Nouvelle Societe

16-05-09

Tolérance 101

Je participe au blogue collectif « Les 7 du Québec ». Je lis tout ce qui s’y publie, j’y apprends beaucoup et j’en suis heureux. Je l’ai rarement été autant, toutefois, qu’il y a quelques jour, quand mon collègue Lutopium y a traité d’un thème que j’avais complètement occulté : le nouveau cours sur l’éthique et la culture religieuse (ECR) qu’on introduit au Québec. Le sujet est d’autant plus d’actualité, que s’ouvre maitenant à Drummondville le procès qui déterminera si les parents ont le droit, au nom de la liberté de conscience, de demander que leurs enfants en soient exemptés.

En lisant cet article et les nombreux commentaires auxquels il a donné lieu, j’ai repris contact avec un Québec d’il y a cinquante ans que je croyais disparu. Oh, je savais bien que nous avions un cardinal à Québec et un maire au Saguenay qui faisaient encore des déclarations de l’époque pré-laïque, mais je n’y voyais qu’un innocent folklore. Me renseignant, je ne suis aperçu qu’au contraire rien n’est vraiment réglé côté religion et laïcité.

Evidemment, on a ici un amalgame. Aux Chrétiens – surtout catholiques et évangéliques – dépités qu’on puisse laisser savoir qu’ils ne sont pas les seuls, se sont ajoutés les fidèles juifs et musulmans, inquiets que leur religion ne soit pas présentée sous un jour assez favorable, puis les athées, sans doute, dont on découvre avec ébahissement que le ECR prendra pour acquis qu’ils n’existent pas et ne prononcera même pas le mot athéisme.

Ceux qui s’y opposent au cours sur l’éthique et la culture religieuse en raison de leurs croyance sont aussi rejoints par d’autres qui, sans égard à son contenu, contestent en principe l’intrusion de l’État dans ce domaine qu’ils veulent réservé aux parents. Tout ça fait beaucoup de monde, de telle sorte qu’un récent sondage prétend que 45 % des Québécois ne veulent pas de ce cours d’ECR.

Ma première réaction est de penser que l’histoire des religions est une facette de l’Histoire tout court et ne devrait pas mériter plus d’importance que toute autre grande variable sociologique, que l’on parte de l’évolution des techniques, des modalités du travail ou de celles de la propriété, mais la levée de boucliers que soulève cette initiative prouve que ma première réaction n’est pas la bonne. La religion EST le premier déterminant culturel et l’on ne peut pas simplement la contourner en pensant qu’elle disparaîtra d’elle-même avec le progrès.

Il est important de dire que, dans la mesure où elle met la foi au-dessus de la raison et s’arroge le monopole de la vérité, TOUTE RELIGION enlève à cette raison son rôle incontesté d’arbitre entre ceux dont les croyances diffèrent. Elle ne leur laisse plus alors d’autre choix que de régler par la force leurs oppositions, à la mesure de l’exclusivité à laquelle leur foi aspire et avec toute la violence de leurs fanatismes respectifs.

Dans cette optique, toute intrusion de la religion dans la sphère publique ne peut que créer des dissensions et être un obstacle à la concorde que l’on souhaite dans une société. Il faut qu’on en prenne conscience et qu’on le dise. Le droit de chaque individu à ses opinions doit être indissolublement lié à son obligation de respecter totalement celle des autres. Une obligation qui contredit la responsabilité de prosélytisme inhérente aux grandes religions monothéistes.

C’est cette obligation prioritaire de tolérance qui doit être inculquée à l’enfant envers et contre tous. Elle exige une laicité proactive qui devrait aller de soi. Si elle est contestée, c’est qu’il faut l’enseigner.

Pierre JC Allard

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4 commentaires »

  1. Bravo Monsieur ! Je suis un jeune étudiant français qui revient de deux années au Canada (en Nouvelle-Écosse, pour être très précis). Je pense qu’un cours d’éthique et culture religieuse est une bonne chose, mais je suis tombé des nues quand j’ai appris assez récemment que celui-ci serait obligatoire chez vous.

    J’ai suivi une grande partie de ma scolarité (primaire et « collège », les premières années du secondaire) dans le système public, où aucun cours de culture religieuse, fût-il œcuménique, ne peut être donné depuis la proclamation de la séparation des Églises et de l’État (1905). J’ai par ailleurs étudié dans un lycée (la fin du secondaire en France) privé catholique sous contrat avec l’État, où la gestion était privée mais où les enseignants étaient payés par le ministère de l’Éducation nationale : là, il existait bien un vague atelier ressemblant à votre cours d’ECR, mais celui-ci était en dehors du temps scolaire et n’était absolument pas obligatoire. Sur les quelque 500 élèves que nous étions, une dizaine y prenait part, tout au plus.

    Je considère, comme l’immense majorité des Français (et je pense, des Québécois), que la religion est du domaine privé et qu’elle doit y rester. L’État n’a pas à s’occuper de ce à quoi on veut croire, ou ne pas croire d’ailleurs. Athée non militant (non pratiquant, pourrais-je dire !), je n’ai aucune position particulière vis-à-vis des religions, simplement le respect élémentaire pour les croyances de chacun. En revanche, si j’avais des enfants et qu’on leur proposait un tel cours, facultatif bien entendu, je ne sais pas si je m’opposerais à ce qu’ils y participent. Il ne faut pas oublier que le Québec a des racines chrétiennes, que votre culture (qui est aussi un peu la nôtre) est historiquement imprégnée de toute une symbolique religieuse, mais aussi que chaque peuple a ses propres conceptions de questions fondamentales de société. Je pense qu’un cours comme celui-ci ne pourrait faire de mal à personne, car il permettrait à tout un chacun de s’ouvrir à l’autre, de mieux le comprendre. Dans une société multiculturelle, ou interculturelle (modèle qui n’existe pas en France), c’est une garantie pour permettre l’apaisement des rapports sociaux. À condition toutefois, comme vous l’expliquez si justement, que l’on échappe à une guerre des prosélytismes.

    Pour résumer : oui aux cours d’ECR, à condition qu’ils ne soient pas obligatoires.

    Commentaire par Quentin Fouville — 08-07-11 @ 6:08

  2. @ QF

    Merci pour votre commentaire. Bien d’accord pour les racines chrétiennes; nous avons une laïcité postchrétienne. Je suis un peu inquiet, cependant, quand vous affirmez que le modèle d’une société multiculturelle n’existe pas en France. Avec 10% de Musulmans, vous êtes près du seuil où ce multiculturalisme vous sera réclamé. Étes-vous bien sûr qu’il ne sera pas consenti ?

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 08-07-11 @ 6:55

  3. LE GAÏAGÉNAIRE

    POUR EN FINIR AVEC LES NÉVROSES TRANSGÉNÉRATIONNELLES

    LES RELIGIONS:

     » Avant tout, chez Hegel, l’aliénation est d’essence religieuse et politique. En gros, il s’agit du fait du dépouillement du rôle politique du citoyen qui ne participe plus, nous dirions, à la « gestion » de la cité et qui s’invente des compensations, notamment d’ordre mythique ou religieux. F. Perroux rend très bien compte de cet aspect de la conception hegelienne :

    « Le malheur de la conscience déchirée la rend avide d’un au-delà. Le déchirement vient de la dissolution de la cité politique où le citoyen libre participait à l’idée réalisée sur terre, dernier des biens qui lui soit accessible. Le voilà privé du dieu de la cité et de la participation à la nature. Banni de la « Polis », il méprise l’homme dont il transfert la vertu au Dieu-Maître d’une religion d’esclaves; il réifie (*) la nature qu’il s’efforce de dominer à la manière d’un objet inerte. « Dé-politisé », déshumanisé, devenu incapable d’être acteur dans l’histoire, il invente les contes qui le sacrent citoyens du ciel. La cité de Dieu est le fantasme compensateur de l’échec de la cité terrestre… » (276.7)

    réification La réification permet de définir informatiquement une chose quelconque sous forme d’un objet : passage d’une chose, d’un évènement vers une entité qui représente cette chose ou cet évènement.

    « On sait que c’est la participation au devenir de l’Idée (et surtout pas la perte de l’homme dans la matérialité du monde des objets, s’objectivant alors lui-même…) passant par la conformité aux catégories de la Raison que se dessinent les conditions de la désaliénation de l’homme pour Hegel. » Aktouf, Omar, HEC 1982, Thèse de doctorat en management, page 569
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    LE BOUDHISME

    « Procréer, c’est engendrer la mort »
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    DIVERS PHILOSOPHES

    http://www.philo5.com/Cogitations/111001NePasNaitre.htm

     » Ne pas naître est sans contredit la meilleur formule qui soit. Elle n’est malheureusement à la portée de personne.
    Cioran, De l’inconvénient d’être né, 1973
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    UN ÉMINENT PH.D

    https://nouvellesociete.wordpress.com/2009/05/16/tolerance-101/

    « C’est cette obligation prioritaire de tolérance qui doit être inculquée à l’enfant envers et contre tous. Elle exige une laïcité proactive qui devrait aller de soi. Si elle est contestée, c’est qu’il faut l’enseigner. »
    Pierre JC Allard
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    LE GAÎAGÉNAIRE

    Nous nous distinguerons en tant que société québécoise en élevant la maternité au rang des spécialités professionnelles avec statut et rémunération correspondants. Terminée l’excuse de l’absence d’un manuel apprenant à être une mère. Dépassé le carcan du génotype ancien décrit par Andrew Lehman .

    Lorsqu’il est question de profession, il est automatiquement question de formation, de règles, de principes généralement reconnus. Donc, éventuellement, d’uniformité, de nivellement et tous (?) souhaitent la diversité chez l’Humain. C’est notre déformation qui nous donne ces images lorsqu’il est question d’école, de formation, d’éducation. Nous pensons spécifiquement en terme de savoir, de savoir faire, d’avoir et de savoir être.

    Cependant, il y a une autre façon de voir ou de comprendre cette dynamique de la maïeutique socratique. Tout est en place pour accepter et aller dans le sens de la mutation. Les infrastructures sont opérationnelles.

    Mieux, le matériel pédagogique est écrit, valide et aucun enseignant n’a à être formé pour dispenser quelque  » connaissance  » que ce soit. Il s’agit d’un processus aussi naturel que l’eau qui s’écoule en aval de sa source.

    DANS TOUTES LES ÉCOLES DU QUÉBEC, TOUTES LES FILLES DEVRONT ÉTABLIR LEUR BIOGRAPHIE DÉTAILLÉE : UNE ONTOGENÈSE ET UNE PHYLOGENÈSE !

    Aussi, DANS TOUTES LES UNIVERSITÉS FRANCOPHONES DU QUÉBEC, le préalable onto-phylogénésique complété doit être exigé au 2ième cycle et de tous ceux qui seront habilités à exercer dans une sphère touchant à l’humain au quotidien après le 1er cycle : médecine, nursing, droit, pédagogie, sciences sociales, etc.

    Ce qu’il y a de différent, de révolutionnaire même, dans cette  » formation « , c’est simplement que l’État réalise que  » l’individuation  » prend la place qui lui revient dans une société comme la nôtre où les institutions appartiennent aux citoyens payeurs d’impôts. Aller à l’école suppose un temps et un espace à chaque Socrate, Montaigne, Rousseau, Miller, Ruffo, Dolto, Einstein, Vernadsky, Kepler, pour vivre sa  » métamorphose « .

    La plus grande résistance viendra de notre compulsion à investir narcissiquement ceux sur lesquels nous exerçons du pouvoir. C’est justement cet esclavage psychologique qui nous maintient dans l’illusion d’être de « bons » parents. Où l’aurions nous appris, ou de qui nos grands-parents, nés autour de 1880, l’auraient-ils appris ? Le moyen âge a duré longtemps ici. Ne parlons-nous pas le vieux français?

     » Une mère n’est capable d’empathie que si elle s’est libérée de son enfance, et elle réagira forcément sans empathie tant que le déni de son destin la chargera de chaînes invisibles. Et il en est de même pour le père.  »

    Cette citation décrit le  » vice caché  » grevant les intrants du système scolaire. Mais il s’agit bien d’un effet, pas d’une cause.  » Cognocere rerum causas « , connaître la raison des causes.

    La bible a foiré divinement avec le mythe créationniste à partir d’Adam. Misogynie ou manipulations féminines visant à parasiter un mâle faible en testostérone pour satisfaire les exigences de l’hétérochronicité ?

    L’idée de base est de rééquilibrer toutes les filles avant qu’elles ne commencent à se reproduire. Car, c’est de cela qu’il s’agit : c’est la lignée mitochondriale matriarcale qui reproduit son véhicule par la femelle et la femme perpétue les traditions de clans. Le mâle n’est déjà qu’une possibilité d’adapter le véhicule pour une meilleure survie du prochain passager .

    Lorsque ces filles équilibrées décideront de procréer, elles exigeront des conditions de vie propices à leur enfant tout au long de la grossesse, à l’accouchement et ensuite se sauront compétentes vis-à-vis leur nouveau-né .

    Leurs enfants seront pris en charge par des accoucheurs socratiques rééquilibrés qui n’auront plus la compulsion de perpétuer l’investissement narcissique des systèmes scolaires et sociaux actuels. À quoi sert-il de combattre l’œdipe parent enfant, s’il est institutionnalisé en aval ?

    Mais il y a la raison principale suivante qui rentabilise le système. Toutes ces femmes devenues professionnelles de la maternité disposeront d’un emploi assuré dans le système scolaire : elles seront des accoucheuses socratiques, les « grandes prêtresses » hors Vatican, pour favoriser les biographies des adolescentes, responsabilité de la maternité.

    On peut même développer un échéancier montrant que dans 25 ans la boucle sera bouclée et, ainsi, réaliser concrètement la condition émise par Napoléon (?) à l’effet que « pour améliorer la nature humaine, il faille commencer 21 ans avant la naissance. »

    « …nos recherches en éducation ne nous ont pas permis de découvrir ni une conception complexe de la nature humaine susceptible de guider les enseignants dans leur processus personnel d’humanisation et celui de leurs élèves, ni un système d’éducation axé prioritairement sur le développement des potentialités mentales et morales des élèves. »

    Des individus mentalement sains, suffisamment nombreux pour constituer une masse critique, engendreront une société saine dont on ne peut même pas s’imaginer le modèle positivement :  » Morin estime que la culture actuelle n’est appropriée, ni pour traiter ni pour poser les problèmes de l’éthique, de la science, de la politique et de l’économie °°dans leur ampleur, leur radicalité, leur complexité °°  »

    Pas de mariage, pas de reproduction avant la maturité totale et démontrée des hommes et des femmes après 25 ans. Pas de naissance sans preuve d’ADN et de consentement éclairé paternel. Les mâles ont aussi le droit de refuser la paternité comme les femmes ont le droit d’accepter ou de refuser la maternité .

    EN RÉSUMÉ, il y a deux systèmes universels de production d’enfants :

    a- les mères

    b- le système scolaire

    Il est évident que le système « b » tente de polir et de mettre en valeur de précieux « diamants » qui ont subi une première taille définitive aux mains du système « a » composé « d’ignorantes » qui perpétuent inconsciemment une pédagogie noire et une pédagogie blanche qui relève de l’Antiquité.

    Le goulot du système « b » réside dans son manque d’efficience à instruire et à qualifier puisque ses forces vives sont monopolisées pour socialiser, comme si la programmation neurolinguistique, le conditionnement opérant et autres techniques de manipulations appliquées en aval pouvaient corriger les modes opératoires de non reproduction, en lieu et place d’une ontogenèse.

    Jean-François Belliard, 18 octobre 2011

    Commentaire par Le Gaïagénaire — 18-10-11 @ 1:05

  4. @ Gaiagenaire

    Ce commentaire pourrait être présenté comme article sur Centpapiers

    pjca

    Commentaire par pierrejcallard — 18-10-11 @ 6:26


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