Nouvelle Societe

27-09-08

CNAA: la demande au secondaire

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 4:40

Pourquoi mettre l’accent sur une meilleure connaissance de la demande ? Parce que les millénaires durant lesquels nous avons lutté pour atteindre l’abondance n’ont jamais eu d’autre finalité que de nous permettre de satisfaire notre demande. Il faut connaître ce que nous voulons et le produire.

La demande du secteur primaire est facile à connaître, celle du secondaire ne l’est pas. C’est donc maintenant pour les produits manufacturés qu’on vas de disettes en excédents. Les fluctuation dépendent largement de causes naturelles mais sont évidemment aggravées par la spéculation qui veut en tirer partie… et l’on ne sait pas vraiment ce que le consommateur veut.

La demande pour les produits fabriqués est difficile à cerner. Elle est plus complexe que celle pour les biens naturels, pour la raison tout bête que le nombre des combinaisons entre les éléments d’un ensemble est évidemment supérieur au nombre des éléments eux-mêmes… Il y a pratiquement une infinité de produits différents que l’on peut fabriquer avec les ressources limitées que nous offre la nature. Autant que l’ingéniosité humaine permet d’en imaginer et chacun répond à une demande subtilement différente de toutes les autres.

Chaque demande pour l’un ou l’autre de ces multiples objets littéralement « artificiels » que nous fabriquons au secteur secondaire est d’abord par définition un « caprice », puisque si tout véritable « besoin » de l’être humain n’avait pu être satisfait par des « ressources naturelles », sa survie dans cet univers aurait été bien précaire…

Chacun de nous hiérarchise ces caprices de façon différente, selon SES désirs et SA vision du monde. Un ordonnancement qui change dans le temps selon nos propres humeurs et selon les circonstances. Pour notre propos, il suffit de comprendre que la demande pour les biens que produit le secteur secondaire est au départ bien subjective.

La demande pour les biens que nous produisons au secondaire est distincte pour chacun de nous, mais il y a des similitudes et un effet d’entraînement. Le temps passant et notre maitrise de la nature n’étant plus totalement dérisoire, des consensus se sont formés qui ont donné une certaine objectivité apparente à nos demandes.

On a développé des attentes collectives… mais il ne faut jamais oublier que ce consensus est une construction mentale. Nous ne savons pas ce que veut VRAIMENT chacun d’entre nous. Nous le savons d’autant moins que les consensus ne se sont pas établi en donnant à chacun la même voix au chapitre, mais en pondérant les opinions de Pierre et Paul par le pouvoir dont ils disposaient.

Depuis deux générations, la demande pour les biens tangibles été instrumentée au profit d’une minorité et s’est égarée. Maintenant que les pouvoirs se réajustent et qu’il y en a vraiment pour tout le monde, il serait bien bête de ne pas produire tout ce que tout le monde veut. Il faut revenir sur la route de la satisfaction.

Le problème, toutefois, c’est que l’offre produit aujourd’hui ce qui l’arrange. On ne connaît qu’APRÈS ce que le consommateur voulait: ce qu’il voulait, c’est ce qu’il a acheté. On CROIT connaître, mais combien de fois a-t-il pris ce qu’on lui a offert au lieu de ce qu’il voulait vraiment ? Et on le lui aura vendu plus cher, pour que le producteur récupère ce qu’il a perdu sur la production de ce que le consommateur n’aura pas acheté. Le consommateur aura travaillé plus pour moins… et le producteur aussi.
Quand la demande n’est plus totalement manipulée et qu’on veut être plus efficace et mieux satisfaire tout le monde, on voit qu’on est en terrain inconnu. On comprend que pour bien satisfaire le client, il faut savoir ce qu’il veut AVANT de le produire.

Il y a bien des façons de tenter de la savoir, dont aucune n’est parfaite, mais qui sont plus ou moins utiles selon le produit dont on veut connaître la demande. Essentiellement, le secteur secondaire offre deux (2) types de produits. Les produits de consommation courante et les produits dits durables, ou semi durables.
Les premiers répondent à des désirs que l’on tient pour acquis, dont chaque unité ne représente pas un investissement significatif pour le consommateur moyen, qu’on se procure machinalement, sans trop y accorder d’attention, qu’on consomme que l’on va vite remplacer. Par d’autres semblables… ou différents, si l’on a été déçu.

Au sein des produits de consommation courante dont il s’est rendu dépendant, le consommateur se crée des classes et des sous-classes qu’il se définit lui-même, à l’intérieur de chacune desquelles sa demande lui semblera incompressible, mais les options qu’on lui offre pour la satisfaire relativement interchangeables. Le producteur cherche à hausser le niveau où le consommateur juge sa demande incompressible, puis à lui créer un attachement obsessionnel à l’une des options proposées.

Les produits durables ou semi durables, au contraire, représentent pour le consommateur une dépense importante. On réfléchira mûrement avant de les acquérir, car la question est ouverte non seulement des caractéristiques qu’on veut y trouver, mais même de l’opportunité de posséder ce produit plutôt qu’un autre qui viendrait satisfaire un tout autre désir. Chaque produit durable est perçu comme important, original, on peut s’y attacher… Si on l’acquiert, on ne voudra pas en changer souvent.

On ne peut connaître la demande pour ces deux catégories de produits en utilisant les mêmes méthodes . Dans le premier cas, on peut estimer la demande – disons pour une pâte dentifrice – en analysant les indicateurs économiques, en posant et validant des hypothèses. Dans le second cas, il n’y a vraiment qu’une façon de connaître à l’avance la demande du consommateur : lui demander ses intentions.

Pour faire ces analyses, poser ces questions et aider le consommateur, l’État peut mettre en place un CENTRE NATIONAL D’AIDE AUX ACQUISITIONS. (CNAA) C’est une solution efficace. La question qui reste à débattre est de savoir si l’on VEUT donner à l’État cette information qui lui permettrait de nous aider.

Pierre JC Allard

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