Nouvelle Societe

04-06-09

Une démocratie en tutelle

Ce qui se passe au parlement européen intéresse peu. On voit ces gens qui s’agitent sans avoir même le goût d’en changer. Ils inspirent plus de pitié que de colère ou de mépris, car ce serait leur rôle, en cette période de crise, de réaliser un programme que la population aurait choisi en les élisant et de fixer les moyens d’y parvenir, mais on sait qu’ils ne le peuvent pas: le pouvoir est ailleurs.

Les élections européennes nous rendront un grand service, si elles nous ouvrent les yeux et nous font constater que cette situation n’est pas vraie qu’au parlement de l’Europe, mais dans tous les parlements. On aura fait un grand pas vers le renouvellement de nos institutions, si on comprend que le problème fondamental de la démocratie actuelle est que ce ne sont plus les élus qui ont le vrai pouvoir de décision. L’élu est devenu impuissant… et un intermédiaire inutile.

Inutile, parce qu’il faut une connaissance spécialisée des dossiers pour pouvoir faire le choix des moyens. Les élus n’ont pas cette connaissance, puisque leur spécialité, à eux, c’est d’être politiciens. Se faire élire est un job à plein temps et, s’ils voulaient connaître aussi les subtilités de l’éducation ou des finances, les députés et les ministres ne feraient pas leur travail de politiciens. Les élus délèguent donc le choix des moyens aux hauts fonctionnaires.

Mais les hauts fonctionnaires ne peuvent pas non plus être des spécialistes en éducation, en finance ou quoi que ce soit d’autre que l’administration, puisque leur mission est de gérer des centaines ou des milliers d’employés et un budget de centaines de millions ou de milliards d’euros. Le haut fonctionnaire est donc un administrateur.

Qui connaît les dossiers des finances, de l’éducation, de la justice, etc ? Des fonctionnaires, aussi, mais d’un autre niveau. Du niveau “professionnel” qui se situe beaucoup plus bas dans la hiérarchie. Des fonctionnaires qui ne sont pas consultés quand les décisions sont prises, seulement quand il s’agit de les justifier.

Parce que les décideurs sont des administrateurs, c’est la logique administrative qui prévaut quand ils décident des moyens: programmes, critères et procédures. Hélas, le choix des buts étant inextricablement lié à celui des moyens, les objectifs qui ne satisfont pas à la logique administrative – (qui ne permettent pas, par exemple, une utilisation optimale des ressources disponibles) – sont perçus comme impossibles à atteindre. Les buts définis par les représentants du peuple sont alors “reformulés” pour coller aux besoins du système. En fait, ils sont mis au rancart.

La démocratie représentative ne fonctionne plus, parce qu’elle a conduit à une situation où nous ne sommes plus gouvernés, mais sur-administrés. Ceux qui savent ne peuvent pas, ceux qui peuvent ne savent pas et les politiciens, impuissants, sont renvoyés pour des décisions qu’ils n’ont pas vraiment prises… alors que les vrais décideurs, les mandarins en contact direct avec les lobbies, qui ne veulent surtout pas le changement, mais seulement la pérennité du système et son fonctionnement sans heurts, ne portent pas la responsabilité de leurs erreurs ni surtout de leur indécision.

Il faut transformer radicalement le système démocratique. La démocratie, ce serait de soumettre au peuple des choix et de le laisser décider des buts, mais qu’ensuite le mandat d’atteindre ces buts soit confié à “ceux qui savent”, que ceux-ci aient la responsabilité formelle de décider des moyens et qu’ils soient responsables de leur décision, directement devant l’électorat.

Je suis tout à fait conscient des implications énormes de consulter la population sur le choix d’un président de banque centrale ou d’un chef d’Etat-Major. C’est une révolution. C’est l’avènement de la démocratie. Y sommes nous prêts ? Si les coups d’épée dans l’eau qu’on donne au palier de l’Europe nous font comprendre que le problème de l’absence de contrôle de la population sur le fonctionnement des institutions est le même aux autres paliers, cet exercice des élections européennes aura été bien utile.

Pierre JC Allard

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6 commentaires »

  1. Merci Monsieur Allard de votre analyse.

    A mon sens un autre problème de cette désaffection ce n’est pas seulement les politiciens, c’est aussi parce que leurs programmes ne répondent pas aux vraies questions.

    En fait, les Nations sont devenues archaïques. Elles continuent à exister et elles représentent le plus grand de tous les problèmes.

    Vu d’avion, un sentiment étrange s’impose : nous avons tout – nous avons juste besoin d’une humanité ‘une’.

    Les problèmes sont mondiaux – les solutions doivent aussi être mondiales.

    C’est un fait tout simple que la terre n’est pas divisée. Quel besoin y a-t-il d’autant de nations, à part satisfaire l’ego de tellement de gens ? Ça n’a pas d’autre utilité.

    Nos problèmes nous ont mis dans une situation où nous allons devoir transformer l’homme, ses vieilles traditions, ses conditionnements – parce que ces conditionnements, ces systèmes d’éducation et ces religions que l’homme a suivi jusqu’à maintenant ont contribué à cette crise.

    Bien à vous,

    Eric Lacasse

    Commentaire par Lacasse — 04-06-09 @ 2:36

  2. @ Eric Lacasse:

    Oui, la transformation de l’humanité est toujours le but. Elle repose finalement sur la transformation individuelle de chacun. Vous, moi et tout le monde pouvons aider par une action collective, mais cette action collective est toujours l’expression d’une action réussie sur nous même. D’où mes fréquentes remarques quant à la necessité d’obéir à « la nature humaine ». Pas parce que celle-ci ne doit pas être changée, mais parce que l’échelle de temps n’est pas la même et qu’il faut la traiter comme un constante dans le cadre d’une action sociale.

    Les mouvements politiques à haute intensité émotive- fascisme, communisme et toute les religions – tendent, même quand elles s’en défendent, à vouloir changer l’individu par le groupe et créent des états instables. Cuba en a été un exemple récent et, après trois générations de rationalisme, on a vu les popes orthodoxes sortir du tréfonds de la société russe après 1985 comme des termites d’un vieux bout de bois.

    Les nations actuelles sont devenues archaïques, vous avez bien raison, mais le concept d’appartenance à des sous groupes est toujours là. Il est illusoire de vouloir le supprimer. Maintenant, et encore pour des siècles. Il faut gérer cette réalité psychologique. Utiliser les tendances la differentiation plutott que les contrecarrer. Voyez http://nouvellesociete.org/709. html

    PJCA

    Commentaire par PJCA — 04-06-09 @ 8:00

  3. C’est un fait tout simple que la terre n’est pas divisée. Quel besoin y a-t-il d’autant de nations, à part satisfaire l’ego de tellement de gens ? Ça n’a pas d’autre utilité.

    Donc vous voulez par exemple une seule nation, une direction

    LE PROBLÈME SERAIT Exactement IDENTIQUE.

    Le citoyen serait déconnecté du pouvoir, et encore plus si vous éleviez la politique au niveau mondial.

    Il y a des différence de culture : et des différences fondamentale dans la vision de « la politique », est ce qu’il faudra baisser la démocratie au niveau de l’archaisme de la politique musulmane ? (et l’islam est une religion politique encore en vigueur : il faut le comprendre ).

    L’humanité, qu’est ce que l’humanité ?

    La liberté qu’est ce que la liberté ?

    Le pouvoir, qu’est ce que le pouvoir ?

    La soumission, qu’est ce que la soumission ?

    La liberté, tout le monde s’en souvient quand il était encore jeune.
    La liberté c’est aussi être la politique, et ne pas devoir se soumettre directement ou indirectement à des décisions qui ne proviennent du tout de sa personne ( ou d’un consensus clairement et intelligiblement accepté par la personne ).

    La politique démocratique est possible dans un groupe humain d’une taille raisonnable.

    UN système humaine, gardant l’humain, est forcément a taille raisonnable.

    LA DIRECTION DU MONDE, LE POLITIQUE, NE DOIT DÉPASSER CE STADE.

    Cela ne veut pas dire qu’on ne puisse pas prendre des décisions et des mises en commun à plus grande échelle.

    Je vais schématiser cela.

    Le XXI siècle sera religieux ou ne sera pas …
    Oui il sera religieux : et il continuera dans sa lancée dans cette religion du progrès, que personne ne remet en cause.

    Il n’y a aucune barrière de sécurité avant de tomber dans le trou, ils y en a qui pensent qu’ils peuvent voler, s’envoler croitre vers les cieux. La réalité de la gravité, les ramènera bien au sol sur terre.

    Les politiques : donc la politique est aux mains de l’économique.
    Mais nous arrivons à un tournant pris depuis la révolution industrielle : soit on continu dans la bêtise sans éthique QUI DEVIENT DE PLUS EN PLUS DANGEREUX POUR CE QUI QUALIFIE L’HUMAIN ET SA SÉCURITÉ, soit on choisit une autre société c’est à dire une démocratie ‘le citoyen est la conscience des sociétés’.

    Les politiques ne peuvent être une conscience : l’économique non plus.

    Commentaire par Eric — 04-06-09 @ 8:03

  4. @ Eric & Eric

    Je vous laisse à cet échange dont vous semblez bien illustrer les deux pôles. Juste un dernier mot avant de partir, extrait de

    http://nouvellesociete.org/A68.html

    Une nouvelle société ne s’épanouit que si, plutôt que de la construire pour orienter l’évolution humaine en obéissant à une idéologie, on le fait en répondant aux exigences de cette évolution même, lesquelles se reflètent justement dans le système de production qui s’installe en suivant la ligne de moindre résistance. (…) il faut suivre l’évolution spontanée de son système de production, lequel n’est plus seulement sa corne d’abondance, mais aussi la boule de cristal où se profile son avenir.

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 04-06-09 @ 8:58

  5. A Eric
    Aujourd’hui chaque pays important, chaque pouvoir, est surchargé de bombes nucléaires, à tel point que si on le voulait, on pourrait détruire soixante dix terres comme celle-là, tout de suite. Cet énorme pouvoir nucléaire est là, à disposition – pour détruire chaque personne soixante dix fois ! On a aussi assez de gaz de combats (guerre chimique) pour détruire toute vie sur terre cinq mille fois. Ce n’est pas nécessaire, une fois suffit – mais les politiciens ne veulent pas prendre le moindre risque… Leurs visages ne sont que des masques. Ils disent une chose et en font une autre.
    Toutes les nations devraient mettre leurs armées et leurs armes sous l’autorité d’un Gouvernement Mondial.
    S’il n’y a plus qu’un seul gouvernement, ni les armées ni les armes ne sont plus nécessaires. Avec qui allez-vous faire la guerre ?
    Après les nations, la seconde calamité, ce sont les religions, parce qu’elles ont été en guerre, elles ont tué les gens, et pour des raisons qui n’intéressent personne. Si vous dites que la guerre est sainte, alors qu’est-ce qui va être sacrilège ? Qui est intéressé par Dieu, à part les prêtres ? Je n’ai jamais rencontré personne qui soit réellement intéressé par Dieu. Si vous lui donnez cinq dollars d’une main et Dieu de l’autre, n’importe qui prendra les cinq dollars et dira : « Dieu est éternel, on verra plus tard.
    Pour le moment cinq dollars peuvent toujours servir. »
    Cette planète, cette terre, est notre mère et nous faisons partie d’une unique force de vie – nous faisons partie d’une océanique existence. Et parce que nous sommes ‘un’ au plus profond de notre centre, l’amour a la possibilité d’exister. La religiosité est une affaire individuelle. C’est un message d’amour pour vous venant de tout le cosmos. OUI Le XXI siècle doit être religieux – mais religieux dans le sens d’une recherche indépendante, à partir de la liberté individuelle de chacun. Méditation, vérité, amour, authenticité, sincérité – pas besoin d’avoir un nom… Hindou, Catholique, ou Musulman.

    Bien à vous,

    Commentaire par Lacasse — 04-06-09 @ 9:02

  6. Toutes les nations devraient mettre leurs armées et leurs armes sous l’autorité d’un Gouvernement Mondial.

    Non
    tout simplement non.

    « gouvernement mondial » c’est des hommes derrière exactement les memes que vous trouvez à l’échelle d’un pays, des hommes des réseaux de pouvoir NON DEMOCRATIQUE, qui ne pense pas au bien commun ni au bien de la majorité de la population : les interrets divergent si les entités au pouvoir sont des minorité (le vote n’est pas une forme de démocratie). Comme j’écrivais avant hier : nos pays ressemble de plus ne plus à une petite russie (euphémisme) : c’est ca votre vision de la démocratie ?

    Vous ne comprenez qu’un gouvernement mondiale c’est continuer dans la vision d’une centralisation : regardez en arrière historiquement et ethnologiquement.

    Les états en tant que tel (en plus de n’avoir aucun pouvoir aujourd’hui) sont des créations de l’esprit. Le nationalisme est une idéologie. Pour l’humain il n’y a que ce qui est réél dans son environnement immédiat, et il ne peut être libre que dans cette environnement, il ne peut interragir que dans son environnement : ca n’empêche d’avoir un Humanisme… Sa liberté n’est pas la liberté de l’institution. Qui se dit libre.

    Savez vous que les assemblées ont été aux 12 eme siècles sous les monarchies : savez que rien (juridiquement) n’a changé fondamentalement le système. Les lois sont restés.

    Pour même vous dire une république était aussi un terme pour les monarchies.
    L’aristocratie que tous les philosophes des lumières critiquait : n’a pas été changé : le système est resté le même.

    On à apposé quelques fondements démocratique : tel que l’insurrection ou la grève comme de LES SEULS MOYENS pour le peuple de se faire entendre.

    Vous savez quoi : bienvenue dans le meilleur des mondes( Aldous Huxley ): le peuple à était « psychologiquement » modifié pour ne plus vouloir se révolter, on lui donne ces petit cachets psychique pour que la paix règne. La paix pour eux c’est le statu quo quoi qu’il arrive, la paix : c’est la guerre.

    Quelle différence ? C’est le même discours de la servitude ( XV eme siecle ) ? La même doctrine des bonnes intentions ? L’idéologie peut vouloir faire la guerre on est d’accord : l’idéologie peut aussi vouloir controler dans une « paix » qui veut la guerre économique, c’est la même place pour les petits soldats dans la guerre éternelle qu’on impose dans nos vies.

    C’est la soumission librement consentit ? C’est la pensée de groupe ?

    L’idéologie, toujours l’idéologie ?

    Il y a t’il dans l’idéologie certainement la volonté de la justice ?

    AUJOURD’HUI, On dirige les peuples des nations avec idéologie, C’EST UN INSTRUMENT DE POUVOIR, on ne peut pas faire autrement, ils ne peuvent faire autrement, c’est ainsi qu’ils ont le pouvoir , et ce n’est pas la démocratie.

    Les monstres dont vous parlez et dont vous avez peur : c’est la nation, les états qui ne veulent pas être des démocraties et à cette échelle ils ne le peuvent pas.

    Pourquoi vouloir une nation mondiale ? SI JAMAIS C’EST POSSIBLE.

    Derrière votre espoir d’unité, il y a beaucoup d’uniformisation, conformisation, soumission, ce qui est contraire à la démocratie et à l’humanisme d’ailleurs.

    La paix n’est pas une victoire, c’est aussi parfois un échec : si c’est la soumission, la perte de la liberté, et la perte du pouvoir démocratique.

    La ou il y a soumission il n’y a pas démocratie.
    la ou il y a de l’idéologie il n’y a pas de démocratie
    Pas de paix, sans justice.
    Pas de liberté, sans libre choix
    PAs de libre choix, si il y a une seule manipulation
    Pas de décision democratique et de liberté de pouvoir, sans réel décision DIRECTE libre avec consensus au bout.

    Au lieu d’avoir des reves de grandeur, pensez biologiquement, pensez la vie tel quel EST, les sciences sont là pour vous donner la voie de ce qui est naturel pour l’homme ( et de ce qui n’est las pas du tout) : y compris de sa liberté.

    Peut être que la liberté n’est rien pour vous ? Peut être la perte de la liberté n’est rien pour vous ?

    : vous voulez un système democratique à l’échelle du monde

    IL est composé de cellule démocratique, des cellule bien vivantes , bien humaines et bien démocratiques.

    Si vous voulez il y a aussi quelques écrits sur eminencia .free .fr

    Commentaire par Eric — 04-06-09 @ 11:39


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