Nouvelle Societe

29-05-09

Trois pas vers un monde nouveau

Je  n’avais pas prévu cet article.  Je ne viens pas sur le web pour donner le cour d’initiation 101 à la réalité politique, ni même pour informer. Je viens partager mes interprétations et analyses avec celles d’autres dont je présume qu’ils connaissent eux aussi les faits de base. J’ai comparé ailleurs mes interventions à ce qui se discute autour d’un porto, entre gens qui s’intéressent au monde.

Ici, je fais une exception, parce qu’au hasard d’un commentaire sur Agoravox j’ai compris qu’il fallait un rappel. Ça facilitera les débats subséquents.  Je me réfère ici à des articles passés. Mes excuses à ceux qui les ont lus.

D’abord, je voudrais rappeler un fait de base que personne ne conteste vraiment.  Il y a aux USA une classe sociale assez floue d’où est issu ce qu’on nomme l’Establishment. C’est cet Establishment qui contrôle la politique, l’économie et surtout les médias. Il ne faut pas en conclure, toutefois, que ce contrôle vise nécessairement à réaliser de sombres complots. D’abord, il n’est pas monolithique, il est seulement une arène réservée pour des combats musclés entre titans.

Elitiste, oui, mais uni « contre le peuple », non. L’Establishment  se manifeste donc – pas toujours, mais le plus souvent – par des mesures visant le bien des USA… tels que le conçoivent ceux qui y ont la majorité.  Le pouvoir y fluctue et donc les choses changent.  Aujourd’hui, bien des choses changent.

On peut penser que c’est Obama qui les fait changer, mais Obama ne serait jamais devenu Président des USA sans l’appui de l’Establishment. C’est donc une erreur de le voir en conflit avec cette classe sociale. Une autre erreur de penser qu’ il « flip flop » ( change d’avis, pour un oui pour un non, en prenant son café du matin). Ce que fait Obama est programmé depuis longtemps et est l’expression de ce que veut l’Establishment .

Tout le changement que l’on voit aux USA est donc  la manifestation d’une nouvelle « vision du monde »  de cet Establishment qui a compris que les choses ont changé et qu’il faut mettre en place une nouvelle société.  Le mandat d’Obama est d’y parvenir avec pas – ou peu – de sang dans les rues.   Le changement procède en trois (3) étapes.

La première, c’est la reprise en main de l’économique par le politique.   La crise va envoyer à la casse toutes les fortunes sauf les plus colossales, lesquelles sont déjà cooptées dans une nouvelle structure du pouvoir. L’argent ne sera plus la cause, mais la conséquence de l’accession au pouvoir. En ce sens, c’est la fin du capitalisme, que nous connaissons depuis la révolution industrielle.

La deuxième, c’est le transfert aux travailleurs du contrôle de la production industrielle. La compétence remplace le capital fixe comme facteur prioritaire de la production. La troisième, c’est une redéfinition de la démocratie, car celle que nous avons ne donne plus le change et ne joue plus son rôle.  Cette évolution en trois (3) points ne se discute pas tellement, il suffit de lire les journaux.

Ce qui reste bien ouvert à discussions, ce sont les péripéties qui marqueront ces changements et quelques faits divers qui auront une grande portée symbolique. La dématerialisation complète de la monnaie et l’instauration d’un régime de travail-revenu garanti par exemple.

Aussi, il faudra voir si, pour laver l’image des USA à l’interne et à l’externe, Bush et ses comparses seront mis en accusation. N’éliminons aucune hypothèse au départ. Si on a besoin d’un sacrifice humain, Bush pourrait être jugé dans un état où il y a encore la peine de mort !  L’important, cependant, c’est que le monde est à changer comme il n’a pas changé depuis les grandes révolution de la fin du XVIIIe siècle.

Pierre JC Allard

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7 commentaires »

  1. Je suis presque d’accord avec vous.

    Seulement, je ne pense pas que les « élites », la classe supérieure, veuille disparaitre.

    Et je ne trouve pas de réelle différence entre capitalisme, et capitalisme d’État : deux mots pour signifier quasiment le même problème tout comme la différence « politique de droite » « politique de gauche ».

    Analytiquement ceux qui ont le pouvoir dans le capitalisme d’État : au lieu d’être une entité ‘soi-disant ‘ en dehors du gouvernement d’état, est à l’intérieur . Il s’agirait de la même élite, car élite il y a dans les 2 formes.

    Que l’on nomme « ministre des Finances  » ou d’un intéteret généraux, ou « main invisible du marché » avec ses grosses portes-monnaies…
    Il y aura les mêmes réseaux qui se formeront autour de ses personnes, car c’est en plus la condition pour avoir du pouvoir, avoir son réseau de pouvoir, réseau de soutien de puissant.
    Il y aura à la base la même corruption, corruption des idées, corruption par l’intérêt, la monnaie ou le lobby.

    Second point : je pense que l’homme est assujetti à « la machine », il fait « corps » avec la « machine ».
    La révolution industrielle a commencé au moment ou on à créé le premier outil.
    La société techno industrielle ( comme dirait Théodore kasinsky ) naquit quand l’outil à remplacer l’homme, et à remplacer la vision de la société elle mémère (une mécanique déshumanisée où l’on ne pense plus que de manière à faire tourner la machine). Autant l’idéologie d’un monde organisé hiérarchiquement ( dans la société, le politique) évolura difficilement, autant la notion de « progrès » (progrès dans tous les domaines sauf l' »humanisme » et de croissance) on encore de beaux jours.

    Commentaire par Eric — 29-05-09 @ 4:45

  2. > Ce que fait Obama est programmé depuis longtemps et est l’expression de ce que veut l’Establishment.

    C’est assez excessif comme formulation. Vous savez il y a pas que les electeurs de base qui se font arnaquer par les promesses. Un politique cherche des appuis mais il n’est pas toujours liés avec ses promesses quand il accede au pouvoir. Bush a fait pratiquement ce qu’il a voulu, une fois au pouvoir. Je pense pas que l’Establishment avait programmé toutes ses conneries ni prevu sinon il faut éviter d’écouter ces imbéciles.

    Commentaire par Paul de Montreal — 31-05-09 @ 8:24

  3. @ P de M. Je ne crois pas que les éléments fondamentaux de la politique américaine soient improvisés. Bien sûr, des événements imprévus se produisent, mais l’impact en est corrigé au plus vite et tout est fait pour que la ligne directrice initiale ne soit pas perturbée. La société est extraordinairement complexe et ne fonctionne que si l’on n’en laisse qu’un minimum au hasard.

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 31-05-09 @ 10:05

  4. @Pierre,
    > Bien sûr, des événements imprévus se produisent, mais l’impact en est corrigé au plus vite et tout est fait pour que la ligne directrice initiale ne soit pas perturbée.

    Comme avec la planification de l’invasion et « pacification » de l’Irak ? Comme avec la gestion de la crise financière et économique que seul qq économistes avaient prévu ? C’est bien d’utiliser des formules flou « au plus vite » on peut y mettre plusieurs jours, mois ou années.
    Même si le nombre est peu élevé, regardez les impacts de ce « hasard ».

    C’est toujours en période de crise, qu’on remarque des choses interessantes sur les compétences et comportement de gens, système, entreprise ou société Y. « C’est quand la mer se retire (marée) qu’on découvre ceux qui se baigne tout nu ». Certains fondamentaux vont exploser mais pas nécessairement ceux que vous désirez voir changer.

    Commentaire par Paul de Montreal — 31-05-09 @ 3:54

  5. @ Paul de Montréal: L’opéation en Irak avait ses objectifs dont j’ignore s’ils ont été atteints: on ne nous dit pas tout… La crise économique, elle, n’a pas été une surprise. Voyez les articles sur mon site où j’en ai expliqué le pourquoi et le comment il y a des années http://nouvellesociete.org/H.html D’autres l’ont annoncé également, avec quelques variantes.

    Je décris ailleurs les conséquences probables de la crise à court terme – cet article en résume les trois phases – et le systeme de production qui en sortira, ce qui en est l »effet le plus important à long terme. http://nouvellesociete.org/PR.html

    Je pense que cet effet est prévu et qu’on va le gérer au mieux. L’incertitude est au palier des querelles de pouvoir dont on ne sait pas QUI sortira gagnant, mais je n’en vois pas au palier du type de structures qui sera mis en place.

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 31-05-09 @ 9:16

  6. Les sismologues aussi annoncent des tremblements de terre sans pouvoir indiquer une date précise ni son intensité exacte. Quand ils se produisent finalement c’est très souvent une surprise pour la date et l’intensité.

    Votre prudence sur les objectifs US de la guerre d’Irak me semble guère défendable. Sérieusement c’est un fiasco sur presque toute la ligne pour les enjeux américains à part les entreprises d’armement de l’ex vice-président Dick Cheney. Franchement si l’establishment ait impliqué dans ces choix ils peuvent aller se cacher. Le dragon chinois se portent pas si mal et l’économie US semble bien moribonde avec GM en faillite. C’est pas Google et Facebook qui vont les sauver bien longtemps.

    Qui sortira gagnant est la bonne question. Et surtout quand ?

    Les assureurs gagnent leur vie et bien avec les incertitudes de la vie. D’ailleurs si les couts des traitement sont aussi cher aux USA c’est un peu à cause aussi des pénalités en cas d’erreurs médicales. Vouloir s’assurer sur tout coute cher à l’individu et à la société mais c’est un autre débat.

    Commentaire par Paul de Montreal — 01-06-09 @ 11:28

  7. @ P de M. Les sismologues sérieux ne prédisent que ce dont ils sont sûrs; pour le reste ils avertissent et des vies sont épargnées parce qu’on a averti. Ma « prudence » quant aux objectifs US en Iran a pour seule cause mon ignorance. Des milliers de PH.D travaillent au NSA. au CIA, au FBI avec pour objectif de nous cacher la vérité. Acceptons comme une chance ce qu’il nous est possible d’en découvrir. Il ne faut surtout pas, pour se rendre intéressant, prétendre en savoir ou en comprendre plus qu’on en sait vraiment.

    Quand je disais, il y a plus de 20 ans, que le système industriel américain serait tôt ou tard vendu aux travailleurs… parce que personne d’autres n’en voudrait et que seul les travailleurs auraient un intérêt à le préserver, je ne disais pas quand; Je disais pourquoi et comment. Et c’est ce qui vient de se passer.

    j’ai dit il y a 5 ans que le système financier exploserait, que l’État prendrait charge des institutions financières et que l’argent ne vaudrait plus rien. Je ne pouvais en prévoir plus. J’en prévois maintenant davatange, Nous aurons une autre monnaie et la monnaie actuelle me pourra plus etre utlisée qu’a la hauteur d’un maximum mensuel, ou investies dans des projets préapprouvés par l’État… jusqu’a ce que l’inflation en ait fait disparaitre presque toute la valeur 80 % ? 95% ? Je sais pas. J’en sais assez pour mes besoins et je vous en dirai plus dès que j’en saurai plus..

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 01-06-09 @ 5:40


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