Nouvelle Societe

18-04-09

Une structure modulaire

Filed under: Actualité,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:01

La structure modulaire qui découle de l’approche fractale reflète, en lui permettant de s’exprimer, le dynamisme d’une main-d’œuvre qu’on a rendue autonome et qui devient nomade.  Les individus sont uniques ; ils s’associent, pour optimiser leur complémentarité, en unités de production opportunistes s’adaptant à une demande qui évolue constamment.

Ces unités sont les composantes opératoires du système ;  bien différentes dans leurs fonctions, elles sont néanmoins bâties sur un modèle similaire , ce qui les rend plus faciles à recombiner. On peut avoir au besoin des permutations inusitées des ressources humaines et donc un système de production plus plastique, mieux adapté à sa perpétuelle transformation.

Le travailleur y trouve son compte, car le module auquel il s’intègre a la masse critique nécessaire pour que le pouvoir que lui confère son indispensabilité prenne un sens bien concret et une valeur marchande.  L’équipe devenue mini entreprise n’est pas vulnérable comme l’est toujours un individu, mais celui-ci peut s’y identifier sans en  perdre son autonomie, puisqu’il y adhère librement et garde la discrétion de s’en retirer. Le module n’est pas indivisible, mais il peut avoir cette cohésion « familiale » qui permet de mieux résister à la corruption et à la zizanie et laloi s’assure que des pressions indues ne s’appliquent pas.

La nature du travail dans une économie de type tertiaire exige une initiative, une créativité une qualité de la relation interpersonnelle qui ne se développent que si existe une grande motivation.  Le travail autonome et l’entrepreneuriat qui relie étroitement résultats obtenus et rémunération, favorisent cette motivation.  Une structure modulaire permet d’encadrer l’autonomie de la sécurité matérielle et affective qui découle de l’appartenance à un groupe et d’avoir l’entrepreneuriat à discrétion.

C’est la seule structuration qui convienne au rythme de transformation qui s’est naturellement imposé dans la production.  À quelques exceptions près, dont nous parlons ailleurs, c’est donc cette façon de travailler par équipes, elles-mêmes parties d’autres d‘équipes, dans une structure modulaire gigogne qui prévaudra partout.  D’abord dans le secteur tertiaire qui occupera peu à peu la quasi-totalité de la main-d’œuvre, mais aussi dans les secteurs secondaire et primaire.

La fluidité qu’on peut introduire dans une structure modulaire en fait aussi la réponse à un autre problème : la tendance à la concentration de la richesse propre à une structure d’entrepreneuriat.  Quant il s’agit de production, cette tendance mène à l’émergence de monopoles et de cartels de fait, des entités qui n’ont pas la motivation d’innover, ni celle d’optimiser leur efficacité puis de diminuer leurs prix pour rendre effective la demande d’une plus large clientèle. Les monopoles et cartels de fait sont des obstacles à l’enrichissement sociétal réel.

Ils sont une menace imminente, car la structure de production actuelle est déjà composée essentiellement de corporations géantes occupant chacune une position de dominance pérenne dans une branche d’activité. La modularité de la structure de production vient corriger cette situation néfaste.  Comment ?  C’est leur contrôle des brevets et des ressources humaines qualifiées qu’exige le type de production propre à leur branche d’activité qui garantit à ces monopoles ou cartels  leur suprématie… or, une structure modulaire rend ce contrôle impossible.

Une structure « modulaire », composée d’une myriade d’unités de production autonomes et entrepreneuriales, chacune elle-même propriétaire de brevets, devient plus flexible et plus volatile.  Les  cloisons étanches entre branches d’activités sont abattues, puisque les ressources humaines qualifiées deviennent autant d’agents libres qui peuvent se ré-agencer comme les pièces d’un jeu de meccano, créant les conditions pour une nouvelle dynamique de concurrence.

La valeur du capital fixe investi devenant relativement modeste, si on la compare à celle du capital-compétence que représentent les travailleurs et à celle du capital de connaissances qu’incarnent les brevets, les barrières à la concurrence tombent. Rien ne dissuade plus un milliardaire du pétrole de financer un Steve Job et de disposer rapidement en cascade de toute une série d’équipes de travail qui lui permettront d’affronter Microsoft à armes égales sur  le terrain de celle-ci.  De même, l’argent de Mitsubishi peut concurrencer Hoffman-Laroche en pharmacie, Cargill peut miser sur une voiture à carburant végétal et défier Toyota ou GM, au Brésil, puis dans le monde entier….

Les combinaisons sont illimitées. Les  grandes corporations qui contrôlent aujourd’hui leurs segments respectifs du marché vont devoir se prémunir des incursions de nouveaux rivaux, incursions que vont rendre faciles non seulement la mobilité accrue des compétences, mais aussi celle d’un capital de risque que le remboursement de la dette publique va rendre plus abondant et qui va s’investir de plus en plus dans ces compétences.

Une structure entrepreneuriale à tous les niveaux et disposant, comme nous le voyons  ailleurs, d’un accès facile à des capitaux pratiquement illimités, crée une concurrence si vive que les fabricants DOIVENT adapter leur production à la demande plutôt que de tenter de manipuler celle-ci.  On a donc  une réponse au vœu d’Aladin : le contrôle de la production quitte l’offre pour la demande et revient au consommateur.

Privés de ce contrôle – et donc empêchés de prolonger ad nauseam la production des mêmes choses pour rentabiliser sans fin leurs équipements – les producteurs doivent tenir compte de quatre (4) nouvelles données :  1) à l’exception de la santé de l’éducation et des loisirs, les marchés importants sont matures et plus  profit ne peut venir que d’une razzia sur leurs parts respectives des marchés ou de la satisfaction de nouveaux désirs à la mode ;  2) la concentration des efforts qui s’ensuit sur la satisfaction de ces désirs à la mode, rend toujours plus imminente l’échéance où chacune de ces demande spécifique sera saturée ; 3) la publicité « galéjade » disparaissant avec l’inévitable transparence d’une société « Internet », c’est l’efficience de la production qui devient le facteur le plus important de la profitabilité ; 4)   la croissance exponentielle des techniques accélère l’obsolescence de tout capital fixe qui permet cette efficience.

Confrontés à cette réalité, les producteurs prennent la décision réaliste de réduire dramatiquement les temps d’amortissement de leurs équipements et, surtout, ils répondent aux exigences des investisseurs en introduisant l’impact VÉRITABLE de cette décision dans leurs plans d’affaire, plutôt que de le camoufler sous des vœux pieux. La conséquence inéluctable en est que, comme des bâtisseurs de barrage, TOUS les producteurs doivent désormais penser en termes de « projets ».

Pierre JC Allard

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