Nouvelle Societe

19-08-12

La bataille de Westmount-St-Louis

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 11:50

Waterloo, Trafalgar, Austerlitz…. Les grandes batailles qui changent des choses peuvent avoir lieu dans les endroits les plus inattendus. Peut-on s’imaginer qu’une décision cruciale pour l’avenir du Québec soit prise dans la circonscription de Westmount-St-Louis ? Et pourtant, ce que vont faire le 4 septembre les électeurs de ce qui est en fait le centre-ville de Montréal va apporter un message d’une extrême importance. De quoi s’agit-il ?

D’une fracture et d’une resoudure. Pensez à un os qu’il va falloir remettre en place, si on veut enfin marcher droit. Une opération qui tôt ou tard se fera, mais dont il faut voir si elle se fera maintenant ou sera remise à plus tard…. au risque de claudiquer encore péniblement pendant des années. Laissez-moi expliquer.

Il y a des lustres qu’on fait chambre à part, au Québec, entre Francophones et Anglophones, avec un partenaire qui a sa valise tout prête pour aller vivre ailleurs. Mais il n’y a pas que le partage du patrimoine qui inquiète. Il y a aussi les chats, le canari, le jardin qu’on a sarclé ensemble, les vieilles photos et quelques bons souvenirs. Il y a l’odeur du café pris avec l’autre avec plaisir…

Alors on se chamaille, on se tolère un jour de plus et, après cinquante ans de cette valise qui s’empoussière dans un coin du salon, il y a même des jours où l’on se demander si, après tout, on ne pourrait pas arrêter de faire semblant de se détester et même se laisser aller à s’aimer un peu….

Il n’y a pas de signe plus clair du clivage entre Francophones et Anglophones au Québec que l’attachement inconditionnel de ces derniers au Parti Libéral du Québec. Se sentant menacés, ceux-ci en ont fait le bastion de la résistance à une possible sécession. Pas bête…  Mais, avec le temps, ils sont devenus les otages de ce Parti. Ils se sont retrouvés à défendre par inadvertance d’autres « valeurs » qu’on y a hypocritement glissées, précisément pour tirer avantage de cette clientèle captive que constituait l’électorat anglophone. Des valeurs qui NE SONT PAS les valeurs traditionnelles dominantes de cette communauté.

Historiquement, la communauté anglophone a été laïque et à gauche bien AVANT que la communauté francophone ne le devienne. Je me souviens du temps où le CCF puis le NPD, le RCM et les premières lueurs dans la “grande noirceur” brillaient à NDG avant Hochelaga-Maisonneuve… Il aurait été logique que Anglos et Francos se rejoignent à la Révolution Tranquille, dans une volonté commune de progrès social.

Il a fallu que ceux qui profitent de la zizanie montrent alors une géniale malfaisance, pour empêcher que cette évolution ne culmine dans une fusion plus étroite des communautés culturelles du Québec, mais conduise plutôt à une querelle ethnocentrée réactionnaire… et sans issue. Nous avons été manipulés.

La scission politique soigneusement entretenue au Québec atteint aujourd’hui un nouveau sommet dans la perversité, alors que 18% seulement des Francophones soutiennent encore le Parti Libéral du Québec…. tandis que 82% des Anglophones persistent à le faire.  Ces derniers le font, aujourd’hui, au risque de se percevoir eux-mêmes comme complices après le fait – ou au moins comme témoins passifs bien complaisants – de ce qui pourrait se révéler cet automne comme la plus grande affaire de corruption de l’histoire de ce pays.

Pourtant, fermer les yeux sur la gabégie, le favoritisme, la corruption et l’infiltration de l’appareil de l’État par le crime organisé ne fait pas partie des habitudes notoires de la culture anglo-saxonne. Dans la mesure où cette culture à imprégné la population anglophone du Québec, on peut raisonnablement s’attendre à ce que celle-ci se dissocie des gestes contestables posés par le régime Charest… et manifeste son désaccord en ne VOTANT PAS pour le Parti Libéral du Québec le 4 septembre.

Ne pas voter pour le PLQ, mais encore faut-il qu’elle puisse ne pas le faire sans renier ses autres attentes et autrement qu’en s’abstenant de voter. Que peut faire aujourd’hui l’électeur qui ne veut pas accorder un vote de confiance au Parti de Jean Charest, mais ne veut pas non plus donner son aval à une option indépendantiste et reste sceptique quant aux intentions réelles des uns comme des autres ?

C’est le but de ma candidature dans Westmount-St-Louis. Je propose à cet électeur en errance un candidat sans affiliation partisane, m’engageant solennellement à ne voter à l’Assemblée nationale qu’après avoir consulté mes électeurs sur chaque vote significatif et en votant alors dans chaque cas SELON LES PRÉFÉRENCES QUE CEUX-CI AURONT EXPRIMÉES

En élisant un candidat qui n’obéit aux directives d’aucun parti – mais suit les instructions de ses seuls commettants – on crée un petits îlot de vraie démocratie dans notre vaste espace politique où celle-ci n’est plus qu’une parodie. La grande bataille de Westmount-St-Louis, elle va se passer dans la tête de chaque électeur, lequel devra décider s’il va cautionner par simple habitude un Parti qui ne représente plus en aucune façon ses valeurs… ou s’il va mandater à Québec un député qui l’informera régulièrement et lui permettra de choisir pas à pas le meilleur chemin vers l’avenir que lui l’électeur veut suivre.

De la fracture du lien qu’on croit a tort obligé entre lui et le Parti Libéral, l’électeur va tirer une nouvelle liberté. C’est beaucoup pour la démocratie, mais il y a plus. Si électeurs anglophones comme francophones font front commun contre la corruption, ils se souviendront du même coup qu’il partagent des valeurs profondes et peuvent se faire confiance.

On verra que cette valise qui amasse la poussière dans un coin ne répond plus à une véritable volonté de partir, laquelle à été surtout celle d’une autre génération. On verra, aussi, que la peur d’une sécession a été cultivée et instrumentée depuis des décennies, par le PLQ et ses commanditaires, pour imposer à la population anglophone de soutenir de fausses valeurs qui ne sont pas les siennes.

J’ai recueilli des centaines de signatures pendant des jours dans Westmount-St-Louis. Ce faisant, je n’ai rencontré que CINQ (5) personnes qui ne parlaient pas français. On est très, très loin des mythes d’intolérance qui ont été trop longtemps véhiculés. On pourrait peut-être recommencer à aimer nos chats et à sarcler le jardin ensemble.

Pierre JC Allard

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2 commentaires »

  1. Que pensez vous de cet écrit ? Merci d’y jeter un coup d’oeil
    Yves

    Élections Québec 2012: un « référendum sur le cynisme », selon Lisée
    Jean-François Lisée s’est présenté à son assemblée d’investiture dans Rosemont accompagné de l’ex-leader du Bloc, Gilles Duceppe, de la chef du PQ, Pauline Marois, et du chef bloquiste Daniel Paillé.

    Le chroniqueur politique et désormais candidat péquiste Jean-François Lisée estime que l’élection du 4 septembre prochain est d’abord un « référendum sur le cynisme » alimenté par le gouvernement Charest, qui espère selon lui que les Québécois n’iront pas voter. Il dit aussi souhaiter que le Parti québécois puisse tenir un référendum dans son premier mandat.

    Même s’il juge pertinent que le Parti québécois (PQ) ne fixe pas d’échéancier pour un éventuel référendum sur la souveraineté, il croit que cela pourrait très bien se faire d’ici quatre ans. « J’espère bien que dans le mandat, les Québécois se diront « on veut sortir du Canada ». Le Parti québécois sera là pour leur donner cette opportunité », a-t-il fait valoir samedi matin après son assemblée d’investiture dans la circonscription montréalaise de Rosemont. Jean François-Lisée a surtout profité de sa première sortie publique comme candidat pour lancer plusieurs attaques contre le gouvernement Charest. « S’il fallait que Jean Charest soit réélu, le Québec s’enfoncerait davantage dans le cynisme pour quatre longues années », a déclaré M. Lisée. Le choix même du 4 septembre pour le jour du scrutin est selon lui « le comble du cynisme ». Le premier ministre libéral, a insisté M. Lisée, espère que les Québécois, en pleine rentrée, « seront le moins nombreux possible » à exercer leur droit de vote. « Plus les gens décrocheront du débat démocratique, plus Jean Charest aura l’occasion de faire triompher le cynisme », a-t-il par la suite prévenu.Il a également rappelé que le gouvernement Charest a « refusé » l’idée que des bureaux de vote soient installés dans les institutions d’enseignement supérieur pour favoriser le vote des jeunes. Il a qualifié cette décision de « refus de l’équité intergénérationnelle ». Il faut dire que des bureaux de vote sont bien souvent implantés dans les centres pour personnes âgées. À l’instar de ce que répète le PQ depuis le début de la campagne, Jean-François Lisée est convaincu que le chef libéral a décidé de déclencher une campagne électorale en plein été, afin d’éviter que les électeurs puissent « entendre des vérités » qui seront dites lors des audiences de la Commission Charbonneau, qui doivent reprendre à la mi-septembre. En appelant les militants péquistes à s’engager en politique, il a soutenu que le PQ est « le plus grand véhicule de changement social au Québec ». Même s’il a dit respecter les autres formations politiques, M. Lisée a fait valoir que Québec solidaire « ne peut prendre le pouvoir » et que la Coalition Avenir Québec se borne « à une vision comptable » de la réalité. Faire payer les plus riches Le candidat péquiste de Rosemont a pour sa part plaidé de nouveau pour une révision du système fiscal qui impliquerait une plus grande contribution des classes aisées. « On peut faire payer plus aux gens de Sagard [ndlr: le domaine du milliardaire Paul Desmarais] pour payer les soins les soins de santé des citoyens de la 12e avenue, dans Rosemont », a lancé celui qui se réclame de « la gauche efficace ». La député sortante de Rosemont, Louise Beaudoin, mais aussi le chef bloquiste Daniel Paillé étaient présents à l’assemblée. Quant à l’ex leader du Bloc, Gilles Duceppe, il n’a pas voulu commenté de nouveau ses propos très durs à l’endroit d’Amir Khadir. Il a qualifié ce dernier d' »opportuniste » et de faux souverainiste qui ne mérite pas le respect. « Je dis ce que je pense et je pense ce que je dis », a-t-il simplement répondu aux journalistes à son arrivée à l’investiture de M. Lisée. L’ancien chroniqueur de L’Actualité a refusé de condamner les propos de Gilles Duceppe. « Mon objectif, c’est le rassemblement », s’est-il borné à répéter. Homme habitué à prendre la parole sur plusieurs tribunes, M. Lisée a reconnu qu’il lui sera « difficile » de ne pas dire ce qu’il pense dans certaines certaines circonstances afin de respecter la ligne de parti.

    Commentaire par zelectron — 22-08-12 @ 4:09

  2. Lisée est un homme intelligent; ils ne sont pas si nombreux. Je ne dis pas autre chose. Je ne me prononce ni sur sa franchise, ni sur sa bonne foi, ni sur l’opportunité de son agenda… http://wp.me/p59O0-2s1

    pjca

    Commentaire par pierrejcallard — 25-08-12 @ 8:29


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