Nouvelle Societe

27-01-14

Internet et la « Chaine de Justice » du peuple-roi

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 12:00

Internet et la « Chaine de Justice » ( Zanjeer-e-Adal) du peuple-roi

PIERRE JC ALLARD

Jahangir, ce Grand Moghul dont le fiston a fait bâtir le Taj Mahal, a laissé pour sa part une image d’équité dont le symbole a été la « Chaine de Justice » ( Zanjeer-e-Adal). Une chaine reliés a 60 cloches dans et autour de ses quartiers dans son palais d’Agra. Si l’un de ses sujets se croyait sérieusement lésé, il lui suffisait de tirer la chaine pour que sonnent les cloches et il obtenait immédiatement une audience de son souverain pour lui demander justice.  Sur ce point, au moins, c’était le bon temps…

Maintenent,Il n’y a plus de Moghul, c’est le peuple qui est roi.  Alors les cloches doivent sonner pour l’opinion publique. Mais quelle chaine peut bien tirer aujourd’hui le quidam qui veut obtenir justice ?  L’internet, bien sûr… Parfois on entend les cloches tinter. Quand Assange s’y accroche, par exemplle, ou quand Snowden, dit le lanceur d’alerte (whistleblower), révèle que les USA espionnent tout le monde, chefs de pays alliés et/ou amis compris.

La plupart des gens se réjouissent d’entendre ce carillon:  on a l’impression de marcher un peu moins seul, un peu mois à tâtons dans cet univers  opaque que les grands de ce monde nous ont bâti. De même, si Avaaz, ou un autre rassembleur de signatures s’etant donné pour mission de promouvoir lndignation, en jette un million comme autant de soufflets à la face des tueurs de bébés phoques, on est plutôt d’accord, car qui voudrait d’un monde sans Don Quichotte ?  Mais le plupart d’entre nous ne sommes-nous pas un peu déçus que le coup de sifflet ni les cloches ne soient jamais pour nous?  Pourquoi ni glas ni tocsin pour les griefs ou drames du monde ordinaire ?

Il y a des années que je pense que l’internet, quand on s’y sera lassé de jaser assez futilement de tous les problème de la société, assumera pleinement l’une de ses fonctions les plus évidentes: fournir un point de ralliement à ceux qui, à tort ou a raison, se croient victime d’un plus fort – incluant l’État ou le Système lui-même –  et veulent unir leurs forces contre leur bourreau.

Le principe de la chaine de justice sur Internet et sa réalisation sont simples.  Il suffit de créer un site sur lequel sont invités à publier leur plaintes et leurs doléances, tous ceux qui se croient justifiés de porter une accusation contre qui que ce soit, à la seule condition de signer leur texte de leur véritable nom, et de déclarer solennellement que tous les faits rapportés sont vrais et qu’ils acceptent la responsabilité légale de ce que leur propos pourrait avoir de diffamatoire.

Voudra-t-on faire taire les cloches ? Y aura-t-il des protestations ? Vraisemblablement… L’un ou l’autre des intervenants à la publication et a la diffusion d’un texte – le serveur ou l’hébergeur de site, par exemple – ameuté par un copain ou un bafouilleur à gages, pourra-t-il exiger la suppression d’un texte ?  Peut-être, car la jurisprudence ne cessera pas d’évoluer; mais quiconque veut le faire devra alors bien réfléchir, car on est ici dans le vaste espace juridique des recours collectifs où une erreur peut être bien coûteuse…

Prenons un exemple.  Si je publie qu’en introduisant un nouveau système d’exploitation qui rend volontairement inutilisables des programmes  antérieurs acquis à grand frais et force l’achat de nouveaux programme, Apple trahit la confiance de ses utilisateurs et mousse ses profits à leur détriment – ce qui est indéniable – suis-je à calomnier Apple ?  Ou à rendre service aux millions de clients qui pourraentit tomber dans le prochain traquenard de ce genre en achetant un autre Mac ?    Il faudrait voir….

Apple n’est qu’un exemple commercial et donc relativement trivial, mais combien de mauvaises surprises le peuple n’éviterait-il pas, en politique, si chacun qui sait d’une indélicatesse avait l’occasion de la révéler ? Car il suffirait qu’un seul ait le courage de le faire pour que toutes les petites saloperies soient connues, sans que ne puissent faire barrage la censure et surtout l’AUTOCENSURE des médias, à la solde du pouvoir et des puissants.

Et à un tout autre niveau, celui du quotidien qui nous touche de plus près, ne serait-il pas rassurant que chacun puisse au moins faire connaitre à tous, les sales tours que lui joue son voisin ?  Sales tours que souvent ce-dernier ne lui jouerait pas, d’ailleurs, s’il ne savait trop bien que leur relative insignifiance pose obstacle à ce que ceux-ci soient divulgués…  Alors qu’un site qui se consacrerait à faire connaitre ce genre de choses créerait son auditoire d’aficionados qui feraient vite connaitre urbi et orbe  – et donc a tous les potes, parents et amis de tout quidam Tartempion qui vous a fait du tort  – que ledit Tartempion est au fond un assez sale type qui a berné son ami Citrouillard comme il n’est pas permis …  Tartempion y penserait à deux fois avant d’être méchant ou mesquin.

Permettre à tout le monde de tirer la chaîne et de faire sonner les cloches, n’est-ce pas utiliser la mesquinerie humaine contre la mesquinerie humaine? Sans doute, en partie, mais je n’ai rien contre le fait que cette couleuvre  se bouffe elle-même la queue… Je crois surtout que ce serait redonner une importance à la notion de réputation, laquelle a été largement vidée de son sens dans un monde trop vaste et trop impersonnel. Un monde devenu cynique au rythme où leurs actes ont cessé de suivre ceux qui les commettent.

(On pet llre sur le même sujet la section 1.7 du texte en lien ci-dessous)

https://nouvellesociete.wordpress.com/2007/06/17/memoire-aux-etats-generaux/ ‎

Pierre JC Allard

 

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2 commentaires »

  1. L’unique Amir Khadir
    N° 276 – février 2009
    Le déficit budgétaire augmentera au profit des banques
    200 milliards s’envolent sans débat parlementaire
    Michel Chossudovsky
    Les médias ont fait grand cas du déficit de 85 milliards de $ sur cinq ans du budget Flaherty, mais ils ont complètement passé sous silence le montant faramineux de 200 milliards $ (12 pour cent du PIB) prévu dans ce que le gouvernement appelle un « Cadre de financement exceptionnel » pour venir en aide aux institutions financières canadiennes. En soi, ce transfert monétaire auprès des banques est la principale cause du déficit budgétaire et de l’endettement du gouvernement fédéral.

    Déjà, le gouvernement Harper avait débloqué en catimini un premier montant de 25 milliards $ le 10 octobre dernier, puis un autre de 50 milliards le 12 novembre, pour racheter des prêts hypothécaires des institutions financières. Malgré l’importance des montants en jeu, ni les partis d’opposition, ni les médias n’ont cru bon de poser des questions au gouvernement, d’analyser les implications de cette « aide » aux grandes banques canadiennes.

    Dans son budget, le ministre des Finances Jim Flaherty en rajoute. « Le gouvernement, peut-on y lire, achètera pour 50 milliards de dollars des blocs de prêts hypothécaires assurés au cours de la première moitié de 2009-2010 aux termes du Programme d’achat de prêts hypothécaires (PAPH) assurés. Cette somme s’ajoutera aux 75 milliards de $ de prêts dont l’achat a déjà été autorisé, ce qui portera la taille du programme à 125 milliards. »

    Le Cadre de financement exceptionnel comprend également, entre autres, un montant de « 12 milliards de dollars à la nouvelle “ Facilité ” canadienne de crédit garanti en vue de l’achat de titres à terme adossés à des prêts et à des baux portant sur des véhicules et du matériel ».

    En fait, l’ensemble des mesures proposées représente un montant global de 200 milliards de dollars « afin d’appuyer l’offre de financement aux particuliers et aux entreprises ».

    Le ministre des Finances affirme que « les emprunts contractés par le gouvernement pour financer les opérations du Programme d’achat de prêts hypothécaires (PAHP) et pour aider la Banque du Canada à injecter des liquidités dans le système financier n’augmentent pas la dette fédérale, soit le déficit accumulé, puisqu’ils sont compensés par des actifs financiers portant intérêt ». Cette interprétation est douteuse. Le déficit budgétaire augmentera en flèche afin de financer les banques.

    Les bénéficiaires du renflouement bancaire sont également les créanciers du gouvernement fédéral. Les banques à charte sont les courtiers de la dette publique fédérale. Elles vendent des bons du Trésor et des obligations au nom du gouvernement. Elles détiennent aussi une portion de la dette publique.

    Ironiquement, les banques prêtent de l’argent au gouvernement fédéral pour financer le plan de sauvetage et, grâce à l’argent récolté par la vente d’obligations et de bons du Trésor, le gouvernement finance le plan de sauvetage via la Société centrale d’hypothèque et de logement. C’est un processus circulaire. Les banques sont à la fois les bénéficiaires du renflouement et les créanciers de l’État. Dans un sens, le gouvernement fédéral finance son propre endettement.

    Même si les procédures liées au plan de sauvetage canadien diffèrent de celles du Trésor américain sous le Plan de sauvetage des actifs à risque (Troubled Assets Relief Program ou TARP), elles tendent vers un même but. Les deux programmes contribuent à la centralisation des banques et à la concentration de la richesse financière. 

    Sous le TARP, quelque 700 milliards de dollars du plan de sauvetage ont été alloués aux principales banques de Wall Street. La population canadienne représente environ 11 % de celle des Etats-Unis. Le premier plan de sauvetage canadien de 75 milliards est inférieur d’un peu moins de 11 % à celui de 700 milliards des États-Unis.

    Le plan de sauvetage américain de 700 milliards, sous le Plan de sauvetage des actifs à risque, a fait l’objet d’un débat et d’une législation au Congrès.

    Au Canada, au contraire, 75 milliards de dollars ont été octroyés en pleine campagne électorale aux banques à charte, sans que la population canadienne en soit dûment informée.

    À cet égard, la presse financière et les médias canadiens ont une part de responsabilité. L’affaire a à peine été mentionnée et est passée pratiquement inaperçue, quelques jours avant une élection fédérale

    La couverture médiatique a été infime. Il n’y a pas eu de débat parlementaire. Aucune discussion, aucun débat, contrairement à ce que l’on aurait dû s’attendre des partis d’opposition, que ce soit avant ou après une campagne électorale.

    Personne ne semble avoir remarqué quoi que ce soit. La plupart des Canadiens ignoraient tout d’un plan de sauvetage de 75 milliards des institutions financières canadiennes.

    On nous présente tout bonnement cette décision comme un effort « visant à réduire le resserrement du crédit » et à encourager les banques canadiennes à « délier les cordons de leur bourse et à prêter davantage aux entreprises et aux consommateurs ».

    Le programme encourage la centralisation et la concentration de la richesse financière au détriment de l’économie réelle.

    Nous ne sommes pas face à un déficit budgétaire de style keynésien, lequel stimule les investissements et la demande de biens de consommation et mène à une augmentation de la production et de l’emploi.

    Alors que le plan de sauvetage des banques constitue une composante des dépenses publiques, il ne servira pas à relancer l’économie. Le plan de sauvetage est un « cadeau » auprès des banques.

    Les banques à charte canadiennes se serviront de l’argent du renflouement à la fois pour consolider leur position et financer l’acquisition de plusieurs institutions financières américaines « en difficultés ».

    Par exemple, en 2008, TD Canada Trust a acquis la Commerce Bancorp du New Jersey, ce qui en fait la deuxième transaction canadienne en importance dans un processus de fusions et d’acquisitions évaluée à 8,6 milliards de dollars US (Market Wire, 12 janvier 2009). 

    La filiale de la Banque Royale (RBC) à New York, RBC Centura, a acquis Alabama National Bancorp pour un modeste 1,6 milliards de dollars. La Réserve fédérale a approuvé l’acquisition le 5 février 2008 (Florida Today, 12 février 2008).

    En octobre 2008, la Banque Royale a annoncé qu’« elle avait complété l’acquisition de la division canadienne de ABN AMRO œuvrant dans la location de locaux commerciaux et fournissant des crédits d’équipement aux compagnies canadiennes » (Canada Newswire, 2 octobre 2008). 

    Il s’agit de la plus sérieuse crise de la dette publique dans l’histoire du Canada. Le plan de sauvetage déstabilise la structure fiscale fédérale incluant la péréquation (transferts aux provinces). Il entraîne une montée en flèche du déficit budgétaire, lequel doit être financé aux dépens des contribuables. C’est toute la structure des finances publiques qui en affectée.

    Le renflouement de 200 milliards de dollars sera d’une part financé par l’augmentation de la dette publique et d’autre part par des coupures dans les dépenses y compris les transferts aux provinces.

    On peut s’attendre à un mélange de compressions budgétaires combinées à une hausse de la dette publique. La plupart des catégories de dépenses publiques (excluant la Défense) en seront probablement affectées.

    La structure fiscale fédérale est compromise. La montée en flèche du déficit budgétaire finance le plan de sauvetage bancaire.

    Commentaire par alain tremblay — 29-01-14 @ 2:15

  2. Tous le systeme bancaire est une escoquerie institutionnalisée. La façon dont on procède cette fois est anecdotique. Le slience des medias et des instances politiques de tous les partis confirme la parfaite connivence entre tous les intervenants. Merci pour ce commentaire.

    Pierre JC Allard

    Commentaire par pierrejcallard — 29-01-14 @ 9:24


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