Nouvelle Societe

18-03-09

Parler de production

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 12:47

Ce deuxième volume de la série Nouvelle Société traite de la production. Au cours de la période de rééquilibrage que sera ce post-partum suivant la naissance de l’abondance, c’est ça qu’il faut surveiller de près: l’évolution accélérée du système de production.  N’est-il pas paradoxal que, l’abondance acquise,  alors que tout va basculer et que notre vision du monde va complètement changer nous nous attardions sur la production ?  Est-ce que cette question de production n’est pas devenue secondaire, oiseuse même ?   Ne devrions-nous pas réfléchir plutôt au sens de la vie, à nos valeurs qui vont changer, à l’impact sur nos relations interpersonnelles, voire à notre place dans l’univers… ?

On le croirait, mais, dans le monde imparfait où nous vivons, le choix de la production comme thème de ce deuxième volume est au contraire incontournable, pour trois (3) raisons.  D’abord, parce que toute la structure de pouvoir de notre société repose sur la capacité qu’on prête à ceux qui nous gouvernent de satisfaire nos besoins en répondant aux exigences de ce qui est encore perçu comme un état de pénurie; ceux qui ont le pouvoir ne s’empresseront pas de nous détromper.

On ne nous dira pas, braves gens, la pénurie n’existe plus, nous vos chefs et maitres à penser somme devenus gentiment surannés. On va plutôt prudemment apporter à la société les changements qui permettront d’adapter sans heurts celle-ci à l’abondance et à la population d’apprivoiser le concept d’abondance et ses effets sans volonté excessive d’émancipation.  Aujourd’hui, on ne proclame donc pas l’abondance, on la cache. On la cache sans ostentation – si on peut dire – : on n’en parle pas. Or, aussi longtemps que nous n’aurons pas pris collectivement conscience de l’abondance, produire continuera logiquement d’apparaitre comme notre premier objectif.

Ensuite, la majorité des gens vont continuer à penser production parce qu’ils ne verront rien de plus motivant a faire. Non seulement le ver à soie ne sait pas qu’il va pouvoir voler, mais il ne voit pas ce qu’il pourrait bien y avoir de plus intéressant que de bouffer des feuilles de mûrier.  L’être humain dans la pénurie, ne peut comprendre l’abondance que comme la solution aux problèmes de la pénurie. C’est en vivant l’abondance que l’on en découvrira les possibilités.

Enfin, parce que tous les changements viendront encore via la transformation du système de production. Comme toujours…   Le meilleur indicateur des changements à venir dans une société, est son système de production, car elle produit ce que lui dicte sa « majorité effective » – ceux dans cette société qui, ensemble, ont la force d’imposer leur volonté aux autres – et en mettant à profit  les techniques dont elle dispose.

Or, les progrès de la science et de la technologie modifient ce qu’une société peut produire. Ils ont aussi un impact sur ce qu’elle VEUT produire, car ces innovations rendent certains besoins plus faciles à satisfaire et réduisent d’autant l’importance de ceux qui peuvent les fournir, accroissant au contraire la demande pour de nouvelles compétences… et  le pouvoir de ceux qui peuvent les offrir. Ces changements bouleversent les rapports de force au sein d’une société. Ils modifient la composition de sa majorité effective… et annonent les priorités que celle-ci va se fixer.

Chaque fois qu’une société succède à une autre, on y produit autre chose parce que le progrès le permet…  et on y produit autrement parce que les rapports de force ont changé.  Notre société d’abondance ne fera pas exception.   L’enrichissement ne s’est pas arrêté le seuil de l’abondance franchi… et les priorités de production continueront d’évoluer au rythme de cet enrichissement qui restera prémonitoire.

On peut dire « comme toujours », mais cette fois le changement sera bien plus profond. Nous disions, en conclusion du premier volume de cette série, qu’avec l’abondance qui la met à l’abri du besoin l’humanité « devient autre chose ». Elle ne change pas que d’oripeaux…  C’est une métamorphose. Après des millénaires de pénurie et quelques générations dans le cocon d’une industrialisation intensive, l’humanité a définitivement quitté l’indigence.  Elle change de morphologie.

Elle entre dans un monde d’infinies possibilités, avec les ailes que lui donne une capacité de produire qui rend inutiles les luttes incessantes du passé pour satisfaire ses besoins matériels. C’est en ce changement d’attitude – le passage obligé d’une relation humaine basée sur l’affrontement vers une nouvelle relation basée sur la collaboration – que consiste la véritable métamorphose.

Toute la société se transformera et aucun des rapports sociaux, économiques et politiques  que nous connaissons ne restera inchangé. Pour prévoir ces changements, c’est l’évolution de la structure de production qui restera le meilleur indicateur, car c’est d’abord la prise de conscience d’une croissante abondance matérielle qui entrainera les changements d’attitudes.  Le système de production, source de cette opulence matérielle en devenir,  n’est  donc pas seulement la corne d’abondance, il est aussi, plus que jamais, la boule de cristal où se profile l’avenir de la société.

Pierre JC Allard

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