Nouvelle Societe

04-03-09

Le choix du maternalisme

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 2:34

En ne tenant pas rapidement la promesse implicite d’une évolution vers un systeme de production où les travailleurs deviendraient des entrepreneurs, le Capital mettait fin àl’Âge d’Or. Il mettait fin au retour annoncé vers plus d’autonomie qui était indissociable de la différenciation des tâches liée à la complexification de la production. Il refusait d’accorder au travailleur le pouvoir accru de décision qui découlait de sa complémentarité. Il niait que la compétence était devenue le facteur dominant en production. Il niait l’évidence.

En fait, il supprimait l’espoir, car une aisance relative étant déja acquise, le travailleur voulait une réalisation personnelle dans son travail quotidien qui transformerait son labeur en accomplissement, ce qui non seulement lui apporterait plus de joie, mais améliorerait sa performance.

Les exemples abondaient dans les bureaux de conseilers en organisation et néthodes et des mécanismes ingenieux mis en place au Japon pour faciliter l’identification du travailleur à son travail et à l’entreprise. Des exemples qu’on examinait avec intérêt, mais sans aller jusqu’à les imiter et à en faire une nouvelle structure de la relation entre capitalisme et entrepreneuriat.

Toujours obsédé par les chiffres dans le miroir de la spéculation, le Capital ne voulait en aucunhe façon perdre son contrôle sur les variables qui optimiseraient la valeur image de son entreprise. Pas question de ceder le pouvoir ultime de faire les choix de production à ceux qui en connaissent les exigences techniques et peuvent atteindre le meilleur rapport des intrants au produit, puisque le produit n’est PAS le but de la production et la satisfation du consommateur l’est encore moins.

Le but de la production est que la valeur de l’entreprise soit en hausse, fluctuante selon les images projetées sur la psyché des analystes financiers, ceux-ci n’accordant qu’une petite part de leur attention à la réaction des clients et une part encore moindre au fonctionnement de la production elle-même. Le Capital ne veut pas de partenaire, il veut des exécutants. Il y a des choses qu’il faudrait avouer à des partanires et qu’il ne tient pas à dire. Ses priorités, par exemple….

On peut haranguer les travailleurs sur la mission d’entreprise, mais les priorités du Capital apparaissent impitoyablemnent quand on voit que l’industrie pharmaceutique, par esxemple, secteur de progrès constant de la connaissance s’il en est, consacre plus d’argent à sa publicité qu’à la recherche. Il vaut mieux que le travailleur fasse ce qu’on lui dit. Il n’a pas à comprendre les vrais objectifs ni les moyens. Il n’a pas à vouloir faire plus ou mieux. Il n’a pas à être un entrepreneur.

Un des effets les plus visibles de ce refus de l’entrepreneuriat a été la perte immédiate et brutale de motivation des travailleurs, se traduisant par une baisse notable de la qualité de la production. Baisse de qualité transmise sans aucun retard vers les perceptions de la clientèle, puisque le travailleur en est conscient et qu’il EST le consommateur…. Le label « Made in USA » est devenu péjoratif à une vitesse inouï. Japonais, Coréen, Taïwannais… Oui, mais pas Américain. Le travailleur américain sait qu’il produit mal, car il sait qu’on ne le laisse pas travailler correctement.

C’était la preuve irréfutable de l’urgence de procéder au passage de la structure industrielle salariale vers un mode d’entrepreneuriat. Le péché impardonnable du capitalisme a été de ne pas voir que la main invisible lui écrivait des messages sur le mur. C’était le péché contre l’esprit, car c’était ne pas comprendre le rapport entre capital et entreprise et donc entre capitalisme et entrepreneuriat lesquels sont les deux poles entre lesquels il faut ajuster le curseur entre passé et présent pour produire efficacement.

Alors que tout était en place pour une transition sociale paisible par une transformation de la structure de production, le capitalisme, suivant les USA son vaisseau amiral, a choisi de ne rien changer. On a laissé de côté la production. Rien à changer à la façon de produire. Sans intérêt la production.

Au moment crucial du début des années « 90, quand la chute du communisme lui donnerait une occasion historique de se transformer sans être sous la contrainte d’aucune menace extérieure, le capitalisme garderait le cap sur ses objectifs d’enrichisement par l’extorsion à partir des matières premières – dont la guerre du Golfe de 1991 a été la manifetation emblématique.

Quitter la production, mais pour aller vers l’extorsion et vers la spéculation effrénée marqué des indélicatesse et des scandales boursiers dont celui des « junk bonds », simple mise en bouche pour préparer ce qui deviendrait ensuite la bulle informatique, Enron, la titrisation des hypothèques des insolvable…

Au lieu de la voie de l’entrepreneuriat, le modèle où tout le monde est interdépendant dans l’action qui aurait donné un but aux travailleurs et créé un avenir, on a choisi de poursuivre dans la voie du « maternalisme » qui se développait depuis 50 ans. Dans un régime maternaliste, qui s’appuie fortement sur l’assistanat sans exiger d’entreprises personnelles, le capital a tout le pouvoir.

La foule est nourrie à la tétée par l’assistanat, conduite aux bains et aux jeux par une toute petite minorité dirigeante qui, ambitieuse par simple plaisir, continue ses jeux de rôles de pouvoir ou de richesse, sans même la volonté d’exploiter les autres, sans surtout de leur faire du mal, puisqu’elle n’a rien à en tirer que la satisfaction de leur faire faire risette. Mais ce sont des jeux. Tôt ou tard, le nombre des ambitieux décroît…

Quand il décroît, ceux qu’on a infantilisés continuent sur leur erre à vouloir des hochets, jusqu’à ce que la structure industrielle mal gérée ne produise plus les biberons, que l’abondance cesse et que l’impérieuse nécessité reprenne ses droits…. On entre dans le vide sidéral de la décadence..

Pierre JC Allard

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