Nouvelle Societe

28-05-09

l’Insurrection qui vient

Pour les lecteurs Français, Julien Coupat est déjà une célébrité. Pour les autres, disons que c’est le leader présumé d’un groupe  de jeunes mis en examen en novembre 2008 pour terrorisme. Ils auraient saboté des caténaires pour protester contre le transport vers l’Allemagne par voie ferroviaire de déchets nucléaires ultra-radioactifs.  Arrestation, procès, prison, ils sont tous redevenus libres… sauf Julien Coupat.  On  garde Coupat à l’œil, car on pense qu’il est l’âme  du complot, mais surtout parce qu’on le soupçonne d’être l’auteur d’un livre  qui énerve beaucoup la justice française : l’Insurrection qui vient.

C’est le livre qui est important, car cet « attentat » n’a pas fait de victimes, ne pouvait pas en faire et a été revendiqué par un groupuscule anarchiste allemand qui s’est excusé auprès des voyageurs de les avoir ennuyés !…La culpabilité de Coupat est si peu certaine, que  Gérard Cherbonnier, trésorier de l’Association de défense de l’édition indépendante, s’est offert le plaisir de citer les Dupondt de Hergé : « Pour une fois que l’on arrête un coupable, il est innocent…! »

La culpabilité de Coupat dans l’affaire est mal prouvée, mais n’a qu’un intérêt marginal. Ce qui passionne la France, c’est de savoir s’il a ou non écrit « l’Insurrection qui vient”.  Il nie l’avoir écrit… mais il avoue l’avoir lu. Exactement ce que ferait à sa place quiconque a un peu le sens des relations publiques.

Le livre est TRES BIEN écrit et ne dit rien qu’une majorité des lecteurs pourrait contester. Il est critique, mais fort poliment. Il n’appelle pas à la révolution, il n’en voit simplement pas de possibles, autre que celle naturelle, spontanée et irrépressible qui viendra du peuple. Il n’appelle pas à l’insurrection, il constate simplement qu’elle viendra…. Doit-on lui reprocher de l’annoncer ? Le livre d’ailleurs n’a pas été interdit. Il y a une douzaine de sites sur la Toile d’où l’on peut en tirer copie gratuitement. (CLIQUEZ ICI )

Alors pourquoi veut-on tant savoir s’il l’a écrit ? Parce que quiconque l’a écrit est dangereux. Le livre dit trop vrai. Il dit trop de choses dont la population est déjà convaincue et sur lesquelles elle n’attend plus qu’une signature pour s’y rallier. Si c’est Coupat, on a le nom, la voix, l’image. On a le mec de l’âge du Christ au moment du finale, intelligent, parfaitement articulé, intellectuel de bonne famille – (eh oui, pour les Chefs, ça compte encore, car la France républicaine est un peu royaliste…). L’attentat a fait de lui un homme d’action et un acharnement policier et judiciaire est à lui conférer les stigmates d’un sauveur.

Astuce ou bêtise, on l’a détenu le temps de mettre le livre en évidence. Mise en évidence de grande classe, via  le Monde et le Nouvel Obs garantissant que le petit bouquin deviendra le succès de librairie de l’année sinon de la décennie. On garantit du même coup que l’insurrection sera le concept à la mode pour les vacances et fera un malheur à la rentrée… Enfin, et ce n’est pas la moindre des choses, on propulse l’auteur inconnu ET Julien Coupat ensemble dans la sublimosphère des options crédibles de renouveau politique, au moment où n’y en a vraiment aucune autre en vue.

Si l’émergence du tandem Auteur-Coupat est bien spontanée, le gouvernement à commis cette norme bourde de médiatiser une alternative providentielle capable de polariser la volonté universelle de changement.

Si Auteur et Coupat sont les deux pôles d’une activité qui pourra doser théorie et pratique en alternance, on aura un mouvement dont la force est imprévisible, mais qui, même à son corps défendant, viendra inévitablement trouver une place sur l’échiquier politique… ni à droite, ni à gauche, mais à l’opposé de ce qui est là. Une nouvelle société. Si les deux images se fondent en une seule, il n’y aura pas de « corps défendant » ; on cherchera bien consciemment à y voir apparaître celle d’un Obama pour la France…

En filigrane, toutefois, il y a toujours la possibilité d’une création machiavélique du système  pour aiguiller le ras-le-bol populaire qui s’en vient vers une cour de triage où l’on tentera de le démanteler… Soyons méfiants. Méfiants, mais attentifs, car il y a aussi des triples jeux..

Pierre JC Allard

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19 commentaires »

  1. Il y a t’il un piège dans un piège, dans un piège ?

    Tout est possible : On peut déjà applaudir qu’ en même temps qu’il y a déconstruction des valeurs , il y proposition de valeur démocratique. Et diffusion du message, un déclic.

    C’est vrai qu’il ne serait pas bête de savoir qui a parlé de ce livre ? Une fuite ? un mot pour les journalistes ? une préméditation ?

    En sarkokoko il y a encore des désobéissances : de la part de la police, beaucoup moins, ça vaudrait un renvoi fautes de pouvoir avoir le droit de vie ou de mort.

    L’alternative aux cauchemars ça peut être le meilleur des mondes.
    L’alternative a un « retour en arrière » (avec des états forts et des hyperprésidents) c’est un mauvais pas en avant.

    EN analysant le livre on voit qu’il critique aussi les autres avancés, citant par exemple ecovillage … La « solution » que le livre propose c’est la « commune » , ce qui est similaire : sauf le mouvement derrière.
    L’écovillage est un lieu de vie.(libertaire)
    La commune (dans le livre) est un ‘écovillage’, (anarchiste, plus qu’anarco autonome : révolutionnaire), incluant divers moyens pour obtenir du revenus, incluant l’insurrection dans sa visée. C’est une commune révolutionnaire ( et de révolutionnaire)

    Cette forme d’organisation reste très visible pour l’état, et permet d’inculper directement, chopper en grappe.

    Ce qui fait la force des guérillas : c’est qu’on ne sait pas qui est là ou il vit, qui il est , il se fond dans la masse, et dans le quadrillage des villes.

    Cette commune est trop formelle : trop dur, il n’y aura pas suffise-ment de ‘force’ on ne laissera pas croitre ce mouvement , longtemps.

    Il reste qu’on ne peut faire confiance à aucun moyen de communication.
    Aucun : téléphone, net, lettre ?

    Commentaire par Eric — 28-05-09 @ 4:14

  2. La fuite : d’autres pouvoirs au sein meme du pouvoir peuvent avoir encore de la force, et étant sensiblement contre la vision que l’on met en place.

    « Chirac » par exemple.

    Commentaire par Eric — 28-05-09 @ 4:20

  3. Sinon on peut prendre les policiers pour des imbéciles. Ce qui doit être vrai pour une certaine propension comme dans tout groupe humain.

    C’est sur que chaque fois qu’ils agissent : en croyant que la force résout le problème, ils oublient que l’action est aussi acte qui fait parler, et que les canaux de communication ne sont pas contrôlés à 100%. ( en même temps on est dans la doctrine de la peur du terroriste, de la soumission à l’ordre : alors une telle imbécilité de leur part pourquoi pas … ça reste vraiment gros. )

    Il faut aussi miser sur un point : on peut compter sur l’armée ou certains généraux qui ne sont pas pour Sarkozy. C’est l’atout décisif et dangereux, mais rien ne se fera si l’armée ne ‘comprend pas’, ne se retourne pas. Si elle est contre ‘les révolutionnaires ‘ ou juste ceux qui veulent vivre paisiblement ça n’avancent pas.

    C’est pour ça qu’il est important de faire comprendre que la « Commune », c’est la commune (française), c’est ce qu’a était la France pendant plus de mille ans, c’est ce qui reste de la notion de commune, c’est ce qui définissait la France plus que tout.
    Des millions de « minis société », où la vie est libre. Qu’il y ai état, pays, nation au dessus, cela restait au dessus : du secondaire, bien que présent en temps que croix commune ( de nationalisme).

    Le nationalisme à était moin décadent avant la centralisation des pouvoirs, de l’état, des richesses, et des moyens de communication. La nation c’était des valeurs commune, un soutient commun, plus que tout.

    Le pays : c’était la région.

    On n’imaginait pas la vie autrement avant, l’exode rural et l’accroissement de la population.

    C’est ce qui a fait et fait les résistances possibles dans les pays, c’est aussi ce qui fait que les gens sont libres.

    C’est ce qu’il faut faire comprendre aux armées, aux soldats, aux gendarmes.

    Ils tendent souvent vers le nationalisme dans une vision de grandeur, cela tourne mal, mais ils peuvent garder leur vision national s’ils le veulent, en comprenant les valeurs sur lesquelles se base ( ou se basait) la « nation », « liberté égalité fraternité », c’est-à-dire « liberté, démocratie dans le pouvoir, et égalité de droit, respect/soutien ».

    Commentaire par Eric — 28-05-09 @ 4:49

  4. Mais c’est avec l’affaire de Tarnac que le livre connaît un vrai succès médiatique. Dans les premiers jours suivant les arrestations, les journalistes, reprenant sans états d’âme les communiqués de la police et les déclarations du procureur Marin, parlent de «bréviaire anarchiste», de «manuel de l’insurrection» (Libération) ; du «petit livre beige (sic) des saboteurs de la SNCF» (le Point), etc. Quatre mois plus tard ces sornettes sont oubliées, mais l’Insurrection qui vient reste pourtant au centre de l’affaire de Tarnac, en particulier dans le cas de Julien Coupat, présenté comme le «chef» d’une prétendue entreprise terroriste. Le texte du livre est versé au dossier de l’instruction, ce qui, sauf erreur, est sans précédent. On veut faire l’amalgame entre le comité invisible et les inculpés, principalement Julien Coupat, sur lequel le magistrat instructeur cherche par tous les moyens à faire peser la paternité de l’Insurrection qui vient. Acharnement logique, dans la procédure antiterroriste l’instruction se fait à charge : il ne s’agit nullement de faire émerger la vérité mais de détruire des liens, de séparer des amis, d’anéantir tout effort commun visant à subvertir l’ordre qui nous broie. Et vu le vide du dossier, il ne reste guère qu’un livre pour «justifier» que l’enquête continue sous le label de l’antiterrorisme et que Julien Coupat reste à la Santé.

    ultragauche.wordpress.com

    Commentaire par Eric — 28-05-09 @ 4:57

  5. Le procureur Marin contre Villepin (29/11/2008)
    Le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, soutiendra lui-même l’accusation contre Dominique de Villepin, renvoyé en correctionnelle dans l’affaire Clearstream ( qui aurait du mettre en cause plus de politique …)

    1. Les « charges n’apparaissent pas suffisantes » pour justifier le renvoi de Dominique de Villepin devant le tribunal correctionnel.
    Il faut poursuivre l’instruction, d’où la demande de Jean-Claude Marin à MM. Pons et d’Huy de « mener des investigations complémentaires de contexte».
    les charges sont insuffisantes pour poursuivre Villepin… mais il faut continuer l’enquête au cas où!

    http://www.bakchich.info/Jean-Claude-Marin-un-proc-qui-vous,04023.html

    Commentaire par Eric — 28-05-09 @ 5:03

  6. http://www.bakchich.info/article6545.html
    Frégates, le rapport du parquet de Paris qui inquiète Nicolas Sarkozy

    Le procureur de la République, Jean-Claude Marin, « ne s’est pas opposé, à l’issue de cette audition (de mercredi), à sa remise en liberté, sous réserve de son placement sous un strict contrôle judiciaire », a-t-il précisé. Selon le parquet de Paris, « en l’état du dossier, des auditions de témoins et de mis en examen et des perquisitions réalisées, la détention provisoire (de Julien Coupat) n’apparaît plus strictement nécessaire ».

    http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-05-28/sabotages-sncf-julien-coupat-tout-pres-de-recouvrer-la-liberte/920/0/347094

    Meme si il sort c’est surveillance rapproché, la prison de dedans ou dehors ?

    http://ultragauche.wordpress.com/2009/05/12/les-policiers-ont-fait-bingo-comme-s%E2%80%99ils-avaient-decouvert-une-cache-d%E2%80%99armes/

    “Les policiers ont fait ‘Bingo !’ comme s’ils avaient découvert une cache d’armes”

    Pour un livre.

    Commentaire par Eric — 28-05-09 @ 5:12

  7. Youpiiiiiiiiiiii… Julien Coupat est en « semi » liberté ce jour. Voici son entretien avec Le Monde http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/25/julien-coupat-la-prolongation-de-ma-detention-est-une-petite-vengeance_1197456_3224.html

    Commentaire par LutoPick — 28-05-09 @ 10:56

  8. Quand l’imbécile regarde le doigt qui lui montre la Lune, j’ai tendance à regarder le type qui tend le doigt. Que nous veut-il donc, avec sa condescendance d’intellectuel bien nourri, dont la hargne ressentie envers tout ce que nous représentons n’a d’égal que son mépris exprimé pour tout ce que nous tentons de construire? Quand je dis nous je parle des personnes que j’ai pour habitude de fréquenter, gens de peu, gens de rien, mais gens de cœur, je veux dire autant généreux que courageux, aimant le travail qu’il font et désirant le faire correctement, dans de bonnes conditions, sans rien prendre d’indu à quiconque, mais souhaitant comme beaucoup la disparition du système qui exploite leur travail. Ils n’ont pas fait de hautes études, mais connaissent le sens des mots décrivant leur situation de vie et de lutte. Ils ne confondent pas abolition du travail et abolition du salariat, ils ne confondent pas débrouilles solidaires et apologie du vol, ils ne confondent pas résistance justifiée et collective et apologie de l’émeute. La violence du monde, ils la subissent trop au quotidien pour vouloir la généraliser dans toutes […]

    Commentaire par Hivert Christian — 06-07-09 @ 6:42

  9. @ HC

    Vu votre site et j’invite tout le monde à en faire autant. Sur le fond, bien sûr, les choses sont, les gestes sont posés et il y a une réalité. Mais vous comme moi savons, que c’est le sens qu’on lui donne qui en fait la valeur. On peut être ou ne pas être bien nourri, se vouloir ou être perçu comme condescendant -ou les deux – mais on ne peut pas ne pas être un intellectuel. Pour soi-même, d’abord, pour faire les liens et se donner un sens et au moins une sensation de continuité. Avec les autres, aussi, pour que s’y ajoute la sensation d’objectivité. On fait ainsi la boucle avec la réalité. L’intellectuel fait des formes.

    Sur la forme, vous écrivez fort bien… l’auteur de l’Insurrection aussi. S’il avait écrit ce texte dont on voit ci-haut un extrait, aurait-il eu à y changer quoi que ce soit avant de VOUS l’adresser ? Ou de ME l’adresser ? Changer le monde se conclue toujours par changer l’image que l’on s’en fait. Je ne suis pas un inconditionnel de l’auteur de l’Insurrection. Je ne vois pas le désordre comme un état stable dans une société, puisqu’une société est justement une petite zone d’ordre dans laquelle on peut se faire des images qui nous plaisent, dans un univers qui nous apparait chaotique.

    Je n’appelle pas le désordre, je constate qu’il va venir. Inévitablement. L’important, c’est ce qui viendra après le désordre. Je sais qu’après les structures capitalistes d’autres structures seront établies dont on peut espérer, mais sans en être certain, qu’elles permettront plus de bonheur en posant moins de contraintes aux images qu’on voudra s’en faire.

    Je suis de tout coeur avec vous, quand vous souhaitez la disparition d’un système qui exploite et la mise en place d’une structure qui soutienne ceux “aimant le travail qu’il font et désirant le faire correctement, dans de bonnes conditions“. Je ne dis pas autre chose dans cet article. J’en dis bien plus ailleurs… https://nouvellesociete.wordpress.com/production/

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 06-07-09 @ 10:23 | Modifier

    Commentaire par pierrejcallard — 06-07-09 @ 10:37

  10. J’ai lu très attentivement ce petit ouvrage – 122 pages – et non sans un certain plaisir vu qu’il ressemble beaucoup à ce que nous écrivions dans les années 70 – le désir de révolution – la haine de l’Occident capitaliste – l’homme unidimensionnel sans parler des « Garçons sauvages » de William Burrougs. Comme alors – je le dis sans mépris – il est prisonnier d’une posture idéaliste qui exalte le point de vue de l’enfance et choisit l’action sinon la critique, du point de vue du principe de plaisir – joie de brûler les écoles – de chaparder – de voler – de ne pas travailler etc., Plus anarchiste qu’ultra-gauche laquelle est rejetée sans appel, le modèle qu’il préconise est celui de la Commune, la Commune de Paris et finalement une forme de communauté conquise sur le modèle des banlieues déconnectées de toutes les institutions de la République, un modèle fondé sur la régression du politique au psychique, à un stade sans équivoque, celui du principe du plaisir propre à l’enfant avant que l’école à laquelle on se fait une joie de mettre le feu ne vienne castrer les potentialités créatrices et destructrices qui sont ici le présupposé de toute action insurrectionnelles. Ne reste alors qu’à imaginer le mode par lequel va ressurgir le principe de réalité comme le livre : le roi des mouches.

    Commentaire par Roland — 19-07-09 @ 4:07

  11. Honnêtement, il faut être totalement aveugle pour ne pas réaliser que le capitalisme nous entraîne vers un monde où un infime pourcentage de la population possède la majorité des commerces et industries et, plus ils s’enrichissent, plus ils achètent la compétition, cherchent à faire plus de profits, coupent dans des postes bien rémunérés… Résultat, il n’y aura plus de classe moyenne en Amérique d’ici quelques dizaines d’années puisqu’une meilleure rentabilité est assurée aux entreprises qui déplacent leurs opérations vers des pays en «développement». Pendant ce temps, on continue d’ouvrir des Wal-Mart partout en région et les grandes bannières ouvrent de plus en plus de succursales partout où des emplois payants sont perdus.
    Il me semble donc utopiquement impossible d’imaginer que la sauvegarde de nos emplois ne puisse passer que par une Nationalisation massive, voire totale, de l’Industrie qui doit aussi réorienter ses activités afin de ne plus dépenser d’énergie à produire des items qui sont fabriqués en Chine à un coût ridiculement moindre.
    Pour les rêveurs parmis nous, tant qu’à Nationaliser, aussi bien fermer la province tant aux importations qu’aux exportations. Nous produirons tout ce que nous consommerons, mais juste ce que nous consommerons. Rien en trop rien en moins. Sauf pour l’électricité, puisqu’on est si bon dans l’énergie verte, pourquoi ne pas donner gratuitement tout l’excédent de notre future production d’énergie solaire, éolienne et hydroélectrique? Tant qu’à faire trop d’électricité, on la leur donnera, comme cela il n’aura pas à bruler autant de charbon pour fournir leur Population. On y gagnera en économie sur l’environnement à long terme.!!!

    Commentaire par Jason Morrisson — 19-07-09 @ 9:58

  12. Je serais tenté de rire devant la catastrophe qui nous menace comme le suggère les auteurs du livre. Et j’avoue que je ris pas mal en lisant les plaintes de tous ceux qui sont aujourd’hui les victimes occidentales d’une crise mondiale. Combien étaient prêts il y vingt ou trente ans à revendiquer et à accepter une baisse de leur niveau de vie bourgeois afin que les autres, en gros les pays du tiers-monde élèvent le leur, acceptant ainsi une sorte de transfert de bien-être? Tous les tiers-mondistes, tous les gauchistes, toutes les belles âmes. Mais apparemment on dirait qu’ils préféraient avant tout les révolutions lointaines, militaires, populaires ou culturelles que les révolutions industrielles et le développement dès lors que celles-ci les privent des sources de notre richesse, le travail. Où alors pensaient-ils que le mieux étaient que tous vivent comme des petit-bourgeois occidentaux en se contentant de nous acheter des produits que nous continuerions seuls à produire? En Afrique, en Inde, en Chine il semble que le désir d’entreprendre, de créer – quitte au début à nous imiter comme cela se fait depuis la nuit des temps et qui est un moment de l’apprentissage – nous ait été quasiment volé. Les crises sont toujours, dans l’histoire naturelle le produit de la croissance – d’où la tentation de la croissance zéro. Mais dans un monde à la démographie galopante, monstrueuse – que les biens-pensants et les belles âmes refusent de prendre en compte dans la crise d’aujourd’hui – une décroissance – et c’est ce qui arrive – touche bien plus dans le monde les plus pauvres que nos petit-bourgeois qui prétendent s’appauvrir. Comme nos anarchistes livresques qui croient mettre en pièce le concept d’adaptation tout en privilégiant un comportement qui est la forme la plus primitive de l’adaptation animal qui consiste à agir en vertu du moindre effort – qui est une loi de la nature – tout comme ils l’ont fait avec cet ouvrage dont la théorie qui ne manque ni de séduction ni de pertinence entre en concurrence avec toutes celles existent, depuis celles du grand banditisme jusqu’à celles des groupuscules révolutionnaires de l’extrême droite à l’extrême gauche. Le sabotage – que certains syndicats déjà mettent en œuvre – le vol et la confrontation sans revendication avec les forces de l’ordre et toutes les institution étatiques qui sont le quotidien de beaucoup en périphérie et des les communautés ne sont déjà pas moins qu’autant d’actions qu’ils privilégies et qui témoignent déjà de l’influence que ce bréviaire de la révolte est en train de susciter.

    J’ai écrit dans un fil précédent que les auteurs de « L’insurrection qui vient » dans leur rejet sans appel de toute organisation, association, syndicat, mouvement citoyen, politique de gauche ou de droite, de tout groupe qui soit déjà organisé de quelque manière que ce soit est un trait proprement anarchique et que c’est cette spécificité même qui doit inquiéter et la police et le ministère de la défense. Ceux-ci peuvent surveiller et infiltrer des groupes comme ceux mentionnées plus haut et le cas échéant remonter dans la hiérarchie, d’autant plus qu’ils aiment à revendiquent leurs actions, tandis qu’ici, les revendications y seront de pures fantaisies, sans liens et propres à créer plus de confusion que la moindre piste.

    Commentaire par Roland — 20-07-09 @ 3:59

  13. @ Roland :

    Je suis d’accord avec vous sur l’aspect régressif du modèle humain et social que propose l’Insu. L’auteur semble y voir une fin souhaitable, alors que j’y vois un passage obligé. Le sablage avant le vernis. La « table rase » du passé et du reste. Il y a 15 ans que je propose un projet de société… et j’en parlais avant ! Le concept de trouver la plage sous les pavés et de tous aller vivre avec les Malaussène est a cent lieux de mes voeux… MAIS le couperet est tombé et je ne crois pas que nous ferons économie d’un choix entre dictature et anarchie. j’ai même bien peur que nous n’ayons les deux. Je souhaite seulement que ça mène à mieux APRES..

    http://nouvellesociete.org

    https://nouvellesociete.wordpress.com/2008/10/28/196-apres-la-crise/

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 20-07-09 @ 10:58

  14. @ JM La transformation est déja en marche et, comme vous le dites, c’est la structure de production qui est le pivot Je ne dis pas autre chose depuis des années…

     » Tout va changer dans une Nouvelle Société, mais d’abord sa structure de production. Pour comprendre et prévoir ce changement, il faut suivre l’évolution spontanée de son système de production, lequel n’est plus seulement sa corne d’abondance, mais aussi la boule de cristal où se profile son avenir. »

    http://nouvellesociete.org/A68.html

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 20-07-09 @ 11:04

  15. « L’insurrection qui vient » … enfin.

    Commentaire par decembre — 21-07-09 @ 7:28

  16. @ decembre

    j’ai cru que ce bouleversement pouvait être évité. Je crois maintenant qu’il est inévitable. Comment il se fera dépendra pour beaucoup de la façon dont l’Establishment dans sa version Obama gérera sa conversion accélérée. On le saura sans doute avant octobre.

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 21-07-09 @ 9:19

  17. D’après moi, ce n’est pas « insurrection puis anarchie » mais anarchie en premier puis dictature « bienvenue » ensuite comme du temps d’Hitler.
    Du moins, c’est leur plan… (qui ne se fera pas)

    J’ai lu en ce qui concerne Julien Coupat que c’est « BUSH » qui a fait un deal avec SARKOSY:
    Arrêter Julien COUPAT et en contrepartie on vous livre celui qui est responsable des attentats de la rue Copernick en 1986.
    Julien COUPAT était allé aux USA récemment

    Michèle DRAYE

    Commentaire par Michèle DRAYE — 12-12-09 @ 2:21

  18. Commentaire précédent:
    « J’ai lu en ce qui concerne Julien Coupat que c’est “BUSH” qui a fait un deal avec SARKOSY:
    Arrêter Julien COUPAT et en contrepartie on vous livre celui qui est responsable des attentats de la rue Copernick en 1986.

    Voici l’adresse de l’article qui en parle:

    http://www.bakchich.info/Retour-sur-la-traque-de-l-ultra,05835.html

    Michèle DRAYE

    Commentaire par Michèle DRAYE — 12-12-09 @ 2:35

  19. @ MD: Avec les agents provocateurs en première ligne et aucune procédure respectée, n’importe qui peut etre condamné pour n’importe quoi. La prochaine révolution sera faite par des « autonomes ». Imparable. Mais ça ne regle pas la question de ce qu’on fait après… On est en attente de la renaissance d’une éthique et rien ne semble permettre d’accélérer la gestation.

    https://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/12/161-un-temps-pour-lanarchie/

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 12-12-09 @ 6:47


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