Nouvelle Societe

11-01-11

La crise de l’argent… en 1 000 mots

Filed under: Actualité,Auteur — pierrejcallard @ 12:00

Posséder des choses et pouvoir en disposer, c’est la richesse. On peut faciliter la manipulation de cette richesse en la représentant par des symboles. Ainsi, un immeuble par son titre de propriété, ou toute richesse par « quelque chose » dont on convient qu’il en est la représentation et peut y être substitué à volonté. Si ce quelque chose peut être substitué a tout il devient une monnaie. On peut penser que cette chose a une valeur intrinsèque et elle aura bien celle que lui confèrera le consensus : l’or, par exemple. Elle peut aussi n’avoir que celle que décrète l’État, qui sera à la mesure du pouvoir de l’État de l’imposer.

Quand la richesse est représentée par une monnaie, toute l’activité économique peut se passer en monnaie et il se créée un univers monétaire qui devient in miroir de la réalité. Le problème est que ce miroir peut être déformant. À l’incertitude découlant des fluctuations de la valeur des choses selon leur utilité et leur rareté, vient donc s’en ajouter une autre qui dépend des imperfections du miroir. De la spéculation, car speculum veut dire miroir en latin…

Il y a des siècles que les plus futés ont compris qu’on pouvait dépouiller les plus jocrisses de leurs biens, en jouant sur les variations du rapport de valeur entre les choses et leurs symboles. D’abord des banquiers, puis des gouvernants et enfin aujourd’hui une gouvernance discrète de banquiers, d’autant mieux occultée que l’État se fait un point d’honneur de montrer qu’il ne touche pas à la monnaie… Depuis trois générations, on a créé de la monnaie en rendant de plus en plus « souple » le rapport du symbole à la réalité de la richesse.

La monnaie excédant la richesse réelle ne représentant rien du tout, elle a pu librement être accrue et cette monnaie excédentaire est restée entre les mains des banquiers futés, créant d’abord l’illusion qu’ils pouvaient à leur discrétion acquérir un part croissante de la richesse réelle. Puis cette illusion est devenue peu a peu une réalité. D’abord, tout ce qui pouvait produire dans la société n’a plus produit que sur des fonds en monnaie sans valeur avancés par la banque. Le taux d’intérêt, couplé à celui de l’inflation – les deux déterminés par l’État, portant le masque « marché » – étant totalement discrétionnaire, le Système prend ce qu’il veut des entrepreneurs, leur profit n’étant que ce qu’il en reste quand ils ont payé son intérêt à la banque.

L’entrepreneur est libre d’exploiter ses travailleurs et les consommateurs, mais le droit de cuisse de la banque est sacré. Contrôlant la production, les banquiers ont complété leur mainmise en introduisant le crédit à la consommation. Quidam Lambda, à son tour ne s’est vu laissé du salaire de son travail que ce qu’il en reste quand il payé ses intérêts sur ce que les banquiers lui ont prêté… après, bien sûr, avoir aussi acquitté ses obligations fiscales directes et indirectes.

Le fisc, contrairement à ce que disent les méchantes langues, ne sert pas qu’a payer des fonctionnaires et a distribuer des avantages aux copains – on pourrait plus simplement imprimer l’argent et le leur donner – il sert surtout à ÉQUILIBRER les revenus, pour que la consommation s’adapte le plus avantageusement possible à la structure production et à sa lente évolution, selon le rythme qui optimise les profits des producteurs… et le paiement sans heurts de la meilleure rente aux banquiers. Toute production et consommation contrôlées et équilibrées, nous avons ainsi le meilleur des mondes. Dans le miroir.

Dans la réalité il y a des bavures, mais n’en sont victimes que ceux qui n’ont aucun pouvoir et donc aucune importance. Tout ce qui compte se passe dans le miroir, les banquiers contrôlent l’argent et l’argent arrange tout. Si tout est si bien… pourquoi tout va-t-il si mal, même dans le miroir ? Parce que quelques super-futés ont exagéré. Des prédateurs sont apparus qui bouffent du tigre. Ils ont appris a Harvard comment agencer des miroirs pour en faire des télescopes et comment blouser même des banquiers. Ils ont créé des instruments monétaires légaux, mais si incongrus, qu’ils permettent d’assurer les pertes… et de transformer les pertes en gains. Ils savent si bien corrompre même les corrupteurs, que toute perte à leurs livres se retrouve sur les comptes publics. Ce sont les Goldman Sachs et les Stanley Morgan…

Ce qui est inquiétant, ce n’est pas ce qu’ils font – on a déjà vu des monnaies s’effondrer – et les riches ont toujours exploité les pauvres, c’est le sans-gêne non seulement tranquille, mais OSTENTATOIRE avec lequel ils le font. Il est clair que l’argent ne vaut plus rien et ne tient que par la crainte révérencielle qu’inspirent les États émetteurs, essentiellement les USA. On a mis en place un système qui sciemment n’est pas fait pour durer, mais pour s’autodétruire au moment choisi. Et on le montre assez clairement pour que tous ceux qui méritent de le savoir le voient.

Le monde est donc dans la situation de faire du négoce avec la devise d’une armée d’occupation. On sait que personne ne veut être occupant pour l’éternité : ce n’est pas la jouissance paisible, agréable dont rêve notre société hédoniste. On sait que quiconque a le pouvoir ne peut qu’avoir dans ses cartons un plan de retour vers une situation de normalité. Ce qu’on ignore, c’est si les détenteurs de biens réels seront aussi mis à contribution… et qui supportera les pertes.

Ce ne peut être les pauvres, on a déjà fait le nécessaire pour tout leur prendre et nul besoin d’un cataclysme financier pour continuer de les exploiter tant qu’on pourra. Il semble donc que, dans un grand souci d’égalité, ceux qui ont beaucoup ruineront les sans-pouvoir qui n’ont que peu et que ce seront les « petits riches » qui porteront le chapeau. Au grand plaisir des plus humbles qui, à défaut de s’enrichir, trouveront assez équitable que leur cousin cossu les ait maintenant rejoints… Si j’avais un million ou deux je m’inquiéterais…

Pierre JC Allard

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