Nouvelle Societe

25-04-09

Vole, pigeon vole..

On a prêté à Lucky Luciano, à Damon Runyion et à bien d’autres, cette phrase que si, dans une réunion entre truands, vous n’avez pas identifié en 10 minutes qui est le pigeon …. c’est sans doute que c’est vous !  On va en voir une application pratique d’ici quelques jours.

Ses créanciers ont donné à Chrysler jusqu’au 30 avril, pour présenter un plan d’affaires qui se tienne et éviter la faillite. On est dans le dernier droit.  Sur la scène, pour le grand finale, il y la compagnie en déconfiture, ses créanciers et le département du Trésor  des USA, bien sûr, mais aussi trois acteurs de soutien : Cerberus Capital Management, le gros ponte des actionnaires de Chrysler, que suivent les petits actionnaires comme les cannetons la cane; Fiat, la firme italienne qui a aussi ses problèmes, mais dont le Président Marchionne est un pro qui pourrait causer une surprise en faisant un « plus » de la multiplication de ces deux « moins » que sont Fiat et Chrysler… et le syndicat United Auto Workers.

Dans cette réunion de truands, à qui a-t-on a prévu de faire porter le chapeau ?   A première vue, le dossier est clair.  En refusant 7 milliards à Chrysler, le Trésor accule la compagnie à la faillite et condamne  ses actionnaires  et créanciers  à absorber la perte. Fiat fera une bonne affaire en reprenant la compagnie à prix d’aubaines et certains des travailleurs garderont leur emplois.

Un scénario de catastrophe contrôlée.  Mais est-ce bien ce qui se passera… ou y a-t-il un autre agenda ? N’est-il pas étrange que le gouvernement des USA – qui est à distribuer 700  milliards à des institutions financières tarées – n’ait pas 1% de cette somme à mettre pour rescaper l’industrie automobile américaine ? Car après la faillite de Chrysler, viendra le même scenario pour Ford et pour GM…

Tout se passe comme si l’on VOULAIT la faillite de Chrysler.  Mais pourquoi ? Dans le contexte actuel, que Cerberus et autres investisseurs perdent ou non quelques milliards est anodin. Rembourser ou ne pas rembourser  JPMorgan Chase, Citigroup, Morgan Stanley and Goldman Sachs    qui ensemble détiennent 70% de la dette de Chrysler –  l’est tout autant, puisqu’on renfloue actuellement ces institutions autrement pour des  montants 10, 20, 30 fois plus importants.  À quoi joue-t-on ?

Tout semble indiquer qu’on est a mesurer le tour de tête des travailleurs…  En cas de faillite, leurs plans de pension  et bénéfices sociaux seraient protégés, mais leurs emplois disparaîtraient.  Pourrait-on les inciter a jouer quitte ou double ? Ne serait-il pas possible de proposer a United Auto Workers de devenir l’actionnaire principal de Chrysler et de gérer cette société en forme plus ou moin coopérative, avec le soutien technico-administratif de Fiat ? 

Les travailleurs devenus propriétaires pourraient se consentir des sacrifices qu’ils ne consentiraient à aucun autre acquéreur.  Ils pourraient s’imposer des conditions de travail plus exigeantes, des réajustements de salaire, des mises-à-pied  temporaires, des licenciements au rythme de mises à jour technologiques robotisant des pans complets de la production…  Ils le pourraient : ce serait LEUR compagnie, n’est-ce pas ?

Ils pourraient même – et c’est là que le chapeau leur est enfoncé jusqu’aux oreilles – modifier les conditions de leurs plans de retraite et de leur couverture santé. Ils garderaient, leur emploi… mais en reprenant des conditions de travail d’il y a 30 ans …  À ces conditions, Chrysler – et demain Ford et GM – peuvent redevenir rentables. 

L’industrie américaine tout entière,  suivant la voie ainsi tracée par le secteur automobile, pourrait se rééquiper aux frais des travailleurs et les USA reprendre le leadership mondial de la production. Un plan ambitieux pour un Establishment devenu débonnaire sous la bannière Obama… 

La crise financière qui est à faire disparaître tout l’argent virtuel sans valeur était bien nécessaire, pour que le symbolique coïncide raisonnablement avec le réel.   Cette opération monétaire ne peut suffire, toutefois. On a folâtré depuis le début dans l’imaginaire, mais le temps est venu de toucher la réalité.  On se prépare à sortir le scalpel et à couper dans la chair vive du système de production industriel.  Voyons comment le patient réagira…

 

Pierre JC Allard

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8 commentaires »

  1. Bonjour Pierre,
    «Les quatre fléaux dans les affaires sont

    l’ambition, la cupidité, l’obstination et l’arrogance»

    ZhuangZi
    En novembre 2008-moi qui ne s’était jamais intéressé à l’économie – j’écrivais un article sur ledit CERBERUS, un champion dans la «diversificaton du portefeuille»… Ce chien à trois têtes est déjà en partant une arrogance dans son appellation.
    C’est à partir de ce moment que j’ai compris que la finance est un jeu de cache-cache dont les capitaux proviennent de … n’importe où. Comme la pub «La distance n’a plus d’importance», ni le pays, ni la morale…
    Le site de Cerberus, sur son site, se présente ainsi:
    «Cerberus holds controlling or significant minority interests in companies around the world. In aggregate, these companies currently generate over $100 billion in annual revenues. »
    Alléchant!
    Aux lecteurs qui veulent voir la «tarte» des investissements de cette compagnie aux chiens couleur d’enfer:
    http://gaetanpelletier.wordpress.com/2008/11/20/les-chiens-rouge-a-levres/
    LUCIANO
    Je me suis intéressé à lui. Habile le monsieur… Je pense que les étasuniens ont eu recours à lui pour de «l’aide».
    C’est peut-être que la grosse pègre a besoin de la petite pègre 🙂
    Bonne journée!

    Commentaire par gaetanpelletier — 25-04-09 @ 11:36

  2. Excusez le retour,
    Je suis toujours étonné par ce que vous sortez comme références…
    Hier un acteur chinois, audjourd’hui Luciano. Je suis comme vous, je collectionne et ramasse tout…
    La technique du «grenier»… On garde tout au cas où ça servirait. Et ça sert…
    Et la base eb est la grande curiosité.
    je pense qu’on naît avec.

    Commentaire par gaetanpelletier — 25-04-09 @ 11:53

  3. @ GP: On saura le vrai poids de Cerberus quand on verra comment le Trésor américain traite Chrysler… Quant à Luciano, la Mafia sicilienne qui avait dû s’exiler avec l’arrivée de Mussolini ne demandait pas mieux que de régler ses comptes en aidant l’invasion américaine de la Sicile. Luciano et autre mafiosi reçurent leur pardon après la guerre, pour services rendus, et même relapses ne furent pas pourchassés avec l’acharnement qu’on avait mis plus tôt à abattre Al Capone, par exemple.

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 26-04-09 @ 12:47

  4. Oui, je suis au courant de la «période Luciano» .
    Si je me souviens bien, il est un de chefs de la mafia – le seul, je pense – à être décédé de mort naturelle…
    Bonne journée!

    Commentaire par gaetanpelletier — 01-05-09 @ 1:17

  5. @ GP: N’oubliez pas Lansky, le financier, l’homme qui administrait La Havane sous Battista et qui par la suite, comme patriote israelien, a vecu des aventures rocambolesques dont il faudrait faire un film.

    PJCA

    ( P.S Plus de gens meurent dans leur qu’en tout autre endroit. J’ai toujours pensé que les planqués courent de grands risques et souvent finissent mal… :-))

    Commentaire par pierrejcallard — 01-05-09 @ 12:34

  6. Pierre,
    Je me souviens vaguement de Lansky. Mais je ne me souviens pas de son rôle à la Havane. Ni le reste de sa vie non plus qui a l’air d’une aventure.
    Étrange administrateur! On comprend pourquoi Castro voulait se débarrasser du comptable 🙂
    P.S. Il manque un mot à votre phrase: Plus de gens meurent dans leur lit… Si je ne me trompe.
    Pour fin d’amusement, je vous place un petit poème écrit en 99. Ça ne prendra que quelques octets sur votre NS. Une lectrice m’a dit qu’il était …inquiétant.

    Le Lit

    Un tombeau provisoire
    Où l’on meure un peu
    Pratique d’un soir
    D’un paradis peureux

    On y dort, on y prie
    Avant la croisière
    Claqués des paupières
    Dans cette barque bénie

    On y fait l’amour
    On y perd son temps
    On y fait pousser des enfants
    Cette maison de vagues et de divagues
    Ce logis à paille de nid

    Et dans la barque rectangulaire
    Chacun y va de sa croisière
    C’est là où l’on lit, où l’on délie
    Ces livres-chandelles, camp de nuit

    C’est une berceuse chaumière
    Tressées, aux toits de couettes
    Un long voyage griffé d’éclairs
    Pour les jours de nos défaites

    Au matin, tout un champ fricassé
    D’une bataille déjà oubliée
    Entre la chair et le mystère :
    Entre le demain et l’hier

    Un lit, rien qu’un lit
    Entrée ou sortie?
    Comme la vie, tout comme la mort
    Sait-on où l’on va quand on dort?

    __
    11 septembre 1999

    Commentaire par gaetanpelletier — 01-05-09 @ 3:37

  7. @ GP: Il manque bien, c emot… Je ne le corrige pas, car votre intervention deviendrait incompréhensible. On en dira sans doute un jour autant des crimes de Bush qui resteront impunis.. Merci pour le poeme. n’ hésitez pas a versifier aussi sur le babillard. Meyer Lansky est non seulement mort dans son lit, mais il n’a même jamais fait un jour de prison, bien qu’il ait été reconnu par tous comme le cerveau de la mafia américaine.. ( on a dit qu’il aurait obtenu 190 de Q I dans un test Catell. ) Il a mis Israel dans l’eau chaude en voulant se prévaloir de la Loi du Retour, ce à quoi Golda Meir s’ est personnellement opposée…

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 01-05-09 @ 11:26

  8. Pierre,
    Sur le babillard des 7? Je n’y aurais pas pensé. Mélange de genres…
    Bush: dans son lit, et pas un jour de prison.. Pas de doute…
    Quant à son QI. Lansky le bat sûrement… 🙂
    Intéressant ce Lansky, je pense que je vais me trouver un documentaire.
    Ce cher Bush pourrait passer à l’Histoire comme une sorte de monstre de cirque du début de l’autre siècle.
    Étrange personnage!

    Commentaire par gaetanpelletier — 01-05-09 @ 11:53


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