Nouvelle Societe

23-06-09

264 Le GRAND EMPRUNT NATIONAL

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01
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Le Président Nicolas Sarkozy nous annonce un GRAND EMPRUNT NATIONAL On pleure ou on se réjouit ? Comme vous voudrez, car non seulement vous n’y pouvez rien, mais il n’y a pas d’alternative. Songez que la planète Terre va aussi disparaître dans quelques milliards d’années. Vous voulez vous faire du mouron avec ça ?

En octobre dernier, quand la crise est venue et que la Federal Reserve Bank a « rassuré » les badauds en annonçant qu’elle prêterait des dollars en « quantité illimitée » aux banque centrales européennes, ceux qui savent lire entre les colones de chiffres ont compris que le dollar ne valait plus rien : il n’y a que du vide sidéral dont on peut disposer en quantité illimitée.

J’ai alors écrit qu’on résoudrait la crise financière en nationalisant les institutions financières et en remboursant la dette publique, ce qu’il ne fallait pas beaucoup de talent pour prévoir, mais un certain courage pour dire. La crise de la production, elle, serait résolue en remettant la clef des industries aux travailleurs et le malaise social en mettant la démocratie en veilleuse. Pas de mérite à ça, je le disais depuis 20 ans ! Ce plan suit son cours.

Les USA ont maintenant pris le contrôle de leurs institutions financières et refinanceront leur dette dès qu’ils auront testé in vivo la procédure. C’est pour ce test que la France va sans doute servir de cobaye. Vous voyez à quel point on nous fait confiance ?

Pourquoi cet emprunt ? Je vous engage à lire beaucoup sur le sujet, mais, en quelques phrases, voici ce qui se passe,

1. Il y a bien plus de monnaie en circulation que de biens à acheter. Certains disent 40 fois plus, ce qui signifierait que tout ce qui est exprimé en monnaie – vos fonds de retraite entre autres – vaudrait en termes réels 2,5% de sa valeur nominale. Inflation à craindre. Il y a des précédents. Très désagréable.

2. La moins désagréable des solutions est de faire disparaître cet « argent de trop » entre les mains de ceux dont on juge qu’ils en ont trop. On a ainsi vu s’égarer USD $ 9 trillions à la FRB même, vu saisir des milliards en petites coupures – des millions – à la frontière italienne et l’on sait que ce n’est que la pointe du iceberg. Simultanément, on lance la rumeur que la Corée du Nord imprime de faux billets… On fait ce qu’on peut.

3. Ceux qui en ont beaucoup, toutefois ne sont pas tous persuadés qu’ils en ont trop. Au lieu d’un affrontement brutal pour le leur prendre, on va donc le leur emprunter. Ceux des riches qui sont doués vont comprendre qu’on leur rend un grand service. Cet argent NE VAUT RIEN. S’ils cherchaient à l’utiliser, une inflation inouïe en réduirait la valeur à rien En le prêtant à l’État, ils le mettent en animation suspendue. Cet argent ne circulera plus et la monnaie gardera sa valeur nominale.

4. On leur rendra cet argent dans 20, 30 ou 50 ans. Une inflation – calculée exactement pour ça – n’aura préservé de cet argent, en valeur réelle, que la part qu’on aura voulu leur laisser de la richesse nationale; mais, durant ce temps, ils seront restés des « riches » et ils auront gardé le pouvoir. Ce qui est bien ce qu’on veut.

5. Ils souscriront donc à l’emprunt. On empruntera pour relancer l’économie, mais aussi pour substituer à la dette publique actuelle une nouvelle dette qui portera un intérêt moins lourd. Et si les bas de laine ne s’ouvraient pas… ? Ce serait bien bête, car une guerre ou une crise – une épidémie ? – justifierait qu’on aille chercher cet argent de toute façon.

6. Chaque Euro qui sera confié à l’État dans le cadre de cet emprunt diminuera la disparité entre la valeur du stock monétaire en circulation et celle des biens réels… réduisant d’autant l’inflation requise pour distribuer les pertes, rétablir l’équilibre et donc mater la crise. Quels génies sont nos dirigeants ! De toute façon, il ne peuvent se tromper, car c’est l’inflation qui ajustera tout et l’ajustement sera donc parfait.

Evidemment, en distribuant les pertes, chacun va jouer dur pour que ce soit le voisin et pas lui qui porte le chapeau. Mais ça, ce ne sera en rien différent de ce que l’on fait depuis toujours. On fera pour le mieux… Et les pauvres étant plus nombreux et plus braillards, ils y gagneront peut être même un peu !

Pierre JC Allard

12 commentaires »

  1. Vos analyses sont toujours aussi éclairantes. 9 sur 10 pour éviter l’inflation psychologique. Disons 9.9
    Par contre, la réponse réduite d’hier à mon intervention, 3 sur 10, m’a fais emtrevoir que le colosse pouvait avoir des pieds d’argile.
    Je ne suis pas un Jésus freek, ni un newager. Même si le mot conscience ne rime pas avec finance, cet aspect de la réalité mérite qu’on s’y arrête.
    Sûrement que vos préoccupations ne vous ont pas permi de voir l’importance du sujet.
    Bonne journée.

    Commentaire par Redg — 23-06-09 @ 8:05

  2. @Redg je vous ai répondu pour le logiciel sur l’encyclopédie.

    Redg : on ne change pas le monde en ouvrant les « yeux », avec de la spiritualité : – ouvrir les yeux pour quoi ? Être obligé d’etre hypocrite ou cynique pour accepter et justifier le monde devant ses yeux ?

    Alors qu’il faut changer les choses et pas simplement une manière de voir ( ou de rester dans le déni ).

    il faut changer les schémas, la mécanique, le système : la systémique.

    je doute que les pouvoirs bien présents dans la politique/monde soit si bien intentionnés a l’égard des populations – et viseront un monde – juste – dans leurs changements en cours.

    Commentaire par Eric — 23-06-09 @ 8:44

  3. @ Redg:

    Merci pour le 9,9… Quelle est la référence exacte au 3/10 ? Si j’ai dit une bêtise je demanderai un droit de reprise…

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 23-06-09 @ 11:56

  4. Je m’interroge sur le point de départ de votre démonstration ou il est dit qu’il y aurait  » 40 fois plus de monnaie que de biens à acheter « ,
    Une certaine quantité de monnaie ne représente pas la valeur d’un bien , mais seulement la possibilité d’acheter tout ou partie de ce bien . Tant que la transaction n’est pas réalisée , un bien n’a aucune valeur en terme de monnaie,
    Ex : Si j’ai suffisamment de monnaie pour acheter la totalité des actions d’une entreprise , mais que je n’en achète que la moitié , il est fort probable que la valeur de la moitié restant sur le marché augmente , et que je n’ai plus suffisamment de monnaie pour l’acquérir,
    Alors , comment peut on dire qu’il y a plus de monnaie que de bien disponibles quand le rapport entre les deux est si fluctuant ?
    J’apprécie beaucoup vos articles , mais je ne suis pas économistes , veuillez donc excusez la naïveté de ma question.

    Commentaire par Erik16 — 28-06-09 @ 9:47

  5. @ Erik16

    La réponse découle de votre énoncé. Vous dites: « Tant que la transaction n’est pas réalisée, un bien n’a aucune valeur en terme de monnaie » Dites plutôt qu’Il a la valeur présumée de ce qu’on en offre: la valeur du marché. C’est l’argent pour l’acheter qui n’existe pas… jusqu’à ce qu’on le crée en s’appuyant sur la valeur bien réelle – mais indéfinissable, si on n’a pas un point de référence – du bien convoité lui-même.

    Quand on créé cet argent, par ce qui est maintenant une décision discrétionnaire du pouvoir, on peut le faire à la hauteur de ce qu’on croit honnêtement la valeur des biens réels… ou en créer beaucoup plus. Quand vous achetez la moitié des actions d’une entreprise – et les gardez – vous diminuez l’offre, et la demande sera donc disposée à payer plus pour celles qui sont encore en marché, mais la valeur réelle des actions, comme représentation des biens qu’elles symbolisent ne change pas.

    Si vous utilisez le prix à la hausse offert, comme prétexte pour créer plus de monnaie, vous changez le rapport de la monnaie à la réalité. On ne reéquilibre éventuellement ce rapport qu’en offrant plus d’argent pour les mêmes biens. C’est ce qu’on appelle l’inflation.

    On en a créé beaucoup plus, de sorte qu’il y a trop d’argent pour acheter les biens réels à la valeur qu’on prétend celle du marché. Il y en aurait juste assez si le marché accordait aux biens une valeur monétaire plusieurs fois plus grande… ceux qui ont de l’argent ne sont pas d’accord, mais il faut le faire quant même… Ça peut être bien brutal. On fait donc bien des pirouettes pour éviter de le faire… Voyez l’article en lien et les 4 suivants.

    http://nouvellesociete.org/A60.html

    Si vous voulez aller en profondeur dans le fonctionnement de la monnaie et voir des solutions, c’est plus complexe. Si vous avez du temps, voyez alors le texte http://nouvellesociete.org/706.html

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 28-06-09 @ 10:58

  6. Merci pour ces éclaircissements.

    Commentaire par Erik16 — 01-07-09 @ 12:52

  7. J’aime l’odeur de cette article, mélange de calme braises et de chaud bitume prêt à se craqueler.
    Des réflexions à faire circuler en tout cas.

    Commentaire par Mowgli Montier — 07-07-09 @ 8:08

  8. @ Mowgli Montier: Circulez, il y a à voir :-))

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 07-07-09 @ 10:13

  9. Je ne comprnds prtiquement rien aux finances !
    Mais il me semble que cet emprunt aille à la catastrophe.
    Qui peut faire confiance au gouvernement français dans cette affaire , pas moi.Le fiasco est prévisible NON ?

    Commentaire par fouille45 — 24-09-09 @ 12:00

  10. Un emprunt permet d’enlever de l’argent qui est en circulation, de rendre ce qui en reste plus rare et d’en augmenter la valeur en réduisant l’offre. Tres efficace dans une économie réelle, mais quand tout est virtualisé, il ne s’agit que d’un prétexte pour prendre de Pierre et donner à Paul… ce qui n’empêche absolumnet pas de prétendre qu’on fait exactement le contraire… (N’importe quoi) + (ce que vous voulez) = n’importe quoi… et donc ce que le pouvoir veut. cqfd

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 25-09-09 @ 3:40

  11. Ce que dit Pierrejcallard dans le dernier message est rigoureusement exact.

    L’argent n’est plus une « représentation » d’une commodité, mais une commodité en elle-même. Or, ce n’est que du papier avec une valeur numérique imprimée dessus.

    Cette réalité, pourtant fondamentale, on n’enseigne surtout pas à l’école !

    Commentaire par Gébé Tremblay — 27-09-09 @ 8:58

  12. @ G Tremblay: L’une des fonctions principales de l’éducation est d’assurer une cohésion sociale par une uniformité d’interprétation des faits. Les faits qui susciteraient des dissonances sont occultés.

    https://nouvellesociete.wordpress.com/2008/08/26/une-education-humaine/

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 27-09-09 @ 11:55


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