Nouvelle Societe

01-03-09

Le fric tous azimuts

Filed under: Actualité,Auteur,lesensdesfaits — pierrejcallard @ 2:26

Sa présence en production au sens strict, n’apportait plus rien au Capital. Dans le tertiaire, il était le partenaire junior, car le facteur dominant était la connaissance, inappropriable. Dans le secondaire, le travail-compétence exigerait tant, que la rente sur le capital fixe ne pourrait plus être amorti qu’en allongeant la rotation du materiel, donnant un avantage précaire mais insurmontable a ceux qui commenceraient à zero en s’équipant a neuf. Un mauvais scénario pour le capital en place…

Il fallait passer la main aux travailleurs, le capital n’ayant plus sa place en production que comme créancier extraordinaire d’entreprises autogérées dont les travailleurs auraient la propriété et assureraient le financement courant. Que deviendrait le capitaliste entrepreneur actuel ? Il aurait deux (2) chemins à suivre.

Le « petit » capitaliste-entrepreneur – plus entrepreneur que capitaliste – ne verrait le changement que s’il élargissait ses activités et se butait à l’esprit d’entreprise de ses propres employés. Il deviendrait alors, via la sous-traitance, un maillon d’une immense chaîne d’entrepreneurs sous-traitants à laquelle viendraient s’arrimer la vaste majorité des travailleurs.

Le « gros » capitaliste-entrepreneur, celui dont le revenu venait plus des intérêts sur son capital – et donc d’une décision d’investissement – que de sa gérance d’un production, allait se voir peu à peu privé, mais sans trop s’en inquiéter, de cette gérance qui n’était pour lui qu’une fonction d’appoint. Il se trouverait alors à un autre carrefour et pourrait choisir entre trois (3) voies.

La première voie est de devenir un pur shylock. Il achète des obligations de l’État ou investit dans d’autres placements dits « de père de famille » et vit uniquement de ses intérêts, sans risques et sans ambition, comme un riche rentier. Il est inutile, mais inoffensif. Une Nouvelle Société ne lui confisquera pas ses biens, mais il est prévoir qu’une inflation planifiée – et annoncée – fera en sorte que soit progressivement remise en circulation sa richesse devenue totalement passive.

La seconde, pour le capitaliste qui prend son baluchon et quitte la production, mais sans perdre son ambition, c’est de retourner à ses vieilles amours…. Il peut se replier vers la forme d’exploitation antérieure à la révolution industrielle : la perception d’une rente sur la ressource naturelle. Une vraie rente, sur un fond indestructible comme jadis la terre et les points d’eau. Il n’y a pas à contrôler la production, il suffit de contrôler par la force les ressources qui servent d’intrants à la production.

Cette rente sur la ressource naturelle n’est pas dépendante du facteur travail, car associer les matières premières pour leur donner une utilité plus grande n’y entre pour rien et ne vient qu’après. Pour percevoir la rente, c’est défendre l’accès qui est tout. C’est une extorsion pure, qui repose sur la force. L’extorsion a toujours été la voie royale vers la richesse.

Ce retour vers la pure extorsion de ses serfs par leur seigneur est illustré aujourd’hui par la rente sur le pétrole, mais elle a toujours existé, particulièrement sur les produits agricoles. On a un peu négligé cette approche, depuis la révolution industrielle, parce que la dépendance sur travail humain en rendait l’application lourde, mais, avec la mécanisation progressive de l’agriculture, on va pouvoir y revenir en parfaite quiétude.

Le Capital commence seulement à augmenter la rente sur les ressources naturelles pour compenser le manque à gagner en production. Le phénomène va s’élargir et continuera jusqu’à l’on ne sait où… Produire ? Bon pour les gagne-petit. S’enrichir par l’industrie n’a été qu’un intermède découlant d’une certaine fascination pour la technologie. Amusant, mais l’extorsion fait plus sérieux.

La troisième option du Capital est celle de la spéculation. Pas la spéculation triviale, liée à l’achat et la revente de quoi que ce soit, car dans un économie d’abondance elle se confond avec le commerce. Le commerce qui est un service et a donc sa valeur travail, mais où le capital ne joue plus un grand rôle, car il n’est la que pour couvrir les risques et, dans une économie transparente, le risque vient de l’aléatoire et est assurable, remplaçant la spéculation par l’actuariat. La vraie spéculation a maintenant lieu sur autre chose : le passage du réel au symbolique.

Une économie d’interdépendance exige des échanges bien au-delà du troc. Elle exige donc, pour que soient facilités ces échanges, que l’utilité (valeur réelle) de tout bien ou service qui peut satisfaire un désir soit exprimée en monnaie (valeur symbolique). Cette conversion est indispensable et quiconque contrôle les conditions de cette conversion possède un pouvoir quasi illimité. C’est l’Etat qui en théorie exerce ce contrôle et détient ce pouvoir.

Les variables qui déterminent le succès d’une spéculation sont toutes aujourd’hui directement ou indirectement sous le contrôle de l’État. Même si c’est une catastrophe naturelle qui déclanche une occasion d’affaire, c’est la réaction de l’État pour faire face à la catastrophe qui sera au coeur de la spéculation qui en résultera.

Toutes les roulettes sont mises en mouvement par l’État et seuls peuvent y gagner les amis de ceux qui les font tourner. Seuls ceux qui agissent de connivence avec l’État peuvent désormais spéculer et gagner. Les gros pontes jouent toujours avec la banque. Ceux qui jouent en s’en remettant au hasard ou même à leur honnête sagacité pour spéculer seront vite ruinés.

Quand le capitaliste quitte la production pour spéculer, en amenant avec lui les symboles de la richesse corporative pour les affecter à sa spéculation, il est le vrai bourdon dans la ruche, car cette activité de spéculation est oiseuse ; elle ne produit aucune richesse et ne sert qu’à départager les capitalistes entre eux aux frais des autres, mais il y a plus grave.

S’il agit avec une raisonnable intelligence, il ne peut que viser a contrôler tout ce qui est en son pouvoir des activités de l’État, du procesus de créations de monnaie, de la gestion des ressources natuelles qui ultimement repose aussi sur la force de l’État. Il ne peut que s’engager sur la voie de la corruption.

Pierre JC Allard

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