Nouvelle Societe

12-10-08

06 Les Compagnons du Guet

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 10:33

Des citoyens ordinaires – généralement retraités, ou en sus de leurs autres activités étudiantes ou professionnelles – peuvent accepter d’agir à temps partiels comme “Compagnons du Guet”. Le rôle du Compagnon est de circuler et d’être aux aguets. Il reçoit pour le faire une compensation minime, fixée en fonction du temps passé ou des kilomètres parcourus, à laquelle s’ajoute une prime variable selon les conditions climatiques.

Le Compagnon ne travaille pas de façon permanente. Au moment de le devenir, il doit indiquer ses périodes de disponibilité, préciser s’il entend circuler à pied ou en voiture et fixer l’endroit d’où il partira pour effectuer sa ronde de guet. Subséquemment, c’est un ordinateur qui détermine, au jour le jour, si les services de ce Compagnon sont requis, compte tenu de la nécessaire complémentarité des rondes de chacun.

Si on veut qu’il soit de garde, le Compagnon en est informé douze (12) heures avant que ne débute sa ronde et il a une heure pour décliner l’invitation. Il doit avoir une bonne raison de le faire, sinon on ne l’appellera plus. L’ordinateur tient alors compte des désistements, complète les effectifs, détermine l’itinéraire que doit suivre chaque Compagnon et l’en avise définitivement au plus tard huit (8) heures avant le départ. Chaque ronde comporte un élément aléatoire qui ne permettra pas qu’un malfrat avisé puisse en prévoir le périple avant que le tracé final en ait été déterminé

Les Compagnons reçoivent une formation. Cette formation prend pour acquis que sa mission est de voir et d’informer, jamais d’intervenir. Les Compagnons ont donc une pièce d’identification, mais ils ne portent pas d’uniforme. Ils n’ont pas l’autorité, ni même le droit, d’interpeller qui que ce soit. Ils doivent être discrets, car il ne faudrait pas qu’ils suscitent eux-mêmes de craintes chez les passants. Ils travaillent par paires, mais ce n’est pas pour se prêter main-forte; c’est pour corroborer au besoin leurs témoignages. Le cellulaire/GPS est leur seule “arme”. Ils doivent en user pour faire rapport à chaque heure du déroulement de leur ronde et, en situation critique, ils ont pour directive d’en presser les boutons, rouge ou blanc.

Les Compagnons, au cours des rondes qui leur sont assignées, patrouillent les rues désertes, les parcs et autres endroits à risques. Ils sont présents parfois le jour, mais surtout la nuit tombée. Ce faisant, ils complètent la surveillance du territoire que les individus ordinaires, par leur seule présence, assurent dans les endroits fréquentés.

Les Compagnons qui quadrillent le territoire informent et donc dissuadent, mais ils peuvent rendre un autre service. Ils passent, pour le rendre, de la téléphonie ordinaire à la technologie du lien cellulaire/ordinateur. On demande aux Compagnons, au cours de leurs rondes, de noter les infractions aux règlements de la circulation et particulièrement aux conditions fixées pour le stationnement. Il n’est pas question que le Compagnon dresse procès-verbal ni qu’il mette une note au parebrise. Il lui suffit de faire rapport au guichet virtuel créé cette fin, en indiquant le numéro d’immatriculation du véhicule en faute.

Le rapport fait, le processus suit son cours. Le contrevenant est avisé directement à son domicile virtuel – son adresse de courriel – de l’infraction commise et de l’amende à payer. Il pourra contester cette amende, mais il ne le fera que s’il est bien sûr de son bon droit, car le juge jugera du cas en équité et les frais de cours, si on lui donne tort, seront pour le contrevenant au moins dix fois plus élevés que le coût de l’amende elle-même.

Les Compagnons, d’ailleurs, n’auront pas le monopole de ces rapports de circulation. Tout citoyen, à condition de s’identifier, pourra dénoncer au guichet virtuel prévu à cette fin, un stationnement illégal, un feu rouge grillé, un excès de vitesse, une conduite dangereuse. Dans ce dernier cas, la police interviendra immédiatement: c’est un délit assimilable à un crime. Dans les autres cas, la justice n ‘interviendra que si le rapport est corroboré.

En pratique, le citoyen ordinaire ne prendra la peine de dénoncer que ce qui le choque ou lui nuit. Le détenteur d’un permis de stationnement prioritaire se fera un plaisir de dénoncer celui qui, garé illégalement, le prive d’en profiter. Il y aura, pour dénoncer celui qui s’est arrêté en zone interdite en heure de pointe et a immobilisé la circulation, presque autant de volontaires qu’il y a eu de véhicules immobilisés. Il n’y aura peut-être personne, au contraire, pour se plaindre de qui roule trop vite sur une autoroute la nuit. On ne prendra pas tous les contrevenants et c’est bien ainsi que les choses devraient être. Le but d’une amende est de mettre frein à un comportement asocial, pas de remplir les coffres de l’État en fixant l’amende au montant qui maximisera les rentrées de fond en ne dissuadant pas tropLe conducteur d’un véhicule que personne ne dénonce n’a certainement nuit gravement à personne; laissons-le tranquille.

La surveillance du territoire devient ainsi l’affaire de tous les citoyens, ce qui est un gain net pour la société. D’abord parce qu’on ne veut pas payer des policiers chevronnés pour prendre des marches de santé, bien sûr, mais surtout parce qu’on ne veut pas voir des policiers partout. Pour garantir la bonne conduite de l’immense majorité des gens d’une société civilisée, on n’a pas à montrer des fusils; il est bien suffisant que l’on sache que les forces de l’ordre PEUVENT intervenir rapidement et efficacement. Elles peuvent le faire plus vite et mieux si leurs ressources ne sont pas dispersées et gaspillées à exercer une simple surveillance.

Tout le volet vigilance courante devient l’affaire des citoyens. Ce volet est organisé et géré comme une direction générale au sein de la SP et ce sont des professionnels qui en assurent la bonne marche, mais le plus clair des ressources consiste en citoyens ordinaires qui ont été éduqués à remplir de cette façon, entre autres, leur devoir de citoyens.

Pierre JC Allard

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