Nouvelle Societe

26-09-08

Le MRNE en sentinelle

Filed under: Auteur — pierrejcallard @ 11:16

Avant de conclure cette série d’articles où nous avons fait un survol des diverses faces de la production des biens tangibles du secteur primaire, un mot seulement, sur un double rôle de vigilance qui échoit au MRNE. Surveillance d’abord, de l’environnement, puis de la concurrence.

La Division Environnement est un élément crucial au sein du MRNE. On peut s’interroger sur l’opportunité de loger la DE au sein du MRNE, car même si l’air, l’eau, la terre et la planète elle-même sont bien des ressources naturelles, le rôle de la DE est néanmoins bien distinct: il ne s’agit plus de les exploiter, mais de les conserver. La DE ne fait pas partie des organismes responsables de la production dans le secteur primaire.

Au sens strict, elle est donc hors du sujet que nous traitons ici. La Division Environnement est intégrée au Ministère des ressources naturelles et de l’environnement, parce qu’il est pratique de garder en rapports étroits avec toutes les autres structures de ce ministère dont l’objectif est d’exploiter la nature, celle-ci dont le but est de la protéger… Pratique, aussi, parce qu’elle utilise souvent des ressources humaines de même formation que celles du MNRE et qui parlent donc le même langage.

La DE est logée avec les ressources naturelles et nous ne voudrions pas nous éloigner de la structure du MRNE sans en mentionner cette importante composante, mais il faut se souvenir qu’elle a ses propres objectifs, ses propres politiques, ses propres mesures de contrôle et est responsable de ses propres études. Que la DE soit logée au MRNE ne signifie donc pas que la pollution et les crimes contre Gaïa sont tous le fait du secteur primaire.

Celui en est responsable d’une large part, mais l’industrie manufacturière au secteur secondaire, le transport au tertiaire en sont aussi des acteurs importants. Une large part des activités de la DE touche les activités du secondaire et du tertiaire, car celle-ci s’occupe tout autant de la pollution de l’air des villes par l’industrie ou les voitures que des conséquences de la vidange des pétroliers en mer sur la reproduction des espèces marines.

La DE a une compétence transversale qui recoupe les activités de TOUS les autres organismes de l’État et de la société elle-même. Même ainsi, elle n’est qu’un élément du dispositif complet mis en place par une NS pour préserver l’environnement. La politique environnementale d’une Nouvelle société sera traitée en détails ailleurs dans cette série

Par le biais de la DE, le MRNE est en sentinelle comme gardien de l’environnement. Il l’est aussi aussi de la concurrence, rôle qui devient clair quand on fait un petit bilan de ce que nous avons vu du fonctionnement du primaire.

Dans le secteur primaire, l’État se mêle de production, mais à corps défendant et, quand il le fait, il l’oriente plutôt qu’il ne la gère. Il ne garde vraiment la main mise que sur la production et la distribution de l’énergie. Pour le reste, l’État au secteur primaire apparaît surtout comme propriétaire du sol et des ressources.

C’est un rôle visible et il est essentiel, mais ce n’est pas la fonction primordiale de l’État de s’acquitter des devoirs d’un propriétaire. Sa tâche principale consiste à tirer parti de cette situation pour assurer la régularisation des volumes de production et des prix, en se positionnant comme un intermédiaire obligé ou privilégié entre le secteur primaire en amont et le secteur secondaire en aval.

Occupant cette position stratégique entre primaire et secondaire, l’État qui ne cherche pas à en tirer un profit, mais à faciliter le fonctionnement harmonieux du système, ouvre ainsi un canal protégé par où peuvent passer vers l’industrie, sans payer de rançons aux pirates de la spéculation, toutes les matières premières sans lesquelles aucune production n’est possible. C’est à l’entrée de ce canal, que le MRNE est aussi en sentinelle.

Garantissant l’approvisionnement en ressources naturelles à prix stabilisés, une Nouvelle Société modifie radicalement les règles du jeu et pose l’assise sur laquelle on peut bâtir un nouveau système de production. Elle donne aussi un coup de stylet droit à la jugulaire du système capitaliste néo-libéral. Cette proposition ne fait donc pas partie de celles dont on peut espérer la mise en place sans protestations.

Le MRNE est ici à l’avant poste, mais ce que l’État fait pour les ressources naturelles non-transformées, il peut le faire à tous les paliers du système de production où il le juge nécessaire pour amortir les conséquences désastreuses d’un intérêt pour la spéculation qui a remplacé le désir de produire pour satisfaire la demande spontanée des consommateurs. L’État, agissant comme monopsone, peut acheter les extrants d’un palier de production et les vendre aux producteurs d’un autre palier dont ces matières partiellement transformées sont les intrants.

Il crée ainsi des niches à l’intérieur desquelles prix des matières premières est le même pour tous. Dans ces niches, où les compteurs des opérations antérieures ont été remis à zéro, les producteurs peuvent rivaliser à armes égales, sur la seule base de leur compétence et de leur travail, ce qui est tout le but d’un système concurrentiel…

Le rôle de l’État est d’AIDER à produire. Le but de l’intervention de l’État au secteur primaire est d’enlever l’effet de la « rente » résultant d’une simple appropriation par la force et de permettre ainsi en aval une véritable concurrence. La propriété privée des ressources naturelle est intrinsèquement inique et l’État doit en prendre charge. Il le fait en assurant la disponibilité des ressources et une totale transparence du marché.

Au secteur secondaire, l’effet de rente existe aussi, mais dans la mesure où le capital qui en tient lieu est le résultat d’un travail, nous avons dit que cette rente est justifiée. La création de ce capital au secondaire n’a pas toujours été sous le signe de l’équité – et le simple phénomène de la concentration de la richesse peut aussi exiger que des correctifs soient apportés – mais le rôle moteur y doit être laissé à l’entrepreneuriat.

Pierre JC Allard

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