Nouvelle Societe

11-06-09

Des référendums sectoriels à bas prix ?

Madame Marois nous parle de référendums sectoriels et Monsieur Parizeau apporte sa caution, en introduisant toutefois un caveat :  Allons-y mollo, car chaque  réferendum coute tout de même 85  million !  Je suis heureux qu’on aborde ce sujet, car je parle depuis 20 ans de consultations populaires sectorielles.  Bien heureux, car je crois qu’il y a une solution pratique à la question des coûts et des efforts qu’exige une consultation référendaire.

Quand je suggérais des consultations  populaires fréquentes, il ne s’agissait  pas pour moi de départager les compétences fédérales et provinciales, mais plutôt de donner à l’État quelques mandats impératifs en divers domaines. Je reviendrai sur ces consultation et ces mandats imperatifs, car je crois cette question importante, mais il s’agit uniquement ici de constater que la méthode que je proposais pour réaliser ces consultations populaires est parfaitement applicable au réferendums sectoriels dont il est maintenant question. … ce qui permet de les réaliser à bon prix.

Comment ?  En utilisant le réseau Interac qui relie les institutions financières et permet la compensation des transactions.  Imaginons une entité – le Bureau des Élections –  pouvant accéder au réseau Interac comme une institution financière et ouvrant d’abord à chaque citoyen-électeur un compte “électoral”. À chacun d’eux on remet aussi un “Carte Citoyenne”, semblable  à ces cartes de debit que nous connaissons tous et à laquelle le détenteur assigne un mot de passe,

Il ne s’agit pas d’argent, dans ce compte, mais de droits de vote.  Au depart le compte est vide, mais l’État qui veut faire voter ses citoyens, ou tout segment d’entre eux, peut leur créditer à chacun  UN (1) vote au moment qu’il juge opportun.

Quand le compte a été ainsi “approvisionné”, le citoyen peut voter à tout guichet automatique en introduisant sa carte et son mot de passe. La machine rend son vote disponible, débite son compte, puis coupe le lien avec ce compte pour fins de confidentialité du scrutin, après quoi seulement elle lui émet un numéro aléatoire généré par ordinateur et fait apparaitre à l’écran les options de vote dont il dispose pour cette consultation.  L’électeur fait son choix et reçoit confirmation écrite du vote exprimé, portant reference du numéro d’identification aléatoire.

A tout moment, pour une période qu’on détermine, l’électeur peut introduire son numéro d’identification aléatoire et se verra alors confirmer le vote qu’il a exprimé. Une possibilité de contrôle citoyen bien dissuasive de toute manipulation, puisque l’électeur qui prétendra que le vote que lui indique le systeme n’est pas celui qu’il a fait en aura en main la preuve écrite !

C’est la sommation de tous les votes identifés par les numéros  aléatoires qui donne le résultat de l’élection et la confidentialité des électeurs est totalement préservée.   On comprend, cependant, que le même processus peut servir a sonder formellement la population avec régularité sur toute question d’intérêt.    

Si on veut alors obtenir des échantillonnages statistiquement valides, on peut mettre à la carte citoyenne des codes générant des nombres aléatoire à l’interieur de catégories pré-identifiées et indiquant les catégories démographiques ou socioéconomiques du détenteur sans devoir dévoiler son identité,

Non seulement les référenduns sectoriels deviennent faciles, mais des sondages préalables peu couteux permettent de savoir ce que l’électeur veut et de lui poser la question qui correspond  à ses desirs. N’est-ce pas ça, la vraie démocratie ?

 

Pierre JC Allard

7 commentaires »

  1. La Démocratie n’est-elle pas un système qui fonctionne bien quand tout va bien? Dans un système en expansion constante. Quand tout le monde est gagnant (certain un peu plus que d’autres certes) mais au final tout le monde à le sentiment d’avoir plus aujourd’hui qu’hier….
    Par contre, une fois qu’il faut prendre des décisions pour le bien de tous mais qui sont susceptibles de faire mal, d’être incomprises ou impopulaires, qui donnent l’impression de réduire les libertés. La démocratie reste-elle le meilleur système?
    Dans une famille quand un père prend une décision pour le bien de la famille (déménager, changer d’emploi, réduire certaine dépenses ou supprimer la télévision ou les sucreries tout simplement )le fait-il en questionnant chacun de ses enfants ou le fait-il par intuition, par sagesse parce qu’il sait que même si cela fait mal sur le moment plus tard on le remerciera?
    Bien à vous,

    Eric Lacasse

    Commentaire par Lacasse — 11-06-09 @ 2:30

  2. @ Eric L. C’est vrai pour tout système de gouvernement , même et si bien des fausses démocraties.

    Je vous conseil de lire ma contribution à l’édifice pour comprendre que les problèmes sont surement plus abstrait qu’un mode d’élection : Les « mains invisibles » interdisant le néoliberalisme

    fr.wikipedia.org/wiki/Main_invisible#Les_.C2.AB_mains_invisibles_.C2.BB_interdisant_le_n.C3.A9oliberalisme

    @ Pierre concernant la démocratie locale : parcipative , consultative voici ma contribution : fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mocratie_participative#Diff.C3.A9rence_entre_d.C3.A9mocratie_participative_et_d.C3.A9mocratie_directe

    Je m’occupe en ce moment de régler le cas du capitalisme « une fois pour toutes  » , est ce que vous avez des pistes qui pourraient m’aider.

    Je désirerai faire un appel pour les nouvelles sociétés , appelle a la résistance, très clairement, et également appel à ne pas payer la dette odieuse – ce qui cèlera le passage à une autre économie -.

    Commentaire par Eric — 11-06-09 @ 9:27

  3. @ Eric L. Vous prenez la comparaison la plus exacte. C’est bien un gouvernement paternaliste que l’on va mettre en place: plus de soutien, moins de liberté. Maintenant, il y a de bons pères et des pères indignes, mais la constante est que les enfants ne veulent pas du « paternalisme ». Ils en veulent les avantages, mais il faut lui donner une autre nom. Communisme, par exemple… Mais pour des raisons historiques on trouvera un autre nom 🙂

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 11-06-09 @ 11:27

  4. Eric: Intéressantes les contributions à Wikipedia. C’est un travail qui force à se discipliner. Concernant la démocratie participative et comment contrer le « divide ut imperat » implicite, voyez les rôles que je donne aux intermédiaires et aux référendums dans la démocratie contractuelle. ( Voir surtout les textes 611, 612 et 613)

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 11-06-09 @ 11:47

  5. Je suis presque de l’avis des taoismes sur ce coup là, le meilleur moyen de diriger : c’est de ne pas diriger.

    J’ajouterais qu’il faudrait un troisième pilier neutre : c’est le rôle en théorie de l’élue, mais l’élue se prend pour Dieu le père – la faute à la nature humaine ?- ou une dérive social historique ? -. En tout cas il ne remplis pas son rôle, pis il sort de son rôle.

    C’est pourquoi cet encadreur du débat ne doit pas être élue de dieu le peuple, il n’y a qu’ainsi qu’ « ils » pourraient être neutre.

    En résumé : pas d’élu, mais des organisateurs, des encadreurs , et dans la mesure du possible pas les mêmes. Imposant leur neutralité.

    Le référendum est outils pour les états : à plus petite échelle idéalement on devrait débattre.

    Je ne prend pas tout le monde pour un animal politique : mais tout le monde à le droit de s’exprimer et décider la politique – en restant logique ( c’est à cela que sert l’organisateur du debat locale ) : c’est la démocratie.

    Commentaire par Eric — 11-06-09 @ 12:16

  6. Sauf qu’en France la méfiance (pathologique) envers toutes forme de vote électronique suscite le rejet que tu imagines. Avant d’obtenir les RIC c’est sur ce sujet qu’il faut mettre l’accent et expliquer sans relâche qu’il peut être d’une sécurité 100 fois supérieure aux système à urnes fussent-elles transparentes.

    Commentaire par zelectron — 18-09-11 @ 3:02

  7. @ Zelectron

    « L’électeur fait son choix et reçoit confirmation écrite du vote exprimé, portant reference du numéro d’identification aléatoire. A tout moment, pour une période qu’on détermine, l’électeur peut introduire son numéro d’identification aléatoire et se verra alors confirmer le vote qu’il a exprimé. »

    On ne peut avoir de meilleur contrôle que par le votant lui même.

    pjca

    Commentaire par pierrejcallard — 18-09-11 @ 6:35


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