Nouvelle Societe

12-10-08

05 Service de la vigilance

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 10:30


La sécurité commence par la vigilance et il faut que ce soit le citoyen ordinaire qui y collabore activement; c’est lui le premier intéressé et c’est lui qui est là le premier quand il se passe quelque chose. Cette vigilance du citoyen revêt deux (2) aspects complémentaires. D’abord, chaque individu dans une société branchée (Texte 408)est en relation constante avec l’État en ligne et peut tenir les autorités au courant de tout ce qui ne va pas dans la structure de l’administration et des services publics. Il peut le faire simplement en communiquant avec le guichet virtuel adéquat et la possibilité peut facilement lui être offerte de le faire de façon anonyme.

Le contrôle citoyen de l’activité des services publics et de la relation citoyen-état donne à la DG de la Sécurité publique un accès immédiat à tout ce qui peut se passer d’illégal dans la société. Dans le milieu du travail, des hôpitaux, des écoles, des médias de communications, de la justice, des établissements financiers, des administrations locales, etc.  À condition, que la population veuille bien collaborer

On peut s’insurger contre ce contrôle trop parfait, mais les moyens de ce contrôle sont techniquement disponibles et RIEN n’empêchera qu’il soit exercé. La s – eule défense de l’individu contre cette invasion, ce n’est pas de vouloir l’arrêter, c’est d’en assurer la parfaite transparence en invitant le contrôle citoyen à entrer avant que ce ne soit l’État jacobin – ou stalinien – qui occupe ce champ et exerce ce contrôle de façon occulte au préjudice de la démocratie et de la liberté. Il faut se hâter.

À cette vigilance ubiquitaire des citoyens sur les réseaux de communications peut en correspondre une autre, dans l’espace physique cette fois. Au premier palier du dispositif de sécurité que l’État doit offrir aux individus, en effet, se place la surveillance du territoire. Pour que l’individu soit protégé comme il se doit, toujours et partout, il faut que la Force qui assure l’ordre soit omniprésente. Le défi, c’est qu’elle le soit sans être ni apparaître menaçante à ceux qui n’ont rien à se reprocher. Qui veut vivre dans une société où il y a un policier armé à chaque carrefour? Ce qu’on veut, c’est que Big Brother, comme un domestique bien stylé, ne se manifeste que lorsqu’on l’a sonné.

On voudrait pouvoir presser du pied le petit bouton sous la table qui sonne à l’office. Or, maintenant, c’est possible. Tout le monde peut avoir un téléphone cellulaire dans sa poche et la technique actuelle permet, pour des frais dérisoires, de mettre sur chaque téléphone cellulaire un petit bouton blanc ou rouge, ou les deux, composant automatiquement le numéro du standard de la Sécurité Publique (SP). Ce lien est déjà une protection, mais on peut faire bien mieux. On peut facilement et à peu de frais coupler à ce téléphone cellulaire un appareil de localisation universelle (GPS). Le standard de la SP est ainsi informé instantanément du lieu précis, à quelques mètres près, d’où origine l’appel.

Celui, muni d’un cellulaire/GPS, qui est victime ou témoin d’un incident qui exigerait une intervention policière peut subrepticement, sans même sortir la main de sa poche, presser le bouton blanc de son cellulaire si la menace est le fait d’une personne seule non armée, le bouton rouge s’ils sont plusieurs ou que des armes sont utilisées. Dans les minutes qui suivent, la cavalerie arrive. C’est l’efficacité interne de la SP qui déterminera combien de temps il faudra à Police Secours pour apparaître sur les lieux – en silence et tous phares éteints, bien sûr – mais, à titre illustratif, disons qu’une compagnie de taxis accorde aujourd’hui trois (3) minutes à ses chauffeurs pour répondre à l’appel d’un client au centre ville. La police arrive vite, elle arrive par surprise, elle arrive en force

Trois minutes, c’est bien peu pour un vol de banque. Ce n’est pas bien long même pour exiger un portefeuille et s’enfuir. Idéalement, tout le monde serait muni d’un cellulaire/GPS et, un jour, tout le monde le sera certainement. Au départ, toutefois, il suffit, pour obtenir l’effet recherché, qu’une proportion significative de la population le soit. Les cellulaires sont déjà là. La société pourrait assumer, pour un coût négligeable, la pose de la fonction GPS et des petits boutons Il faut aussi, naturellement que soit mis en place une force policière d’intervention adéquate. Nous y reviendrons plus loin.

Il saute aux yeux que la présence présumée, partout et à toute heure, d’une ou plusieurs personnes qui peuvent appeler à l’aide sans même attirer l’attention deviennent extrêmement dissuasives pour quiconque voudrait commettre un geste illégal. Cela est vrai, qu’il s’agit d’une attaque à main armée ou d’une invitation à la bagarre, de poser des graffitis ou de ne pas payer dans l’autobus. Rien n’est plus possible nulle part qui ne le serait pas en présence d’un agent de police. Même chez soi, chacun prendra vite l’habitude de n’ouvrir la porte à un inconnu que le doigt posé sur le petit bouton blanc

Les conséquences de cette omniprésence de la loi sont énormes. Cette vigilance n’exige pas de percée technique, pas de frais considérables, ni de logistique complexe. Elle n’exige pas l’utilisation de satellites espions sophistiqués, seulement une participation citoyenne. Seulement la bonne volonté de citoyens qui ne se sentent pas menacés par les forces de l’ordre mais sont, au contraire, en total accord avec les objectifs et les moyens d’intervention de celles-ci. Elle exige un consensus au sein de la société quant à l’opportunité de faire respecter intégralement la loi, ce qui suppose que la loi soit perçue comme juste. Elle exige la société légitime dont nous parlons ailleurs

La vigilance par cellulaire/GPS n’est possible que si l’on peut se prémunir contre ceux qui abuseraient du système. Il faut qu’il soit bien clair pour tous qu’on n’appelle pas la police pour rien, car on enclenche alors une demarche très sérieuse. Celui qui lance des appels au loup farfelu doit être frappé d’une forte amende. Bien sûr, il a tout le bénéfice du doute, car le risque d’avoir à payer une amende ne doit pas devenir un obstacle à l’utilisation spontanée de l’outil ainsi mis à la disposition du public; mais il ne faut pas que quelques névrosés ou plaisantins rendent le système inopérant. Si quelqu’un en abuse manifestement, il n’aura pas qu’à acquitter une amende; un ordre du tribunal permettra que son cellulaire/GPS soit désactivé. Veuille le ciel qu’un vrai loup ne croise pas son chemin ! Mais même lui, en fait, jouira encore de la protection du cellulaire des autres et le loup ne saura pas que son cellulaire est désactivé.

Quand la population est totalement d’accord avec la loi et ne demande qu’à ce que l’ordre soit respecté, chaque individu devient un gardien de la paix en puissance. Il n’a pas la formation, la capacité ni même sans doute la volonté d’intervenir personnellement, mais il peut faire le guet et c’est bien ce qu’on lui demandera de faire. En portant et en utilisant un cellulaire/GPS, mais aussi d’une autre façon.

En donnant au citoyen ordinaire le moyen de prévenir immédiatement par cellulaire/GPS les forces policières des situations où la loi est transgressée et de celles où la violence peut éclater, on fait un grand bond en avant pour assurer la sécurité publique. On en fait un autre si on ne se contente pas de s’en remettre à la seule bonne volonté des quidams pour donner cet avertissement, mais qu’on crée aussi une structure plus formelle qui, pour certains des citoyens, fera de cette vigilance une véritable occupation.

Pierre JC Allard

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