe quoi. L’espérance de vie du gouvernement étant quasi nulle, les organisateurs conservateurs travaillent 24 heures par jour à mettre en place et a exécuter un plan ingénieux qui leur rapportera IMMEDIATEMENT plus que les commandites.

Les fonctionnaires nommés par les Libéraux restant en place – on n’a même pas le temps de les limoger ! – l’administration du pays demeure inchangée. En hommage à Harry Potter et pour faire mieux que les Français, le régime est surnommé la « 4 1/2 république ». Pettigrew explique que nous ne sommes pas une république et Harper affirme que les conservateurs ne font pas les choses à moitié. Ceux qui connaissent l’Histoire de France sont à Paris, expliquant Jonathan aux Français; les autres sont rue Duluth, manifestant contre le démembrement de la terrasse de Panos, la fin de la Soirée du Hockey ou le départ des Expos. Un été chaud à Montréal.

Dans la chaleur de l’été, Paul Martin démissionne, Charest le remplace, lui-même remplacé par le Maire Tremblay. Le parti libéral sait se choisir des gagnants et, confiant malgré les sondages, déclenche des élections provinciales. Adoptant la tactique du Bloc, Landry qui sait lire les sondages part pour une expédition en Amazonie. On lui annonce son triomphe par téléphone au Méridien Rio et, sans perdre une minute, il annonce la tenue en octobre d’un référendum sur l’indépendance. Pas la souveraineté, l’indépendance. La question est parfaitement claire.

Parizeau passe à Landry, Landry passe à Duceppe, Duceppe passe à Harper un plan de refonte de la constitution canadienne…. mais Harper ne compte pas. En fait, il ne compte plus. Achille-Duceppe rentre sous sa tente, se tait et laisse les chroniqueurs spéculer sur ses haussements de sourcils. Une semaine avant le référendum au Québec, Duceppe s’indigne des manoeuvres de Harper qui veut intervenir et « brimer le libre choix des Québécois » et retire son appui aux Conservateurs.

Charest se joint a Harper in extremis dans un gouvernement d’Unité Nationale, mais, échaudé refuse de dire si, à titre personnel, il votera oui ou non au référendum. Libéraux et Conservateurs maintenant unis reprennent les commandites et rien n’est négligé pour couvrir le Québec de banderoles…. Le Chef de l’Opposition à Québec dit que la partition du Québec pourrait être une grande victoire.

La tronche de Jonathan apparaît maintenant sur les cannettes de bière. Un jeune universitaire dénonce le culte de la personnalité…. Si vous connaissez la fin de cette histoire de référendum, ne la dites à personne. Vous gâteriez le plaisir

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Parcours du Combattant

Jour 31 de la campagne.

Nous sommes 15 121 pas plus près du but

Il faisait trop beau pour rater l’occasion et, malgré mes plans d’hier, j’ai tout de même fait 4 heures de rue et de poignées de main. Heureuse surprise, LA PLUPART DES GENS sur la 6e avenue de Grand-Mère et la 5e rue de Shawinigan me reconnaissent.

C’est un changement radical de la situation qui prévalait, il y a à peine quelques jours. Je reçois aussi des courriels d’approbation et d’encouragement, même des offres de collaboration. Curieusement, on semble me percevoir non seulement comme un candidat que comme une ressource éventuelle pour le développement de la région.

Il semble qu’on ait retenu l’idée d’un aéroport local capable d’accueillir des charters et misant sur des touristes passant une, deux ou trois semaines en région, attirés par un éventail de forfaits combinés qui ne se font pas concurrence mais se complètent. À suivre, peut-être, après les élections.

Depuis le début de la campagne, j’ai marché 381, 10 Km.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour   32  24 juin

UNE NATION À NAÎTRE

 

Qu’est-ce qu’on fête le 24 juin?   Ça dépend… On a dit que ceux qui ignorent l’Histoire sont condamnés à la répéter; il n’est donc pas mauvais de se rappeler que, de mémoire d’homme – j’en suis la preuve vivante – la Saint-Jean-Baptiste a été d’abord la Fête de la Race. Nous étions « nés d’une race fière », notre berceau avait été béni et notre carrière tracée par le Ciel. Le genre de contexte qui n’incite pas à des remises en question, de sorte que l’on ne s’en posait pas trop, des questions.

La « parade » de la St-Jean montrait des zouaves pontificaux, moins nombreux chaque année; les orphéons des orphelinats – ils étaient encore pleins – jouaient des marches mussoliniennes pudiquement présentées en chants scouts; le petit Saint-Jean-Baptiste fermait la marche, gagnant d’un concours de beauté entre enfants de notables. Des enfants blonds, bien sûr. En ce temps-là, les notables se portaient bien et le blond se portait beaucoup. Pas de questions.

Quand est venue la Révolution tranquille et le temps des questions, Saint-Jean-Baptiste s’est mué en Précurseur. Un prophète adulte, musclé, vêtu d’une peau de bête. Un type sérieux qui erre dans le désert et qui pourrait chercher des ennuis. On les a eu, les ennuis: les bombes de l’ALQ et des deux FLQ, les événements d’Octobre « 70, deux référendums. Après ça, Saint-Jean-Baptiste version II a été mis en veilleuse, comme un écran d’ordinateur.

Quand la St-Jean s’est rallumée en version III, il y a quelques années, c’était en Fête nationale, avec réjouissances populaires et allégories triomphalistes commanditées par le gouvernement et le secteur privé. Le secteur privé se porte bien, la coopération entre l’État et les nouveaux notables est revenue au zénith. Plus de questions. Ou plutôt, si: on fête quoi, le 24 juin? Il faudrait le dire vite et le redire souvent, avant qu’il ne se crée des malentendus: nous fêtons une nation qui n’existe pas. Nous fêtons une nation à naître.

Une nation à naître? Mais la « nation québécoise », alors? « Nous-autres », au sens de Jacques Parizeau le soir du référendum? « Nous-autres », nous sommes un peuple de blancs, francophones, étant ou ayant été catholiques et comptant au moins un ancêtre établi ici avant 1760. Nous sommes une grande famille, une tribu, un clan, une ethnie, un peuple. Nous sommes conscients d’être un tout et d’avoir des affinités. Une nation? Mais oui, pourquoi pas! Le malentendu, soigneusement entretenu depuis trente ans, ne consiste pas à dire que nous sommes une nation mais à nous être approprié le vocable « Québécois ».

On dit « Québécois », c’est plus commode; comme »Américain » sonne mieux que « États-unisien ». Mais quand vous et moi nous disons « nation québécoise » ou « culture québécoise », c’est à « nous-autres » que nous pensons: les « blancs, francophones, étant ou ayant été catholiques et comptant au moins un ancêtre établi ici avant 1760 ». Nous ne pensons pas à un million d’Autres qui ne sont pas « nous-autres » mais qui cohabitent avec nous sur le territoire du Québec. Pas plus que les « Américains » ne pensent aux Boliviens ou aux Guaranis quand ils définissent la culture américaine.

Mais le Autres sont ici, tout comme les Guaranis sont bien en Amérique. De sorte que, malgré le vocabulaire politiquement correct qu’on nous sert – avec souvent, d’ailleurs, pour des motifs électoraux, le ton de ne pas vraiment y croire – nous savons bien que la notion d’une nation québécoise tirant son sentiment d’appartenance de ce qu’elle habite au Québec et se définissant comme telle est une fiction. La nation québécoise « territoriale » n’existe pas. Pas encore.

Ce qui est là aujourd’hui, sur le territoire du Québec – et qu’on partage ou non les options de Jacques Parizeau ne change rien à cette réalité – c’est « nous-autres » … et les autres. Les Autres peuvent chanter et danser avec nous, mais nous savons que, même si officiellement c’est aujourd’hui la fête nationale du Québec, l’immense majorité d’entre eux ne croient pas plus à une « nation québécoise » que le Québécois moyen ne croit que cette fête soit encore celle de Saint-Jean-Baptiste.

Or, si les Autres ne commencent pas à y croire, nous sommes perdus. Perdus, parce que ce million d’étrangers parmi nous qui sont là pour rester rend inévitable que la population du Québec, bientôt, ne soit plus ni si blanche ni si post-catholique… mais qu’elle se réclame en nombre croissant d’ancêtres venus non pas il y a longtemps de Normandie ou du Poitou, mais de quelque part « ailleurs » et au cours du vingtième siècle.

Désormais, il n’y aura de nation « québécoise » – au sens territorial du terme, qui est le seul correct – que si cette nation intègre les Autres. Ce que nous fêtons aujourd’hui, c’est notre espoir que cette nation naîtra. Notre espoir que les Québécois de demain – qui ne seront certes plus tout à fait « nous -autres » – garderont néanmoins une culture que nous leur transmettrons et qui les gardera semblables à nous-mêmes.

Une culture francophone. Le 24 juin est d’abord l’affirmation de notre volonté de garder le Québec français. Il n`y a pas de logique formelle à ce choix, mais c’est sur ce terrain que nous avons décidé de jouer notre honneur. Pas de logique formelle, car nous ne serions pas morts de honte si nous étions nés au sein de ces 97% de l’humanité qui ne parlent pas français, mais disent néanmoins parfois aussi, en leurs propres mots, des choses intéressantes; la question n’est pas là.

Nous serions honteux si, étant de ceux qui l’ont appris de leur mère, nous ou nos enfants CESSIONS de parler français. Honteux comme quelqu’un à qui l’on a collé les épaules au plancher; parce que nous serions conscients alors que moi, vous, « nous-autres », n’avons simplement pas dit assez de choses intéressantes pour que les « autres » jugent indispensable de venir nous écouter.

En ce 24 juin, pour que naisse la nation québécoise, prenons donc la résolution de dire des choses « intéressantes ». Il ne s’agit pas de contraindre les Autres à l’usage du français, mais de les séduire. Faisons-le. Disons, en français, plus de choses intéressantes.

Rappelons-nous cette réalité triviale qu’il ne faut pas de Loi 101 pour que tous les grands restaurants du monde présentent leur menu en français; il suffit d’être les meilleurs…

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Parcours du Combattant

AUJOURD’HUI 24 juin 2004

Jour 32 de la campagne.

Nous sommes 20 017 pas plus près du but

Je suis présent. A Shawinigan en journée, à Grand-Mère le soir. Plutôt qu’une sollicitation active qui me paraîtrait déplacée dans cette ambiance de fête nationale, je me contente de répondre à ceux qui me saluent… et il y en a de plus en plus.

Cette campagne tire à sa fin. Il me reste à faire deux jours de marche intensive, non pas pour rencontrer les gens, mais simplement pour distribuer en zone domiciliaires les derniers feuillets qui permettront à plus d’électeurs de savoir que le « vieux monsieur qui marche » s’appelle Pierre JC Allard.

C’est à ce niveau bien terre-à-terre que la disproportion des moyens disponibles prend toute son importance et vient s’ajouter au biais d’une couverture médiatique qui, dans le système actuel, ne peut que polariser la lutte entre les candidats en tête à l’échelle du Québec.

Depuis le début de la campagne, j’ai marché 399, 91 Km.

DEMAIN 25 juin 2004

Distribution de feuillets à partir de 8 h 00. En soirée, voir comment débutent les festivités.. si j’ai encore un peu d’énergie.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour   33  25 juin 25 juin

Une nouvelle démocratie

 

En 1998, un sondage publié dans « Actualité » – et très largement diffusé – nous apprenait que 4% seulement des électeurs « faisaient très confiance à leurs hommes politiques ». Plus récemment, d’autres sondages ont révélé que 70% des électeurs « ne croyaient pas que les promesses faites par les candidats seraient tenues ». Notre forme de démocratie n’inspire plus confiance. Devrait-on lui donner une autre forme ?

Quand 96 % de la population n’a plus très confiance en ses chefs et qu’une bien large majorité d’entre elle ne croit plus en leurs promesses, on fait face à une crise de confiance grave. Cette crise mène à une désaffection profonde de l’électorat, qui ne perçoit plus très bien l’utilité de son vote, ni même la nécessité de sa participation au processus électoral.

Pourquoi cette crise de confiance et cette désaffection? À cause de sept (7) vices ou carences graves de notre démocratie actuelle qu’il faudrait de toute urgence corriger:

1 – La valeur nulle de tout engagement préélectoral;

2 – La marginalisation du Parlement (Assemblée Nationale);

3 – L’aliénation du citoyen de la chose publique;

4 – Le biais médiatique qui déséquilibre le dispositif électoral;

5 – L’exclusion des « petits partis » qui est un veto à l’évolution de la pensée

politique;

6 – La démarche à huis clos de conception et de préparation des lois;

7 – L’absence de contrôle efficace du citoyen sur l’application des lois.

Aucune réforme de nos institutions démocratiques ne sera adéquate qui ne corrigera pas ces vices. Quelles sont les modifications essentielles qu’il faut apporter à notre régime démocratique ?

J’invite ceux que cette question intéresse à prendre connaissance du Mémoire à cet effet présenté en septembre 2002 au COMITÉ DIRECTEUR DES ÉTATS GÉNÉRAUX SUR LA RÉFORME DES INSTITUTIONS DÉMOCRATIQUES. http://www.nouvellesociete.org/620.html

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Parcours du Combattant

Jour 33 de la campagne.

Nous sommes 28 885 pas plus près du but

L’objectif d’aujourd’hui et demain est de distribuer 5 000 fac-similes du bulletin de vote, mettant en évidence mon nom et m’identifiant comme candidat NPD. Un travail fastidieux et qu’un peu d’argent aurait permis de confier à des ressources externes, mais le défi est justement de faire avec les moyens du bord.

Monique et moi, assistés d’une jeune bénévole, sommes à pied d’oeuvre dès 8 h 00, couvrant simultanément Shawinigan (Rues 1, 2, etc.) Grand-Mère (3e avenue du début à la 12e rue, 4e, etc.) et Shawinigan-Sud (10e rue, 11, etc.)

Quelques conversations à mesure que la journée avance. – « Vous êtes bien courageux; je vais voter pour vous… » Je pense, en souriant, à cette phrase qu’on nous citait au collège: « Le sang des martyrs fut une semence de Chrétiens « . Je pense que je commence à être un peu fatigué…

Nous en avons bien distribué la moitié. Évidemment, il en faudrait 10 fois plus et à la grandeur du comté, avec des douzaines de bénévoles. Un jour….

Depuis le début de la campagne, j’ai marché 427, 06 Km.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 34  26 juin

Le pratico – pratique

 

Si c’était à refaire… On peut tirer une grande satisfaction du devoir accompli et je crois, qu’au cours de cette campagne, j’ai accompli mon devoir. Cela dit, il y a aussi un certain plaisir à apprendre à faire mieux. Je voudrais noter aujourd’hui quelques erreurs que j’ai commises, engageant ceux qui viendront après moi à ne pas les commettre.

1. Si c’était à refaire, j’enverrais d’abord un descriptif à tous les médias de la circonscription AVANT que ne commence la campagne; n’étant pas présumé au départ un candidat sérieux, le temps qui s’est écoulé avant que je n’établisse le contact avec chaque média a été un temps durant lequel je n’ai pas été couvert.

2. Je mettrais une vingtaine d’affiches dans le comté, dont douze dans le grand Shawinigan. Ceci aurait permis aux gens de savoir dès le départ qu’il y avait un candidat NPD dans le comté et aurait été un multiplicateur efficace de mon action sur le terrain.

3. J’investirais les efforts qu’il faut pour obtenir un soutien formel et actif du mouvement syndical. Les syndicats québécois qui sous prétexte de souverainisme transportent au palier fédéral leur appui au PQ privent le NPD d’une chance de percer au Québec et jouent un jeu malhabile dont il ne serait pas opportun de faire ici l’analysel, mais que je pourrais leur expliquer de vive voix.

4. Je verrais à tout prix à ce qu’un débat soit organisé entre les candidats locaux et largement couvert par les médias. La volonté manifeste des corps constitués de la circonscription, à deux exceptions près, de NE PAS avoir un débat qui mette en lumière les querelles intestines et les problèmes locaux a évité une remise en question qui aurait été au détriment des partis traditionnels.

Ce sont des évidences… mais bien plus claires lorsqu’on y a été confronté.

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Parcours du Combattant

Nous sommes 26 371 pas plus près du but

Les jours se suivent et parfois se ressemblent. Aujourd’hui comme hier, il s’est agi de distribuer les fac-simile qui augmenteront l’effet de familiarité avec le candidat NPD au moment de voter. La plus grande partie de la journée se passe à Shawinigan sud.

Rien d’autre à signaler.

Depuis le début de la campagne, j’ai marché 451, 84 Km.

DEMAIN 27 juin 2004

Dernier jour de la campagne. Nous distribuerons ce qui nous reste de matériel et tenterons d’être présents aux festivités.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 35  27 juin

Mes meilleurs voeux

 

J’ai appris à aimer cette région, de Ste-Anne à La Tuque et de Notre-Dame à Shawinigan; le reste, au Nord, m’en est demeuré inconnu. Je souhaite que quiconque représentera cette circonscription demain soir donnera suite à certaines actions qui me semblent importantes.

D’abord, être présent, mettre en place une structure de consultation continue de la population et forger un consensus démocratique qui permettra d’EXIGER de l’État ce qui est nécessaire au développement de cette région. Au coeur de ce consensus, un dialogue et une alliance entre les segments industriels, agricoles, commerciaux du comté qui doivent parler d’une seule voix. C’est cette voix que le député devra relayer.

Ensuite, engager une concertation entre les élus à tous les niveaux et les grands employeurs du comté. Il faut connaître leurs intentions, leur apporter un soutien en échange d’un engagement de solidarité envers la population, pour le maintien et la création d’emploi.

Enfin, développer une vision commune GLOBALE d’entrepreneuriat se manifestant par des projets concrets dans les secteurs de la transformation des produits du bois, du tourisme, de l’industrie laitière, de l’hébergement social. Un plan de développement innovateur jouissant de l’appui de tous les intervenants permettrait, non seulement d’obtenir les financements publics auxquels la région a droit, mais aussi les investissements privés qui garantiraient la reprise et l’essor de cette région.

Il existe présentement des capitaux énormes qui désespèrent presque de pouvoir s’investir dans des projets de production de biens et de services, faute de pouvoir trouver réunis les trois éléments qu’ils recherchent: un concept novateur offrant des possibilités raisonnables de rentabilité, des intervenants qualifiés souhaitant travailler en concertation et non dans la confrontation, un encadrement politique intelligent, dynamique et honnête. Pour que cette région puisse remplir ces trois conditions et redevienne prospère, il ne lui manque qu’un fil conducteur que celui ou celle qui la représentera devra lui offrir.

***

Parcours du Combattant

Jour 35 de la campagne.

Nous sommes 25 507 pas plus près du but

C’est à 15 h 08 aujourd’hui, face au Café Figaro de la 5e rue de Shawinigan, que j’ai posé mon 500 000ième pas et donné mon dernier feuillet que j’avais gardé pour marquer ce moment. J’avais auparavant distribué tout le reste de mon matériel publicitaire à Grand-Mère, dès très tôt ce matin.

Tel que nous en avions décidé au départ, Monique et moi aurons fait cette campagne sans autres ressources que celles bien modestes que nous y avons nous-mêmes consacrées. Quel qu’en soit le résultat, cette campagne aura été pour nous une expérience extraordinaire et nous ne gardons que des souvenirs heureux de l’accueil de la population de ce pays que nous considérons plus que jamais comme le nôtre.

Depuis le début de la campagne, j’ai marché 475, 33 Km.

DEMAIN 28 juin 2004

Jour du scrutin. Monique et moi sommes mes seuls représentants et nous ferons le tour des bureaux de scrutin.

Pierre JC Allard

 

Saint Maurice Jour 36  28 juin

14 507 pas de plus… et la fin du parcours.

J’ai passé la journée à circuler d’un bureau de votation à l’autre et à me faire connaître. Une majorité de la population, même dans le Grand Shawinigan, ne sait même pas encore qu’il y a un candidat NPD dans cette circonscription !

Pourtant, j’ai été couvert par tous les médias et la couverture a été plus qu’honnête, souvent carrément favorable. J’ai participé à 2 débats dont je suis sorti avec une excellente image. J’ai rencontré personnellement plus de 7 000 personnes, distribué mes feuillets dans 4 500 foyers et, durant cette campagne, j’ai marché 488, 96 Km.

J’ai la satisfaction d’avoir fait ce qui pouvait être fait avec les moyens dont je disposais. J’espère avoir contribué à faire un peu mieux connaître le NPD, ses principes et ses buts.

 

Conclusion

Les résultats achèvent d’être diffusés et la situation, après bien des hauts et des bas et sous réserve des changements que les recomptages pourraient apporter, est celle qu’on attendait en début de campagne: un gouvernement libéral minoritaire que maintiendra au pouvoir une coalition avec le NPD en échange d’un réajustement des politiques libérales dans le sens que souhaite le NPD.

C’est bien ce que nous étions en bon droit d’espérer, mais la marge de sécurité est cependant plus mince que nous l’aurions souhaité… On sort de la politique pour entrer dans la diplomatie et Jack Layton devient un homme d’État. Espérons pour le bien du pays que l’équilibre qui résulte de ce scrutin se maintienne le temps qu’il faudra pour que soit mis en place un nouveau mode de scrutin. Le temps aussi de nous dissocier des aventures spatiales américaines, de réajuster les droits sociaux et de corriger les plus graves injustices. Ensuite…

Ensuite, c’est la fin du parcours, mais ce n’est PAS la fin.

Demain, 29 juin 200,  je me repose, mais je reviendrai.

Le combat continue. J’invite ceux qui cherchent une vision cohérente de l’avenir à plus long terme à visiter le site NOUVELLE SOCIÉTÉ

https://nouvellesociete.wordpress.com

 

Pierre JC Allard

 

C) ELECTIONS AU QUEBEC… en 33 jours et 33 billets – 2008

 

5 novembre (1/33)

EN ATTENDANT GODOT…

Le Premier Ministre Jean Charest a déclenché aujourd’hui des élections dont, comme nous le souligne Guy Rainville, Chef du Parti Vert, 70 % des Québécois ne veulent pas. Il a le fardeau de la preuve de nous convaincre que cet exercice est utile.

Utile pour la nation, s’entend, car pour le Parti Libéral du Québec, l’utilité est évidente : infliger à l’ADQ de Mario Dumont une défaite cinglante qui fera disparaître la menace que ce parti ne devienne une alternative crédible au PLQ au centre de l’échiquier politique.

L’ADQ a déjà eu l’occasion de prendre cette place au centre où il ne se passe jamais rien et qui est donc le lieu privilégié où va se loger par défaut l’électeur timoré. Il lui suffisait, en avril 2007, de convaincre le PQ de faire tomber le gouvernement Charest, alors au nadir de sa popularité. Elle aurait pu le faire en offrant alors à André Boisclair de former avec l’ADQ un gouvernement de coalition pour deux (2) ans

Si l’ADQ avait ainsi permis à Boisclair d’ammener son parti au pouvoir, celui-ci n’aurait pas démissionné. C’est Charest qui aurait dû partir et le Parti Libéral aurait été évincé d’un paysage politique où une ADQ de centre-droite et un PQ de centre gauche seraient probablement devenus les deux pôles d’une alternance.

C’est la polarité vers laquelle se dirigent aujourd’hui tous les pays démocratiques et ce sont ces deux partis, après une trève de gouvernement en commun à laquelle la crise actuelle aurait servi de prétexte pour mettre fin, qui seraient maintenant en campagne, pour nous offrir un vrai choix entre deux (2) visions de la société.

En ratant le coche, en avril 2007, Dumont a sans doute condamné l’ADQ à disparaître: ces occasions se présentent bien rarement deux fois. Il a du même coup préparé d’éventuels face-à-face, dont celui du 8 décembre ne sera que le premier, entre un Parti Québécois prisonnier d’une option indépendantiste solidement minoritaire et un Part Libéral qui pourra se définir par cette indépendance qu’il ne fera pas… et rien d’autre.

Dans ces duels, c’est l’immobilisme du Parti Libéral qui sera sans doute le plus fort – dans 33 jours et souvent par la suite – jusqu’à ce que soit créé autre chose qui viendra comme, l‘ADQ était venue, réunir ceux qui veulent un changement. Cette fois sera peut-être la bonne.

Pierre JC Allard

 

6 novembre (2/33)

YES HE CAN… VRAIMENT ?

Frappant bien d’aplomb ce clou dont je parlais hier , Mario Dumont s’est dit « inspiré par la victoire historique de Barack Obama à la présidentielle américaine » . Il espère que les Québécois manifesteront aussi un volonté de changement et il se voit comme l’outil de ce changement. Un Obama québécois…

Peut-être. Mais il n’y a que dans les vieux contes sanskrits que l’on est vierge deux fois. J’ai peine à croire que le Québec lancera de nouveau la balle a Mario qui a bien déçu. Pas déçu par ce qu’il a fait, mais par ce qu’il n’a pas fait. Pour susciter un grand enthousiasme en cette période de crise économique annoncée, il nous faudrait un Warren Buffet Québécois.

Je vous parierais que Laliberté du Cirque du Soleil ou Angelil de la multinationale Celine Dion enlèveraient l’affaire… Mais je ne parierais pas qu’on amènera l’un ou l’autre en politique…

Pendant que Dumont voudrait que revienne la chance qu’il a ratée, on est à faire chez Québec Solidaire ce que l’on n’avait pas fait très sérieusement la dernière fois. Françoise David, a présenté hier à Québec les détails d’un programme électoral.

Un programme axé sur la réponse à la crise économique qu’on nous annonce. 8,5 milliards en 5 ans pour créer 40 000 emplois, remplaçant ces emplois dont la récession/dépression nous privera. Créer des emplois, dans le transport en commun, le logement social, les centres de la petite enfance…. Rien de bête, quoi.

Pendant ce temps, Jean Charest, l’homme qui a voulu ces élections pour être confirmé comme grand timonier et piloter le Québec durant la crise, vient de se faire accuser par le Vérificateur général de « violer l’esprit de la loi» sur l’équilibre budgétaire ». De telle sorte qu’on ne sait plus trop si l’État a deux (2) milliards de surplus pour voir venir ou trois (3) milliards de dettes qu’on ne nous montre pas. Tout de même un écart de 1 000 $ par citoyen adulte…

On sait seulement que les états financiers du gouvernement pour 2007-08 n’ont pas été et ne seront pas dévoilés avant les élections… Qu’est-ce qui’on nous cache ? Est-ce bien là le comportement d’un gouvernement qui veut inspirer confiance ?

Pierre JC Allard

 

7 novembre (3/33)

UN POUR TOUS….

Le but de ce billet n’est pas de répéter ce que tout a le monde a dit, surtout quand l’évidence s’impose et que le bon sens prévaut. Je vais donc d’abord m’éviter une tâche fastidieuse en vous référant à la chronique de Jean-Robert Sansfaçon dans Le Devoir de ce matin. La substantifique moelle de ce que combinent nos hommes politiques est là en clair et concis. Comme le deuxième Dupond, je dirais même plus: c’est concis et parfaitement clair.

Pour résumer cette concision en un mot, disons INUTILITÉ. Cette élection est inutile. Nos politiciens sont inutiles. Relisez encore une fois le texte de Sansfaçon et vous verrez se dessiner en filigrane la Pensée. La pensée néo-liberale une et indivisible, dans toute sa pureté. On va mettre un peu de fric ici et un peu de fric là, pour créer des emplois et redistribuer un peu le revenu, pour corriger à corps défendant ce que la main invisible du marché nous a fait. La Main Invisible dont on continuera a dire qu’elle ne se trompe jamais…

On fera ce qu’il faudra, mais la grande question à nos politiciens qui me brule les lèvres – et sans doute celles de quiconque n’a pas été lobotomisé par le scalpel de la bien-pensance économique – c’est : pourquoi n’avez-vous pas fait auparavant ce qu’il vous semble maintenant à tous si absolument impérieux de faire ? Pourquoi, petits cachottiers, semblez-vous tous avoir eu simultanément accès à la gràce d’état ? A quoi pensiez-vous, hier ? On hésite entre deux explications, également choquantes, inquiétantes…

La première, c’est qu’on savait que la crise arrivait en trompe, mais qu’on a pris le temps de vider toutes les bouteilles jusqu’à la dernière goutte avant de quitter le pique-nique… il y aura des gens pour mettre tout ça en ordre sous la pluie, pendant que les politiciens seront à couvert…. La deuxième, c’est que nos chefs n’ont rien vu, parce qu’ils n’ont pas la moindre idée du fonctionnement de l’économie ni de la société ; il y a des fonctionnaires mandarins qui s’en occupent, prenant leurs instructions ailleurs et n’avisant les politiciens de l’histoire qu’ils devront raconter que lorsqu’il faut rassurer le bon peuple.

Généralement on leur fournit a chacun une version différente, ce qui permet une discussion démocratique sur les franges du tapis pendant que le pouvoir financier continue de tricoter la moquette avec le seul fil qu’il sait tisser, mais cette fois on s’est attardé, alors on leur a donné à tous la même partition. Vous chanterez en canon, les enfants, c’est vous, la chorale. Nous, financiers, sommes les maîtres..

Puisque le marguillier, le bedeau et la dame patronnesse nous fredonnent le même refrain, nous savons cette fois mieux que jamais ce qu’on va nous turlurer après cette élection. On n’a qu’à écouter la fanfare USA, dans la pièce à côté. Une rengaine à la Paulson qui va nous donner du Bobin Hood inversé, avec plus de protection pour les riches et un minimum pour les démunis. Etait-ce vraiment la peine de nous inviter à l’église ?

Finissons sur une note joyeuse. Luc Godbout, économiste, est apparu hier pour nous dire qu’a defaut d’être vraiment les « plus meilleurs » à la Chrétien, nous, Québécois, sommes aujourd’hui les moins pires du monde occidental. La fiscalité et la politique sociale du Québec se combinent pour nous donner 5/5 partout et les nuages qui sont noirs partout ailleurs ne sont ici que gris acier. A chaque politicien, maintenant, de nous dire que c’est grâce à lui et qu’on va faire tous ces changements pour que ça ne change pas.

Luc nous dit du gentil quand on en a bien besoin, avec cette bonhomie « à la René » qui suscite la confiance. Je n’ai pas regardé ses chiffres, mais il a a une bonne bouille a ne pas dire de grossières faussetés. Il ira loin ce petit… Reste à voir s’il le fera en rebelle, comme Lauzon, ou se mettra a l’apprentissage intensif de la langue de bois. Un homme à suivre.

Pierre JC Allard

 

 

8 novembre (4/33)

QUAND LA CHANCE EST AVEC VOUS…

La grande nouvelle de la journée… n’en est pas une. On vient juste de nous montrer spectaculairement ce que nous savions déjà : nos politiciens de tous bords et de tout acabit sont … mélangés. Mélangés, ou mélangeant, ce qui est pire. Mélangés, on leur donne le bénéfice de la bonne foi et on lève les yeux aux ciel ; mélangeant, il faut comprendre qu’ils nous roulent dans la farine et on fronce les sourcils. Qu’est-ce qu’ils ont fait, encore ?

Cette fois, c’est Lachance, notre vérificateur géneral. Pas un politique, pas un fonctionnaire, un surveillant, si on peut dire, un angelot du troisieme ordre (contrôle) du premier chœur (exécutif) des anges qui nous font la gouvernance.

Lachance qui est impartial, apolitique et peut être vierge, pendant qu’on y est, s’est fendu d’une déclaration qui avait des conséquences politiques et pourrait faire douter de son impartialite. Il a dit que le gouvernement libéal « violait l’esprit de la loi sur l’équilibre budgétaire ». Dans un contexte de campagne électorale, le moins qu’on puisse dire est que Lachance jetait un pavé dans la mare.

L’opposition – figurativement – déchire ses vêtements et hurle à la mort. Que cache Jean Charest ? Le surplus d’exercice financier s’evapore et apparaît un sombre deficit. 3, 5, 7 milliards ? Les huissiers du FMI sont à la porte …

Cédant aux objurgations de l’opposition, Charest ouvre ses livres… et on découvre un surplus pour le dernier exercice de près de 2 millards. Tiens donc… Il y avait un lapin dans ce chapeau. Et là, on entre dans l’univers politique qui est celui des perceptions gigognes

Grosse bonne nouvelle. Le gouvernement a cedé à la demande de l’opposition: grande démocratie, grande trasnparence. Deuxieme bonne nouvelle, on l’a, ce surplus. Mais la bonne nouvelle #2 en recèle un mauvaise : c’est quoi cette formule comptable qui laisse penser – l’opposition nous le rappellera – qu’on s’est endetté de 5,8 milliards en 2 ans tout en ayant un surplus ? Et dans cette mauvaise nouvelle, se découvre cette autre mauvaise nouvelle que le verificateur a signé comme parfaitement conformes, des états financiers dont il nous dit par la suite qu’il violent l’esprit de la loi. Rien de contradictoire, juste la perception d’une réalité complémentaire, n’est-ce pas ?

Mélangeant, que je vous dis… Je parie toute la dette publique – qui ne sera jamais remboursée – contre la valeur des réserves du FDR américain – qui ne valent plus un clou – que vous ne savez plus du tout, vous non plus, quelle est notre situation financière. Je parie que vous la connaîtrez de moins en moins, à mesure que les politiciens vous l’expliqueront.

Ce qui est le but de l’opération : que le peuple ne comprenne surtout pas ! Ça le perturberait, alors qu’il a bien besoin de sommeil. Mais pendant que le peuple dort, il peut avoir des cauchemars. S’étonner que la déclaration de Lachance, qui a jugé qu’il était de son devoir de créer cette confusion, permette si opportunément a Charest d’attirer l’attention sur un surplus, un lapin qui autrement aurait pu sortir du chapeau en passant inaperçu.

Manipuler le débat en feignant de ne pas avoir des chiffres qu’on a, pour les asséner au bon moment… Ça ne vous rappelle pas Dumont aux dernières élections ? Il apprend vite, Jean Charest…

Pierre JC Allard

 

9 novembre (5/33)

LES DAMES AU CHAPEAU VERT

« Mais qu’est-ce que cette dame peut bien avoir dans la tête ! » Ce n’est pas de moi, c’est un extrait verbatim d’une conversation entendue a Verdun, entre un québéco-maghrebin et un québéco-asiate, dans une boutique d’informatique tenue par un pure-laine de centre-droite qui n’est pas agressif avec sa clientèle de centre-gauche.

La conversation a lieu en français, dans ce village Wellington que personne ne suggère de renommer Bonaparte. Un petit coin tranquille qui semble préservé d une époque où l’on se parlait poliment. On est a des années-lumière de l’Assômption, où on se tape sur la gueule pour une affaire de candidats. D’ici, l’Assomption semble à côté d’Uranus. Le Parti Québécois à l’air à côté de ses pompes. Madame Marois a l’air à côté de la track.

Les velléités de cassage de gueules au sein du Parti Québécois sont un peu surréalistes. L’ancien député St-André, indépendantiste accroché au PQ en ignorant sans doute que le monde a tourné du bleu au vert, s’est fait montré la porte. Il a été viré au profit de Scott McKay, ci-devant des Verts, désormais transfuge après sa propre défaite à la chefferie de son parti.

Transfuge des Verts, mais ici un converti… et choix personnel de Pauline, qui ne demande qu’à devenir la grande petite dame au chapeau vert. Une affirmation d’autorité faite au vif déplaisir de certains poids-lourds du PQ local. Jamais, depuis Levesque, les Hautes Instances du Parti ne se sont ainsi opposées à sa base. Les chefs sont pendus pour bien moins que ça au PQ…

La valeur respective de St-André ni celle de McKay ne sont ici en cause, mais la question qu’on entend dans les tranchées de Verdun n’est pas tout à fait rhétorique. « Qu’est-ce que cette dame peut bien avoir dans la tête ? » Une dissension exposée sur la place. Ne veut-on vraiment pas reprendre le comté du vieux chef ? Madame contre Monsieur ? La question encore plus pertinente, en fait, serait de se demander à quoi pensait le Parti Québécois quand il a mis à sa tête cette dame qui n’en veut faire qu’à la sienne, en vert … et contre tous.

Pierre JC Allard

http://les7duquebec.wordpress.com/2008/10/20/quebec-independant-quand-vous-voudrez/

 

10 novembre (6/33)

EN VERT… ET POUR TOUS

Les Verts ont lancé hier leur campagne. Maintenant, vous pouvez VOTER UTILE . J’ai déjà dit qu’entre le marguillier Charest, le bedeau Dumont et la dame patronnesse Marois qui tiennent le même discours, ça ne valait vraiment pas la peine d’aller à la messe du 8 décembre. Il est inutile et même un peu sacrilège, de jouer le mauvais rôle dans le scénario de la bête à deux dos le jour de l’Immaculée Conception.

Avec les Verts dans la course, vous pouvez faire un geste démocratique, sans vous sentir comme un couillon. Pourquoi ? D’abord, parce que les Verts ne formeront pas le gouvernement et vous n’aurez donc jamais à le regretter. Ensuite, parce que les Verts n’ont pas vraiment de programme et ne disent donc pas de bêtises. Bien sûr, ils auront une plateforme avant l’élection, mais comme ils n’ont pas de pouvoir a prendre et donc aucune compromission à faire, ils auront tout bon.

Ne perdez pas trop de temps avec ce programme. C’est l’ébauche du vrai programme qui sera fait pour une prochaine élection ; il sera alors temps de s’en préoccuper. Pour l’instant, être Vert, c’est dire qu’on est CONTRE la politique actuelle. Contre ses objectifs, contre ses manières de faire et contre ceux qui la font. C’est un premier geste indispensable d’assainissement de la société qui doit aller de paire avec celui de la planète.

Être Vert, c’est aussi contribuer de façon positive au changement, de trois (3) façons. D’abord, le dire. Quiconque se dit Vert va convaincre un peu plus son voisin que ce n’est pas ridicule d’être Vert. Le monde en parle, les médias en parlent … et tout à coup on s’aperçoit qu’il y a du vert partout ! Ensuite, soutenir le Parti Vert, c’est encourager l’émergence d’une nouvelle classe politique. C’est chez les Verts qu’il y a l’enthousiasme gratuit qui produit des jeune D’Allemagne, des jeunes Bourgault, des jeunes Levesque. Allons voir ça de plus près.

Enfin, chaque vote pour les Verts signifie une contribution financière de l’État pour les années a venir qui permettra, lors des prochaines consultations populaires, que David ait quelques cailloux à mettre dans sa fronde pour affronter Goliath. Il faut que Goliath soit abattu.

PQ, PLQ, ADQ… Même politique, même vision du monde. Ce sont les Philistins. Un choix inutile. Rendez vous utile…

Pierre JC Allard

http://les7duquebec.wordpress.com/2008/11/10/la-boite-a-surprises-des-elections/http://nouvellesociete.org/6.html

 

11 novembre (7/33)

LES JABS DE LA GAUCHE

Le boxeur Joey Maxim, vainqueur étonné d’un Sugar Ray Robinson qui l’avait outrageusement dominé pendant 13 rounds, mais qui s’était simplement évanoui, terrassé par une chaleur de 40 dégré sans même avoir été frappé, avait eu cette parole de confucéenne sagesse. « So, it was hot for him too… yeah ?>

Il faut penser aux autres. Quand Charest cherche à éviter un débat télévisé, on comprend qu’il ne tienne pas a affronter Dumont, dont le sens du clip se s’est pas démenti et qui connaît bien mieux que lui le Québec profond. Une mauvaise taloche verbale est si vite arrivée… Jean Charest a bien tort…

Il a tort, parce qu’il ne pense qu’à lui. Il pense aux coups qu’il pourrait recevoir, mais ils ne semble pas voir que, dans un débat de style « canadien » – on s’asseoit et on jase – contrairement à Harper, ce n’est pas lui qui prendra tous les coups. La vraie empoignade, la méchante, la brutale, la vicieuse, ce sera celle entre les deux gentilles dames.

Le plein des votes à faire, pour QS, c’est sur la clientèle du Parti Québécois. Tous ceux et surtout celles, qui se sont pas riches, pour qui vivre en banlieue et deux revenus au foyer ne veut pas dire frôler le million, mais prendre un autobus ou un train. Et tous ces gens qui sont pour l’indépendance et qui pensent que cinq ans sans référendum, c’est une quinquenat sans soleil.

Simultanément, le PQ sait bien que, sans ce (censuré) QS qui lui a raflé des votes, il aurait eu 5 députés de plus, aurait été l’opposition officielle et aurait géré les choses à l’Assemblée bien autrement. Comme il sait que, cette fois non plus, il ne menacera pas sérieusement le Parti Libéral, si quiconque veut virer a gauche pense QS plutôt que PQ. Pour un débat viril, voyez ces dames.

Comptez sur Dumont – qui est tout sauf un imbécile – pour taper aussi sur le PQ qui est son rival dans le coeur des insatisfaits. Donc son véritable adversaire car, si malgré tout ce qu’on a dit, l’ADQ demeurait l’opposition officielle, ce serait un victoire énorme pour Dumont.

Une nouvelle carte politique se dessinerait au Québec, l’ADQ profitant d’un gouvernement Harper sympathique et du glissement de l’opinion vers la droite qui accompagne souvent le début d’une période crise quand la gauche semble velléitaire.

L’ADQ pourrait redevenir un danger, mais tout ça, c’est pour plus tard. Le 8 décembre, à moins que les prochains sondages ne changent tout, la grande menace pour Charest, c’est le PQ. Il aurait donc avantage a faire ce brin de causette au salon qui sera surtout un match Marois-David et dont il sera le grand gagnant de tous les points que marquera Québec Solidaire.

Pierre JC Allard

 

12 novembre (8/33)

4 ANS ? SURTOUT PAS !

Nos politiques de tout acabit, au Québec, demandent un mandat pour « gérer la crise ». La réponse est NON. Nous ne sommes pas en crise. Pas encore. Nous ne savons même pas de quoi aura l’air cette crise. Aujourd’hui, nous sommes en transition vers on ne sait quoi. . Forcer une décision électorale avant que la crise n’ait même commencé à produire ses effets perceptibles est un abus de confiance.

Nous sommes à l’orée d’une crise qui est bien plus sérieuse que celle de 1929, car elle est GLOBALE. Il ne s’agit pas d’ajuster des équilibres nationaux en manipulant le crédit par des DTS, ni pour le capital de jouer à cache-cache avec la crédulité populaire en sautant d’un paradis fiscal au suivant. C‘est plus grave que ça. Cette crise est la fin du monde que nous avons connu.

En disant, il y a deux semaines, quelle garantissait des fonds « illimités » en dollars aux banques centrales européennes, la Federal Reserve américaine a avoué que le dollar ne valait plus rien, ni donc les autres monnaies dont les réserves sont en dollars : l’argent ne vaut plus rien. Notre société qui reposait sur l’argent ne repose plus que sur la confiance précaire que nous accordons à l’État.

La confiance, d’abord, mais une société un peu complexe ne peut fonctionner sans un moyen d‘échange et il va falloir rebâtir un système financier… ce qui équivaut à rebâtir la société. Ça ne se fera pas sans heurts, car il y a des intérêts acquis en jeu et, historiquement ces heurts apportent des guerres. La priorité aujourd’hui est de faire consensus pour la nécessité d’un changement radical, mais dans l’ordre et la paix.

Ce consensus doit réunir la gauche comme la droite, dans une redéfinition du rôle de la société face à l’individu et des objectifs même de la société… et une acceptation de nouvelles règles du jeu politique. Dans ce contexte, les élections actuelles au Québec sont néfastes, car elles visent à confier le pouvoir à un parti pour 4 ans, alors qu’au cours des 4 prochaines années, la situation va évoluer davantage à chaque 6 mois, qu’elle ne le faisait auparavant en une décennie.

Il n’y a personne qui mérite aujourd’hui un tel mandat ferme de 4 ans. Il faut voir les gouvernemants à l’œuvre et au besoin en changer, même au milieu du gué. IL NOUS FAUT UN GOUVERNEMENT MINORITAIRE. Il faut mettre la même détermination à NE PAS donner une majorité à l’un ou l’autre des partis que l’on a mis ne pas donner un gouvernement majoritaire à Harper.

La population en ces temps de crise doit rester souveraine. Le 8 décembre, elle doit diviser pour régner.

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.org/5193.html

 

13 novembre (9/33)

REVENU GARANTI INDEXÉ : la seule solution à la crise

Il y a 41 ans, j’étais Directeur Général de la Main d’Oeuvre au Québec. Il n’était pas question de me transformer en rond-de-cuir – je n’avais déjà pas le profil ! – mais de mettre vite sur pied un service fonctionnel et, surtout, de préparer une « politique de main-d’œuvre », un concept dont on avait vaguement entendu parler au bureau du Ministre Bellemarre. Je l’ai fait.

Ce plan a été recopié assez souvent pour que, 25 ans plus tard, je puisse en retrouver des pages entières inchangées dans les « nouvelles politiques de main-d’œuvre » que les gouvernements québécois ont pondues depuis lors, à tous les trois ou cinq ans, comme une poule de bonne volonté, mais qui n’a pas tout fait stabilisé ses hormones.

Ce plan n’a pas perduré parce qu’il était génial – c’était du crû OCDE de l’époque, inspiré par Parnes, Blum et les penseurs « resources humaines » première génération – mais parce que, par la suite, au Québec, on a simplement cessé d’y réfléchir. On crée des emplois… et on verra bien. Pauvres crétins…

Quand j’entends Charest et les autres dire qu’ils vont répondre à la crise en « créant des emplois », j’ai le goût, même à mon âge, d’aller leur botter le derrière. On ne produit pas pour créer des emplois ; on crée des emplois pour produire. On ne fait pas travailler les gens pour leur payer un salaire, on leur paye un salaire pour travailler. Il faut avoir un objectif de production.

L’économie de production est complexe. Il y a des liens entre ce qu’on fait ici et ce qu’on doit alors faire là. Autrement. on fabrique des vis et des écrous qui n’ont pas le même filage. Pour créer intelligemment des emplois il faut savoir de quoi il retourne.

L’article #1 d’une politique de main-d’œuvre, c’est un inventaire des ressources humaines définissant leurs compétences en termes compatibles avec le vocabulaire utilisé pour la formation. L’article #2 c’est l’identification des postes de travail, par une analyse des tâches – utilisant aussi ce même vocabulaire – et l’article #3 est l’appariement de l’offre à la demande de travail.

La crise arrive et, au Québec, elle se manifestera par le chômage. Or, le gouvernement actuel dit et fait des bêtises en matières de création d’emploi et rien ne permet de penser qu’un gouvernement péquiste ou adéquiste ferait mieux. Ils répètent des mots qu’ils ont entendus et dont le sens et la réalité leur échappent. La réponse à la crise, c’est REVENU GARANTI INDEXÉ. Tout le reste ne sert qu’à ça.

Si vous avez 5 minutes, lisez : https://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/15-le-travail-garanti/
Si vous avez 5 heures, lisez : http://nouvellesociete.org/701.html

Pierre JC Allard

Nota bene au futur élu: si vous ne vous en sortez pas, passez moi un courriel: pjca@iname.com

 

14 novembre (10/33)

LE WATERBOARDING DE l’INFORMATION

Pour qui se prend ce consortium de diffuseurs, pour s’autoproclamer l’arbitre de ce que doit ou ne doit pas entendre la population lors d’une campagne électorale ? En décidant d’exclure les Verts et le QS du débat télévisé, les diffuseurs biaisent si outrageusement l’issue du prochain scrutin que nos droits à tous sont lésés. Gravement lésés, et notre démocratie qui claudique entre manipulation et corruption n’a pas besoin de ce sale coup supplémentaire.

Qui se cache derrière ce consortium ? Des médias qui sont pour partie au service de l’État et, pour le reste, propriété d’intérêts corporatifs eux-mêmes en étroite relation incestueuse avec la pouvoir. Laisser ceux qui sont en place décider du droit de parole de ceux qui les contestent augure bien mal de l’état de notre démocratie. On peut étouffer la vérité, sans l’étrangler trop visiblement; juste en ne la laissant pas respirer.

Quand la loi électorale oblige les médias à fournir du temps d’antenne gratuit à tous les partis ayant obtenu plus de 3% des votes à la dernière élection générale, est-ce que l’esprit de la loi est que ce temps peut être fourni discrétionnairement en tout temps, en laissant les bonnes heures d’écoute – dont le temps du débat est la meilleures – uniquement à ceux qui montrent patte blanche au système ?

Parce qu’une population jocrisse ne proteste jamais, le pouvoir s’enhardit à tricher avec de moins en moins de pudeur avec les exigences de ses propres règles. Dangereux, car on a perdu la foi en cette pseudo démocratie qui oppose toujours bonnet blanc a blanc bonnet. On perd l’espérance en la possibilité d’un changement. On va bientôt perdre la charité de ne pas le leur dire plus brutalement.

Pourquoi faut-il les Verts et QS au débat ? D’abord, pour avoir des idées neuves. Autre chose que l’insignifiant magma de solutions éculées que la petitesse intellectuelle et l’imagination pitoyable des trois “grands” partis nous proposent. Il est bien téméraire de penser résoudre par des moyens ordinaires un crise extraordinaire comme celle qui vient. Il faut avoir d’autres options en réserve. Laissons ceux qui réfléchissent nous les montrer. Que le Directeur général des élections intervienne

Ensuite, par équité. Si le DGE n’intervient pas, voyons quel est le statut juridique de ce consortium. Diminuer la visibilité d’un parti politique reconnu, c’est aussi limiter son accès au financement que l’État lui accorde au prorata des votes obtenus. C’est un dommage concret dont il ne reste qu’à fixer le quantum. QS et les Verts doivent bien avoir un avocat quelque part ?

Pierre JC Allard

http://les7duquebec.wordpress.com/2008/10/06/une-democratie-en-faillite/

 

15 novembre (11/33)

LA COMPLEXITÉ VOLONTAIRE

Jean Charest nous prend vraiment pour des imbeciles. Le pire, c’est que, comme disait Coluche, depuis le temps qu’il le fait, ca doit bien être un peu vrai…. Hier, Michel David du Devoir est venu jeter du sel sur la plaie en nous expliquant doucement, comme a des enfants un peu attardés, comment Jean Charest se fiche de nous.

Je ne reprendrai pas tout son argumentaire qui est accablant; je me permet seulement d’ajouter ici un mot sur le thème “gestion de crise” qui serait, paraît-il, le point fort de Charest. Il n’est pas sorcier de résoudre la crise; il suffit de VOULOIR la régler, mais personne ne veut le faire…

Facile de régler la crise, car c’est une anomalie tout a fait artificielle. Quand on a la main-d’oeuvre et les matières premières on peut produire pour tous les besoins. La crise vient quand ceux qui ont des besoins n’ont pas d’argent, que ceux qui ont de l’argent n’ont pas de besoins… et qu’on décide de produire moins.

Ceux qui le décident sont ceux qui ont le pouvoir et dont les besoins sont satisfaits; il en découle pour le autres beaucoup de souffrances… Les décideurs racontent alors des sornettes à la population, sur le capital, le crédit, l’équilibre budgétaire … mais il ne s’agirait, en fait, que de virer un peu de fric de ceux qui en ont vers ceux qui n’en ont pas. Ce que ceux qui en ont ne veulent pas qu’on fasse.

De temps en temps, ceux qui souffrent ne croient plus aux sornettes; ils pendent où fusillent ceux qui ont pris cette mauvaise décision de ne plus produire… Un nouveau pouvoir s’installe qui vire l’argent qu’il faut virer et ça va mieux pour un temps.

Après un temps, le nouveau pouvoir – qui a fait son fric – cesse de vouloir en virer. Quand ceux qui en manquent n’achetent plus, on décide à nouveau de ne plus travailler, de ne plus produire…. et c’est à nouveau la crise. Simple.

J’ai un doctorat en sciences-économiques et je pourrais le dire en termes bien compliqués, mais c’est simple: virer un peu de fric et travailler. Toute l’astuce du pouvoir est de nous faire croire que ce n’est pas simple et de ne pas virer le fric. Ils préfèrent gérer la crise… Mais un jour vient où ils sont pendus.

Pierre JC Allard

 

16 novembre (12/33)

LA JOIE ÉLECTORALE

Au Nicaragua, le 8 décembre est une espèce de Halloween pour grandes personnes. On va de maisons en maisons, en se faisant inviter pour un pot. La phrase–sesame pour être accueillie est : Que causa tanta alegria ? (Quelle est la cause de tant de joie ?) Personne ne répond. Allez donc savoir pourquoi on est content ! La foi…

Il faut en effet une grande foi pour bien comprendre le plaisir qu’il y a à concevoir sans péché… mais on peut prendre un pot entre voisins. C’est ça, sans doute, la joie dont on parle. Il va nous falloir une grande foi, nous aussi, le 8 décembre, pour penser que le gouvernement qu’on aura conçu n’aura pas le péché originel.

Plusieurs péchés, dont le plus évident sera de ne pas avoir été désiré et, tout de suite après, celui de naître d’un père qu’on n’aime pas tellement. Ajoutons-y que le Belle Province aura été engrossée sans préliminaires affriolants, sans qu’on lui récite d’autre aubade qu’une liste d’épicerie de ce qu’elle mange tous les jours et un rappel du prix des semences.

Tu veux plus de soins de santé ? Tu es folle Marie ? Tu ne vas pas me tomber malade pendant qu’on fait le tabac ? Plus de liberté ? C’est le travail qui libère, Marie, on te l’a déjà dit… T’auras des sous, Marie – on les prendra dans ta dot – et tu ne manqueras pas de lessive. Pour le reste on verra

Et ce gouvernement qui sera conçu sans plaisir va trainer l’hérédité de la manipulation. Des yeux qui ne regardent qu’à droite. Des oreilles qui n’entendent que le langage du fric. Un langue qui dénonce les options politiques mal-pensantes. Des mains pour prendre tout que qui peut être arraché aux plus faibles. Surtout, le gène récessif qui vient de Papy Maurice et qui fait que la démocratie disparaît une génération sur trois, quand il y a une crise et qu’on nous dit que doit finir le temps des folies. Nous avons besoin d’une sérieuse rédemption.

Moi, ce qui me causerait une grande joie, ce serait qu’un mécène – ou un commanditaire avisé – paye le temps d’antenne et mette en onde un Débat des Méprisés, avec les Verts et le QS. En y invitant peut-être aussi Mario, que les médias traitent aujourd’hui si mal. Un débat où les Petits ne se taperaient pas dessus, mais nous diraient seulement tout le mal que font les Grands. Tout le mal que les bien-pensants font aux défavorisés, à l’environnement et aux valeurs du Québec. Et je pense qu’on serait nombreux a prendre un pot en écoutant ce débat ¡ Que alegria !

Pierre JC Allard

 

17 novembre (13/33)

QS: UN TEMPS POUR FAIRE DES PLANS

Depuis maintenant 11 ans que je m‘exprime sur le Web – bien avant que le mot « blog » ne soit même inventé – j’ai reçu plus de 700 00 visites, dont 150 000 depuis un an. Je suis identifié comme « de gauche ». Pourquoi, ne suis-je pas aux barricades avec Québec Solidaire ? Parce que ce n’est pas le moment . Je suis plutôt à tirer QS par la manche en lui soufflant qu’il y a des marées dans la destinée des idées comme des hommes et qu’il devrait regarder l’almanach.

Quand QS a été créé, en 2006, j’ai dit que ce parti ferait peut-être un jour du bien, mais qu’il ferait d’abord du mal en fragmentant la gauche contre une droite en ascension. Ça n’a pas loupé et l’on a eu l’ADQ qui a coiffé le PQ au poteau lors des dernières élections pour devenir l’opposition officielle.

Il a manqué au PQ précisément les 6 comtés que les votes pour QS lui ont fait perdre. Si on n’a pas pleuré dans les chaumières comme Ralph Nader aurait dû pleurer quand il a fait passer Bush contre Gore aux USA, c’est qu’on ne sait pas compter dans les chaumières

On me dira que le Parti Québécois n’est pas la gauche, que l’Action démocratique n’est pas la droite et qu’être la Loyale Opposition de Sa Majesté n’est pas gouverner…. mais vous voulez qu’on recommence ?

Et cette fois c’est pour vrai : les votes pour QS vont sans doute faire la différence entre une victoire libérale et un victoire péquiste. Est-ce qu’on veut que Charest gère cette crise à l’américaine, en lançant les bouées de sauvetage aux institutions financières et aux corporation pendant que les petits écopent ?

Parce que c’est une chose de pardonner au gens ce qu’ils font, c’est est une toute autre de les excuser de ce qu’ils sont. Ce ne sont pas vraiment des « péchés » que Mario a commis, ce sont ses « vices » qui se sont manifestés. Son vice, en fait, car le politicien en lui n’en a sans doute qu’un vice qui soit mortel : la temporisation.

Dumont est intelligent, habile et connaît mieux que ses adversaires la réalité québécoise. Il sait et il sent ce que veut le Québec profond. Le Québec profond qui a encore le pouvoir démocratique dans le régime politique où nous vivons, mais est sur le point de le perdre. Ce Québec-là est encore plus rural qu’urbain, plus prés de Henri Bourassa et du Curé Labelle que de Michel Tremblay et des bars du Plateau.

Ce Québec-là peut être manipulé par les médias, mais il ne les écoute pas. On lui triture l’inconscient et il fait un peu par négligence ce qu’on lui dit, mais dès qu’il s’en aperçoit il réagit par la rébellion. On aurait bien tort de prendre pour acquis que le petit catéchisme et la révolte des berceaux, c’est de l’histoire ancienne. L’erreur de Dumont a été de les écouter, lui, les journaux et de vouloir ménager la chèvre et le chou. De vouloir subtilement donner une vision jazzy des vieux airs de folklore.

On disait de Hannibal qu’il savait vaincre, mais pas profiter de la victoire. Dumont a misé sur le Québec profond, mais n’a pas voulu aller au bout de son choix. Il a raté un rendez-vous avec sa clientèle qui l’attendait un peu plus à droite Il a, en quelque sorte, manqué d’extrêmisme

Ceux qui se disent progressistes et se félicitent de la baisse de popularité de l’ADQ auraient donc tort de penser que c’est parce que leur message à eux a passé. La population ne s’est pas éloignée de Dumont parce qu’elle lui reproche d’être réactionnaire, mais parce qu’elle est déçue. … Elle attendait de lui plus de courage. Plus de force…

Nous avons un peu de cet atavisme des villages de Vendée, où il y a presque toujours au grenier de vieilles photos de communiantes… et une cane de Camelot du Roi. Ici c’est un beret blanc. Après les excuses, voyons quel langage Dumont tiendra.

Il est difficile à un électorat qui cherche un homme fort de lui pardonner la faiblesse. Mais si Dumont dit « Adieu Prudence ! », se radicalise et paraît fort, convaincu, dur, sans concessions, il pourrait remonter bien vite dans les suffrages.

Pierre JC Allard

 

19 novembre (15/33)

L’inexcusable

Mario Dumont a fait des excuses. Qu’on les accepte ou non est un autre débat – j’en parlais hier – mais il en a fait. Ça mérite le salut du bon entendeur. Madame Marois, elle, ne s’excuse pas. Elle reste droite dans ses étriers et ne regarde rien sous le naseau de son cheval. Elle a été complice de la pire infamie de l’histoire récente du Québec, mais, comme la môme Piaf, elle ne regrette rien : elle se fout du passé.

Pas moi. J’ai eu jadis des mots très durs pour les responsables de cette mise à la retraite anticipée de nos médecins et infirmières qui, couplée a la limitation des inscriptions en médecine, a fait de nous sur le plan de la santé un pays en voie de sous-développement. J’aimerais en avoir de plus cinglants encore, maintenant que le scénario sordide que prévoyais n’est plus une prévision, mais une réalité

On a sacrifié un système de santé performant que nous avions mis une génération à bâtir et qui nous avait coûté des milliards pour… équilibrer le budget. Comment peut-on avoit été aussi ignoble ? Si Madame Marois, complice de de qui me semble un crime, venait a genoux, la corde au cou comme une bourgeoise de Calais implorer son pardon, on pourrait peut-être y songer : il faut bien faire avec ce qu’on a…

Mais quand avec cette morgue qu’on est unanime à lui reprocher elle vient nous dire que cette décision était justifiée, elle justifie seulement qu’on ravive une rancune tenace et qu’on l’ajoute au mépris qu’on ne devrait jamais avoir oublié pour tous ceux qui ont participé à cette affaire.

Ce sont ceux qui nous parlent d’indépendance qui ont alors accepté, sans aucune pudeur, leur totale servitude envers les agences de crédit étrangères. Ce sont des banquiers américains qui nous ont dicté notre politique. Cette humiliation était peut être inévitable, résultat d’une faiblesse qu’on répugne à s’avouer, mais la suite ne l’était pas. S’il fallait boucler ce budget, un gouvernement qui se dit social-démocrate aurait pu demander un peu d’argent aux riches. Il a préféré prendre celui du monde ordinaire et mettre en gage notre vie et notre santé à tous. Vous étiez là, Madame Marois. Vous êtes inexcusable.

Pierre JC Allard

 

20 novembre (16/33)

LE VRAI POUVOIR

Quand je dis que j’écarterais avec plaisir les trois (3) candidats qui ont une chance sérieuse de gagner ces élections, il y a toujours quelqu’un pour me souligner que c’est un questionnaire fermé et qu’il faut bien en choisir un. Alors le meilleur ? Le moins mauvais, si vous voulez… ? On le met où, ce X ?

Comme je le disais la semaine dernière, vous devriez donner votre aux Verts et contribuer a préparer la relève. Si vous craignez que par votre faute le meilleur candidat ne gagne pas, c’est que vous ne comprenez pas comment fonctionne l’État. Voyons voir…

Vous allez voter dans votre circonscription pour un candidat que vous ne connaissez sans doute pas. Ce n’est pas vous qui l’avez choisi, c’est son Parti. C’est donc pour le Parti que vous votez. En fait, vous allez voter pour un Premier ministre qui aura tous les pouvoirs..

Votre député n’a aucun pouvoir et les ministres désignés n’en auront pas davantage. Le Premier Ministre, en effet, n’est pas responsable devant le Conseil des ministres ; ceux-ci sont ses créatures et il peut les limoger à sa discrétion. C’est au Premier Ministre que vous donnez un mandat populaire pour gouverner.

Le fait-il ? En pratique, ce sont des fonctionnaires largement inamovibles qui vont gèrer les affaires de l’État. Ces fonctionnaires prennent leurs instructions des sous-ministres qui ne sont PAS nommés par leurs ministres respectifs, mais par le Secrétaire général du Conseil exécutif.

Ce dernier se rapporte au Premier Ministre et c’est là qu’une administration permanente nommée reçoit en principe ses directives d’un gouvernement élu. C’est à point charnière que prend effet votre volonté démocratiquement exprimée… mais il y a un os.

C’est l’élu qui a le pouvoir formel, mais ce sont les fonctionnaires qui ont les connaissances, l’expérience, les contacts avec le secteur privé au palier où l’on agit. C’est cette armée de fonctionnaires qui SAIT ce qui doit être fait …et c’est ce qui se fera. Qu’un Premier ministre veuille s’écarter du plan que les fonctionnaires lui tracent et il est sans appui, sans ressources… Ses commanditaires lui suggèreront – fermement – de s’y conformer.

Que le Premier Ministre soit l’un ou l’autre des candidats, le plan sera donc suivi. Le plan concocté par des experts… et des banquiers. Ne vous inquiétez pas de savoir si l’un ou l’autre des candidats a les compétences pour régler nos problèmes, car aucun d’entre eux ne peut les avoir.

Si l’un d’eux avait pris le temps de les acquérir, il n’aurait pas eu celui d’apprendre son vrai boulot de politicien, qui est de convaincre la nation du bien fondé du plan qui est suivi… Politicien est un job à plein temps. L’élu sera la cerise déposée sur le clafoutis. Choisissez seulement la couler qui vous plait. Tout ira pour le mieux. Comme le système le souhaite.

Pierre JC Allar

 

21 novembre (17/33)

HONNEUR AUX SOLDATS INCONNUS

Patrick Lagacé, sur son blogue de Cyberpresse, nous disait hier du bien d’un Adéquiste. Sébastien Proulx, candidat dans Trois-Rivières. J’en suis bien heureux. Pas parce que je suis adéquiste, je ne le suis vraiment pas, même si je souhaitais, après les dernieres élections, que PQ et ADQ s’allient pour nous débarrasser de Charest dont je prévoyais l’évolution vers la non signifiance. Pas parce que j’aime particulièrement Sébastien – je ne le connais pas – mais parce que je pense qu’il est bon qu’un citoyen insoumis du Royaume Gesca sorte du prêt-à-porter et nous parle d’un candidat.

Pas d’un parti, mais d’un candidat au poste oublié de député. C’est une bonne nouvelle qu’on se souvienne que, même si on les traite comme des jetons dans les parties de poker-menteur que jouent les partis politiques, leur fonction de député a un sens et ils devraient avoir un autre rôle que de se lever l’Assemblée pour voter comme on leur dit de le faire. Les députés devraient être indépendants, ils devraient être élus pour représenter leurs électeurs et voter les lois qu’il considèrent les bonnes, sans être inféodés à un parti.

Évidemment, ce n’est pas le cas. Mais ça pourrait le devenir, si on repensait cette mochetée de démocratie que nous avons et qui n’est qu’une mauvaise plaisanterie. Bonne idée, donc, que profitant de ces élections – qui n’ont aucun autre enjeu que de dispenser le gouvernement de nous rendre plus tard des comptes, quand la crise commencera vraiment a faire des ravages – on parle un peu des candidats qui ont une valeur personnelle, sans égard au parti dont ils portent l’étendard.

Ayons une bonne pensée pour les poilus qui se débattent dans les tranchées de cette guerre électorale, moins cruelle, bien sûr, mais aussi bête que la Guerre de 14-18 dont Brassens nous vantait les « mérites ». Une bonne pensée pour Sebastien Proulx, qui est peut-être un élément de la réserve pour l’après-crise, puisque Patrick l’a remarqué, et pour autres aussi, dans tous les partis, que nous ne connaissons pas assez et qui nous consoleraient peut-être de ceux que nous connaissons trop…

Guy A. Lepage devrait nous présenter en gerbes quelques-un de ces jeunes génies qui ont encore une pensée personnelle. Nous les présenter 4 ou 5 à la fois, pour qu’on puisse les comparer… Ce sont eux les options pour l’avenir. Invictis cras victoribus

(Cette petite perle en latin est juste une devinette pour ceux qui m’accusent d’utiliser des mots qui tiendraient jusqu’à Pontoise et des citations abstruses…) ☺

Pierre JC Allard

22 novembre (18/33)

LA GROSSE CAISSE

Monsieur Richard Guay, PDG de la Caisse de depot et de placement du Québec, s’est mis en congé-maladie. J’espère que ce n’est pas grave. Je ne le connais pas et je ne lui souhaite que du bien. Je suis tout de même un peu perplexe. La Caisse, c’est ce qu’on a de plus gros au Québec. Bombardier et SNC–Lavalin, le Cirque du Soleil et Celine… des broutilles à côté de la Caisse.

Ce n’est pas juste de comparer la Caisse avec nos autres entreprises qui doivent faire de l’argent. La Caisse doit en faire, bien sûr, mais si elle en a tant, c’est parce qu’on lui en met plein les poches : on lui demande surtout de ne pas le perdre. Or la rumeur veut qu’elle en ait perdu 30 milliards depuis le début de cette crise … et ce n’est évidemment pas fini.

Alors je m’inquiète un peu. Car si j’avais perdu le portefeuille de ma femme ou même la tirelire de ma fille, je les chercherais avant d’aller me coucher. Je les chercherais avec beaucoup de diligence, même si j’avais une grosse migraine. Si j’étais TRES malade, on me mettrait sans doute au lit, mais je demanderais qu’on téléphone vite chez moi. Pour rassurer mes proches quant à mon état de santé, mais aussi pour leur dire que je ne les oublie pas …

On ne sait pas trop ce qui a rendu Monsieur Guay malade. On espère que ce n’est pas grave. On espère que ce n’est pas la situation de la Caisse qui l’a rendu malade. Monsieur Charest devrait nous parler de la santé et de la gestion de Monsieur Guay

Concernant sa gestion, il devrait surtout nous dire si les actifs de la Caisse ont baissé plus ou moins que la moyenne des cours de la Bourse. Ne serait-ce pas la seule façon objective d’évaluer son travail ? Concernant sa santé, il devrait nous confirmer que, qu’elle que soit l’évaluation que l’on fasse de la performance de Monsieur Guay, le seul fait qu’il ait dû s’absenter durant cette crise suffit à établir que sa santé est précaire et qu’il sera remplacé. On ne laisse pas au volant d’un autocar quelqu’un qui a des absences. L’évaluation de sa performance est sans pertinence quant à cette décision de le remplacer; elle ne peut que déterminer la couleur de son parachute.

Cela fait, on devrait aussi s’étonner que le Premier Ministre n’ait pas vu venir cet incident. Comment prétendre qu’on va gérer l’économie avec doigté, quand la plus belle fleur de la gerbe se fane sous nos yeux sans qu’on s’en préoccupe ? Il a peut-être aussi besoin de repos. Ce sera à nous, le 8 décembre, de décider s’il a une bonne excuse pour ne pas l’avoir vu, ou s’il ne devrait pas quitter le monticule et se diriger vers les douches.

Pourquoi Pauline et Mario, qui encore une fois chantent à l’unisson, ne nous facilitent-ils pas la vie en concluant une alliance qui permettrait qu’une majorité incontestable de la population signifie son congé au lanceur partant qui n’arrête pas de décevoir ? C’est ce front commun contre Jean Charest qu’ils constitueraient, s’ils mettaient l’intérêt de la nation au-dessus de leurs ambitions personnelles.

Pierre JC Allard

 

23 novembre (19/33)

 

HIPPOCRATE ET LES HYPOCRITES

Si mon toubib arrivait chez-moi à l’aube sans prévenir, pour m’éveiller et me dire de ne pas m’inquiéter, je pense qu’il me faudrait un peu de Valium… Si ce n’était pas mon toubib, mais un de ses collègues, me disant que le mien a besoin de repos pour quelques temps, il m’en faudrait un peu plus et je regarderais avec une certaine appréhension toutes ces fioles sur ma table de chevet. Dites, Docteur, votre collègue mon toubib en titre, vous êtes sûr qu’il était reposé quand il m’a donné cette liasse de prescriptions ?

Quand Fernand Perreault, « président pas intérim de la Caisse » vient nous rassurer un vendredi soir par une conférence de presse qui coincide presque avec la fermeture des marchés pour le week-end, il nous fait bien plaisir. D’abord, on sait qu’il y a vraiment un nouveau barreur, ce qui est prudent avec toute cette houle et le vent qui ne tombera pas avec le serein. Ensuite il nous replace dans une problématique de bon sens.

Le bon sens, c’est que, comme je le soulignais hier, la Caisse est le lac vers lequel affluent nos épargnes ; elle n’a rien à inventer pour s’enrichir, juste à ne pas faire de bêtises. Donc, quant on nous dit que le flux des entrées et sorties da capitaux la Caisse est positif et le sera encore pour des années, on dit exactement ce qui est vraiment important.

Il me rassure encore plus quand il précise qu’il calcule ses liquidités sans tenir compte des 12 milliards de papier commercial à ses livres, vu que la valeur de tout ce papier commercial est disons… incertaine. Merci Docteur , je vois que la Caisse respectera la première admonestation d’Hippocrate » : Primum non nocere. D’abord ne pas nuire. Gestion prudente. Compris. J’aime Hippocrate.

Quand Perreault nous dit que la Caisse va « bien » – ce qui est formellement vrai – il évite toutefois soigneusement de nous donner un bulletin de santé qui, hélas, ferait vraisemblablement la preuve qu’elle ne va pas « mieux ». Sinon, on l’aurait dejà su… Vous savez, ces 12 milliards… Passons.

Pourquoi parler de mieux, alors que l’essentiel est qu’on n’ait pas chaviré et qu’on pense gagner la jetée sans encombres ? Parce que la Caisse avait une régate à gagner contre le Dow Jones. Si elle ne retire pas un meilleur rendement de nos épargnes que nous pourrions le faire en éparpillant nos jetons au hasard sur le tapis vert, elle ne devrait pas se mêler d’investir. Alors dites moi, skipper, cette régate, on la gagnera ?

C’est a dessein que je vous promène entre deux métaphores. Si vous m’avez suivi, donnez-vous tout bon : vous pouvez suivre le parcours de Jean Charest. Vous comprenez que le gouvernement exige de la Caisse une performance de placements à risque, car il faut gagner cette régate, mais avec une gestion de médecin de famille, car il y a une méchante grippe qui rôde et il ne faut pas compromettre le bas de laine des Québécois.

Bravo. Il ne vous reste plus qu’a comprendre que le gouvernement n’intervient pas dans la gestion de la Caisse, afin d’éviter de politiser les activités de celles-ci, mais que, par un simple effort de pensée, il peut susciter chez celle-ci un vif désir de s’exprimer en pleine campagne électorale pour rassurer les badauds. Compris. Mais je n’aime pas les hypocrites.

Pierre JC Allard

 

24 novembre (20/33)

LA LIBERTÉ COMPLAISANTE

Madame Marois a fait bonne figure à Tout Le Monde En Parle. Le contraire aurait été bien étonnant. Quoi qu’en dise Guy A. Lepage, il est tout à fait évident que le traitement réservé aux invités n’est pas le même pour tous. La presse est libre… elle peut être complaisante.

Avant de hurler à la partialité, à l’ostracisme, au favoritisme et que sais-je, il faudrait tout de même, cependant, jeter un regard lucide sur le comportement des médias en général et s’interroger sur la loi électorale.

La loi qui limite les dépenses électorales est une fumisterie, puisque l’on interviendra avec fermeté pour porter plainte contre le citoyen ordinaire qui distribue quelques tracts de son crû, on dénoncera avec vigueur une publicité de trop par un parti qui ne l’aura pas comptabilisée, on aboiera contre un blogueur, mais sans trop de véhémence, car la blogosphere commence a avoir des muscles … mais on accepte sans broncher qu’un journaliste – ou pire, un groupe comme Gesca – soutienne a pleines pages un parti ou un candidat.

Il y a la liberté de la presse à défendre… Oui, oui, on veut bien, mais il faudrait être stupide pour ne pas voir que l’opinion d’un chroniqueur comme Foglia ou Lagacé, ou d’un éditorialiste comme Pratte ou Sansfaçon, a sur le vote une influence autrement plus forte que celle du premier quidam venu. Ici, l’hypocrisie est totale.

Totale, car on ne peut pas sérieusement prétendre qu’on égalise les chances entre les partis en contrôlant leurs dépenses, alors que la publicité gratuite – ou apparemment gratuite – qui suinte de tous les médias a un impact que n’aurait pas une fortune en publicité payée. On pourrait corriger cette situation, mais on ne le veut pas.

Pourquoi ne pas baliser la liberté et la complaisance ? Ce n’est pas pour favoriser un parti plutôt qu’un autre, car tous les partis susceptibles de prendre le pouvoir ne sont que des factions d’un seul grand parti unique du statu quo qui permet que notre élite financière nous applique son programme. C’est toujours, pour l’essentiel, bonnet blanc et blanc bonnet.

Il ne s’agit pas tant d’en favoriser un que de les favoriser tous et le processus avec eux, de soutenir l’intérêt des électeurs dans notre démocratie médiatique dont toutes les discussions qui prêteraient vraiment à controverse sont résolument bannies. On a transformé le processus électoral en spectacle, en favorisant les aspects ludiques et surtout ce qu’on peut y introduire de suspense.

Dans ce contexte, que TLMEP devienne un petit écrin douillet pour Madame Marois ne me semble pas une ignominie. Tout au plus un élément d’un problème autrement plus vaste : les vraies questions ne seront jamais abordées. ON y apportera les réponses correctes et on nous tiendra au courant. Quand ce sera absolument nécessaire…

Pierre JC Allard

 

25 novembre (21/33)

LES VRAIES AFFAIRES

Il y aura un débat des chefs ce soir… De quoi nous parleraient nos politiciens, s’ils voulaient vraiment que la population ait un mot à dire dans sa gouverne ? Ils nous parleraient des choses que vous avez toujours voulu savoir, mais que vous n’osez plus demander.

1. D ‘abord, s’il y a une crise et qu’on veut des sous, pourquoi pas un impôt sur le capital ? Pourquoi s’en tenir aux REVENUS, alors que c’est l’argent des milliardaires qui roupille et qui cause problème ?

2. Pourquoi ne pas ne pas mettre en place un système de travail-revenu garanti pour tous, plutôt que ces mesures sottes de création d’emplois alternant avec des paiements de transfert pour ceux qu’on n’arrive pas à caser ? On ne réalise pas combien il est stupide de dire qu’on manque de travail dans une société où il y a encore tant à faire ?

3. Ensuite, quand on parle santé, pourquoi ne pas former en grand nombre les ressources médicales spécialisées nécessaires, qu’on rémunérerait le tiers ou la moitié du revenu d’un docteur en médecine – qui n’est pas toujours ce dont on a besoin – … et fournir a chaque Québécois un médecin qu’on payerait par capitation et qui l’ACCOMPAGERAIT dans sa démarche de santé ?

4. Pourquoi pas une éducation reposant sur une relation personnelle entre une élève et un enseignant, comme Illytch en parlait, il y déjà trente ans, plutôt qu’une formation en polyvalentes qui ne sont que des garderies pour adolescents ? Pourquoi ne pas s’en remettre aux enseignant pour toute pédagogie ne laissant à l’État que l’évaluation normative ?

5. Et si on parlait un peu de la justice GRATUITE ? C’est une ignominie que, dans un État de droit, on doive payer pour obtenir justice et qu’il n’y ait donc pas de justice pour le monde ordinaire.

6. Il y a aussi à la question de la criminalité. Va-t-o comprendre enfin que le but premier de la justice qu’on dit pénale ne devrait pas être de punir ni de réhabiliter les criminels, mais de protéger et d’indemniser les innocents ? Qu’est-ce qu’on attend pour proposer une nouvelle approche ?

7. Quant à la culture, il faut qu’on sorte d’une rémunération basée sur la limitation de l’accès aux œuvres – une méthode qui incite à la tricherie et qui brime la diffusion de la littérature comme des arts – pour passer à une rémunération, pour chaque créateur, correspondant à sa part déterminée par les consommateurs de ce que le consensus social choisit de consacrer à la création artistique et littéraire.

Et ce n’est qu’un aperçu de ce dont il faudrait discuter. Pendant ce temps, des gens qui n’y connaissent rien énoncent des chiffres, nous demandant si on préfère investir 1 000 000 000 ou 600 000 000 de dollars en création d’emplois… alors que ce sont naturellement les circonstances qui dicteront la marche à suivre. On ment, on dit des bêtises… et on évite surtout soigneusement toutes les vraies questions.

Pierre JC Allard

 

26 novembre (22/33)

À BIEN Y PENSER…

Il n’est pas si faux qu’on pourrait le croire de prétendre que cette campagne commence avec le débat d’hier. La stratégie du système, consistant a dire que Charest est le seul gagnant possible, a été menée rondement, mais qui fréquente les blogues ne voit pas cette vague de fond. Ne la voit tellement pas, qu’on en vient à en douter…

Un scepticisme qui s’accroît encore, quand on se souvient de tous ces sondages dont on nous a abreuvés durant la campagne fédérale et dont force est de constater qu’ils n’ont pas seulement été erronés, mais publiés pour tromper. La manipulation qui est l’essence de la démocratie médiatique semble s’être hissée a un nouveau palier… Mais il y a les médias-citoyens. Un hâvre pour la liberté quand souffle l’ouragan du mensonge.

Charest avait-il 14 point de pourcentage d’avance au sein de la population avent le débat ? On ne le saura jamais, mais les sondages qui suivront devront tenir compte des limites à la crédulité populaire. Osera-t-on nous dire que Marois, hier, n’a pas marqué des points ? Et si on en tient compte, déterminera-t-on le nouvel écart « correct » par un savant calcul, ou ira t-on au plus pressé d’affirmer simplement qu’il y en a un… disons de 7 ou 8 points ?

Si on en met trop, la population ne croira pas que la performance lamentable de Charest – et les FAITS qu’elle a tenté de dissimuler – peuvent avoir eu si peu d’impact ; si on l’écart trop mince, on risque de déclencher un effet d’entrainement en faveur du PQ, perçu alors comme en remontée.

Et il y a Dumont. Il y a des semaine qu’on veut le montrer en totale décrépitude ; or, on vient de le voir habile, déterminé, meilleur orateur que Charest, beaucoup plus créatif…… et infiniment plus sympathique.

Je ne vois pas Mario en premier ministre. On nous a tant convaincus qu’il ne pouvait pas prendre le pouvoir, toutefois, que les défauts de Dumont n’ont plus d’importance. Ses qualité, au contraire, apparaissent bien utiles dans l’opposition, si nous devons être gouvernés par un Jean Charest dont on sait plus que jamais qu’il n’a pas de respect pour la population québécoise et qu’il peut dissimuler et mentir sans vergogne.

Si j’avais voté adéquiste l’an dernier, et que j’avais vu la performance de Dumont au débat, je ne suis pas du tout certain que je changerais de loyauté… Un gouvernement Marois minoritaire avec un bonne présence adéquiste serait le meilleur résultat pour le Québec. Puis on irait voir combien de milliards sont disparus de la Caisse… et on ferait pour le mieux.

Pierre JC Allard

 

27 novembre (23/33)

UN TEMPS POUR RESSENTIR…

En ce lendemain du débat des chefs, j’ai fureté de-ci de-là sur la Toile, parlé à gauche et à droite – au propre comme au figuré – cherchant à voir si quelqu’un avait convaincu qui que ce soit de quoi que ce soit et si quelque chose avait changé… puis j’ai tout a coup compris que je cherchais mal et que je voyais tout à l’envers.

Je cherchais des électeurs qui auraient changé d’opinions. Je sautais une étape, car les changements d’opinions, si changements d’opinions il devait y avoir, ne viendraient que plus tard. Pour l’instant, chacun redevenait simplement lui-même, ramené par ce débat qu’il avait vu un peu par habitude et sans grand intérêt, à une réalité qu’il aurait préféré ne pas voir .

OUI, il y aura une crise, et OUI il faudra s’en occuper, et OUI il faudra faire confiance à quelqu’un… Mais à qui ? Tout entier dans la parfaite insignifiance de son train-train quotidien, de la première neige, des cadeau des fêtes et du party de Noel, chacun qui n’a jamais connu une crise, ne sait pas vraiment de quoi il s’agit et n’en sait donc pas les causes ni les effets.

Chacun redevient lui-même et se prépare à choisir en fonction de sa nature profonde, sans trop d’attention pour les faits ni surtout pour les idées. Chacun se retrouve et va se lover dans ses émotions primales.

Ce lendemain de débat, j’ai retrouvé inchangés, au Québec de 2008, les deux clans que j’avais déjà identifiés il y a une décennie : les Peurdurix et les Ombelix.

 Je vous invite à lire CE TEXTE. Plus de gauche ni de droite qui tienne, juste des gens pour qui, comme le disait si bien André Gide, l’importance est dans le regard et non dans la chose regardée.

Pour les idées, on les a déjà depuis longtemps. Pour le évenements, on n’y comprend rien. Reste à trouver celui ou celle qui fera marcher cette machine compliquée qu’on appelle une société et dans laquelle on est sans l’avoir demandé à une place qu’on n’a pas choisie. On se résigne donc à ne plus réfléchir, mais à RESSENTIR.

On nous consulte pour passer le volant ? Ah bon… Tiens, lui il a l’air sérieux, mais pas très avenant. Il nous bouscule. Abusera-t-il de nous ? Et le petit jeunot ? Il sourit, il pense vite, y a-t-il plus important que de penser vite quand on est en terrain inconnu ? Et la dame ? Sait-elle vraiment ce qu’elle doit faire, ou ne veut–elle que faire ce qu’elle sait faire ?

Si ces gens se taisaient et nous laissaient ressentir, tout irait mieux. De toute façon, on ne les écoute plus… On veut suivre nos instincts, la peur et la vanité… après on verra bien…

Pierre JC Allard

 

28 novembre (24/33)

NOTRE OBAMA

Le résultat le plus sûr de ces élections, c’est qu’une large majorité des citoyens n’en seront pas satisfaits. Il y aura d’un côté ceux dont le candidat aura perdu, plus tous ceux qui se seront abstenus – ce qui fera déjà 70 à 75 % de la population – mais il ne faut pas croire que l’autre 25 % sera enthousiaste. Une bonne part de ceux-ci auront l’impression d’avoir échappé au pire en luttant pour le moindre mal.

Les Québécois ne sont pas satisfaits de leurs leaders politiques. On ne sent ni « trudeaumanie », ni cette dévotion qu’inspirait René Levesque, ni même ce respect révérenciel qu’on avait pour Bourassa, notre « universelle arachne » à nous. Juste un haussement d’épaules … Plutôt elle que lui, plutôt celui-ci que celui-là… Rien pour marcher en chantant vers des dépassements.

Or, c’est de ça que nous aurions besoin. Un nouveau projet emballant. Un leader qu’on veut suivre. Des objectifs qui méritent des sacrifices. Notre plus gros problème n’est pas cette crise financière qu’on nous promet, c’est de ne plus avoir de projet de société. Nous ne croyons plus vraiment à un véritable progrès social et il y a déjà une génération que collectivement l’on ne s’enrichit même plus !

Les gros ennuis que la crise va nous apporter seront peut-être un bien pour un mal, s’ils nous arrachent à tous les petits problèmes mesquins qu’on vit sans même sortir de notre torpeur, mais il faudrait qu’on puisse suivre quelqu’un avec confiance. QUI ?

J’ai le goût de vous le demander. De tous ceux que l’on connaît et qui ne sont PAS des homme politique, n’y en a-t-il pas un en qui vous auriez confiance pour définir un but, un projet et un plan que nous suivrions avec enthousiasme ? Cherchez bien dans toutes les sphères d’activités, car ce n’est pas d’un spécialiste que nous avons besoin. Nous avons besoin de quelqu’un qui fasse consensus et qui nous inspire…

Si chacun identifiait son leader idéal et le disait a tout le monde, des noms surgiraient sur lesquels se bâtiraient des consensus de plus en plus larges… Et au lieu d’attendre qu’un nouvel ambitieux se pointe et veuille nous convaincre qu’il est le messie, on découvrirait chez-nous la perle rare, qu’on pourrait aller chercher a sa charrue comme Cincinnatus et qui sortirait peut-être notre société du marasme…

Vous avez des idées ?

Pierre JC Allard

 

29 novembre (25/33)

LE CHARISMATIQUE

Je viens d’assister à l’émission Un Chef chez vous animée par Patrice Roy et diffusée en direct sur RDI. En vedette : Mario Dumont, parlant d’économie, de famille et de santé. Qu’en ai-je retiré ? D’abord une meilleure compréhension du phénomène Dumont.

Ce qui passe à la télévision chez Dumont comme une aisance et un sens de la repartie, apparait lorsqu’il est présent comme un undéniable magnétisme. On comprend parfaitement que celui qui VOIT Dumont ait la première réaction instinctive de le préférer à Madame Marois et à Monsieur Charest.

Le charisme est de son côté. Ça explique la surprise du dernier scrutin : toutes choses étant égales, il faut une bonne raison pour NE PAS choisir Dumont. Evidemment, toutes choses ne sont pas égales. Dumont ne fait pas mystère de sa préférence pour le secteur privé.

Presque indécent, car après une génération de social-démocratie affirmée, ce que dit Dumont semble à contre courant. Ses positions sur les Centres de la Petite enfance, sur l’immigration, sur la remise au travail des assisté sociaux, sur le rôle du privé en santé semblent bien loin de la pensée dominante… Mais est-ce bien vrai ?

Je préfère de loin pour ma part l’approche CPE à un subside familial, mais est-ce bien l’opinion de la population ? Sur la remise au travail des assistés-sociaux aptes au travail, – telle qu’il l’explique –on ne peut que lui donner raison. Même chose pour l’immigration, dont il prend bien soin d’extirper toute connotation négative aux étrangers de la politique qu’il préconise.

Quant à l’éducation, quand il suggère de laisser la pédagogie aux enseignants et le contrôle normatif (docimologie) à l’État. je ne puis que souscrire à sa vision. Je reste sur ma faim, car il ne propose pas une réforme globale comme celle du site Nouvelle Société, mais tout ce qu’il souhaite faire dans le domaine de l’éducation m’apparaît comme une suite de pas timides, mais nécessaire, dans la bonne direction.

Sur la santé, son programme est bien loin encore de cette rémunération par capitation et d’une réforme des curricula en médecine qui permettraient d’avoir les ressources dont nous avons besoin, mais la part qu’il veut faire à la medecine privée, au-dela du systeme public, ne me semble pas odieuse

Je reste avec de nombreux désaccords concernant les propositions de l’ADQ, mais je n’ai pas l’impression d’une opposition irrémédiable aux objectifs progressistes ; plutôt d’une démarche encore inachevée, mais qui demeure perfectible et qui, surtout, accepte des remises en question.

Disons que si Dumont prenait le pouvoir, je verrais un dialogue à engager plutôt qu’une guerre à entreprendre. C’est un hypothèse bien peu plausible, mais s’il pouvait seulement obtenir la balance du pouvoir je pense que ce serait le meilleur scénario de gouvernance au Québec pour l’avenir immédiat.

Pierre JC Allard

 

30 novembre (26/33)

L’ANEMOMETRE

Je reçois des courriels. Ce n’est pas le courrier du cœur de Paris Hilton, mais j’en reçois quelques-un, parce que j’écris un site sur le Web depuis 11 ans et que, pendant longtemps, le concept d’un blogue où tout le monde vient apporter son grain de sel n’existait simplement pas. Ceux à qui ma prose plaisait – ou qu’elle rendait furieux – venaient me le dire. Un tout petit pourcentage des lecteurs le faisaient, mais c’était du sérieux, du senti, jamais anonyme et on s’engueulait en proposant des solutions. Alors certains en ont pris l’habitude…

Ainsi, depuis que je jase un peu tous les jours sur ces élections au Québec, j’ai reçu quelques courriels – une vingtaine – dont six (6) me disent à peu près la même chose. Le message ? « Pourquoi changer vous d’idée tous les jours ? Vous aimez ou vous n’aimez pas , X, Y ou Z ? »

J’ai compris que le « lecteur de sites » est une espèce différente du « lecteur de blogues ». Alors que le commentateur d’un article sur un blogue vient au micro et parle a la salle, celui qui écrit à l’auteur ne s’adresse qu’a ce dernier. Sur un blogue, un thème est lancé et on contribue tous à le développer. Celui qui va lire un site, au contraire, vient, en quelque sorte, consulter… Les attentes sont différentes.

Mes « vieux clients » me reprochent d’être de gauche tout en regrettant que QS soit dans la course, de dire que, comme individu, Mario dont je me partage pas la philosophie de base m’impressionne plus que Jean ou Pauline et que, pour l’éducation, entre autres, il a la meilleure solution, encourageant donc ses supporters à lui rester fidèles.

Ils s’étonnent que j’invite a voter Vert, alors que ce parti n’est pas vraiment une option de gouvernance et ils me reprochent, surtout, de me montrer bien insatisfait de Madame Marois – « colportant des ragots d’il y a dix ans « … tout en souhaitant qu’elle forme un gouvernement (minoritaire). On m’a parlé de girouette…

J’avoue que je change parfois d’opinion. Je le fais surtout quand il ne me paraît pas évident de louvoyer par babord ou tribord, tant la brise est elle-même inconstante, ne souffle pas très fort et ne va pas où je voudrais aller. Je me demande si je ne devrais pas rentrer à la marina en attendant qu’un vrai vent se lève…

Ne me voyez donc pas comme une girouette, mais comme un anémomètre. Je mesure la force du vent et j’attends avec confiance qu’une idée neuve apparaisse, avec quelqu’un capable de prendre la barre et d’affronter les vagues. Quand on aura un capitaine, on hissera la voile et on prendra le large. Pour l’instant, on teste les manoeuvres simples. On en est au dériveur.

Pierre JC Allard

 

1 décembre (27/33)

DEMOS VOUS DIT M…

Pendant qu’on essaie de régler nos problèmes entre nous au Québec, les cousins Stephen et Stéphane de la grande famille élargie recommencent à se bagarrer et risquent de nous distraire. On croyait que les gens d’Ottawa nous laisseraient respirer une peu… Bon, de toute façon on en reparlera. Ce qui me chicote un peu, ce matin, c’est qu’ils nous dérangent.

Parce que le Stephen qu’on vient d’élire pose des gestes qui font douter de son sérieux, on a Jean Charest ici qui vient nous dire que c’est très dangereux les gouvernements minoritaires… Parfois , vous savez, ça ne dure pas. Pour un oui, pour un non, il faudrait vous déranger encore. Donnez-moi une majorité et c’est juré, vous n’en entendrez plus parler.

Ciel ! La vésanie est contagieuse ! Surtout, la folie vient sous diverses formes. Alors que celle de Harper est de la forme hubris (arrogance), celle de Charest n’est pas tant de se penser au-dessus de tous, que de nous croire en-dessous de tout.

Le Québécois moyen, qui n’est pas plus moyen que le Canadien moyen, comprend que le coup de force qu’a tenté Harper est létal pour la démocratie et que ce retour en arrière pour un financement des partis politiques par et pour les copains doit être tué dans l’œuf. Et cela, sans même penser aux mesures ahurissantes en période de crise que les Conservateurs proposent ! HEUREUSEMENT, ils sont minoritaires et Demos – le peuple démocratique – va pouvoir s’opposer, par la vois de ses représentants,

Dans une minute d’aberration, Charest nous dit qu’il suffit de lui donner une majorité pour qu’il puisse faire toutes les bêtises qu’il voudra sans que nous puissions rien faire. Demos aura les mains liées, – (expression populaire ces jours-ci, qui prend ici tout son sens) – et un gouvernement libéral pourra gérer la crise à sa guise, sans nous « déranger ». Il pourra mettre le feu à l’écurie sans réveiller les chevaux… et même à la maison.

Il pourra faire face à la tempête « à la Paulson », en donnant des parapluies aux amis et en disant aux autres qu’il y aura un jour des serviettes… quand on aura les moyens. Avec un gouvernement majoritaire, on peut penser à une gestion dont celle de la Caisse de dépôt et placement pourrait être prémonitoire. Des pertes – on s’y attendait – mais surtout une volonté ferme de NE PAS faire la lumière.

Typique de l’approche libérale, de penser que la transparence est vraiment un inconvénient. Tout ce qui pourrait éveiller Démos est une menace pour les copains. Vite une majorité, et vous serez tranquilles, qu’il nous dit… Mais le peuple ne veut pas être tranquille, car l’incendie couve. Demos, c’est vous et c’est moi, qui voulons être aux aguets et garder par devers nous les clefs de l’écurie… NON à une majorité pour Jean Charest.

Pierre JC Allard

 

2 décembre (28/33)

Les Anticomplotistes

Tout n’a pas commencé avec la chute des tours du World Trade Center le « 911 », mais c’est à partir de là que c’est devenu très grave. Il y a toujours eu des gens pour penser que l’explosion du « Maine », le bombardement de Pearl Harbour, le soin qu’on a mis a ce que Hess ne raconte jamais son histoire et mille autre faits pouvaient cacher autre chose. Pour chacun qui l’a pensé, il y a eu quelqu’un pour dire « paranoia ! ».

A chaque complot vrai ou présumé, il y a ceux qui y croient… et ceux qui n’y croient pas. Il y a toujours eu des gens naïfs qui croient à toutes les rumeurs de complots… et d’autre encore plus naïfs qui pensent qu’il n’y a jamais de complots : les « anticomplotistes ». A partir d’un certain seuil, l’anticomplotisme est une forme de stupidité.

Une stupidité, car dès que deux personnes qui visent un but arriment leurs actions et font en sorte que les autres ne le sachent pas, il y a un complot. Toutes les transaction d’affaires sont des complots. Toutes les stratégies sont des complots. La plupart des rendez-vous galants sont des complots et ce qu’on en dit dans les « powder rooms » en est bien souvent d’autres…

Penser que les partis politiques relatent des faits véridiques et les commentent en toute franchise, sans autre but que le bien du peuple, est d’une naïveté qui confine à la stupidité. Croire que quoi que ce soit qu’on nous dit est bien « toute la vérité et rien que la vérité » est une faiblesse de jocrisse. Je suis donc un peu las de voir des gens qu’on souhaiterait plus doués ou moins hypocrites, déchirer leurs vêtements d’indignation quand on leur dit que la crise financière actuelle est un complot.

Elle n’est pas un complot parce qu’elle n’est pas bien réelle, mais parce qu’elle n’a pas eu les causes qu’on nous dit et mènera encore moins aux conséquences qu’on nous annonce. Elle est un complot parce que tout ce qui bouge dans l’univers politico-financier ne cherche pas à la régler, mais à en tirer parti pour ses propres intérêts.

Cela vaut aussi pour ceux chez-nous qui proposent des solutions à la crise, en en disant le moins possible sur les moyens qu’ils prendront pour la résoudre, ce qui leur donne la plus grande liberté de manœuvre pour danser ça en tango quand vous vous serez jeté dans leur bras. Un pas en arrière aussi souvent qu’un pas en avant… et vous coller de très près.

Ne croyez pas trop que vos partenaires vous aiment. Le tango a été d’abord une danse de voyous. Regardez votre danseur mondain dans les yeux : vous verrez « complot » au fond de sa prunelle.

Pierre JC Allard

 

3 décembre (29/33)

Les priorités

Le brouhaha à Ottawa remet en perspective les conséquences du choix électoral qui sera fait au Québec. On voit d’entrée de jeu que les pouvoirs n’y sont pas pour agir sur la composante monétaire qui est au cœur de la crise. Le Québec sur ce plan n’est pas un gouvernement, seulement un gros ponte, comme une multinationale qui gère des milliards, mais doit s’en remettre à son pouvoir de persuasion pour obtenir le cadre législatif et règlementaire qu’elle juge souhaitable.

Une sérieuse limitation de sa gouvernance qui semble apporter de l’eau au moulin indépendantiste… jusqu’à ce qu’on regarde les choses d’un peu plus près, pour constater que le système monétaire international, par un réseau dense d’accords et de non-dits, est devenu indépendant du pouvoir politique, sauf peut-être celui des USA auquel il n’obéit pas tant qu’il en phagocyte les éléments. Les mesures que peut prendre le gouvernement canadien sont elles-mêmes bien limitées.

En fait, ce n’est pas sur la crise que peut agir le gouvernement du Québec, mais sur les effets de la crise sur les Québécois. De sorte que ce que tous les partis au Québec proposent – saupoudrer des subsides pour créer des emploi – a le démérite de l’approche Paulson aux USA, qui donne de l’argent aux institutions financières en espérant qu’elles le prêteront et que les roues se remettront à tourner. Elles le feront… quand les intermédiaires se seront servis.

La première chose que doit faire le gouvernement de Québec, c’est de s’assurer que TOUS LES PAIEMENTS DE TRANSFERT (pensions, allocations familiales, prestations pour chômage, bien-être, etc ) sont finement indexés mensuellement pour protéger les citoyens qui touchent ces paiements et qui seraient autrement les premières victimes de la crise. Cette indexation n’est possible que si le principe de solidarité est reconnu qui augmentera automatiquement les taxes directes pour que soient perçus les montants nécessaires pour en compenser les coûts.

La deuxième est de garantir les obligations de toutes les institutions financières qui relèvent du gouvernement de Québec. Cette garantie, toutefois, ne sera jamais un don, mais un prêt à l’institution, et l’institution qui devra y recourir sera en tutelle de l’État jusqu’à ce que le prêt ait été entièrement remboursé.

La troisième est l’exécution accélérée des travaux d’infrastructure, sous l’égide d’une corporation autonome qui empruntera de l’État – remboursable en 30 ans – mais pourra aussi conclure ses propres ententes avec le secteur privé, afin qu’une part des frais en soit éventuellement assumée par les utilisateurs. Libre à l’État, quand viendront des jours meilleurs, de « re-nationaliser » ces services et de les rendre gratuits pour tous.

Pierre JC Allard

 

4 décembre (30/33)

« Les Français sont des veaux » (C.de Gaulle)

Je ne me permettrais pas de le rappeler, si je ne m’en sentais pas partie prenante. Les médias de Gesca, La Presse en tête, ont lancé un campagne sans réserve contre les Coalitionnistes qui veulent en finir avec Harper. Non seulement tous les chroniqueurs ont été invités à monter à l’assaut, mais les blogues de Cyberpresse sont pleins de commentaires qui viennent en rajouter. Je mets sérieusement en doute l’authenticité de ces commentaires.

Ceux qui ont rassemblé cette milice – ou plus probablement la petite équipe de rédacteurs qui produisent ces messages de supposés blogueurs – ont négligé deux choses : a) celui qui commente ne le fait que bien rarement une seule fois ; les pseudos dans la blogosphère ont un petit air de déjà vu. Quand un survenant apparaît dont le pseudo n’évoque rien, une petite lumière clignote dans l’inconscient. Quand tous ces nouveaux inspirés défendent UNE OPINION QUI EST À L’ENCONTRE DE CELLE DE PRÈS DE 80% DES QUÉBÉCOIS, on se dit que quelque chose se passe… b) l’écriture du blogueur-type est truffée de coquilles et pas seulement par ignorance, surtout parce qu’on est pressé et que l’intendance de l’orthographe suivra… Or, ces nouveaux blogueurs ont un langage bien plus châtié que la moyenne…

Il se passe quelque chose. Mon opinion est qu’un certain establishment – dont Gesca est l’outil et une partie significative du cerveau – appréhende l’arrivée au pouvoir d’une gauche qui, en cette période de crise, disposerait d’un auditoire réceptif pour introduire dans la société cette équité dont c’est le premier but de l’establishment de se prémunir. On a donc lancé cette opération de manipulation de l’opinion publique en deux volets :

Dans le reste du Canada, on parle du complot des « Three Quebeckers ». Ces êtres différents des Albertains, viscéralement enclins au crime dont on a tant accusé Obama, de vouloir redistribuer un peu la richesse. Au Québec, cette accusation ne conduit personne à l’échafaud ; on tient donc un autre langage. Un galimatias, de constitutionnalisme, d’ironie facile et de mensonges, pour tenter de convaincre les Québécois qu’il ne faut pas empêcher Harper de gouverner a droite ce pays dont les DEUX TIERS DES ÉLECTEURS SOUHAITENT QU’iL LE SOIT AVEC INTELLIGENCE DE LA SITUATION. Ils pensent vraiment que les Québécois sont des veaux.

Pourquoi en parler dans ce billet consacré à nos élections provinciales ? Parce que c’est un même combat. Pendant que Harper continue sa provocation pour obtenir un autre scrutin dont il tirera enfin sa majorité – en faisant une campagne anti-Québec – il devient impérieux que nous, les provinciaux, nous donnions un gouvernement pour maintenir ici nos acquis sociaux.

C’est le moment de tout faire et de conclure toutes les alliances possibles pour que Charest ne soit pas élu. « Libéral », c’est le nom qu’on donne à un Conservateur au Québec. Harper à Ottawa et Charest à Québec, nous seront des veaux et ce sera l’abattoir

Pierre JC Allard

05 décembre (31/33)

Attention, danger !

Pas un seul sondage depuis le débat des chefs. Or il n’est pas besoin d’être grand clerc pour deviner que les Libéraux d y ont perdu des plumes. Tiens donc ! On ne veut plus rien voir ? On a arrêté la vidéo de l’opinion publique en marche sur l’image de Charest triomphant. Le PQ vient donc de faire son propre sondage maison – lesquels sont généralement plus fiables que ceux des médias ! – et découvre que Marois est encore à la traîne de Charest par 5,5%, mais en avance sur le vote francophone, ce qui signifie que le gouvernement Charest majoritaire n’est plus une certitude.

Par la même occasion on apprend que Dumont est remonté de 12 à 17%, ce que sa performance au débat justifie amplement. En condamnant ce matin la stratégie de Harper – qui pour garantir sa réélection fait du Québec un bouc émissaire et fait ainsi plus pour la souveraineté du Québec que les deux derniers leaders du PQ réunis! – Mario pourrait prendre encore un ou deux points, lui permettant de garder quelques sièges et son statut de troisième parti.

Et tout ça avant même qu’on n’ait pu noter l’impact sur les sondages du psychodrame d’Ottawa. Parions que les Québécois, qui ont eu durant des années la présence d’esprit de garder l’Union Nationale à Québec face aux Libéraux d’Ottawa, puis celle de voter pour un gouvernement souverainiste ici, tout en s’assurant qu’un gouvernement fédéraliste là empêcherait qu’elle ne se produise, auront cette fois la bonne réaction de basculer vers le PQ socio-démocrate pour se prémunir des horreurs qu’un gouvernement Harper majoritaire pourrait tenter d’imposer.

Si cette saine réaction se produit, on pourrait espérer une fragile victoire du PQ. Un gouvernement minoritaire du PQ est notre meilleur choix. Un gouvernement majoritaire libéral serait le pire, non seulement à cause de la bonne volonté à faire porter le poids de la crise au monde ordinaire qu’on peut imaginer entre les deux partis qu’ont si vaillamment soutenus les hommes de Gesca, mais à cause aussi de la réaction du mode ordinaire à cette gestion de la crise au profit des riches.

Je suis assez vieux pour avoir vu le monde changer. L’oppression n’est plus une option facile. Les inégalités se maintiennent aujourd’hui chez-nous parce qu’on achète la complaisance des plus pauvres en leur donnant une pitance. Si une crise dérapait au point qu’on veuille les en priver, ne serait-ce qu’en réduisant un peu leur quote-part, on serait surpris en haut lieu de voir quelle agressivité a pu se développer au sein de la population.

Dieu nous préserve d’un duo Charest-Harper tous deux majoritaires.

Pierre JC Allard

 

6 décembre (32/33)

DU PAREIL AU MÊME, MAIS…

Pourvu qu’il fasse beau et qu’il fasse doux ! Ce serait bien que les gens qui ont décidé que cette élection ne valait pas une minute d’attention, soit encouragés lundi par un soleil complice a aller s’exprimer. Un vote. Juste un petit vote…

Je suis de ceux qui ont dit. au début de cette campagne, qu’elle battrait sans doute tous les records d’abstention. Quand Jean et Pauline nous ont pondu des promesses-programmes en copiés-collés, ils ne nous ont donné aucune raison non plus de bondir d’enthousiasme. On pouvait parler de la fin de la politique, comme on a parlé de la fin de l’histoire : il n’y a qu’une bonne solution et on la connaît. Les fonctionnaires la connaissent.

Comment, vibrer au simple choix de celui qui l’appliquera, quand les deux prétendants nous ont donné de bonnes raisons de souhaiter que ce ne soit pas eux ? Puisque ce sera du pareil au même, votons QS pour affirmer une prise de position pour la solidarité ou, s’il n’y a pas en soi un Jaurès qui sommeille, votons Vert et posons un geste pour l’avenir…

Mais le complot d’Ottawa a changé la donne. Si Harper tient tant a un gouvernement majoritaire qu’il force des élections – avec cette grossière provocation de l’élimination des subsides aux partis politiques – et est prêt à se garantir cette majorité en avivant l’opposition entre le Québec et le ROC, au risque que ce pays craque comme un noix, il ne peut y avoir qu’une raison : ON PRÉPARE DES MESURES QUE SEULS ACCEPTERONT DE VOTER DES DÉPUTÉS PARFAITEMENT TENUS EN LAISSE.

On se prépare à nous enlever des droits acquis et a brimer des libertés que nous croyons indiscutables. La violence trop tranparente de la réaction de Gesca à la Coalition – qui risque de priver Harper de ce pouvoir olympien – ne laisse planer aucun doute.

Dans ce contexte, il est VITAL qu’il y ait à Québec un gouvernement qui puisse servir de point de ralliement contre ce coup de force qu’on nous prépare. Il ne s’agit plus de choisir entre Charest et Marois, mais entre un parti Libéral qui ne représente qu’un choix électoral et le PQ, qu’on peit aimer ou non, mais qui est une véritable structure d’encadrement populaire, avec des liens déjà établis avec les syndicats et les autres forces vives de la nation.

Une attaque concertée se prépare pour changer les règles du jeu social et ce n’est qu’autour du PQ que peut s’organiser une résistance. Cette résistance sera plus efficace si le PQ est au pouvoir au Québec ; autrement, on devra lutter a la fois contre les deux paliers de gouvernement et cette résistance n’aura pas la légalité que confère la présence à la tête d’un État. Une situation bien dangereuse, car on n’a pas encore bien saisi ce que sera cette crise.

Pierre JC Allard

 

7 décembre (33/33)

PLUS JAMAIS CA !

On arrive au bout de cette course dont on nous dira demain le gagnant. Nous savons déjà, toutefois que c’est nous qui serons les véritables perdants. Quel que soit le résultat de ces élections, ce ne sera qu’un pied de page à la déconstruction massive de la démocratie en cours dans l’espace canadien. Comme une image vaut mille mots, je vous invite à ce petit vidoo de Rachel Maddow, la présentatrice vedette de MSNBC sur le blog de Richard Hetu chez Cyberpresse href=/ »http://blogues.cyberpresse.ca/hetu/

Depuis le temps qu’on se moquait de la pseudo démocratie cosmétique à l’américaine, voici l’ascenseur qui revient… et ils ont bien raison. Harper nous a rendu comiques aux USA. Triste, mais nous sommes devenus une quasi république de banane, un pays en voie de sous-développement.

On vient de nous faire vivre une élection lamentable. Lancée en catastrophe, sous de faux prétextes, et qui n’a suscité aucun intérêt – puisqu’elle occultait les véritables enjeux – jusqu’à ce que le coup de force de Harper vienne en fournir la véritable explication… et du même coup lui donner un sens.

Il faut comprendre que c’est la nature même de notre système électoral qui a permis cette manipulation. Profitons donc de cette fin de campagne pour souligner certaines choses qui doivent changer. Il ne faut plus jamais qu’on nous fasse le coup.

D’abord, il faut des élections à date fixe. Ensuite, il faut un mécanisme qui accorde une visibilité égale aux partis politiques. Il est inadmissible qu’un groupe comme Gesca puisse faire toute la publicité qu’il veut alors que les autres en sont empêchés, sous prétexte de « dépenses électorales ». C’est une perversion éhontée de la démocratie

Il faut un scrutin à deux tours, afin que les regroupements au deuxième tour donnent le pouvoir au parti dont une majorité de la population soutient les principes… et non à celui dont les supporters ont eu l’astuce – ou la simple paresse intellectuelle – de ne pas se scinder en factions

Il faut aussi que l’élection du gouvernement (exécutif) qui propose des lois conformes a son programme et demande le mandat de les appliquer se fasse par un vote distinct de celui par lequel la population choisira ses représentants à l’Assemble. (législatif). Le député ne doit pas être l’homme d’un parti, mais tenir son mandat uniquement de ses électeurs et voter les lois qu’on lui soumet selon sa conscience et en toute impartialité.

Demain je dirai un mot du verdict populaire, puis on tournera la page. Durant le mois qui suivra, je mettrai en relief, jour après jour, un nouveau mode de scrutin puis les gestes à poser pour qu’il nous soit accordé. Il va falloir arracher la démocratie de haute lutte des mains du pouvoir actuel.

Pierre JC Allard

 

9 décembre   (Conclusion)

« Ce scrutin a permis d’élire les députés de la 39e législature et de confier une majorité de députés au Parti libéral, qui était devenu minoritaire depuis la dernière élection. Après cinq ans et demi au pouvoir, le gouvernement Charest a donc vu son mandat renouvelé, avec 66 députés. Le Parti québécois forme l’Opposition officielle, avec 51 députés, et l’Action démocratique recule, à 7 députés. L’élection a aussi permis l’élection du premier député de Québec solidaire, Amir Khadir, dans la circonscription de Mercier. » (Wikipedia)

Je crois qu’on le regrettera…. Mais les choses étant ce qu’elles sont, avait-on un autre choix que celui de ce que nous allons regretter…. ?

PJCA

 

D) Candidat indépendant dans Westmount-St-Louis – 2012

 

01. Un autre tour de piste

Quand est née la rumeur de ces élections de fin d’été, je me suis demandé si j’allais vraiment m’offrir ce dernier tour de piste. Y a-t-il quoi que ce soit à dire que je n’aie déjà dit ? Quoi que ce soit à faire dont on puisse garder l’espoir que ce sera fait  se mon vivant?

De toute façon, n’est-il pas plus simple de poursuivre mes billets hebdomadaires dans Centpapiers et les 7 du Québec, mes articles sur Agoravox, mes commentaires et Rue 89et le blogue du Monde qui me donnent en quelques minutes de travail un auditoire plus vaste que des jours et des jours de marche en territoire parfois hostile ?

Sans doute. Mais je crois que la pression qu’on met sur la lame est aussi importante que son fil. Je pense que si ce que je dis et écris doit avoir un certain impact et produire un résultat durable, il n’aura pas été indifférent que j’y aie mis de l’acharnement. Les causes qui semblent désespérées ont-elles de plus grand mérite que d’en susciter ? Je repars donc. Du pied gauche, bien sûr…

Je vais donc marcher, mais je vais aussi en profiter pour   faire quelques remarques et apporter certaines suggestions.   C’est a ce genre de réflexions que devrait servir une campagne électorale.

Pierre JC Allard

 

02. Pourquoi je serai candidat à ces élections d’été 2012 au Québec

D’abord, pour garder la forme, bien sûr. Voir si je pourrai, comme il y a huit ans, marcher du matin au soir en montant des escaliers et faire mes 500 km durant la campagne électorale.  Aout, septembre, quelle jolie saison, pour faire des élections au Québec !  Il est sympa, notre Premier Ministre. Espérons que ce ne sera pas une fausse rumeur et qu’il ne nous renverra pas en février !

Février, avec les snowbirds en Floride, qui sait quel biais ça introduirait aux résultats… Pas que ça ait une quelconque importance, mais qui suivrait les « Soirées de Lutte » à la TV, si les lutteurs ne frappaient pas très fort en heurtant le matelas et ne faisaien pas des grimaces ?   Il faut montrer une belle démocratie et donc ce sera une fin d’été.  Bravo. !  Je vais pouvoir marcher et garder la forme.

Je vais même faire plus. Parizeau nous ayant déjà dit qu’« au Québec on pouvait faire plusieurs choses en même temps », je vais donc marcher, mais en profiter pour parler un peu, aussi …  Pas parler à n’importe qui : parler aux Anglais. « «Anglais », ici au sens large, signifiant anglophones.  Je vais profiter de cette campagne pour peaufiner un peu mon anglais.   Pour m’assurer  que, quoi qu’il arrive, je pourrai toujours prendre un café grec, manger des sushis, des tapas, des arepas, un spaghetti ou un chowmein sans avoir l’air d’un étranger.

Peaufiner mon anglais va orienter ma démarche électorale. Oh, je sais bien qu’on peut tout faire en anglais à Montréal, même à Hochelaga, mais pourquoi risquer  une immersion contaminée par des idiotismes et truffée d’expressions québécoises ?   Le choix réel Charest-Marois qui est le seul qui nous reste prouvant que nos yeux de Québécois “pure laine” sont parfaitement fermés, je vais aborder cette élection avec les yeux des autres.  Je vais me dépayser.

J’hésite pour l’instant entre D’Arcy-Mcgee,  NDG,  Westmount… D’autres suggestions ?  Puisque je ne traiterai pas de problématiques locales dans cette campagne, le seul  facteur important pour le choix de la circonscription est que le résultat n’en soit pas en doute…   Je ne voudrais pas risquer de faire pencher la balance dans un scrutin serré.

Je sais de bonne source qu’on ne me le pardonnerait pas car, en 1994, alors que catastrophé par la navrante campagne qui se profilait je m’étais présenté à la Mairie de Montreal, pour y insuffler un peu de vie,  on a décidé  de m’exclure SPÉCIFIQUEMENT des débats médiatisés.  Un responsable m’avait expliqué, avec une grande franchise que, n’ayant pas un « parti » je n’étais pas un candidat sérieux, mais que la façon dont on m’avait vu  débattre laissait craindre que je puisse faire mal paraître les « vrais » candidats….   Il est resté de cette aventure quelques propositions pas trop bêtes que j’ai léguées au domaine public et que les curieux peuvent voir.

Donc, soyons sérieux, il est TRES improbable que je sois élu. A quoi  donc pourra  bien alors servir  ma candidature ?  À attirer l’attention sur quelques vices et petits travers de notre « démocratie pour rire »… puis à donner aux électeurs l’occasion de dire NON au  système. Non à ce choix d’alternance PLQ – PQ , dont on peut très bien ne PAS vouloir sans trouver amusant de jouer du QS ou de la CAQ pour enjoliver le tableau.

Voter pour un indépendant, c’est une abstention, mais en plus appuyé

Quels sont ces vices et travers qu’il faut dénoncer ?

D’abord, la totale inutilité du député.  L’électeur vote pour un parti et son programme. Il ne veut rien savoir du candidat, ne l’écoute pas et ne veut même pas le voir.  Le sort des transfuges qui changent de partis et croient naïvement que leur popularité les fera réélire est l’expression pathétique de cette réalité.  Je m’attends à être bien reçu par tous les électeurs.  Je parie qu’ils me trouveront sympa… mais, normalement, ils ne voteront pas pour moi et ne se souviendront même pas de mon nom.

L’électeur SAIT que son député n’a aucun pouvoir et ne le représente pas, mais est un jeton entre les mains du chef de son parti. Si on n’aime aucun des programmes, la logique normale est de ne pas voter… ou, si on est vraiment furax, de voter pour un indépendant qui sera une épine au flanc du système.  J’aimerais donner une occasion aux “furax” de se lever et d’être comptés.

Ensuite, autre travers, le désintérêt absolu des citoyens lambda pour toute idée un peu complexe et pour tous les MOYENS de réaliser les plans qu’on lui propose.  Le citoyen veut répondre OUI ou NON  à une idée simple et essentiellement émotive. Le “comment” des politiques l’ennuie. Priorité, donc, aux concepts comme Dieu, Patrie, Liberté, Justice ou n’importe quoi qui fait consensus parce que  chacun le définit a sa façon.  La cohérence importe peu. Ça gêne normalement peu l’électeur que tous les partis promettent d’augmenter les services, de diminuer les taxes et de réduire la dette et tout ca en même temps …! Sauf quand l’électeur est furax, bien sûr…

L’opinion de l’électeur québécois est normalement déjà faite quand la campagne électorale commence. Elle repose sur son choix viscéral pour ou contre l’idée de souveraineté,  modulé par sa sympathie et sa confiance envers le leader qui défend celle de ces deux options qu’il préfère. Les seules variables pendant la campagne sont cette confiance et cette sympathie,  lesquelles peuvent croître ou décroitre par l’action massive et bien coordonnées des médias, puisque le message médiatique est le seul intrant significatif que reçoit l’électeur.

Tout passe par les médias et c’est donc sur ce point que doit travailler quiconque veut apporter sa pierre et avoir au moins un tout petit impact sur l’évolution des choses. Au cours de cette campagne, j’enverrai quelques textes aux médias – avec copie sur http://nouvellesoc1ete.wordpress.com –   suggérant  des changements concrets, non pas à la structure même de la société, mais aux services qu’on peut rendre à la population, puisque c’est à ce palier qu’il est réaliste aujourd’hui d’intervenir à court terme.

Mais si tout se règle dans les médias, pourquoi être candidat, aller marcher et serrer des mains ?  Parce
que les médias chercheront à ignorer toute proposition nouvelle qui ne viendra pas du PQ ou du PLQ.  Par apathie, mais aussi par crainte d’être ensuite accusés d’avoir, par inadvertance, diffusé des  idées qui pourraient déranger. Or, il est juste un peu plus difficile d’ignorer complètement quelqu’un qui s’est porté candidat et qui est VISIBLE.

Les médias vont d’abord ignorer mes propositions. Mais si certaines de ces propositions sont reprises sur le web, le petit caillou dans la chaussure deviendra plus gênant.   Le plus gênant n’étant pas les propositions elles-mêmes, mais l’évidence éblouissante du soin qu’on met à les occulter et à ne pas en débattre…

Le résultat le plus tangible de ma candidature sera alors que quelques-uns qui ne le voyaient pas encore puissent prendre conscience de la mauvaise foi du système et de l’acharnement de nos gouvernants à garder toute leur attention sur leur propre enrichissement sans PERDRE UNE MINUTE DE LEURS TEMPS à résoudre les problèmes de la population. Cette prise de conscience n’est pas sans valeur.

Quand vous verrez  les Chefs de partis dans le débat télévisé, regardez leurs visages et leurs mimiques, puis fermez les yeux, écoutez le son et le timbre de leur voix puis suivez votre instinct et demandez vous : cette personne  s’intéresse-t-elle VRAIMENT à moi, à ma vie et à mes problèmes ? Est-ce que je crois qu’elle veut VRAIMENT faire un effort pour m’aider ?

Ensuite, allez voter selon votre conscience

Pierre JC Allard

 

03. La forêt derrière les arbres

Je vous ai annoncé, la semaine dernière, que je serais candidat aux élections de cet été au Québec. Pourquoi ? Pour dénoncer d’abord le rôle inutile dévolu aux députés que l’on va envoyer à l’Assemblé nationale et l’indifférence des citoyens quant à la faisabilité des programmes que proposeront les partis. Ces deux vices suffisent à faire de notre démocratie un leurre, mais il faut y ajouter le contrôle de l’information par les médias – tous aux ordres du système en place – et une corruption assumée et affichée.

Corruption ? Je ne parle pas ici de la corruption des individus – un autre sujet – mais de la coutume ahurissante de briguer OUVERTEMENT les suffrages en offrant à chaque groupe de le privilégier, ce qui n’est possible, bien sûr qu’au détriment des autres. Dire aux vieux et aux jeunes, aux chômeurs et aux étudiants, aux malades et aux assisté sociaux, au francophones et aux immigrants, aux agriculteurs et aux commerçants qu’on va spécifiquement leur donner un avantage à eux et pas aux autres, c’est la négation même de la gestion éclairée de la chose publique. C’est acheter des votes au détriment de l’intérêt général qui devrait toujours être le seul critère.

Une campagne électorale qui repose sur un milliard de dollars (1 000 000 000 $) de promesses ciblées pour satisfaire des besoins locaux, c’est l’ultime version du « diviser pour régner », à la sauce « démocratie ». C’est une infamie de le faire et une incroyable bouffonnerie de le dire. Notre façon de faire des élections est ridicule, ignoble, inefficace si on cherche vraiment à vivre en démocratie. On la croirait stupide… si on croyait un seul instant que son seul but n’est pas de cacher la vraie gouvernance qu’exerce une oligarchie qui ne nous dit jamais son nom ni ses objectifs.

Si qui que ce soit veut engager le débat sur cette question, je suis son homme. On sauvera bien du temps, toutefois, si vous lisez d’abord ce bref mémoire présenté en Commission parlementaire et très bien accueilli alors par tout le monde… avant d’être définitivement occulté.

Nos élections sont quelques arbres qui cachent la forêt du pouvoir… et on ne sait ni qui ni quoi se cache dans cette forêt. À remarquer que cette métaphore s’applique aussi à la campagne électorale pour rire qu’on va nous faire. Pourquoi pour rire ? Parce que, cette fois comme toujours, le choix restreint des thèmes dont on débattra durant cette campagne sera sciemment réducteur.

Ni vous ni moi ne pourrons contribuer significativement à en établir l’ordre du jour, le choix des enjeux sera celui des médias. Quoi que vous disiez, quoi que dise un candidat ou même un chef de parti, la discussion ne lèvera que si les médias en font la promotion constante. Cela est prévu, les thèmes sont déjà choisis, chacun bien pointu, mais présenté comme emblématique d’un pan entier de la forêt des questionnements de la société.

Chaque thème, adoubé par la presse avec ses sous-thèmes, comme autant de questions à choix multiple de réponses, va devenir cosmétique. Comme ces lisières de sapins bien taillés cachant l’« horreur boréale » dont parlait Falardeau. C’est de ces thèmes qu’on va discuter … et de rien d’autre.

Tenez, vous vous intéressez à l’éducation ? À la formation professionnelle ? À l’apprentissage, au rôle de jeunes dans la société ou à tout autre sujet connexe ? Allez faire la queue au micro « Conflit étudiant » et prenez position sur les frais de scolarité. Ne touchez pas à la pédagogie, à la didactique, à la quantité ou la quantité des enseignements et encore moins à celles des enseignants. Ne référez pas à la notion de culture, aux valeurs, ni aux besoins du marché du travail, sauf pour répéter des lieux communs. Ne soulignez pas de liens avec les médias, même dans le cadre d’une éducation permanente et n’approchez même pas des concepts de docimologie et de reconnaissance des acquis . Soyez simple. Soyez simplistes

En éducation, ne parlez que de frais de scolarité. Vous êtes pour ou contre ? Combien doit-on y mettre? Ne vous égarez pas, car on est nombreux en file au micro. … « Moi, je pense que… ». Comme le citoyen lambda n’a absolument pas les connaissances pour en discuter, il dira n’importe quoi, écoutera distraitement ce qu’on lui en rabâchera, puis repartira avec son opinion inchangée, celle-ci tout entière fondée sur ses préjugés de départ et ce qu’il a lu dans les médias ce matin de ce qu’on dit la veille d’autres lambdas, parlant au même micro.

Autre exemple. Vous êtes un fan de l’économie ? Chanceux, vous avez deux (2) micros ! Le chômage pour vous est une réalité ? La maîtrise des Québécois sur leurs ressources vous préoccupe ? La relation avec les Autochtones vous intéresse ? Passez d’abord au micro « Plan Nord » .

A ce micro, « Think big », comme dirait Elvis Gratton. Tout de suite – enfin, presque – on va créer des emplois dans les marches éloignées du royaume. Beaucoup d’emplois. Ensuite, un gros pactole. Gros travaux, gros investissements étrangers et grosses commissions. Ici, rien de mesquin : on ne parle que milliards. N’évoquez pas de conséquences à long terme et ne faites pas allusion à ces villes qu’encore une fois on fera et défera…

Concentrez vous sur le développement précaire à moyen terme, avec un horizon de 15, 20, 25 ans. Dans 20 ans, combien de nos politiciens, sauf Leo BB, seront encore là ? Serez-VOUS là dans 20 ans ? Alors restez donc sur l’important du moment présent : les « prix par tonne », les redevances, les pots-de vin à éviter et les droits ancestraux des Cris et des Inuits. Le reste, comme dirait l’Ecclésiaste, est « poursuite du vent ».

Après le micro « Plan Nord », surtout si l’environnement vous intéresse, passez au micro « Gaz de schiste ». Juste un minute, car c’est plus technique. Comme vous n’y connaissez rien et que ceux qui s’y connaissent, évidemment, ne diront rien, affirmez simplement ici votre loyauté à Gaïa et votre amour inconditionnel du Vert. Dites aussi, toutefois, dans la même phrase, que tout ce qui enrichit le Québec est du pain béni, qu’il faut s’affranchir de la tyrannie énergétique des Arabes et des Albertains et que le prix du pétrole a la pompe est insoutenable. Ensuite, on attend de vous que vous vous taisiez et attendiez, comme un vrai démocrate qui a fait son devoir.

Ne cherchez pas de troisième micro pour parler d’économie. Secteur industriel, secteur tertiaire, exportations, la dette publique, le système bancaire, réforme fiscale… Néant. Cette année, c’est la fête du secteur primaire – en fait, de la branche extractive du primaire, exclusivement – ce qui, pour le développement économique, nous met dans le même club que les gens du Sahel. Fin du dossier « économie ».

Et à part l’économie ? Allons, allons, soyons sérieux ! Avec la « crise », croyez-vous que c’est le moment de parler d’autre chose que d’économie ? Musarder sur la santé, la justice, la culture, le revenu garanti, le rôle des secteurs public et privé, les services sociaux, la démocratie ? Pourquoi pas un projet de société et le sens de la vie pendant qu’on y est ! Il n’y aura pas d’autres micros pour parler de quoi que ce soit cette année. Ou plutôt, si, j’oubliais, on parlera aussi de souveraineté. Mais comme on n’aura rien de neuf à en dire…

Cette année, il semble qu’on parlera peu de la forêt. À moins qu’on ne tasse un peu les arbres, pour y voir clair et entrevoir ce qui s’y cache. On va essayer…

Pierre JC Allard

 

04. Comment être un candidat indépendant

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Le semaine dernière, je disais POURQUOI je serai candidat à ces élections. Essentiellement, c’est pour attirer l’attention sur tout ce dont on ne parlera pas et, SURTOUT, sur le fait même qu’il y a tant de choses dont on ne parlera pas.

C’est cette sélection par les partis et les médias – agissant si ostensiblement de connivence –  d’un petit « menu du jour » politiquement correct qui ne gâtera pas notre régime  minceur, qui montre bien que parler encore de démocratie est quelque peu trompeur…

Durant cette campagne, je vais donc parler sur ce site – et partout où l’on voudrait que j’en discute – de toutes ces choses qui ne sont pas au programme pour la tournée de 2012.  En parler au plus tôt. Mais aujourd’hui, pendant qu’on en est a monter le ring, je vais vous dire COMMENT je vais être candidat.

Comment N’IMPORTE QUI PEUT L’ÊTRE, car j’ai une arrière pensée… celle d’une génération spontanée de candidats indépendants, offrant aux électeurs l’option du REFUS GLOBAL. L’option de ne soutenir aucun parti, quand aucun parti ne propose ce que lui, l’électeur voudrait.

Des candidats indépendants partout ?  Dangereux. Il faut choisir pour le moment, entre les chefs de partis, celui ou celle qui assumera la responsabilité de gouverner. Une autre démocratie le ferait autrement, mais nous n’en sommes pas la.  Pour exprimer le refus  global de la population, il faut donc que ne se présentent des candidats indépendants que symboliquement, dans les circonscriptions où leur présence ne modifiera pas le résultat pour le choix du gouvernement.

Nous posons arbitrairement, faute d’un meilleur critère, que la présence d’un candidat indépendant ne fera pas déloger un parti qui, au dernier scrutin, a reçu le double des suffrages de son plus proche concurrent.  S’il perdait malgré tout, ce serait qu’il était déjà condamnée par sa faute: Inutile alors de blâmer la présence d’un indépendant.

Qui le veut peut choisir une circonscription, se présenter au Directeur du scrutin et faire acte de candidature. Les formalités sont simples; c’est sur la justification de la démarche qu’il faut être clair.  Voici ce que je propose.

Ayant choisi sa circonscription, le candidat indépendant doit annoncer la couleur.  Supposons que ce soit vous. Vous pouvez proclamer à tous vents que vous n’avez pas de programme à présenter – puisque vous ne formerez pas un gouvernement – mais que vous  ferez le vrai travail d’un membre de l’Assemblée nationale:

a) Vous vous renseignerez sur chaque projet de loi;

b) Vous consulterez formellement et informellement vos électeurs pour savoir ce qu’ils en pensent;

c) Vous interviendrez chaque fois qu’on vous le permettra, disant honnêtement ce que vous pensez de ce qui est proposé, au meilleur de votre compétence, sans préjugé, ni  pour ni contre le gouvernement;

d) Vous proposerez au besoin des amendements pour refléter l’opinion de vos commettants, mais en y ajoutant ce que vous suggère votre propre vision non-partisane des choses;

e) Vous voterez sur chaque projet selon votre conscience;

f)  Vous participerez aux travaux qui vous seraient confiés, de toutes vos forces et avec toute votre bonne foi;

g) Vous ferez régulièrement rapport à vos électeurs de ce qui a été fait à l’Assemblée et de la part que vous y avez prise, en publiant chaque semaine un compte rendu sur un site internet crée à cette fin.   A la fin de chaque session, vous publierez un bilan de ce qu’a fait l’Assembée et vous y joindrez votre évaluation objective de député indépendant sur ce qu’a fait le gouvernement

h)  Vous vous engagez solennellement à ne vous joindre à aucun parti et, si des responsabilités ministerielles vous étaient proposées, à ne les accepter que sous condition de pouvoir vous en démettre en tout temps, sans autre obligation que de respecter la parfaite confidentialité des informations et des discussions auxquelles votre participation au Cabinet vous aurait donné accés

Ça … et rien d’autre

Cet engagement (si vous êtes élu) étant bien clair, comment procéder à vous faire élire ?

a) Ne sollicitez pas de fonds ni n’acceptez une aide financière de qui que ce soit .

b) Que tous ceux qui veulent vous aider le fassent bénévolement.

c) Que votre message doit diffusé gratuitement, par les citoyens de bouche à oreille et sur la Toile, dans toute la mesure qui ne contrevient pas à la loi.

d) Que votre message doit diffusé gratuitement par les médias, dans l’exécution honnête et impartiale de leur mandat d’informer la population.

e) Ne donnez rien à personne que votre carte personnelle vous identifiant … et une seule feuille, qui peut être une copie de cette page, faisant le point de vos principes et balisant votre action.

Le candidat indépendant en 2012 est un missionnaire pour une démocratie è renaître qui doit sortir des catacombes… Si vous êtes prêts… allons-y.  Mais « s’il n’y en a qu’un, je serai celui-là »

Pierre JC Allard

 

05 Démocratie ? Vous plaisantez … un long chemin

 

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On m’a refusé hier aux appartements « La Cité »  – 1 600 logements – la permission d’y solliciter des signatures pour que je puisse officialiser ma candidature. Trois (3) résidents m’ont confirmé que les mandataires du Parti Libéral avaient quadrillé les mêmes édifices la veille dans le même but.  On ne prête qu’aux riches… ou à ceux dont on croit qu’ils vont vous enrichir.

Quelques naïfs croient-il encore que nous soyons dans une démocratie ?   Nous obéissons aux lois faites par une oligarchie pour ses propres intérêts. On feint de donner un choix à la population en lui présentant bonnet banc et blanc bonnet et on l’amuse à la faire voter.   Chaque parti vient dire tout et son contraire en se gardant le droit de s’en dédire.   Le PQ fera la Plan Nord et développera le gaz de schiste… tout comme le PLQ.  Et soyez sûr que, sur un appel de Sagard,  la CAQ ou le PLQ demanderait  d’Ottawa. en cas d’Union Nord Américaine, une « autonomie »  qui ramènerait au Québec plus de vrais pouvoirs que la souveraineté-association de Lévesque n’en prévoyait !

La démocratie est un leurre. Une histoire pour endormir les enfants. On a dit « si les élections pouvaient changer quoi que ce soit, elle seraient interdites» .  En fait elles le sont.  La politique du gouvernement que nous aurons est déjà approuvée et s’appliquera. Les partis sont permis car ils ne prennent le pouvoir que s’ils sont intercheangeables

Des députée indépendants ne sont pas les bienvenus. Parce que des députés non alignés sur les comptines des partis poliques bien pensants risqueraient de changer quelque chose, ne seralt-ce que poser une question inopportune, on fera TOUT pour qu’il n’y en ait pas.  On veut que les discussion à l’Assemblee nationale demeurent du bien ficellé. Du déjà-vu, de l’insignifiant émaillé uniquement, pour éviter le soporifique, d’insultes molles et de quelques quasi-grossièreté .

Un débat de fond sur une question sérieuse ?  N’y pensez même pas.  On renverra a un Comité qui pondra un épais rapport alambiqué qui dira de faire mieux ce que l’on fait déjà et on passera à autre chose.   On changera la loi et la société, quand ceux qui ont le pouvoir jugeront qu’il est de leur intérêt de les changer. Ou on créera un Commission qui nous fera un « treize-semaines »  de prime time pour Radio Canada, puis on conviera à l’incendie publique rituelle des  écuries d’Augias, après avoir mis les chevaux et le foin en sureté et n’y oubliant qu’un ou deux palefreniers  qui parlent trop ou en ont vraiment trop vu.

Aujourd’hui la démocratie est un leurre. La population vote ce que la publicité lui dit de voter. On prétend rendre la publicité électorale équitable en la limitant à deux (2) volets :  1) les commentaires dans les journaux –  TOUS CONTRÔLÉS PAR LE SYSTÈME ! – et 2) le viol du subliminal des badauds, par des affiches qui coûtent beaucoup d’argent… et ne montrent dès lors que ceux qui ont recu l’imprimatur potest du Systeme..

Cette année, l’Internet et Twitter sont en tentative d’évasion. Voyons jusqu’où ils pourront aller. Bien improbable qu’ils aillent très loin, puisque le Systeme balise un route étroite dont on ne peut s’écarter, hors laquelle il n’y a pas de points d’eau, ( Lisez des guichets automatiques bien approvisionnés qui vous sont accueillants)  Une élection marche sur deux pattes, dont la premiere est la pub et la deuxième la corruption.

On ne peut aller très loin sans changements majeurs. Une vraie démocratie commencerait  par l’élection du gouvernement au scrutin universel, toutes circonscriptions confondues. On choisirait le Gouvernement pour son programme; c’est un « contrat» avec la population  et il devrait l’accomplir, sous peine d’être révoqué par une Assemblée composée de députés, un par circonscription.

Ces derniers seraient choisis pour leur crédibilité et élus par un vote distinct de celui pour le choix du Gouvernement  La première exigence pour un député  serait donc qu’il ne soit préjugé en faveur d’aucun parti, puisqu’il devra juger des gestes posés par le Gouvernement issu de l’un des partis.

Un vrai député DOIT être indépendant, sans quoi il ne sert à rien d’avouable. Universaliser cette approche du  gouvernement vraiment responsable – et du député  représentant vraiment ses électeurs – introduirait une nouvelle démocratie.  Beaucoup le souhaiteraient, quelques-uns… non.

Tôt ou tard il y aura une épreuve de force et il faudra chosir son camp.  Lisez donc ce rapport  et ces quelques notes sur ce que pourrait et devrait être la démocratie. Puis agissez selon votre conscience.

En 2012, au Québec, élire ne serait-ce qu’UN député indépendant votant selon sa conscience serait un premier pas, une geste précurseur d’une possibilité de changement.  J’aimerais assez être celui par qui ce « scandale » arrive, tout en étant conscient qu’il pourrait m’en valoir des malheurs

https://nouvellesociete.wordpress.com/2007/06/17/lassemblee-legislative/

Pierre JC Allard

 

06. D’abord, passez le fric !

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Le moment est revenu au Québec, comme il revient à son heure dans toutes nos démocraties à l’occidentale, de demander au peuple souverain s’il est satisfait de ce qu’ont fait ses mandataires les gouvernants : ÉLECTIONS

Comme toujours et partout, de ce brassage de méninges périodique accompagné d’une logorrhée dont le syndrome est désormais sans surprise, il sortira beaucoup de chaleur et bien peu de lumière. La sensation de suffoquer dans un système clos, toutes issues barrées et toutes lampes sous le boisseau, s’aggravera donc jusqu’à ce que les ergoteurs naïfs se taisent et que Quidam Lambda, soulagé que cesse ce brouhaha, reprenne plus guilleret une vie docile sans questions.  Quand on l’agite moins, Quidam respire mieux.  La houle le fatigue.

À la prochaine séance de catharsis… Vous et moi et nous tous n’en resterons pas moins, en attendant, sur une faim de savoir s’il n’y a pas une porte pour sortir de ce Système où l’on étouffe, ou au moins une fenêtre donnant sur autre chose.  Toutes les élections déçoivent, puisque le peuple souverain n’a pas le droit de poser les deux (2) seules questions qui l’intéressent vraiment :

1. Pourquoi la richesse est-elle si mal répartie que l’immense majorité d’entre nous vivions dans une relative pauvreté voire la misère, alors que le progrès a apporté l’abondance ?

2. Qu’allez-vous faire, VOUS l’élu à qui on confiera démocratiquement le pouvoir, pour corriger ces disparités et mettre fin à la flagrante injustice qui pourrit la société ?

Quand le peuple aura la réponse à ces deux (2) questions, alors, mais alors seulement, ce ne sera pas une insulte à son intelligence de lui demander son avis sur les grandes orientations de notre gouvernance et, a fortiori, sur les détails techniques de la mise en action de ces orientations. En attendant ces réponses, qu’on parle à QL de la « noble cause de l’indépendance » ou d’un  « mesquin 100 dollars par enfant pour sa prochaine fin de mois », on se fout de sa gueule.

Avant de passer à toutes ces questions de santé, d’éducation, de justice, de culture, de Plan Nord, etc.,  il faut donc répondre aux deux (2) grandes questions sur le fric.  Les réponses sont simples. EVIDENTES.  Il suffit de sortir de la transe hypnotique induite par notre éducation, puis maintenue par les médias, pour comprendre INSTANTANÉMENT la situation.

1. La richesse est mal répartie, parce que l’humain normal s’en accapare toujours tout ce qu’il peut. À la hauteur de son insécurité, puis de sa volonté de jouissance et de puissance.  Parce que la division du travail fait qu’il y gagne à vivre en société, il accepte les limites à sa cupidité que celle-ci lui impose, mais il fait tout pour biaiser ces règles en sa faveur.

Les lois d’une société ne visent pas à la justice ; elle reflètent l’équilibre des forces entre les sociétaires; le concept de justice n’est là que pour rationaliser le consensus.  Les lois sont faites pour PROTEGER les inégalités.

La richesse ne serait également répartie dans une société que si chacun y était INDISPENSABLE et donc également « fort ».  Or, même si la complémentarité d’une société complexe nous pousse dans cette voie, il faudra encore quelques siècles avant que cette interdépendance ne produise tous ses effets.  En attendant, il y aura toujours des disparités.

Cela admis il faut voir, toutefois, que l’évolution des techniques modifie le rapport de forces entre les types de sociétaires. Les lois faites pour privilégier ceux qui avaient la force hier sont contestées aujourd’hui par ceux qui deviennent les plus forts.   Ils les contestent au nom de la justice, mais en fait pour obtenir un partage qui les avantage et corresponde à leur force.

Ainsi, au XVIIIe siecle, au prix de quelques têtes coupées, la bourgeoisie a supplanté l’aristocratie terrienne dont le pouvoir faseyait.  Aujourd’hui, la COMPETENCE a supplanté le capital matériel comme facteur rare de la production.  Le premier effet a été de virtualiser le capital matériel – pour que la compétence s’en enrichisse plus facilement – mais le second sera de remettre de capital lui-même à sa vraie place qui est devenue secondaire.

Secondaire, soit, mais toujours incontournable – il faudra toujours des métaux et de l’énergie en plus des idées – ce qui laisse supposer que ceux dont le pouvoir repose sur ce capital le défendront chèrement.  Or, s’ils ne sont plus les vrais créateurs de la richesse qui se crée, ils sont bien les détenteurs de celle qui est là. Il pourrait en coûter plus que quelques têtes pour le leur enlever.

2. Comprenant ce contexte, on voit que, profitant du changement de garde à la barre alors que le Capitaliste est remplacé par l’Expert, la lutte sociale dans l’immédiat peut apporter non pas la justice…mais moins d’injustice et que le plus grand défi est que l’inévitable changement de paradigme se fasse avec un minimum de violence.  « Quand les éléphants se battent, c’est toujours l’herbe qui est écrasée », dixit Chabanel, l’homme des proverbes africains.

Concrètement, ce que la population attend de ses gouvernants, c’est donc qu’ils procèdent sagement à une nouvelle répartition de la richesse, sans violence et au profit, sinon de tous, ce qui serait utopique, de tous ceux au moins sans l’accord desquels cette répartition ne pourra se faire correctement.

Au premier rang de ces derniers, heureusement, il y a Quidam Lambda, le travailleur-consommateur qui porte sur ses épaules cette société.   La valeur relative du travail sera augmentée, de même que le revenu net des particuliers ; bonne nouvelle, cela est un impératif économique et arrivera quel que soit le gouvernement au pouvoir.

Ce que l’on doit exiger, cependant, c’est que le gouvernement en place favorise de toutes ses forces une distribution du revenu par le travail et non par l’assistanat.   La première mesure a prendre est la mise en place d’un régime universel de revenu/travail garanti.  L’avenir de notre société passe par la volonté de remettre immédiatement au travail chaque travailleur apte au travail et de garantir a chacun un revenu conforme à sa compétence reconnue QUELLES QUE SOIENT LES FLUCTUATIONS DE L’ÉCONOMIE.

C’est possible, si l’État assume ses vraies responsabilités. Il faudrait en parler.

Pierre JC Allard

 

07. Souveraineté, OUI ; indépendance, NON.

 

Je voulais parler d’abord ici de santé, d’éducation, de justice, de finances, de production, etc…  mais j’ai vu, au hasard des rues où je bourlingue, qu’il ne sera pas possible d’avoir une conversation sérieuse sur l’avenir du Québec si on ne passe pas d’abord sous les Fourches Caudines d’une discussion sur l’indépendance.

Alors, disons crument quelques évidences. Il est normal pour des gens qui ont des valeurs, des principes, une histoire et certains intérêts en commun de vouloir utiliser ces similitudes  pour créer un ensemble qui aura plus de force pour les faire valoir face aux « autres ».  Il ne faut pas oublier, toutefois, que ces similitudes ne font pas disparaître les différences entre eux.  Tout ensemble aura aussi, indéfiniment, tendance à se scinder en sous-groupes et en factions, comme chaque individu a aussi en lui la tendance de faire primer des propres objectifs sur ceux des groupes auxquels il dit s’identifier.

L’appartenance à un groupe est donc toujours relative, une variable qui fluctue dans le temps  selon les circonstances.  Elle fluctue pour chacun selon les avantages qu’il retire de son appartenance au groupe et ceux qui en retirent beaucoup cherchent naturellement à convaincre ceux qui en retirent moins qu’il est néanmoins dans leur plus grand intérêt de lui garder leur loyauté.  Le cas-type extrême est celui du galérien enchaîné au navire, qui peut  bien maugréer, mais fera tout ce qu’il peut pour que celui-ci ne sombre pas…

Si on y met des efforts et que les conditions sont favorables, on peut développer un patriotisme qui suscite de grandes loyautés.  Ainsi les fils de bagnards australiens courant mourir pour l’Empire britannique et les harkis algériens luttant pour la France. Mais chaque cas d’espèce est différent et chaque moment  a sa propre logique.

Il y a des forces centrifuges comme centripètes. L’ensemble perdure si une majorité effective des partenaires dans un ensemble veulent le maintenir. Il fonctionne d’autant mieux que sont moins nombreux et y ont moins de pouvoir ceux qui n’y appartiennent qu’à leur corps défendant.. Le Québec au sein du Canada fonctionne mal, parce qu’une majorité effective souhaite que le Québec demeure partie du Canada, mais une minorité très substantielle voudrait qu’il s’en retire.

L’avenir du Québec sera meilleur si un consensus s’établit.  Il y a 50 ans, il paraissait opportun que le consensus se fasse pour une indépendance du Québec, dans la logique d’un monde postcolonial où chaque nation, voire chaque ethnie, voulait affirmer son identité.  Aujourd’hui, le monde a changé et la notion traditionnelle d’ »Indépendance » a perdu son sens, alors qu’il est clair que l’interdépendance croissante entre nations et la priorité mise sur l’enrichissent qui découle d’une meilleure intégration poussent même les États les plus forts à confier des bribes de leur gouvernance à des ensembles plus vastes.

Rien de révolutionnaire à ce constat. Il faut seulement prendre conscience de l’ampleur du phénomène. AUJOURD’HUI, 70% des lois qui s’appliquent en France ont leur source dans la législation commune de l’Union Européenne et lui sont soumises.  Le Québec ne se dissociera pas du Canada, ni de l’Amérique du Nord. La salut est dans l’acceptation librement consentie de cette réalité.

Je crois que cette acceptation passe par la reconnaissance du DROIT des Québécois à l’autodétermination, ce qui exige un accord sur l’existence d’une collectivité historique et de facto qu’on appelle le Québec et la reconnaissance de la souveraineté de cette collectivité. Par référendum ?  Pourquoi pas…. Mais n’y lions pas la notion distincte de sécession de la Confédération canadienne.  Cette souveraineté affirmée,  il faudrait, au contraire, que cette collectivité  mette a profit cette souveraineté pour déclarer  qu’elle  CHOISIT d’être partie prenante du Canada et que, ce choix fait, il devienne inacceptable pour l’avenir prévisible de le remettre en question pour un oui pour un non.  Je n’ai aucun doute que c’est le choix de l’appartenance au Canada que feront les Québécois si on leur en donne l’occasion .

Cette question réglée, il restera TOUJOURS  celle de remises a jour périodiques du partage fonctionnel des responsabilités entre paliers de gouvernance et d’administration.  Mais c’est là  une autre question et qui n’est pas particulière au Quebec.    Elle se pose  aujourd’hui avec encore plus d’acuité dans la communauté européenne et se posera partout, même en Amérique du Nord.

Pierre JC Allard

 

08. La bataille de Westmount- St-Louis

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Waterloo, Trafalgar, Austerlitz…. Les grandes batailles qui changent des choses peuvent avoir lieu dans les endroits les plus inattendus. Peut-on s’imaginer qu’une décision cruciale pour l’avenir du Québec soit prise dans la circonscription de Westmount-St-Louis ? Et pourtant, ce que vont faire le 4 septembre les électeurs de ce qui est en fait le centre-ville de Montréal va apporter un message d’une extrême importance. De quoi s’agit-il ?

D’une fracture et d’une resoudure. Pensez à un os qu’il va falloir remettre en place, si on veut enfin marcher droit. Une opération qui tôt ou tard se fera, mais dont il faut voir si elle se fera maintenant ou sera remise à plus tard…. au risque de claudiquer encore péniblement pendant des années. Laissez-moi expliquer.

Il y a des lustres qu’on fait chambre à part, au Québec, entre Francophones et Anglophones, avec un partenaire qui a sa valise tout prête pour aller vivre ailleurs. Mais il n’y a pas que le partage du patrimoine qui inquiète. Il y a aussi les chats, le canari, le jardin qu’on a sarclé ensemble, les vieilles photos et quelques bons souvenirs. Il y a l’odeur du café pris avec l’autre avec plaisir…

Alors on se chamaille, on se tolère un jour de plus et, après cinquante ans de cette valise qui s’empoussière dans un coin du salon, il y a même des jours où l’on se demander si, après tout, on ne pourrait pas arrêter de faire semblant de se détester et même se laisser aller à s’aimer un peu….

Il n’y a pas de signe plus clair du clivage entre Francophones et Anglophones au Québec que l’attachement inconditionnel de ces derniers au Parti Libéral du Québec. Se sentant menacés, ceux-ci en ont fait le bastion de la résistance à une possible sécession. Pas bête… Mais, avec le temps, ils sont devenus les otages de ce Parti. Ils se sont retrouvés à défendre par inadvertance d’autres « valeurs » qu’on y a hypocritement glissées, précisément pour tirer avantage de cette clientèle captive que constituait l’électorat anglophone. Des valeurs qui NE SONT PAS les valeurs traditionnelles dominantes de cette communauté.

Historiquement, la communauté anglophone a été laïque et à gauche bien AVANT que la communauté francophone ne le devienne. Je me souviens du temps où le CCF puis le NPD, le RCM et les premières lueurs dans la “grande noirceur” brillaient à NDG avant Hochelaga-Maisonneuve… Il aurait été logique que Anglos et Francos se rejoignent à la Révolution Tranquille, dans une volonté commune de progrès social.

Il a fallu que ceux qui profitent de la zizanie montrent alors une géniale malfaisance, pour empêcher que cette évolution ne culmine pas dans une fusion plus étroite des communautés culturelles du Québec, mais conduise plutôt à une querelle ethnocentrée réactionnaire… et sans issue. Nous avons été manipulés.

La scission politique soigneusement entretenue au Québec atteint aujourd’hui un nouveau sommet dans la perversité, alors que 18% seulement des Francophones soutiennent encore le Parti Libéral du Québec…. tandis que 82% des Anglophones persistent à le faire. Ces derniers le font, aujourd’hui, au risque de se percevoir eux-mêmes comme complices après le fait – ou au moins comme témoins passifs bien complaisants – de ce qui pourrait se révéler cet automne comme la plus grande affaire de corruption de l’histoire de ce pays.

Pourtant, fermer les yeux sur la gabégie, le favoritisme, la corruption et l’infiltration de l’appareil de l’État par le crime organisé ne fait pas partie des habitudes notoires de la culture anglo-saxonne. Dans la mesure où cette culture à imprégné la population anglophone du Québec, on peut raisonnablement s’attendre à ce que celle-ci se dissocie des gestes contestables posés par le régime Charest… et manifeste son désaccord en ne VOTANT PAS pour le Parti Libéral du Québec le 4 septembre.

Ne pas voter pour le PLQ, mais encore faut-il qu’elle puisse ne pas le faire sans renier ses autres attentes et autrement qu’en s’abstenant de voter. Que peut faire aujourd’hui l’électeur qui ne veut pas accorder un vote de confiance au Parti de Jean Charest, mais ne veut pas non plus donner son aval à une option indépendantiste et reste sceptique quant aux intention réelles des uns comme des autres ?

C’est le but de ma candidature dans Westmount-St-Louis. Je propose à cet électeur en errance un candidat sans affiliation partisane, m’engageant solennellement à ne voter à l’Assemblée nationale qu’après avoir consulté mes électeurs sur chaque vote significatif et en votant alors dans chaque cas SELON LES PRÉFÉRENCES QUE CEUX-CI AURONT EXPRIMÉES

En élisant un candidat qui n’obéit aux directives d’aucun parti – mais suit les instructions de ses seuls commettants – on crée un petits îlot de vraie démocratie dans notre vaste espace politique où celle-ci n’est plus qu’une parodie. La grande bataille de Westmount-St-Louis, elle va se passer dans la tête de chaque électeur, lequel devra décider s’il va cautionner par simple habitude un Parti qui ne représente plus en aucune façon ses valeurs… ou s’il va mandater à Québec un député qui l’informera régulièrement et lui permettra de choisir pas à pas le meilleur chemin vers l’avenir que lui l’électeur veut suivre.

De la fracture du lien qu’on croit a tort obligé entre lui et le Parti Libéral, l’électeur va tirer une nouvelle liberté. C’est beaucoup pour la démocratie, mais il y a plus. Si électeurs anglophones comme francophones font front commun contre la corruption, ils se souviendront du même coup qu’il partagent des valeurs profondes et peuvent se faire confiance.

On verra que cette valise qui amasse la poussière dans un coin ne répond plus à une véritable volonté de partir, laquelle à été surtout celle d’une autre génération. On verra, aussi, que la peur d’une sécession a été cultivée et instrumentée depuis des décennies, par le PLQ et ses commanditaires, pour imposer à la population anglophone de soutenir de fausses valeurs qui ne sont pas les siennes.

J’ai recueilli des centaines de signatures pendant des jours dans Westmount-St-Louis. Ce faisant, je n’ai rencontré que CINQ (5) personnes qui ne parlaient pas français. On est très, très loin des mythes d’intolérance qui ont été trop longtemps véhiculés. On pourrait peut-être recommencer à aimer nos chats et à sarcler le jardin ensemble.

Pierre JC Allard

 

09. Parti pris ? Ce n’est pas le moment… !

L’électeur de Westmount-St-Louis, le 4 septembre, va voir apparaître sur le bulletin de votes la tronche de sept (7) candidats, dont tout en haut la mienne. Ce sera sans doute la seule qu’il n’aura encore jamais vue.  La seule à laquelle ne sera pas accolé le nom d’un Parti, la seule que son fidèle clébard ne reconnaitrait pas pour l’avoir vu sur son poteau favori ou l’un de ceux qu’il aurait négligé d’honorer.   L’électeur s’arrêtera-t-il un instant à cette photo ?…. Ou baissera-t-il les yeux pour retrouver et honorer de son vote  le nom sécurisant du candidat de son parti déjà pris ?

Généralement, la question ne se pose même pas.  Ca ferait quoi, un candidat sans affiliation partisane ?  On vote pour une gouvernance à Québec et la tronche, non plus que les idées, du candidat local n’ont pas le moindre intérêt.  Le candidat local ne sert à rien… et à encore moins que rien un candidat sans affiliation partisane, qui n’est donc même pas dans la vision périphérique large de quiconque a le pouvoir. Au Québec, qui prend parti prend pays et chacun a donc son parti pris.  Mais cette fois, c’est un peu différent

Différend, car il est bien peu probable que le Parti Libéral du Québec garde le pouvoir. Or, de scandales en  reniements, ce parti ne conservera pas, à partir d’une position de faiblesse dans l’opposition, l’AUTORITÉ morale qui lui permettrait de jouer le rôle de rempart des institutions et des valeurs traditionnelles.  Une communauté comme l’électorat de Westmount-St-Louis, qui a des valeurs à défendre, ne gagnerait rien aujourd’hui à confier inconditionnellement la défense de ses intérêts au Parti Libéral du Québec.

Elle ne ferait pas un calcul avisé, en se choisissant un député QUI NE PEUT PAS être plus qu’une voix étoufée dans un chorale où tout le monde doit chanter à l’unisson… et un choeur qui semble bien,  cette fois-ci, ne pas chanter sur le bon ton .  Être représenté à Québec par un député de l’opposition libérale, pour les années à venir, ce ne sera pas s’accrocher à une bouée, mais se mettre un boulet aux pieds.

Voter pour un autre parti ?  La population de Westmount-St-Louis, bien sûr, peut voter pour le Parti Québécois. Mais exprimerait-elle ainsi ses vraies aspirations ? Croirait-on même, alors, en haut lieu, qu’un dialogue de sincère discussion s’est engagé ?  Ne penserait-on pas plutôt tricherie, astuce, traquenard ? Ceux qui depuis si longtemps s’opposent  à l’indépendance du Québec et qui accepteraient de pactiser dans ces conditions n’y perdraient-ils pas, pour un plat de lentilles, la crédibilité et le respect qu’on leur a accordés à titre d’adversaires tenaces mais loyaux ? Je ne crois pas que l’on prenne cette voix.

Il y a un troisième choix partisan sérieux. C’est celui de tergiverser.  C’est l’option de la  CAQ et c’est une option séduisante, car « Il y a un temps pour tout » – dit l’Ecclésiaste – « un temps pour embrasser et un temps pour s’abstenir d’embrassements… ».  Or, nous sommes bien au temps de la tergiversation.

Tergiverser, littéralement , signifie « tourner le dos » . Or nous sommes bien au moment où il faudra « tourner le dos » à la plupart de nos idées acquises – économiques, sociales politiques et identitaires – lesquelles sont impitoyablement contestées  par un monde autour de nous en rapide changement.  Il va falloir tourner le dos au passé des partis pris, faire des remises en questions, RÉFLÉCHIR puis ensuite, mais seulement ensuite, DÉCIDER

S »il faut un temps de réflexion, la CAQ de Francois Legault n’offre-t-elle pas un bon véhicule pour mettre le Québec en orbite, le temps de choisir le point idéal d’atterrissage pour le futur, selon de nouvelles coordonnées « gauche-droite », « autoritaire-participatif », « homogène-fusionnel » ?  Il y a un temps, parfois, pour garder ses coudées franches. Le choix de la CAQ est sans doute cettte fois le plus prudent.  Peut-être…

Peut-être.  Car personne ne sait jamais vraiment comment apparaissent sur une robe, le soir du Grand Bal, ces belles pierres semi-précieuses du Brésil dont la légende veut qu’elles changent de couleur selon les émotions de ceux qui les portent… mais dont mon expérience m’a enseigné que leur teinte  varie surtout selon l’éclairage et parfois selon le regard qu’on y pose.  On ne sait pas vraiment comment la CAQ de François Legault se positionnera, quelle teinte elle prendra – à court puis a moyen terme – en ce qui a trait au de partage des richesses, à une démocratie qui est à repenser et à l’identité québécoise dans un monde où les frontières s’évanouissent.

On ne sait pas pour quoi roulera la CAQ. Il y aura des choix CRUCIAUX a faire, au cours des années qui viennent, dont les meilleurs pour Westmount-St-Louis  ne se confondront sans doute pas avec ceux « prêts-à-porter » d’un seul des partis, mais exigeront qu’on en fasse un dosage savant. Si « garder toutes ses coudées franches » est bon maintenant pour la société québécoise, a fortiori, l’est-ce pour la population de Westmount- St-Louis, une minorité composite socio-économique et multiethnique, avec sa vision spécifique et ses problèmes bien à elle.

Il faudra du « sur mesure ». Rien de mieux, donc, pour les citoyens de Westmount-St-Louis que de se faire représenter à l’Assemblée nationale par un député sans affiliation partisane, lequel ne prendra jamais ses instructions d’un Parti ou d’un quelconque groupe de pression, mais TOUJOURS, en chaque cas, de la seule population de Westmount-St-Louis elle-même.  C’est à ca que je m’engage.

J’expliquerai, dans le prochain texte, la procédure à suivre pour garantir que c’est bien cela qui sera fait et que ce sera toujours l’opinion des électeurs qui prévaudra,

Pierre JC Allard

 

10. Exhorting the media: switch to half-duplex !

As we all well know, there is an election in Québec. And aside from the politicians, no one in Québec is more involved than YOU,  the media!  You saw it coming, you broke the news, you do most of the talking and, when you talk, electors and politicians listen…because you are the media!

As we also well know, not everyone is perfectly happy with the political options available in this coming election nor satisfied in the way things are unfolding nor overenthusiastic with the agenda of whatever  party is likely to be at the helm in the coming years.

And YOU, the electors, in Westmount-St-Louis, should you feel uncomfortable about throwing your unconditional support behind any of the parties running in this election, wouldn’t you feel better if you could send to the Assemblée Nationale someone who would represent YOU, the electors, rather than a party whose priority is either to have this province secede from Canada or hold a January Sale of our natural resources?

Imagine you send to the Assemblée Nationale someone who renounces any party affiliation, who commits himself to inform you, the citizens of Westmount-St-Louis, of what is proposed in the Assemblée Nationale, to seek your opinion, and then to vote in accordance with your instructions on every matter. Wouldn’t you feel A LOT better, knowing that you can ALWAYS instruct him to say NO to any specific measure that appears unwise … or downright nefarious?

Now, it might be nice to have your Man in Québec City who tries to find what is on your mind and then does your will. But how will he know what you want? How will you see to it that he is paying attention to you and behaves accordingly?   This is where the local media can come fully into play: they are attuned to the various segments of the population and their mission is to reflect what the people want as it is normal for citizens to turn to their favourite newspaper to express their feelings and to voice their demands.

Suffice that the local media shift in « half-duplex » mode.  Not just talk but listen also to their readers and thus they would be the channel  between the constituents and their  impartial representative whose avowed role  it is to bring the composite will of the electors to the floor of the Assemblée Nationale in Québec.

Were I to be elected, my first and foremost move will be twofold:  A) To create a website where I will report  CONTINUOUSLY on what goes on in the Assemblée Nationale and where all the citizens of this riding may contribute their comments and opinions.  B) To invite the editors of all the local media to participate and to recommend leaders, representative of the various segments of the community, who will participate in a Permanent Advisory Committee, which I will consult to interpret the mood of the electors and to make sure that every vote I cast in the Assemblée Nationale reflects the will of a majority of the citizens of Westmount-St-Louis.

This I pledge. And we, the people, have every reason to believe that the local media will join in this democratic endeavour.

  Et voilà… 

Pierre JC Allard

 

11. Santé; médecin ami ou médecine ennemie

On parle ad nauseam durant cette élection du médecin de famille, comme s’il y avait là matière à discussions.  Il n’y en a pas. Nous savons tous très bien que le médecin de famille est la clef de voute du système et je l’écrivais il y a plus de 20 ans..http://wp.me/p59O0-5V

Le débat actuel ne porte donc que sur les couts et les échéanciers. Un débat de totale mauvaise fois, puisque  le noeud du problème est la volonté des médecins de ne PAS ajuster les resources médicales aux besoins.

Ajuster les ressources médicales aux besoins, ce serait  en avoir plus dont la rémunération unitaire diminue, parce que  leur coût de formation est réduit  et  et leur charge de travail réduite, ce qui est possible et opportun si les tâches qui constitent la maquelle des services à rendre à la population  sont redistribuées.

C’est ce que les médecins en bon corporatistes ne veulent pas. L’ennemi public numéro 1, ici, c’est le corporatisme medical. Le drame, c’est ’hypocrise  générale qui fait qu’on ne l’admet pas. On est encore dans la logique nefaste – CRIMINELLE – qui a conduit en1996  le Gouvernement du Québec à pousser vers la porte une partie non négligeable des médecins et infirmières en exercice.

J’ai dit à l’époque tout le mal tout le mal que je pensais de cette décision (Le Prix Mengele). Le Québec ne s’est jamais remis de ce sabotage de l’excellent réseau de santé que l’on avait mis une génération à y bâtir à grands frais. Nous ne nous sommes jamais remis de ce renoncement à faire mieux pour accepter lâchement de devenir moins.

On a réduit alors  le nombre des médecins au Québec, parce que les médecins, payés à l’acte, y coûtaient trop cher. Un médecin payé à l’acte fixe sa propre rémunération, puisqu’il peut compenser une baisse du nombre de ses patients par une augmentation des actes médicaux par client. L’État n’a donc pas de contrôle réel sur le revenu d’un médecin. Pour diminuer les coûts, au poste de la rémunération des médecins, l’État n’a pas d’autre solution que d’en diminuer le nombre.

Diminuer le nombre des médecins, alors que les progrès de la médecine exigeraient plus de ressources, signifie une détérioration progressive des services. Aujourd’hui, on console les Québécois du délabrement du système de santé en promettant une hausse prochaine des effectifs. Bravo, mais penser que l’on va régler ainsi le problème suppose qu’on a oublié pourquoi, jadis, on les avait réduits, Augmentez les effectifs et les coûts de la médecine vont augmenter et devenir intolérables. Après un intermède qui permettra aux gouvernants actuels de terminer leur mandat et de prendre leur retraite, on sera prêt pour le déluge. Le Québec pourra alors choisir, définitivement, cette fois, la voie de la privatisation

Un État qui veut maintenir la gratuité et l’universalité de la santé doit-il nécessairement choisir entre le sous-développement ou la ruine, ou y a-t-il une issu à ce dilemme? OUI ! Il y en a une. La solution passe par une rationalisation de la rémunération des ressources médicales et, si l’on veut un système de santé gratuit et universel de qualité, en n’y consacrant que les ressources qu’une société peut se permettre, il faut procéder à cette rationalisation, en deux (2) étapes.

Premièrement, pour les omnipraticiens et les spécialistes dont l’intervention auprès de leurs patients est récurrente ou de longue durée et devrait comporter une part de prévention, il faut remplacer le paiement à l’acte par un régime de capitation. Ce n’est pas une trouvaille, ce régime fonctionne un peu partout. Même aux USA, où ce sont les assureurs qui en tirent parti !

Pour mettre en place ce mode de paiement, chaque détenteur d’une carte de santé s’inscrit aux cabinets du généraliste et des spécialistes de son choix. Le montant de la capitation, pour chaque type de patient, est fixé par négociation et chaque médecin payé selon le nombre de ses clients inscrits. Puisque l’on connaît la population inscrite, le budget de l’État est sans surprises.

Il reste encore, bien sûr, des spécialistes dont l’intervention est ponctuelle et ils sont encore payés à l’acte; mais ce sont ceux dont les « actes » sont bien identifiables. Les statistiques permettent de fixer le coût des interventions pour assurer aussi à ces spécialistes le revenu moyen que l’on souhaite.

Ayant rationalisé ainsi avec équité la rémunération des médecins en place et respecté les droits acquis, on peut, dans une deuxième étape, se doter pour l’avenir des ressources médicales que va exiger une demande pour la santé que les progrès de la médecine et le vieillissement de la population vont faire exploser. Il ne faut pas tenter de répondre à cette demande en créant plus de spécialistes à salaires faramineux (On a parlé de 9 fois le salaire moyen, au Québec !)

Une société n’en a pas les moyens et, surtout, ce n’est pas nécessaire. Au lieu de spécialistes dont la rémunération exorbitante est au moins en partie justifiée par une formation prolongée – 6 à 10 ans, au Québec – il faut, dans une deuxième étape, créer une nouvelle classe d’intervenants qui recevront, DANS LE DOMAINE DE LEUR SPECIALITÉ, une formation identique à celle des spécialistes actuels, mais dont la formation de tronc-commun aura été réduite à un an.

On donnera à ces intervenants spécialisés le titre que l’on voudra, mais, dans l’avenir, ils pourront prendre en charge l’immense majorité des tâches des spécialistes actuels. Il est bien difficile de croire que psychiatres, ophtalmologues et obstétriciens doivent tous, pour être performants, passer 4 ou 5 ans à apprendre la même chose. Parmi ces nouveaux spécialistes, il doit y en avoir un dont la tâche est de suivre le citoyen. Chaque citoyen. Pour la prévention, le diagnostic et l’aiguillage vers les autres spécialiste, pour le réconfort. C’est LUI LE MÉDECIN DE FAMILLE

En allégeant ainsi les programmes, on ne réduit pas seulement les coûts de formation ; on ramène surtout les attentes de revenu des nouveaux spécialistes au niveau de celles des autres diplômés universitaires formés en 4 ans. Si ce nouvel intervenant touche le tiers ou la moitié de la rémunération d’un spécialiste actuel, on peut en avoir deux ou trois fois plus. On peut en avoir assez pour une médecine humaine, ouverte à l’innovation. Les délais d’intervention et les listes d’attentes disparaissent. La rareté disparaît. L’offre devient abondante: c’est une nouvelle dynamique.

On espère que, durant la présente période électorale, les partis en lice diront aux Québécois POURQUOI ils ne considèrent pas cette approche.

S’ils ne le font pas, on pourra penser que prévaudra bientôt au Québec la même situation qu’aux USA, où songer à réduire le revenu des médecins est une idée séditieuse, blasphématoire…. puisque l’American Medical Association est la PREMIÈRE source de financement des partis politiques !   Aux USA, ce qui devait être plus de services pour la population a été manipulé pour devenir plue d’OBLIGATIONS  au profit des assureurs ! Le Québec doit faire plutôt le choix de la solidarité.

D’abord ce choix . Il y a  des détails à régler, mais en discuter en période électorale rendrait le débat complexe et ingérable… ce qui est bien ce que veulent les défenseurs du corporatisme médical !   Basta, donc. !  Pour les esprits curieux, toutefois, je répondrai avec plaisir aux questions sur les 80 textes  traitant de cette question dans la section « Santé » du projet Nouvelle Société. http://wp.me/P59O0-5N

Pierre JC Allard

 

12. Un « juriste de famille ». Enfin une justice au Québec

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Il n’y a pas que la santé qui laisse à désirer au Québec. Il y a aussi la justice.  Le citoyen ne se reconnaît plus dans le système judiciaire qu’on lui offre.  Il est de plus en plus convaincu qu’il n’y a pas de justice au Québec. À cause de quelques « bavures » bien ostensibles, mais surtout parce que c’est trop long et que c’est trop cher.

Le peuple dit « bavure », quand le droit ou les décisions des tribunaux ne correspond pas à son sens de la justice et de l’équité.  Entre les affaires Turcotte, Lacroix, Robinson et les cas de quelques innocents qui au contraire ont écopé – comme Michel Dumont et le désormais célèbre Monsieur Hinse – la confiance du citoyen est devenue bien mince.  Quand on préfére faire appel à des « justiciers » plutôt qu’à la justice, la société a un problème.

https://nouvellesociete.wordpress.com/2009/07/23/lacroix-18-mois-dumont-18-ans/

https://nouvellesociete.wordpress.com/2011/08/03/les-martiens-et-claude-robinson/

https://nouvellesociete.wordpress.com/2011/07/22/mettre-a-lecart-le-fou-qui-a-tue-ses-enfants/

https://nouvellesociete.wordpress.com/2011/05/23/ces-fonctionnaires-de-merde/

https://nouvellesociete.wordpress.com/2009/06/22/montreal-de-la-corruption-a-lextorsion/

La justice  en a un encore  plus gros, quand l’État et les compagnies d’assurance, mais aussi quiconque a du fric, sont de fait au dessus des lois, puisque quiconque veut obtenir justice devra entreprendre un parcours du combattant dont il sortira ruiné, brisé, détruit, qu’il ait eu tort ou raison. Comment, dans un État qui se dit « de droit », peut on tolérer qu’il faille PAYER pour obtenir justice !

Obtenir justice ne doit rien coûter celui plaide a raison. Il y a diverses façon d’y arriver, mais la meilleure  serait en deux (2) étapes

1. De la même façon que chacun doit avoir son medecin de famille, chacun doit avoir son « juriste », payé par l’État par capitation. Le fournisseur de services reçoit un montant forfaitaire mensuel pour chaque citoyen inscrit comme client à ses registres. L’avantage de cette approche est qu’elle laisse à l’individu le choix du professionnel et lui permet de manifester son insatisfaction en changeant de fournisseur, celui-ci étant alors privé du montant forfaitaire mensuel correspondant.

Cette approche évite la concurrence au niveau des honoraires, élimine toute tentation pour le professionnel de rendre le service autrement que de la façon la plus efficace et permet à l’État de déterminer précisément le budget qu’il entend consacrer à la satisfaction de toute demande sociale dont il choisit d’assumer les coûts.

Ce paiement par capitation s’applique parfaitement aux besoins en expertise légale de la population. Chacun a son juriste javec lequel il maintient une relation personnelle continue. S’il ne donne pas satisfaction à son client, le client change de juriste et le revenu du ce dernier baisse  Un litige ne lui apporte pas de revenus supplémentaires, seulement une charge de travail additionnelle, un litige long une charge plus lourde qu’un litige court. Vous voulez parier qu’il y aura moins de litiges ?

Rien n’oblige un individu à consulter son juriste avant de conclure une entente, mais, ce service ne lui coûtant rien, il le fera; qui veut des ennuis ? Des contrats conclus entre parties dont chacune a son juriste à ses cotés donneront lieu à moins de contestations, mais on peut faire encore mieux: l’arbitrage

2. En matières contractuelles – la majorité des litiges –  le recours de première instance serait toujours l’arbitrage. Ce sont les parties qui choisissent un arbitre. L’arbitre peut-être n’importe qui sur lequel les parties s’entendent et il juge en équité. Les arbitres ne seraient pas payés par capitation par l’État, mais selon entente, par ceux qui recourent à leurs services.

Si un litige survient, les parties doivent se choisir un  arbitre. Si les parties ne peuvent s’entendre en dix (10) jours sur le choix d’un arbitre, le Tribunal en désignera un sur requête de l’une ou l’autre des parties et ce sera alors un juriste. Ses honoraires seront forfaitaires, fixés selon un barème relié au montant en litige. Ils ne devraient représenter qu’un petite fraction des coûts actuels et seraient imputés aux parties selon leur responsabilité telle que déterminée  par l’arbitre

La décision de l’arbitre serait exécutoire.  Chacune des parties peut demander la révision par le Tribunal Civil et même s’adresser ensuite à la Cour d’appel, mais l’introduction d’une demande de révision ou d’un appel, toutefois, ne retarderait jamais l’exécution de la décision initiale, sauf injonction, sans préjudice au droit à des dommages réellement compensatoires si cette décision initiale était finalement renversée.

Un juriste « de famille » en soutien permanent, Un arbitrage en équité, une révision au niveau du Tribunal  et une possibilité d’appel. Tout ca “toutes affaires cessantes, sans interruptions, et sans frais pour quiconque a plaidé a bon droit. Ce serait enfin la justice.

 

13. Il va falloir y aller de plus belle

 

… et voici que l’on va devoir repartir. Reprendre et y aller de plus belle…  Y aller de plus belle. Une de ces expressions fourre-tout pour faire comprendre l’incompréhensible, en associant des mots auxquels on prête un sens du dimanche, en espérant qu’a devoir cohabiter ces mots s’en feront un qui résoudra l’ambiguité.

Car y aller…  mais aller où ? Et la beauté a-t-elle vraiment à y voir ?  On sait seulement que c’est reparti. On croyait pouvoir souffler un peu, mais on se retrouve en marche et encore bien plus qu’hier.   En marche forcée, parce qu’en quelques coups de feu un fou – ou plusieurs – ont ramené le résultat de ces sélections du 4 septembre 2012 à leur juste mesure. Leur mesue qui est dérisoire au vu des questions qu’elles devaient trancher.

Les Québécois veulent-ils VRAIMENT scinder le Canada et affronter seuls le monde tel qu’il est devenu ?  Un monde  qui n’est  plus celui d’avant que Neil Armstrong  marche sur la Lune –  quand  les femmes et les pauvres gardaient « leur place » et les Noirs, les Bruns et les Jaunes la leur –  mais un monde  où les « indépendances » se font à coups de sales tours  et  de coups de fusils et rarement au profit de ceux qui partent du pied gauche en chantant.

Les Québécois veulent-ils remettre en cause une éducation qui tient encore plus du couvent des Oiseaux et du Petit Catechisme que des apprentissages à inventer qui sont INDISPENSABLES pour garder sur  la piste,  vers l’avenir qu’on veut, un progrrés technique qui autrement prend le mors au dents  et s’en écarte, pour ensuite s’arrêter brouter du nucléaire, des OGM et des médicaments-poisons?

Les Québécois veulent-ils que se resorbent les inégalités croissantes, sociales et financières, et risquant le déplaisir de ceux qui ont tout – et bien sûr le pouvoir – en distribuant pour ce faire le revenu, le travail et les responsabilités… ou veulent-ils que, peu à peu, on dérive d’une société de classes à une société de castes,  avec un nombre de plus en plus grand d’inutiles dont le statut d’epsilon sera programmé par apprentissage et qu’on maternera comme des bonsais, pour qu’ils demeurent des bibelots manipulés et ne grandissent jamais ?

Les Québécois vont-ils déguiser en tolérance leur pusillanimité à choisir une société de libre pensée et en prendre prétexte pour  retourner vers  un monde douillet où, de rosaires en mantras et en drogues diverses – aidés de curés, d’imans  ou de gourous –  chacun pourra rêver qu’il a trouvé sa voie vers un monde meilleur  qui donnera son sens  à celui-ci…  auquel on renoncera alors à en en donner un ?

Nous avons au Québec,  depuis pas mal de temps., des questions sérieuses  auxquelles il faut répondre. Des questions qu’on évite, qu’on contourne ou dont on nous dit qu’elles n’existent pas.   C »est en louvoyant autour de ces questions que ceux qui se prétendent les élites de notre société, peuvent couler les jours heureux qui leur restent à vivre, en laissant à ceux qui viendront après une dette énorme. Un déficit moral et  intellectuel, une absence de ces valeurs et de cette simple solidarité, sans lesquelles une société ne peut pas exister. Ce sont ceux qui viendront après qui posent surtout les questions. Ce sont eux qui étaient dans la rue au printemps.

On a voulu les distraire. Faire oublier les vraies questions en montant le guignol de ces élections qui devaient être un procès bien ciblé des corruptions exemplaires, pour que la grisaille  de l’ineptie qui leur sert de décor ne se voit plus.  Pour que celle-ci paraisse encore plus grise. Plus tiède. Plus tolérable.

Mais il y a un moment pour vomir le tiède et les tièdes. Est-ce que nous n’étions pas tous conscients, hier soir, de cette nausée que nous donnait  le salmigondis indigeste des mêmes paroles creuses, interchangeables, qu’on nous servait et qui ne voulaient rien dire ?

Hier, nous avons eu un résultat électoral nauséeux: une fin du débat citoyen qui laissait TOUTES les questions sans réponses.  Nous écoutions un florilège de pseudo-conclusions qui mettait la table pour des comités, des palabres, des discussions, un verbiage qui laisserait encore tout le pouvoir aux plaideurs partisans, sans que ne transparaisse la volonté du peuple-juge laissant espérer qu »on puisse AGIR.

C’est là, dans un moment de vide, qu’est venue apparemment de nulle part la Violence. Un Raminagrobis qui a mis les plaideurs d’accord en croquant l’un et l’autre, car n’est-il pas évident, ce matin, que ces élections ne règlaient RIEN ?  Que les discours de l’un comme l’autre des trois Petits Singes n’apportaient rien, étant dépourvus d’idées neuves qui auraient permis un renouveau comme d’uns volonté ferme et inconditionnelle d’accomplissement qui aurait projeté le Québec dans l’action ?

Ces élections ne pouvaient rien résoudre. Le destin s’est alors vêtu en drame pour nous faire toucher du doigt la plaie de l’insignifiance, au côté d’un projet que nous voulons croire ressuscité, mais sans trop savoir s’il n’est pas momifié.  Il va falloir que nous reprenions cette démarche et que nous y allions de plus belle, pour aborder les vraies questions  et apporter des réponses.

On devrait d’ores et déjà se donner une échéance. 3 mois ? 6 mois ? Un an ? On évitera ainsi que ceux qui attendent des réponses claires ne s’impatientent. Il y a des drames qui germent dans l’impatience.

Pierre JC Allard

 

Conclusion

 

Cette ultime escarmouche en 2012, dans Westmount-St-Louis, marque la fin du volet « électoral » de ma vie. Une implication dans ce jeu de la démocratie, dans lequel il m’a toujours paru essentiel de mettre de soi-même. Non pas que j’aie jamais cru à son efficacité, mais parce que s’en donner la peine m’a paru le symbole d’un engagement et donc le gage d’une sincérité.

C’est cet engagement et cette sincérité qui importent, car jeuner ne nourrit pas les Indes et sombrer avec son navire ne sauve pas les passagers… Mais il n’y a pas de salut qui naisse ailleurs que dans la tête de ceux qui doivent se changer… et pas de meilleure façon de les y encourager que de montrer que tout d’effort de rédemption, même modeste, suppose une petite croix à être portée.

Un million de pas qu’on a fait pour une cause ne garantit pas qu’elle soit juste, ni qu’elle aura du succès, mais donne à celui qui marche du temps pour penser et peut aussi  faire réfléchir ceux qui hésitent à mettre leurs godasses.

Et ne peut-on pas dire exactement la même chose d’un million de mots qu’on a écrits ?

 

Pierre JC Allard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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