Nouvelle Societe

27-09-08

CNAA : consommation courante

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 4:55

En ce qui a trait aux produits de consommation courante, c’est par un suivi au niveau des ventes des détaillants que le Centre National d’Aide aux Acquisitions (CNAA) obtiendra l’information sur la demande, par le biais d’un simple rapport des vendeurs à tous les paliers. L’information est compilée pour former un agrégat qui seul est rendu public et qui respecte donc la confidentialité des données de chaque commerçant et de chaque acheteur. Cette confidentialité est déjà bien connue des organismes spécialisés en recherches de ce type, dont en France l’INSEE.

Aujourd’hui, on se sert de rapports mensuels, le plus souvent obtenus de simples échantillons, et le temps que requièrent la compilation, le traitement, et l’analyse des données recueillies font que l’image qu’on en obtient de l’activité commerciale est celle d’un passé récent mais révolu. Ce procédé ne peut donc être qu’un outil de politique commerciale et fiscale globale à moyen ou à long terme.

Pour que ce procédé de suivi devienne un outil de contrôle efficace de la production et de la distribution, il faudrait que les données remontent par paliers du commerce de détail vers le commerce de gros, de celui-ci vers le distributeur et de là vers les producteurs. Il faudrait y assigner des ressources. Les gouvernants actuels n’en voient pas la nécessité. Pourtant, c’est ça qui est nécessaire. C’est techniquement tout à fait possible et c’est ce que l’on fera. Tôt ou tard. Le plus tôt sera le mieux,

Dans une Nouvelle Société, on le fait. Au départ, précisons que l’information est disponible. Tout ce qui est vendu par qui que ce soit à qui que ce soit, commerçant ou particulier, laisse une double trace. Une trace, d’abord, au palier du paiement, puisque chaque paiement est fait par le virement d’une somme de l’institution financière de l’acheteur à celle du vendeur et qu’il y a compensation.
Cette première trace existe donc au moins en duplicata, en triplicata si l’institution financière du vendeur n’est pas la même que celle de l’acheteur. Une deuxième trace de la transaction apparaît aussi aux livres du vendeur comme de l’acheteur.

Dans une Nouvelle Société le contrôle est encore plus simple, puisque l’État est le seul banquier et que tout individu responsable et chaque entité corporative doit remettre à l’État un Bilan Mensuel (BM) à partir duquel est fixé l’impôt sur le capital que chacun doit acquitter.
Ce rapport mensuel, lorsqu’il émane du particulier non-commerçant, n’a qu’une valeur de contrôle fiscal, mais celui du commerçant devient l’outil-maître de la prévision de la demande pour les biens de consommation courante.

Quiconque est commerçant – le volume de ses transactions étant le critère qui sépare un commerçant en semblables matières d’un non-commerçant – peut en effet être tenu de produire, non seulement ce rapport mensuel, mais aussi un avis EN TEMPS RÉEL de toute transaction et de toute livraison qu’il effectue ou reçoit.

Cet avis peut être envoyé par ordinateur au site Internet du CNAA créé à cette fin. Il contient la même information que le contrat, la facture ou le récépissé émis par l’une ou l’autre des parties et en est généralement la copie, transmise au CNAA simultanément à la remise de l’original à l’autre partie à la transaction.

Si quelque raison empêche cette simultanéité, le commerçant doit donner cet avis toutes affaires cessantes. C’est un délit pour lui de négliger de donner cet avis d’une transaction ou d’une livraison dans les 15 minutes qui suivent sa conclusion et il devra rendre compte de cette négligence. Chaque avis reste confidentiel, mais les totaux des opérations quotidiennes sont calculés automatiquement et publiés sur le site du CNAA, avec la restriction habituelle de confidentialité.

Les biens livrés du fabricant, au distributeur, au grossiste, au détaillant et finalement au consommateur sont ainsi suivis dans leur périple physique grâce aux avis donnés aux divers paliers et l’on connaît du même coup la variation des stocks qui équilibre l’équation à chaque palier. Le CNAA sait où sont les choses. En parallèle, l’avis des ventes effectuées, émis aussi à chaque palier, lui permet de connaître aussi en tout temps qui en est le propriétaire, indépendamment de qui en a la possession, celle-ci étant alors assimilée à la garde de l’objet.

Complexe ? Il n’y a rien dans cette procédure qui la distingue de celle de DHL ou de FedEx suivant le cheminement de leurs envois, ou de l’inventaire en continu (rolling inventory) que peut utiliser aujourd’hui même, pour la gestion interne de ses opérations, tout détaillant ou grossiste de quelque importance. Rien, sauf la transmission de l’information à l’État. Le volume des renseignements ainsi traités ne constitue plus un défi pour la capacité des ordinateurs actuels. En fait, l’ordre de grandeur des transactions totales du groupe Wal-Mart se situe plus près de celui de l’économie globale que de celui d’un individu moyen !

Quand tout fabricant peut, à tout moment, voir sur son écran d’ordinateur les fluctuations des stocks à tous les paliers de la chaîne de distribution, il possède l’information clef pour ajuster sa production à la demande. On peut l’aider davantage, car l’État possède et peut rendre accessibles les données des extrants du secteur primaire et celles des catégories du tableau des échanges entre branches d’activité de la comptabilité nationale, chiffres qui pourront corroborer ou nuancer l’information que l’on retire des rapports de vente et livraison des divers produits industriels.

Ceci d’autant mieux que le suivi en temps réel de toutes les transactions transforme aussi les comptes nationaux qui peuvent devenir l’image en temps réel de l’activité économique. Ceux d’entre nous qui avons connu l’époque des enquêtes par courrier et des compilations sur machines Burroughs devrons nous pincer pour y croire, mais il est tout à fait possible, dès qu’on universalise l’accès à Internet, de constituer et de gérer aujourd’hui une table d’input-output DYNAMIQUE de l’ensemble de l’économie nationale. La question fondamentale reste la même: veut-on que l’État ait toute cette information…

Pierre JC Allard

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