Nouvelle Societe

13-12-08

L’électeur aliéné de la chose publique

LE PROBLÈME

Comment, dans le système actuel, le citoyen pourrait-il croire que ce député, dont l’allégeance est à un parti qui l’a choisi, est son représentant et lui rendra des comptes ? Le citoyen ne croit plus que quiconque prétend le représenter au sein de l’État soit vraiment SON représentant et il est donc totalement aliéné de la chose publique.

En introduisant une démocratie contractuelle et en redonnant au député son rôle de législateur, on amène indubitablement l’électeur à s’intéresser davantage à son représentant, mais l’on ne règle pas pour autant la question de la représentativité de celui-ci

Avec cette réforme, en effet, le député devient un personnage important alors que, pour l’électeur, il demeure un inconnu. Ne risque-t-on pas que le député s’éloigne encore plus de ses commettants et les représente encore moins? Assurément. Il faut donc prévenir et pallier cette distanciation en recréant la relation personnelle qui était à l’origine du concept de démocratie représentative.

UNE SOLUTION: Une démocratie VRAIMENT représentative

Il faut faire en sorte que l ‘électeur ait un représentant qu’il connaisse et auquel il puisse s’identifier. Il trouvera dans cette relation la motivation de choisir ce représentant avec soin et, aussi, un sentiment d’appartenance à la structure politique qui l’incitera à en suivre avec plus d’intérêts les péripéties, ce qui est une condition essentielle d’une vraie démocratie.

Le régime que nous avons présentement n’a de la démocratie représentative que le nom et la prétention, sans en avoir la substance ni les avantages. Pire, il ne semble pas raisonnable de penser qu’on pourrait le modifier et établir une relation personnelle vraiment fonctionnelle entre un député et ses dizaines de milliers d’électeurs. Il faut donc renoncer à certaines idées toutes faites et établir de nouvelles strates dans la hiérarchie de représentation.

Entre le député et l’électeur, deux nouveaux paliers nous semblent nécessaires; celui de « Grand Électeur » et celui de « Conseiller ».

Un « Grand Électeur » auquel celui qui « sait qu’il ne sait pas » peut déléguer son vote. On peut voir ici la nature et le fonctionnement de cette délégation ainsi que ses limitations : http://nouvellesociete.org/611.html

Un « Conseiller » qui est la concession faite à l’électeur de vouloir sans cesse exprimer ses doléances et demander des faveurs. Nous verrons dans un autre texte comment le citoyen peut et doit continuellement intervenir avec vigilance pour surveiller l’application des loi, mais quand c’est lui personnellement qui est concerné, on lui donne aussi une oreille attentive. Voir ici le rôle et le fonctionnement du conseiller.http://nouvellesociete.org/612.html

Ce sont ces nouveaux paliers qui « humanisent » la démocratie représentative et constituent aussi une diffusion du pouvoir qui est la seule défense contre la tyrannie, mais ne doit pas dégénérer en un communautarisme de factions et d’opposition.

Pierre JC Allard

7 commentaires »

  1. Même avec deux paliers, jamais un conseiller ou un grand électeur d’un comté ne pourra être à l’écoute de ses 35,000 électeurs !
    Je connais de nom et de réputation mes députés, provincial et fédéral. Mais on n’a pas gardé les cochons ensemble !
    Si je vais les voir pour exprimer un besoin, une opinion, je devrai prendre rendez-vous. Lors de la rencontre, je serai bien reçu si je représente une organisation, un groupe. Un individu seul, qui vient demander une petite faveur, n’a pas ou très peu de chances de trouver une oreille attentive. Oh ! on me promettra d’agir mais… je ne retiendrai pas mon souffle…
    Je verrais plutôt un niveau de représentation plus près de la population, avec des milliers de représentants, cinquante par comté, au moins, pour pouvoir s’occuper correctement de 500 à 1000 électeurs chacun. Ce représentant, à son tour, rencontrerait le député quelques fois par mois pour transmettre les demandes des électeurs.
    S’il y a redondance, on condense les demandes.
    C’est un peu comme en médecine : un hôpital par comté, ce n’est assez, ça prend des milliers de médecins pour bien servir le peuple…

    Commentaire par Garamond — 13-12-08 @ 8:08

  2. Pierre, quel est votre objectif final ?

    Le mien c’est de promouvoir dans notre contexte réel un système fiable et suffisamment efficace pour avoir un bilan positif pour la plus grande majorité possible de gens en sachant qu’on ne peut pas satisfaire tout le monde. Si ça passe par une démocratie représentative, une oligarchie, une monarchie, une démocratie directe, un réseau auto-organisé etc je prend. Je suis aliéné à aucun système d’organisation politique. Les gens qui n’ont pas les moyens de se faire soigner correctement ou manger à leur faim, s’en foutent de notre liberté de pensée de privilégiés. Nous pensons dans notre bulle. Quand on touche à cette réalité sombre, on sourit jaune de tout ces jolis galimatias d’intello. Et arrêtons avec cette démagogie « Le pouvoir au peuple ». Cette entité n’existe pas. Si la grande majorité ne décide pas dans son intérêt, ce groupe sera bien content qu’on ne suit pas toutes ses directives. Par contre, si dans un pouvoir central les chefs se trompent il faut le contre pouvoir de l’électorat pour en changer. Il faut trouver un bon équilibre comme dans une entreprise entre un CEO et son conseil d’administration. Le problème que nous avons avec mon analogie c’est que le large conseil d’administration n’a souvent que 2 candidats et qu’ils regardent avec les médias plus leurs promesses que le CV des candidats. Et ils ne l’élisent pas directement mais des employés qui vont l’élire.

    Commentaire par Paul de Montreal — 13-12-08 @ 8:42

  3. Les Grands Électeurs. Excellente idée tel que formulé dans la description que vous en faites, au premier abord.

    Quelques bémols quant à celui de Conseiller.

     »Démission du député et des conseillers en cas de dissidence, sans préjudice à la validité du vote. »

    La possible paralysie de l’assemblée nationale en cas de dissidence majeure au niveau national en temps de crise (guerre, révolte, faux ou vrai terrorisme, crise financière, économique, etc.)
    Il me faudrait construire un modèle fictif pour en voir toutes les implications, et le developper avec des cas possibles ou probables.

    Il semble y avoir une séparation entre pouvoir exécutif (gouvernement) et pouvoir législatif (assemblée nationale). L’application d’une loi martiale est du domaine de l’exécutif? Désolé de mon ignorance en domaine politique. Vous avez surement développé ce point sur un de vos nombreux textes.

    Merci M.Allard

    Commentaire par Denis Gélinas — 13-12-08 @ 7:04

  4. @ Garamond: Ne disons-nous pas la meme chose ? Si vous regardez atentivement le processus de choix des conseillers, vous avez bien un ratio de 1:1000

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 14-12-08 @ 5:33

  5. @ Paul de Montreal: Rien ne fonctionne mieux qu’une dictature eclaires et paternaliste, mais conrairementa ce que vous alleguez, le desir de liberte apparait relativement vite dans l’echelle de Maslow. Les gens preferent choisir leurs erreurs que d’avoir plus sans en avoir decide. D’ou ous ces efforts pour habiller la gouvernance en demcratie

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 14-12-08 @ 5:40

  6. @ Denis Gelinas: Il y a une prodedure de crise dn nus parlons plus lin. Pour la distinction execuif-legislatif, elle est en effet totale.

    La loi martiale est un outil pour une fin. Si cete fin est dans le programme du gouvernement – – ou son manda general implicite d’assurer l’ordre – il en a l’autorite. Si l’Assemble juge que le gouvernemen outrepasse son mandat elle peut le demettre, mais a posteriori: on ne parlemente pas pendant unne crise, on la regle mais on dedommage les victimes s’il y en a.

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 14-12-08 @ 5:51

  7. @Pierre JC Allard
    Ah finalement une réponse, je commençais à désespérer. Vous avez compris le principe d’un blog participatif.

    Rien ne fonctionne mieux qu’une dictature éclairés et paternaliste, mais contrairement ce que vous alléguez, le désir de liberté apparait relativement vite dans l’echelle de Maslow.

    Tout dépend du dictateur ou roi éclairé. Si c’est un débile congénitale c’est la pire solution. Mais ça peut effectivement être une solution optimale.

    Le désir majoritaire de liberté se manifeste avec la prospérité économique d’une majorité et il peut disparaitre avec elle. La liberté ne fait pas partie des besoins vitaux d’un être humain.

    Allez donc voir les vieux patients allongés sur une civières dans les couloirs d’hôpitaux de Montréal, a attendre un médecin ou une infirmière. Quelle est leur priorité ? Allez donc parlez aux parents qui comptent sur les aides alimentaires pour nourrir leur enfants. Quelle est leur priorité ? Si des gens veulent mourir pour des principes vertueux, qu’ils se gênent pas pour moi je choisis la vie.

    Je suis désolé de vous rappeler ces évidences, mais dans votre nuage tout là haut vous semblez ne plus apercevoir le plancher des vaches.

    Commentaire par Paul de Montreal — 14-12-08 @ 7:45


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