Nouvelle Societe

04-05-09

Vous voulez une petite Indienne ?

 

Tout le monde a entendu parler de cette répugnante affaire du journal londonien qui a tendu un piège au père de Rubina Ali – la gamine vedette du film Slumdog Millionaire, grand gagnant des Oscars –  prétendant vouloir l’acheter pour 310 000 livres sterling.   Plein de gens se sont indignés. Beaucoup pour fustiger le père indigne – dont Obey, un quidam sur Rue 89, dont le choix pour avatar d’un croquis aux traits « néroniens » permet  de douter qu’il ait été sérieux – d’autres, comme moi, pour voir cette démarche du journal comme une insulte à la misère.

Pendant que les journalistes anglais s’amusent, Madonna qui cherche à adopter bien légalement une jeune Africaine  en voit tout à coup le père naturel, jusque-là absent, se manifester. Il pourrait – dit-il – « apprendre à aimer cette enfant « …  Suis-je cynique en pensant qu’en bon vendeur de nattes indigènes, il a attendu que l’ « acheteuse » s’attache un peu au « produit » avant d’en faire monter le prix ? Vieille technique, sans doute née à Sumer et encore bien courante dans les souks et bazars du monde entier….

Je trouve le père de la petite Africaine encore plus infâme que celui de la petite Indienne… et le journal encore davantage, mais ce n’est pas mon propos. Gardons 30 secondes de silence pour l’indignation, puis continuons. Mon propos, c’est pourquoi tant de contraintes à l’adoption internationale ?  On joue collectivement le même scénario que Rubina s’est vue imposer à titre individuel et je pense que c’est aussi une infamie.

 Des États dont les enfants crèvent de faim – et qui parfois payent pour stériliser leurs citoyens ! – assument vertueusement le rôle de pères indignes, pour garder ces enfants loin de ceux qui en prendraient soin, mais ont le démérite d’être des étrangers.  Il serait naturellement politiquement bien incorrect, pour un leader de miséreux, d’accepter que certains de ceux-ci puissent préférer que leurs enfants échappent à la misère plutôt que de se draper dans la patriotique posture de les garder dans une  stoïque indigence.

Il y a ainsi, dans le monde entier, un scénario de barrage à l’adoption. Il y a dans les pays d’accueil, pour donner la réplique aux politiciens du tiers-monde, toute une faune de fonctionnaires, d’avocats spécialisés et d’organismes de bienfaisance qui vivent d’être les rabatteurs et les entremetteurs dans un processus d’adoption byzantin, long, coûteux et compliqué à plaisir.  Je pense de cette faune ce que je pense du journal londonien qui a instrumentalisé Rubina Ali et son père pour mousser ses ventes

Attention. Je ne propose pas qu’on mette les enfants en vente. Je dis qu’il faudrait encourager l’adoption internationale, la faciliter  et y consacrer des ressources plus significatives.  On se plaint de la dénatalité en Occident – et l’on veut y palier par une immigration légale ou même illégale importante – mais on stoppe autant qu’on peut l’entrée des meilleurs immigrants qui soient : les enfants.    Ne doit-on pas admettre – si l’on n’est pas biaisé par des relents de racisme – qu’un enfant élevé chez-nous par des gens de chez-nous, selon les valeurs de NOTRE culture, grandira pour devenir, indiscernable de nos propres enfants ?  Ne voit-on pas que c’est le candidat idéal à l’intégration ?

Oui, bien sûr, il y aurait  des contrôles à exercer pour éviter l’exploitation de ces enfants, mais ces contrôles ne sont pas si difficiles  à effectuer. Il suffit, d’abord, qu’on ne négocie dans le pays d’origine  qu’avec un organisme accrédité qui assumera la responsabilité des tractations avec les parents et garantira leur libre consentement, puis qu’on ne se limite pas, dans le pays d’accueil, à une vérification à l’arrivée, mais qu’on ajoute un suivi longitudinal jusqu’à la majorité de l’enfant.   Est-ce si complexe ?  Pourquoi ne pas le faire ? 

 

Pierre JC Allard

 

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