Nouvelle Societe

05-02-12

Tout droit

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 11:30

Je suis assis dans un train qui se prépare a engager un ligne droite sans virages de 480 kilomètres. Paysage à gauche, une sorte de reg, un autre mot pour dire « rien ». A droite, même chose. Nullarbor est le nom qu’a donné à cet espace un type qui a pensé que c’est ainsi en latin qu’on devrait dire qu’il n’y a pas d’arbres… Alors je pense au temps qui passe. A notre société qui va en ligne droite vers sa fin prévisible, maintenant qu’il n’y a plus, ni à gauche ni a droite, la moindre trace d’une pensée politique vivante.

La fin que tout appartienne à quelques-uns, puis, inexorablement que les autres brutalement le leur reprennent. J’ai retrouvé ce texte que j’ai publié le 8 0ctobre 1997. Un fait divers mais qui marque qu’on est bien sur la ligne droite… Depuis 15 ans, rien n’a changé. La route s’étire,  on est presque  arrrivé     pjca

Les vautours à charte

Il semble qu’il n’y a pas de limite au nombre de couleuvres que ceux qui nous gouvernent peuvent faire avaler au monde ordinaire. Ainsi, la Banque du Canada vient d’annoncer froidement qu’elle augmente les taux d’intérêts pour “contrer une reprise économique trop rapide qui POURRAIT créer un risque d’inflation”. Personne ne s’inquiète. Les médias sont muets.

Muets encore, les médias, quand les banques a charte annoncent qu’elles vont refiler à leurs clients le DOUBLE de l’augmentation du taux d’intérêts que leur impose la Banque du Canada.

Silence encore, et personne ne rigole, quand la Banque du Canada se dit “surprise” par la décision des banques. Décision, bien sûr, dont il faut croire qu’elle n’a pas été concertée entre les banques – concurrence oblige – et que la Banque du Canada n’en a pas été préalablement avisée.

Ce qui est choquant, ce n’est pas tant que les possédants soient à quatre pattes sous la table pour ramasser les miettes avant que Lazare ne s’en nourrisse, c’est qu’ils se donnent si peu de mal pour dissimuler l’opération. Il semble que nous ayons atteint le point où le système n’a plus ni la peur ni le respect d’une population que son apathie condamne à une descente progressive aux enfers.

En langage clair, voici ce que la Banque du Canada, les banques et le gouvernement viennent de faire: virer sur le compte des possédants environ 1% par année d’une dette publique et privée d’environ 1,2 TRILLION, soit 12 milliards, dont une partie significative restera aux mains des banques a charte.

Ces 12 milliards sortent des goussets du monde ordinaire. Ce sont les intérêts supplémentaires que vous allez payer pour votre maison, pour votre auto… et sur le solde impayé de vos cartes de crédits, car une hausse du taux de base se répercute à travers toute la structure.

Ces 12 milliards iront dans les goussets de ceux dont les besoins sont satisfaits et n’entraineront donc pas une plus grande consommation. En fait, on vient de décider de NE PAS augmenter la consommation de 12 milliards. On vient de décider de NE PAS CRÉER LES 150 000 EMPLOIS qui auraient été nécessaires pour produire ces 12 milliards de produits de consommation.

Ne pas créer ces emplois, c’est ce qu’on appelle freiner une croissance trop rapide. Virer 12 milliards aux riches, pour les rassurer que tout gain de productivité finira bien dans leur poche et non dans celle des miséreux ou de la classe moyenne, c’est ce qu’on appelle “contrer les risques d’inflation”.

La principale activité de nos gouvernants n’est PAS de lutter contre le chômage; c’est, au contraire, de garder le chômage au niveau le plus élevé qui n’entraîne pas de désordre civil incontrôlable. Vous ne le croyez pas? Regardez comment la Bourse BAISSE chaque fois que les chiffres de l’emploi s’améliorent. Regardez et comprenez. Croyez-vous que l’objectif de nos gouvernants soit de réduire le chômage, même au prix d’une baisse des valeurs en Bourse… ou de maintenir le prix des valeurs en Bourse en faisant en sorte que le chômage ne diminue pas?

Nous venons d’avoir la réponse – encore une fois – de la Banque du Canada: on vient de faire en sorte qu’il n’y ait pas de reprise de la croissance… On vient de relancer le chômage au profit des banques – les vautours à charte –  et de ceux qui vivent de leurs intérêts.

Pierre JC Allard

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6 commentaires »

  1. « La fin que tout appartienne à quelques-uns, puis, inexorablement que les autres brutalement le leur reprennent. »
    Mais mon pauvre, que peuvent bien « reprendre » les autres… Au final, ils auront encore moins. La pauvreté est une maladie de l’âme et n’a rien à voir avec la vie, seulement avec les socialauds et technocrates.

    Commentaire par Josick d'esprit agricole — 06-02-12 @ 1:00

  2. @ josick

    « que peuvent bien “reprendre” les autres… » La possession des choses et les réseaux d’échange de services. L’argent-papier ne vaut rien quand on replie le jeu de Monopoly.

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 06-02-12 @ 7:46

  3. Bonjour!

    Je lis votre blog depuis quelques temps, j’apprécie votre manière de décrypter nos sociétés. Je suis française et à l’approche des élections, je me suis renseignée et documentée sur les candidats, je suis arrivée à une conclusion: ces gens ne gouvernent pas et ne gouverneront pas dans l’intérêt de la France. Cette affirmation m’est venue un jour où je me disais que nous sommes l’un des pays qui paye le plus d’impôts (toutes taxes confondues) au monde, alors comment se fait-il que nous ayons une dette aussi élevée? Où va véritablement l’argent? La sécurité sociale a le dos bien large, elle ne peut pas tout justifier.

    On se fout de nous… Je ne vois pas d’autre réponse.
    Bien à vous,
    H.

    Commentaire par Heva — 11-02-12 @ 1:30

  4. @ Heva

    Nous ne sommes pas un peuple gouverné, mais un cheptel exploité. Mais c’est la relation qui correspond au comportement des intervenants… Faites VOUS quoi que ce soit pour que ça change ?

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 11-02-12 @ 5:25

  5. TOUT dans nos sociétés modernes, dites démocratiques, est basé sur les SUPPO… sitions.
    Les journalistes sont SUPPO…sés dire des vérités et être le contre-pouvoir du peuple au jour le jour, mais en fait ils sont la voix de leur maître, celui qui les emploie, soit Merdock, soit Barakmock, le tout en provenance directe de Tell’àbite qui leur dicte ce qu’il faut dire.

    Les politiciens sont SUPPO…sés nous représenter pour faire des nouvelles lois qui tiennent compte… de l’avis de ceux qui ont payé leur campagne! Et ça c’est extraordinairement magnifique car le jour où vous n’êtes pas d’accord avec ce que votre élu a voté, vous ne pouvez jamais le voir, il sera toujours TRÈS auQPé à Paris, Washmintong, Autawak, etc. Mais que fait-y donc? Vous ne le voyez jamais sur les rangs du Parlement! Il ne vote jamais rien de tout ce qu’il a promis, il ne pond pas une seule loi… Ohhh, il doit y avoir un truc!

    Je suis pour le remplacement de tous ces abrutis par des ordinateurs à domicile, gratuits, sécurisés et ce sera le vote permanent: Voulez-tu (mé oui c’est perso!) des impôts?: OUAIS! En veux-tu une armée de feignants? NON! Des profs incompétents: NON Des élèves stupides? : Encore moins. Une santé publique à 3 vitesses? etc., etc. Et comme ça tous les soirs.

    Ah, j’oubliais: pendant le temps du vote on coupe la télé et les intox diverses. Bof, ce ne sont que quelques cases à cocher…, vous ne serez pas privés de votre série étatsunienne préférée.

    Commentaire par Pijot — 04-04-12 @ 5:32

  6. C’est tout à fait vrai. On m’a appris dans mon passé à l’usine que « c’est bien beau de gueuler quand le boss est partit, mais si t’es pas content commence par lui faire savoir ». J’ai aussi appris que le grand soir, on ne l’attend pas patiemment, on le fabrique (j’utilise « le grand soir » comme une image, je n’y crois aucunement). C’est ainsi, que j’ai décidé de reprendre des études pour donner aussi un sens à ce que je fait. Mais mêler l’acte à la parole est une chose rare! J’ai entendu, un jour, une jeune fille lors d’un discours à l’onu (des enfants, s’entend), dont une phrase m’a particulièrement touché : « nous ne sommes pas ce que nous disons mais ce que nous faisons ».

    Une petite phrase d’un « citoyen » du futur paradis post-démocratique mais toujours ultra libéral (vive la liberté…. de baiser les autres), j’ai nommé l’Europe!

    Commentaire par Gnieu — 04-04-12 @ 5:52


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