Nouvelle Societe

26-10-08

Les services financiers

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 11:00

En société, on produit et l’on se complète. On s’échange des biens et des services. On troque, mais on découvre vite, cependant, qu’il n’est pas si facile de faire l’appoint si on veut changer une vache pour un poulet. On commence donc à se donner des symboles : des tablettes de cire, des papyrus… Pratique, car l’on n’a plus à déplacer les choses seulement les symboles qui les représentent.  Paris entre dans une bouteille.

Puis, comme il est pratique aussi d’avoir un référentiel, quelque chose contre quoi tout s’ échange et que l’on peut changer pour n’importe quoi, on fait quelques expériences et on se met d’accord sur une monnaie: le fer chez les Doriens, le chocolat chez les Aztèques, l’or….  L’or, surtout. Plus tard, quand l’État se fait du muscle et impose son autorité, il garde l’or et c’est sa seule signature qui fait foi. Tout peut s’échanger contre la monnaie qu’il émet. Très pratique.

On peut désormais ne travailler que dans le miroir monétaire plutôt que la réalité. Commode. Parfait, si personne ne triche. Mais si l’État, ses amis ou quiconque se déclare un banquier émet des billets qui ne sont plus le symbole de quoi que ce soit sauf de la naïveté de ceux qui les acceptent, on court à une catastrophe. Situation qui s’est produite souvent dans l’histoire et dont nous sommes  à vivre actuellement la plus récente et la plus spectaculaire représentation.

On en reparlera, mais ici nous parlons de services. Émettre et distribuer la monnaie qui rendra possible l’épargne, l’investissement, le commerce et tout ce qui s’ensuit est l’un les services essentiels qui doivent être rendus en société. Qui le fera ? comment le fera-t-on ?

D’abord, une évidence: c’est l’État qui a le pouvoir sur lequel repose la confiance qui fait de la monnaie un symbole crédible de la valeur;  nul autre que l’État ne peut donc raisonnablement battre monnaie.  Confier cette fonction à qui que ce soit d’autre que l’État est un risque stupide ou une escroquerie grossière. Ce premier constat posé, qui ne vaut même pas la peine qu’on en discute,  on passe au point suivant.

Il est clair que l’État ne doit pas émettre plus de monnaie symbolique que la valeur que celle-ci doit représenter. Il faut donc que soit fait le compte de tous les biens réels qui existent dans la société, qu’une valeur leur soit fixée et que soit créé le numéraire représentant cette valeur. Pas plus, pas, moins, avec une toute petite marge d’estimation. Disons 0.1%, par exemple

La monnaie émise n’est pas mise automatiquement en circulation, bien sûr, car l’opération équivaudrait à prétendre doubler par magie toute valeur existante. Si quelqu’un veut de la monnaie, quelle qu’en soit la raison, la Banque de l’État, la seule, lui en donnera… cotre valeur. Contre transfert de la propriété d’une part des biens réels du patrimoine du demandeur de monnaie qui donnera en gage cette valeur qui sera déduite de son bilan. Actifs et passifs doivent s’ajuster; un comptable bien ordinaire vous expliquera… Et ce qui est vrai pour les individus vaut pour l’État. Chaque fois que de la monnaie change de main, passant de A à B  il faut que dans les livres – devenus virtuels – la propriété de QUELQUE CHOSE  ait passé de B à A.  La valeur peut-être nulle et on parlera d’un don, mais il faut que le « quelque chose » y soit.

Ce qui n’empêche pas que le crédit puisse entrer en jeu. Le crédit – s’il est utilisé honnêtement par les individus et surtout par l’État – n’est rien de plus que le report à une date ultérieure du deuxième terme de la transaction que nous venons de décrire. A donne à B… et B promet  qu’il donnera à A plus tard, aux conditions dont ils peuvent convenir.  La condition suffisante,  mais absolument nécessaire pour que toutes les transactions financières – dont la plus significative est l’émission de monnaie par l’État – jouent leur rôle utile et ne repose pas sur une pure escroquerie initiale institutionnalisée comme maintenant, c’est que l’on sache à tout moment  les valeurs réelles totales dont dispose l’État et le montant total de la monnaie qu’il a mise en circulation. Un comptable bien ordinaire vous expliquera…

Quand on regarde ce que signifie le secteur financier en termes de services, il y a d’abord tout ce qui est lié à l’émission de la monnaie et qui, par construction, est dans le giron de l’État. De même les opérations bancaires, puisqu’il n’y a pas d’autre banque que celle de l’État. Tout ce qui est crédit, toutefois a une porte ouverte sur le secteur privé. Il doit exister dans une société entrepreneuriale des bailleurs de fonds privés et ils sont de deux (2) types.

Il y a ceux qui “prêtent, héritiers des shylocks d’aujourd’hui, qu’une Nouvelle Société ne veut pas faire disparaître, car ils sont un gage que la rentabilité terre à terre des projets ne cede pas la place aux élucubrations idéologiques des politiciens et fonctionnaires. Le rendement du capital prêté sera moindre, car l’État  ne sera plus là comme emprunteur complaisant et bonasse pour gonfler les taux, mais les prêteurs seront toujours là.

En parallèle aux prêteurs, il y a les “investisseurs”; ceux qui courent les risques inhérents aux projets, comme les entrepreneurs, et qui travaillent main dans la main avec ces derniers.  Ils sont ceux qui apportent l’audace, alors que les prêteurs apportent la prudence.  La société favorisera sans doute en alternance les uns et les autres et c’est ce qui lui donnera son équilibre financier.

A tous les paliers de l’économie, l’État-banquier sera présent,  mais aussi les petits et grand prêteurs et investisseurs.  La Bourse et donc les courtiers seront aussi encore là, faisant des montages et spéculant, mais dans une structure qui sera plus proche du jeu de hasard, quand la connivence de l’État ne sera plus là pour tricher et gommer les erreurs.  On s’amuse… Le prêt à la grosse aventure se fera surtout sur des idées, des projets, des hommes… mais les services financiers garderont toute leur importance.

Pierre JC Allard

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2 commentaires »

  1. je note une toute, mais vraiment toute petite erreur dans votre texte: vous vouliez sûrement écrire sévices financiers au lieu de services, non ?

    Commentaire par zelectron — 07-05-11 @ 3:39

  2. @ Z.

    Peu de choses sont aussi réussies qu’un « acte manqué » 🙂

    P.S Ne vous privez pas de soumettre des articles à centpapier.com

    PJCA

    Commentaire par pierrejcallard — 07-05-11 @ 12:35


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