Nouvelle Societe

10-07-09

281 Le G8 attentiste

Le G8 qui vient de se réunir à L’Aquila en Italie se solde par un report des décisions significatives vers deux nouvelles échéances : a) le prochain G20 qui se tiendra à Pittsburgh les 24 et 25 septembre prochain pour apporter une solution à la crise financière, et b) la négociation internationale sur le climat qui se tiendra à Copenhague en décembre.

On parle bien plus du second de ces deux événements. Apparemment à raison, car si le réchauffement présumé de la planete est averé, c’est bien en effet, sub specie aeternitatis, le probleme qui rend futile tous les autres. On a donc un plan.

Pour éviter que l’augmentation de la température de la planète ne dépasse les deux (2) degrés Celsius d’ici à la fin du siècle, le G8 propose de réduire de moitié les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Pour persuader les pays en développement – surtout la Chine et l’Inde – de collaborer à cet objectif, le G8 s’engagerait à ce que celles des pays industrialisés baissent de 80%

Généreux. Mais il faut se souvenir que c’est demander aux pays émergents de ne pas se developper aussi vite qu’ils le pourraient et donc de rester pauvres plus longtemps, en se privant des moyesn qui ont permis aux pays riches de s’enrichir… De plus, en ne précisant pas l’année de départ de référence pour la réduction des émissions de CO2, Les pays développés trichent encore un peu… Une discussion musclée en perspective à Copenhague. Et pourtant…

Pourtant, Copenhague sert de diversion, car de ces deux rendez-vous, c’est celui de Pittsburgh qui est de loin le plus important. Pas pour l’éternité, pour tout de suite.

Lorsque le G20 s’est réuni à Londres en avril dernier, la crise financière n’avait pas encore révélé toute sa malice. Un désaccord se dessinait entre les USA et les autres, mais les alliances qui auraient permis de connaître les soutiens et donc la force des joueurs n’avaient pas encore été scellées.

Mis a part un engagement d’augmenter les ressources du FMI et de la Banque Mondiale – mais bien en deçà de ce qui aurait été nécessaire pour vraiment regler cette crise – un consensus tacite s’est donc établi à Londres pour ne s’entendre sur rien. Mais le G20 de Pittsburgh DOIT apporter une solution à la crise financière.

La situation ne sera plus du tout la même. Quand les mêmes 20 participants se rencontreront à Pittsburgh en septembre, la crise aura été là depuis environ un an et il faudra y mettre fin rapidement, en garantissant une stabilité monétaire avant que le commerce international ne s’effondre.

On pourra le faire, car on connaît maintenant l’ordre de grandeur de l’insolvabilité du systéme financier global – on parle de USD $ 600 T – et l’on sait que cette dette ne peut qu’être dénoncée ; il ne s’agit donc que de s’entendre sur la façon de le faire. Les gestes préalables à une cessation de paiement auront été ou seront sur le point d’être posés.

Aux USA, des centaines de milliards ont été distribués aux copains par le plan Paulson et autrement. Ailleurs – dont en France – on va incessament lancer des emprunts nationaux. Les sommes en seront dérisoires, au vu des montants dûs, mais ils suffiront à mettre aussi à l’abri la richesse amie. Tout ce qui importe sera déjà dans les chaloupes de sauvetage et Chrysler et GM sont là pour servir de modèles à une reprise de l’industrie par l’État et les travailleurs.

Si on en parle moins de Pittsburgh que de Copenhague, c’est qu’il n’est pas si opportun d’en parler. L’ intérêt des USA, dont le dollar sert aux autres de devise de réserve, est de continuer à en émettre le plus possible, exportant en fait leurs problèmes sur les autres… Celui des autres est d’empêcher les USA de poursuivre cette dilution de leurs obligations.

Ostensiblement, ce sont les 4 de Yekaterinbourg qui monteront au front à Pittsburgh et ils ne pèsent pas encore bien lourd. Mais il est clair que les intérêts de l’Europe – et en fait du monde entier – s’opposent ici à ceux des USA. La discussion ne sera donc pas aussi inegale qu’il y parait. On saura à Pitsburgh quelle voie le monde va prendre et il n’est pas sûr que ce soit celle des USA

Pierre JC Allard

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6 commentaires »

  1. @pierre Est ce que l’on peut raison garder ?

    Je répéte a qui veut garder raison :

    Est ce que c’est mieux un réchauffement ou une période glaciaire ?

    Ere glaciaire qui serait advenu – bon grès mal grès.

    Une chose le froid c’est la mort. Et en général le désert c’est la mort.

    La terre est la premiere planète terraformé par le « génie » – ou la bétise humaine. Il n’en reste pas moins qu’un réchauffement au moins du point de vue des pays du nord est plus positif ( et viable ) qu’une période glaciaire. Le problème du climat est généralement mal compris ( le probleme n’est pas que le CO2 – ni le méthane en partie par les animaux domestique, mais toutes l’activité humaine dans la société industrielle et ceux qui n’en tiennent pas compte sont a chasser ) – ou c’est un outil idéologique sur les masses pour gagner des élections depuis 20 ans ( ou depuis que la compréhension du social et des ‘classes’ a disparut meme chez les « élites » ).

    Commentaire par Eric — 10-07-09 @ 9:22

  2. @ Eric

    Ma façon de raison garder est un attentif mais indéracinable scepticisme… avec tout de même l’ébauche d’un plan, pour si les Cassandre avaient raison et qu’un gros cheval apparaissait à la porte.

    https://nouvellesociete.wordpress.com/2008/08/31/pour-lamour-de-gaia/

    pjca

    Commentaire par pierrejcallard — 16-07-11 @ 7:13

  3. @Pierre

    ce commentaire vous sied bien; la dernière vision de Cassandre dans l’Orestie d’Échyle(pièce que j’ai joué jeune) est la mort d’Agamemnon et la sienne, son plan n’avait pas prévu la vengance Clytemnestre; quand au cheval, si le virus entre en place, tout éclate. Possible qu’il y soit déjà!

    La jeunesse, Oreste s’alliant à Égisthe, est l’espoir.

    DG

    Commentaire par Denis Gélinas — 16-07-11 @ 12:16

  4. Les bonimenteurs de G de tous les numeros nous parlent d’espoir, mais ça reste toujours « le sang d’Atrée et de Thyeste »…

    pjca

    Commentaire par pierrejcallard — 16-07-11 @ 2:44

  5. Faudrait m’expliquer G en dehors de la franc-maçonnerie :-),

    en effet le terrorisme se nourrit du sang de ses victimes;

    l’argent ne valant ‘rien’ il reste quoi?
    l’activiste, au pire, s’en prend aux biens matériels.

    DG

    Commentaire par Denis Gélinas — 16-07-11 @ 4:16

  6. « l’activiste, au pire, s’en prend aux biens matériels ». Ou, comme je le dis dans mon article sur Ted Kaczinski, il se fâche et commence à faire des cartons

    Pierre JC

    Commentaire par pierrejcallard — 17-07-11 @ 9:49


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