Nouvelle Societe

27-10-10

Le scénario du pire

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 7:27

Comme tout le monde, je lis les nouvelles de France. Comme tout le monde, j’espère que quelque chose va interrompre la spirale  descendante qui semble mener à un de ces affrontements entre une population et son gouvernement dont nous parle Orwell dans 1984.

Comme beaucoup, je veux croire que  la tradition de démocratie en France va prévaloir…. Mais il serait bête de se cacher que cette « démocratie » n’est pas tout à fait celle que les Français voudraient. Quels sont les risques d’un dérapage vers la violence ? Si ce dérapage se produit, comment s’amorcerait-il ?

Le point le plus chaud ? L’approvisionnement en produits pétrolier.  Les dépôts de carburants sont certainement protégés, mais ils sont d’autant plus vulnérables que l’ennemi n’est pas à l’extérieur, mais dans les murs.  Tout sabotage serait ici un coup droit à la jugulaire du système.  La marge de sécurité est bien mince.  Il suffit d’UN SEUL SABOTEUR.  Est-on sûr que, de tous ces gens qui protestent, pas un seul ne tentera  un geste irréparable ?

Supposons un tel geste, ou pire un attentat.   Que se passerait-il si, dans le cadre d’un tel attentat, une réaction policière trop musclée faisait accidentellement une ou des victimes dans un foule de manifestants ? Comment réagiraient les syndicats ? Pourraient-ils, au point où l’on en est, calmer le jeu ?  Si la population ne suit plus les mots d’ordre, mais prend la voie de la grève perlée, du sabotage gratuit, de la désobéissance civile, Existe-t-il un pouvoir assez fort, une autorité assez crédible qui puisse la ramener à l’ordre, ou ne va-t-on pas vers un énorme Mai 68 ?

Notre société est, plus que tout, une structure infiniment complexe de production et de consommation. Elle est fragile. son équilibre est toujours précaire.  Il suffit de bien peu pour en enrayer le fonctionnement.   Il ne faut qu’un peu de mauvaise volonté pour que plus rien ne fonctionne bien et quelques gestes individuels pour qu’elle ne fonctionne plus du tout.

Nous dansons sur un fil, les yeux fermés. A peu près tout le monde a lu ou feuilleté un peu l’« Insurrection qui vient ». L’avons-nous bien compris.   Voit-on qu’un scénario d’anarchie,  plus passive qu’active, n’en est que plus imparable puisqu’il ne demande qu’à laisser faire…

Est-on prêt pour le scenario  du pire, qui est que la population, plus ou moins consciemment,  SOUHAITE que la machine s’arrête ?

Si on en arrive là, l’anarchie apparaîtra et seule l’Armée pourra prendre les choses en main.  Tout peut  alors devenir incertain, discutable, car il ne s’agit pas de mettre en cause la loyauté de l’Armée, mais de se demander  si elle doit cette loyauté à un gouvernement qui n’a plus la confiance que d’un quart de la population… et dont la légitimité repose sur un résultat électoral obtenu par des promesses qui n’ont pas été tenues.

Ne la doit-elle pas plutôt à la « Nation »,  que peuvent prétendre constituer les trois-quarts  de cette population qui ne font plus confiance à la gouvernance actuelle ?

Si l’Armée devient l’arbitre – comme elle l’a été en 1958 –  existe-t-il, dans ce qui est aujourd’hui l’opposition au régime, l’embryon d’un consensus de gouvernance consensuelle qui serait l’alternative démocratique à un simple coup d’État ?

Il semblerait important que tous ces politiciens, de gauche comme de droite, dont la crédibilité a été bien malmenée, mais qui sont néanmoins les seuls dépositaires d’un mandat populaire parcellaire, se mettent d’accord sur un plan B  qui soit, en cas de déchéance du régime, une meilleure  solution immédiate que de laisser le champ libre à l’anarchie ou à une dictature.

Peut-etre « ceux d’en haut » n’ont-ils pas compris la hargne de  « ceux d’en bas » et la menace implicite de violence qu’elle recèle.  C’est une inconscience inquiétante.  Il est bien téméraire, avec la crise financière qui s’aggrave et le discrédit du pouvoir, de ne pas prévoir une alternative  qui soit la bonne riposte au scénario du pire.  Cette riposte ne peut être légitime que si elle repose sur un large consensus.  Il faudrait construire ce consensus. Tout de suite.

Pierre JC Allard

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4 commentaires »

  1. Je ne suis pas certain de comprendre votre billet.
    Il ne faut pas mettre tous les contestataires dans le même panier.
    Nous sommes à la veille de grands changements planétaires. Probablement à l’aurore d’une révolution économique et politique planétaire car le système capitaliste n’arrive plus à distribuer équitablement la richesse et le travail. Si depuis 50 ans l’endettement des États et des individus a financé l’insolvabilité du système, aujourd’hui, l’élastique est étiré jusqu’au bout.

    Pour revenir au sujet de votre billet, il existe plusieurs fractions révolutionnaires très organisées dans le monde, en France et au Canada. Parmis eux, les marxistes, libertariens, léninistes, anarchistes, fascistes, etc. Il existe des extrémistes dans tous ces mouvements et l’ignorance de leur idéologie encourage leur extrémisme.

    Je trouve que votre texte est très réactionnaire, manichéen, mais surtout alarmiste. Au lieu de prendre position pour le statu-quo et la paix sociale à tout prix, vous devriez suivre la mouvance révolutionnaire et participer à l’activisme citoyen dans le but d’établir une réelle démocratie participative. Le « large consensus » social que vous semblez attendre n’arrivera probablement jamais. Les intérêts du peuple et de la haute aristocratie ne sont plus compatibles quand tout a brûlé.

    Commentaire par UnionRevolte — 12-11-10 @ 9:43

  2. @ UNionRevolte

    Je ne me perçois pas comme réactionnaire… Surtout, ceux qui ont lu un peu mes articles ne me perçoivent pas du tout comme réactionnaire… Il est possible que vous vous attachiez plus a la lettre qu’a l’esprit de ce texte. Si vous en lisez quelques autres de moi, je pense que vous me verrez différemment.

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 12-11-10 @ 11:39

  3. « Orwell dans 1984 » concernait le communisme mais on peut effectivement le transposer dans pas mal de cas y compris en Sarkosie qui est un gvt qui a peur plus que tout autre chose. Les masses beuglardes ont démontré une fois de plus qu’elles savaient avec la plus extrême précision ce qu’elle voulaient quand elles le voulaient et pourquoi elles le voulaient, elles ont fait montre d’une unité de points de vue éclatante et n’ont absolument pas manifesté pour manifester en manifestant…

    Commentaire par zelectron — 13-11-10 @ 3:20

  4. @ zelectron:

    Les ‘masses beuglardes’ on ete encadrées, manipulés et récupérées. Elle reculent devant l’admission qu’il faut fairer ‘autre chose »… ou accepter la domestication a la 1984. Monolecte exprime tres bien cette hésitation.

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 13-11-10 @ 12:35


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